27 mai 2016

La Prophétie des ombres

Le film qui m’a fait réaliser que Richard Gere est le sosie chevelu de Zinedine Zidane ! Zinedine Zidane, dit "Zizou", oui, le célèbre footeux, le divin chauve, comme mon gland, triple Ballon d’Or, deux fois vainqueur de la Coupe du Monde et plus grand joueur de l’Histoire dans une dimension parallèle où le coup de boule n’existerait pas. Dans ce film, The Mothman Prophecies aka La Prophétie des ombres, Dick Gere arbore une chevelure de choix d’une couleur qui échappe aux mots, une couleur tombée du ciel, d’un gris roux doré, un peu comme une boule de pétanque que l’on aurait trempée dans l’huile d’olive. Des vagues de mèches folles, entre l’ombre et la lumière, survolent son crâne infernal. On dirait un vieux renard fatigué de tirer des coups à droite à gauche. A ce détail près (son cuir chevelu), il est bel et bien la copie conforme de Zizou, avec ses petits yeux plissés et son nez busqué. Deux beaux gosses, y’a pas à chipoter là-dessus, je comprends leur succès auprès des demoiselles... Mais aussi deux piètres comédiens…



Richard Jouir retrouve ici Laura Linney (prononcer Liné tout bêtement), sa partenaire fétiche, qu’il avait déjà côtoyée dans Peur Primale, le film définitif sur la peur des primates, à une lettre et un scénario près. Problème de titre, comme pour La Prophétie des ombres, qui aurait mieux fait de s’appeler La Prophétie des papillons pour ainsi être le cousin ailé de La Prophétie des grenouilles, le film d'animation préféré de mon petit neveu. Dick Gere incarne ici un pigiste du Washington Post DC en proie à des visions de papillons qui parasitent sa vie quotidienne. Ces visions le perturbent tout particulièrement lorsqu’il est au volant de sa Volvo. Ça l’amène à se prendre des arbres. Il découvre progressivement qu'il n'est pas le seul à souffrir de telles visions et comprend que celles-ci viennent annoncer un malheur prochain. Fin du pitch, début des emmerdes pour notre ami Gere, le bouddhiste aux cheveux d'ange.



Les symboles de lépidoptères sont légion dans La Prophétie des Ombres. Dès qu’apparaît à l’image une forme plus ou moins symétrique, des seins timides de Laura Linney au pare-brise étoilé de Gere en passant par les terribles néons de sa salle de bains, on peut donc déceler la présence néfaste du Mothman du titre original. Le réalisateur n'en loupe pas une. Il s'agit d'autant d’apparitions du papillon maléfique qui hante littéralement ce film. On recense 189 plans de papillons selon le site IMDb. Ça en fait le cas unique de long-métrage lépidoptériste dans l’histoire du cinéma.



Blague à part, ce film s’inspire d’une histoire vraie. Dans le Wyoming, plusieurs personnes auraient été sujettes à ces visions mystérieuses. Les témoignages s’accordent à dire qu’il s’agissait d’un connard géant doté de grandes ailes translucides et de yeux rouges. Cet être mystique à l'allure unique n’avait en réalité rien de méchant puisqu’il serait simplement venu annoncer des catastrophes. Hélas, il n’a pas été pris au sérieux par les autorités. A la fin du film, le pont de Brooklyn se casse en deux, causant une trentaine de morts, et l’homme-papillon mate tout ça les mains sur les hanches, l’air dépité. Il avait tout vu venir, et il avait essayé de nous prévenir via des coups de fil il est vrai pas toujours rassurants, en vain. Le film termine sur la phrase « Si c’est ça j'me casse », crachée par le Mothman (littéralement "homme motte") du titre original, dégouté. Ce Mothman a les yeux sur le torse, là où nous autres avons nos mamelons, et il n’a donc pas vraiment de tronche. Vraiment folklo ce film ! Les humains n’ont pas cru en ses mises en garde, et Dick Gere en premier, tout juste bon à sauver Laura Linney de la noyade au dernier moment. J'aurais fait pareil. 30 morts pour 1 rescapée blonde et garantie à vie, je signe tout de suite.


