11 janvier 2021

Birds of Prey (et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn)

Au risque de perdre toute espèce de crédibilité au sein de l'impitoyable blogosphère ciné, je dois vous avouer avoir bien aimé Birds of Prey. Je le dis tout timidement, je ne vous invite guère à vérifier la qualité de la chose par vos soins, craignant trop le retour de bâton... Je suis le premier étonné d'avoir passé un agréable moment devant ce film dont je n'attendais strictement rien. La raison est d'ailleurs peut-être là. Pourtant nettement plus agréable que le tout-venant des productions super-héroïques qui nous inondent depuis des lustres, le film de Cathy Yan s'est fait laminer à sa sortie, en particulier par la presse américaine, elle qui est d'ordinaire si encline à faire l'éloge de daubes XXL plus ou moins apparentées (Black Panther, Wonder Woman et compagnie). C'est plutôt cruel et injuste pour ce film sans grande prétention qui renoue humblement avec les divertissements US des années 90, flirtant régulièrement avec le buddy movie, et n'aborde pas du tout le genre avec le sérieux si plombant trop souvent de mise ailleurs. Il y a certes de sacrées lourdeurs et quelques fautes de goûts, avec notamment des scènes d'action pas assez bien fagotées pour être aussi longues, mais l'ensemble est à mes yeux sauvé par cette modestie et cette légèreté affichées d'emblée, par une énergie bien présente de la première à la dernière minute et, surtout, par une bande de comédiennes sympathiques, à commencer par la meneuse du groupe, Margot Robbie.




Également productrice, l'actrice australienne porte clairement ce film sur ses frêles épaules, elle y insuffle toute son énergie, elle a l'air d'y croire à fond. Elle atteste d'un abattage comique évident qui donne très envie de la revoir dans de plus pures comédies, dans des rôles carrément burlesques, de chtarbée finie. Elle constitue à l'évidence, et de très loin, le meilleur effet spécial de cette production au budget avoisinant les 100 millions de dollars. L'actrice, qui visiblement s'amuse beaucoup, est parvenue à me rendre son plaisir ludique contagieux. Elle est d'une expressivité de chaque instant, faisant preuve d'une précision dans son jeu, dans sa diction par exemple, qui donne tout son intérêt à ses scènes (à vrai dire, on pourrait même effacer du film sans grand regret les rares scènes où elle n'apparaît pas oui, même celles avec MEW, cette actrice attrayante qui, d'habitude, focalise notre attention et se retrouve ici reléguée au second plan). On dirait un personnage de dessin animé dont chaque détail aurait été pensé au préalable et aurait pu être parfaitement maîtrisé dans son exécution. Il y a aussi une autre raison, dans la performance de Margot Robbie, qui explique sans doute pourquoi elle m'a autant plu là-dedans, moi le nostalgique inconsolable de l'âge d'or de Jim Carrey*...



 
Pendant la promotion du film, une émission de télé américaine a confronté l'actrice à Jim Carrey. Ce dernier a alors eu une blague un peu déplacée, ou en tout cas maladroite, en disant avec une ironie pas assez évidente pour les twittos du monde entier que le succès de Margot Robbie devait beaucoup à sa plastique si agréable. L'actrice a alors souri et rougi, rendant le compliment encore plus frappant, et n'a montré aucun signe de vexation, ayant sans doute saisi la gentille taquinerie du trublion Carrey, plus charmeur qu'autre chose. Aussi, il me semble évident que la star d'Ace Ventura et Dumb & Dumber devait être le principal modèle de l'actrice pour son jeu désinhibé dans Birds of Prey, sa plus grande source d'inspiration. Dans sa gestuelle si calculée et parfois outrancière, son bagout dans toutes les circonstances, sa façon d'investir à fond un personnage invraisemblable, son explosivité pas toujours retenue, son contrôle absolu de chacun de ses muscles faciaux, etc. etc., Margot Robbie se présente elle aussi comme une toon à visage humain. Elle qui était déjà le seul intérêt de Scandale, voire de Moi, Tonya, confirme qu'avant d'être un idéal de beauté au sourire enchanteur, elle est d'abord une actrice très douée. On espère que ses choix futurs l'amèneront plus souvent à explorer ce registre comique et, surtout, à sortir de ces productions super-héroïques que, d'ordinaire, j'évite comme la peste. Quoique si elle revient bientôt en Harley Quinn, je devrais sans doute répondre présent...




*il faut d'ailleurs lire à son sujet le superbe livre d'Adrien Dénouette qui vient de paraître aux éditions Façonnage, Jim Carrey ou l'Amérique démasquée, dont la lecture, passionnante de bout en bout, est un pur régal.
 
