2 décembre 2010

Monsters

Vous avez peut-être croisé l'affiche dans le métro. Moi aussi. Tous les jours. Et j'aurais préféré en rester là... Ce film est raté. On sent bien que son jeune auteur est animé d’intentions valables, louables même, et de références remarquables (on peut par exemple penser de façon très fugace à Stalker de Tarkovski), mais son film est néanmoins complètement foiré, et il faudrait être bien bon public et drôlement peu exigent pour parler ici de réussite. Deux phrases nous introduisent dans le film en nous apprenant qu’il y a quelques années, des traces de vie ont été trouvées sur une autre planète et qu’un vaisseau ramenant tout ça sur Terre s’est écrasé dans la zone frontalière entre les USA et le Mexique, faisant de toute cette région une zone interdite, infectée, encerclée par un très haut mur car peuplée par des bestioles qui ressemblent à des pieuvres gigantesques (étant donné leur taille, elles pourraient d’ailleurs tout à fait « enjamber » le mur, mais faut croire qu’elles n’y pensent pas).



Après vous avoir énoncé ce postulat de départ, ça devrait peu vous étonner d’apprendre que Monsters a quasi systématiquement été rapproché de District 9 du trisomique Neill Blomkamp : ce sont deux films de SF à « petit budget » mais aux effets spéciaux pourtant bel et bien là, où l’on retrouve des aliens mis en quarantaine par les hommes, avec toujours un fond de métaphore politique plus ou moins exploité (ici très très peu) et qui se veulent donc ambitieux malgré tout. J’évacue tout de suite la comparaison inévitable en disant que Monsters est nettement moins pourri et indigeste que District 9, il se mate beaucoup plus aisément, même si ça reste assez mauvais, chiant et sans véritable intérêt. L’idée de départ précédemment énoncée sert ici de base à une romance naissante, extrêmement pauvre et peu passionnante, entre deux personnages transparents, voire agaçants, pour lesquels on éprouve vraiment que dalle. Un journaliste, incarné par un acteur fort laid que j'ai bien cru voir ce week-end sur une pelouse de Ligue 1, a ici pour mission d’escorter la fille d’une personnalité importante à travers la zone infectée, pour la faire revenir saine et sauve aux USA. C’est peut-être vers la grosse demi-heure de film que ces deux personnages sans saveur rentrent enfin dans la « zone », après qu’on les ait vus pendant un quart d’heure essayer de négocier sans succès avec le vieux salopard qui organise les transports en bateaux contournant donc la zone. C’est un peu long et déjà un peu chiant, mais on mate malgré tout, armés d’une certaine patience car c’est quand même pas si mal fait, et en espérant surtout que ça finisse par devenir intéressant.



Hélas… Il ne se passe donc jamais rien. Strictement rien. Je me suis mis à pioncer du coup. Mon lecteur divx a dû s’endormir aussi, en même temps que moi, vu qu’il a interrompu le film soudainement à 1h07. Alors certes, je n’attendais pas un film de monstres avec créatures lovecraftiennes foutant les j’tons et grosses scènes d’action etc, mais je m’attendais tout de même à… à... quelque chose, je sais pas moi, nawak, mais un truc intéressant à se mettre sous la dent. Là, niet. On suit platement ce très pâle couple du dimanche se trimballer dans la zone en s’échangeant des banalités d’une tristesse sans nom (« - Toi aussi tu t’inventais des amis pour jouer avec quand t’étais petit ? - Oh putain ouais ta race ça nous fait un putain de point commun, à présent baisons »), parfois surpris et apeurés d’entendre au loin le grondement des créatures qu’on ne voit qu’à la toute fin, tout au bout d’une dernière demi-heure interminable que j’ai donc matée le lendemain, en épluchant des patates et en faisant parfois des petites avances rapides. A noter un moment particulièrement ridicule, où nos deux zigotos se retrouvent au sommet d’une pyramide mayas et peuvent ainsi apprécier le paysage qui les entoure, avec comme ligne d’horizon le fameux mur délimitant la zone, en CGI. Le gars dit alors « Ma parole, j’avais jamais rien vu de tel. C’est la plus belle et impressionnante construction humaine que je vois de mes yeux vu » et la meuf lui répond grosso modo « Itou ». On se dit alors que ces deux cons devaient vivre dans un bunker et ne jamais trop foutre les pieds dehors, car à côté de cette affreuse immensité grise et bétonnée, l’arbre noir de la station de Métro « Mirail Université » fout sur le cul.



