26 juillet 2011

K2, l'ultime défi

Je vais commencer cette critique en vous avouant un truc peu commun : j'ai un gros faible pour les films de montagne. Je vous fais cette confession sans aucune honte mais j'avoue que je me sens à présent plus léger. Je suis un mordu des films d'alpinisme depuis que, tout gamin, j'ai découvert l'obscur long-métrage intitulé K2 sur Canal +. Faut dire qu'à l'époque, je voulais devenir alpiniste, un rêve sur lequel j'ai dû faire une croix quand, souffrant de vertige et d'abominables maux de crâne, je me suis rendu compte que j'étais incapable de gravir le Pic du Gradail, point culminant du canton d'Alaigne (560 mètres). Mais passons... Je me souviens de ma découverte du film K2 comme si c'était hier. Je devais avoir environ huit balais. C'était un mercredi matin et je profitais de ne pas avoir école pour m'envoyer le film de mon choix. Je m'étais préparé un énorme bol de chocapic en guise de petit-déjeuner, et pour m'accompagner pendant la vision du film. A cette époque, il faut dire que je bouffais des chocapic à chaque repas, d'abord parce que j'adorais ça, mais surtout parce qu'à ce moment-là, dans ma famille, on était un peu ric-rac, alors il n'y avait pas trop le choix... Ah si, je pouvais choisir de n'avoir que du lait, mais comme je disais à mon père pour lui sortir le nez de ses bouteilles à chaque repas : "Quitte à manger, autant ne pas faire que boire"... Enfin bref, revenons au film.


La fameuse montagne s'appelle aussi Mont Godwin-Austen, Chogori ou Dapsang, mais assez curieusement, le film ne se nomme que K2, l'Ultime défi. Peut-être parce que ça claquait plus.

Je débordais donc d'enthousiasme à l'idée de découvrir K2 et je suis littéralement resté scotché face à ce thriller de haute voltige qui retrace l'ascension du deuxième sommet le plus haut du monde, celui réputé comme étant le plus dangereux. Une rumeur transmise de sherpa en sherpa raconte même qu'au pied du K2, un nouveau sommet menaçant de dépasser l'Everest se serait formé à partir de l'accumulation des ossements d'alpinistes disparus ayant tous chuté dans ce qu'on appelait jadis "la fosse aux cons". Une rumeur que je trouve personnellement un peu tirée par les cheveux, mais qui n'a pas manqué de me glacer le sang quand elle est parvenue jusqu'à mes oreilles pour la première fois. Blague à part : j'accuse le peuple sherpa de véhiculer cette légende urbaine terrifiante pour ne plus avoir à se farcir des touristes américains qui se croient chez eux où qu'ils aillent, et pensent pouvoir se payer le premier venu en échange de quelques dollars. Mais ça n'est que mon avis et à cette rumeur d'un goût sinistre, je préfère de loin la blague que deux grimpeurs belges auraient parait-il inventée suite à la mort accidentelle de leur troisième partenaire. Une blague bien connue dans le milieu mais hélas très difficile à retranscrire convenablement à l'écrit. Je vais tout de même m'y risquer. En gros, cela consiste à demander à celui ou celle que l'on veut faire marrer : "Tu connais les derniers mots du premier type qui a tenté d'escalader le K2 ?", l'autre (de préférence quelqu'un qui vous est déjà entièrement acquis - simple conseil amical) étant invité à répondre négativement, on peut ensuite lui déballer la vanne : "En fait, ce type-là essayait d'escalader la face nord du K2 quand son collègue lui a demandé de lui passer la bouteille d'eau, rangée dans son sac à dos. L'autre a répondu : "Tiens attraAAAAAAp !!! ATTRAP', ATTRap', Attrap', attrape', attrap...". L'idée c'est donc de mimer la chute mortelle par un cri flippant ainsi que le terrible écho du malheureux protagoniste de l'histoire. Voilà, c'est une blague qui fonctionne à merveille à l'oral. Là bof, j'avoue ! Bon, trêve de plaisanterie et d'anecdotes en tout genre, revenons au film !


Le pari idiot qui scelle le destin des deux hommes : "le premier en haut a gagné".

Dans ce film, l'ascension du K2 est un objectif que s'oblige à réaliser un duo d'américains un poil orgueilleux, avide de sensations fortes et, surtout, épris d'une seule et même femme. Profitant de leurs vacances communes, ils ont entre eux conclu un drôle de marché : le premier en haut repartira avec le cœur de la donzelle, et tant pis pour l'autre ! Parmi ces deux grimpeurs chevronnés, on retrouve avec plaisir cet acteur trop rare qu'est devenu Michael Biehn, la seule star du film, figure mythique des années 80, et unique personnage à terminer sur ses deux jambes. Le fait que Michael Biehn soit en tête d'affiche ajouté à la maestria affichée par le metteur en scène quand il s'agit de torcher de grandes scènes d'action et faire monter la tension à son paroxysme m'ont amené à échafauder une théorie toute personnelle : l'étrange nom du réalisateur, "Franc Roddam", serait nul autre que le pseudonyme d'un James Cameron pas spécialement gaga de son film (il aurait bien tort d'ailleurs, c'est Avorton qu'il aurait dû signer sous un autre nom !). Et si K2 est bel et bien l’œuvre du dénommé Franc Roddam, alors cet homme-là a beau être un gros inconnu, il est pour toujours dans mon cœur.


