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3 janvier 2017

Premier Contact

Au début, on a l'impression que se joue quelque chose d'important. On a hâte de rencontrer ces extraterrestres, de rentrer dans leur suppositoire géant, et de savoir ce qu'ils pourraient bien vouloir nous dire. Si l'on passe les fautes de goût lors de ces faux flashbacks à l'image embuée dégueulasse, toute la première partie du film est assez réussie et particulièrement captivante. Nous sommes même scotchés lors de la première rencontre, de loin le meilleur moment du film, avec cette belle idée d'inversion de la gravité une fois arrivé dans le vaisseau, où les visiteurs sont invités à faire un saut pour se retrouver debout, à la verticale. Nous sommes prêts à suivre la linguiste incarnée par Amy Adams dans ses recherches, pas à pas, quitte à manger des dialogues explicatifs lourdingues, ici plutôt bien emballés. Nous y croyons dur comme fer et nous pensons effectivement avoir mis la main sur ce chouette film de SF vanté par les critiques unanimes. 




Hélas, tout cela se délite progressivement. D'abord, quand Denis Villeneuve accélère maladroitement le rythme de son récit via la voix off du chercheur campé par Jeremy Renner qui nous explique les avancées des recherches pour décrypter le langage alien. On se sent alors comme abandonnés dans la dynamique du film. Et ensuite, quand les relations avec les aliens sont temporairement coupées, Premier Contact perd alors définitivement son souffle et l'intérêt de son départ canon, et s'enchaînent les incohérences (la bombe amenée tranquillement dans le vaisseau...) ou les facilités de scénario (ce petit cours de géopolitique du pauvre...). 




Enfin, quand nous comprenons le fin mot de l'histoire, on se demande bien comment il aurait été possible de se passionner et de vibrer pour ce drame intimiste concernant des personnages si désincarnés, ennuyeux et sans substance. Amy Adams fait tout son possible, mais que peut-on dire de son personnage ? Il n'existe à aucun moment. C'est une linguiste persévérante, pugnace... et quoi d'autre ? Jamais on ne la voit vivre, rire (le film se prend drôlement au sérieux), dans son immense baraque où elle ne fait que se servir des verres de vin blanc devant la gigantesque baie vitrée ou admirer les mille bouquins qui trônent sur ses étagères pour nous rappeler qu'on tient là une vraie intellectuelle. Très triste aussi est la romance qui finit par lier les deux chercheurs. Le terme de "romance" est d'ailleurs bien fort puisqu'il ne se passe strictement jamais rien entre eux. Denis Villeneuve est bien incapable de nous faire ressentir quoi que ce soit. Quand, à la fin du film, Jeremy Renner déclare sa flamme et dit à sa collègue, "J'ai passé mon temps à regarder dans les étoiles alors que j'avais tes eins sous les yeux...", la tirade est bien sentie, mais c'est un peu tard. 




Par ailleurs, Premier Contact est encore un film qui veut véhiculer un beau message sur l'humanité, ici appelée à apprendre à communiquer et à agir collectivement, mais où celle-ci trouve néanmoins son salut à travers les actes d'un personnage peu à peu doté de facultés hors normes. Est-il impossible de délivrer un tel discours sans prôner l'héroïsme le plus bêta ? Alors certes, le film de Denis Villeneuve aborde des questions intéressantes, il paraît traiter avec intelligence et une finesse inhabituelle le thème de la rencontre extraterrestre. Mais faut-il que la concurrence se porte mal pour qu'un tel film se fasse tant remarquer. La complexité d'apparat, la triste froideur et le sérieux plombant de Denis Villeneuve rappelant le cinéma de sieur Nolan, il y a somme toute une logique en ce bas monde... 


Premier Contact de Denis Villeneuve avec Amy Adams et Jeremy Renner (2016)

18 mars 2015

Big Eyes

Vingt ans après Ed Wood, Tim Burton, à défaut de renouer avec la qualité, renoue avec le biopic. Il nous raconte l’histoire de Margaret Keane (Amy Adams), peintre soi-disant géniale dont toutes les toiles représentaient des enfants aux yeux globuleux hypertrophiés*. L'artiste américaine, après avoir subi en silence et des années durant la tyrannie de son mari, l’escroc Walter Keane (Christoph Waltz), qui s’appropria sans vergogne l’ensemble de l'œuvre picturale de sa femme pour en tirer reconnaissance et fortune**, partit s'installer à Hawaï où elle devint témoin de Jéhova. Difficile de dire qui, des pourfendeurs ou des adorateurs de Tim Burton, détestera le plus Big Eyes… Il y a une chose qu’on ne peut pas reprocher au cinéaste, c’est d’avoir eu l’intention de se renouveler, de changer un peu de registre. 


Le génie dans un pur moment d'inspiration !

Malheureusement le changement n’aura pas consisté à réaliser enfin un bon film après en avoir mis en boîte de si mauvais depuis des années. Non Burton a plus simplement laissé au placard ses marionnettes favorites, les increvables Helena Bonham-Carter et Johnny Depp. Prenant par ailleurs conscience que tous ses films étaient tournés en studio et qu’ils étaient plutôt sombres,  il est allé dans la rue et a tourné sous un soleil de plomb (un vrai risque pour Burton, qui est un enfant de la lune - en plus d'être un enfant-huître, comme nous l’a révélé son autobiographie en 1997 - et qui n’avait pas vu la lumière du jour depuis le 25 août 1958). Allez savoir si c’est l’effet d’un coup de soleil de cinglé, mais Burton en a aussitôt perdu tous ses moyens, oubliant ce qui faisait le sel de ses films sur-assaisonnés : Big Eyes, dont le scénario, cousu de fil blanc et d’un rasoir prodigieux, n’a rien à envier à une mise en scène aux abonnés absents, comptera sans doute parmi les films les plus plats de l’année 2015, et domine sans conteste la filmographie burtonienne en termes de vide et de fadeur.


En voyant cette image, on peut s'imaginer que Christoph Waltz est drôle.

