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28 avril 2023

L'Enfer des tropiques / Riz amer

Films deux-en-un. Deux films pour le prix d'un. Je ne parle pas de double-programme, même si c'est une double-critique. Je parle de films qui sont doubles en eux-mêmes. Les deux films choisis sont des cas de films doubles. L'Enfer des tropiques, très mauvais titre français de Fire Down Below, signé Robert Parrish en 1957, est pour moitié un buddy movie d'aventure, avec Jack Lemmon et Robert Mitchum (à vos souhaits, littéralement, que souhaiter de mieux ?) pour interpréter le duo-titre, deux margoulins prêts à transporter n'importe quoi d'illégal dans leur rafiot contre quelques billets. Ils partagent une belle amitié que vient mettre à mal leur prochaine marchandise clandestine en la personne de l'irrésistible Rita Hayworth. Et pour moitié un survival, à partir du moment où Jack Lemmon se retrouve coincé dans la cale d'un cargo en feu sur le point d'exploser, piégé par une poutre tombée sur ses guiboles suite à la collision de son navire avec un autre dans un banc de brume. Drôle de film, apparemment remonté par ses producteurs ou que sais-je, en tout cas bizarre en l'état, et dont la seconde partie se traîne. Le film semble s'être piégé lui aussi, qui reste coincé, s'enferme dans son idée, à l'image du pauvre Jack Lemmon. Dommage.





Autre cas, et film nettement plus réussi, Riz amer (traduction très libre de Riso Amaro), de Giuseppe de Santis, long métrage italien de 1949 qui contient aussi deux films, sauf qu'ils ne se suivent pas, comme dans Fire Down Below (à ne pas confondre avec son remake de 1997, signé Félix Enríquez Alcalá, où Jack Lemmon cède la place à Steven Seagal, Robert Mitchum à Harry Dean Stanton et Rita Hayworth à Stephen Lang, l'action étant déplacée des tropiques vers une ville minière des Appalaches, et dont le titre français sonne plus juste : Menace Toxique, pour parler du charme ravageur de Stephen Lang qui fout le boxon dans le couple Seagal/Stanton). Dans Riz amer, les deux films sont plutôt mêlés, intriqués. Riso Amaro est un mélange de film noir et de drame néo-réaliste, les deux genres, si l'on peut dire, étant plus ou moins chacun incarnés par une actrice : Doris Dowling pour le côté noir, Silvana Mangano pour le néo-réalisme. 
 
 


 
Et pourtant cette dernière, la Mangano comme il convient de dire, vedette du film, absolument inoubliable dans ce rôle, apparaît pour la première fois à l'image à travers le regard qu'elle suscite chez un petit attroupement de mâles, agglutinés derrière les fenêtres d'un train et sur un quai pour voir le spectacle, celui que la caméra, dans un travelling ou un panoramique (j'ai une mémoire très peu visuelle, ce qui me fout régulièrement dedans pour torcher mes critiques) nous révèle enfin : Silvana en train de danser comme une diablesse. La femme fatale est là, réplique italienne de la Rita Hayworth (eh oui, y'a de la suite dans les idées, cet article n'est pas construit n'importe comment, 15 ans de blogging ciné ça paye à un moment donné, à croire que c'est un métier...) de Gilda
 
 


 
A noter d'ailleurs que dans L'Enfer des tropiques (qui devait d'abord s'intituler chez nous L'Enfer dans deux slips), Hayworth joue elle-même une sorte de replica (pas mal de mots en italiques dans ce texte, ce qui doit vous en imposer j'imagine, du moins j'espère, car c'est l'effet escompté) de ses propres rôles, quand elle bronze en maillot de bain sur le pont du bateau de Lemmon et Mitchum, comme elle le faisait dans La Dame de Shanghai, ou encore dans une terrible scène de danse (qui aura servi de principal support à bon nombre d'affiches du film), encore une, assez hallucinante il faut dire, où elle se mêle aux gens du coin et à leur fête traditionnelle et donne de sa personne pour enflammer Mitchum et tout ce qui peut poser les yeux sur elle, en écho, encore, au souvenir impérissable de Gilda : Rita Hayworth, à l'époque, palimpseste vivant ? (question rhétorique, inutile d'y répondre, c'est juste là pour vous trouer le cul).



En haut, l'original de 57, en bas, le remake de 97, avec Harry Dean Stanton et Stephen Seagal, acteur amérindien originaire de Lançon de Provence, qui coulent le parfait amour avant l'arrivée de Stephen Lang et de ses bicepts.


Silvana Mangano donc apparaît d'abord comme l'archétype de la femme fatale, mais c'est ensuite le personnage interprété par Doris Dowling qui assume la part noire du film, Mangano ressemblant de plus en plus à Ingrid Bergman dans, mettons, Stromboli. Dowling interprète Francesca, compagne de Walter (le fringant Vittorio Gassman, de toute beauté), deux petites frappes qui, après avoir commis un vol, se mettent au vert en s'infiltrant dans un convoi de mondine (ouvrières saisonnières des rizières des plaines padane et vénète de la fin du XIXe et de la première moitié du XXe siècle, cf. wikipédia ; je cite mes sources, comme on nous l'apprend au CDI en cours d'EIST ; après 15 ans de métier, on a des tips à partager, et je songe à monter une chaîne youtube de 5-minute crafts consacrée à la rédaction d'articles de blog ciné ; si vous parvenez à raccrocher ce qui suit cette parenthèse à ce qui la précède je vous tire mon chapeau), parmi lesquelles figure Silvana (Mangano, qui garde son prénom pour le rôle), assez sympathique pour intégrer Francesca à la troupe comme mondina clandestina
 
 


 
Je vous la fais courte, vous verrez peut-être le film, en tout cas je vous le recommande (c'est un peu l'idée du bazar sur lequel vous rôdez en ce moment-même), mais c'est comme ça que s'installe le film néo-réaliste, aussitôt entrelacé dans le film noir initial, qu'il supplantera finalement à mes yeux. Plusieurs scènes dans les rizières sont des moments de bravoure (comme on dit un peu bêtement quand on connaît trois expressions) quand les ouvrières chantent en travaillant, puis modifient les paroles de leur chanson pour communiquer et mettre en place leur lutte, d'abord les unes contre les autres (les filles sous contrat contre celles qui n'en ont pas et menacent de les faire mettre à la porte si elles se font repérer), puis toutes ensemble, quand elles s'unissent finalement dans un mouvement de grève collectif et solidaire visant à obliger leurs patrons à toutes les régulariser.
 
 
 

 
Une autre prise de conscience politique contribue à réécrire le destin de la tragique héroïne Silvana quand, après que Walter l'a séduite et convaincue d'ouvrir en douce les vannes d'eau pour noyer les plants de riz afin de détourner l'attention et qu'il puisse voler toute la récolte, elle réalise qu'il s'apprête à mettre en péril toute l'exploitation et donc à voler les centaines de mondine comme elle, qui dépendent de ce boulot misérable et harassant. Entretemps, on l'aura vue et aimée dans une scène de baignade près des cultures, dans un plan où elle rejoint Walter sous le toit d'une grange et reçoit sur la tête un peu de riz que l'autre lui fait tomber dessus (image un poil fabriquée, mais jolie), et dans tout un tas d'autres scènes où Silvana Mangano crève l'écran, comme savait le crever Rita Hayworth, même le visage fatigué et les yeux un peu cernés dans un film à moitié raté comme Fire Down Below, que son casting aurait pu sublimer avec un scénario digne de ce nom ou un montage plus libre, qui sait ? 
 