La Prophétie des ombres de Mark Pellington avec Richard Gere, Laura Linney et Will Patton (2002)

19 mai 2016

007 Spectre

C'est quand même dingue que l'on puisse se passionner depuis tant d'années pour les aventures d'un tel connard. Excusez-moi d'employer ce terme, mais il n'y a pas d'autres mots pour qualifier un type comme ça. James Bond est un sombre abruti et il le démontre de films en films. C'est quand même le seul héros de cinéma capable de pratiquement violer une veuve endeuillée venant tout juste d'enterrer son mari. C'est ce qui arrive dans Spectre au personnage campé par Monica Bellucci, je n'invente rien. Bond a besoin d'infos sur le défunt, il les obtient en plaquant la pauvre femme à peine consentante contre le mur et en faisant sa petite affaire en bel égoïste qu'il est. Dès que la meuf est potable, James Bond doit se la faire, quelles que soient les circonstances. C'est comme ça... Le nombre de gosses illégitimes qu'il doit laisser derrière lui, je vous raconte pas... A part ça, James Bond est totalement obnubilé par les belles bagnoles, qu'il aime abandonner dans un fleuve après un petit ride à travers la ville. Beau bilan carbone là encore... James Bond aime placer ses collègues de travail en porte-à-faux. Il aime mettre la vie de centaines de civils en danger pour faire la peau d'un seul vilain. Il aime défigurer les centres historiques des métropoles qu'il traverse. James Bond est un con, il n'y a pas d'autres mots. 


007 Spectre de Sam Mendes avec Craig Daniel, Christoph Waltz et Léa Seydoux (2015)

16 mai 2016

Cookie

C'est pas très beau ce qu'on va faire, mais c'est simplement pour vous montrer le traitement lambda qu'on réserve à ce genre de film, le seul traitement qu'il mérite.

Échanges de mails...

- Toi aussi tu vas dl Cookie pour les kilos de boobs à l'affiche ?
- C'était pas prévu. Léa Fazer putain... Mais rien que parce que tu m'as dit ça je viens de le lancer (salop).
- La même ! (même si Taglioni a perdu à tous les niveaux...)
 
15 minutes après.

- 56:51 de Cookie !!!
- Arrête-toi ! Le téléchargement a planté à cause de la connexion. Je viens d'ouvrir un troisième paquet de Granola à tremper dans mon kéfir. Fais-moi rêver !
- Franchement, pas grand chose. Si c'est ça le moment le plus "sexy" du film - et ça en a tout l'air d'après mon scannage rapide - c'est triste, étant donné les forces en présence. Mais que peut-on espérer de Léa Falzar ?... On voit Taglioni surprise en soutif par deux malabars. Elle se planque aussitôt les seins. Elle porte une sorte de push-up, donc ils ont l'air fringuant. Mais on voit pas grand chose et les couleurs sont ultra blafardes (ce qui semble être la règle pendant tout le film, avec parfois une sorte de halo sombre entourant l'image, et ça vient pas du divx !). C'est filmé par une femme qui n'a pas sa place. Je vais le virer fissa et je vais m'éviter d'avoir ça de côté à blanc...
- Finalement je remercie ma connexion. Vive la fibre !






Cookie de Léa Fazer avec Alice Taglioni, Virginie Efira et Mehdi Nebbou (2013)

12 mai 2016

La vierge, les coptes et moi

En zieutant trop viteuf on peut lire "Les vierges, les capotes et ouam..." Tu parles d'un putain de titre. On s'est vite jeté là-dessus puis on a rebroussé chemin fissa.


La Vierge, les coptes (?) et moi... de Nabir Abdel Messeeh (2012)

8 mai 2016

Les Visiteurs : La Révolution

Est-ce que cela vaut vraiment le coup de parler d'un tel film ? Ne vaut-il pas mieux se taire et faire comme si de rien n'était ? Quand on sort de la séance, on se regarde simplement les uns les autres avec l'air le plus dépité possible et ça vaut tous les mots du monde... Même dans nos pires cauchemars, nous n'aurions pas pu imaginer un truc aussi raté. On se demande à quoi l'on a affaire. Qu'est-ce qu'ils ont voulu faire ?! Du cinéma expérimental ? Cela justifierait ce montage hystérique (pas un plan qui dépasse la seconde !) et ces prises de vue ignobles dans des angles impossibles (la fameuse patte Jean-Marie Poiré !). De la comédie absurde et avant-gardiste ? Cela expliquerait peut-être pourquoi on ne comprend qu'un mot sur dix, tous les acteurs hurlant leurs répliques sur un débit frénétique, calquant leur jeu sur celui d'un Christian Clavier qui n'est que le triste fantôme de cette caricature de lui-même qu'il nous propose depuis tant d'années. L'acteur parvenait parfois à nous faire rire dans ces petites comédies de rien du tout comme On ne choisit pas sa famille et Une heure de tranquillité, où, branché sur 100 000 volts, il pète les plombs à intervalles réguliers, hurle aussi beaucoup mais paraît bien plus à l'aise dans la peau de ce personnage si antipathique dans lequel il a fini par s'enfermer totalement. On ne rit strictement jamais devant Les Visiteurs 3 : aucune scène, aucun dialogue, aucune situation, aucun moment, même fugace, n'émerge de cette infâme bouillie sans queue ni tête.




