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1 mai 2023

John Wick : Chapitre 4

Nous laissons aujourd'hui la parole à Julien F. aka MythSciences et Tristan G. aka Turlog's Production, deux jeunes fans de John Wick issus des quartiers chauds d'une ville du sud de la France qu'on ne citera pas mais que les médias nomment souvent "the French Detroit". Un lien familial assez direct nous oblige à les laisser s'exprimer tout en respectant et en acceptant leur regard sur un film que nous finirons sans doute également par regarder mais dont nous n'avions pas prévu de tant faire l'éloge...
 
Une séance riche en émotions et en frissons. Que dire ? Nous sommes définitivement sur le cul. Ce John Wick Chapitre 4 est la digne succession d'une trilogie déjà mythique.

Nous commençons dans le désert, assez dépaysé, en ne sachant pas tellement ce qu'on fait là. Cette introduction est une suite directe à John Wick : Parabellum. Mais il faut dire que quatre ans après, difficile de joindre les deux bouts. Fort heureusement, ce passage sera de très courte durée et on remarquera cependant le petit clin d'œil à la dinguerie Lawrence d'Arabie


John Wick dans le désert, faisant le point sur sa vie. Le personnage est encore incarné par Keanu Reeves.
 
Tout d'abord, il faut impérativement parler de la photo du film, absolument magnifique. Les couleurs sont travaillées et recherchées, avec des mélanges de lumières naturelles, néons et  lueurs de type LED judicieusement planquées et orientées. Ce John Wick 4 a une aura particulière et unique au sein de sa propre saga. Nous sommes plongés dans une ambiance cyberpunk en osmose avec des références westerns que l'on pourrait retrouver sur les étagères de Papi et Mamie. Cet opus nous offre des curiosités visuelles et de nombreux détails dans la lignée des précédents épisodes qui nous proposaient déjà un univers mettant à l'honneur des objets physiques uniques à la saga : pacte de sang, pièces du Continental, pièce du Prédicateur. Nous avons droit cette fois-ci à des armures de samouraï modernes stylisées qui vont donner du fil à retordre à notre bon vieux John lors de son séjour au Continental d'Osaka... A ce propos, ce Continental est une vraie réussite : les décors montés de toutes pièces sont sublimes et nous donnent directement envie d'y séjourner lors de notre prochain voyage au pays du soleil levant. 
 
 
Il se fait pisser dessus plus tard dans le film, ce qui nous a cloué le bec. On ne sait toujours pas qui est cet homme.
 
Le directeur de ce Continental nippon a un charisme fou, ce n'est pas compliqué : il est le Samouraï rêvé à poil sous son kimono. Hiroyuki Sanada dans son personnage de Koji Shimazu a la classe, il maîtrise parfaitement le sabre et nous sommes subjugués de la façon dont il transforme ses ennemis en sushi ou en origami selon les scènes. D'après ses dires "Une belle mort arrive après une belle vie" et on est persuadé qu'il a eu une tendre et heureuse existence lorsque l'on assiste à son dénouement. Sa fille, Akira Shimazu, nous a conquis : elle est incarnée par la délicieuse Rina Sawayama, qui apparaît ici dans son premier long métrage de fiction (hors sextapes et autres vidéos de famille). C'est une déesse de l'arc tout comme notre amie numérique Lara Croft et elle aussi rend hommage à ce matériau élastique élaboré par transformation d'un suc végétal qu'est le latex. Elle nous a particulièrement captivé lorsqu'elle grimpe avec ses lames sur un bonhomme à forte corpulence qui vit là le meilleur moment de sa vie (et hélas le dernier).    


Le daron et sa fille, ici dans leurs tenues traditionnelles, la classe à la japonaise. Pour info, nous sommes allés voir le film dans le même accoutrement.

Keanu Reeves, dans la force de l'âge, nous fait toujours autant rêver. Il nous offre une version encore plus sombre et violente du personnage qu'il incarne : Jonathan Wick. Force est de constater que son jujitsu et son judo s'améliorent, contribuant largement à nous offrir 2h50 de pur plaisir visuel. Il maîtrise de nouvelles armes tels que le nunchaku ou encore un fusil avec balles au phosphore... Les scènes de fight sont à couper le souffle, chacune résulte d'un long travail de chorégraphie qui nous procure un sentiment de jubilation. On aurait presque envie de participer à cette boucherie tellement c'est satisfaisant.


Keanu à Paris... Nous aurions bien voulu le rencontrer et lui demander de nous faire un enfant.

Nous avons droit à plusieurs antagonistes : le principal est campé par Bill Skarsgård, acteur que nous avions croisé en clown dans Ca, qui va ici vous donner l'envie de l'étriper avec son personnage imbuvable du Marquis de Gramont (un gosse pourri gâté qui sous-estime le personnage éponyme de la franchise). Le second, et pas des moindres, est le fameux Killa qu'on retrouve à Berlin. Killa va s'avérer être un ennemi de taille, et va faire virevolter notre Jonathan. Scott Adkins, 1 mètre 79, nous offre une prestation excellente dans une scène de poker très tendue. Celle-ci va aboutir à un fight des plus épiques avec des clins d'œil au chapitre numéro un dans le Red Circle Club (la boîte de nuit/bordel fréquentée par les tueurs solitaires en quête de compagnie). Durant cette scène de combat, il y a de nombreux SFX mis en avant par les 12 images par seconde, nous montrant une fois de plus la technique et le travail abattu en post prod. Des ralentis lorsque Killa met des coups à John Wick rendent la scène d'autant plus impressionnante et dur à vivre pour un supporter de Keanu Reeves. Malgré son animosité, Killa est un personnage qui nous a beaucoup amusés ; notamment en raison de sa Ventoline en or qui symbolise son immortalité : il l'utilisera jusqu'à son dernier souffle.


Le Marquis : un guignol pur jus qu'on déteste et qu'on aimerait défoncer. L'image est floue car cette scène est floue.

Notre majordome préféré paye le prix fort son professionnalisme et sa loyauté dans une scène touchante et tragique. On a eu les poils qui se sont hérissés, et notre haine envers cet impitoyable Marquis s'est terriblement envolée. Petit hommage au si regretté Lance Reddick qui nous a quittés il y a quinze jours, rendant ce passage d'autant plus riche en émotion : Lance, ta prestance n'avait d'égal que ton talent, tu as marqué au fer rouge la saga, tu es dans nos cœurs cet éternel gentleman dont l'étoile ne pâlira jamais.
 
 
RIP la légende. Lance Reddick. On reste solennels pour cette légende car nous éprouvons un immense respect pour cet acteur hors pair.
 
Il faut également que l'on parle de Donnie Yen dans le rôle de Caine. L'acteur, connu pour ses prouesses en art martiaux et ses talents de cuistot, ne vas pas y aller de main morte. En dépit de sa cécité, l'ami de John Wick est violent et méthodique. Sa rage placide et son calme intérieur transparaissent de chaque plan et nous laisse dans un état de pitié : cet homme souffre en silence et nous y croyons grâce à la prestation d'un comédien qui a trouvé rôle à son pied. 
 
 
Comme le prouvent les lunettes : cet homme est aveugle. Comme le prouve le flingue : il est armé. Comme le prouve la canne : il ne sait pas se diriger.