Contrairement à l’ennui du spectateur devant le film, la révolution du cinéma de Burton n’est pas totale, rassurez-vous. On reconnaît encore la vieille patte fatiguée de Tim aux mains de plomb ici et là, via quelques correspondances auteuriales à la noix (le personnage du plagiaire, interprété par un Christoph Waltz toujours aussi cabotin et résolument insupportable, vit dans le mensonge, comme le père d’Ewan McGregor dans Big Fish, et il finit par se lancer dans un numéro pseudo-loufoque lors du procès final, aussi absurde que celui qui conclut Alice au pays des merveilles), ou autres allusions finaudes au vaste domaine des contes (le méchant Walter Keane pète progressivement un plomb et décide d’incinérer son épouse - c'est ce qui la poussera vers Hawaï et les tarés de Jéhova - jetant une allumette incandescente à travers la serrure de l'atelier où elle vient de se barricader avec sa fille, tel le grand méchant loup face aux petits cochons ; et c’est insultant pour Amy Adams, qui a certes le teint rose et le nez retroussé mais qui mérite mieux que cette association - à un porc ou d’ailleurs à Burton).


Le cinéaste a casé l'une de ses œuvres d'art perso dans la scène du musée. En haut à gauche sur cette image. Magnifique huile de tournesol sur bois. Il s'agit, d'après mes informations, d'un portrait de Jack Nicholson dans Batman.

Mais tout de même, on se demande où est passé Tim Burton, l’homme aux lunettes bleues et aux cheveux enfumés, le cinéaste « décalé », comme ils disent, l'artiste fou dont tous les critiques sont fous, l’artisan sans complexe, qui répète sa petite musique lancinante sans se fouler depuis des lustres, dont les derniers films sont coulés dans un moule ultra-rôdé qui ne gratte absolument personne. Où sont ses joujous de toujours, ses créatures farfelues, ses motifs permanents, ses effets signatures ? Au vu de ses derniers opus, on pourrait se réjouir que le cinéaste ait entrepris un voyage sans escale vers la mesure, la finesse et la sobriété, mais pas si ce voyage doit nous révéler à quel point, délesté de ses attributs fantaisico-baroques, le cinéma de Burton n’est rien. Big Eyes correspond en tout point au téléfilm quotidien de l’après-midi sur M6. Il y a bien deux scènes où Burton se réveille (on l'imagine, couvert de biafine jusqu'aux extrémités des tifs et reprenant du poil de la bête derrière son combo), pour représenter sa dessinatrice d’héroïne soudain affublée des gros yeux de ses portraits tandis qu'elle se regarde dans un miroir, ou croisant une ménagère elle aussi atteinte de triple glaucomes dans un supermarché, mais que c’est timide… de la part de celui auquel on prête habituellement tout un « univers » !


Beau placement de produit pour Jiffy. Tim Burton n'a plus qu'à trouver des idées de génie...

On en vient à s’imaginer que ce film est porteur d’un message secret. Peut-être est-ce, en réalité, le premier film de Tim Burton ! Imaginez ! Son premier ! Le soulagement de dingue !... Pourquoi son premier ? Parce que les autres auront été réalisés par sa femme, Helena Bonham-Carter***. Et Burton, comme Walter Keane dans le film, fort d’un bagout de tous les diables et d’une allure de malade susceptible d'accrocher les photographes, se sera accaparé le travail de sa compagne. Les deux freaks ayant divorcé tout récemment, Burton s’est retrouvé comme un con avec ce drôle d’objet qu’il n’avait encore jamais touché de sa vie, non, pas un peigne, une caméra, et dépourvu de tout le pognon habituel qui plus est, forcé de fabriquer un film avec les moyens du bord pour ne pas se retrouver comme Christoph Waltz à la fin du récit, contraint à mimer un tennis elbow inopiné pour ne pas avoir à dessiner un enfant aux yeux exorbités devant un juge de cour peu commode. D’où Big Eyes, qui nous révèle en pointillés cette sombre affaire. Et alors, si tout cela est vrai, autant dire que notre cinéaste décalé, au panthéon des plus adulés du XXIème siècle, a un sens du cinéma aussi étroit que les yeux de son titre sont gros, et aussi ras que (l'arrière de) son crâne est hirsute.


Série de croutes mises à sécher.

* Mes connaissances en histoire de l’art sont trop limitées pour le dire, mais si Margaret Keane a contribué à la mode aujourd’hui souveraine des personnages de films animés destinés aux enfants dotés d’yeux au-delà de disproportionnés, nous ne remercions pas cette brave dame.

** On se rappellera des soupçons de plagiat qui pèsent encore sur le cinéaste suite à l’affaire Burton/Selick, que mon acolyte avait révélés dès le mois de novembre 2010 dans un article massue ! C’est une clé de lecture pour ce nouvel opus de Burton que je vous glisse sous la porte (et que confirme, comme quoi c'est du solide, la fin de cet article). Aux Mediapart et autres Wikileaks de s’en emparer. Faites votre boulot les gars...

*** Ou par ses femmes, puisque Burton a d'abord vécu avec l'actrice Lisa Marie, qu'il quitte durant le tournage de La Planète des singes pour épouser Helena Bonham-Carter. Et autant dire, si notre théorie est juste, qu'il valait mieux apposer sa signature au bas des films de sa première conquête que revendiquer ceux de la seconde...


Big Eyes de Tim Burton avec Christoph Waltz et Amy Adams (2015)

24 janvier 2013

The Master

Sincèrement, nous aurions adoré aimer The Master. Nous avions plutôt apprécié Boogie Nights et Magnolia à l'époque de leurs sorties, et après l'inconfort et l'ennui ressentis devant l'improbable et trop loufoque pour être honnête Punch-Drunk Love, nous avions repris confiance en son auteur grâce à l'envoûtant There Will Be Blood. Aussi pensions-nous Paul Thomas Anderson tout à fait capable de nous livrer le premier très grand film de l'année. Mais, à la sortie de la séance, force est de constater que nous affichions des mines peu réjouies, pleines de regrets et d'amertume. Nous étions terriblement déçus. Nous venions de passer environ 5 heures à nous ennuyer comme rarement, très étonnés d'apprendre par la suite que le film ne durait en réalité que 144 petites minutes. Le temps nous a en effet paru très, très long devant The Master. Paul Thomas Anderson a pourtant un talent de cinéaste indéniable et il réussit parfois de très belles choses. On peut penser à la séquence du bal où le personnage joué par Joaquin Phoenix hallucine toutes les femmes de l'assemblée complètement nues dans un délire étrange, mais cette scène, sans doute la plus étonnante de l’œuvre, pâtit de la faiblesse de celles qui l'entourent immédiatement et ne peut prendre assise sur aucune autre pour s'élever comme elle le mériterait. "PTA", comme il est d'usage de l'appeler, parvient à furtivement capter notre attention, sans jamais, hélas, que tout cela ne semble lié et que ces fulgurances renforcent ou donnent du souffle à l'ensemble. Systématiquement, ces moments forts ne débouchent sur rien, ou pas grand chose. Nous avons donc fini par décrocher et par nous désintéresser totalement du film.