 


 
Mais peut-être connaissez-vous d'autres films qui en contiennent deux ? Je suis toute ouïe. Vous aurez peut-être remarqué qu'après 15 années de travail de critique non-rémunéré, j'essaie encore de renouveler le genre, de réinventer l'art de la chronique d'art en remodélisant les codes de l'exercice et en redéfinissant les catégories filmiques. Rien que ça. C'est pas la première fois qu'on bouleverse le petit monde de l'écriture sur le cinéma. Ce n'est qu'une tentative de plus... Récemment j'évoquais les "films-tutos" et vous demandais, en fin d'article, de citer ceux qui vous venaient à l'esprit, l'idée étant de générer une dynamique, une émulation dingue débouchant sur de nouvelles pratiques de critique collectives et innovantes, avec un résultat déjà révolutionnaire puisque cet article-massue qui fera date et marque d'une pierre blanche une nouvelle ère de la critique cinématographique n'a généré strictement aucun commentaire ni la moindre réaction. Je retente ma chance ici : connaissez-vous d'autres films "deux-en-un" ? Je m'en remets à vous. Après André Bazin, Serge Daney et Vincent Malausa, un grand chapitre de l'histoire de la plume cinéphile est en train de se tourner ici, prenez le train en marche, ça va assez vite, y'aura pas de place pour tout le monde... On sera compris et digérés dans mille ans, si notre monde existe encore d'ici là... Notre blog, lui, existera toujours, vu comme c'est parti.


L'Enfer des tropiques de Robert Parrish avec Rita Hayworth, Jack Lemmon et Robert Mitchum (1957)
Riz amer de Giuseppe de Santis avec Silvana Mangano, Vittorio Gassman et Doris Dowling (1949)

18 février 2022

Le Dernier duel

Un viol, trois versions : celles de Jean de Carrouges (Matt Damon), Jacques le Gris (Adam Driver) et Marguerite de Thibouville (Jodie Comer). Comme moi, Ridley Scott a découvert Rashomon sur le tard. Il nous propose donc un film divisé en trois parties : trois flashbacks successifs qui nous proposent la vérité selon les différents personnages impliqués. Le premier, un chevalier vaillant au combat, marié à la victime, avide de prestige et de reconnaissance, veut sauver son nom et son honneur. Le deuxième, un écuyer roublard et libidineux, favori du comte, cherche à glorifier sa virilité en ces temps où les mœurs n'étaient pas tout à fait les mêmes qu'aujourd'hui. Quant à la troisième, une femme qui va donc souffrir de sa douceur et de sa beauté, toute entourée qu'elle est de rustres et d'éclopés du ciboulot, elle est déterminée à faire éclater la vérité en parlant pour celles qui se taisent. Ces différents points de vue, présentés les uns après les autres, forment un récit parfois assez monotone mais globalement divertissant et de plus en plus prenant à mesure qu'il avance. On finit par reconnaître l'art du storytelling que l'on croyait perdu d'un Ridley Scott plutôt en forme qui donne un certain souffle à un scénario dans l'air du temps et plutôt malin, écrit à trois mains (Ben Affleck, Matt Damon et Nicole Holofcener). Si son film paraît d'abord un poil long, il remplit au final aisément son objectif. Sa construction lui donne même un côté ludique malgré le caractère répugnant de l'histoire contée. 


 

 
Admettons cependant que tout ça n'est pas d'une grande finesse, ce qui n'a d'ailleurs jamais été le signe distinctif du réalisateur de Gladiator. Le Dernier duel pèse de tout son poids par sa photographie grisâtre, soignée mais terriblement banale pour un tel film, et sa peinture de l'époque à si gros traits. Le cinéaste anglais alimente en effet une vision décadente et outrancière du Moyen Âge tardif, qui a presque ici quelque chose de burlesque. Les Monty Pythons sont pas loin ! Les acteurs, en tout cas, semblent avoir pris du plaisir à jouer leurs partitions, même un étonnant Ben Affleck en comte débauché, que je suis pourtant d'ordinaire le premier à pointer du doigt. Matt Damon n'a pas rechigné à s'enlaidir, lui que les années n'épargnent déjà pas, et s'avère très crédible dans le rôle : on oublie l'acteur derrière les cicatrices et la coupe de cheveux immonde. Face à lui, Adam Driver joue parfaitement de sa large carrure et de son visage si particulier, je le qualifierai de reptilien et, plus exactement, de vipérin, ce qui est en outre raccord avec son propre anaconda qu'il ne parvient guère à maîtriser. Quant à Jodie Comer, elle est irréprochable et le choix de cette actrice habituée aux séries paraît très judicieux. Pour ce qui est du duel promis par le titre, que l'on obtient à la toute fin, il n'est en rien décevant malgré toute l'attente savamment entretenue par le réalisateur. Brutal à souhait et d'une longueur raisonnable, il vaut vraiment le coup d’œil : les amateurs d'action seront satisfaits. À 84 ans, Ridley Scott prouve qu'il n'a pas tout à fait perdu la main et qu'il peut encore nous faire profiter de ce savoir-faire qui lui a valu tant de succès depuis des décennies. Enfin, j'ai relevé un étonnant petit moment de grâce, peut-être fortuit, caché au beau milieu de ces 152 minutes de bobine : lors de cette scène, dans sa première version, où Marguerite de Thibouville, pour savoir qui vient, ouvre le judas de la porte cochère de sa demeure. Une jolie mèche blonde délicatement bouclée de l'actrice, soufflée par le vent, passe alors par l'ouverture, entretenant l’ambiguïté de la situation et contribuant, malgré elle, à attirer le prédateur chez elle.
 
 
Le Dernier duel de Ridley Scott avec Jodie Comer, Matt Damon, Adam Driver et Ben Affleck (2021)

22 mars 2020

Le Mans 66

Le Mans 66 est un film plutôt plaisant, assez agréable à suivre, je ne remettrai pas cela en cause. A l'heure où les films américains de cet acabit se font si rares, et c'est sans doute pour cette raison-là que celui-ci s'est particulièrement fait remarquer, nous n'allons pas bouder notre plaisir. James Mangold sait raconter son histoire et rythmer son récit, les enjeux sont très rapidement et clairement définis : pile ce qu'il faut pour que l'on accepte de se laisser porter pendant plus de deux heures trente. On nous retrace donc la rivalité entre Ford et Ferrari qui marqua la compétition automobile durant les années 60 et atteignit son climax lors des 24 heures du Mans de 1966. Cela nous est évidemment conté du point de vue américain, à travers le double portrait de Carroll Shelby, ancien vainqueur de la course mythique devenu constructeur automobile, que Ford chargea d'inventer la voiture la plus performante possible, et Ken Miles, un type imprévisible, au caractère bien trempé, mais un as du volant sans pareil, choisi comme pilote par Shelby himself contre l'avis de ses supérieurs, qui considéraient que son image un peu toquée ne collait pas avec celle, ultra clean, de la marque étendard de la bannière étoilée.