A la toute fin, après qu’on ait eu droit à l’un des baisers les plus moches de l’Histoire, un retournement scénaristique à peine malin, qui fait effet de miroir avec la courte scène pré-générique, nous apprend le fin mot de l’histoire, et vient réaffirmer le « message » du film (à savoir : les monstres c’est pas les grosses pieuvres, c’est l’Homme) au cas où on l’avait pas pigé. Bluffant.


Monsters de Gareth Edwards avec Whitney Able et Scoot McNairy (2010)

1 décembre 2010

L'Obsédé

William Wyler fut l'auteur du grand Ben-Hur, mais aussi par exemple de Funny Girl, une comédie musicale pathos avec Barbra Streisand, celle qui n'a que deux "A" dans son prénom mais qui a trois nichons, l'idole de nos papas bigleux comme des taupes. Funny Girl était d'ailleurs son avant-dernier film. Entre les deux, en 1965, William Wyler a donc réalisé The Collector, d'après un bouquin de John Fowles. C'est l'histoire, dans l'Angleterre des années 60, d'un drôle de type, interprété par Terence Stamp, complètement timbré dans ce rôle, grosse vanne, j'étais pas obligé de la faire, je l'ai faite, qui a disons de sérieux problèmes affectifs (certainement dus à une mère peu commode, comme le suggère un rapide flash-back en noir et blanc), qui vient de gagner une fortune à un jeu de hasard car la chance sourit souvent aux zonards, et qui en a profité pour se payer une immense baraque dans laquelle il peut librement s'adonner à sa passion, au sens christique du terme : la lepidoptera.




Notre héros est effectivement lépidoptérophile, c'est à dire qu'il collectionne les papillons. Mais à force d'avoir pour unique fréquentation les papelards qu'il emprisonne dans ses filets et qu'il conserve assidument dans ses vitrines, il commence à sérieusement se faire chier et décide donc de se rendre dans la ville voisine de Reading pour voir du peuple. Là il tombe amoureux d'une jeune fille qu'il suit de près sans jamais l'approcher, jusqu'au jour où il la kidnappe, après avoir longuement préparé son forfait dans la cave immense de son cottage pour l'y retenir prisonnière. Elle sera désormais son nouveau papillon de luxe.




Les acteurs sont assez brillants, pour commencer. Terence Stamp, dans son rôle de malheureux gredin, machiavélique et désemparé, cynique et heurté, et Samantha Eggar dans la peau de sa victime, sont stupéfiants. Et magnifiques, car si je n'en suis pas il me semble que Stamp dégage un charme certain dans ce film. En revanche je peux sans souci certifier que Samantha Eggar, de son vrai nom Victoria Louise Samantha Marie Elizabeth Therese Eggar, plus connue peut-être pour son rôle dans Chromosome 3 de Cronenberg, est ici d'une beauté comme on n'en croise pas tous les quatre matins. Pour en revenir aux personnages, l'intriguant est qu'on ne sait jamais exactement où ils se situent vis-à-vis de l'autre, et leurs caractères, finalement peu psychologisés, sont si intéressants et si précis qu'on aimerait les suivre beaucoup plus longtemps.