La première partie, qui doit durer grosso modo une demi heure, et qui se concentre sur le parcours de Freddie Quell (Joaquin Phoenix), avait pourtant su relativement nous intriguer avec ces premiers plans où Paul Thomas Anderson joue des concordances entre la bande sonore et la bande musicale de son film comme il l'avait expérimenté dans son film précédent, puis avec ces scènes où le comportement sexuel de Freddie Quell, soldat de la marine américaine attendant la fin de la seconde guerre mondiale avec sa compagnie sur une île du pacifique, surprend au moins autant que le mystérieux breuvage qu'il semble concocter dans une torpille de son bateau. L'intérêt ne décroît d'ailleurs pas immédiatement puisque le retour au pays du héros est marqué par sa relation sulfureuse avec une mannequin pour prêt-à-porter sortie de nulle part (la scène où elle déambule en disant le prix de son manteau en fourrure à toutes les femmes qu'elle croise rappelle vaguement l'ambiance de certaines scènes de Catch me if you can) et par la reprise d'une carrière de photographe compromise par un comportement brutal et grotesque d'ancien soldat traumatisé.




Mais notre implication dans le récit chute dès après le plutôt beau travelling qui accompagne l'entrée de Freddie Quell dans le navire de Lancaster Dodd (un Philip Seymour Hoffman toujours plus rougeaud). A partir de cet instant on sort du film peu à peu pour ne plus jamais y entrer à nouveau, désintéressés à tout jamais de ces personnages inconsistants ou grossiers et des rapports bizarres qu'ils entretiennent, plus anecdotiques que d'une grande portée. Le plus gros problème du film est sans doute qu'il ne raconte pratiquement rien. Nous n'avons même pas évoqué le fait que Lancaster Dodd est censé être l'initiateur de l’Église de Scientologie et qu'il prend Freddie Quell comme associé-patient-cobaye en le soumettant à toutes sortes d'exercices idiots sous la houlette de son épouse autoritaire (Amy Adams), mais vu que le film parle de tout cela sans en parler et qu'il ne nous dit finalement rien d'intéressant à ce sujet, c'est de bonne guerre. Son vrai sujet serait plutôt la relation difficile de deux hommes qui s'attirent et se repoussent, qui s'aiment sans pouvoir faire tomber le mur qui les sépare. Ce père d'adoption et ce fils spirituel finiront par se quitter dans un ultime dialogue de sourds autour d'un bureau, exactement comme à la fin de There Will Be Blood, mais avec l'ampleur d'un vrai scénario en moins et la chanson ridicule de Philip Seymour Hoffman en plus.




Comme Paul Thomas Anderson lui-même, ses acteurs ont un talent fou, mais ils en ont peut-être trop conscience... Ils sont très démonstratifs et donnent presque l'impression de se regarder jouer. A commencer par l'omniprésent Joaquin Phoenix, qui impressionne souvent et parvient à donner une allure très marquante à son personnage, mais qui finit par lasser. En outre, quelque chose nous manque cruellement pour que l'on se sente véritablement concerné par ses errements. Quand, lors d'un flashback, on le voit enfin à peu près heureux, aux côtés de la jolie rousse qu'il a dû quitter pour partir à la guerre, la scène vient trop tard, et on s'en moque un peu. Quand il retourne chez elle et tombe seulement sur sa mère, c'est encore pire, c'est long, et ça n'a eu plus aucun effet sur nous. En réalité, The Master manque terriblement d'enjeux et nous avons logiquement fini par lâcher prise devant ce film si maîtrisé et froid, un peu comme Phoenix lui-même quand il marche du mur à la fenêtre dans la grande maison de son gourou sans comprendre ce qu'on attend de lui, trouvant ça finalement assez couillon et faisant semblant d'y croire le temps nécessaire pour qu'on lui lâche la grappe définitivement.


The Master de Paul Thomas Anderson avec Joaquin Phoenix, Philip Seymour Hoffman et Amy Adams (2013)

22 juin 2012

Doute

Bronx, 1964. Rien ne va plus à l'école catholique Josuéba Exteberrìa ! Sur la foi du témoignage nébuleux de la douce Sœur Jamiroquai, institutrice sous ses ordres, l'acariâtre Sœur Alioéba, directrice de l'école, accuse le Père Flynnt Michigann d'entretenir des rapports interdits avec le petit Donald Trump, premier élève afro-américain admis dans l'établissement. Ni les doubts de la jeune enseignante, ni les protestations du prêtre à houppette, aux méthodes pédagogiques radicalement opposées à celles prescrites par Sœur Alioéba, ne parviennent à détromper cette dernière et à la faire doubter de sa terrible accusation. Débute alors un duel psychologique à couteaux tirés entre la directrice stalinienne de l'établissement et le prêtre pédé, dont le petit enfant black ne serait plus que le prétexte et Sœur Jamiroquai, le malheureux témoin impuissant. Voilà pour le pitch de ce film dont je ne suis plus sûr à 100% des noms des différents personnages.



Pour réaliser l'adaptation de sa pièce de théâtre à succès, John Patrick Shanley a engagé un trio d'acteurs talentueux afin d'incarner les trois personnages principaux : Meryl Streep, Philip Seymour Hoffman et Amy Adams. La première, dans la peau de la vieille nonne trop conne et à cheval sur ses principes (c'est peu de le dire !), nous offre un nouveau numéro d'actrice savoureux, toujours à la limite du cabotinage, sans jamais y tomber véritablement. Un petit miracle. Sa façon d'incarner une bonne femme à la main de fer et à l'autorité infernale m'a même rappelé ma belle-sœur ! Le second, plus connu sous le nom de PhilSemHoff, campe avec talent une espèce de curé au verbe facile, un brin trop proche des écoliers. L'acteur prouve encore une fois qu'il peut être tout à fait captivant, voire bluffant. Il est en tout cas très crédible dans ce rôle de gros homo pédophile qui semble lui coller à la peau (même si, ici, ses préférences sexuelles ne sont pas avérées, le réalisateur du film préférant nous laisser dans le doubt). Quant à Amy Adams, qui est hélas toujours attifée d'une coiffe de couleur noire qui emprisonne sa jolie tignasse rousse et rend peu hommage à son étincelante beauté naturelle, elle est impeccable dans le rôle de cette institutrice assez naïve et douce, même si elle est bien plus discrète que ses collègues. Soyons clairs et faisons bref : ces trois acteurs constituent le principal atout du film.