Les Visiteurs 3 est un supplice absolu. De la première minute, avec ce pathétique rappel écrit des épisodes précédents et cette scène onirique d'introduction au Moyen-Âge sans aucune sorte d'intérêt, à la dernière, quand les deux zouaves atterrissent sous l'Occupation nazie et que l'on espère enfin avoir droit à un gag efficace qui n'arrivera jamais. Strictement rien à sauver. La Terreur est une période historique qui offrait assez peu de ressorts comiques et de décalages possibles, c'est en tout cas un constat dans lequel nous conforte ce nouvel épisode, alors pourquoi y être resté 1h40 pour un surplace incompréhensible et un scénario qui ne va jamais nulle part ?! C'est à n'y rien comprendre. Ce troisième film réussit à nous rendre sacrément nostalgique du second, ce qui en dit assez long... Seuls les costumiers et les maquilleurs, exempts de tout reproche, semblent avoir pris du plaisir à faire leur travail. Ils s'en sont sans doute donnés à cœur joie puisqu'on leur a tout de même permis d'inventer des nez d'une laideur inouïe à Jean Reno et de faire pousser deux couilles géantes sans poil sous le menton de Christian Clavier, notre duo étant progressivement déformé par les couloirs du temps. L'aspect de Clavier durant ces très longues minutes où il se trimballe avec une énorme paire de testicules lisses à la place du goitre vient également renforcer la thèse d'une nouvelle forme d'humour pour laquelle nous ne sommes pas préparés. Nous ne le serons jamais. Les Visiteurs 3 est un véritable calvaire.


Les Visiteurs : La Révolution de Jean-Marie Poiré avec Christian Clavier, Jean Reno, Karin Viard, Franck Dubosc, Marie-Anne Chazel, Sylvie Testud et Pascal Nzonzi (2016)

1 mai 2016

La 5ème vague

Encore une saga pour ados, avec des ados, basée sur une trilogie de bouquins pour ados. Encore un film de studio mal écrit, mal produit, mal filmé et mal joué. Encore un film de science-fiction dans lequel un gros vaisseau alien vient poser son énorme cul dans les nuages pour nous ramasser la tronche. Encore une histoire de destructions massives, d’extraterrestres qui prennent forme humaine et de jeunes gens embrigadés, entraînés, armés, manipulés qui finissent par se rebeller et sauver le monde. La 5ème vague fait suite aux Hunger Games, Le Labyrinthe et autres Divergente, et Chloë Grace Moretz emboîte le pas à Jennifer Lawrence, Dylan O'Brien et Shailene Woodley dans le rôle de la jeune fille qui veut venger ou sauver les siens et qui, devenant une femme, apprend à manipuler tous les genres de gros calibres qu’on peut imaginer. Il ne lui faut d’ailleurs pas bien longtemps pour savoir s’en servir, quitte à en tenir un dans chaque main et à tirer un coup à droite, un coup à gauche.




Le film fait mal par où il passe, cumulant les fautes graves. Quid des gros couacs de scénario : les extraterrestres coupent l’électricité sur toute la planète, ce qui stoppe net toutes les bagnoles, et les personnages se mettent donc à la marche à pied, niant tout simplement l’invention fabuleuse du vélo, et celles, moins admirables mais tout de même honorables, du skate et de la trottinette… On donne aussi dans le placement de produits. Comme il n’y a plus d’eau courante, les maisons ne servent plus à rien, on leur préfère les tentes, et par conséquent tout le film se transforme en un vrai défilé haute-couture pour Quechua.




Le réalisateur, J Blakeson (vous avez bien lu, ce n'est pas "J.", c'est bien "J", la lettre J est donc son prénom, comment voulez-vous filer droit ?), nous gratifie aussi d’œillades maladroites, façon Claude Lelouch, la mitraillette à clins d’yeux de malades. Dans une même scène, celle où Maria Bello (qui a réellement une façade de martienne) montre un soi-disant alien à ses jeunes recrues, le cinéaste convoque à la fois They Live et Alien, deux classiques de la SF qui, s’ils en avaient l’occasion, répondraient à cet appel du pied par un gros direct du droit sur la glotte. Ne serait-ce que pour ces ralentis atroces sur le visage viandeux de Chloë Grace Moretz en train de cavaler (elle ajoute une ligne à raturer d’urgence sur son CV, qu’elle a pris l’habitude d’imprimer sur planche d’ébène à force de s’entendre dire qu’il était « en bois »). Liev Schreiber (ce con), nous fait plus d’effet. Sans parler des effets spéciaux qui nous rappellent que s’il y a un Dieu, il a bel et bien juré de ne pas intervenir sur le monde qu’il a créé, en en particulier chez les infographistes morts-nés de chez Sony International Torture.


