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15 juin 2013

Matrix

Vous nous connaissez, quand on s'attaque à un grand monument du cinéma, on choisit souvent un angle inattendu. Que pourrait-on ajouter sur la trilogie des frères Wachowsky, décortiquée de A à Z par tout un tas de gens dont Rafik Djoumi, passionné de ciné et ex-critique chez Mad Movies, qui a aussi planché sur la trilogie de l'Anneau de Peter Jackson. A propos de Mad Movies, nous avons une requête à adresser au journal. Quand il avait douze ans, Félix était abonné à la revue. Il la plaçait très haut dans son estime et attendait chaque nouvelle parution assis en tailleur sur la boîte aux lettres de ses parents, en jouant du banjo. Il était si fan de ce papelard qu'il avait décidé d'économiser sur son argent de poche pour se payer les quelques anciens numéros qui le titillaient le plus (notamment le numéro de 84 consacré au premier Freddy, encore conservé dans de la glace chez ses vieux, au fond d'un immense congélo, entre deux steaks de veau sous vide). A plusieurs reprises, Félix a donc préparé une enveloppe avec le bon de commande dûment complété en lettres capitales, découpé au Laguiole (ses parents disposaient de tous les hachoirs du monde mais pas d'une simple paire de ciseaux), et accompagné de vingt-cinq francs (le prix d'un numéro à l'époque, frais de port inclus) en petite monnaie (deux pièces de dix francs et une de cinq). Or il n'a jamais vu la couleur de ces numéros spéciaux qui lui faisaient tant envie, du moins pas jusqu'à ce qu'il ait l'idée de demander à sa mère de faire un chèque. Face au chagrin de son fiston, la mère de Félix ne se faisait pas prier pour accuser le facteur à demi-mot, facteur qui a tout de même fini par déraper sur un piège à loup égaré comme par hasard sur le chemin de la maison, aidé dans sa chute par les assauts répétés d'un chien domestique bien dressé et ne connaissant que trop la valeur de vingt-cinq francs (un paquet de croquettes Ludovic Giuly's Soup coûtant la bagatelle de trente francs). Quant à nous, nous accusons directement le magazine et réclamons aujourd'hui la modique somme de 275 francs (au bout de onze bons de commande Félix a fini par se dire que la rédaction devait préférer les chèques de table).


Morphalous est à deux encablures de s'en manger une bonne... La matrice lui réserve encore quelques surprises, sous la forme ici d'un gros targeon droit dans la tronche. On se demande pourquoi le personnage n'a pas reconfiguré la matrice pour atténuer ses vilains problèmes de peau.

Nous avons tous deux découvert Matrix au cinéma en l'an de grâce 1999. Mais à l'époque on ne se connaissait pas. Félix, qui a décidément une mémoire putain de vive pour tout ce qui est ciné, se souvient l'avoir vu au cœur de l'été en compagnie de son frère aîné Glue3. Ce dernier devait déménager à ce moment-là et avait besoin d'une main-d’œuvre facile. Félix était tout indiqué, qui se faisait alors chier chez ses parents et les faisait chier d'autant. Sa mère, inquiète de lui trouver une occupation coûte que coûte, "suggéra" (on met des guillemets ici, car "suggérer" est un terme un peu trop léger pour décrire quelqu'un qui a le doigt sur la gachette) à Glue3 de l'embarquer avec lui, pour porter des choses lourdes de préférence, en précisant quand même : "Emmène-le au cinéma quand vous aurez fini, par exeeeeeeemple...". Les voilà donc partis au méga-multiplexe le moins proche en Kangoo Express. Et Félix, dont la mémoire est manifestement un gigantesque et impressionnant gouffre à merde, se rappelle que son grand frère - qu'il a depuis tenté de faire interner en HDT (merci Arnaud Desplechin de nous avoir appris l'existence de cette démarche administrative fort utile dans Rois et Reine) - étant donné qu'ils étaient arrivés en avance pour la séance, a dit : "On va attendre sur le parking, dans le Kangoo". Félix, qui rôdait déjà à 3 de tension à l'époque, n'avait pas réagi à cette proposition, mais aujourd'hui il ne comprend toujours pas.


Sur le plateau de Jurassic Park 2 Le Monde Perdu, Steven Spielberg donne ses indications de jeu à un stégosaure attentif.