Sur le plan de la rivalité entre les deux « écuries » (je mets les guillemets par précaution car j'ignore si j'emploie le bon terme et je n'aimerais pas froisser les experts), il n'y rien à dire, James Mangold dépeint ça très proprement. Il nous vend bien l'Amérique, Ford et leurs bagnoles. Pour peu que vous soyez intéressé d'en apprendre un peu plus sur l'histoire de la compétition automobile, vous sortirez du film en en sachant davantage. Pour ma part, j'ai par exemple appris que la fameuse course des 24 heures du Mans se déroule bel et bien au Mans, dure une journée entière, et qu'elle consiste à répéter dûment le tour d'un circuit que l'on accomplit en moins de 4 minutes si l'on se débrouille à peu près. Imaginez l'angoisse... Je croyais qu'il s'agissait de partir d'un point A pour arriver à un point B, ce qui est tout de même plus valorisant, comme c'est le cas, à ma connaissance, sur le Paris-Dakar, le Tourmalet ou le Grand Prix de Monaco... En revanche, je n'ai toujours pas compris comment l'on peut désigner le vainqueur d'une course qui doit, de toute façon, durer 24 heures. C'est à celui qui a dûment effectué le plus de tours durant ce laps de temps ? Mais alors comment se fait-il que les commentateurs disent d'un pilote qu'il a 3 minutes de retard sur un autre et que la course puisse se terminer à la ligne d'arrivée ? Ils en ont tous pour 24 plombes, non ?! Rien ne sert de courir... Bref, fermons-là la parenthèse.




Pour ce qui est de l'aspect plus humain de l'histoire, à savoir l'amitié entre Ken Miles et Carroll Shelby, c'est une autre affaire. James Mangold s'avère un peu moins doué, malgré les deux acteurs qu'il a à sa disposition. Le duo était plutôt prometteur à l'affiche, Matt Damon faisant généralement le taff et Christian Bale brillant toujours davantage lorsqu'il est un sidekick et qu'il bosse en binôme (on se souvient de sa prestation oscarisée dans The Fighter où il était le coach efflanqué de Mark Wahlberg). Il fonctionne effectivement à l'écran, mais de façon bien trop ponctuelle, il n'est pas suffisamment exploité, et c'est fort dommage. Christian Bale livre de nouveau une solide performance en parvenant à donner vie au pilote un peu cintré qu'est Ken Miles. L'acteur pourrait lasser, avec ces transformations à répétition et son élocution si particulière, mais force est de constater que ça marche encore : on voit son personnage, et non Christian Bale nous refaire son petit numéro. Il réussit à s'éclipser derrière la figure de Ken Miles, laissant libre cours à son accent british (origine britannique du pilote oblige). Forcément plus sobre, comme le lui dicte son rôle, Matt Damon est impeccable aussi. Pourquoi donc James Mangold n'en tire pas quelque chose de plus consistant ? Ce n'est qu'à la toute fin du film que Carroll Shelby se livre un peu, laisse percer un peu d'émotion, mais son acolyte est déjà parti en fumée, littéralement, et c'est d'autant plus frustrant.




Peut-être suis-je aussi nostalgique des buddy movies des années 80-90, mais je regrette que Le Mans 66 n'aille pas davantage dans cette voie et, surtout, ne mette pas plus au premier plan la relation des deux protagonistes, dont les personnalités opposées auraient dû donner plus d'étincelles (la scène de bagarre fraternelle paraît un peu forcée...). Soit dit en passant, je constate que cela fait plusieurs films américains récents qui, malgré les apparences et les promesses affichées, des couples d'acteurs intéressants et une durée suffisante pour le faire, me semblent échouer à dépeindre une belle amitié et refusent de donner dans la comédie, le buddy movie, avec son lot de scènes drôles et de complicité attendues qui nous permettraient d'apprécier les personnages et de nous réjouir de leurs interactions. Je pense au dernier Tarantino, qui lui aussi dure pourtant presque trois plombes, et était très faible sur ce plan-là (comme sur bien d'autres...). Il ne s'y passe quasiment rien entre Leonardo DiCaprio et Brad Pitt. On finit ces (longs) films en trouvant tous ces personnages, au mieux, vaguement sympas, et en n'ayant pas vraiment été touchés par leur amitié. Triste, non ?




Aussi (et c'est d'ailleurs un autre point commun avec Once Upon a Time in Hollywood...), le traitement des personnages féminins dans Le Mans 66 n'est pas des plus finauds. Il n'y en a, à vrai dire, qu'un seul à l'écran : l'épouse de Ken Miles, incarnée par Caitriona Balfe. Celle-ci passe son temps les mains sur les hanches, dans de jolies robes sorties du la collection printemps-été 66, l'air de se dire "Mon mari est une vraie tête brûlée mais si ça lui fait plaisir de risquer sa vie dans ces bolides, je n'ai rien à dire et je suis prête à encaisser la tête haute son inéluctable mort accidentelle". Ce personnage est simplement là pour nous offrir quelques moments au romantisme très niais sans doute assumé mais néanmoins embarrassant. A l'évidence, les scènes les plus faiblardes du lot. Celle, assez longue, de prise de bec en voiture où, pour une fois, madame est au volant et menace de garder le pied sur l'accélérateur si son mari ne lui avoue pas ses projets, est sans doute la plus pénible de toutes. Si c'est pour faire ça, franchement, autant ne donner aucune place à la femme de Miles et grappiller quelques minutes sur la durée totale.




Pour compléter le tableau, évoquons les courses en bagnoles, un point essentiel, car pour réussir ton film de courses de bagnoles, eh bien il faut... réussir tes courses de bagnoles, c'est la base. Telles qu'elles sont filmées par James Mangold, disons-le tout net, elles ne rentreront pas dans les annales de l'histoire du cinéma. Elles sont assez lisibles, certes, nous comprenons tout ce qui s'y passe, et nous sommes plutôt pris dedans, ce qui est déjà pas mal par les temps qui courent, mais c'est mis en boîte sans génie et je n'étais pas non plus scotché à mon fauteuil comme je l'espérais. Je crois avoir pris plus de plaisir devant le Rush de Ron Howard. Ron Howard a fait mieux. C'est toujours pénible de se dire ça, non ? Ron Howard a fait mieux. Ron Howard, quoi. Tu arrives à vivre avec ça, James ? Si je m'appliquais à faire, je ne sais pas, une bonne omelette, la meilleure possible, et que l'on me disait, après l'avoir goûtée, "Ok, ça va... mais Ron Howard en fait des meilleures", je l'aurais en travers, croyez-moi. Je pense que j'arrêterai la cuisine, ou bien je retournerai à mes poêles et mes fouets, bien déterminé à dépasser le rouquin.