Michael Biehn a insisté pour jouer toutes les scènes se déroulant à moins de 2000m d'altitude mais pas au-delà. Au bout du compte, sa doublure apparaît donc plus souvent à l'écran que la star, emmitouflée de la tête au pied pour passer incognito. Une anecdote unique dans l'histoire du cinéma.

K2 est donc pour moi un très fameux souvenir, et il le restera. A vrai dire, j'aimerais beaucoup le revoir, mais il est très difficile à trouver autrement qu'en VHS, et mon magnétoscope a rendu l'âme le 5 septembre 2004. En outre, je suis à peu près sûr qu'une nouvelle vision de ce film le ferait immédiatement descendre du piédestal sur lequel je l'ai installé depuis tout ce temps. Sans doute pour combler ce manque, je me risque assez régulièrement à essayer d'autres films du genre, en espérant un nouveau coup de cœur. C'est dans cette optique que je me suis récemment envoyé Face nord, dont je vous parlerai très prochainement dans le cadre de ces deux articles consacrés à la haute montagne, cette si agréable destination de vacances, réservée aux plus courageux.


K2, l'ultime défi de Franc Roddam avec Michael Biehn, Matt Craven et Annie Grindlay (1992)

18 commentaires:

  1. Elle est super la tagline : "18000 mètres d'altitude, vous vous tenez par le bout des ongles, rien que l'adrénaline suffirait à vous tuer" °_O

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  2. j'aime bcp la dernière légende ^^

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  3. par contre ca veut dire quoi sur Avorton?!

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  4. oe - de C'est Entendu26 juillet 2011 à 14:44

    T'es trop trop con Félix. T'as basé toute ta rêverie nostalgique sur une erreur neuronale dans tes souvenirs. Le film que t'as vu étant enfant et qui t'a trauma, c'est Cliffhanger, avec Bruce Lee et cette fameuse scène où un bulot tombe en gueulant "AAAAAhhh crap !" (en anglais dans le texte). Et toi, tu bases tout ton (faux) souvenir sur une affiche MK2 mal découpée qui trainait sur un mur de brique près de chez tes vieux, une affiche MK2 sur laquelle le titre du film en question (Cliffhunger, grosse bouffe à 3000 pieds) était calé à gauche. Ce qui fait que tu as associé le "K2 - The Ultimate High" à un nom de film alors que c'est juste les deux tiers du nom d'un cinoche et le sous titre (en anglais dans le texte, en français, c'est breakfast à 3000 mètres) du film Cliffhanger.

    T'es vraiment un gros naze de pas vérifier tes sources.


    (putain la vanne du attrap j'ai trop envie de la ré-entendre, tu veux pas faire un podcast sur IAO ? une radio où tu dirais tes vannes pour qu'on les écoute pendant la lecture :D)

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  5. A quand un article sur Ron Perlman ?

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  6. Ce serait d'actualité vu que c'est le sosie masculin d'Amy Winehouse.

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  7. Bien vu. C'est bien vrai : "des touristes américains qui se croient chez eux où qu'ils aillent, et pensent pouvoir se payer le premier venu en échange de quelques dollars" :D

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  8. Tu en as toi-même fait l'expérience ? :)

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  9. Trop bon Yozhué !

    A l'annif de ton bro' on te refera cette vanne et nos autres classiques !

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  10. Le mal des montagnes,
    It makes me crazyyyy
    It makes me crazyyyy
    It makes me crazyyyy ouhou
    pooosiblyyyhihihi

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  11. Oui. Des fois, je regrette. J'aurais pu faire partie d'une famille riche US. Certes, elle était nunuche mais, bon, elle était mignonne. Je regrette en fait LOL.

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  12. Puissante critique, je ne l'avais pas vue, car j'étais en vacances actuellement, dans la montagne, avec des amis. Enfin, dois-je dire, des feus amis!

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  13. Le mec bousille un Terminator mais n'est pas foutu de grimper une montagne. Pitoyable.

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  14. C quoi ce blog ? Sur la montagne ou sur le cinéma ? Cinéphiles avertis c'est dur de l'être ;-0 Chacun se fait des idées sur les avis des gouts et des couleurs, des douleurs même, etc... Un film sur la montagne ? Y'en a 2 pas trop mal, enfin puisque cela à l'air de te plaire ; "Duel au sommet" est une histoire vraie mais très romancée sur 2 autrichiens ayant voulu franchir pour la 1ère fois l'Eiger (poussés et financés par la montée du nazisme)ce qui ne va pas leur porté chance ! Et l'autre se nomme "La Sanction" De Clint Eastwood avec ce bon vieux George Kennedy. Le reste c'est du commercial...pour ne citer que cliffhanger l'histoire est plutôt bien foutue, verticale limite c pas un référence et K2 l'ultime défi c'est plutôt assez bien fichu et réaliste.

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  15. "Touching the Void" ("La mort suspendue" en français...) c'est génial. Un docu-reconstitution comme on en voit peu. Mais ça vaut vraiment le coup cet ultime défi du K2 ? parce que le dvd est dispo pour pas cher maintenant...

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    1. J'ai bien aimé Touching the void, aussi.
      Quant à K2, j'ai essayé de le revoir récemment, et j'ai pas pu... Il est assez mauvais en fait... J'ai juste aimé certains passages rendus comiques grâce au doublage français. :(

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