29 juin 2016

Et ta sœur

Bon, à ce stade de la critique, il faut que le lecteur soit au courant : la réalisatrice de ce film, Marion Vernoux, est, avec Friedrich Murnau, ma cinéaste favorite. Commençons par le titre de son nouveau film (le premier que je vois de Marion Vernoux) : Et ta sœur. Notez bien qu'il n'y a pas de point d'interrogation : ça porte malheur au cinéma. Comme Marion Vernoux. On note par ailleurs la richesse du jeu de mot puisque l'expression colle ici au scénario. C'est l'histoire d'un type qui va fricoter avec deux sœurs coup sur coup, dont l'une est homosexuelle et l'autre sa meilleure amie. L'histoire est originale. Il s'agit d'un remake. Plus précisément d'un remake de Ma meilleure amie, sa sœur, mon slip et moi, de Lynn Shelton (qui est habituée à ce que les français rendent hommage à ses déjections cinématographiques puisqu'Yvan Attal a aussi remaké le triste Humpday dans l'encore plus triste Do not Disturb). 


Grégoire Ludig, Géraldine Nakache et Virginie Efira, prenant la pose, quelque part.

Ensuite, les aspects techniques. Le film est en couleur. Bon point. Cela permet à ses admirateurs d'admirer la couleur de peau unique au monde de Virginie Efira. L’œuvre a aussi un bon format. Assez large. Ce qui accueille bien la gaule permanente du comédien principal, Grégoire Ludig, le comique troupier, tête pensante du tandem du Palmashow (si quelqu'un peut expliquer ce mot ?), qui incarne dans ce film de belle facture un trentenaire balloté entre les nichons d'Efira et les lunettes de Géraldine Nakache. Il s'agit donc d'un triangle amoureux bisexuel, qui obéit aux mêmes lois géométriques que le triangle rectangle selon cette enflure de Thalès : le carré de l’hypoténuse (la teub du héros) est égal à la somme des carrés des six glandes opposées (deux boobs pour Efira ; deux glaucomes + deux couilles pour Nakache). Ce format, proche du 16/9 à quelques encablures près, correspond aussi idéalement aux écrans domestiques d'aujourd'hui, auxquels le film se destine.


On connaît le secret beauté de Virginie Efira : clope et yoga. Par contre le froc Desigual© est à deux doigts de tout foutre en l'air.

La durée. Le métrage excède largement la longueur idéale d'un film préconisée par Jean-Luc Godard, soit 1h30. Ici on va jusqu'à 1h35... A cinq minutes près c'était le film parfait adoubé par Godard. Cinq minutes ça correspond à quoi ? Les trois premiers noms du casting supprimés du générique de fin ? Une petite scène qui pue la mort en moins ? Le film en regorge ! Celle où la blonde LGBT sûre d'elle, Efira, dépose négligemment la capote avec laquelle Ludig vient de la baiser sur le rebord du conteneur à ordures où la bonne copine à lunettes triple foyer, Nakache, la retrouvera peu de temps après, par exemple ? Toute l'équipe du film aurait mieux fait d'aller ramasser les déchets sur les plages de Bretagne au lieu de les saloper avec leurs camions, leurs trépieds de caméra et leurs capotes trouées dégueulasses. Y'a mille fois plus malin à faire que ce film. Si Marion Vernoux continue comme ça, je lui prédis une fin à la Mesrine.


Et ta sœur de Marion Vernoux avec Grégoire Ludig, Virginie Efira et Géraldine Nakache (2016)

23 juin 2016

Les Délices de Tokyo

Je viens de voir le dernier film de Naomi Kawase, Les Délices de Tokyo. Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est un joli film. On passe deux heures dans la petite échoppe d'un type qui vend des dorayakis. Je ne ne connaissais pas cette pâtisserie japonaise. J'ai découvert son existence en regardant ce film. C'est du bon infotainment. Les dorayakis, c'est deux pancakes superposés, avec entre les deux une pâte de haricots rouges confis. Au départ les dorayakis sont dégueulasses, car le cuistot dépressif achète les haricots tout prêts. Mais une petite vieille lui offre ses services, elle a le coup de main. Résultat, tout le monde prend son pied sous les cerisiers en mangeant ces petits délices. Je me demande bien à quoi ça ressemble, quel goût ça peut avoir... Si jamais quelqu'un lit ce billet de blog et sait faire les dorayakis aussi bien que la petite vieille du film, merci de m'en envoyer à l'adresse du blog : ilaose.leblog@gmail.com.