Terminons sur une bonne note : il y a une scène lors de laquelle j'ai remarqué une bien belle idée visuelle (photogrammes ci-dessus). Je vous resitue le contexte : la nuit est tombée et Ken Miles travaille encore, seul, dans l'immense garage géré par Shelby qui est situé en bordure des pistes d'atterrissage utilisées pour tester les caisses. Jugé indésirable par les exécutifs de Ford, il en est réduit à suivre à la radio une course dont il a injustement été écarté. Tandis qu'il écoute passionnément les commentaires, les phares d'un avion viennent illuminer l'intérieur du garage et le visage frustré de Miles, les ombres des voitures se répercutent alors sur les murs derrière lui et c'est comme si, en arrière-plan, se déroulait la course qu'il s'imagine amèrement. C'est très simple et c'est assez beau, l'expressivité du regard de Bale et sa posture participant pleinement au charme de cet instant. Dommage qu'il n'y ait pas plus de moments comme celui-ci. En tant que tel, Le Mans 66 demeure un divertissement old school d'assez bonne facture, dont on peut tout de même regretter qu'il ne soit que ça. 


Le Mans 66 de James Mangold avec Christian Bale et Matt Damon (2019)

17 septembre 2019

La Grande muraille

J'en ai vu une partie hier soir sur une chaîne merdique. C'était ignoble. Peut-être aurais-je dû découvrir cette énorme merde filmique sur grande lucarne (la muraille appelle la grande). J'aurais aimé découvrir cette fumisterie cinématographie, cette escroquerie audiovisuelle sur un écran 16000/9, pour vraiment kiffer toute l'horizontalité de la muraille. C'est peut-être la plus impressionnante bâtisse humaine, visible depuis la face cachée de la lune. Ce que l'homme a fait de plus ouf : un mur. Tristement d'actualité. Vous allez me dire qu'un écran 16000/9, ça fait du 16m sur 9mm, que j'aurais vu que dalle... En termes de verticalité peut-être, mais je vous rappelle que la muraille est horizontale. Et d'un autre côté elle suit le relief pas du tout à l'équerre de la montagne.... un pur casse-tête chinois !


La Grande muraille de Zhang Yimou avec Matt Damon (2017)

24 juillet 2019

The Program

Quand bien même le cyclisme et le cinéma ont rarement fait bon ménage (à part, à ma connaissance, dans le superbe Breaking Away de Peter Yates), Lance Armstrong aurait pu faire l'objet d'un biopic passionnant du fait de sa personnalité trouble et de son parcours si singulier. Spécialiste du biopic provocateur, l'anglais Stephen Frears s'est courageusement attelé à cette tâche épineuse quelques mois après les aveux très médiatisés du champion déchu, en adaptant le livre du journaliste sportif et d'investigation irlandais David Walsh. Ce dernier, incarné ici par Chris O’Dowd, a très tôt douté des performances hors normes de l'américain et s'est rapidement lancé à la chasse aux preuves pour révéler aux yeux du monde entier ses pratiques frauduleuses. Pendant ce temps, Lance Armstrong (Ben Foster, impeccable) enchaînait les succès sur la Grande Boucle, en s’appuyant sur son mental d’acier, une équipe entièrement à sa merci et, surtout, un « programme » parfaitement bien huilé, inspiré par les pratiques douteuses du médecin italien Michele Ferrari (Guillaume Canet !). En plus d’intéresser les américains au cyclisme, Lance Armstrong s’engageait financièrement dans la lutte contre le cancer, qu’il avait lui-même vaincu avant son ascension phénoménale, et redonnait aussi espoir à quelques malades, qui voyaient en lui le symbole d’une guérison possible.




D’une durée relativement courte compte tenu des modes actuelles, de la période couverte par le scénario et de la profusion des sujets et événements à traiter ici, The Program est une œuvre assez bâtarde, qui ne se présente ni comme un véritable biopic d'Armstrong ni comme un pur film d'investigation. Peu à l’aise, et c’est compréhensible, quand il s’agit de filmer les courses, Stephen Frears s’appuie sur quelques images d’archives et ne se focalise jamais vraiment sur les performances sportives, aussi peu éthiques soient-elles, ou sur la compétition même. Nous ne sommes jamais pris dans le suspense d’une course ni placé dans la peau d’un spectateur qui assisterait, béat, aux exploits paranormaux d’Armstrong. Les victoires au Tour de France s’enchaînent comme des vignettes qui défilent rapidement à l’écran. On est plus concentré sur l’enquête du journaliste irlandais, quand bien même celle-ci n’est pas retranscrite dans des détails assez riches pour se suffire à elle-même. En bref, The Program est un film assez bizarre, orphelin d’une identité claire, ce qui explique sans doute l’accueil plutôt frileux dont il a bénéficié à sa sortie en 2015, mais, fort du savoir-faire de son auteur, il parvient tout de même à captiver.




Ne sachant peut-être pas trop sur quel pied danser, Stephen Frears a vraisemblablement opté pour la vitesse et la légèreté, avec un traitement assez « pop » de son sujet, si l’on peut dire. Son film trouve son salut dans son rythme assez enlevé, son efficacité relative et l'interprétation très solide de Ben Foster. L’acteur américain n’a pas l’air obsédé par le mimétisme généralement de mise dans ce type de films et met très bien au service du personnage son physique ambivalent, à la fois charmeur et vipérin. Bien que la ressemblance physique ne soit pas évidente, il apparaît comme un choix de casting judicieux, plus malin, en tout cas, que les Matt Damon et Jake Gyllenhaal directement évoqués dans le film, quand Lance Armstrong, alors au sommet de sa gloire, évoque plein d'arrogance avec ses coéquipiers les grands noms qui circulent à Hollywood pour l’incarner dans une future hagiographie qui, en fin de compte, ne verra jamais le jour. Les scènes où Ben Foster doit faire face aux médias ou à ses partenaires récalcitrants sont sans doute les plus réussies. L’acteur dégage une espèce de charisme négatif assez fascinant, on tient donc à le saluer, lui qui n’a, semble-t-il, pas été très honoré pour sa prestation, là où d’autres récoltent des prix pour, par exemple, singer ridiculement Winston Churchill ou salir impunément la mémoire de Freddie Mercury. Son interprétation permet à The Program de ne pas être complètement superficiel et juste divertissant puisque l’on devine le monstre humain qui se cache derrière les traits de ce cycliste à la détermination et à la mentalité folles.


The Program de Stephen Frears avec Ben Foster, Chris O'Dowd et Jesse Plemons (2015)

5 novembre 2015

Invictus

J’étais passé à travers Invictus. Je me suis empalé sur la plupart des dernières grandes purges du grabataire Eastwood, mais Invictus, j’étais passé à côté. Parfois le hasard fait bien les choses. Le film vient s’ajouter à la liste de tous ceux, récents, qui me font me demander, à propos d’Eastwood, s’il y a encore quelqu’un au volant… Le bonhomme n’a ici strictement rien à raconter, mais il le raconte quand même. L’histoire est au fond assez simple, sans grands rebondissements : en 94, Mandela est élu président de la république en Afrique du Sud et met fin à l’Apartheid. Pour réconcilier le pays, il décide de miser (et de tout miser, semble-t-il) sur un succès des Springboks, l’équipe de rugby nationale blanche à 99%, lors de la coupe du monde 95, qui se déroule justement sur ses terres. A la fin ils gagnent. Dur de bâtir un scénario costaud là-dessus, encore plus quand on a l’idée débile de faire durer le film 2h12. 