La musique du français Maurice Jarre (à ne pas confondre avec Jean-Michel Jarre, l'escroc qui a une touche de synthé à la place de chaque doigt, le piano électrique sur pattes qui est aussi l'époux castrat d'Anne Parillaud), Maurice Jarre donc, qui a fait les bandes originales de très nombreux grands films des années 60 jusqu'aux années 90, pour résumer, est également bien sentie, notamment dans ses multiples variations. Le scénario tient par ailleurs la route et la longueur. La mise en scène, sans être virtuose, est plutôt inspirée, qui jongle entre la poésie romantique et la démence violente qui se cèdent tour à tour le pas dans le récit. On peut aussi se laisser agréablement séduire par quelques séquences de bravoure, qu'elles soient le fait des acteurs, comme dans cette scène où Terry Stamp s'en prend au Catcher in the rye de J.D. Salinger et à Picasso, ou du cinéaste, notamment dans la scène de la salle de bain... Bref, fameux film. Même si on peut douter de la santé mentale de son réalisateur, William Wyler, qui avait déjà réalisé La Maison des otages. Petite obsession ? Ce n'est rien à côté du cas Bertrand Tavernier qui, à la fin des commentaires audios du dvd collector de The Collector, s'écrie, la fleur au fusil : "Et puis on a tous déjà rêvé de séquestrer une salope !" Non, Bertrand.


L'Obsédé (The Collector) de William Wyler avec Terence Stamp et Samantha Eggar (1965)

I, Robot

Il faut parler de ce film qui change de blaze dans chaque pays sauf en France. En Allemagne, on a droit au savoureux "Ich, Robot", en Espagne "Yo, Robot", en Italie "Io, Robot", en Afrikaans "Ek, Robot" donc rectifions le tir, et causons ensemble de « Je, robot ». Quel drôle de titre…

Nous autres les hommes, nous sommes assez naïfs pour croire que nous sommes les seuls capables d’adorer un film médiocre pour la seule existence d’une scène qui marque nos esprits par la présence d’une pure meuf filmée par un détraqué. Mais c’est une erreur que de placer nos amies les femmes au-dessus de ces considérations de bas étage. En effet j’étais ce week-end à une soirée lezbdo, spéciale gouines, et nous en sommes arrivés à causer cinoche et à débattre des dernières sorties ciné. Elles en allaient chacune son tour de leurs films les plus bandants : Carrie au bal du diable, Eyes wide shut, Out of Africa, Sliver mais encore 8 femmes de Francis Ozon. En gros, toute la filmographie de Sharon Stone. Oui car les lezbdos sont les pires des gars. Et puis la conversation a dérapé sur Je, robot. En effet, quand on se retrouve face à un mastodonte, un animal, de foire, à mettre en cage, tel que Will Smith, on se rassemble : lezbdo, homos, gays, « straight forward », tout le monde se retrouve pour triquer à l’unisson sur le torse velouté et chocolaté de Will Smith. I, Robot, cinquième minute, minute 5, le monde entier chope le barreau, Will Smith est sous la douche en pantacourt, dans une baignoire, le ventre mis en relief par un dirlo photo tout acquis à sa cause. L’émotion suintait des yeux de ce tas de lezbdos, gouines jusqu’au bout des ongles, tandis qu’elles évoquaient cette scène orchestrée par le marabout Will Smith, ces quelques minutes suffisamment marquantes pour que « Je, robot » devienne un bon film.

Un petit close-up...

Quelques mots sur Alex Proyas, le premier homme, en excluant bon nombre de joueurs de foot, qui m’a fait lâcher une larme quand j’ai appris qu’il n’était pas français. Je connais un Proyas dans le Quercy. Du coup je pensais qu’Alex Proyas était français. Je pensais le connaître...