Les Délices de Tokyo de Naomi Kawase avec Kirin Kiki, Masatoshi Nagase, Kyara Uchida (2015)

19 juin 2016

Le Monde, la Chair et le Diable

The World, The Flesh and the Devil, sous son titre plaisant bien qu’un peu pompier, est un petit film de science-fiction américain réalisé en 1959 par un scénariste de renom, Ranald MacDougall, qui termina sa carrière comme triste égérie d’une célèbre chaîne de restauration rapide spécialisée dans le hamburger, déguisé en con de clown. Le film, comme beaucoup d’autres après (et peut-être avant) lui, dépeint une sorte de fin du monde bien précise : celle où l’humanité s’est volatilisée. Un seul quidam demeure, ici nommé Ralph Burton et interprété par le beau Harry Belafonte. Mineur de son état, Ralph se retrouve bloqué sous terre par un éboulement. Après avoir appelé à l’aide en vain, il finit par s’extirper du sous-sol par ses propres moyens et découvre un monde totalement désert. On saura bientôt que suite à une guerre nucléaire, les populations ont vidé les villes et l’humanité s’est éteinte. Ou presque, puisqu'il reste Ralph, seul au monde.




Les plans qui nous le montrent parcourant les immenses artères d'une New-York absolument déserte sont d’ailleurs magnifiques. Quand on se souvient de tout le tapage qu’on nous avait fait autour de Vanilla Sky et de Tom Cruise conduisant sa bagnole dans la grosse pomme miraculeusement vide… quel exploit. Ranald MacDougall s’en était autrement mieux tiré il y a plus de soixante ans, et s’était même laissé grisé par son idée au point de péter vaguement plus haut que son cul et de nous offrir un menu maxi best of en refaisant la scène du Cuirassé Potemkine avec les statues de lions qui s’animent grâce au montage, sauf qu’ici le lion réveillé image par image ne s’articule pas à la canonnade d'un QG d'officiers mais à la prière de Ralph dans une église elle aussi désespérément vide.




Le film ne s’en prend pas seulement au nucléaire, il s’attaque surtout au racisme. Car bientôt Ralph découvre qu’il n’est pas totalement seul. Après s’être amouraché d’un mannequin de vitrine (ce qui n’est pas sans rappeler les mésaventures de Will Forte dans la récente série Last Man on Earth, où l’on retrouve d’ailleurs, comme dans le film de MacDougall, ce petit couac typique des films du genre : jamais le personnage ne tombe sur le moindre cadavre…), Ralph pète un plomb et balance la femme en plastique par la fenêtre quand il entend soudain un cri, qui ne vient pas du mannequin mais d’une vraie femme, en chair et en os, qui le guettait depuis longtemps en cachette et, voyant le mannequin s'écraser au sol, a cru à un suicide. Ralph rencontre ainsi Sarah Crandall (Inger Stevens), autre survivante, et les deux tourtereaux vont tenter de se plaire et de s’aimer, même si rien, au fond, ne les rapproche. Ils passent en réalité la majeure partie de leur temps à se disputer. Le bât blesse quand Sarah s’emporte et lâche à Ralph qu’elle est une femme « libre et blanche », laissant sourdre un vieux fond de racisme latent (faut-il l’être au moins un peu pour ne pas craquer devant Harry Belafonte, ma parole).




Et lorsqu’un troisième larron, Ben (Mel Ferrer, croisé chez Lang et Renoir ainsi que dans pas mal de films historiques), débarque à Manhattan, notre bon Ralph s’éclipse (il consacre la plupart de son temps à chercher des rescapés ou à sauver les livres de la bibliothèque du coin) pour laisser s’ébattre le joyeux couple blanc. Mais le deuxième homme sur terre ne l’entend pas de cette oreille et préfère faire le ménage pour couler des jours heureux seul avec sa nouvelle Eve. S’ensuit une très belle scène finale de chasse à l’homme, où Ben, juché sur les toits de New-York avec un fusil à lunette, traque Ralph, tapi dans l’ombre des rues. Tout un symbole, qui pourrait être lourd s’il n’était pas si dignement mis en scène, et si la fin du film n’était pas aussi simple et bienvenue : le « The Beginning » qui clôture le film, tandis que les trois survivants s'éloignent main dans la main, évoque la célèbre dernière réplique de Casablanca (« This is the beginning of a beautiful friendship »), et sonne moins comme un tour de manche que comme une intéressante conclusion : ouverte et ambigüe, heureuse et compliquée.


