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4 janvier 2021

L'Empreinte / Angel of Mine

Angel of Mine est le remake d'un film français signé Safy Nebbou, L'Empreinte de l'ange (désormais connu sous le titre L'Empreinte tout court suite à une bataille judiciaire avec une maison d'édition qui détenait les droits d'un bouquin du même titre : on en apprend des choses intéressantes sur Wikipédia). Si je devais faire le remake d'un film français, je ne choisirais certainement pas un film de Safy Nebbou, un réalisateur très mauvais qui s'est ridiculisé l'an passé avec le nullissime Celle que vous croyez (et qui a par la même occasion ridiculisé son actrice principale, Juliette Binoche). Safy Nebbou aime les histoires "bigger than life". Celle de L'Empreinte est pas mal du tout, dans le genre, jugez du peu : une maman est persuadée de trouver, en la sœur cadette d'un pote de son fils, la fille qu'elle a perdu sept ans plus tôt. Houlala, dans quoi je me suis aventuré moi ? C'est tellement tordu que c'est impossible à résumer en trois lignes comme j'envisageais de le faire et mon pitch de poche s'avère ultra bidon ! Je vous le refais en version longue, excusez-moi. Je disais donc : un beau jour, une maman, en instance de divorce et ravagée psychologiquement, vient récupérer son gosse à l'anniversaire d'un de ses potes. Au milieu des autres enfants présents, elle remarque une gamine dont elle est sûre et certaine qu'il s'agit de sa fille qu'elle est supposée avoir perdue dans l'incendie de la maternité alors qu'elle était à peine âgée de 5 jours (ça se fait pas de clamser à cet âge-là, elle a même pas eu le temps de profiter un brin). Une disparition brutale dont elle ne s'est jamais remise, d'où le divorce en cours, car le mari n'en peut plus de gérer la dépression de sa future ex-femme. La maman va donc s'immiscer dans la famille de la fillette, dont elle prétend vouloir acheter la maison qui est en vente sur LeBonCoin alors qu'elle n'a pas un kopeck. Elle espère en réalité pouvoir se rapprocher de la gosse et faire éclater la vérité aux yeux de tous. Ça sera pas évident, croyez-moi, d'autant plus que l'autre maman ne verra pas tout ça d'un très bon œil (normal, imaginez un peu la situation !). Vous avez mieux pigé là ? Rassurez-moi... Je me disais que le même scénario, en remplaçant la fille par un chien, pourrait donner un film du tonnerre. Vous imaginez la chose ? "C'est mon clébard, je le sens, il y a quelque chose entre lui et moi. C'est mon Baltazar Kormakur, ce n'est pas votre Reuno. C'est le chien que je croyais avoir perdu sur une aire d'autoroute un jour maudit de juillet 2006. Je ne m'en suis jamais remis ! Regardez, il m'obéit au doigt et à l’œil et répond à son doux nom de Baltazar Kormakur." On aurait pu assister à une chouette bagarre entre les deux maîtres autour d'un clébard que l'on imagine forcément merveilleux et meilleur acteur que la gosse au centre de toutes les convoitises dans les deux films, frenchie et ricain, auxquels je reviens immédiatement. 
 
 
 

Dans la version française, la maman ravagée est incarnée par une Catherine Frot étonnante dans un rôle à contre-emploi. Elle qui joue d'habitude les pimbêches ou les daronnes sans histoire prête ses traits délicats (elle m'a toujours fait vibrer, c'est depuis Le Dîner de Cons...) à une femme que l'on croit longtemps être une psychopathe atteinte au dernier degré. Sauf que Safy Nebbou nous fait douter et que son scénario est bien plus tordu qu'on ne le croit... mais je vous en dis pas plus, ça serait dommage ! Face à Frot, nous retrouvions Sandrine Bonnaire dans la peau de l'autre maman, celle qui veut protéger sa fille (et vendre sa maison, mais ça, ça passe vite au second plan, quand bien même son mari est à cran). Believe it or not, c'est la première fois que l'on mentionne le doux nom de Bonnaire sur ce blog pourtant calé, Bonnaire, ce monument du cinoche français ! Les deux actrices réussissaient à nous accrocher à ce film comme un camé à sa came. Franco, Safy Nebbou a zéro talent, mais à chaque fois j'ai des yeux gros comme ça devant ses films à la con, je dois bien le reconnaître. Celle que vous croyez aussi m'avait scotché, même si j'étais un peu gêné pendant cette scène désormais culte où Binoche, confinée avant l'heure dans sa bagnole, se masturbe lors d'un FaceTime avec François Civil (je l'ai vu avec mes parents, c'était assez chaud). L'Empreinte de l'ange (je préfère le premier titre et je suis sûr que Safy aussi) faisait donc partie de ces films qui arrivent à t'agripper les mirettes pendant 1h45 puis te lâchent d'un seul coup au générique du fin, et tu te sens comme une merde dans ton salon, seul, avec cette histoire sordide en tête, et une soirée fumée de plus au compteur. Tradition française oblige, l’œuvre de Nebbou tenait plus du drame psychologique de dix tonnes, fondé sur un duo d'actrices solides qui se faisaient plaisir, qu'autre chose. Côté ricain, on a chaussé des sabots tout aussi lourds mais peut-être plus tranchants (si un sabot peut l'être, j'ai bien conscience que ma métaphore est pourrie). On a de suite flairé le potentiel de malade du scénario impossible de Safy Nebbou et Cyril Gomez-Mathieu (dont le nom est ici rappelé en gras dans le générique final, le gars doit être fier de lui et revendiquer la paternité de cette idée originale, paraît-il tirée d'un fait divers, allez piger...). En effet, Angel of Mine tend beaucoup plus clairement vers le thriller pur jus, avec invasion du foyer et affrontement musclé, il s'inscrit dans la lignée de ces films qui fleurissaient dans les années 90 suite au succès retentissant du pourtant médiocre Liaison Fatale et dont les titres claquaient bien plus. Je pense tout particulièrement à La Main sur le berceau (The Hand That Rocks the Cradle en VO). Qui ne se souvient pas vaguement de La Main sur le berceau ? Rebecca De Mornay était top dedans. On avait kiffé devant ces films, avouez-le. Jamais on ne les reverrait aujourd'hui mais, sur le moment, ça faisait le taff, on se disait que les américains savaient y faire, y'avait pas à chipoter là-dessus.