La 5ème vague de J Blakeson avec Chloë Grace Moretz, Liev Schreiber, Alex Roe, Nick Robinson, Maïka Monroe et Maria Bello (2016)

27 avril 2016

Z for Zachariah

Craig Zobel avait réussi à faire parler de lui avec son second long métrage, Compliance, remarqué au festival de Sundance en 2012. Ce huis clos était la très plate mise en image d'un fait divers mettant en scène une gérante de McDo qui appliquait à la lettre les consignes données au téléphone par un soi-disant flic pour interroger l'une de ses employées suspectées de vol. Le film parvenait facilement à captiver mais ne laissait aucune trace. S'estimant peut-être attendu au tournant, Craig Zobel avait envie de surprendre son monde et souhaitait se faire définitivement un nom en adaptant cette fois-ci un roman de science-fiction post-apocalyptique, Z for Zachariah*. Autant le dire tout de suite : l'anonymat tend désormais les bras à notre ami Craig Zobel car cet énième "post-nuke" n'a aucune sorte d'intérêt.




Rien ne nous est dévoilé sur l'origine du désastre qui a éliminé toute la population, Z for Zachariah faisant partie des mille films de ce genre qui croient original de ne rien dévoiler. En effet, il vaut toujours mieux ça qu'une explication bidon racontée par une voix off affreuse en introduction... L'action se situe dans un très joli petit coin de terre à l'abri des radiations et Margot Robbie est convaincue d'être la dernière survivante avant qu'elle ne rencontre Chiwetel Ejiofor. Ce dernier, agréablement surpris par le physique de la dame (on choisit rarement Yolande Moreau pour ce genre de rôle) et pas tout à fait remis des coups de fouets administrés par Steve McQueen, se laisse volontiers soigner et héberger. Progressivement, une petite vie de couple se met en place entre les deux personnages, ce qui nous vaut quelques dialogues passionnants sur les croyances de chacun et deux ou trois bonnes scènes de gueuleton en tête à tête. Malgré les avances assez claires de Margot Robbie, en recherche de contact humain rapproché après avoir passé l'hiver collée à son clebs pour se réchauffer, Chiwetel Ejiofor choisit, tel un véritable gentleman, de ne pas consommer cet amour naissant, de faire durer le plaisir. Il le regrettera amèrement lorsque Chris Pine, élément perturbateur de ce si triste scénario, débarquera de nulle part et honorera son nom de famille en se montrant bien moins timide envers la jeune femme, profitant d'une porte de salle de bains laissée entrouverte pour s'introduire. S'instaure alors un climat plutôt malsain entre les deux hommes, le premier reprochant au second d'être allé un peu vite en besogne avec celle qu'il avait choisie pour repeupler la planète et comptait féconder au moment le plus opportun. Il ne reste plus qu'un quart d'heure de film.




Si mon article ne vous a guère passionné, dites-vous que ce triangle amoureux soporifique vous fera le même effet puissance mille. Z for Zachariah est d'un ennui mortel, il m'a donné l'impression que je simulais un voyage vers Mars en solo ! Je dis tout ça en essayant d'être le plus objectif possible, statut de blogueur ciné oblige, parce qu'au fond, sachez que cela m'embête un peu de dire du mal de Craig Zobel. Ce réalisateur, qu'il m'arrive de fréquenter, est un type très sympa, chaleureux, simple et accessible. Un soir, il m'a gentiment invité à dîner chez son père Roger. Il m'a annoncé d'emblée "Tiens, je vais te faire goûter un truc sensass' que j'ai inventé pas plus tard qu'hier soir". J'étais très curieux, alors je lui ai demandé plus de précision. "C'est tout con, tu fais cuire un steak haché façon bouchère et tu le manges entre deux tranches de pain ! Un putain de pied mec, surtout si tu rajoutes du ketchup et de la moutarde !". C'était pas une vanne, j'étais sur le cul !




* Si le titre vous tape déjà sur le système, sachez qu'il s'agit d'une référence à un bouquin peu laïque que l'héroïne feuilletait quand elle était gamine pour apprendre à lire. "A pour Adam," premier mec sur Terre, "Z pour Zachariah", le dernier.


Z for Zachariah de Craig Zobel avec Margot Robbie, Chiwetel Ejiofor et Chris Pine (2015)