Car si John Patrick Shanley a brillamment su s'entourer, il aurait aussi dû laisser la mise en scène à quelqu'un de plus doué que lui ! Et pourtant, contrairement aux apparences, JP Shanley n'est pas totalement débutant en la matière. Que lui doit-on au juste ? Joe contre le volcan... Ce film oublié des années 80 dans lequel Tom Hanks, armé d'une simple pelle, affrontait un volcan en éruption. J'ai tout dit ! Seuls les fans irréductibles de l'acteur doublement oscarisé se souviennent de ce film, considéré par les autres spectateurs qui l'ont vu comme l'une des heures les plus sombres de leurs cinéphilies. J-Patrick Shanley n'a donc rien à voir avec Kubrick Stanley. Il filme son scénario le plus platement du monde et tente vainement de dénoter un peu via quelques plans obliques, en diagonale, d'un goût très douteux, qui ne font que nous rappeler que cet homme a beaucoup moins d'inspiration derrière une caméra, une casquette vissée sur le crâne, que devant une feuille blanche, le stylo plume à la main. Shanley, tu es un piètre cinéaste, tiens-toi le pour dit. Surestimant sans doute la portée de son propos pourtant assez intéressant, certainement trop sûr de lui et bourré de certitudes, le séant fermement reposé sur son Pulitzer (la récompense tant convoitée qu'a glanée sa pièce de théâtre !) et sa chaise de "director", on imagine hélas aisément l'apprenti cinéaste se prendre pour un surdoué.



C'est bien dommage, car l'histoire qu'il nous raconte parvient assez facilement à nous captiver, malgré un démarrage un peu longuet, et aurait pu prendre une toute autre envergure entre les mains d'un réalisateur en pleine possession de ses moyens (ou d'un réalisateur tout court, un brin inspiré). J'avoue avoir doubté, du début à la fin, sur la culpabilité du curé homo et sur le bien-fondé des accusations de la vieille nonne facho. Il faut dire que les personnages, à l'exception de Meryl Streep, ne font que doubter de tout. Et, de façon assez machiavélique, Shanley nous quitte en plein doubt, sans que l'on sache véritablement si, oui ou non, Philip Seymour Hoffman est bel et bien un gros homo doublé d'un pédophile. Les derniers dialogues du film sont déblatérés par une Meryl Streep en état de grâce, qui tombe enfin son masque impassible, et sanglote : "I have doubts. I have such doubts !". Rideau. Stupeur dans la salle. Malgré son maigre talent de cinéaste, Shanley a plutôt réussi son effet, il peut remercier ses acteurs.


Doute de John Patrick Shanley avec Meryl Streep, Philip Seymour Hoffman et Amy Adams (2008)

22 mai 2012

Contrebande

J'ai regardé le début de ce film hier soir, avant de me coucher, et je me suis réveillé avec une conjonctivite à l’œil droit. Je ne pense pas que ça soit lié, mais tout de même, par précaution, je n'y toucherai plus. Et puis à quoi bon ? Dès les premières secondes, j'avais l'impression d'avoir déjà vu ce film une petite centaine de fois, tant il ressemble à n'importe quel thriller américain lambda voire à n'importe quelle série d'action. Face à un spectacle si indigent, une seule question m'est apparue : que fais-tu Mark Wahlberg ? Que fais-tu Marky Mark, toi qui commences à peine à te forger une vraie crédibilité d'acteur avec des films comme The Fighter, Les Infiltrés et La Nuit nous appartient auprès de ces spectateurs qui, jusque-là, associaient logiquement ton nom à de ridicules films d'action ? Que fais-tu Marky Mark, toi qui, grâce aux films précédemment cités et tes collaborations récentes et futures avec Will Ferrell, occupais déjà une place à part dans mon hall of fame personnel ?




Avec un film tel que ce Contrebande, tu ruines un peu tous tes efforts passés. Qu'est-ce qui a bien pu te faire accepter un tel rôle ? Ce rôle archiconnu de malfrat légendaire, rangé des bagnoles, mais contraint à replonger dans le grand banditisme pour régler une affaire très personnelle. Était-ce l'envie de jouer aux côtés de Kate Beckinsale ? Toi qui es habitué à partager l'affiche avec des bombes comme Eva Mendes, Charlize Theron et Amy Adams, tu dois pourtant savoir que tu vaux infiniment mieux que ça. Elle ne leur arrive même pas à la cheville, à tous les points de vue... Alors peut-être avais-tu apprécié le film original islandais et senti un fort potentiel pour faire un carton ? Hé oui, parce qu'en plus, Contrebande est un pâle remake, réalisé par l'acteur principal du film initial (et il n'y a d'ailleurs bien que ça d'un peu original dans ce triste projet). Non, vraiment, je ne te comprends pas, Marky Mark. Mais bon, je ne t'en veux pas. Tu m'es toujours sympathique et j'ai hâte de te revoir dans un film digne d'intérêt. En attendant, Contrebande est à éviter.


Contrebande de Baltasar Kormákur avec Mark Wahlberg, Kate Beckinsale, Ben Foster et Giovanni Ribisi (2012)