Niveau acting, Angel of Mine n'arrive pas à la cheville de son homologue hexagonal. Sandrine Bonnaire et Catherine Frot versus Noomi Rapace et Yvonne Strahovski, je suis désolé mais, dans un combat de catch en tag team, j'vous raconte pas le carnage, ça serait vite réglé, la confrontation serait très déséquilibrée. La faute à qui ? Strahovski. On l'avait déjà croisée dans la série 24, où elle ne se montrait jamais à la hauteur au sein de la cellule antiterroriste. Elle ne l'est pas non plus ici en tant que maman qui essaie de garder le grappin sur sa fille. Elle doit avoir le visage trop carré, ça l'empêche d'exprimer toute une palette d'émotions ; il y a quelque chose qui cloche. A ses côtés, Noomi Rapace fait pourtant tout son possible. Les choix de carrière de cette actrice plutôt douée m'interrogent. Elle doit aimer les films de seconde zone, c'est pas possible autrement. Contrairement à Frot, Rapace n'étonne pas dans un tel rôle. On lit sur son visage que ça ne va pas, c'est un peu comme Glenn Close (en moins cheum ceci dit). Kim Farrant, la réalisatrice, s'appuie beaucoup sur l'actrice suédoise pour toutes les scènes-clé. Je n'ai plus aucun souvenir des personnages masculins du film français (le futur ex-mari de Frot et le père de la fillette convoitée), mais ces derniers font complètement pitié dans la version US. Luke Evans aussi a un problème de tête carrée, on dirait un playmobil qui ne mettrait pas du tout en avant les histoires. Quant au mec de Strahovski, c'est un pur guignol lui aussi, un gros naïf à l'accent australien ridicule. 
 
 
 
 
Malgré l'absurdité de toutes les situations dépeintes, la grossièreté du trait et le manque de surprise, on regarde connement tout ça, et je suis persuadé qu'en ignorant tout du film original, on peut même s'y laisser prendre. Ça fait presque plaisir de voir un thriller aussi fou, qui ose se terminer par un pugilat dans la cuisine, avec débris de verres et ongles sanglants, et qui reprend de si vieilles recettes, on a comme l'impression de remonter dans le temps, de retomber en enfance. Trente ans plus tard, c'est plus la même limonade cependant. Angel of Mine ne sort même pas en salles et n'est même pas répertorié sur le site Vodkaster : j'ai dû le leur signaler pour qu'ils l'ajoutent à leur base de données et ainsi m'offrir le petit plaisir de lui accorder la note de 1,5/5. Pourquoi 1,5/5 pour un film qui ne vaut pas tripette ? Parce que je ne vous ai pas encore parlé du meilleur moment d'Angel of Mine, celui qui a su provoquer chez moi un éclat de rires retentissant. Il survient lors d'une sortie familiale à la patinoire, où Noomi Rapace tape encore l'incruste, collant toujours aux basques de la gamine tant convoitée. Aux anges sur la piste, seule avec la fillette, Rapace profite pleinement de ce moment d'extase quand survient le drame : un patineur imprudent vient les heurter ! Elle lâche alors la petite qu'elle tenait jusque-là par les épaules avec amour. Livrée à elle-même et en panique, la gosse glisse piteusement et se retrouve allongée sur la glace, KO. C'est là que Kim Farrant nous offre l'un des plus merveilleux moments de cinoche qui soient : après un plan sur le visage horrifié et inquiet d'Yvonne Strahovski, nous voyons la gamine glisser sur le dos et heurter la bande de la patinoire, pour rebondir pathétiquement dessus et ainsi ressurgir très mollement dans le cadre. Je me le suis repassé quoi ? 12 fois. J'ai bien dû revoir ce passage-là une douzaine de fois, oui. Oh putain quel pied... Ça y'est, je me suis donné envie de le voir une 13ème fois ! Merci Kim, merci Safy !