Le Monde, la Chair et le Diable de Ranald MacDougall, avec Harry Belafonte, Inger Stevens et Mel Ferrer (1959)

12 juin 2016

Sherlock Holmes

Ce film atteint le plus bas degré de nullité. Même dans la catégorie des films d'action tout public populaires pour adolescents lobotomisés, et même pour ces gens pourtant adultes et si nombreux qui passent leur temps à se vanter d'aimer ce qui se fait de pire (ceux qui répètent : "Mais tu te prends trop la tête, les films bien cons c'est cool aussi, et puis ça plaît à la majorité des gens ! C'est quand même agréable, en semaine, après une grosse journée de boulot bien abrutissante de pouvoir s'abrutir un peu. Il faut se détendre, se laisser aller, regarder une merde, scruter de la chiasse, pour se vider le cerveau un bon coup… Ou alors le week-end, pour se délasser enfin après tout le boulot de la semaine, c'est quand même agréable de mater une grosse daube infâme pour ne penser à rien, juste consommer une maxi-merde, peinard comme un poiscaille rouge dans l'eau, un petit poisson, avec une mémoire de cinq secondes chrono, etc. etc. etc."), même pour ces gens-là, pour qui il semble donc primordial de se ruiner la caboche devant de grosses saloperies nulles à dégueuler les soirs de semaine ainsi que le week-end, même pour eux, ce film et ses semblables devraient devenir indigestes à la longue. Mais soyons tolérants, après tout, ceux qui ont envie de se délester de leur cervelet pendant deux heures et de se ruiner les yeux devant une bonne grosse merde ont le droit de le faire. Il ne reste plus qu'à espérer pour eux qu'ils savent ce qu'ils regardent, qu'ils ne prennent pas les grosses vessies de Guy Ritchie pour des lanternes et savent que ces films sont indignes d'eux, indignes de nous tous.


Devant ce genre de film je me surprends à rêver de voir le personnage de Bob Danette Junior se faire descendre en mode "bullet-time", mais le héros ne meurt jamais.

Godard a dit il y a peut-être 30 ans que depuis 30 ans on ne voyait jamais que le même film avec un titre différent (et encore), un "nouveau" film qui n'est que la reprise à l'identique de tous les précédents mais qui parvient pourtant à leurrer les spectateurs. Hollywood notamment veut nous faire croire qu'on va voir quelque chose d'à peu près neuf à chaque fois alors que, sauf très rare exception, on fixe du regard le même film nul depuis 30 longues années au moins, basé sur la recette des succès précédents et calibré pour faire un nombre d'entrées, assurant aux producteurs de rentrer dans leurs frais. La phrase de Godard s'applique à ravir à ce type de gros film d'action populaire surfait et rachitique qu'Hollywood régurgite chaque année sans se lasser et, apparemment, sans lasser sa large audience. Il faut peut-être féliciter les faiseurs qui arrivent à vendre le même et unique film absolument médiocre depuis 30 ans et qui ont su fidéliser le public au point qu'il paye systématiquement et indéfiniment pour le revoir des millions de fois.


Caffi de tablettes de chocolat pour un rôle pourtant fort laid, et filmé par un Guy Ritchie légèrement concupiscent (qui lui chantait la superbe chanson de son frère troubadour à l'oreille avant chaque plan "all night lo-ong, all niiight... all night lo-ooong, all niiiight...), Robert "Down on my knees, i'm bagin' you ! Please, please don't leave me..." Junior apparaît ici dans toute sa splendeur.