I, Robot d’Alex Proyas avec Will Smith (2003)

30 novembre 2010

2012

Saloperie de film. J'ai décidé de vous en causer longuement parce que j'adore perdre mon temps. 2012 se place là dans la course aux pires films du monde. Il dure plus de 2h30. Le programme c'est l'histoire de la fin du monde annoncée pour 2012 par le calendrier Maya. Or, première objection, baser un film sur des prédictions qui datent de Mathusalem c'est déjà un pari, les Mayas que je sache ça reste un peuple bloqué à l'ère du moko je crois. Deuxième objection, il y a fort à parier pour que ce peuple se soit simplement éteint avant d'avoir fini le manuscrit de son calendar. Objections rejetées ? Rien à foutre. Au milieu de tout ça, John Cusackee va se révéler être un héros du quotidien prêt à tout pour embarquer ses gosses (une fille sympa et un fils gonflant) ainsi que son ex-femme (c'est donc exactement le pitch de La Guerre des mondes) dans un de ces vaisseaux construits en Chine, au pied de l'Everest, par l'union des gouvernements du monde entier pour servir d'Arches de Noé après la fin du reste du monde, englouti à tout jamais.




C'est le scénario le plus con à ce jour et chaque scène est une nouvelle somme de débilité. Les références à tous les films catastrophes les plus connus pleuvent à n'en plus finir : En pleine tempête, Titanic, Volcano, Pic de Dante, et jusqu'aux Dents de la mer quand Cusack lâche sans trembler le pathétique et sempiternel : "We're gonna need a bigger plane", en clin d'œil minable au "We're gonna need a bigger boat" du film de Spielberg. Ceci dit pour tout fan de John CuldeSac, c'est imparable, c'est un must-have. A un moment, tandis que lui et sa famille sont piégés au cœur de la fournaise du plus grand volcan de l'histoire du monde qui vient de se réveiller sous leurs panards malchanceux dans le parc de Yellowstone, et alors qu'ils auraient dû tous cramer comme des allumettes sous l'effet de la chaleur ambiante depuis déjà deux jours, Cusack se voit doublement pris au piège puisqu'il est coincé dans un camion filant tête la première dans une faille de type San Andreas qui s'ouvre béante sous ses pneus et qui dégueule à n'en plus pouvoir de la lave en fusion. Toute la sainte famille croit naturellement qu'il est décédé et hurle au désespoir quand soudain Cusack réapparaît, s'étant débarrassé Dieu sait comment du camion devenu barbeuk dans lequel il cuisait depuis cinq longues minutes, s'agrippant au bitume fondu avec ses longues mains de pianiste et sans avoir oublié de récupérer dans le fond de son bahut sa précieuse fiche de paie signée "Roland EmmeRich". Grand moment de cinoche. Très grand passage du film si l'on est un inconditionnel chevronné des facéties de l'acteur Cusack.




Ce qui est dommage c'est que le film dure 26 heures et qu'il se contente de nous montrer le moins intéressant. On n'a droit strictement qu'à la fin du monde avec tout ce que ça comporte de peaux de bananes et de cascades à répétitions aux quatre coins du globe (car c'est un film choral par-dessus le marché). A la fin la partie la plus nantie de l'humanité, qui a pu se payer un siège à bord de l'hideuse Arche de Noé, survit aux intempéries et s'aperçoit que suite aux mouvements des plaques terrestres, l'Afrique, nouveau toit du monde, est seule émergée. Alors ce résidu des plus gros connards de l'humanité vogue vers les bédouins toutes voiles au vent, à pleine vapeur. Et c'est là qu'éventuellement ça pourrait peut-être s'avérer intéressant. La fin du monde avec l'humanité toute entière qui se neigue, on s'en doute, ce qu'on ignore c'est après. C'est sûr qu'on a tous déjà vu une centaine de films d'anticipation écrits par des cons apocalyptiques voués à nous prédire l'avenir, tel que le récent I Am legend, mais ça reste un sujet drôlement cool et on est toujours avides de connaître une autre hypothèse foireuse sur l'avenir de notre sale race. De toute façon c'est une constante... Ces temps-ci le cinéma Américain, même le plus con et le plus populaire, part de scénarios potentiellement intéressants pour nous amener vers des films complètement abrutis. C'est le cas du fameux Inception, c'est le cas de The Box par exemple, qui soulève au départ quelques questionnements métaphysiques vus et revus mais toujours croustillants pour les laisser choir en deux temps trois mouvements au profit d'élucubrations débiles sur la planète Mars et sur la gueule recouverte de chair de phoque de Cameron Diaz. 2012 est une daube de plus à ce niveau-là aussi.