L'Empreinte (de l'ange, je suis désolé) de Safy Nebbou avec Sandrine Bonnaire et Catherine Frot (2008)
Angel of Mine de Kim Farrant avec Noomi Rapace et Yvonne Strahovski (2019)

23 mai 2020

À la dérive

Pourquoi ai-je perdu 96 minutes devant ce film ? Là est la question... Ce n'est pas pour Baltasar Kormákur, réalisateur islandais multi-récompensé dans son pays mais dont la carrière américaine (Contrebande, Everest, 2 Guns...) est un véritable gouffre à merde. Ce n'est ni pour le pitch, "basé sur une histoire vraie", où il est de nouveau question de survie sur un voilier à la dérive. Dans le même genre, All is Lost est beaucoup plus efficace, tendu et mieux fichu. Ce n'est pas non plus pour Shailene Woodley, je m'en défends mordicus. Elle ne me plaît pas. Elle apparaît ici très souvent en bikini, révélant un physique svelte et tout ce qu'il y a de plus naturel, les attributs au beau fixe, pointant pour un rien : ses fans les plus libidineux seront comblés. Mais elle est assez mauvaise actrice, désolé. Je l'avais nettement préférée chez Gregg Araki dans White Bird, qui reste son meilleur rôle à ce jour (ce qui donne une idée du niveau de sa filmographie).





À la dérive est un projet qui devait lui tenir à cœur puisque l'actrice, quasi de tous les plans, est également productrice du film. Elle y met beaucoup d'énergie, elle a l'air d'y croire, beaucoup plus que nous en tout cas. Peut-être que le récit de la survivante qu'elle incarne, Tami Oldham Ashcraft, est son livre de chevet ? Allez savoir... "Red Sky in Mourning : A True Story of Love, Loss, and Survival" (en VF : "Poisson Rouge du Matin : une véritable histoire d'amour, de perte et de survie") n'est curieusement pas paru par chez nous. Plus vraisemblablement, Shailene Woodley devait voir dans cette histoire un bon véhicule pour sa notoriété, l'occasion de jouer une femme de caractère dans un film plus sérieux, plus adulte, après avoir été la star de la triste saga pour ados Divergente. Pari manqué puisque À la dérive s'est planté au box office et ne lui a rapporté aucun trophée. Bien fait !




En réalité, À la dérive est plus une love story moisie qu'un énième film de survie. Construit comme une série de flashbacks où tantôt nous voyons Shailene Woodley en chier sur ce qu'il reste de son bateau, tantôt nous découvrons ce qui l'y a conduit (à savoir : son amour pour un tocard de premier plan, barbe de trois jours, yeux couleur océan, campé par Sam Claflin). Leur grand projet est de faire le tour du monde en amoureux. Pour le financer, ils acceptent de transporter un voilier de Tahiti jusqu'à San Diego, en échange de la coquette somme de 10 000$. Il leur faut donc traverser l'océan pacifique, ce que le tocard en chef compte effectuer les doigts dans le nez puisqu'il se targue d'être un navigateur chevronné ayant passé sa vie sur un petit bateau miteux qu'il a lui-même construit. C'était sans compter sur l'ouragan Raymond que nos deux tourtereaux choisissent de prendre de plein fouet. Résultat des courses : un homme à la mer et une jeune femme livrée à elle-même qui fera tout son possible pour regagner la terre ferme... C'est passionnant. D'autant plus que Baltasar Kormákur nous réserve un twist de derrière les fagots mettant à mal le message féministe de son film. En gros, une femme est incapable de s'en sortir par ses propres moyens quand elle n'a pas l'appui d'un homme, aussi mal en point soit-il.