 Parlons maintenant de Shamier Anderson, aka the Shrimp la Crevette, dans son rôle de Mister Nobody accompagné de son malinois (Noisette ?). Il fera un pacte avec le Marquis de Gramont que celui-ci ne respectera pas (c'est décidément un SALOP). Monsieur Personne va vagabonder tout au long du film, agissant comme un "ange gardien" pour John tout en voulant toucher sa prime de 40 millions de dollars. C'est véritablement un cowboy solitaire largement inspiré de l'univers western de Papi et Mamie précédemment évoqué, il agit tel un chasseur de primes sans vergogne. Il est équipé notamment d'une carabine type Winchester ainsi que d'un sac à dos déployable en gilet pare-balles, qui est on peut le dire très ingénieux et que nous comptons aller nous dégotter à Décathlon, au rayon tentes. Un peu plus tard, on retrouvera une scène comique où le malinois urine sur la tête d'un ennemi mort, qui avait auparavant essayé de le tuer. Ce Mister Nobody aime la bière, on ne vous en dit pas plus !
 
 
Deux majestueux profils au soleil couchant : ce quatrième John Wick est un poème visuel.

Cerise sur un gâteau bien copieux : on a le bonheur de retrouver Laurence Fishburne dans son rôle du Roi de Bowery. La complicité entre les deux acteurs, qui entretiennent une relation d'amour platonique depuis Matrix, suinte littéralement de l'écran, à tel point que nous sommes parfois un peu gênés. L'apparition de Fishburne est brève mais parsemée de cet humour cher à l'acteur facétieux, si apprécié des plateaux de ciné. Il va aider notre héros dans sa quête de justice en lui fournissant un flingue de la plus grande qualité et un nouveau costume parfait pour les rendez-vous galants. Un véritable rayon de soleil.
 
 
Rencontre au sommet station Porte des Lilas : nous aurions TOUT donné pour sortir malencontreusement du métro à ce moment-là.
 
Chaque scène de fight est accompagnée d'une bande originale dynamique et parfaitement coordonnée. Pas de surprises à ce niveau-là, c'est du pur John Wick : EDM, phonk et rock épique. Cette BO nous offre également des remix des opus précédents. Vous la retrouverez facilement sur Spotify dans les playlists créées par les internautes conquis.


Scott Adkins, méconnaissable dans sa "fat suit" : on parle d'un Oscar pour cette performance saisissante.
 
La troisième partie se passe dans notre capitale bien-aimée. C'est en effet à Paris que John Wick va terminer sa course pour en finir avec le Marquis. La chasse à l'homme se poursuit dans la capitale, et plusieurs scènes impressionnantes vont s'y dérouler. Au menu des réjouissances : une scène en voiture extraordinaire sur la Place de l’Étoile. On notera ensuite un long plan-séquence avec une prise de vue zénithale, où notre John Wick va utiliser un fusil à balle incendiaire. La scène, rythmée et particulièrement bien réalisée, nous fait penser au jeu vidéo Hotline Miami (que l'on vous recommande chaleureusement).


La fameuse Mustang que nous enviions dans le premier film sert ici de bouclier pare-balles.

John Wick va finir sa course au Sacré-Cœur et là, des escaliers n'auront jamais été aussi compliqués à monter... Ces multiples cascades dans les escaliers nous montre encore une fois les risques pris par des cascadeurs surdoués qui ont encore accompli un travail exceptionnel. La scène finale nous attend au sommet des légendaires marches plus vraiment immaculées. Volontairement minimaliste, le dénouement prend la forme d'un duel de cowboys au pistolet qui ravira de nouveau Papi et Mamie… On regrettera toutefois un couché de soleil très artificiel obtenu sur fond vert : il rend la scène moins réaliste et moins poignante que ce qu'elle devrait être…


Cette scène tournée en studio dans l'Ontario est supposée se dérouler à Notre-Dame : on y croit.

Pour conclure, allez le voir tant qu'il est au cinéma car malgré une VF au ras des pâquerettes, l'expérience est à vivre sur grand écran pour une immersion des plus exquises. De nôtre côté, on compte même y retourner pour mieux vivre l'attente jusqu'à John Wick 5 avec espérons-le, de nouvelles idées qui, espérons-le, ne nous laisserons pas indifférents…
 
 
John Wick : Chapitre 4 de Chad Stahelski avec Keanu Reeves (2023)

28 octobre 2021

Pig

Ne vous y méprenez pas : Pig n'est pas un énième film de vengeance bas de plafond où un homme qu'il ne fallait pas venir chatouiller se voit retirer son être le plus cher ou son bien le plus précieux (en l'occurrence, les deux : un cochon truffier), puis, animé d'une rage folle, se lance dans une croisade sanglante, seul contre tous, écrasant tout sur son passage, pour punir les imprudents malfaiteurs. Parfois mal vendu, comme s'il s'agissait encore d'un John Wick bis où Keanu Reeves serait remplacé par Nicolas Cage et le beagle du premier film par un cochon, Pig vaut en réalité beaucoup mieux que ça et pourra surprendre ceux qui espéraient voir l'acteur abonné aux séries b partir en roues libres et commettre un nouveau carnage. L'idée du film, le truc, la trouvaille de Michael Sarnoski, c'est de substituer la drogue par... la truffe. La truffe, oui, ce champignon délicieux particulièrement apprécié des plus fins gourmets que l'on trouve au fond des bois humides, avec chance ou avec l'aide d'un chien ou d'un cochon truffier. Et le film, drame intimiste déguisé en parodie de néo-noir, part seulement là-dessus, sur ce décalage amusant mais fragile, qu'il parvient toutefois à tenir jusqu'au bout car, heureusement, le réalisateur et scénariste ne se limite pas à cet effet comique intermittent et prend surtout soin de développer un personnage principal attachant et fouillé, dont on comprend progressivement les motivations en même temps que l'on découvre son lourd passé. C'est un vieux loup solitaire mutique, appelé à quitter sa cabane perdue dans l'Oregon pour les bas-fonds de Portland, auquel Nicolas Cage donne parfaitement vie.


 
 
Certains se foutent de la gueule de Cage, mais combien d'acteurs américains de sa génération continuent de tourner dans des films intéressants ? Combien se mouillent à sa façon, produisent des jeunes cinéastes prometteurs ou s'en vont loin d'Hollywood jouer pour des auteurs à la personnalité bien trempée ? J'en vois pas trop... Alors certes, sa filmographie est une montagne où les pépites sont rares, mais elles existent, et le gars est toujours là, dans le coup, polissant son statut d'acteur culte avec une conscience de lui-même et une autodérision sans équivalent aujourd'hui. Pig ajoute une ligne de plus à sa légende. Nicolas Cage est parfait dans la peau tuméfiée de ce vieux sage qui a tout perdu, à peine animé par une philosophie de vie au relativisme désarmant, prêt à encaisser tous les coups qu'il faudra pour remettre la main sur l'une des rares choses auxquelles il tenait vraiment. On a la nette impression que l'acteur, autant que son réalisateur, se plait à déjouer les attentes et incarne, avec malice, ce rôle tout en retenue, loin des exubérances dont on le sait capable à tout moment, fascinant et attachant volcan éteint. Le pitch a sans doute tapé dans l’œil de la star et il y a fort à parier que Sarnoski a écrit le scénario en ayant en tête les rôles habituels de Cage. C'est malin, tout le monde en sort gagnant. Si le film, par trop solennel, manque quelques fois de légèreté et se complaît par moments dans une langueur qui pourra en laisser quelques-uns sur le carreau, il n'en reste pas moins le portrait d'un reclus assez touchant et original, qui réserve même quelques jolies scènes, où le talent du cinéaste et de son acteur vedette ne font aucun doute, et son petit lot de situations amusantes, où les codes du film noir sont astucieusement chamboulés. En bref, une belle curiosité.