Et il y a pire ! Autre blockbuster, autre déménageot, autre Kangoo Express, même frère, malheureusement. Félix, un souvenir en appelant un autre, se rappelle aussi de la fois où ils sont allés voir Le Monde Perdu de Spielberg sur écran géant. Arrivés devant la salle, un peu en avance, comme d'hab, les deux frères sont arrêtés manu militari par une ouvreuse qui leur demande de bien vouloir attendre un peu sous prétexte que la séance précédente se termine. La prenant au mot, comme cela lui arrive trop souvent, Glue3 se met au garde-à-vous devant la bandoulière de sécurité et joue les vigiles de pacotille du haut de son mètre dix en toisant les nouveaux arrivants susceptibles de le doubler d'un regard oblique quoique globuleux. Félix piaffait d'impatience, lui qui venait de vider un pot de 750 grammes de popcorn acheté à la caisse avec son sacro-saint argent de poche (décidément voué à partir en fumée pour pas grand chose, et notre ami ne peut plus voir le popcorn en peinture depuis ce jour). Cinq minutes se passent. La file d'attente commence à s'allonger. Dix minutes s'écoulent, la queue est sur le point d'exploser. Au bout d'un quart d'heure, une personne s'approche et dit : "On va aller voir, quand même ?", poussant la porte pour découvrir une salle vide et, sur l'écran, une jeune black en pleine séance d'aérobic, décanillant des raptors en faisant des pirouettes sur des barres parallèles dans ce qui restera sans doute comme la pire scène du film de Spielberg, survenant après plus d'une heure de "métrage" (on reprend ici un terme inique cher à Mad Movies, comme quoi cet article a du sens et se veut organisé). Glue3 a passé la séance tassé dans son fauteuil, figé sur place, à soutenir les regards à bloc de haine d'une foule de spectateurs enragés. Ce n'est que lors de la Pentecôte 2013, quand une chaîne du réseau hertzien a eu l'idée de rediffuser Jurassic Park 2, que Félix a découvert que le film ne durait pas qu'une demi heure et qu'il possédait finalement une forme d'introduction.


Joe Pantoliano, Pantoliano Joe, tournez-le dans tous les sens, c'est le meilleur patronyme qui soit, le plus bel assemblage de lettres imaginable.

Retour inespéré à Matrix, le sujet de ce papier. On reste, il faut bien le dire, espantés à l'idée que des gens aient passé un temps fou à écrire sur ce film, qui ménage la chèvre et le chou, distille les références littéraires-mythologiques-mystiques et les amalgame dans un scénario certes plutôt bien ficelé mais loin de mériter qu'on s'y attarde comme si c'était la Bible. Le film traite en surface des idées riches quoique rebattues et peut servir de porte d'entrée à quelques réflexions plus profondes sur des questions et thématiques philosophiques, il n'en reste pas moins un film d'action à peine correctement filmé, cinématographiquement sans grand intérêt, que ses fans surinterprètent dangereusement et auquel ils font dire tout un tas de choses que lui-même n'effleure qu'à peine. Ca reste mieux que la plupart de ce qu'on peut voir aujourd'hui, et ce n'est pas difficile. Si on a du mal à piger que des gens bûchent sur la petite dissert sympa et tape-à-l’œil des Wachowsky, que dire de ceux qui se ruinent la cervelle sur Inception. A côté Matrix c'est du Rohmer. A noter qu'on ne parlera de qualité que pour le premier film, qui se suffit à lui-même. Les deux autres volets ont complètement gâché la fête, même si les aficionados les étudient tout aussi sérieusement. Quand Andy et Lana ont prétendu que le premier film était prévu pour être suivi de deux daubes totales, on a eu du mal à les croire, tant les épisodes 2 et 3 donnent envie de pleurer sans jamais s'arrêter.

On ne fera cependant pas partie de ceux qui pointent du doigt le nouveau triple menton de l'élu, l'élu de nos cœurs, que certains traitent aujourd'hui de "gros sac à merde" parce qu'il a un peu grossi, après l'avoir bêtement imité dans leur jeunesse en portant des manteaux en cuir hideux, des doc marteens noires importables et en arborant des lunettes de soleil même par temps couvert. Au dernier festival de Cannes, Keanu Reeves s'est affiché, il s'est montré, tel qu'il est, plus proche d'Homer Simpson que de Néo, et il a provoqué les rires alors qu'il vient de souffler sa cinquantième bougie et qu'il se traîne une vie privée dont une seule journée pourrait transformer les plus robustes en pures épaves.

Nota Bene : Félix veut profiter de cet article pour présenter ses plus plates excuses à l'acteur Joe Pantoliano (Francis Fratelli dans Les Goonies, Teddy dans Memento, et donc surtout Sypher dans Matrix), dont il a emprunté le patronyme pour sa seule sonorité incroyable dans une vieille adresse mail : pantolianojoe@yahoo.fr, adresse qui a servi à commettre pas mal de cyber-crimes à l'époque bénie où le web était un no man's land propice à toutes les bastons.