Mais ce qu'il y a de pire là-dedans, ce sont bien toutes ces scènes où nous voyons ces deux écorchés vifs se découvrir et tomber amoureux. L'une a choisi de vivre de petits boulots à Tahiti pour fuir sa famille de cassos, l'autre navigue de port en port sur son bateau depuis qu'il a retrouvé sa mère pendue dans le living room à l'âge de 7 ans. Ça fait de belles anecdotes à raconter... Les dialogues sont pitoyables et il faut aussi se taper tous ces moments où Shailene Woodley éructe de bonheur pour un rien. C'est "Waaaaaaaaaahhhh" ou "Wooooooooouhooou", ça dépend. Ça doit être un truc très américain, je ne sais pas. C'est en tout cas typique de ces films où une bande de jeunes exprime sa joie, au moment de partir en vacances, de prendre le large, d'allumer un feu de camp, d'alerter les prédateurs ou que sais-je. Ils font "wooooooooouhooou" tour à tour, généralement quand ils sont sur le départ ou enfin arrivés. Qu'est-ce que c'est pénible ! Shailene Woodley gueule "Woooooooouuhou" avant de plonger dans la rivière puis son copain fait "Waaaaaaaaaaaaaaah" en sautant à son tour pour la rejoindre. "Wooooooooouuhoooouuu, je prends le large sur le voilier". "Wooooooooouuuhou, il se met à pleuvoir et je vais récolter un peu d'eau potable dans mes bassines". "Wooooooouuhouuu, il me reste deux conserves de flageolets". "Wooooooooouuhooouu je joue dans un sacré film de merde".


À la dérive de Baltasar Kormákur avec Shailene Woodley et Sam Claflin (2018)

4 février 2016

Everest

Avant de se lancer, une petite préparation physique s'imposait. On a maté pas mal de films sur des montagnes plus basses. D'abord, le film de vacances de tonton Scefo sur l'ascension de la dune du Pylat, la plus haute dune d'Europe. Tranquille ! On a enchaîné avec La Sanction de Clint Eastwood. 3970m : un petit Clint, un Clint mineur. Puis nous avons revu le sublime documentaire de Werner Herzog, Gasherbrum, la montagne lumineuse, sur l'alpiniste Reinhold Messner, un habitué des sommets dépassant les 8000 mètres. Dans le genre, difficile de trouver mieux. Après ça, nous étions fin prêts pour le Everest de Baltasar Kormákur, que nous attendions de pied ferme, en tant qu'amateurs de films de montagne (rappelez-vous nos articles sur K2 et Face Nord). 




Comment parler d'Everest sans revenir, même brièvement, sur la promo assez osée menée tambour battant par les studios d'Universal. Nous faisons évidemment allusion à ce tremblement de terre au Népal au moment de la sortie du film. Une opération marketing assez catastrophique... Mais nous ne pouvons pas en vouloir au réalisateur, ce sont les studios qui ont organisé ça. N'ayons pas peur des mots, c'était une opération ratée. Notre éthique indiscutable de blogueur ciné nous permettra néanmoins de dissocier l'oeuvre de ce fait divers et de juger le film pour ce qu'il est : une belle merde.




Très vite, Batlasar Kormákur ne s'avère pas à la hauteur du projet. De l'Everest, nous ne saurons rien. Où est-il situé ? Comment est-il apparu ? Pourquoi a-t-il grandi si vite ? Pourquoi s'est-il arrêté à 8848 mètres ? Comment le grimper au mieux ? Quel est le pique-nique à conseiller pour le jour J ? Toutes ces questions resteront malheureusement sans réponse. Ce film ne s'adresse ni aux scientifiques ni aux curieux, simplement aux amateurs de daubes. C'est tout juste si les grimpeurs justifieront leur idée fixe, gravir le colosse, par un laconique "Parce qu'il est là !" prononcé dans un éclat de rire général. Édifiant ! Plus con, tu meurs.




Le film de Baltasar Kormákur est l'adaptation du récit Tragédie à l'Everest (Into Thin Air: Death from Above on the World's Roof - A Personal Account of the Mt. Everest Disaster) de Jon Krakauer, publié en novembre 1997. Rappel des faits : depuis le milieu des années 90, l'Everest est, comme ma sœur, la cible des assauts répétés de dizaines et dizaines de pseudo et simili grimpeurs qui rêvent d'ajouter leurs noms à la liste, de plus en plus longue, de ceux qui ont réussi l'exploit d'atteindre le toit du monde et d'y redescendre sain et sauf. Deux expéditions faisant fi du mauvais temps décident de tenter le coup au même moment. Leur destinée tragique refroidira les ardeurs des alpinistes et marquera la fin de cette période de folie commerciale autour du plus haut sommet du monde aux flancs jonchés de détritus. 




Une quinzaine de mecs, au moins, part à l'aventure, la fleur au fusil. Comme Baltasar Kormákur est bien incapable de créer des personnages attachants, il a cru bon de s'entourer d'une panoplie d'acteurs aux tronches plus ou moins bien connues, pensant bêtement que cela suffirait à emporter l'adhésion des spectateurs. Jason Clarke, déjà entr'aperçu dans des films de sinistre mémoire, est le fade leader du gang. C'est un alpiniste chevronné qui a déjà conquis la bête plus d'une fois mais dont l'altruisme le mènera à sa perte. Josh Brolin incarne, comme à son habitude, le gros connard pas fin venu du Texas. Avec sa grosse gueule enfarinée, on aura vite envie de le voir glisser et sortir du cadre à tout jamais. Il s'en tirera bien amoché, incapable de prendre sa femme dans ses bras, couvert de bobos. Sam Worthington endosse le rôle le plus ridicule : celui du mec toujours dans les environs, au pied de l'Everest, qui regarde, la main vissée sur le front, l'air inquiet, où en sont les autres, prêt à agir en cas de souci. On le préférait sans ses guiboles dans Avorton...