Pig de Michael Sarnoski avec Nicolas Cage, Alex Wolff et Adam Arkin (2021)

3 juin 2021

Nobody

Si vous n'êtes pas encore complètement dégoûté par ce que je nommerai ici "la formule John Wick" et dans le cas où vous suivriez de près la carrière de l'acteur Bob Odenkirk, notamment apprécié pour son incarnation de Saul Goodman dans les séries Breaking Bad et Better Call Saul, alors peut-être que Nobody pourra vous satisfaire. En ce qui me concerne, je crois que j'ai eu ma dose de John Wick, qui m'avait même sérieusement gonflé la dernière fois que j'ai croisé sa route, et je n'ai jamais maté un seul épisode de Breaking Bad (ne me jetez pas la pierre, je suis blogueur ciné à temps quasi plein). Pourquoi j'insiste sur John Wick ? Parce que Nobody, produit par David Leitch (co-réalisateur du premier John Wick) et surtout écrit par Derek Kolstad (créateur et scénariste de la saga), en est un duplicata à peine modifié. Le programme de Nobody est le même, très simple donc, vous pouvez laisser vos méninges au repos : un personnage au passé trouble est contraint de sortir de sa torpeur, ici familiale et professionnelle, et de reprendre les armes, de nouveau pour un prétexte débile. Dans le premier John Wick, Keanu Reeves s'engageait dans une croisade vengeresse suite au meurtre de son chien, la goutte d'eau faisant déborder le vase. Cette fois-ci, le brillant Derek Kolstad a voulu aller encore plus loin dans l'humour absurde (ou dans l'absurdité tout court tant l'humour est totalement inopérant) puisque le personnage campé par Bob Odenkirk voit rouge après le vol accidentel, lors d'une tentative de cambriolage avortée, du collier du chat de sa fille (un chat qui, je précise, n'existe pas encore mais qu'il lui a promis pour bientôt, en bon père de famille aimant qu'il est). 


 
 
Avec un détachement surjoué, l'air en permanence impassible, le port altier, Bob Odenkirk, ce nobody du titre (devenu en version québécoise un "moins que rien"), retrouve vite ses vieux réflexes et démonte un à un, ou tous en même temps, les premiers tocards venus. Il déclenche alors malgré lui une réaction en chaîne puisque ses talents de justicier zélé amènent à l'hosto le rejeton débile du grand baron de la drogue local, un russe pas commode qui va donc vouloir se venger à son tour... Bref, c'est passionnant ! A l'instar de son modèle Keanu Reeves, Bob Odenkirk encaisse les coups sans broncher, mais se relève encore et toujours, amoché mais invincible, freiné mais inarrêtable, usé mais infatigable. Je ne vous cache pas que le spectacle de ces scènes d'action pas spécialement bien troussées, alignées les unes derrière les autres entre deux ou trois moments plus calmes consacrés à nous révéler peu à peu le passé du héros, ne m'a que très peu emballé. Le cinéaste russe Ilia Naïchouller s'applique visiblement, mais ça n'a pas suffit à retenir mon attention. Il convoque également une imagerie de cinéma d'action usée jusqu'à la corde, bien moins intrigante que ne peut l'être, en faisant certes preuve d'indulgence, l'univers de John Wick. On se tape donc des gangsters venus de l'Est, des boîtes de nuit où ça sniffe à tout va, etc etc. Calquant jusque dans les moindres détails la recette à succès de John Wick, sont également présents au casting quelques vieilles tronches bien connues, histoire d'en appeler à la sympathie du spectateur, caressé dans le sens de la nostalgie. Ici, les guest stars s'appellent Christopher Lloyd et Michael Ironside, pour des rôles très secondaires. Notre plaisir de les retrouver n'égale pas la peine éprouvée à la vue de ce qu'est devenue la jadis si jolie Connie Nielsen, désormais toute boursoufflée au botox. Faut-il que nos exigences d'amateur d'action soient au plus bas pour se contenter d'un tel film... 
 
 
Nobody d'Ilia Naïchouller avec Bob Odenkirk, Connie Nielsen et Christopher Lloyd (2021)

5 novembre 2019

John Wick Parabellum

Bon, ils tirent un peu sur la corde là, non ?... Autant j'avais pu éprouver un certain plaisir régressif devant les deux premiers volets, autant j'ai trouvé celui-ci très long et laborieux. La saga John Wick tient à bien peu de choses. Nous ne sommes jamais très impliqués émotionnellement dans ces films portés par un acteur connu pour être un type en or en dehors des plateaux, et c'est tant mieux, mais aussi pour n'avoir qu'un jeu extrêmement limité devant la caméra, et il me semble que c'est d'abord ce qui nous intéresse. Son personnage est une feuille blanche, que nous ne voyons que survivre et tuer, une ombre invincible, dont la fin nous confirme ici qu'elle ne pourra jamais mourir ni montrer le moindre signe d'affaiblissement. Après une chute terrible et quelques balles dans le costard, Wick se relève, encore et toujours, pour la promesse de nouvelles aventures à venir (suite au succès toujours plus grand, un nouvel épisode est déjà prévu pour 2021). Un chien abattu, une voiture volée... on l'a compris, ce n'était que des prétextes débiles à un enchaînement de scènes d'action plus ou moins imaginatives et chorégraphiées avec soin. Si, dans le numéro 2, la gradation par niveaux, digne d'un véritable jeu vidéo et accompagnée d'une modeste mais bien réelle inventivité formelle, était très nette et parvenait à nous maintenir curieux grâce aussi à un univers qui s'enrichissait de manière plutôt intéressante, ici, c'est beaucoup plus pauvre et redondant. Ce Parabellum commence pile poil là où s'arrêtait le précédent, en nous replongeant immédiatement dans cet univers parallèle peuplé d'assassins désormais familier. Nous retrouvons un John Wick pris en chasse par tous les tueurs du monde dans les rues de New York qu'il parvient sans trop de souci à fuir pour trouver refuge chez une vieille connaissance et continuer sa marche mortelle.