 
Birds of Prey (et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn) de Cathy Yan avec Margot Robbie, Mary Elizabeth Winstead et Ewan McGregor (2020)

7 janvier 2021

La Ville gronde / La Brigade du Texas

Les deux films dont il est question ici n'ont pas grand chose en commun sinon qu'ils traitent du même sujet : la quête du succès politique par des justiciers sans scrupules brandissant le spectre de la peur pour se faire élire. Tourné en en 1937 par Mervyn LeRoy, La Ville gronde (They won't forget) s'ouvre par une séquence intéressante où, dans une petite bourgade tranquille du sud des États-Unis, une poignée de vétérans grabataires de la guerre de sécession, assis en uniformes sur le bord d'une fontaine, se remémorent les grandes batailles auxquelles ils ont pris part et, déplorant que leurs rangs s'éclaircissent, se demandent combien il en restera lors de la prochaine commémoration. Mais le film nous lance sur une fausse piste. On pourrait s'attendre à un flashback sur l'histoire de ces vieillards. Pas du tout. La Ville gronde est un film de procès. Et un drôle de film de procès puisque le crime ne nous sera pas montré et le coupable jamais révélé. Tout ce que l'on sait, c'est qu'une jeune fille a été retrouvée morte dans une cage d'ascenseur de son école. Les deux suspects sont le concierge noir de l'établissement et un jeune enseignant marié venu du Nord qui s'apprêtait à y retourner et que plusieurs preuves indirectes accablent (la victime en pinçait pour lui, il était présent dans le bâtiment au moment des faits, vient d'acheter un billet pour quitter la région et une tache de sang sur le col de sa veste enfonce le clou). Seul hic : nous, spectateurs, savons a priori que ni le concierge ni l'enseignant n'ont commis le meurtre. Les habitants de la ville, eux, et en particulier les frères de la jeune fille assassinée, veulent un coupable, coûte que coûte, et veulent sa mort.
 
 
 

Tourné en 1975 par Kirk Douglas lui-même, La Brigade du texas (Posse), qui prend pour décor l’État sudiste en 1892, est quant à lui un authentique western, dont l'acteur-réalisateur ne se donne pas le beau rôle. Celui-ci revient plutôt à ce cher Bruce Dern, qui incarne Jack Strawhorn, le plus grand bandit du sud des États-Unis, un redoutable pilleur de trains. Kirk Douglas, lui, est Howard Nightingale, le marshall à ses trousses. Et très vite, avec facilité même, le shérif met la main sur sa proie, qu'il ramène en ville comme un trophée, après que ses adjoints ont tué absolument tous les hommes de Strawhorn dans l'affrontement initial, y compris ceux qui se rendaient... une drôle d'idée de la justice (et l'on sourit de voir Bo Hopkins dans la bande du shérif, l'un des chiens fous de La Horde sauvage). C'est que Nightingale espère devenir sénateur, et pourquoi pas davantage, or le bonhomme a bâti toute sa campagne sur la peur du banditisme et multiplie les promesses de sécurité. Le gibier de potence qu'il vient de rapporter sera donc son laisser-passer pour le Sénat, et de fait toute la population locale l'acclame et jure d'aller voter pour lui la fleur au fusil (à l'exception de quelques réfractaires, dont le journaliste local). Sauf que Strawhorn, embarqué dans le train spécial du justicier pour aller se faire pendre ailleurs, non seulement se libère, non seulement prend le shérif en otage, mais le ramène dans la bourgade de son succès pour l'humilier. Et par une ruse habile, le truand aura sa vengeance, aussi perfide que brillante, par une manœuvre pour le moins inattendue qu'il vaut mieux ne pas révéler ici.
 


Une chose est sûre, la dernière séquence est rude pour Nightingale qui, quand il traite de monstre le hors-la-loi, s'entend répondre qu'utiliser un macchabée pour se faire élire est digne d'un tas de "horseshit" (sic.), et qu'il y en a déjà bien assez à Washington. Ce Nightingale est un double du procureur Andrew J. Griffin (Claude Rains) de La Ville gronde, impatient de trouver un coupable au meurtre de la jeune Mary Clay pour gagner en prestige et bientôt se faire élire sénateur, lui aussi. Pas de hors-la-loi pour s'opposer à lui, comme Strawhorn barrant la route à Nightingale dans le film de Kirk Douglas, seulement un avocat de la défense et deux accusés innocents. Et le procureur Griffin aura, lui, gain de cause. Mais le verdict du jury, favorable à l'accusation, déchaîne les passions de la foule et l'accusé, condamné à la prison, finit lynché, disparaissant du film dans une scène terrible où des hommes enragés viennent l'extirper du train qui le conduit en prison, la caméra se fixant sur une potence en bord de chemin de fer où un sac suspendu est fauché au vol par un cheminot à bord du train. Et le film de se conclure gravement sur Griffin et le journaliste local, complices, se demandant si l'accusé était bel et bien coupable, après la visite d'une femme (la jeune Lana Turner) venue leur dire leurs quatre vérités. 
 