Matrix des frères Wachowsky avec Keanu Reeves, Carie-Anne Moss, Lawrence Fishburne, Joe Pantoliano et Hugo Weaving (1999)

12 mai 2008

Daredevil

Daredevil c'est l'histoire du super-héros le plus con de l'histoire du comic book. Daredevil à la ville c'est Matt Murdock un peu comme SpiderMan est Peter Parker, Batman est Bruce Wayne ou comme Flash est Barry Allen. Or quid de Matt Murdock, voila un type qui a eu une enfance peu commode. En effet le père de Matt le détestait carrément depuis sa naissance pour cause de délit de sale gueule. Il faut dire qu'avec sa tête de premier de la classe le petit Matt ne faisait pas tellement honneur à son boxeur de père, et je serais tenté d'écrire "boxer" tant le faciès disgracieux et anguleux du paternel de Matt évoque à brûle-poupoint la gueule baveuse et rageuse des clébards de cette espèce canine vouée aux coups de bâtons et autres traquenards dans les cages d'escaliers. Bref c'est comme ça que le vieux papa du petit Matt, après avoir passé la soirée de la veille dans un bar à tapas de Chihuahua, ville miteuse du Nouveau-Mexique (la vie de Murdoch Sénior portait déjà le sceau du chien et de l'infamie), où il s'était gavé de putes et de tout un assortiment de churros, chichis et autres chourossettes flambées au Grand Marnier, devait fêter le 8ème anniversaire de son cher fils en lui larguant, au levé du lit et sans prévenir, un pet monstrueux dans les narines. De fait, fort de son humour légendaire et de sa bonhommie rayonnante, Papa Murdock avait cru bon pour souhaiter un joyeux huitième anniversaire à son fils chéri assis sur le canapé et déballant joyeusement ses quelques cadeaux, de prendre sa petite tête innocente entre ses mains tout en lui tournant le dos pour mieux la coincer entre ses fesses nues remarquablement velues et lâcher un pet foireux venu tout droit du fond des âges et s'échappant de longues minutes durant dans le tissu rétinien du petit Matt, impuissant, condamné à subir cette indicible ignominie paternelle sans précédent.


Matt Murdoch Junior, souriant pour la dernière fois à la perspective de son huitième annif et ignorant que ses Ray-Ban lui seront indispensables après le pet flash aveuglant de son son père Jack "The Devil" Murdock

Le régime alimentaire du Père Murdock et la fermentation des dizaines de churros mal digérés toute la nuit durant dans l'abdomen purulent de ce boxeur professionnel impliquèrent un taux de méthane et de propane ahurissant contenu dans son seul pet matinal. Les radiations furent conséquentes pour les pauvres mirettes du petit Matt que le médecin de famille, appelé à la rescousse après l'évanouissement quasi instantané du gosse une fois son visage retiré du cul de son père, devait diagnostiquer comme "aveugle des suites d'une intoxication des pupilles et des deux globes oculaires complets suite à une trop longue exposition à une concentration de gaz zyklon B tout à fait considérable". Mais si Matt Murdock était condamné à la cécité par un père farceur et pétomane, il ignora tout d'abord que c'était un prêté pour un rendu. Car si ses yeux étaient réduits à l'état de petit globes bleus effrayants, ses cinq autres sens, l'odorat, l'ouïe, le toucher et le goût, allaient se voir par là même surdéveloppés. Enfin disons l'odorat, l'ouïe et le toucher, parce qu'il faut bien dire que le goût reste un sens bien peu usité, pas assez peut-être, dans les films de super-héros. Même si dans le cas qui nous concerne ici, Mark Steven Lindon Johnson, le réalisateur invétéré de ce long métrage, nous gratifie d'une sublime séquence faisant appel au goût extraordinaire de Daredevil lorsque ce dernier déguste un diabolo menthe à la terrasse d'un café, en tenue de travail (le costume à cornes de chèvre de l'affiche), dans une scène rendant directement hommage à celle de Quand Harry rencontre Sally où Meg Ryan en faisait des caisses pour simuler un orgasme sismique en plein restaurant.


Pina Bausch peut aller se rhabiller !