Ne cherchez pas plus de justifications scénaristiques, même accessoire et minime, à ce déluge de balles et à cet empilement d'action : il n'y en a pas, ou bien le prétexte de respecter tel ou tel ordre idiot, par loyauté envers la bureaucratie bien établie qui gouverne ce petit monde d'assassins. L'univers de John Wick est encore enrichi mais, là aussi, dans un procédé facile et lassant de superposition. Nous apprenons ainsi qu'une institution nommée la Table Haute disposant, si besoin, de sa propre unité d'élite, est à la tête de toute cette organisation bien huilée, elle a notamment le droit d'intervenir dans la gestion des fameux hôtels Continental ; au-dessus de cette table règne un Grand Maître (interprété par Saïd Taghmaoui, cocorico !) qui, du haut de son pouvoir a priori absolu sur ses sujets, a tout de même choisi de vivre dans le désert avec quelques tapis persans pour tout confort. Bref, plus on en sait, moins on veut en savoir. Le film tente vaguement de légitimer ce jeu de massacre par un romantisme naïf quand Keanu Reeves délivre ce qui doit être son plus long dialogue : face au Grand Maître auquel il demande grâce, John Wick dit qu'il veut vivre encore simplement pour pouvoir continuer à se souvenir de l'être aimé. C'est beau, un peu de poésie dans ce monde de brutes... Après une si touchante déclaration, il lui est tout de même demandé de se couper l'un des doigts et de tuer son seul ami, le gérant récalcitrant du Continental de New York (Ian McShane, fidèle au poste) afin d'effacer son ardoise auprès de la Table Haute. C'est donc encore une loyauté stupide envers un système absurde qui justifiera tout le reste, à la poursuite d'une tranquillité dont on se demande bien à quoi elle peut ici rimer.




Face à un tel néant narratif, seule une grande prise de risque en termes de mise en scène pourrait justifier ces 131 minutes de fusillades et d'affrontements en tout genre. Le seul suspense réside là-dedans : que nous réservent-ils pour la suite ? Où et comment vont-ils se battre ? Et, surtout, comment cela va nous être montré ? Hélas, force est de reconnaître que les chorégraphies sont très répétitives et la caméra de Chad Stahelski particulièrement statique et en cruelle manque d'inspiration. Rien de très impressionnant, on s'ennuie, c'est toujours la même chose. Pour ce qui est des décors, on a droit aux jeux de miroirs et de reflets habituels, déjà présents et mieux exploités dans le deuxième opus. Quand un tel film peine autant à se renouveler, il essaie pathétiquement de trouver son salut par des innovations très terre-à-terre qui passent par des détails d'importance aux yeux de l'aficionado. C'est par exemple un chien, particulièrement attiré par les services trois pièces de ses ennemis, qui va jouer un rôle clé dans l'une des scènes. Dans le même registre, on essaie de diversifier les armes utilisées : c'est plutôt sympa quand John Wick use du sabre de samouraï pour couper en deux un adversaire, ou d'un gros livre pour en assommer un autre ; c'est en revanche très ridicule quand il se sert de chevaux pour administrer des ruades sur demande. Cela passe aussi par la diversité des engins empruntés pour se déplacer : un canasson justement, que John Wick chevauche en pleine ville et au milieu des voitures, ce qui nous rappelle Schwarzy dans True Lies lors d'une scène qui avait autrement plus de gueule. On a également droit à une courte course poursuite en scooter, un passage très nul puisqu'il n'y a pas de circulation, on a juste quelques guignols les uns derrière les autres sur leurs deux roues et notre héros décidément imprenable qui les fait voltiger ou les flingue les uns après les autres, de façon particulièrement surréaliste. Cette scène apparaît en outre comme une mauvaise redite du récent actioner sud-coréen The Villainess qui nous proposait exactement la même chose mais avec une toute autre énergie.




Cela passe enfin par la diversité des nouveaux opposants ou alliés. Ici, l'antagoniste principale, qui n'en vient jamais aux mains mais qui est bel et bien aux ficelles de tout ce bordel, est une adjudicatrice de la Haute Table campée par une actrice qui a vraisemblablement été choisie parce qu'elle se présente comme non-binaire. L'idée est a priori pas mauvaise, et il est vrai qu'il est presque étonnant de voir, dans un tel film, une femme totalement asexuée, qui ne nous est pas montrée comme un simple bout de viande appétissant, bien moulé ou court vêtu. Mais en soi, la dénommée Asia Kate Dillon a une présence qui ne pèse pas lourd, elle ne dégage rien à l'écran et fait même très pâle figure. On peut espérer mieux, surtout dans des films qui ont désormais largement de quoi s'offrir les plus grandes stars ou convoquer n'importe quel revenant. Comme dirait l'autre, "il faut que le méchant soit réussi"... John Wick affronte également toute une bande d'assassins chinois à la tête de laquelle nous retrouvons Mark Dacascos, que l'on préférait quand il avait des cheveux et un peu plus d'amour propre. On sent bien que ces figurants sont plus doués et agiles que notre vedette assez lourdaude lors des scènes de bagarre, mais celle-ci finit toujours par l'emporter par la force. La dernière partie, peut-être la plus accrocheuse, met en scène le siège du Continental new-yorkais par la troupe d'élite de la Table Haute : ces derniers sont des crétins anonymes qui ne feront pas de vieux os, notamment en raison de casques ineptes que Wick ouvre facilement depuis l'extérieur pour des headshot assurés à bout portant. Enfin, on retrouve Halle Berry, qui vient faire un bout de chemin avec ses deux bergers allemands aux côtés de John Wick après lui avoir réservé un accueil glacial, dans une relation amour/haine des plus banales. Hélas, cela fait depuis belle lurette que cette actrice n'est plus un argument. On croise également Anjelica Huston, dans la peau d'une vieille femme qui nous en apprend un peu plus sur le passé de notre héros, tout droit issu de l'imagination limitée d'un pré-ado friand de jeux vidéos.




John Wick Parabellum peine donc terriblement à se renouveler et l'on a comme le sentiment que Chad Stahelski et sa bande ont foncé tout droit vers cette impasse qui s'offrait grand à eux dès les toutes premières minutes du premier film sans, cette fois-ci, parvenir à nous divertir suffisamment pour nous la faire oublier. On tient un film d'action qui continue à vouloir se prétendre pure abstraction pour essayer de brosser le cinéphile de passage dans le sens du poil, avec également quelques clins d’œil appuyés à la plus noble cinéphilie (Wick trouve refuge au "théâtre Tarkovsky", des images de Buster Keaton illuminent Time Square...), et à abreuver l'amateur d'action lambda par des morceaux de bravoure à la chaîne. Mais tout paraît trop forcé et sans grande idée : rien ni aucune espèce de virtuosité ne vient motiver ce spectacle stérile et répétitif. Le résultat est assez bâtard et ne fait que rendre plus criantes les limites de Chad Stahelski comme cinéaste d'action et la pauvreté d'une franchise qui n'est malheureusement pas partie pour s'améliorer ni s'arrêter...