Parmi toute cette bande d'acteurs, un seul retire véritablement son épingle du jeu et repart grandi de cette triste expérience : Jake Gyllenhaal. Pourquoi ? Parce qu'il est le seul à avoir réellement effectué la montée, et cela se voit ! Acteur total, héritier direct de l'école Schatzberg, que l'on a déjà vu perdre tous ses kilos superflus et se raser le crâne pour d'autres rôles, Jake Gyllenhaal a insisté pour être filmé dans les conditions du réel. Il est d'ailleurs le seul à mater du bon côté sur l'affiche. Nous éprouvons presque du respect pour son personnage que nous sommes déçus de voir mourir lentement de froid. Quant aux femmes : Robin Wright et Keira Knightley se contentent d'attendre près du téléphone, des nouvelles de leurs maris, les yeux humides, la voix tremblante. Disons-le tout net : Everest obtiendrait un résultat négatif au fameux test de Bechdel-Wallace. 




Est-ce normal de rire à la mort de chacun des personnages ? Est-ce normal de ne strictement jamais ressentir le moindre frisson, le moindre risque, le moindre vertige ? Everest révèle toutes les limites du talent et des compétences de Baltasar Kormákur. Son film ne fait aucun effet. Aucune tension dramatique. Aucun suspense. Aucune émotion, une fois le sommet foulé du pied par quelques uns de ces crétins dont la passion nous paraît bien étrangère. Et ne comptez pas sur Kormákur pour rendre la montagne cinégénique. Il n'y a même pas de beaux paysages à regarder. Et quand débarque la tempête fatale, nous avons droit à des effets numériques d'une laideur peu commune, c'est une merde grisâtre et lisse qui envahit l'écran mollement. Everest est raté sur toute la ligne et vient seulement nous rappeler qu'à Hollywood, les cinéastes capables de torcher des films efficaces sont désormais de plus en plus rares... 


Everest de Baltasar Kormákur avec Jason Clarke, Jake Gyllenhaal, Keira Knightley, Robin Wright Penn, Sam Worthington et Josh Brolin (2015)

16 janvier 2016

La Rage au ventre

Il faudra un jour que l'on m'explique comment des acteurs en vogue finissent encore devant la caméra d'Antoine Fuqua. Visez un peu le CV de ce type ! The Equalizer, La Chute de la Maison Blanche, Les Larmes du Soleil... C'est un amoncellement d'ignominies. Et il nous prépare un remake des Sept Mercenaires... Toute sa carrière paraît construite autour de l'Oscar du Meilleur Acteur que Denzel Washington a réussi à remporter grâce à sa ""performance"" (notez les doubles guillemets) dans Training Day. Un vaste malentendu... Quand il signe pour le rôle de cet écorché vif qui adore en prendre plein la gueule, Jake Gyllenhaall pense forcément à la statuette dorée tant convoitée. Quand, à la sueur de son front, au prix d'un entraînement quotidien et de nombreux efforts, il échange 10 kilos de graisse contre autant de muscles, l'acteur n'a évidemment qu'une chose en tête : le sacrosaint Oscar. Quand il troque ses cheesburgers habituels contre des boîtes de sardines éco+, il n'a que la prestigieuse récompense en tête. Et il ne l'aura pas, parce que le film n'est pas sorti entre le 31 octobre et le 31 décembre ! C'est con pour lui ! Il aura d'autres occaz'... 




Rappelons que le jeune acteur est un habitué des performances de ce genre, lui qui avait déjà suivi un régime drastique pour son rôle de reporter rachitique dans le lourdingue Nightcrawler (aka Night Call en vf...) et qui avait insisté pour réellement gravir l'Everest dans le film éponyme de Baltasar Kormákur. Mais nous n'applaudirons guère ses efforts tant qu'il n'aura pas appris à mieux s'entourer. Règle numéro 1 : éviter Antoine Fuqua. Règle numéro 2 : lire et relire les scénarios proposés. La Rage au ventre est une énième histoire de rédemption par la boxe thaï. Billy Hope (Gyllenhaal), un tocard fini, sombre dans la rancœur et la drogue après avoir perdu sa femme (McAdams), flinguée par un adversaire un brin zélé lors d'un petit échauffourée post-combat. Au bord du gouffre, Billy finit par plonger : il perd tous ses biens et, surtout, la garde de sa gamine binoclarde. Pour la récupérer et pour se racheter à ses yeux dissimulés derrière d'impressionnantes loupes, une seule solution s'impose : réapprendre à boxer, repartir de zéro, et redevenir fréquentable.