Ce que vous voyez là au-dessus, c'est un plan du film. Un Russe obèse, personnage dont on se fout éperdument, montre fièrement sur son cellphone une photo de sa famille à un John Cushack qui mate l'appareil du coin de l'œil en plissant les yeux. Ces trois russes sont effectivement hideux. Mais on voit surtout qu'il s'agit là d'un triste photo-montage créé par l'équipe technique du film : ces trois gourmands antipathiques sont grossièrement incrustés sur un fond bleu minable, avec à leur droite une fausse tour voulue typiquement Russe histoire de nous faire mordre à l'hameçon un quart de seconde. Le plan est effectivement très bref, d'où sans doute un certain je-m'en-foutisme assumé par l'équipe technique et la médiocrité de l'effet spécial. Mais je veille au grain. On ne m'aura pas. Ce plan que tu as délégué à ton pire sous-fifre, Emerich, je le capture en arrêt sur image et j'en fais ton étendard de pur tocard ! Tout le film est à l'image de cette photo, incroyablement mal fait. Au point que ça en est surprenant... Enfin certainement que compte tenu de l'étape actuelle de l'évolution des effets spéciaux hollywoodiens et des possibilités qu'ils offrent, ce film est plutôt "bien fait", j'en sais rien et je ne veux pas le savoir. Mais objectivement, pour quiconque n'en a cure de leurs petits trafics et de leurs jouets de milliardaires, pour quiconque mate ce truc avec des yeux neufs et neutres, le film est d'une laideur éclatante. De sorte qu'à force d'être cher c'est extrêmement gerbant. Un type comme Baudrillard a dit je crois que plus les effets spéciaux sont bien faits, dessinés minutieusement et au millimètre près pour un "rendu" optimal et des textures hyper-réalistes, plus ils permettent de remplir l'image de mille détails ultra précis, foisonnants et superfétatoires, et plus l'image finale paraît fausse (et laide). Parce qu'il y a dans le plan plus de choses que l'œil ne saurait en voir, ces films se targuant d'un soi-disant réalisme absolu, les infographistes hollywoodiens créent des images dont la fausseté saute droit aux yeux : c'est tout le problème de l'hyper-réalisme et les magnats d'Hollywood s'y empalent de plus en plus. Il suffit d'ailleurs de regarder les tableaux hyper-réalistes qui sont généralement extrêmement laids d'une part, qui ont tous les aspects du faux et de l'archi-faux d'autre part (et quand c'est bluffant le spectateur passe tout son temps à traquer l'erreur, un petit jeu qui atteint vite ses limites et en impose de cruelles aux œuvres en question). Visez-moi ce plan ci-dessous tiré du film par mes soins, qui est par ailleurs à l'image de tous les autres plans qui composent ce navet d'anticipation, et qui est une saloperie informe, atrocement mal éclairée, factice au possible, où chaque élément semble incrusté au petit bonheur la chance (je précise que l'acteur au premier plan n'est pas censé se trouver devant un écran, on doit croire qu'il est sur la piste de décollage) dans une composition invraisemblable et abominable :




Ce film est très éloquent de ce point de vue. Il est si merdique qu'il pointe facilement les énormes contraintes et la profonde nullité des films à l'heure actuelle entièrement composés par ordinateur, qui ne peuvent apparemment que ressembler à de très laides scènes cinématiques de jeu vidéo, lesquelles sont probablement réalisées par de tristes gens. Tout au long du film, Roland Emmereich se veut très moraliste, du genre gros humaniste qui fout les pieds dans le plat. A la fin de l'histoire, le petit blackos méga malin et bien gentil qui sauve pas mal de gens affirme avec aplomb : "On est là pour s'entraider. Il ne faut pas laisser mourir nos frères humains, il faut en sauver le plus possible". Et on a envie de devenir soi-même un socialiste à la manque et de lever les drapeaux à la manière de Josiane Balasko ou de Charles Berling pour dire à Roland Emmerich qu'il aurait tout aussi bien pu réunir l'énorme somme de fric qu'a coûté ce film minable, des millions de dollars, pour envoyer quelques colis de riz blanc en Afrique par exemple, ou chez Kouchnez à la limite, pour aider nos frères humains et les sauver d'une mort injuste, au lieu de réaliser ce gros amas de merde qu'est son film.