Du coup, entre deux conversations insipides entre Nelson Mandela (Morgan Freeman, qui aura donc tout joué, de Winter le dauphin à Jules César en passant par un chauffeur de taxi sans permis, un prisonnier ultraviolent, un flic tueur en série, une nurse nommée Betty, Dieu himself et donc Mandela, ce qui revient au même) et François Panard, le capitaine des Boks (Matt Damon, teint en blonde), Eastwood essaye de faire monter la tension sur du vent. Combien de fois nous montre-t-il les gardes du corps de Mandela qui balisent, se mettent en garde les uns les autres, briefent et débriefent, s'invectivent (d'où le titre), zieutent dans tous les sens ? Sauf que Mandela n’a pas l’air d’être profondément menacé et que, dans la réalité, il ne s’est rien passé concernant la sécurité du président qui mériterait d'être raconté. Autant de scènes ultra redondantes et totalement inutiles donc (et ce n'est qu'un exemple). A un moment, on voit Mandela qui danse dans une soirée, et Eastwood fait un plan rapide, tendu, inquiétant, sur son garde du corps qui roupille un peu plus loin, pour nous mettre en alerte, nous dire : "ça sent le sapin !" Mais rien ne se passe. Au mieux Mandela fait un malaise, du moins les vigiles le croient-ils : il tapait juste un roupillon au milieu de l'allée qui mène à sa baraque. Eastwood est en roues libres. Le vioque multiplie les effets d’annonce bidons pour créer d’une manière ou d’une autre un semblant de suspense dans une histoire qui en est totalement dépourvue. 




Le seul suspense que l’on pourrait attendre, à condition de ne pas être au courant de l’histoire du rugby, concerne l’issue de la coupe du monde, mais Eastwood ne filme pratiquement pas les matchs, qui semblent se gagner sur tapis vert (il préfère nous montrer les bodyguards, dans les tribunes, qui suent des torrents et doivent régulièrement se relayer pour changer de slip). Tant mieux cependant, car quand Clint décide de filmer un match, la finale bien sûr, c’est une pure horreur. D’abord la scène dure 80 minutes, soit la durée d’un vrai match. Celui-ci n’est pourtant pas filmé en temps réel : on doit voir, disons entrapercevoir (Eastwood filme vraiment ça comme un manche), trois ou quatre temps de jeu à tout casser, mais ils sont si dilatés par des effets de ralenti hideux que cela représente la durée de deux bonnes mi-temps d'un match officiel.




Les mêlées notamment sont sublimées par des ralentis parfaitement inutiles (on ne ressent rien de chez rien) et monstrueusement moches. Et le pire c’est que le son aussi est dilaté, ce qui nous donne à entendre des sortes de lents meuglements difformes de vaches folles. Un supplice. J’ai rarement été aussi dérangé par un bruit quelconque. Sauf peut-être par les petits cris de plaisir rauques, nasillards, réguliers, que poussait mon Tonton Scefo (celui que mon arrière-grand-mère traitait encore de "putanier" sur son lit de mort) à travers le trop maigre mur qui séparait la chambre d’amis de la mienne quand j’étais petit… France 2 a cru bon de diffuser ce film entre les demi-finales et la finale de la coupe du monde de rugby 2015, mais cernée par les beaux matchs que nous ont offert les professionnels sur le terrain, la vision du rugby (et du cinoche !) que nous offre Eastwood en est parue plus navrante encore.


Invictus de Clint Eastwood avec Matt Damon et Morgan Freeman (2009)

15 juin 2014

Monuments Men

Il m’arrive parfois, quand je lance trop tardivement un bon film un peu long et que je me sens piquer du nez, de mettre la pause, de me lever, d’aller dans la cuisine, de choper le premier truc à bouffer qui se présente, et de revenir boulotter ma trouvaille devant la suite du film. Impossible de s’endormir en mangeant. Faites le test. A chaque fois que vous avez peur de pioncer (ça peut être sur votre canapé devant Nostalghia de Tarkovski, ça peut aussi être au volant, sur l’autoroute, à contresens, plus problématique), faites une pause, garez-vous sur le bas côté, allez brûler 500 balles durement acquis dans un paquet « maxi » de trois club sandwiches thon crudités avariés chez le voleur de nuit le plus proche, remontez sur votre bahut (canap ou cametard) et tracez la route bouche pleine, doigts de pieds en éventail. Aucune chance de sombrer, éteignez même vos veilleuses pour économiser sur la batterie, vos yeux seront des phares à eux seuls. Il faudra peut-être s'arrêter régulièrement au pipi-room, parce que ces club-cendars, c'est pas du bio, mais pissez plutôt dans votre réservoir à essence, avec un club trio dans l'estomac votre vessie sera l'équivalent d'une pure raffinerie à pétrole et fournira du Gazole Excellcium à revendre. Prenez deux paquets « maxi » si vous faites les deux à la fois, Nostalghia et transport routier de marchandises : il a bien dû se trouver un ou deux routiers allumés dans le monde pour s'enfanguer un petit Tarko de derrière les fagots sur l’écran 2 pouces noir et blanc de la cabine tapissée de putes aux nibards réchappés de leur poids-lourd. Probabilité non nulle !


Typiquement le mec qui matait Andreï Roublard dans son cametard...

J’ai lancé Monuments Men en plein petit-déjeuner, aux alentours de treize heures, un jour de vacances où je m’étais levé assez tard, après une bonne nuit de sommeil, et le film a réussi à me faire pioncer comme un loir au bout d'une petite trentaine de minutes alors que j’étais en plein cœur de mon repas, la fourchette entre les dents, au beau milieu d'une mastication lambda. Je me suis réveillé plus d’une heure et demi après, avec le générique de fin de Clooney, la fourchette toujours enfoncée dans le râtelier. Une chance que je n’aie pas sombré en prenant une rasade d’eau plate au goulot pour me rincer le gosier, je serais mort noyé à l’heure qu’il est, rempli comme une outre sur mon clic-clac. Mon premier paragraphe n'en est pas caduque pour autant. C'est l’exception qui confirme la règle. Ne vous laissez pas inquiéter et pensez à grailler si vous êtes en train de lire cette critique sur votre iphone au volant d’un semi-remorque : 90% du temps, ça marche tout le temps. Mais le film de George Clooney déroge forcément à la règle, et j’en ai vu assez pour vous dire que c’est un monument de merde.


Vraiment ça valait le coup de s'expatrier Jean ! On espère qu'Omar Sy sera aussi brillant dans Jurassic Park 4 ! La tronche de Dujardin qui essaye de lire sur les lèvres me donne envie de chialer... « On devine à sa courtoisie qu'il est absent », comme disait Valéry.