Matt Murdock devient avocat pour coller un procès au cul de son vieux, mais il entend bien mettre à profit ses nouvelles aptitudes surhumaines. Avocat le jour, juge la nuit, il passe avec une facilité déconcertante du costard cravate au costume une pièce moulant en simili cuir avec cagoule à petites cornes façon vachette. Et le soir venu, il bastonne toute la ville à qui mieux mieux, l'acuité spectaculaire de ses cinq sens restants lui permettant de voir mieux que quiconque et d'éviter aussi bien les balles de 22 long rifle que les lampadaires insidieusement placés sur son chemin en pleine course poursuite. Adepte inconditionnel des méthodes draconiennes de l'Actors Studio, le brillant Ben Affleck avait exigé qu'on lui applique des lentilles opaques, totalement aveuglantes, durant toute la durée du tournage, depuis le début des repérages pour les décors jusqu'à la première publique, lentilles qu'il devait porter jour et nuit pour s'impliquer à mort dans son rôle et entrer dans la peau d'un véritable vigilante aveugle. C'est d'ailleurs dans ces conditions qu'il rencontra Jennifer Garner à l'aveuglette sur le tournage et qu'il l'épousa dans les 15 jours sans jamais l'avoir vue de vive vue, pour découvrir lors d'une avant-première à enjeu, plus risquée que jamais, qu'il venait de passer la bague au doigt de la troisième actrice au visage le plus chargé en angles droits (à 90°) du 7ème art après Angelina Jolie et Vin Diesel.


Ci-dessus la nuit de noces du couple le plus glam' d'Hollywood

Tout ça pour dire que ce choix de technique dramatique carrément casse-gueule nous vaudra des scènes relativement contradictoires. En fin de compte dans les scènes de combat, où Benny Affleck est doublé par des cascadeurs doués de vue ou par un simple double informatique articulé via toute une série d'iMac G5, Daredevil fait preuve d'une dextérité sans pareille, il saute de pipeline en pipeline dague au point, il évite les balles d'un peloton d'exécution composé de quelques soixante-dix tueurs des balkans armés de gatlings et faisant feu comme un seul homme vers la carcasse enveloppée de cuir fin du valeureux super-héros, qui, bien qu'attaché à triple tour à un pylône, leur tend ses deux majeurs en souriant et en se dandinant libidineusement sur lui-même pour éviter les milliards de cartouches longues comme le bras qui le défient, lancées à plusieurs milliers de kilomètres par heures droit sur sa jolie petite gueule de con... il saute encore en rappel depuis l'aile d'un Boeing 747 et retombe sur ses deux panards pile au-dessus du nichon droit de la Statue de la Liberté où l'attend pour un combat féroce un Colin Farrell plus ingrat que jamais dans le rôle de Bullseye, un personnage assez captivant dans le fond puisqu'il ne rechigne pas à filer des rencards sur les nibards de la Statue de la Libertad à son pire ennemi plutôt que de choisir finalement un simple café ou un parc sympathique comme ça se fait usuellement.


Colin Farrell, aka Bullseye, qui mime un pistolet avec sa main en dernier recours suite à un énième combat de rue perdu de peu

En revanche, et dans un tragique effet de contraste, les séquences tournées avec l'acteur en personne dans les baskets d'un Matt Murdock endimanché nous montrent un Benoit Affleck aveugle et peu sûr de lui, qui marche dans la rue à tâtons balançant sa canne d'infirme à tout va jusque dans la gueule des enfants, se ramassant lamentablement par terre en trébuchant contre les poubelles, ou se faisant littéralement écraser la jambe par un bus scolaire dont le chauffeur le traite de "chien d'aveugle" tandis qu'il tâche péniblement d'extraire ce qu'il reste de son genou (un moignon sanglant) d'en dessous l'énorme pneu chauffé à blanc du car. Les points d'orgue de ces tristes séquences étant d'abord celle où Ben Affleck, devant serrer la grosse paluche d'un Mickael Clarke Duncan certes un peu trop grand et s'attendant à lui en "serrer cinq" ne lui en serre finalement qu'un, et un gros. On sent bien que ça n'était pas prévu à l'expression faciale de Michael Clarke Duncan qui, très professionnel, se contente de dévorer sa lèvre inférieure de douleur sans broncher tandis que Ben Affleck empoigne fermement sa bite. Le réalisateur a dû penser qu'il pouvait compter sur l'effet de surprise et le comique de situation pour laisser cette scène au montage. Mais quelle n'est pas notre surprise en regardant Daredevil malaxer longuement, à travers un pantalon beige en soie très léger, le gros pénis de Michael Clarke Duncan, qui interprète tout de même le Caïd, l'ennemi personnel de Daredevil, le méchant par excellence, la terreur de New-York !