 
La Ville gronde de Mervyn LeRoy avec Claude Rains, Lana Turner et Elisha Cook Jr. (1937)
La Brigade du Texas de Kirk Douglas avec Bruce Dern, Kirk Douglas et Bo Hopkins (1975)

4 janvier 2021

L'Empreinte / Angel of Mine

Angel of Mine est le remake d'un film français signé Safy Nebbou, L'Empreinte de l'ange (désormais connu sous le titre L'Empreinte tout court suite à une bataille judiciaire avec une maison d'édition qui détenait les droits d'un bouquin du même titre : on en apprend des choses intéressantes sur Wikipédia). Si je devais faire le remake d'un film français, je ne choisirais certainement pas un film de Safy Nebbou, un réalisateur très mauvais qui s'est ridiculisé l'an passé avec le nullissime Celle que vous croyez (et qui a par la même occasion ridiculisé son actrice principale, Juliette Binoche). Safy Nebbou aime les histoires "bigger than life". Celle de L'Empreinte est pas mal du tout, dans le genre, jugez du peu : une maman est persuadée de trouver, en la sœur cadette d'un pote de son fils, la fille qu'elle a perdu sept ans plus tôt. Houlala, dans quoi je me suis aventuré moi ? C'est tellement tordu que c'est impossible à résumer en trois lignes comme j'envisageais de le faire et mon pitch de poche s'avère ultra bidon ! Je vous le refais en version longue, excusez-moi. Je disais donc : un beau jour, une maman, en instance de divorce et ravagée psychologiquement, vient récupérer son gosse à l'anniversaire d'un de ses potes. Au milieu des autres enfants présents, elle remarque une gamine dont elle est sûre et certaine qu'il s'agit de sa fille qu'elle est supposée avoir perdue dans l'incendie de la maternité alors qu'elle était à peine âgée de 5 jours (ça se fait pas de clamser à cet âge-là, elle a même pas eu le temps de profiter un brin). Une disparition brutale dont elle ne s'est jamais remise, d'où le divorce en cours, car le mari n'en peut plus de gérer la dépression de sa future ex-femme. La maman va donc s'immiscer dans la famille de la fillette, dont elle prétend vouloir acheter la maison qui est en vente sur LeBonCoin alors qu'elle n'a pas un kopeck. Elle espère en réalité pouvoir se rapprocher de la gosse et faire éclater la vérité aux yeux de tous. Ça sera pas évident, croyez-moi, d'autant plus que l'autre maman ne verra pas tout ça d'un très bon œil (normal, imaginez un peu la situation !). Vous avez mieux pigé là ? Rassurez-moi... Je me disais que le même scénario, en remplaçant la fille par un chien, pourrait donner un film du tonnerre. Vous imaginez la chose ? "C'est mon clébard, je le sens, il y a quelque chose entre lui et moi. C'est mon Baltazar Kormakur, ce n'est pas votre Reuno. C'est le chien que je croyais avoir perdu sur une aire d'autoroute un jour maudit de juillet 2006. Je ne m'en suis jamais remis ! Regardez, il m'obéit au doigt et à l’œil et répond à son doux nom de Baltazar Kormakur." On aurait pu assister à une chouette bagarre entre les deux maîtres autour d'un clébard que l'on imagine forcément merveilleux et meilleur acteur que la gosse au centre de toutes les convoitises dans les deux films, frenchie et ricain, auxquels je reviens immédiatement. 
 
 
 