24 mars 2011

Zack et Miri font un porno

Je suis quasiment bègue, sans doute bientôt chauve, de faible constitution et j'ai participé à des actes répréhensibles dont un qui provoqua la mort accidentelle d'un cycliste. Mais ce que je regrette le plus aujourd'hui, c'est d'être un grand naïf. Je suis tellement naïf que je me suis risqué à regarder un film de Kevin Smith parce que le pitch m'intriguait. Si, selon le proverbe anglais, la curiosité tue les chats, alors une fois mêlée à la plus pure naïveté, elle flingue aussi des soirées. Car c'est bien deux heures de ma vie que j'ai perdues devant Zack et Miri font un porno. Quand on se sait condamné à l'Enfer et qu'on ne parvient pas à fermer l'œil de la nuit, rongé par sa culpabilité, dites-vous bien que deux heures, c'est pas rien. Il faut donc avouer que le pitch de ce long-métrage est, au premier abord, plutôt accrocheur. Je dirai même qu'il cause à un peu tous ceux qui ont déjà été financièrement dans la zone rouge tout en ayant une bonne copine et une caméra sous la main. Trois conditions a priori très faciles à réunir, et en fait, même moi qui n'ai jamais eu de pote femelle, ça me parle. Ce film nous raconte en effet l'histoire d'un couple d'amis vivant en collocation qui décide de tourner un porno pour arrondir leurs fins de mois difficiles. Qui n'y a jamais pensé ? Je m'adresse à vous tous. A l'heure où nous disposons pratiquement tous d'une caméra vidéo sur nos téléphones mobiles et autres appareils photos, qui n'a pas songé une minute à tourner vite fait bien fait un petit snuff movie bien craspec ou un bon gros porno de derrière les fagots ? L'idée serait d'uploader ensuite le moyen-métrage sur YouTube, pour mieux "faire le buzz", se faire un nom aussi répandu que celui de Kim Chapiron ou Romain Gavras et, qui sait, consécration ultime, peut-être passer au Grand Journal, où un extrait de notre œuvre serait présentée par Tania Bruna-Rosso, l'innommable vermicelle humain. Mais revenons à proprement parler au film de Kevin Smith, que je suis bien décidé à épingler depuis qu'il m'a fait passer une des soirées les plus nulles de mon existence.


Un gros geek les yeux écarquillés et une grosse pute la bouche ouverte, d'emblée tous les ingrédients du porno sont réunis

Déjà, il faut savoir que ce film suit le schéma habituel et infiniment chiant des comédies romantiques américaines pourries. C'est d'ailleurs ce que ce film est, ni plus ni moins. Au début du film, les Zack et Miri du titre ne sont donc pas en couple. Il s'agit d'abord d'amis très proches partageant le même appartement. Et comme si le titre du film ne nous avait pas déjà mis sur la voie, nous assistons pendant la première demi-heure à leurs hésitations quant à savoir quoi faire pour remettre leurs comptes en banque à flot. Leur vient ensuite l'idée de tourner un porno à moindre frais, en engageant quelques proches et autres collègues de boulot, et en tournant de nuit, sur leur lieu de travail (un troquet de type Starbucks du pauvre). Ce dernier détail est d'ailleurs une référence à la vraie vie de Kevin Smith qui dut tourner de nuit son premier film, Clerks, dans l'épicerie où il travaillait le jour en tant que caissier. C'est une bien triste trivia que je partage là avec vous, peut-être la plus triste jamais écrite sur ce blog, mais c'est simplement pour vous montrer que lorsque Kevin Smith ne fait pas des clins d'œil ultra appuyées à sa dvdthèque chérie et à tout un tas de films qui n'ont vraiment pas besoin de lui pour se faire à nouveau remarquer, le bonhomme fait des références à sa propre filmographie, de façon plus sournoise, peut-être par fausse modestie.


Trop trop mignonne avec sa jolie frimousse de gamine de 8 ans et ses énormes et difformes amas de plastique mou en forme de nibards vissés au buste, comment ne pas craquer sur Katie Morgan ?

A l'image du personnage que Kevin Smith tente vainement de se construire en conférences de presse, et comme la plupart de ses autres films, Zack et Miri font un porno se veut "choquant". Mais bien évidemment, il ne l'est pas pour un sou. A part bien sûr si vous choisissez de mater ce film avec vos grands-parents ou une très jeune personne qui n'a jamais vu de poitrine de femme dénudée. Mais dans le premier cas, vous êtes un petit-fils indigne et vous devriez vraiment avoir honte d'infliger une telle saloperie à vos ancêtres. Et dans le second cas, vous êtes un bien piètre initiateur, car votre petit compagnon découvrira seulement les faux seins hideux d'une véritable actrice porno (Katie Morgan), une vision qui ne lui procurera aucun émoi mais seulement du dégoût, et qui en fera peut-être un(e) futur(e) homosexuel(le).


Seth Rogen, à Hollywood, on le surnomme "Big fat curly-headed fuck"

Kevin Smith profite de ce film pour déballer des blagues déjà entendues mille fois ailleurs et pour s'adonner à un exercice qu'il doit imaginer très original : le détournement de titres de films à succès en titres de films porno. Permettez-moi de ne pas vous donner d'exemple. Les personnages de son triste film font ça pendant des scènes interminables, alors que tout ce qu'ils déblatèrent pourra seulement sembler inédit pour les plus ignorants et les moins imaginatifs d'entre nous. C'est d'une tristesse... Mais je ne vous ai pas encore parlé de ce qu'il y a de pire dans cette daube infâme : son couple d'acteurs vedette. J'ai de plus en plus de mal à supporter Seth Rogen. Cet acteur est à peu près tolérable lorsqu'il est limité à faire une petite apparition débile dans un film de Will Ferrell, mais il n'a pas du tout le talent ni la tronche adéquate pour tenir un film comique à bout de bras. C'est un minable. Quant à l'actrice, Elisabeth Banks... Par où commencer ? En plus de tutoyer la laideur la plus déconcertante car de celle qui passe pour de la beauté aux yeux des plus mauvais observateurs, l'actrice ne se montre jamais drôle. En outre, son personnage nous est très tôt présenté comme étant réellement celui d'une pute bénévole, et là-dessus elle n'y est pour rien. Il faut la voir, au début du film, en train de se démener pour séduire un bellâtre sans relief, qu'elle ignore alors être gay. D'accord, cette scène ridicule est faite pour être marrante, mais ça ne fonctionne pas, et ça donne seulement une drôle d'idée de ce personnage que l'on aurait mieux fait de nous dépeindre comme plutôt prude, ordinaire, peu portée sur la chose, pour que le reste du film soit plus étonnant. Là non, Miri est d'emblée une meuf qui apprécie les teubs, elle est donc déjà le cliché vivant d'une actrice porno avant que le scénario ne l'oblige à en devenir une. Je reconnais également ressentir une aversion peut-être toute personnelle pour cette actrice. Là où une comédienne un peu mignonne ou à l'apparence plus quelconque aurait grandement participé à donner un tout autre intérêt au film, Elisabeth Banks finit de le plomber complètement. Imaginez par exemple une Jenna Fischer, une Amy Adams ou une Alison Loham devoir se rabaisser à faire du porno... Mais même en prenant une fille moins jolie, il y avait des trucs plus intéressants à faire tout simplement en prenant le soin de choisir une actrice au physique correspondant moins naturellement à celui d'une pornstar quelconqe. Elisabeth Banks est le pâle brouillon d'une Jenna Jameson qui n'aurait pas subi une dizaine d'opérations chirurgicales et d'autres interventions, plus nombreuse mais d'une précision moins chirurgicale, orchestrées par des mastodontes de taille anormale. Elizabeth Banks m'a un peu pourri chaque film dans lequel elle est apparue. Chacune de ses expressions faciales me donne envie de balancer mon chausson sur mon téléviseur ! Je l'avais déjà prise en grippe dans la série Scrubs. Je ne l'aime pas. Ça échappe aux mots, c'est viscéral !