John Wick Parabellum de Chad Stahelski avec Keanu Reeves, Asia Kate Dillon, Halle Berry et Ian McShane (2019)

26 juin 2018

Atomic Blonde

Il y a de quoi être très déçu par le nouveau film de David Leitch, co-réalisateur du premier John Wick. C’est à croire que le talent était plutôt détenu par son compagnon, Chad Stahelski, quant à lui auteur d’une suite plus que satisfaisante des aventures du hitman incarné par Keanu Reeves. David Leitch a également persévéré dans la veine du film d’action « badass » aux airs assumés de bande-dessinée et de jeux vidéo, pour un résultat bien moins réussi, alors que de bons ingrédients semblaient pourtant réunis. Je fais bien sûr d’abord allusion au casting et notamment à Charlize Theron, dans la peau de la blonde atomique du titre, une agente secrète appelée à mettre la main sur une liste cruciale pour les renseignements occidentaux dans un Berlin-Est glauque et malfamé. La star au sex-appeal toujours intact et au charisme évident aurait pu incarner un nouveau personnage d’action marquant après son rôle de Furiosa dans l’excellent Mad Max : Fury Road, mais le film ne s’avère cette fois-ci pas à sa hauteur. Elle a beau se démener et se désaper plus d’une fois, ça ne suffit pas, elle paraît gesticuler dans le vide, perdue dans un scénario trop confus et tordu pour être réellement plaisant à suivre.




Ce scénario abscons échoue totalement à nous captiver et il nous perd dans ses rebondissements trop fabriqués. Il est bien le plus gros défaut d’un film qui nous propose aussi, aux côtés de sa vedette blonde et longiligne, le sempiternel défilé de tronches plus ou moins connues, parmi lesquelles John Goodman et Toby Jones, que l’on a déjà vus bien plus inspirés. Visuellement, la reconstitution du Berlin de la fin des années 80 est d’une lourdeur terrible. Histoire que l’on se sente tout à fait plongé en RDA, l’image est d’une teinte grisâtre pénible en journée tandis que, la nuit, de multiples éclairages fluos, via des néons roses et jaunes, viennent nous rappeler avec insistance que nous sommes dans les eighties, effet renforcé par une bande originale omniprésente, enchaînant des tubes pop de l’époque. C'est épuisant.




On relève simplement un peu les yeux quand une scène lesbienne s’amorce entre Charlize Theron et Sofia Boutella, avant qu’elle ne soit coupée dans la seconde. Dommage car une sorte d’électricité émanait des deux actrices, vraisemblablement désireuses d’aller plus loin et de donner un motif de satisfaction aux spectateurs les plus primaires (et largement majoritaire ici). On se réveille également lors du morceau de bravoure du film : un très long plan-séquence où l’on suit les bastons, fusillades et poursuites de l’atomique blonde, opposée à un nombre impressionnants de gros bras armés et remontés à bloc. Les coupes et les doublures, que l’on imagine réduites au minimum, ont sans doute été rendues invisibles par le numérique et on se prend plutôt au jeu, à condition d'être encore d'humeur. On pourra toutefois regretter que ce plan-séquence ne se termine pas un peu plus intelligemment. Force est de reconnaître que cette séquence produit néanmoins son petit effet, elle est même la seule, à vrai dire, à nous proposer ce que l’on était en droit d’espérer d’un tel film.


Atomic Blonde de David Leitch avec Charlize Theron, James McAvoy, John Goodman et Toby Jones (2017)

22 août 2017

John Wick 2

La suite des aventures de John Wick ravira ceux qui avaient déjà été séduits par le premier chapitre et donnera peut-être envie aux autres de programmer une séance de rattrapage. Ce nouveau volet répond à la règle simple de certaines séquelles : bigger, louder, faster, stronger. Dès l'introduction, nous avons ainsi droit à une poursuite en voiture puis à quelques bagarres provoquées par l'inarrêttable John Wick, désireux de récupérer sa bagnole chez un malfrat, quitte à la ramener à la maison complètement défigurée. D'emblée, on entre dans le bain. Mais cette introduction un peu forcée n'est guère un aperçu fidèle de ce que nous réserve la suite, bien plus amusante. John Wick se retrouve de nouveau contraint à reprendre du service, il doit honorer un ultime contrat et se rendre à Rome pour éliminer une ponte du crime qui n'est autre que la sœur de son commanditaire, ce dernier veut ainsi se garantir une place de choix parmi la confrérie d'assassins internationaux sur laquelle cette suite lève encore un peu plus le voile.




John Wick 2 est peut-être le film qui s'apparente le plus à un de ces jeux vidéo dont le héros doit flinguer tous les ennemis qui se présentent massivement à lui. Keanu Reeves doit avoir 20 lignes de dialogue grand maximum mais un "body count" affolant. Son travail consiste uniquement à avoir l'air classe, à manier ses armes comme un pro et à enchaîner les acrobaties dans des chorégraphies toujours très lisibles et proposant parfois des idées sympathiques (il faut voir l'usage que peut faire John Wick d'un simple crayon à papier ou sa façon très pro de maintenir un rival au sol pour mieux appréhender les suivants...). On suit l'évolution de notre personnage à travers différents niveaux, des catacombes de Rome jusqu'à un musée d'art contemporain new-yorkais et, à chaque fois, ces lieux sont plus ou moins propices à des idées visuelles qui font plaisir à voir. J'ai particulièrement apprécié le final au musée où Keanu Reeves progresse dans un palais des glaces aux couleurs flashy du plus bel effet et doit anticiper les mouvements de ses ennemis, malgré les trompes l’œil et autres pièges. Chad Stahelski, désormais seul derrière la caméra puisque son acolyte David Leitch était occupé à filmer Atomic Blonde, n'a rien perdu de son savoir-faire.




En dehors de ça, cette suite continue à merveille le développement patient de cet univers fait d'assassins, de contrats, de hiérarchies et de règles que l'on découvre progressivement, ce qui était déjà l'un des points fors du premier film. Chad Stahelski offre aussi quelques cadeaux à ses spectateurs, comme mettre en scène les retrouvailles de Keanu Reeves et Laurence Fishburne. Ce dernier est particulièrement décontracté dans la peau d'un seigneur du crime du monde souterrain, grimé en quasi clodo, murmurant aux oreilles des pigeons sur les toits new-yorkais. Cela faisait un bail qu'on ne l'avait pas vu aussi cool à l'écran. Les deux acteurs, réunis pour la première fois depuis les Matrix, semblent diffuser une joie communicative de se retrouver, ce qui tombe à pic dans ce film éminemment ludique. Il y a d'autres tronches que l'on est heureux de retrouver, à commencer par Ian McShane, parfait dans le rôle du patron, aussi flegmatique que charismatique, du Continental, l'hôtel des assassins, ou John Leguizamo, le garagiste attitré de John Wick, habitué à retaper les épaves que son client lui ramène, mais aussi Lance Reddick, concierge impassible de l'hôtel, et Franco Nero, tenant des lieux à Rome.




Bien entendu, il faut vraiment avoir envie de s'envoyer un film comme ça pour ne pas abandonner d'entrée de jeu et jurer que l'on a affaire à une débilité totale. Or non, John Wick 2 est, dans son genre, une franche réussite, rythmée par quelques trouvailles réellement louables. Et, à condition d'avoir envie de ça, c'est un très bon moment garanti. En ce qui me concerne, j'avais choisi le soir idéal : Fête de la Musique, gros ramdam autour de chez moi, aucune envie de mettre un pied dehors, mais plutôt de m'enfermer avec un John Wick à cran pour un film qui pétarade comme il faut. C'était parfait. Cette suite est même clairement au-dessus du premier, ce qui est assez rare pour être relevé. On pourra seulement regretter que le mignon petit beagle du 1 ait été remplacé par un sage bulldog noir, assorti aux costards de son maître. Mais ce n'est qu'une question de goûts car, en fin de compte, j'aime tous les chiens. Et je n'aime pas tous les films d'action, loin de là, celui-ci est simplement dans le haut du panier.