Mais revenons à Sherlock Holmes, encore que ce soit dispensable. Il y a tellement tout et rien à dire sur ce film, et sur tous ceux qui sont sa copie conforme, parmi lesquels il faut compter le deuxième épisode évidemment, Sherlock Holmes jeu d'ombres, qui répète la même histoire avec les mêmes personnages, les mêmes effets spéciaux hideux, les mêmes filtres colorés, les mêmes costumes ridicules, les mêmes cascades pourries, le même scénario miteux, les mêmes fausses blagues pour rythmer les mêmes scènes d'action et ainsi de suite. On commence à connaître la chanson. Le titre de la franchise se revendique d'une icône du polar pour en faire toute autre chose, une version soi-disant modernisée mais en réalité simplement écervelée : adieu les détectives anglais fumant la pipe habillés de velours façon Wes Anderson et résolvant des affaires criminelles par l'astuce et un esprit retors, bonjour les deux gros cons (Jude Law et Robert Downey Jr, respectivement Hercule et Sherlock), les deux playboys de mes deux revêtus par Laggerfeld qui niquent à tours de bras et qui gagnent à la fin en foutant des pains à droite à gauche et en réduisant gaiement la ville à feu et à sang.


 Quelque chose vient de tomber, sur les lames de ton plancher, toujours le même filmeu qui passe, Le mèèm filmeu qui pass.

Mais il faut quand même une plus-value pour espérer ébahir le public : cette mise en scène ultra maniérée et infecte qui fait la "patte" Guy Ritchie et qui consiste à utiliser jusqu'à la lie l'effet "bullet-time", ridicule à souhait et d'une laideur maximale, complètement has-been depuis la première projection-crash-test de Matrix. Ce pauvre Guy refait exactement et inlassablement tous les films qu'il a déjà faits, avec ses tics horribles, et il imite en prime Fight Club et mille action flicks beaucoup plus nazes, en pire. Qui aurait cru qu'un jour le distingué et brillant Sherlock Holmes serait incarné à l'écran par Bob Downey Junior ? Que dire de ce vide abyssal qui caractérise ce film minable et ses semblables, de la violence gratuite et volontiers séductrice affichée à l'écran dans une esthétique vendeuse, publicitaire, parfaitement calamiteuse et qui, pire, fait des petits (le Stalingrad de Fyodor Bondarchuk, succédané du style Guy Ritchie, que nous n'avons pas vu et qui nous fait encore plus amèrement regretter le film que Leone voulait tirer de cette bataille), que dire de l'intelligence (prétendue) du personnage uniquement reléguée à une intelligence du combat physique glorifié, de ces dialogues à se pendre, de cette histoire abominable, de ces plans monstrueusement nuls. Bref, on sait tout ça, on l'a déjà vu, revu, revu, revu, revu, revu, revu, revu...


Sherlock Holmes de Guy Ritchie avec Robert Downey Junior et Jude Law (2010)

5 juin 2016

Un Moment d'égarement

Un moment d'égarement, ça pourrait être le titre du moment de la vie où JF Richet a décidé de faire du cinéma, ou celui où Claude Berri a eu un rapport sexuel neuf mois avant la naissance de son fils Thomas, ou encore le moment où Lisa Azuelos a commencé à écrire des histoires dans son petit cahier à spirales. Ces gens-là font tant de mal au cinéma... Quand on voit ce vilain remake, qui n'a rien à voir avec l'original, ça nous rappelle qu'on vit une époque d'une infinie tristesse. Dans les années 70, Marielle fautait avec la toute jeune et bustée Agnès Soral, il culpabilisait certes, il se rendait compte qu'il avait déconné. Agnès Soral s'amusait à le faire chanter pour avoir d'autres moments intimes avec lui (et y parvenait) mais il y avait tout de même une attirance mutuelle entre les deux protagonistes, une tendresse, ce n'était pas seulement à cause d'une soirée trop arrosée et d'une fille résolument en chaleur que le padre merdait, ça durait toutes les vacances sans que ça devienne un drame du niveau d'un mauvais fait-divers relaté sur NRJ12 par Morandini. Ici Cassel, une fois le moment d'égarement accompli, passe son temps à repousser avec les yeux exorbités et sans aucune délicatesse la jeune gourgandine, paniqué par son comportement, en fin psychologue qu'il est. Dès qu'elle s'approche de lui, on dirait un chat surpris qui se met à bondir toutes griffes dehors, alors que dans l'original Marielle avait son slip de bain trop serré à cause de son érection incontrôlable. Même triste constat pour la fille du quadragénaire égaré : la gamine de Marielle faisait la part des choses et finalement se réjouissait que son amie soit amoureuse de son père et partageait ce secret ; en 2015, la merdeuse de Cassel est seulement outrée, presque prête à aller dénoncer son père aux flics et à lui cracher à la gueule tout en considérant son amie comme une pute psychopathe. Autre temps, autres mœurs vous me direz. En tout cas il n'y a plus aucune légèreté, seulement les gros sabots plein de merde de Jeff Azuelos et Lisa Richet.