Sur ce cliché Seth Rogen nous indique le nombre de coups qu'il a tirés dans sa chienne de vie. Et Elizabeth Banks semble être heureuse de ne pas en faire partie

Pour finir, sachez que ce qu'il y a de plus terrible avec ce film-là, c'est que ses quinze premières minutes, menées à un rythme soutenu, se laissent aisément mater. Pour vous prouver que je ne suis pas du tout de mauvaise foi, j'avouerai même qu'il y a bien deux ou trois moments un peu drôles que l'on doit uniquement à l'acteur Craig Robinson. Puis le film devient de plus en plus infâme, d'une pauvreté humoristique atterrante, mais il est hélas trop tard pour l'arrêter : on se sent emprisonné, obligé d'aller au bout. C'est donc ce que j'appelle un "film de la pire espèce". Zack et Miri font un porno n'a pas connu de sortie en salles en France, il est directement sorti en vidéo, et c'est très bien comme ça. Un dernier mot sur Kevin Smith : j'en ai marre de ce gros mec en baskets et à casquette ! J'en peux plus de lui. Je ne fais pas partie de ceux qui lui vouent un culte à cause d'un film en noir et blanc que je ne m'encaisserai jamais. Dogma, Clerks, Jay and Silent Bob : je m'en balance à mort.


Zack et Miri font un porno de Kevin Smith avec Seth Rogen, Elizabeth Banks et Craig Robinson (2008)

11 mars 2011

The Fighter

J'ai vu ce film hier au cinéma, et j'ai décidé de vous en parler. Pire façon de commencer un article mais j'ai pas d'autre idée. Ou alors si, en énumérant quelques informations croustillantes : le film est dans les salles depuis deux jours, il est réalisé par David O. Russell, le metteur en scène d'I heart Huckabees, et co-produit par Darren Aronofsky. Il s'agit aussi de l'adaptation d'une histoire vraie et d'un film porté à bout de bras par ses deux acteurs principaux, et notamment par Mark Wahlberg, investi de longue date dans ce projet. Enfin ce film a été nommé aux Oscars, où il a reçu de nombreuses récompenses. Les méritait-il ? Oui. On a là affaire à un bon film indépendant américain comme on en voit de moins en moins. The Fighter est une chronique familiale qui se focalise sur les relations entre deux frères réunis par la boxe (matez l'affiche et vous tenez le pitch). Le premier des deux frères est incarné par un Christian Bale survolté, jouant encore au yoyo avec son poids, maigre comme un clou, laid comme un pou, drogué sans le sou. Le second, son cadet, moins excentrique et plus ambitieux, sous les traits d'un Mark Wahlberg tout en retenu, tente de percer dans la boxe et d'accomplir ce que son frère a raté. Pour ce faire, il doit s'émanciper de sa famille, composée d'une pelletée de petites sœurs, véritable batterie de poules ravagées et vulgaires, et d'une mère-manageur elle aussi mal en point, qui tire toutes les ficelles d'une main de fer et qui s'acharne à faire tenir la baraque debout sans y parvenir.


Chris Bale fait sentir son doigt à Mark Wahlberg pour le dégriser

Le film tient du pur drame hollywoodien, s'inscrivant aussi dans la grande tradition du film de boxe. Pendant plus d'une heure on assiste sans souffrir aux déboires d'une famille misérable, dans une ville misérable. A un certain point on se demande même pourquoi on nous dresse ainsi le portrait d'une bande de ratés, voire de tarés. Et puis quand le personnage de Christian Bale sort de taule, la tendance s'inverse et les personnages se mettent à agir de façon plus intelligente, dès lors le film s'humanise et se sauve lui-même. On est alors content que les choses se passent mieux pour les personnages, que la famille se réconcilie pour le meilleur, et ce soulagement qu'éprouve le spectateur, c'est le signe d'un bon film. Devant Les Petits mouchoirs, par exemple, j'ai quand même sabré le champagne quand Dujardin se fait exploser la gueule par un camion, et le film n'avait commencé que depuis cinq minutes. Autre exemple, le final de ce même film de Guillaume Canet où tous les personnages chialent tour à tour et où moi je m'esclaffais comme un con sur mon canapé tout en jetant mes savates vers mon écran Samsung 36cm, acheté récemment et j'en suis méga content. La comparaison démontre qu'il n'est pas évident de se prendre de passion pour des personnages quand le récit s'est d'abord appliqué à nous les dépeindre comme autant de gros cons, et c'est bien le signe qu'il y a dans le film de David O. Russell un vrai talent de conteur.


En plus d'avoir perdu 30 kilos, Christian Bale s'est aussi chopé une scoliose pour le rôle

C'est grâce à ce tour de force catharsique, finalement j'arrête là cette phrase, je vais pas plus loin, je trouve qu'il y a assez de talent dans cet assemblage de mots pour y mettre un terme. Bref donc c'est grâce à ce truc-là, cette implication émotionnelle et cette identification aux protagonistes, que la scène de combat finale nous prend aux tripes, d'autant plus qu'on reste toujours sur nos gardes, ne sachant rien de ce qui va advenir. J'ai maté toute la séquence les poings levés, en danseuse, regagnant mon "corner" à la moindre frayeur pour me vautrer sur le tabouret qui décore l'angle de mon salon, prostré, et demandant à mon chien de m'asperger de contrex. La fin du film m'a donc fait ma soirée. A ce moment-là j'ai ressenti une poussée d'adrénaline qu'il n'est pas commun d'éprouver devant un film. Ma copine a semble-t-il éprouvé la même montée d'amphétamines puisqu'elle m'a "abîmé" à la fin du film, et faire ça en pleine journée de la femme ça passe moyen. En parlant de meuf et d'émotion forte, je dois avouer, vous m'avez vu venir, que la peau blanchâtre d'Amy Adams me donne des idées folles. Cette peau de porcelaine donne envie de casser de la vaisselle. Elle ne me laisse pas indifférent cette actrice, c'est un fait.