"Son plus grand combat se joue hors du ring" nous annonce l'affiche. Étant donné comment Antoine Fuqua choisit de filmer les matchs de boxe, il ne pouvait pas en être autrement... Le réalisateur croit bon multiplier les gros plans tremblotants, les caméras embarquées, scotchées aux épaules ou aux poings de ses acteurs, voire collées sur le nez disgracieux de sa vedette, pour nous plonger au milieu du ring. Ça ne fonctionne pas, mais cela a au moins évité à Monsieur Fuqua quelques prises de tête, puisqu'il n'a jamais eu à réfléchir à ses cadrages, à sa mise en scène, il a apparemment composé un peu à l'aveugle, avec le "found footage" que ses GoPro vissées aux cous de ses acteurs lui avaient ramené. Je croyais qu'il s'agissait d'une histoire vraie. Il n'en est rien. Ce film ne m'aura même pas permis d'enrichir ma culture boxe. C'est une perte de temps à tous points de vue. 


La Rage au ventre d'Antoine Fuqua avec Jake Gyllenhaal, Rachel McAdams et Forest Whitaker (2015)

14 juin 2015

Phone Game

L'affiche de ce film ne nous évoque rien de bien agréable, à cause de sa tagline : "Raccroche et tu es mort". C'est ce que nous disent nos compagnes à chaque fois qu'on les a au bout du fil... Pourtant, ce poster symbolise une heure et quart de pur bonheur. Une heure et quart en compagnie de Colin Farrell in a glass case of emotion. L'acteur est pris au piège d'une cabine téléphonique. La caméra est coincée entre ses sourcils de dingue et le combiné. A l'autre bout de la ligne, pointant sans relâche le canon scié de son fusil à lunette sur Farrell, un acteur dont la voix commençait à peine à être reconnaissable, alors qu'elle est aujourd'hui une signature, au point que quiconque découvre le film de nos jours saura dès le départ qui incarne le vilain : Jack Bauer. Mais ça n'a finalement que peu d'importance tant le suspense et la tension instaurés par Joel Schumacher reposent sur un pitch minimaliste dont on mesure aujourd'hui toute l'importance dans l'histoire des scripts à Hollywood. 


Le regard du type qui se dit : "Putain il vise pas trop maaaaal..."

Combien de films découlent en droite lignée de Phone Game ? On peut penser à Buried, à Locke, à Frozen, à Wrecked et tant d'autres, qui s'appuient tous sur une unité de mot, de lieu, de temps et d'action réduite au maximum pour un suspense d'autant plus grand et des rebondissements forcément percutants. Combien d'acteurs s'inspirent par ailleurs du jeu de sourcils de Colin Farrell ? En 2002, à l'aube d'internet, alors que minitels et fax se disputent encore le bureau de papa, Joel Schumacher a déjà flairé tous les changements à venir dans le domaine des communications, actant tout simplement la mort de la cabine téléphonique en tant que telle et de tout ce qui est filaire en général. Une anecdote assez connue raconte que durant la promotion de ce film, à un journaliste malicieux et encore sous le choc de la projection qui lui demandait : "Comment voyez-vous le futur Monsieur Schumacher ?", le cinéaste répondit en pointant tous les recoins de la pièce du bout d'un index giratoire : "Tu vois tous ces fils qui traînassent par terre ? Bientôt y'en aura plus". 


Le visionnaire, entre deux éclairs de génie.

Artiste visionnaire, Schumacher n'en est pas moins un bras cassé, un facho affirmé et depuis peu un taulard dont on attend la sortie de coma après une chute en rollers lors d'un séjour de villégiature dans le sud de la France, plus précisément à Rouffiac-d'Aude, où nous avons nous-mêmes de la famille. Toujours dans les bons coups, notre clébard, Baltasar Kormákur, au volant de son pick-up, pris dans son élan, n'a pas freiné à temps et a heurté Joel (avec ce bruit que fait un bouchon de champagne qui saute) tandis que le cinéaste sortait chercher son journal. On est donc aux premières loges de ce drame, pour lequel nous éprouvons tout de même une once de culpabilité. Ne laissez pas conduire vos clebs, même quand ils semblent savoir piloter. Rassurez-vous, notre Baltasar fait ses nuits, pas troublé le moins du monde.