  


Mais parlons du pire de ce film (si on met de côté le trio infernal Langman-Richet-Azuelos), j'ai nommé Cluzet. Alors que dans l'original, Lanoux joue un homme plein de colère rentrée, qu'on sent bouillir et prêt à exploser, ici on a un Cluzet totalement et constamment sur 10 000 volts ! Il se caricature, il joue un père facho, vulgaire, avec 25 de tension, un insupportable connard. Il faut le voir le flingue à la main en train de se dire qu'il va ruiner le DJ qu'il soupçonne de harponner sa fille, ou encore courser des sangliers en pleine nuit autour de son jardin, toujours le flingue à la main. Et on se demande bien pourquoi Cassel finit par lui avouer que c'est lui le salaud qui a dégommé sa fille au moment où ces deux cons sont isolés dans le maquis et que Cluzet a (encore) une carabine chargée à la main. La seule fois où il a joué aussi mal, c'est dans Les Petits mouchoirs de sinistre mémoire.




Cerise sur le gâteau, le film se termine à la lueur ocre du soleil levant sur plusieurs gros plans des principaux protagonistes, souriants tous les uns aux autres alors que la veille au soir ils se battaient, se tenaient en joue ou s'insultaient sans réserves. Tout est bien qui finit bien, n'est-ce pas ? Même si ce qu'expriment les personnages dans cette minable scène de fin est en contradiction totale avec le reste du film. J'ai eu envie de jeter ma godasse sur la télé, mais je me suis rappelé qu'elle valait cher, contrairement au talent des gens derrière ce film.





Jeff Richet continue tranquillement et sûrement sa descente aux enfers. Lui donner les moyens, de temps en temps, de faire un film ne fait que confirmer ce constat. Il n'est pas étonnant de voir Lisa Azuelos au scénario quand on constate à quel point c'est mauvais, elle, la grande spécialiste des selles sur pellicule. Alors, avec elle et JF Richet qui se sont mis à deux sur ce scénario, la notion de synergie prend tout son sens. Je marcherais volontiers sur toute l'oeuvre de Lisa Azuelos du pied gauche, ça me porterait chance. La même chose avec les "films" de JF Pichet, j'aurais doublement de la chance et je trouverais peut-être un travail ! Mais n'oublions pas Thomas Langmann. A t-il voulu "tuer le père" en produisant ce remake navrant ? Quoi qu'il en soit, ce garçon continue avec brio son oeuvre de fossoyeur du cinéma.


Un Moment d'égarement de Jean-François Richet avec Vincent Cassel, François Cluzet, Lola Le Lann et Alice Isaaz (2015).

27 mai 2016

La Prophétie des ombres

Le film qui m’a fait réaliser que Richard Gere est le sosie chevelu de Zinedine Zidane ! Zinedine Zidane, dit "Zizou", oui, le célèbre footeux, le divin chauve, comme mon gland, triple Ballon d’Or, deux fois vainqueur de la Coupe du Monde et plus grand joueur de l’Histoire dans une dimension parallèle où le coup de boule n’existerait pas. Dans ce film, The Mothman Prophecies aka La Prophétie des ombres, Dick Gere arbore une chevelure de choix d’une couleur qui échappe aux mots, une couleur tombée du ciel, d’un gris roux doré, un peu comme une boule de pétanque que l’on aurait trempée dans l’huile d’olive. Des vagues de mèches folles, entre l’ombre et la lumière, survolent son crâne infernal. On dirait un vieux renard fatigué de tirer des coups à droite à gauche. A ce détail près (son cuir chevelu), il est bel et bien la copie conforme de Zizou, avec ses petits yeux plissés et son nez busqué. Deux beaux gosses, y’a pas à chipoter là-dessus, je comprends leur succès auprès des demoiselles... Mais aussi deux piètres comédiens…