Marky Mark a parfois le regard trouble face à Amy Adams...

Pour en revenir au film à proprement parler et pour conclure, on peut dire que cette œuvre ne brille pas par une qualité formelle hors-norme. David O. Russell fait poliment son boulot, sans échouer mais sans briller. On notera quelques idées bien placées, comme certains décadrages - et attention ici j'emploie un vocabulaire technique haut de gamme - et une utilisation assez bien vue des bruitages au début du film lorsque Chris Bale cavale pour rejoindre son frère à l'entraînement, sa course étant rythmée par le son digne d'un roulement de tambour du pushing ball qui rebondie sur les poings affutés de Marky Mark Wahlberg, déjà en train de s'entraîner dans le gymnase que Bale tente de rejoindre au plus vite. On terminera en saluant le duo formé par ces deux acteurs, qui ont donné vie à des personnages auxquels ils rendent un bel hommage.


The Fighter de David O. Russell avec Christian Bale, Mark Wahlberg et Amy Adams (2011)

24 janvier 2011

Donne-moi ta main

Le titre original de Donne-moi ta main c'est "Leap Year", mot à mot : "L'année de la lippe". Je vous laisse donc imaginer ma motivation à le télécharger. Je m'attendais à pas mal de libations et autres liposuccions, avec Amy Adams. J'ai lancé ce film uniquement pour ses beaux yeux, faut-il qu'elle m'ait dans sa poche. Parce qu'alors quel triste film... Et le pire c'est que le réalisateur de ce pet cinématographique, Anan Tucker, n'est même pas foutu de filmer l'actrice correctement. Pourtant son film est une comédie romantique : une comédie jamais drôle, d'un romantisme tout ce qu'il y a de plus con. L'héroïne veut à tout prix se faire épouser par son mec, interprété par Adam Scott, le frère débile de Will Ferrell dans Step Brothers, qui fait l'erreur immonde de ne lui offrir que de ravissantes boucles d'oreilles qu'il a méticuleusement choisies pour elle et qui ont dû lui coûter la peau du cul. C'est une faute grossière, à deux doigts de faire chialer notre héroïne, car elle ce qu'elle veut c'est une bague de fiançailles (douze mille carats si possible) et rien d'autre. Donc elle décide de prendre le taureau par les cornes et de lui faire sa demande elle-même. Mais les bonnes manières disent que ça ne se fait pas, qu'une femme, selon toutes convenances, ne demande pas un homme en mariage... SAUF le 29 février, une année sur quatorze donc, et uniquement en Irlande. Or justement son futur époux s'y trouve à ce moment-là pour son taff, il est cardiologue et passe son temps à réanimer les mecs un peu trop sensibles qui tournent de l’œil en croisant sa femme (dont Mike Nichols nous avait offert un panégyrique dans l'excellent La Guerre selon Charlie Wilson). Ni une ni deux elle le rejoint pour aller lui demander sa main mais l'avion manque de s'écraser, le bateau qu'elle emprunte ensuite passe à un cheveu d'échouer sur un rocher, la chambre qu'elle finit par occuper dans une auberge locale s'écroule sur son dos, puis c'est tout le village qui prend feu, bref les emmerdes se succèdent et notre héroïne finit par se rendre compte qu'elle est une véritable jaunasse, l'incarnation vivante de la loi de Murphy, une teucha noire que les autochtones toisent d'un regard rempli de haine viscérale.


L'acteur Matthew Goode était en train de pisser vite fait sur le bas-côté au moment de la reprise de la scène mais Anan Tucker n'a pas eu le cœur de recommencer la prise.

De fil en aiguille elle rencontre un bel et rustre Irlandais qui de couille en souci va peu à peu la détourner de son mari, ou quand l'amour succède au mépris à l'égard d'un parfait étranger dont le charme agit lentement sur les dames et leur fait coller le bonbon au papier. Encore un de ces films qui glissent en douce l'idée poisseuse que les femmes devraient se libérer du carcan de la vie conjugale normale, foutre le camp loin de leurs maris certes aimants, respectables, adorables et attentionnés pour aller chercher le vrai bonheur ailleurs, auprès d'un queutard de passage impatient de les baiser. C'est grosso merdo la toile de fond d'un film sur deux aujourd'hui... Le concept derrière tout ça c'est que le mari en tant qu'entité est à jeter aux ordures, et l'amant par définition l'idéal à atteindre. Triste époque. Surtout quand l'amant ressemble à cet Irlandais mal coiffé au nez cent fois brisé, croyez-moi. Ce connard-là (sous les traits parfaitement irréguliers du très mal nommé Matthew Goode), après une heure passée à marcher dans les pas d'Amy Adams et à faire le point sur son fion de zébulon, se décide enfin à lui demander ce qu'elle fait comme métier. Elle répond qu'elle "met en scène" des appartements pour mieux les vendre. Notre fier Irlandais, honnête et droit, doté d'un accent à trancher à la hallebarde et issu tout droit des meules de foin de la campagne moutonneuse d'Irlande, lui répond qu'elle est un escroc. Eh bien cet âne d'Anan, ce tocard de Tucker, a mis en scène ce putois de film pour nous le revendre et ça fait bel et bien de lui un gros escroc doublé d'un pur enfoiré.


(Avis aux fanas de l'actrice, annulez le téléchargement, cette image ne vient pas de Leap Year mais d'un autre film tout aussi merdique).

Je l'ai pas maté jusqu'au bout. C'est pas tenable. Mais j'en ai bien subi une heure. Faut dire qu'Amy Adams. Oui j'avoue que je rêverais de lui demander son nom pour ensuite lui demander sa main et en faire ma femme. On garderait son blaze de star. Je ferais partie de la famille Adams, et croyez-moi je serais son époux et son oncle Fétide.