Dans la version française, la maman ravagée est incarnée par une Catherine Frot étonnante dans un rôle à contre-emploi. Elle qui joue d'habitude les pimbêches ou les daronnes sans histoire prête ses traits délicats (elle m'a toujours fait vibrer, c'est depuis Le Dîner de Cons...) à une femme que l'on croit longtemps être une psychopathe atteinte au dernier degré. Sauf que Safy Nebbou nous fait douter et que son scénario est bien plus tordu qu'on ne le croit... mais je vous en dis pas plus, ça serait dommage ! Face à Frot, nous retrouvions Sandrine Bonnaire dans la peau de l'autre maman, celle qui veut protéger sa fille (et vendre sa maison, mais ça, ça passe vite au second plan, quand bien même son mari est à cran). Believe it or not, c'est la première fois que l'on mentionne le doux nom de Bonnaire sur ce blog pourtant calé, Bonnaire, ce monument du cinoche français ! Les deux actrices réussissaient à nous accrocher à ce film comme un camé à sa came. Franco, Safy Nebbou a zéro talent, mais à chaque fois j'ai des yeux gros comme ça devant ses films à la con, je dois bien le reconnaître. Celle que vous croyez aussi m'avait scotché, même si j'étais un peu gêné pendant cette scène désormais culte où Binoche, confinée avant l'heure dans sa bagnole, se masturbe lors d'un FaceTime avec François Civil (je l'ai vu avec mes parents, c'était assez chaud). L'Empreinte de l'ange (je préfère le premier titre et je suis sûr que Safy aussi) faisait donc partie de ces films qui arrivent à t'agripper les mirettes pendant 1h45 puis te lâchent d'un seul coup au générique du fin, et tu te sens comme une merde dans ton salon, seul, avec cette histoire sordide en tête, et une soirée fumée de plus au compteur. Tradition française oblige, l’œuvre de Nebbou tenait plus du drame psychologique de dix tonnes, fondé sur un duo d'actrices solides qui se faisaient plaisir, qu'autre chose. Côté ricain, on a chaussé des sabots tout aussi lourds mais peut-être plus tranchants (si un sabot peut l'être, j'ai bien conscience que ma métaphore est pourrie). On a de suite flairé le potentiel de malade du scénario impossible de Safy Nebbou et Cyril Gomez-Mathieu (dont le nom est ici rappelé en gras dans le générique final, le gars doit être fier de lui et revendiquer la paternité de cette idée originale, paraît-il tirée d'un fait divers, allez piger...). En effet, Angel of Mine tend beaucoup plus clairement vers le thriller pur jus, avec invasion du foyer et affrontement musclé, il s'inscrit dans la lignée de ces films qui fleurissaient dans les années 90 suite au succès retentissant du pourtant médiocre Liaison Fatale et dont les titres claquaient bien plus. Je pense tout particulièrement à La Main sur le berceau (The Hand That Rocks the Cradle en VO). Qui ne se souvient pas vaguement de La Main sur le berceau ? Rebecca De Mornay était top dedans. On avait kiffé devant ces films, avouez-le. Jamais on ne les reverrait aujourd'hui mais, sur le moment, ça faisait le taff, on se disait que les américains savaient y faire, y'avait pas à chipoter là-dessus.



Niveau acting, Angel of Mine n'arrive pas à la cheville de son homologue hexagonal. Sandrine Bonnaire et Catherine Frot versus Noomi Rapace et Yvonne Strahovski, je suis désolé mais, dans un combat de catch en tag team, j'vous raconte pas le carnage, ça serait vite réglé, la confrontation serait très déséquilibrée. La faute à qui ? Strahovski. On l'avait déjà croisée dans la série 24, où elle ne se montrait jamais à la hauteur au sein de la cellule antiterroriste. Elle ne l'est pas non plus ici en tant que maman qui essaie de garder le grappin sur sa fille. Elle doit avoir le visage trop carré, ça l'empêche d'exprimer toute une palette d'émotions ; il y a quelque chose qui cloche. A ses côtés, Noomi Rapace fait pourtant tout son possible. Les choix de carrière de cette actrice plutôt douée m'interrogent. Elle doit aimer les films de seconde zone, c'est pas possible autrement. Contrairement à Frot, Rapace n'étonne pas dans un tel rôle. On lit sur son visage que ça ne va pas, c'est un peu comme Glenn Close (en moins cheum ceci dit). Kim Farrant, la réalisatrice, s'appuie beaucoup sur l'actrice suédoise pour toutes les scènes-clé. Je n'ai plus aucun souvenir des personnages masculins du film français (le futur ex-mari de Frot et le père de la fillette convoitée), mais ces derniers font complètement pitié dans la version US. Luke Evans aussi a un problème de tête carrée, on dirait un playmobil qui ne mettrait pas du tout en avant les histoires. Quant au mec de Strahovski, c'est un pur guignol lui aussi, un gros naïf à l'accent australien ridicule. 
 
 
 
 
Malgré l'absurdité de toutes les situations dépeintes, la grossièreté du trait et le manque de surprise, on regarde connement tout ça, et je suis persuadé qu'en ignorant tout du film original, on peut même s'y laisser prendre. Ça fait presque plaisir de voir un thriller aussi fou, qui ose se terminer par un pugilat dans la cuisine, avec débris de verres et ongles sanglants, et qui reprend de si vieilles recettes, on a comme l'impression de remonter dans le temps, de retomber en enfance. Trente ans plus tard, c'est plus la même limonade cependant. Angel of Mine ne sort même pas en salles et n'est même pas répertorié sur le site Vodkaster : j'ai dû le leur signaler pour qu'ils l'ajoutent à leur base de données et ainsi m'offrir le petit plaisir de lui accorder la note de 1,5/5. Pourquoi 1,5/5 pour un film qui ne vaut pas tripette ? Parce que je ne vous ai pas encore parlé du meilleur moment d'Angel of Mine, celui qui a su provoquer chez moi un éclat de rires retentissant. Il survient lors d'une sortie familiale à la patinoire, où Noomi Rapace tape encore l'incruste, collant toujours aux basques de la gamine tant convoitée. Aux anges sur la piste, seule avec la fillette, Rapace profite pleinement de ce moment d'extase quand survient le drame : un patineur imprudent vient les heurter ! Elle lâche alors la petite qu'elle tenait jusque-là par les épaules avec amour. Livrée à elle-même et en panique, la gosse glisse piteusement et se retrouve allongée sur la glace, KO. C'est là que Kim Farrant nous offre l'un des plus merveilleux moments de cinoche qui soient : après un plan sur le visage horrifié et inquiet d'Yvonne Strahovski, nous voyons la gamine glisser sur le dos et heurter la bande de la patinoire, pour rebondir pathétiquement dessus et ainsi ressurgir très mollement dans le cadre. Je me le suis repassé quoi ? 12 fois. J'ai bien dû revoir ce passage-là une douzaine de fois, oui. Oh putain quel pied... Ça y'est, je me suis donné envie de le voir une 13ème fois ! Merci Kim, merci Safy !