Dès le début, quand, régulièrement interrompu par le générique d'ouverture, et sur une musique qui aurait sa place dans La 7ème compagnie au clair de lune, Clooney part recruter ses bras cassés pour une mission spéciale « Il faut sauver les chefs-d’œuvre des musées européens », on a envie de foutre le camp. Quand chaque acteur de choix (Matt Damon, Bill Murray, Bob Ballaban, Jean Dujardin, John Goodman...) fait son petit numéro face caméra, on a bizarrement envie d'en prendre un pour le bousiller sur l'autre. Et quand, avant le départ pour la France, Clooney déballe à sa troupe tout un discours sur l’importance de l’art comme ciment de la culture et de la civilisation, débitant ses niaiseries à travers une radio qu'il vient de réparer en se vantant auprès de ses potes de n'être pas "qu'une belle gueule", le tout sur fond de touches de piano éparses tout sauf bouleversantes, c’en est trop. On le sait, on n’aura pas la patience de subir cette purge comme on en a tant vues jusqu’au bout. Celle-ci moins qu'une autre, dont le filmage est d’un académisme épuisant et l'écriture d’une banalité catastrophique, et qui souffre en prime d’un montage ultra maladroit et de lenteurs ô combien pesantes. Historiquement nul et non avenu, comme cela a été démontré en maints endroits, le film de George Clooney se torche non seulement avec les beaux-arts (comme cela a été dit aussi, réduisant les œuvres à sauver - soit tout l’enjeu de l’affaire - à de simples noms connus énumérés au petit bonheur la chance par des acteurs qui n'en ont manifestement jamais entendu parler) mais en tout premier lieu avec le septième.


Monuments Men de George Clooney avec George Clooney, Bill Murray, Matt Damon, Jean Dujardin, John Goodman, Bob Ballaban et Cate Blanchett (2014)

1 octobre 2013

The Informant !

Un soir, je suis allé voir The Informant ! de Steven Soderbergh, avec Matt Damon. Je ne vous en ferai pas une critique succincte, je préfère vous retranscrire le mail envoyé à la personne qui m'avait recommandé ce film, à savoir mon ainé Alexandre (Ralex pour les intimes) :

Mon beau R'alex,
Je pense qu'avec The Informant j'ai vécu une véritable expérience d'indifférence cinématographique, tant je ne me suis jamais senti un tant soit peu concerné par l'histoire, les enjeux du film et le destin du personnage. J'ai attendu que le temps passe sans apprécier la moindre minute de ce film, ce qui est un exploit. J'ai cherché l'humour des situations, j'ai essayé de comprendre pourquoi le gros(tesque) Matt Damon était soi-disant au sommet de son art (au sommet de son poids oui !). Pourtant je savais que Steven Soderbergh = traquenard, je le savais ! J'y suis allé pourtant, malgré le fait que je sais que tes goûts cinématographiques sont souvent atypiques (She's the One, et toute la filmographie d'Edward Burns en tant que director, parce que quand même il joue dans Il faut sauver le soldat Ryan, ne l'oublions pas, je ne l'oublie pas et personne ne l'oublie ici, c'est un peu son seul fait d'armes si on peut s'exprimer ainsi). Donc voilà, il est d'ailleurs évident que ta mauvaise recommandation m'a empêché de "conclure", ou tout du moins de "passer à l'étape supérieure" avec la personne qui m'accompagnait. J'espère que tu es conscient que tu es en partie responsable du prolongement de mon célibat, voire de sa perpétuation, et par là même de mon marasme. Une responsabilité partagée avec M. Soderbergh.
Ton jeune frère dorénavant dépourvu d'avenir sentimental. :(




Triste film.

P.S. : Malgré ce faux-pas presque rédhibitoire, j'ai conclu !


The Informant ! de Steven Soderbergh avec Matt Damon (2009)

25 août 2013

Elysium

Les temps sont rudes pour ceux qui aiment se divertir au cinéma. L'été 2013 nous a vus fouiller les programmes ciné, éplucher le web, scrobbler les bandes-annonces de tous les gros blockbusters annoncés sur FrontRow, in vain comme dit Morgan Freeman à la fin de La Guerre des mondes. L'un de nous a même fini devant Godzilla versus Mécawarrior à la sauce de Guillermo del Burrito, les lunettes 3D - ne voyez pas là un quelconque smiley souriant, parce qu'il faudrait plutôt me dessiner comme ça :-(( - bien vissés sur le nez et le sac à dos rempli d'Ercefuryl et de Romarinex, pour prévenir une éventuelle diarrhée aiguë de type "zombie tsunami" (mon régime de l'été à base de pastèque, de melon, de melon espagnol et de melon d'eau ne me réussit pas toujours, et la moindre contrariété me "fait aller"). Ou comment atterrir devant la plus grosse daube du siècle par pur désœuvrement, la faute à une livraison de blockbusters affligeante. On ne va pas se lancer dans un article bilan sur le phénomène, avec références et chiffres à l'appui. Il suffit de s'intéresser de très loin au ciné pour savoir que ce n'est plus comme avant, que les gros films produits pour ramasser le pactole sont de plus en plus insultants pour le quidam en mal de sensations fortes. On a tous les jours une pensée pour ceux qui sont nés en 95 et qui n'ont pour ainsi dire grandi qu'avec ça, en plus de n'avoir qu'un souvenir très flou de la finale du mondial 98...




Aussi, et malgré l'épreuve Pacific Rim pour l'un, Pain and Gain pour l'autre, nous avons longuement hésité à aller nous empaler sur Elysium au cinéma (à vrai dire on a hésité pour pas mal de gros colis du même acabit, sauf, et c'est à noter, pour Lone Ranger : plutôt crever). Nos échanges de mails et de textos à ce sujet sont un équivalent épistolaire et numérique du Necronomicon, en ce sens que quiconque les lit peut y passer. Tous les arguments ont défilé. Du "tu me payes McDo si on y va, même si je suis déjà en train d'en bouffer un !", au "on profite de l'offre cinéday ! Demain c'est le fameux cinéday !", pas suffisant pour un sou quand l'autre répond : "C'est tous les jours le cinéday sur utorrent et sous Hollande". La veille on s'est même réunis à domicile pour peser le pour et le contre et en finir, mais on s'est quittés sur un collégial et pathétique : "La nuit porte conseil". Le lendemain, on n'y voyait pas plus clair et la pluie de messages d'insultes a continué à déferler sur nos portables respectifs. A un simple texto disant : "Alors, la nuit porte conseil ?", la réponse ne se fit pas attendre : "Va te faire foutre". 




Entre midi et deux, la décision n'étant toujours pas faite, les vieux subterfuges ont refait surface. La première idée consistait à indiquer son envie d'aller voir le film sur une échelle de 0 à 5 (on fera le point sur cette échelle qui nous tient à cœur et que l'on sollicite une fois sur deux dans un autre article, où le film traité sera abordé de manière plus superficielle). Si nos deux notes dépassaient la moyenne, on devait y aller. L'un, véritable tronche cramée, a mis 3/5, l'autre, poule mouillée label rouge nos régions ont du talent, 2,5/5, soit un total de 5,5/10. On devait y aller, logiquement. Mais, aussitôt, celui qui avait proposé le jeu et qui avait donné la meilleure note s'est rétracté, en regrettant d'avoir mis au point des règles aussi peu claires et en invoquant l'interdiction d'utiliser les décimales, ainsi que l'absence notoire d'un notaire au moment de la transaction. Tout était à refaire. Nous nous sommes donc rendus chez l'huissier de justice le plus proche pour tirer à pile ou face, faire chou-fleur, pierre-caillou-ciseau, chifoumi, etc. On a fini la journée assis côte à côte dans des fauteuils à répéter en boucle, "ciné, pas ciné", comme Jim Carrey dans Ace Ventura quand il récite "Finkle et Einhorn, Einhorn et Finkle...", dans ce qui restera l'une des plus grandes scènes de l'histoire du 7ème art, selon les dires de Jean-Luc Godard himself.




