Immense respect pour cet alpiniste népalais qui a littéralement cramé un record en réussissant les ascensions des 14 sommets de plus de 8000 mètres en à peine plus de 6 mois (le précédent record était de 7 ans). Un véritable exploit que nous dépeint donc ce documentaire plutôt plaisant à suivre et farci d'images saisissantes des reliefs himalayens. Il y a bien quelques bémols qui relativisent l'importance de cet accomplissement et défraient les codes habituels de la profession, comme notamment l'utilisation d'hélicoptères, quand le temps le permettait, pour être déposé à quelques mètres des sommets, mais Nirmal Purja a le mérite de ne pas la jouer perso et de mettre en avant toute son équipe, replaçant ainsi le Népal au centre de la discipline et rendant ainsi justice aux générations de sherpas longtemps restées dans l'ombre des alpinistes européens.
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| Projet Possible... Ouais ça sonne pas ouf en français, on dirait un slogan de campagne de François Hollande. |
Malheureusement, le rythme et le format documentaire choisis, 1h30 pour caser tout ça, affaiblissent encore l'ampleur de l'exploit car cela donne l'impression d'assister à une compilation d'ascensions plutôt tranquilles, chacune étant réduite à une anecdote plus ou moins mémorable : au sommet du K2, j'ai eu un p'tit creux ; à deux pas de l'Annapurna, j'ai chopé un coup de froid ; redescendu du Gasherburne, j'en avais plein les. Entre chaque rando vers les sommets, Nirmal Purja va se ressourcer chez sa vieille maman, et le film a alors des allures de docu ultra superficiel sur les traditions de son pays et de lettre d'amour lourdaude à sa génitrice. C'est qu'on ne fait pas spécialement dans la dentelle, ici. On ressort de ce docu tout à fait calibré pour Netflix avec le sentiment qu'avec un peu d'entraînement, on aurait aisément pu participer à tout ça. Pas sûr que ça soit l'effet escompté.
14 x 8000 : Aux sommets de l'impossible de Torquil Jones avec Nirmal Purja (2023)


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