John Wick 2 de Chad Stahelski avec Keanu Reeves, Ian McShane, Riccardo Scamarcio, Common et Laurence Fishburne (2017)

22 mars 2015

John Wick

Comme l'indique la tagline, il ne faut surtout pas énerver John Wick ! Il est capable d'abattre une centaine d'hommes sous le prétexte que l'un d'eux a froidement buté son chien... Son adorable petit chien. Un irrésistible beagle. Celui que sa femme lui avait laissé après sa mort comme cadeau posthume. La seule chose qui lui restait d'elle. La seule chose qui le maintenait dans une vie normale, rangée des voitures. Cette existence bien tranquille qu'il avait choisie après de longues années à œuvrer en tant que tueur à gages pour de sombres organisations mafieuses. John Wick était surnommé le "Baba Yaga", ce qui semble vouloir dire le boogeyman, le croque-mitaine, le démon, le Diable, grosso modo. Redouté de tous, il était le nettoyeur le plus efficace. Quand le grand chef de la mafia apprend que sa progéniture a dérobé la Mustang et a abattu le clébard de John Wick, il voit rouge. Il sait que son con de fils a malencontreusement réveillé une bête capable de tout !




Un centaine d'hommes au tapis, oui, on ne doit pas être loin du compte, tant les scènes de bagarres et de fusillades s'enchaînent, sans temps mort, dans ce film réalisé par deux amoureux du genre, vraisemblablement fans des revenge movies coréens. Deux gugusses qui ont su rendre son charisme à Keanu Reeves et mettre au point des séquences d'action efficaces, lisibles, souvent chorégraphiées avec un certain soin. Il y en a vraiment pour tous les goûts : corps-à-corps musclés et bastons à la mise en scène étudiée dans des décors aux lumières fluos, longues fusillades opposant John Wick au reste du monde, poursuites en bagnoles, duel final à l'arme blanche... Tout y passe. Très à l'aise, Keanu Reeves, qui retrouve donc enfin un peu d'allure, aligne les headshots, peaufine ses mouvements, et nous rappelle ses bases en art martial. On apprécie particulièrement l'usage qu'il sait faire des ustensiles à sa portée, notamment celle d'un simple drap de couchage pour étouffer une tueuse particulièrement retorse.




La débilité extrême et la simplicité atterrante du scénario sont totalement assumées, l'histoire est un simple prétexte à cette succession de scènes d'action assez bien balancées. Malgré tout, soulignons que le film développe aussi, mine de rien, un petit univers assez plaisant, sur lequel le scénario, sans doute écrit très vite, a la bonne idée de ne pas tout dévoiler. Plutôt marrant est ce monde peuplé de tueurs qui obéissent à des règles absurdes, créchant tous dans le même hôtel lorsqu'ils sont en mission et trimballant avec eux des pièces en or qui leur donnent accès à des endroits interdits et leur permettent aussi de faire appel à une étrange entreprise de nettoyage, passant derrière eux, après leurs méfaits. On pourrait jurer qu'il s'agit de l'adaptation d'une bande-dessinée. Bien sûr, on pense aussi beaucoup aux jeux vidéos, comme si nous assistions à une partie qui, pour une fois, ne serait pas si déplaisante que ça à regarder. A condition, bien sûr, d'être dans l'humeur et les dispositions adéquates...




Il s'agit donc du premier film d'un duo, Chad Stahelski et David Leitch, d'ordinaire réalisateurs de seconde équipe et spécialistes des cascades et cocktails. Ils ont été embauchés à la demande expresse de l'acteur vedette, qui connaissait sans doute leur potentiel et leur savoir-faire car il avait travaillé avec eux pour Matrix. Keanu Reeves a donc eu le nez creux, car le film, qui a su taper dans l’œil de nombreux amateurs de cinéma de genre, a aussitôt été désigné comme celui de son grand come-back tant attendu. Une suite serait même dans les tuyaux. Je serai au rendez-vous...


John Wick de David Leitch et Chad Stahelski avec Keanu Reeves, Willem Dafoe, Michael Nyqvist, Alfie Allen, Adrianne Palicki, John Leguizamo et Bridget Moynahan (2014)

15 novembre 2014

Little Buddha

Little Buddha, film de Bernardo Bertolucci, raconte l'histoire du grand Bouddha et celle d'un little bouddha qui s'ignore. Le petit bouddha est un des dix petits enfants issus des quatre coins du monde que la Maison Bouddha invite à venir en Inde au moment où la réincarnation du grand Lama doit avoir lieu, et l'un d'eux sera l'élu. Ne demandez pas comment ils ont choisi les petits bouddhas potentiels, les voix du Buddha sont impénétrables. Moi par exemple, avec mon air con et ma vue basse, je ferais un beau buddha, mais manque de bol il ne doit pas être en période de réincarnation en ce moment. Si je me propose c'est que la ressemblance physique n'est pas un critère de sélection à en juger par le petit américain blond comme les blés et maigre comme un estoquefiche qui sera in fine le bouddha en herbe.


 Où est Charlie ?

Tout un tas d'enfants sont donc réunis dans la grande Maison Bouddha et vont suivre une initiation au bouddhisme, ce qui est bien évidemment l'occasion pour Bernardo Bouddhalucci de nous tenir tout un discours pompant sur les différences entre les cultures, à base de un gros vaut mieux que deux maigres, un tiens vaut mieux que deux tu l'auras, l'argent ne fait pas le boner, et compagnie. On a droit à mille poncifs sur les valeurs bouddhistes, servis dans une tambouille qu'on nous a déjà servie cent fois. Rappelons que le film a été réalisé dans une période un peu bouddha sur les bords, et surtout très grunge, où les occidentaux n'avaient que le mot "nirvana" à la bouche, d'où la tentation d'aller fricoter du côté des indiens et du bouddhisme pour choper le marbre à tout jamais.


La sexualité de Gros Bouddha expliquée aux enfants en travaux pratiques. Tout simplement dégueu.

Entre-temps nous est racontée l'histoire du grand Bouddha, ou plutôt du prince Siddârtha, avant qu'il n'atteigne l'éveil et devienne ainsi Das Gros Bouddha pur et parfait. A l'époque Richard Gere était au top de sa forme, il pétait les flammes, ce rôle était fait pour lui, malheureusement il n'est pas dans le film. C'est Keanu Reeves qui incarne Siddârtha. Pourtant l'acteur eurasien le plus nul de sa génération ne ressemble pas franchement à un sumo, mais un Gros Bouddha souriant et obèse aux grandes oreilles qui traînent par terre n'ameute pas les foules, tandis qu'un playboy aux yeux légèrement bridés et au teint halé, oui. Donc Siddhârta est beau gosse, svelte, émacié, épilé et bronzé. C'est un surfer gay. On apprend dans ce film que si Bouddha avait souvent les jambes croisées, ce n'était pas pour prier mais pour se détendre les valises. Car Keanu Reeves tire tout ce qui bouge à l'écran, et il se fait littéralement liposucer dans ce film, d'où le nom de la position dite du "tailleur". La sexualité n'est pas que suggérée puisque le scénario nous apprend que la mère de Siddârtha a été fécondée par un grand éléphant blanc à six trompes. Malheureusement la scène n'apparaît pas dans ce softcore flick.