L'Empreinte (de l'ange, je suis désolé) de Safy Nebbou avec Sandrine Bonnaire et Catherine Frot (2008)
Angel of Mine de Kim Farrant avec Noomi Rapace et Yvonne Strahovski (2019)

21 décembre 2020

Suburbicon

Personne ne s'étonnera de voir apparaître au générique de fin, sous la mention "Scénario torché par...", les noms des frères Coen, Jamel et Ethan Coen. On reconnaît bien leur griffe tout au long de Suburbiencon, signé George Clooney, qui se veut une farce satirique, un véritable brûlot grinçant, cruel, cinglant, contre l'american way of life des années 50, les WASPs détraqués, le simulacre du rêve amérindien, le miroir aux alouettes de la middle class blanche propre sur elle, les quartiers résidentiels conformistes de l'Amérique profonde ségrégationniste raciste, etc. Vous connaissez la rengaine. Le seul problème, au-delà du fait qu'on commence à la connaître, l'histoire, c'est que les frères Coen et sieur Clooney oublient de nous faire rire, quitte à rire putain de jaune pisse, et que la couleur jaune est plutôt passée dans le stabylo avec lequel ils ont surligné jusqu'à la trame leurs trois idées.





De quoi s'agit-il ? Le personnage principal, Gardner Lodge (Matt Damon), est une sorte de copie 2.0 du Jerry Lundegaard (William H. Macy) du Fargo des frères Coen. Je dis 2.0 parce que c'est une expression merdique que j'utilise rarement, donc pour changer un peu, et aussi parce que le Gardner Lodge de Suburbicon est tout aussi crétin que son homologue d'il y a vingt ans, mais beaucoup moins innocent. Leurs trajectoires sont assez semblables (petits bureaucrates minables, pères de famille foireux, pris à la gorge par leur partenariat avec des malfrats et enchaînant les bévues jusqu'au bain de sang, pour résumer), mais on a moins de pitié pour le personnage interprété par Matt Damon, qui se révèle assez détestable à tous les étages, et notamment avec son fils. Le contraste n'en est que plus grand entre ce cocon familial blanc comme neige en apparence, où rien ne dépasse et ne détonne (Julianne Moore, en blonde à la peau d'albâtre, incarne à la fois l'épouse et la belle-sœur de Gardner), mais pourri jusqu'à la moelle (adultère, meurtre avec préméditation, arnaque aux assurances, et même ! rendez-vous compte, sado-masochisme, ici on aime à se fouetter le cul avec des raquettes de ping-pong dans le sous-sol, quelle horreur...), et la maison voisine. 





Car tout le propos du film est là. De nouveaux voisins débarquent au début du film, et ils sont noirs. Aussitôt, l'ensemble du quartier se ligue contre ces nouveaux arrivants, demande à les expulser, fait ériger une clôture autour de leur maison, campe toute la nuit devant leur porte pour les pousser à partir et ainsi de suite. Cette haine raciste contre d'innocents citoyens américains est doublement aveugle puisque c'est elle qui permet au foyer de Gardner Lodge d'abriter (plus ou moins discrètement) toutes les pires saloperies sans que personne s'en aperçoive. On a bien compris l'idée. Et si elle n'est pas inintéressante au début du film, quand le film tombe tout à coup dans le sordide (deux hommes envahissent la maison et s'en prennent à ses habitants), dans un mélange des genres cher aux frères Coen, elle devient rapidement très lourde, tout le film reposant sur ce montage alterné entre le cauchemar qui se déroule en silence sous le toit de la famille blanche et le boucan que fait la meute des citoyens racistes devant la demeure assiégée de la famille noire. Et le film de se conclure sur les deux petits garçons, l'un blanc, l'autre noir, dont les maisons sont détruites (l'une de l'intérieur, l'autre de l'extérieur), jouant ensemble à se lancer une balle de base-ball par-dessus une clôture dans un beau message d'espoir. Tout un symbole. Officiellement la balle de base-ball la plus lourde du monde.