A 23 heures passées, l'un de nous envoyait à l'autre par texto : "Alors t'as chopé ton code cinéday ?", et l'autre de répondre un très définitif : "Qu'est-ce que tu me fais ?". Bilan des courses, on n'a pas vu le film. Notez bien qu'on l'a vu quand même étant donné qu'on a tous les deux enduré la bande-annonce, qui dit tout à la manière de ces sketchs rarement drôles qui foisonnent sur le net et qui consistent à résumer l'intégralité d'un film en trois minutes dans un dessin animé hideux. Et c'est sûr que ça donne pas spécialement envie de voir la version longue. Même les fans absolus de District 9 n'ont pas su nous intriguer, nous donner envie tant soit peu, allumer l'étincelle de curiosité en nous, alors qu'ils étaient là pour nous attiser sur une daube intégrale telle que Pacific Rim. Nous invitons les fans d'Elysium, s'il en existe en dehors de Neill Blomkamp et de toute sa fratrie, à nous faire regretter ce putain de cinéday qui nous tendait les bras. Soyons honnêtes, l'un d'entre nous a eu la flamme pendant environ deux minutes, en marchant seul au soleil, peut-être une insolation mais il jure d'avoir eu nettement envie, pendant deux minutes, d'aller voir le film au ciné, une joie ultra fugace s'est emparée de lui à l'idée d'y aller. Constatant qu'elle était fugace, il a repensé aux fougasses que prépare sa mère et c'en était fini du ciné, il avait juste envie de s'en faire une.


Elysium de Neill Blomkamp avec Matt Damon et Jodie Foster (2013)

21 avril 2012

Nouveau Départ

Titre anglais : We Bought a Zoo. Pas spécialement difficile à prononcer ce titre puisqu'il suffit de dire "Oui bouffe euh zou". Et pourtant, l'afficheur a cru bon de remplacer la traduction, littéralement "On s'est payé un zoo !", par Nouveau Départ. Date de sortie : 14 avril. A l'affiche : sur les épaules de Matt Daemon Tools, la petite Forrest Withaker (étrange homonyme du Ghost Dog), et à leurs côtés, Scarlett Johansson, tous trois connus pour leur engagement très actif auprès de Barack Obama, mais aussi de Green Peace et de l'IONESCO. Donc une flopée d'acteurs sinon socialistes du moins anti-fachos, qui claquent le sourire en regardant confiants vers l'avenir et accompagnés par un titre sans équivoque, rappelant et par le fond et par la forme (même police, même typo, cherchez pas) le désormais fameux slogan de campagne de François Hollande : "Le Changement c'est maintenant". Si l'on va un peu plus loin dans l'analyse, on notera que le trio vedette veut se payer un wildlife park (tendance écolo), dont le nom (Roseboom) est un clin d’œil affirmé au Parti de Mitterrand et sa fameuse fleur au fusil. On peut aussi observer que le seul animal qui sort de ce fameux parc et qui est tourné vers la gauche, donc vers le passé, n'est autre qu'un zèbre qui rappelle le célèbre blouson zébré de Nadine Morano, celle qui mène la basse-cour de Sarkozy, symbolisée sur le poster par une paire de paons connus pour savoir parader en montrant leur cul mais pour n'avoir rien dans la tronche. Pour la petite histoire, au départ la petite fille sur le dos de Damon portait de petites lunettes rondes et rouges à la Eva Joly, rajoutées sur photoshop par des distributeurs français qui penchent définitivement à bâbord, mais ces derniers, préférant se cantonner à des messages subliminaux plus efficaces, ont préféré retirer ces doubles-foyers trop grossièrement engagés et finalement inutiles, la fillette ressemblant déjà comme deux gouttes d'eau à la patronne des écolos. Last but not least, sachez que Cameron Crowe, quand il n'est pas DJ le week-end, n'est autre que le vidéaste attitré et directeur de cabinet (de toilette, juste les teuchios) d'Al Gore. Si le film est un gros packaging de fientes animales et de bons sentiments, l'affichage français est un tract à lui tout seul, que nous avons décrypté pour vous.


Nouveau Départ de Cameron Crowe avec Matt Damon et Scarlett Johansson (2012)

23 janvier 2012

Contagion

Film sans aucun intérêt, sans tension, sans idée, sans parti pris, sans scénario, sans mise en scène, qui se regarde sans effort et c'est déjà beau vu ce qu'on attendait mais qui, au final, est plus chiant qu'autre chose et, surtout, oubliable dans la minute ! Soderbergh ne parvient même pas à nous rendre parano le temps d'un long traj'mé. Certains rétorqueront : "Tu ne l'as pas vu en salles ! Dès que mon voisin toussait j'avais envie de le tuer", et s'il est vrai que je ne l'ai pas vu en salle, il est vrai aussi que j'ai envie de tuer mes voisins de séance quel que soit le film que je vais voir au ciné, mais j'ai quelques soucis. Ceci dit ça se regarde à peu près, a fortiori sur une télé, avec l'entière liberté de se foutre de la gueule du film en permanence. Ca se mate malgré une bande originale techno-electro-teuchio insupportable, et c'est moins horrible que les critiques ne l'avaient dit. Quoique... Au bout d'un petit moment passé devant ce film dépourvu de scénario, et encore plus quand on y repense après l'avoir fini, on se dit que c'est quand même une belle merde, ce film. Pourquoi ?


La meilleure scène du film, cramée par la bande-annonce, celle où un docteur annonce à Matt Damon que sa femme est morte, et Damon de répondre : "D'accord... Je peux lui parler ?"

D'abord parce que ce film n'est rien de précis, il joue aux chaises musicales et ne se décide jamais à poser son cul huileux ici ou là. Je parle de cul huileux parce que du début à la fin Soderbergh filme des gens malades, liquéfiés, couverts de sueur et vaseux, soit exactement dans l'état critique où se trouve mon frère à chaque fois qu'il mange un peu trop de saucisson ou qu'il abuse des danettes au chocolat dont il raffole, à chaque fois qu'il mange en fait, à la fin d'à peu près chaque repas, aussi ce film fut-il douloureux pour moi. Contrairement aux longs séjours quotidiens de mon frère aux cabinets, Contagion n'est pas vraiment un film catastrophe, toute cette affaire de virus mortel à la vitesse de propagation démentielle ne semble être prise en charge que par cinq personnes dans le monde entier, un peu comme dans Alerte !, ce film de Wolfgang Petersen où Dustin Hoffman avait la courante. Les 6 499 999 995 autres êtres humains sur Terre, dont le sort tient entre les mains de cette poignée d'américains dévoués et peu connus, ne sont que des chiffres auquel le film fait référence de temps en temps ("4ème jour de contamination, 30 000 morts") avec une indifférence qui annule tout sentiment de panique. Et une seule scène (ratée) d'apocalypse à la The Road ne suffit pas à rattraper cet échec. Faute de catastrophisme, Contagion aurait pu devenir un bon film de genre quand le virus est considéré - dans une drôle de scène où une des héroïnes explique à un des héros les avancées de ses recherches sur le virus en faisant tout un laïus incompréhensible sur les chauves-souris et les cochons - par ceux qui le traquent comme un xénomorphe alien dangereux et mutant que chacun peut porter sur soi sans s'en rendre compte, mais en fait non, la maladie est aussitôt ramenée à ce qu'elle est : un gros rhume ultra contagieux qui fait chier le monde et qui fait suer du front ses victimes avant de les faire tomber comme des mouches en dix minutes.