Phone Game de Joel Schumacher avec Colin Farrell, Kathie Holmes, Rada Mitchell et Kiefer Sutherland (2002)

8 mars 2015

Inherent Vice

Si on regrette de ne pas avoir vu ce film "sous influence", on se mord encore plus les doigts de ne pas écrire sa critique en étant high in the sky. Après deux heures trente d'expérience extra-corporelle, Dieu sait qu'on a envie d'un petit remontant et de sauver sa soirée de toutes les façons possibles. Les trois pizzas recouvertes de roquette engrangées à la sortie du film ne suffisent pas à se remettre d'humeur. On y a pourtant cru, ticket de caisse faisant foi. Vice caché, le roman de Thomas Pynchon, acheté à prix d'or en format poche et entamé avec passion il y a quelques mois dans l'idée d'être au taquet à la sortie de l'adaptation, faisant foi et foutant les foies. Sauf que le livre nous était tombé des mains. Sauf que nous n'avons jamais été très forts pour comprendre les intrigues à plus de quatre personnages. Et sauf que Paul Thomas Anderson nous l'avait déjà faite à l'envers avec son dernier film, The Master.




Certes on n'a pas la lumière à tous les étages, même si on a bac +13 à tous les deux (vu qu'on a eu notre bac il y a 13 ans), et même si on mène notre vie sans l'aide d'un tuteur légal ou autre auxiliaire de vie scolaire. Mais ne rien piger à ce point ? Et dès la première seconde de film ? Dès le premier dialogue, dès le premier échange, on s'est regardé, figés côte à côte, l'oeil mort, puis on s'est foutu des petites baffes, on a fait quelques moulinets des bras, pris une gorgée d'eau recrachée aussitôt sur le siège de devant, bref, on s'est remis dans la course, comme après un but encaissé dès l'engageot sur une balle perdue, l'air de dire : "On se remet dedans, on n'y était pas, ça arrive, c'est pas la première fois, c'est pas la dernière, y'a de très grands films qui nous ont pris à rebrousse-poil, rappelle-toi Stalker... au début on savait pas... Y'a pas mort d'homme, balle au centre, on recommence tout depuis le début, on est parti du mauvais pied, tant qu'il n'y a pas la cloche tout est jouable, il nous reste 2h29 pour mordre dedans". Manque de bol c'était le premier but concédé d'une soirée noire, d'une rouste historique, d'un camouflet subi à domicile, sur tapis vert, après forfait, d'autant plus dur à vivre que cette déculottée sanctionnait une préparation physique et mentale dont on avait respecté toutes les étapes : on a vu tous les PTA, on a tenté le bouquin, on a fait fi des critiques négatives, on a placé toutes nos billes sur un dénommé Milou (qui se reconnaîtra, qu'on retrouvera), fan du film décomplexé prompt à jeter les innocents dans les salles ("allez-y les yeux fermés", voilà sa critique).




Que dire, du coup ? Faire le résumé ? Impossible. Parler de mise en scène ? Alors oui, Paul Thomas Anderson a officiellement bien ses deux bras. Son film n'agresse pas l'oeil, mais jamais ne l'accroche. On comptait toujours quelques fulgurances dans ses précédents films : les grenouilles de Magnolia, les ratons-laveurs de Punch Drunk Love, les anacondas de Boogie Nights, les chèvres de There Will be Blood, les dauphins de The Master, autant de moments d'anthologie qui ont marqué l'indiewood. Devant Inherent Vice, on cherche longtemps le moment de bravoure, on est à l'affût du moindre mouvement de caméra ou autre plan-séquence un peu frappant, on attend l'ellipse qui nous foutra sur le cul, on espère la lueur, mais en vain. Au lieu de ça, nous sommes demeurés plongés dans un ennui abyssal, aucune scène ne sort du lot, on est dans la mélasse d'un scénario volontairement brumeux comme une fumée de marijuana. 




Tous les efforts de Paul Thomas Anderson pour nous alpaguer, nous séduire, ne font que renforcer le sentiment d'arnaque, d'esbroufe, le mot est lâché, et ça nous fait mal d'employer ce mot pour PTA, mais il faut le dire, comme quand un bon pote a joué au con. Adapter Pynchon c'était déjà s'en foutre quelques uns dans la poche, s'étendre sur la période mythique de la fin des années 60, avec ses hippies, ses putes et sa ganja, n'en parlons pas. Mais que dire d'engager un casting de rêve, composé d'un acteur intouchable (on ne parle pas d'Omar Sy mais de Joaquin Phoenix), d'acteurs "cools" (Benicio del Toro, Josh Brolin, Reese Witherspoon, Owen Wilson), de quelques revenants (Eric Roberts, sœur de Julia Roberts, inoubliable dans Runaway Train ; Martin Donovan, acteur fétiche de Hal Hartley, notamment dans Trust me ; Martin Short, le héros de L'Aventure intérieure), de gros veaux humains (Maya Rudolph... qui nous dit qu'elle ne s'appelle pas plutôt Rudolph Maya ?) et autres guest-stars de rêve que seul PTA pouvait se payer (Joanna Newsom), sans oublier une bande originale aux petits oignons (faite de Jonny Greenwood, Neil Percifal Young, Buffalo Springfield, The Squires, Crazy Horse, Crosby Stills Nash & Young, etc.). Et, pour couronner le tout, une direction artistique survoltée, qui nous laisse une image des années 70 assez triste, entretenant tous les gros clichés et sûre de faire un tabac dans les couloirs de l'UFR de lettres de la fac du Mirail.