Suburbicon de George Clooney avec Matt Damon, Julianne Moore, Noah Jupe et Oscar Isaac (2017)

19 décembre 2020

Hachiko

Remaké, américanisé et popularisé en 2009 par le yes-man en chef venu de Suède Lasse Hallström et sa star Richard Gere, Hachiko Monogatari est initialement un film japonais sorti en 1987, mis en scène par Seijirō Kōyama. Il nous dépeint la réelle histoire d'amitié, voire d'amour, entre un chien pure race Akita, à la loyauté sans limite, et son maître, un vieux prof aux abords austères mais, au fond, très chaleureux, incarné par Tatsuya Nakadai. Alors qu'il n'était au départ pas très enthousiaste à l'idée d'accueillir ce clébard, le prof va peu à peu se mettre à l'aimer follement, allant jusqu'à traiter un peu par dessus la jambe sa vraie famille, à commencer par sa femme. C'est quasiment une histoire d'amour zoophile, crédible et sans les scènes crados (quoique...) que filme avec une application évidente Seijirō Kōyama. C'est aussi une histoire très populaire au Japon, où Hachiko, devenu symbole de fidélité et d'amitié, a sa statue, chaque jour admirée et saluée par des milliers de touristes qui espèrent croiser la star de Pretty Woman.



Vers le milieu du film, c'est le drame : le maître du clebs meure soudainement. Et le iench se retrouve alors complètement esseulé, déboussolé, sans but, sans rien. Il se met alors à errer dans les quartiers de la ville à la recherche de son maître disparu. Il continue à se rendre tous les soirs à la gare pour attendre son retour du boulot, comme il le faisait habituellement. Puis rôde autour de sa maison, comme une âme en peine, malgré le départ de la famille. On croit pratiquement revivre la dernière partie terrible d'Allemagne Année Zéro mais avec un chien à la place du pauvre gosse. Et à travers cette histoire, le film nous dépeint les conséquences que peut avoir la disparition soudaine d'un être, ce qu'il reste de lui et ceux qu'il laisse derrière lui ; et c'est plutôt pas mal, ça donne matière à penser (food for thoughts). Cette dernière partie est assez culottée et poignante, on imagine aisément les torrents de larmes qui ont été versés face à ce si triste spectacle depuis la sortie de ce film devenu culte.




Le plus gros souci de l’œuvre de Kōyama vient de la particularité principale de cette race de clebs. Si vous avez eu la curiosité de cliquer sur mon premier lien, vous avez pu constater avec horreur que ces chiens-là on la queue totalement retournée, en permanence relevée contre leur dos dans un angle diabolique à 180°. Or, notre ami à quatre pattes est très souvent filmé de dos. Le film de Seijirō Kōyama devient ainsi un véritable témoignage sans faille de l'état de santé du trou de balle de ce chien pendant toute la période qu'a duré le tournage. Et c'est littéralement à nous glacer le sang, car dieu sait que cet animal gourmand n'a pas toujours eu une digestion idyllique, peut-être trop gavé par les techniciens et les autres acteurs en présence, ravis de lui faire plaisir et ignorant l'effroyable conséquence de leurs actes. Si la loyauté du chien est irréprochable, sa propreté l'est nettement moins.




Quand on est l'heureux propriétaire d'un animal domestique, que ça soit un clebs, un chat ou autre, on essaie toujours d'éviter ces moments où notre bestiole préférée nous tourne le dos, parfois tout près de nos mirettes, comme pour mieux nous montrer en maxi-format sa grande étoile noire pas toujours bien dessinée. Hachiko Monogatari est une compilation sordide de tous ces moments particulièrement dégueulasses de nos vies, de toutes ces trop longues secondes où l'on a été confrontés aux trous des culs immondes de nos animaux domestiques. C'est rude.




Malgré cela, Hachiko Monogatari est plutôt un joli film, à l'origine d'un vif regain d'intérêt pour la race Akita en dépit de son infâme signe particulier. Elle est désormais celle que l'on croise le plus souvent aux abords de nos aires d'autoroute. On devine aussi quelques aspects sans doute très spécifiques à la culture nippone à travers cette histoire de clebs, et c'est l'un des trucs qui rendent cette merde intéressante.


Hachiko (aka ハチ公物語, Hachikō Monogatari) de Seijirō Kōyama avec Tatsuya Nakadai (1987)

15 décembre 2020

Enragé

Selon l'Office québécois de la langue française, la rage au volant est l'agressivité excessive de certains conducteurs qui, à la suite d'une altercation, tentent de blesser ou de tuer un piéton, un autre conducteur ou un des passagers. Enragé nous narre un cas classique de rage au volant. Tu klaxonnes un type qui tarde à redémarrer quand le feu passe au vert et ça se termine en un véritable bain de sang, avec meurtre de sang froid devant une foule de spectateurs médusés, prise en otage de toute ta famille et pas mal de cadavres laissés en chemin, sans compter toute la taule froissée... Bon, admettons qu'on tient là un cas assez extrême de rage au volant, mais le film de Derrick Borte a au moins le mérite de nous sensibiliser sur ce sujet brûlant. Les termes de "road rage" sont employés au moins dix fois dans les dialogues, et il faut voir le générique d'ouverture, véritable spot de prévention de la Sécurité routière, qui nous propose une petite compilation d'épisodes de rage au volant tout bonnement édifiante. C'est à vous dissuader de prendre la route...