Laurence Fishburne a l'air d'espérer une bonne nouvelle concernant la pandémie, mais un contrechamp nous révèle qu'il est sur L’Équipe.fr et qu'il attend le tirage au sort de la Ligue des Champions pour voir si Lyon va encore tomber sur le Real Madrid et se faire ramasser en beauté à domicile.

Aucun sujet n'est vraiment traité, pas même la grande idée de Soderbergh qui consiste en une parabole brillante sur le thème de la "contagion", la vraie contagion virale n'étant pas celle de la maladie mais celle de l'information, qui serait bien plus meurtrière. Sauf que rien n'est tiré de cette idée très bateau, et devant le film on se dit que c'est bel et bien la maladie qui bute tout le monde, pas internet. Tout ce que tente Soderbergh tombe à l'eau, comme sa grande idée de faire crever des stars hollywoodiennes à toute allure. Au fond c'était ça l'audace faramineuse de ce film en bois : foutre en l'air le tout Hollywood. Or on s'en tape royalement, pour commencer, et ensuite ce n'est même pas assumé puisque Paltrow, qui clamse mochement au bout de cinq minutes (voir le photogramme en bas à droite sur l'affiche) habite quand même tout le reste du film grâce aux images des caméras de surveillance observées par Marion Cotillard, qui passe sa vie à chercher l'origine du virus, ce dont on se fout tout autant, et pour ce faire se tape l'intégrale des vacances de Gwyneth Paltrow à Hong-Kong.


Quitte à choper une maxi chiasse dans la minute qui suit, moi aussi j'aurais un gros smiley en me faisant souffler sur les crayons par Gwyneth Paltrow.

L'autre star qui meurt c'est Kate Winslet, et elle meurt en héroïne s'il vous plaît. Elle fait partie des quatre ou cinq personnes sur Terre chargées d'endiguer ce fléau qui bute un million de pékins à la minute et elle meurt infectée dans l'exercice de ses fonctions, courageuse et sacrifiée, en véritable martyr de la bonne cause. Le dernier plan sur elle nous la montre agonisante sur un lit de camp, effectuant son dernier geste avant la mort : tendre une couverture à un type en meilleur état qu'elle... Tous les ricains sont des saints and soldiers dans ce film. Le vrai message délivré par Soderbergh c'est que les catastrophes sanitaires qui frappent le globe sont la faute aux Chinois qui ne respectent pas les règles élémentaires d'hygiène (à la fin on voit le départ de feu du virus, une chauve-souris tombée dans un enclos à cochons à côté d'un resto cantonais, je rêve...), mais fort heureusement de brillants et valeureux chercheurs américains, docteurs et doctoresses et autres directeurs de lobbys pharmaceutiques mettent tout en œuvre pour nous sortir à chaque fois de la panade au péril (jaune) de leur vie.


Dans une longue séquence géniale et inutile, Elliott Gould, qui incarne un docteur, est assis dans un bar, tout seul, un jour après le début de la contamination, et il regarde les gens dans la salle qui s'embrassent, se serrent la main, sentent leurs doigts, boivent dans le même verre, se torchent avec la manche et ainsi de suite, avec une tronche absolument indescriptible.

Elliott Gould, le papa de Monica dans Friends, qui dans chaque épisode n'en revenait pas d'avoir mis au monde une fille aussi bien bustée, fait un caméo de tous les diables dans le rôle d'un chercheur qui outrepasse ses droits pour trouver un remède contre le virus coûte que coûte et qui, ayant le choix entre vendre sa trouvaille à des entreprises pleines aux as ou le refiler gratos aux gentils, fait le choix de la vertu bien entendu. Lawrence Fishburne est lui aussi un grand homme qui veut sauver tout le monde et qui commet une bévue en prévenant sa fille de foutre le camp en silence d'un lieu infesté, sa fille aussi conne que lui s'empressant bien sûr de répéter à tout le monde qu'il faut partir, générant un mouvement de foule meurtrier. Mais Fishburne ne sera pas inquiété parce que sa bourde partait d'un bon sentiment, il voulait juste sauver sa fille, et puis à la fin il transgressera aussi la loi en ne se pliant pas à l'agenda national des piqûres de vaccins pour soigner sa fille avant tout le monde, et aussi le fils du type qui balaie son bureau tous les matins et qu'il aime bien. Car cet homme-là a un cœur d'or et les lois ne peuvent pas le retenir de faire le bien autour de lui. Idem pour Marion Cotillard qui part seule à Hong-Kong pour trouver l'origine du virus et qui finit par être prise en otage par des types dont le village est décimé par la maladie, qui veulent des vaccins en échange de Cotiflax. Quand ils les obtiennent (encore une scène remarquable où les Chinois testent le vaccin livré sur leur otage, Cotillard, qui n'est pas malade : ils lui font ingérer le remède, attendent deux secondes, et constatant qu'elle n'est toujours pas malade ils en concluent que le vaccin fonctionne !), ils la libèrent, mais arrivée à l'aéroport elle apprend de la bouche de son libérateur que c'était des placebos et elle quitte tout pour rejoindre les malades et les aider quand même, aide qui consistera à crever avec ses nouveaux potes en puant méchamment du front, mais c'est si héroïque. J'en passe et des meilleures.


Steven Soderbergh, le double ricain de Mathieu Kassovitz, est décidément un bien triste type.

Le seul salop ce n'est pas le patron d'une entreprise pharmacologique (ces gens-là sont des crèmes qui ne veulent que le bonheur du monde), c'est un blogueur qui veut dénoncer ce qu'il croit être une conspiration des magnats de l'empire pharmaceutique. Jude Law incarne le seul rôle merdeux de ce film, et Soderbergh lui a collé de fausses dents tordues pour le rendre ingrat comme un internaute et laid comme un enfoiré paranoïaque qui a tort de mettre en doute les bienveillantes institutions américaines, car il cause du tort à tout le monde avec son esprit critique infondé... Dieu soit loué les héros de l'ombre nationaux font fi du principe de contradiction des gêneurs paranos qui insultent leur courage et dénoncent à tort les soi-disant dérives du système et les fausses mauvaises méthodes des grands groupes. L'esprit critique scandaleux du grand public à l'égard des puissants est une plaie, nous dit Soderbergh. Le véritable cancer de notre planète, selon le cinéaste, c'est l'information, la communication, l'esprit critique, qui créent des bains de sang et empêchent les efforts des nobles et bienveillants puissants de ce monde. Édifiant. Vous aussi vous pensiez que Soderbergh n'avait pas de talent mais qu'il avait au moins deux trois idées ? Vous aussi vous pensiez qu'il avait des couilles au cul faute d'être doué de ses dix doigts ? C'est triste pour lui mais en plus d'être si peu doué Soderbergh vient de nous prouver qu'il est niais comme un manche à balais.


Contagion de Steven Soderbergh avec Matt Damon, Gwyneth Paltrow, Kate Winslet, Lawrence Fishburne, Marion Cotillard, Elliott Gould et Jude Law (2011)