Michael Clarke Duncan plus concupiscent que jamais avec l'acteur de second rôle Erick Avari. L'immense acteur noir, futur Oscar du meilleur acteur dans le probable biopic de Barry White à venir un jour ou l'autre, a viré sa cuti après s'être fait malaxer le chibre par un Ben Affleck aveugle et regrettant de l'être

L'autre passage affreusement embarrassant du film tient dans une scène où Benjamin Affleck prend un pot avec un Joe Pantoliano plus chauve que jamais, qui interprète le chef de la police locale. Et on ne peut que compatir quand on voit l'illustre acteur Pantoliano discrètement pleurer de tristesse tandis que face à lui Ben Affleck lui sert à boire, en tenant le thermos dix centimètres à côté de la table, versant consciencieusement un demi litre de café brûlant sur le genou de Pantoliano l'acteur (car à cet instant Joe n'est plus du tout dans le rôle), dont le pantalon a fondu sous l'effet de la chaleur et qui voit sa cuisse attaquée à vif par le liquide ébouillanté, alors que son mollet brûle au 9ème degré.


Une pluie battante permet à Darédévil de placer un coup de pied millimétré dans les bourses de son ennemi juré, que la pluie rend quant à lui plus aveugle qu'une taupe dans le trou du cul d'une autre

Enfin et pour en finir évoquons une autre faiblesse du film, perdue parmi tant d'autres, mais tout de même notable. Dès le début, alors qu'il apprivoise lentement sa cécité nouvelle, Matt Murdock se rend compte qu'il peut finalement voir. Les sons se répondent, les bruits se répercutent sur les parois, les échos évoquent la profondeur des sons : autant d'éléments qui lui permettent de voir. L'effet de cette "vision sonore" nous en est rendu par de minables images bleues et noires où l'on distingue les formes auxquelles Daredevil fait face et qui lui apparaissent au gré des ondes sonores bloquées ou non par les obstacles matériels de la rue. Bref, Matt Murdock se rend bien à l'évidence : un des moyens les plus sûrs de distinguer presque aussi clairement qu'un voyant ce qui se trouve devant lui est encore de l'appréhender sous la pluie, les bruits incessants et concentrés que produisent les gouttes d'eau en tombant sur les objets permettant de parfaitement les observer. Cela nous vaut d'ailleurs la scène la plus romantique du film dans laquelle Matt demande à sa nouvelle fiancée (Jennifer Garner) de laisser la pluie tomber sur son visage pour enfin la voir vraiment. Les bruits des gouttes d'eau ne lui auront pas permis de constater la rudesse d'angle caractéristique du visage taillé au marteau et au burin de la jeune actrice montante condamnée aux rôles de spécialiste des arts martiaux et de pute de luxe. Mais passons. Autant vous dire qu'après le succès de cette approche, Matt Murdock décide de se balader partout avec un tuyau d'arrosage, ou au pire avec de simples gourdes remplies à rabord pour tapisser de jets d'eau les rues de New-York au gré de ses promenades et mieux voir où il fout les pieds. S'ensuivent quelques bagarres de rue plus ou moins longues (dont une émeute générale de 20 minutes) avec des passants peu enjoués à l'idée de se faire asperger de pied en cap par un aveugle, et qui de facto n'hésitent pas une minute à le passer à tabac en groupes.


Colin Farrell n'a jamais aussi bien porté son surnom : asshole

Mais sachez-le, ces scènes-là sont un régal en comparaison de celle où Daredevil et sa bien aimée se retrouvent au lit pour la première fois. Oui parce que le film est aussi très porté sur des questions d'ordre plus graveleux. Le grand méchant ne s'appelle-t-il pas Kingpin (traduit ex-nihilo dans la version française par "Roi de la Pine"), alias Le Caïd ? Et son homme de main Bullseye, n'est-il pas mieux connu sous le doux sobriquet : Le Tireur ? Et ce dernier personnage, à qui Colin Farrell, maquillé comme une bagnole tirée, prête ses traits, ne porte-t-il pas une grande cible gravée au fer rouge à même le front qui ressemble comme deux gouttes d'eau à un gros trou de balle ? Et Daredevil n'aura-t-il pas raison de cet ennemi en pénétrant violemment son front, pile au milieu de ladite cible, au seul moyen de son diable de dard (Daredevil en VO) ? Enfin bref, revenons à nos moutons, ces séquences pas très tous publics ne sont rien comparée à celle où Matt Murdoch, faisant pour la première fois l'amour à sa fiancée, est bien décidé à l'admirer le plus clairement du monde et pour ce faire, en guise de tuyau d'arrosage, utilise, et n'utilise que ce que j'appellerai son tuyau perso dans une série de jets dramatiques.


Daredevil de Mark Steven Johnson avec Ben Affleck, Michael Clarke Duncan, Joe Pantoliano, Colin Farrell et Jennifer Garner (2003)