 
 
L'attraction du film se nomme évidemment Russell Crowe. L'acteur néo-zélandais est impressionnant là-dedans. Dans le premier sens du terme. Pas vraiment pour son jeu, mais pour son physique. On dirait un énorme ours mal luné. Il fout les j'tons. On ne sait pas s'il a pris du poids exprès pour le rôle ou s'il s'est juste laissé aller depuis quelques temps... Il paraît loin le temps où Maximus faisait chavirer les cœurs et récoltait les Oscars coup sur coup. Peut-être aussi que la mise en scène de Derrick Borte (définitivement pas un nom de star) fait tout son possible pour rendre le comédien plus imposant qu'il ne l'est en réalité, tire partie de sa corpulence nouvelle. On peut en tout cas regretter que le réalisateur n'exploite pas assez sa voix, sa grosse voix de contrebasse. Ce n'est pas un chat qu'il a dans la gorge ce type-là, c'est tout l'effectif du Chat va mieux, le bar à greffiers tendance qui vient d'ouvrir dans mon quartier (timing parfait). Mais les scènes de dialogues sont trop rares pour en profiter. Le fan de Crowe a de quoi se sentir un peu frustré.
 


 
Face au monstre, une de ses compatriotes, Caren Pistorius, une actrice bien choisie, au charme tout à fait banal mais bien réel, crédible en mère de famille débordée et en plein divorce. Il fallait bien une jolie dame gracile et ordinaire pour contrebalancer le colossal et effrayant Russell Crowe. Pour tout le reste, Derrick Borte ne fait pas dans la dentelle. Il n'y a là strictement aucun mystère, toute forme de suspense est évacuée dès la première scène, qui nous montre un Russell Crowe remonté comme une pendule défoncer une porte d'entrée à coups de marteaux puis commettre un gros carnage à l'aide du même outil avant de répandre un bidon d'essence sur le sol de ce qu'on suppose être la nouvelle maison de son ex-femme et de laisser tout un quartier en feu derrière lui. Car le gros Russell, qui nous rappelle un peu le Michael Douglas de Chute Libre, campe un homme qui a tout perdu suite à son divorce. Le film cherche manifestement aussi à nous sensibiliser là-dessus, à la cause des hommes aux abois, abandonnés et ruinés par leurs femmes. Il y a la détresse du personnage campé par Crowe mais aussi celle, hors champ, de l'ex-mari de l'héroïne, qui n'est pas dépeinte comme irréprochable (n'a-t-elle pas créé un monstre, elle aussi, en préférant s'acoquiner avec son avocat ?). On ne sait pas trop comment interpréter ce versant-là de cette œuvre décidément très engagée et ambiguë...



 
Avec son scénario de malheur où les forces de l'ordre sont étonnamment absentes ou incompétentes et où les personnages finissent par reproduire connement une stratégie ayant fait ses preuves à Fortnite mais qui s'avère moins efficace IRL (véridique !), Derrick Borte joue à fond la carte du thriller horrifique, simple, direct, bas de plafond. Vous pouvez laisser vos neurones en veilleuse pendant 90 petites minutes, rien à craindre. Horrifique aussi car le film est d'une violence assez surprenante. On ne s'attend pas à ça. Russell Crowe campe un psychopathe pur jus qui ne dénoterait pas en boogeyman inarrêtable dans un slasher lambda. Ses explosions de violence sont aussi sanglantes et inventives que soudaines et presque déplacées... Pour l'anéantir, il faut bien sûr être capable de la même fureur, sans oublier de placer une petite phrase qui tue avant de l'achever, une punchline qui nous conforte dans l'impression bizarre de mater un vieux truc ricain venu des années 80-90 (curieusement, le scénar s'avère aussi très proche du Red Eye de Wes Craven). Si l'on creuse assez loin, par amitié pour Russell, nous pourrions dire que le côté très primaire assumé du film constitue à la fois son petit charme et sa grosse limite. C'est très très bête mais certains pourront peut-être éprouver un plaisir régressif devant ça. Jamais autant cependant qu'à dû en ressentir l'ancienne vedette du Colisée en prêtant ses traits fatigués à ce sociopathe XXL.
 