NOTA BENE : Dany Glover joue le président des Etats-Unis et il zozotte pendant tout le film. Woody Harrelson, quant à lui, joue un gros taré et il est excellent dans ce rôle, comme toujours quand il interprète un trépané (voir la meilleure scène du film : 27').


2012 de Roland Emmerich avec John Cusack (2009)

28 novembre 2010

The Reader

La dernière chose à dire sur ce film, c'est qu'il est incontournable pour tout(e) fan de Kate Winslet. Elle évolue pendant toute la première moitié du film, qui dure une heure. Et aussi dans la seconde moitié du film, qui dure également une heure. C'est un festoche Winslet. De face, de dos, de face à nouveau, de côté, de profil, allongée, accroupie, debout, assise, couchée, dans le bain, sur le pieu, sur la selle, à califourchon sur un gosse, et j'en passe et des meilleures, et affublée d'un terrible accent allemand (j'ouvre ici une parenthèse pour préciser que l'histoire se passe en Allemagne, mais, parce que c'est un film Américain, tout le casting est américain et prend l'accent allemand en parlant Anglais, sauf l'unique Allemand de l'équipe, le seul acteur célèbre outre-Rhin, j'ai nommé Bruno Ganz, qui parle anglais avec un accent british remarquable et qui sert de caution germanique au film, et quel acteur ! Il a quand même su nous faire kiffer Hitler pendant une heure et demi... Bref, c'est un film Américain situé en Allemagne où des acteurs américains déblatèrent en Anglais avec l'accent bavarois... J'arrête ici cette parenthèse déprimante), et je retourne à Winslet pour dire qu'avec quatre ou cinq scènes passées à chialer, un vocabulaire voulu trash, des séquences d'accouplement assez crues, et un rôle de Kapo nazie repentie, c'est réunir toutes les conditions i-dé-ales pour faire main basse sur l'Oscar de la meilleure actrice. Et ça n'a pas raté !




Le film est littéralement coupé en deux. On a droit à deux films en un. Le premier, qui dure donc une heure, c'est Kate Winslet dans le rôle d'une Allemande analphabète sans le rond qui se retape un petit lycéen au physique balbutiant. A la fin de cette première partie les deux amants cessent enfin de se fréquenter. Le second film, qui s'étend sur un peu plus de trois quarts d'heure, puisqu'il dure précisément une heure, c'est l'histoire de ce jeune amant devenu étudiant qui est désormais en fac de droit, dans le pénal, et qu'un professeur émérite (le fameux Bruno Ganz'ta rap) invite au tribunal pour assister au procès d'un groupe d'anciennes nazies jadis chargées de garder les détenues de certains camps et qui comparaissent l'une après l'autre car elles sont présumées responsables de la mort de plus de 300 juives. Au banc des accusées, Kate Wetslip.