On se félicite d'être en mars... Finir l'année là-dessus aurait été trop moche. On nous dira qu'il faut avoir vu le film avec un gros oinj entre chaque main. On nous dira peut-être que ce n'était pas la peine, que le film parvient à nous mettre dans cet état-là avec son script en forme de sables mouvants. Mais si la drogue, le sexe et le rock'n'roll (avec Neil Young c'est plutôt du soft-rock quand même, ça reste gentil) créent cet effet-là, alors nous voulons bien devenir Bernard l’Hermite, de véritables pagures, renoncer à tout, et suivre le même régime que notre tonton Scefo, à qui on a greffé deux cœurs pour être sûr que son mode de vie lui permette de suivre l'Euro 2016 en France. En réalité il était victime d'un situs inversus, maladie congénitale dans laquelle les principaux viscères et organes sont inversés. Les chirurgiens port-de-boucains qui l'ont opéré, ayant ouvert son torse du mauvais côté pour lui faire une greffe, ont découvert une simple cavité dans laquelle ils ont décidé de tout de même balancer le cœur tout chaud extirpé à son berger allemand, qui venait de prendre une balle perdue lors d'une partie de chasse dans le Battelfield Earth qui leur sert de domicile. Bref, comme vous pouvez le voir, avec une famille pareille, on n'a pas besoin de se ruiner les méninges à blanc devant le dernier PTA. On est d'ailleurs les plus cartésiens de la famille, les seuls à ne pas croire aux théories du complot, parce qu'on ne connaît pas du tout les événements sur lesquels ils s'appuient. Nous sommes encore très étonnés (mais assez flattés) de l'immense marche républicaine qui s'est récemment mise en branle pour l'anniversaire de notre chien Baltasar Kormákur.


Inherent Vice de Paul Thomas Anderson avec Joaquin Phoenix, Josh Brolin, Benicio del Toro, Joanna Newsom, Katherine Waterston, Reese Witherspoon, Maya Rudolph, Owen Wilson, Eric Roberts, Martin Donovan et Martin Short (2015)

22 mai 2012

Contrebande

J'ai regardé le début de ce film hier soir, avant de me coucher, et je me suis réveillé avec une conjonctivite à l’œil droit. Je ne pense pas que ça soit lié, mais tout de même, par précaution, je n'y toucherai plus. Et puis à quoi bon ? Dès les premières secondes, j'avais l'impression d'avoir déjà vu ce film une petite centaine de fois, tant il ressemble à n'importe quel thriller américain lambda voire à n'importe quelle série d'action. Face à un spectacle si indigent, une seule question m'est apparue : que fais-tu Mark Wahlberg ? Que fais-tu Marky Mark, toi qui commences à peine à te forger une vraie crédibilité d'acteur avec des films comme The Fighter, Les Infiltrés et La Nuit nous appartient auprès de ces spectateurs qui, jusque-là, associaient logiquement ton nom à de ridicules films d'action ? Que fais-tu Marky Mark, toi qui, grâce aux films précédemment cités et tes collaborations récentes et futures avec Will Ferrell, occupais déjà une place à part dans mon hall of fame personnel ?




Avec un film tel que ce Contrebande, tu ruines un peu tous tes efforts passés. Qu'est-ce qui a bien pu te faire accepter un tel rôle ? Ce rôle archiconnu de malfrat légendaire, rangé des bagnoles, mais contraint à replonger dans le grand banditisme pour régler une affaire très personnelle. Était-ce l'envie de jouer aux côtés de Kate Beckinsale ? Toi qui es habitué à partager l'affiche avec des bombes comme Eva Mendes, Charlize Theron et Amy Adams, tu dois pourtant savoir que tu vaux infiniment mieux que ça. Elle ne leur arrive même pas à la cheville, à tous les points de vue... Alors peut-être avais-tu apprécié le film original islandais et senti un fort potentiel pour faire un carton ? Hé oui, parce qu'en plus, Contrebande est un pâle remake, réalisé par l'acteur principal du film initial (et il n'y a d'ailleurs bien que ça d'un peu original dans ce triste projet). Non, vraiment, je ne te comprends pas, Marky Mark. Mais bon, je ne t'en veux pas. Tu m'es toujours sympathique et j'ai hâte de te revoir dans un film digne d'intérêt. En attendant, Contrebande est à éviter.


Contrebande de Baltasar Kormákur avec Mark Wahlberg, Kate Beckinsale, Ben Foster et Giovanni Ribisi (2012)