On peut quand même émettre quelques doutes sur un casting où Reeves est rejoint par le chanteur à minettes Chris Isaak dans le rôle du papa du futur petit bouddha. Le crooner à belle gueule joue cependant mieux la comédie que l'élu, qui après avoir déjà craché entre les pieds du mot "interprétation" dans le Dracula de Coppola l'année précédente, massacre le mot "comédie" dans chaque scène de ce film, et pourtant il y a des scènes extra dans Little Buddha : celle où Reeves est abrité de la pluie par un serpent cobra en latex qui élargit sa crête façon parapluie, celle où l'acteur galope sur des nénuphars, et tant d'autres. Quand on le découvre à 13 ans, le film a de quoi séduire en nous présentant une religion basée sur un mysticisme transcendantal loin de nos monothéismes répressifs et punitifs, mais Little Bouddha, comme la plupart des films de Bertolucci, consiste néanmoins en un clip indigeste pseudo-séduisant de touriste définitivement occidental aux inspirations esthétiques en berne. Little Bouddha, le supo qui fond dans le cul, pas dans les doigts, est un film Télé 7 Jours du dimanche soir encore inédit à la télévision.


Little buddha de Bernardo Bertolucci avec Keanu Reeves et Chris Isaak (1993)

16 octobre 2014

Allons voir Ayer...


Connaissez-vous David Ayer ? Rassurez-vous, vous n'êtes pas les seuls. Cinéaste au look de skinhead, David Ayer s’est fait remarquer par des films troués d’éclats de violence d’un réalisme très cru et parfois gratuit. Son premier film, le plus amusant, Bad Times (Harsh Times en anglais), se présentait comme une adaptation non-officielle du jeu vidéo best-seller GTA San Andreas, avec Christian Bale dans le premier rôle, celui du teubé à la démarche chaloupée et aux fringues impossibles, un tantinet colérique et impulsif, que tout joueur de GTA a conduit au meurtre de masse (c’était pas vraiment un rôle de composition pour celui que ses proches surnommaient déjà le Dark Knight bien avant la naissance de Michael Keaton). De ce film, on se souviendra surtout du beau personnage de Toussaint, un dealer lunaire et attachant, ne rechignant jamais à la tâche et fidèle en amitié, aux dialogues particulièrement soignés. A coup sûr, le plus remarquable personnage de la "galaxie Ayer".




Le second film d’Ayer, le plus sérieux, Au bout de la nuit (Street Kings en anglais, soit « Les rois de la nuit »…), était un néo-polar mettant Keanu Reeves aux prises avec une bande de flics corrompus, menés par un Forrest Whitaker comme toujours reptilien. On se souviendra de ce film (à éviter) comme de l’un des rôles les moins ridicules de notre ami Keanu Reeves dans sa période post-Néo. Véritable development hell, scénar sous forme de post-its égarés dans différentes pièces (dont certaines verrouillées de l’intérieur), ce policier donnait l’impression d’un gâchis aimable, fait avec naïveté par un nostalgique des pires films des années 90. Il s’agit sans doute du film le moins rentable d'Ayer (à raison). Il y a donc une justice, contrairement à ce qu’affirme le film. On se souvient de cette dernière image cruelle de Keanu Reeves baignant dans son sang et n’ayant pas pu nettoyer sa ville de la pègre.




Son troisième film marquait une rupture nette en termes simples de qualité dans la filmographie d’Ayer. Tandis que les autres culminaient à respectivement 3,25/5 et 3/5, End of Watch accrochait péniblement 1,5 étoiles (dont une étoile bonus pour le passif sympathique d’un réalisateur qui a longtemps été dans notre « under the radar list »). Le réalisme est poussé au plus fort dans ce film qui nous met dans le froc de deux flics ayant sacrifié leur vie pour une « war on drugs » dans les bas-fonds miséreux de Los Angeles (une scène = une bavure), pour un documentaire fort moche tourné caméra au poing, agrippée au dos bodybuildé du duo Michael Pena et Jake Gyllenhaal (méconnaissable dans un rôle d’écorché vif, littéralement). Ce troisième opus d’Ayer nous a longtemps fait repenser au film culte d’Edouard Baer : Akoibon. Il nous laissait avec un mal de crâne massif, des céphalées persistantes et une douleur de tête accablante.




Le retour raté de Schwarzy épisode 3. Pendant le premier quart d’heure de Sabotage, nous avons considéré ce film comme un petit plaisir coupable. Ce quart d’heure passé on se sent seulement très coupable. Schwarzy (anagramme de Sarkozy, dont on espère qu’il ratera au moins trois fois son retour lui aussi) a cru bon de mettre entre les mains de David Ayer cette nouvelle tentative de come-back. Il devait apprécier et tenir en haute estime la filmographie dudit Ayer, dont le quatrième opus est pour le moins étonnant, qui parvient à condenser strictement tous les défauts des précédents, en laissant au congélo leurs maigres qualités. Pour la première fois le spectateur commence à sérieusement douter du look de David Ayer, qui n’a peut-être pas que le crâne de ras. Le cinéaste devient une parodie de lui-même avec sa fameuse touche personnelle qui prend ici la forme de tics idiots et totalement décoratifs, si on peut appeler décoratif un cycliste littéralement rincé par un bolide lancé à fond la caisse. David Ayer croit bon de se différencier de ses collègues abrutis en glissant dans une scène d’action, en l’occurrence de course poursuite, un imprévu qu’il croit puissant de par sa dimension crédible et son originalité. Dans le car chase final, qui se veut épique et marquant, une bagnole empègue tout à coup un anonyme à vélo, qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment, et qui passera l’intégralité de la scène collé au pare-brise, en sang. On se persuade qu’il jouera un rôle dans la scène puisqu’il apparaît dans un recoin de chaque plan, dans une sorte de caméo macabre et de longue durée. On attend le bon mot qui viendra justifier sa présence, ou au contraire l’expression d’un regret de la part du conducteur. Mais non. C’est juste un cadavre de plus, gratos, qui fait dire que le monde est putain de con. Une constante chez Ayer. Peut-être le vrai fil rouge de sa filmographie, qu’on a essayé ici de vous défricher un peu. Car c’est quand même assez touffu, plus en tout cas que le « crâne de peau » de David Ayer, son Crystal Skull renfermant les pires horreurs et les pires dommages collatéraux (clin d’œil ici à son omniprésent et omnipotent acteur principal, Arnold Schwarzenneger, star qui n’en finit pas de décliner et qui offre ici à son personnage "badass" - puisque c'est le terme qui revient dans toute pseudo-critique de ce film - une de ces sorties grandiloquentes dont il a le secret).




Bientôt sortira le cinquième film de David Ayer, Fury, avec Brad Pitt et Shia LeBeouf, qui se sont bien accrochés durant le tournage pour une sombre histoire d’hygiène corporelle et d’odeurs de pompes envahissantes. On attend le résultat forcément explosif de cette ambiance de plateau à se damner, et surtout le prochain « mort pour la France » de David Ayer.