Donne-moi ta main d'Anan Tucker avec Amy Adams et Matthew Goode (2010)

9 décembre 2010

Julie & Julia

Les films de Nora Ephron (Nuit blanche à Seattle, Vous avez un message, etc.), ça passe bien quand on est gosse et qu'on se demande qui nous rendrait le plus heureux en mariage entre Meg Ryan et Tom Hanks. D'ailleurs personnellement j'hésite encore. A leur place, Meryl Streep et Amy Adams. C'est très surfait, trop décoré, trop musical, trop. Et là je me lance dans une rapide affichographie : matez le haut du poster qui nous présente une Meryl Streep à bouclettes qui se décroche les bajoues de rire, au point qu'on ne voit plus le blanc de ses yeux, la star de toutes les stars est en roues libres mais elle se fend la banane, ça c'est pour que la ménagère et son ménager s'identifient, par contre dans le bas de l'image, la jeune Amy Adams, le regard en coin, mime une fellation avec ses doigts et ça c'est un objectif marketing plus étonnant. Revenons à Meryl. Pour ceux qui ont vu le sketch des Nuls dans lequel ils doublaient eux-mêmes la Reine d'Angleterre, sachez que Meryl Streep cause avec cette voix-là pendant tout le film.



Une fois de plus on a de quoi se plaindre des affres du principe d'adaptation cinématographique d'histoires vraies, survenues dans les vraies vies de personnages réels. Parce que la véritable Julia Child avait cette voix insupportable on nous l'inflige pendant deux heures, et, pire encore, on l'impose à Meryl Streep, cette immense actrice qui se complait dans une imitation gênante. Amy Adams n'est pas non plus au top de sa forme, piégée dans le maigre rôle d'une New-Yorkaise bien d'aujourd'hui dont le langage est pollué par quantité de tics verbaux et autres expressions accablantes, du style : "I can't write a blog, I mean... hello !". Pouah...



Curieux projet que ce film qui prétend tenir le spectateur non pas en haleine mais en salive. Le pari d'Ephron c'est de nous scotcher à nos canaps en nous refilant les crocs. Pour ce faire elle nous raconte avec maladresse l'histoire d'une jeune femme qui crée un blog (on retrouve après You've got mail tout l'amour de Nora Ephron pour le cliquetis du clavier d'ordinateur portable et pour le web en général), blog pour lequel elle testera jour après jour les 524 recettes de Julia Child (Meryl Streep donc), une anglaise fière comme Artaban d'avoir découvert la cuistance française dans les années 50. J'ai crevé la dalle pendant deux plombes. Voilà le résultat. Une des fâcheuses conséquences de ce scénario cocasse c'est que l'ingénieur du son a choisi de mettre l'emphase sur tous les sons de bouche, ces bruits de gueule à vomir, ce pur dégueulis sonore que chacun produit en mangeant et qui n'est supportable que si l'on est soi-même en train de grailler, ce qui n'était pas mon cas devant ce maudit film, tous ces gargouillis dégueulasses que les ingénieurs du son gomment habituellement sur leur table d'étalonnage afin de les réduire au silence.



Dans une scène particulièrement violente Amy Adams prépare la bouffe pour elle et son mari, faisant revenir du pain dans de l'huile avant de le recouvrir de tomates et de poivrons (un genre de bruschetta d'infrita), pour ensuite gober le tout sous forme de tartines ultra juteuses. Rien que d'en parler j'ai versé huit litres de salive sur mon clavier rétroéclairé macbookpro, on dirait la voie lactée par temps couvert. Seulement voilà... les bruits de pain craquant et de mastication saliveuse sont largement amplifiés, et on a l'impression de se faire bouffer aux petits oignons par un film omnivore sans prétention. Alors on subit, et on se réjouit que l'histoire ne porte pas sur les 524 façons de chier selon Julia Child.


Julie & Julia de Nora Ephron avec Meryl Streep, Amy Adams et Stanley Tucci (2009)

8 février 2008

La Guerre Selon Charlie Wilson

Avis à la population, que ceux qui veulent aller au cinéma dans les très prochains jours s'épargnent la daube annuelle des frères Coen et privilégient ce nouveau film de Mike Nichols. Une très bonne surprise. Nichols fait quelque chose de très rare aujourd'hui dans le cinéma Américain : il raconte une histoire sans déborder. Il raconte comment Charlie Wilson, un député Américain, a fourni et démultiplié au fil des ans le budget secret alloué à l'armement de l’Afghanistan, unique pays résistant à l'URSS pendant la guerre froide. Et il ne raconte que ça. Les quelques digressions qu'on pourrait trouver sont intrinsèquement liées au sujet et Nichols ne pouvait pas les éluder. Le film n'a donc aucun temps mort, voire aucun temps qui ne soit pas fort. Le film trace la réussite progressive du projet de Charlie Wilson, puis, une fois les armées soviétiques retirées du pays envahi, on assiste au refus des fournisseurs d'allouer un million de dollars à la reconstruction des écoles Afghanes alors qu'ils ont déboursé jusqu'à 1 milliard de dollars pour fournir les Moudjahidines en lance-roquettes Milan, laissant un pays à moitié peuplé d'enfants de moins de 14 ans armés jusqu'aux dents, envieux de venger leurs parents massacrés et ignorant l'histoire du conflit. Et le film se termine très vite, sur cet échec, inutile d'en faire plus. C'est d'une efficacité redoutable.




Tom Hanks fait son job correctement, comme toujours. Julia Roberts est plus hideuse que jamais et Dieu sait qu'elle l'a toujours été mais une fois n'est pas coutume ça colle assez à son personnage. Philip Témour Hoffman est très bon, et c'est sympathique de retrouver Ned Beatty vieux mais présent. Les secrétaires de Charlie Wilson c'est un défilé de gonzesses permanent. Avec en tête et très présente Amy Adams que je suis de très près depuis Catch me if you can (pour la retrouver récemment dans la série The Office). Cette fille est un savant mélange de Nicole Kidman, Jenna Fischer et Isabelle Carré, une petite merveille, et Nichols la suit à la trace à la fin du film tandis qu'elle rejoint Hanks d'un pas assuré, chaloupé, et que sa queue de cheval se balance de droite et de gauche devant sa croupe, et le vieux Mikey Nicholson s'arrête 5 bonnes minutes pour faire le point sur son fion de gazelle. Mémorable.

C'est une surprise parce que la dernière création de Mike Nichols c'était Closer. Un piètre film. Mais j'y suis allé sans sourciller parce que même quand il est raté un Nichols se regarde. Et puis ce type a quand même commencé sa carrière avec Le Lauréat. Et ses films suivants, même si aucun n'est aussi bon, font chaque année leur travail en occupant des dimanches soirs un peu ternes : le très mauvais Wolf, le bien connu Working Girl, et le moins célèbre À propos d'Henry dans lequel Harrison Ford pète les plombs.

Allez-y si vous devez aller au cinoche.


La guerre selon Charlie Wilson de Mike Nichols avec Tom Hanks et Amy Adams (2008)