 
Enragé de Derrick Borte avec Caren Pistorius, Russell Crowe et Gabriel Bateman (2020)

12 décembre 2020

A Good Woman is Hard to Find

Faute de grives, on mange des merles, et on finit devant une petite série b ma foi pas déplaisante, sortie directement en VOD au beau milieu du mois d'août. A Good Woman (is hard to find, dans son titre original intégral) est le deuxième long métrage du cinéaste britannique Abner Pastoll, qui s'était déjà fait remarquer par quelques amateurs en 2015 avec Road Games, autre thriller tendu qui se déroulait en partie sur les routes du sud de la France et dont je ne garde qu'un très vague souvenir négatif. Peut-être n'étais-je pas dans un bon soir, allez savoir... Le fait est que son deuxième film est beaucoup mieux passé. J'avais envie d'un truc vite accrocheur, tendu, j'en ai eu pour mon comptant. A Good woman is hard to find aurait même pu être beaucoup mieux que ça si son scénario ne finissait pas par compiler les rebondissements faciles faisant perdre de la crédibilité à son personnage principal sur lequel repose tout le film. 

 


Sarah, petite blonde menue, la trentaine, est la chic fille du titre : elle vit seule avec ses deux enfants depuis la mort de son mari, sans doute impliqué dans les trafics de stupéfiants qui plombent son quartier malfamé de Lisburn (Irlande du Nord). Alors qu'elle mène une existence assez morne, n'ayant pas encore fait le deuil de son compagnon et entretenant des rapports conflictuels avec sa mère, son quotidien se voit chamboulé lorsqu'un petit dealer de pacotille débarque chez elle en pleine nuit pour planquer un important stock de drogue qu'il vient de dérober au ponte de la mafia locale. Le dénommé Tito, un peu débile mais loyal, propose à Sarah de partager le butin de la revente pour s'assurer sa bonne coopération. Leur collaboration se déroule plutôt bien, permettant notamment à la petite famille de mettre du beurre dans ses épinards, jusqu'à ce que tout bascule le soir où un Tito sous influence se montre un peu trop entreprenant envers la jeune maman esseulée... 
 


 
Avec son héroïne courageuse, cernée et poussée dans ses derniers retranchements par des tocards de tous poils, bas du front et libidineux, le film d'Abner Pastoll s'inscrit tout à fait dans l'air du temps. Il y a peut-être là derrière un brin d'opportunisme, mais je ne m'aventurerai pas davantage sur ce terrain glissant et n'oserai guère qualifier cette œuvre somme toute très modeste de "féministe". Le fait est toutefois que le personnage campé avec conviction par Sarah Bolger, dont l'interprétation sérieuse rehausse tout l'ensemble, est le point fort du film et que les scènes où celui-ci affirme sa féminité, se révolte, quitte à en refroidir certains, sont les meilleures du lot. On prend immédiatement partie pour la jeune femme et on a très naturellement envie que le scénario de malheur signé Ronan Blaney lui lâche un peu la grappe, qu'elle puisse mener une vie tranquille avec sa marmaille et rencontrer un type plus recommandable que cet idiot de Tito. 
 
 
 
 
Il y a d'abord ce moment aussi amusant que tendu où la jeune maman se lance à la recherche de piles dans toutes les pièces de sa maison, fouillant les placards, ouvrant tiroirs après tiroirs, avant de se faufiler, en toute discrétion et en désespoir de cause, dans la chambre à coucher de ses deux enfants endormis pour récupérer celles d'un de leurs jouets électroniques. Ledit jouet menaçant de s'allumer et de réveiller les gosses, le suspense est à son comble, tandis que nous ignorons alors les motivations de leur mère (même si l'on peut déjà avoir notre petite idée...). Une fois sa mission accomplie, la jeune femme retourne sur son lit et enfile les sacrosaintes piles dans son vibromasseur, soulagée de le voir réagir sur commande, pour s'offrir un moment de détente bien mérité. Quelques temps plus tard, le même vibromasseur jouera un rôle déterminant puisqu'il fera office d'arme salvatrice contre Tito lors d'une tentative de viol qui se terminera dans le sang...
 
 

 
Cette scène d'agression sexuelle tant redoutée (dès l'apparition du personnage de Tito, on craint qu'il ne passe à l'acte, son hôte ayant un certain charme et lui environ 2 de QI) est le point de bascule du film. Suite à cela, le scénario prend une tournure de moins en moins crédible et tombe progressivement dans la surenchère. C'est amusant et toujours plutôt prenant, certes, mais c'est un peu dommage, car tout cela est bien trop attendu et facile. L'héroïne doit se débarrasser d'un corps bien encombrant, choisit la méthode dite du "découpage en petits morceaux", et le film s'enfonce alors dans son statut de thriller de seconde zone, efficace et vaguement sympathique, mais surtout outrancier et prévisible. Je dois avouer malgré tout avoir passé un bon petit moment là-devant... Abner Pastoll va droit au but et ne nous ennuie pas une minute. On ressent également une certaine satisfaction devant le spectacle de cette femme qui s'affranchit totalement de la domination masculine et gagne en assurance tout le long du film. Aussi, j'ai depuis ajouté Lisburn à la liste des destinations à éviter. En plus d'être assez moche, ça a l'air sacrément craignos là-bas ! 


A Good Woman is Hard to Find d'Abner Pastoll avec Sarah Bolger, Edward Hogg, Andrew Simpson et Jane Brennan (2020)