Richard Jouir retrouve ici Laura Linney (prononcer Liné tout bêtement), sa partenaire fétiche, qu’il avait déjà côtoyée dans Peur Primale, le film définitif sur la peur des primates, à une lettre et un scénario près. Problème de titre, comme pour La Prophétie des ombres, qui aurait mieux fait de s’appeler La Prophétie des papillons pour ainsi être le cousin ailé de La Prophétie des grenouilles, le film d'animation préféré de mon petit neveu. Dick Gere incarne ici un pigiste du Washington Post DC en proie à des visions de papillons qui parasitent sa vie quotidienne. Ces visions le perturbent tout particulièrement lorsqu’il est au volant de sa Volvo. Ça l’amène à se prendre des arbres. Il découvre progressivement qu'il n'est pas le seul à souffrir de telles visions et comprend que celles-ci viennent annoncer un malheur prochain. Fin du pitch, début des emmerdes pour notre ami Gere, le bouddhiste aux cheveux d'ange.



Les symboles de lépidoptères sont légion dans La Prophétie des Ombres. Dès qu’apparaît à l’image une forme plus ou moins symétrique, des seins timides de Laura Linney au pare-brise étoilé de Gere en passant par les terribles néons de sa salle de bains, on peut donc déceler la présence néfaste du Mothman du titre original. Le réalisateur n'en loupe pas une. Il s'agit d'autant d’apparitions du papillon maléfique qui hante littéralement ce film. On recense 189 plans de papillons selon le site IMDb. Ça en fait le cas unique de long-métrage lépidoptériste dans l’histoire du cinéma.



Blague à part, ce film s’inspire d’une histoire vraie. Dans le Wyoming, plusieurs personnes auraient été sujettes à ces visions mystérieuses. Les témoignages s’accordent à dire qu’il s’agissait d’un connard géant doté de grandes ailes translucides et de yeux rouges. Cet être mystique à l'allure unique n’avait en réalité rien de méchant puisqu’il serait simplement venu annoncer des catastrophes. Hélas, il n’a pas été pris au sérieux par les autorités. A la fin du film, le pont de Brooklyn se casse en deux, causant une trentaine de morts, et l’homme-papillon mate tout ça les mains sur les hanches, l’air dépité. Il avait tout vu venir, et il avait essayé de nous prévenir via des coups de fil il est vrai pas toujours rassurants, en vain. Le film termine sur la phrase « Si c’est ça j'me casse », crachée par le Mothman (littéralement "homme motte") du titre original, dégouté. Ce Mothman a les yeux sur le torse, là où nous autres avons nos mamelons, et il n’a donc pas vraiment de tronche. Vraiment folklo ce film ! Les humains n’ont pas cru en ses mises en garde, et Dick Gere en premier, tout juste bon à sauver Laura Linney de la noyade au dernier moment. J'aurais fait pareil. 30 morts pour 1 rescapée blonde et garantie à vie, je signe tout de suite.


La Prophétie des ombres de Mark Pellington avec Richard Gere, Laura Linney et Will Patton (2002)

19 mai 2016

007 Spectre

C'est quand même dingue que l'on puisse se passionner depuis tant d'années pour les aventures d'un tel connard. Excusez-moi d'employer ce terme, mais il n'y a pas d'autres mots pour qualifier un type comme ça. James Bond est un sombre abruti et il le démontre de films en films. C'est quand même le seul héros de cinéma capable de pratiquement violer une veuve endeuillée venant tout juste d'enterrer son mari. C'est ce qui arrive dans Spectre au personnage campé par Monica Bellucci, je n'invente rien. Bond a besoin d'infos sur le défunt, il les obtient en plaquant la pauvre femme à peine consentante contre le mur et en faisant sa petite affaire en bel égoïste qu'il est. Dès que la meuf est potable, James Bond doit se la faire, quelles que soient les circonstances. C'est comme ça... Le nombre de gosses illégitimes qu'il doit laisser derrière lui, je vous raconte pas... A part ça, James Bond est totalement obnubilé par les belles bagnoles, qu'il aime abandonner dans un fleuve après un petit ride à travers la ville. Beau bilan carbone là encore... James Bond aime placer ses collègues de travail en porte-à-faux. Il aime mettre la vie de centaines de civils en danger pour faire la peau d'un seul vilain. Il aime défigurer les centres historiques des métropoles qu'il traverse. James Bond est un con, il n'y a pas d'autres mots. 


007 Spectre de Sam Mendes avec Craig Daniel, Christoph Waltz et Léa Seydoux (2015)