A la fin du film (vous pouvez me remercier de vous en épargner la vision en asseyant mon énorme cul sur tout suspense, mais vous pouvez aussi arrêter de lire cet article à cet endroit), elle se laisse condamner à la prison à perpétuité à la place de ses anciennes camarades nazies en affirmant avoir elle-même donné certains ordres d'exécutions écrits, alors qu'elle est analphabète, assumant ce mensonge précisément pour cacher sa tare et garder le secret de cette incapacité à l'écriture qui lui fait honte. Au final, son ancien amant, qui a assisté à cette condamnation volontaire avec un walk-man sur les oreilles, est devenu un homme assez charmant incarné sans effort par Ralph Fiennes, ce comédien à la gueule d'ange des Carpates ! Notre avocat frais émoulu se rappelle soudain de la Kapo qui l'a dépucelé du haut et du bas et qui dépérit en taule depuis des lustres, et lui envoie en prison une collection de cassettes audio sur lesquelles il s'est consciencieusement enregistré en train de lire des livres, afin de permettre à son ex d'apprendre à écrire. Elle envoie de fait des tonnes de courriels à son ex-amant pusillanime qui ne lui répond que par de nouveaux enregistrements littéraires. Le jour où elle doit être enfin libérée, elle se pend, n'oubliant pas de léguer le peu de fric qu'elle possédait à l'unique juive rescapée des massacres nazis auxquels elle a assisté. Je viens de réaliser sous vos yeux ce que Stephen Daldry, le réalisateur de cet étouffant long métrage, n'a jamais pris le temps de faire : écrire le script.




La première moitié est aussi longue que morbide. La seconde est trop courte pour se mesurer à l'ampleur du sujet qu'elle prétend traiter. Le tout est non seulement assez pénible mais souvent très mauvais, en vérité mal fait. On dirait que Daldry essaie de causer aux uns dans un premier temps puis aux autres dans un second, en juxtaposant finalement deux films disjoints et aussi boiteux l'un que l'autre. Causer à tout le monde c'était déjà l'apanage de Sydney Pollack et d'Anthony Minghella après lui, qui ont tous deux produit ce film qui leur est dédié car ils sont tous les deux morts à quelques jours d'intervalle en le regardant.


The Reader de Stephen Daldry avec Kate Winslet et Ralph Fiennes (2008)

27 novembre 2010

Secret Défense

Je vais vous parler de Secret Défense de Philippe Haim. Un film qui a reçu des critiques relativement positives de la presse à sa sortie, notamment par les tocards de DVDrama et Brazil (les potes de Rémi). La solidité du scénario, de la reconstitution et le jeu des acteurs sont loués par la plupart des critiques.

Et pourtant c'est une très grosse merde. Mon argumentation s'arrêtera là, je pense avoir dépensé assez de minutes de mon temps pour vous parler de ce film. Mention spéciale à Nick Duvauchelle et son histoire à deux balles. Voici donc mon conseil appuyé : passez votre chemin.

PS : Si comme moi vous aimez voir subrepticement une poitrine de dame, en l'occurrence Vahina Giocante, arrêtez-vous à 13min38sec.




Secret Défense de Philippe Haim avec Gérard Lanvin, Nicolas Duvauchelle et Vahina Giocante (2007)

23 novembre 2010

Dog Pound

D'après les petits extraits que j'avais déjà vus de ce film, je m'attendais à infiniment pire de la part de Kim Chapiron déjà auteur du difficilement supportable Sheitan et figure de proue du collectif Kourtrajmé. Finalement, il s'agit d'un film de taule correct, d'un thriller carcéral plutôt bien mené qui suit le devenir de trois jeunes envoyés en prison pour mineurs. C'est pas mauvais. Ça se regarde sans mal, et malgré qu'on y trouve peut-être tous les passages obligés de ce genre de film (on attend la sodomie, qui survient un peu tard), ça passe. Chapiron semble avoir gagné en maturité, perdu en lourdeur et en débilité, et il s'avère tout à fait capable de faire grimper une certaine tension, de filmer la violence sans complaisance. Les acteurs s'en tirent pas mal. Ça pourrait tout à fait être le film d'un honnête faiseur américain anonyme, parce qu'à part ça, ça laisse peu de souvenir, "aussitôt vu aussitôt oublié" pourrait-on quasiment dire, on ne sent pas vraiment le regard d'un cinéaste sur ce sujet sociétal (à savoir : que faire de nos jeunes clébards enragés ?). On dirait qu'au lieu de l'ouvrir pour nous déblatérer des banalités ou des conneries, Chapiron a choisi de s'appliquer à la fermer.


Dog Pound de Kim Chapiron avec Adam Butcher et Shane Kippel (2010)