Bad Times de David Ayer avec Christian Bale et Eva Longoria (2005)
Au Bout de la nuit de David Ayer avec Keanu Reeves et Forest Whitaker (2008)
End of Watch de David Ayer avec Jake Gyllenhaal et Michael Pena (2012)
Sabotage de David Ayer avec Arnold Schwarzenegger et Sam Worthington (2014) 

23 avril 2014

Speed 2 : Cruise Control

Fausse bonne idée. Bourrée de vraies mauvaises idées. Comme souvent chez De Bont, les intentions sont là, mais pour la première fois de sa carrière le ratage est complet. Première déconvenue : c'est exactement la même histoire que dans Speed, sauf que l'autocar est remplacé par un paquebot. Jan de Bont, qui n'avait jamais foutu les pieds sur un bateau et qui voyait dans ce projet l'occasion de faire sa première croisière aux frais de la princesse, avouera avoir surestimé la vitesse d'un tel engin. A trente nœuds (soit 55 km/h), le suspense a du mal à décoller, et la ceinture de sécurité prônée par le titre québécois s'avère plus encombrante qu'autre chose. Moins d'efficacité donc et pas vraiment de nouveautés puisqu'on retrouve un dingue des explosifs bien décidé à prendre en otage le gratin de la jet set américaine pour ramasser un petit paquet de fric susceptible de lui assurer des vieux jours pépères à l'ombre d'un palmier sec avec pour spectacle quotidien, non loin de là, l'épave aux œufs d'or échouée sur la plage.




Que nous vaut le coup de sang de ce malade, ici campé par un Willem Dafoe qui était alors dans le creux de la vague ? Notre bonhomme s'est fait virer d'une compagnie maritime et a décidé de se venger en détériorant le plus beau navire de ses ex-patrons, exactement comme Dennis Hopper dans le premier film. Mais comme cette suite répond à la règle du "bigger, louder, quoique pas faster", le gros méchant devait être encore plus taré qu'à l'origine, en tout cas devant la caméra (parce que dans la vie, aussi problématique soit l'individu Willem Dafoe, ça reste un enfant de chœur à côté de feu la toupie humaine nommée Dennis Hopper), d'où ce chapelet de scènes où le "vilain" se recouvre le corps de sangsues pour se libérer de quelque problème d’acné. Solution démesurée là où un peu de biactol suffirait. Et que dire de ces scènes coupées au montage où on devait se rendre compte que le jobard campé par Willem Dafoe souffrait également de la même maladie que Michael Fassbender dans Shame, mais c'est un autre propos...




Petite surprise quand même : un salop d'usurpateur a chipé la place de Keanu Reeves après le refus catégorique de ce dernier, trop occupé à dédicacer des culs et des poitrines (pas seulement féminines) en tant qu'élu tout de noir vêtu suite à son explosion dans Matrix. C'est Jason Patric, que l'on confondra toujours avec Robert Patrick, qui le remplace au volant de Sandra Bullock. Boloss, sosie de Mathieu Valbuena, docile et moins regardant que la star bouddhiste désormais inatteignable tout droit venue d'Eurasie et nommée Reeves, le fameux Patrick, que Jan de Bont a appelé Patrick Jason durant tout le tournage, fait ni plus ni moins pitié dans ce film, il fait pleurer de pitié. C'était le début et la fin de sa carrière, une carrière "rapide", comme l'indique le titre de l'unique film qui la compose. Malléable et sûr des choix de son réalisateur, l'acteur débutant accepta d'apparaître à chaque scène dans une nouvelle tenue, plus ou moins marquée par la folie typiquement hollandaise du sieur De Bont, au mépris d'une continuité narrative mise à rude épreuve, et au mépris du bon goût accessoirement. Première scène : Patric apparaît arcbouté sur sa moto et laisse apparaître ce qui à l'époque n'avait pas encore de nom et qu'aujourd'hui on nomme communément un "string". Voilà qui donne le ton ! Il enchaîne ensuite les cascades en pantacourt, les dérapages en tongs et chaussettes allemandes, et les roulés-boulés en kilt, laissant admirer une broussaille indigne d'un homo-sapiens-sapiens. Bref, Jan de Bont n'avait pas l'air décidé à faire de lui le Keanu Reeves des temps modernes, préférant manifestement en faire le gros mariole d'un flop gaiment consenti par son auteur.




Face à lui, Bullock, dont la carrière, à l'époque, n'a pas encore décollé au même titre que celle de Reeves, et qui a tout mis en œuvre pour flinguer à bout portant le petit charisme offert à son personnage dans le premier film. Elle campe ici l'idiote sympathique, la grosse otarie délurée, l'hystérique bien foutue de service qu'on a juste envie d'étouffer. Chacune de ses répliques semble échappée du cerveau d'un misanthrope machiste et misogyne bien décidé à faire passer son petit message craspec sur la place des femmes dans le monde à travers la bouche de l'un de ses plus beaux spécimens. La magie Bullock n'opère plus et se transforme en haine. Le charme bestial du couple que l'actrice formait avec Keanu Reeves est ici remplacé par un bal des maudits déprimant, une succession de disputes pour le moindre prétexte ridicule entre deux port-de-boucains, Patrick accusant notamment sa compagne d'avoir oublié d'embarquer son chargeur de gamegear à bord du bateau des vacances et ainsi de suite.




Conscient du naufrage et toujours très respectueux des directives qu'on lui donnait (dépasser la barre des cent millions de dollars de recette par jour d'exploitation), Jan de Bont espérait sauver les meubles par une dernière pirouette en intitulant le film : "Cruise control". Drôle de sous-titre qui cache simplement la volonté du cinéaste de nous faire croire qu'il s'était payé la star née un 4 juillet auréolée de son succès dans le Mission Impossible de Brian de Palma. Le piège a fonctionné sur certains spectateurs, qui ont scruté le générique de fin à la recherche de l'acteur nommé "Control", en vain. Cette malice du facétieux De Bont fait sourire aujourd'hui, même si on avait tous envie de le tuer après avoir découvert la suite fétide de notre film fétiche. Après tout ce temps on se dit qu'il a peut-être eu raison de passer l'intégralité du tournage allongé dans sa chaise longue sur le pont du bateau, en train de pulvériser son score à Tétris en enchaînant les oinjs entre trois tranches de Gouda. Il donnait quand même ses directives, en balançant ses mains de chaque côté de sa chaise, tournant sciemment le dos à l'équipe de tournage. Quand on voit les deux films à la suite on ne peut pas croire que le même homme les a tous les deux mis en boîte. On sent que quelqu'un lui a dit "fais Speed 2, s'il te plaît" et que De Bont, avec sa légendaire bonhommie, n'a pas su dire non. Certains diront que c'est à cela qu'on reconnaît les plus gros cons, de notre côté nous dirons simplement que c'est un homme de cœur qui, dans tout ce qu'il entreprend, quand le cœur n'y est pas, n'arrive à rien.


Speed 2 : Cruise Control de Jan de Bont avec Jason Patric, Sandra Bullock et Willem Dafoe (1997)