1 juillet 2013

The Box

Après Donnie Darko, on attendait tous le nouveau bébé de Richard Kelly. Il a bien sorti Southland Tales mais personne ne l'a vu. Donc on attendait toujours le film d'après Donnie Darko. Or, que constate-t-on devant The Box ? Que Richard Kelly a subi le sort de l'avion dans son premier film phare : il s'est crashé. Commençons par le début : toc, toc, toc. Qui est là ? Frank Langella. J'ai une mallette et une proposition indécente pour vous. Ok, je t'ouvre, je suis trop conne, je suis Cameron Diaz (truisme). En quoi consistent les termes de ce dilemme machiavélique ? Une valise contenant 500$ (soit 238€) offerte à celui qui osera appuyer sur le bouton rouge d'une grosse boîte, lequel bouton, une fois actionné, entrainera la mort d'un être humain au hasard dans le monde. Pour ce qui nous concerne le défi serait vite relevé. Nos loyers respectifs coûtent la bagatelle d'environ 600 doublons par tête de pipe. Et cinq cent dollars américains c'est pile ce qui nous manque pour finir le mois en général. En outre on a déjà tué un ouvrier de la DDE un matin brumeux sur l'autoroute, qu'on a retrouvé sous notre capot en arrivant chez nous après cinq heures de trajet. On a mal dormi de toute une nuit mais en buvant deux ou trois verres de lait sucré (le lactose permet d'endormir les bébés), c'est passé et finalement on a pu pioncer. Donc nous sommes rodés.


Un billet de 500 dols ou la vie d'un quidam ? James Marsden et Cameron Diaz hésitent. Ils n'ont pourtant pas hésité à saloper leur appartement avec un papier peint susceptible d'ôter la vue et la vie. Le cinéaste se focalise sur cette tapisserie à motifs "ruche d'abeille" typique des 70s qui nous accapare totalement et qui nous pousse à nous questionner sur cette génération dorée qui avait un goût de chiotte à tout rompre mais qui avait aussi le génie d'aller marcher sur la lune.

Quand, en 2010, t'as Cameron Diaz qui fend ton affiche en deux, quand c'est la star de ton film, quand c'est ton argument sexy, t'as quelques wagons de retard et tu fais pitié. Cameron Diaz a accepté le rôle parce qu'elle y voit double et qu'elle a cru lire "The Botox" sur le scénario. Elle s'est dit : "Ouais je m'en injecte un biberon tous les matins, donc porqué no". Quand la star féminine alléchante de ton film c'est Cameron Diaz et quand son personnage de prof de lycée souffre d'un horrible pied-bot qu'elle exhibe sous le nez de ses étudiants écœurés, t'as tout simplement un petit grain. Quand la star masculine de ton film c'est James Marsden, que tout le monde confond avec Michael Madsen, Guy Pearce et Mads Mikkelsen, t'es dans le tiers monde du cinoche mais t'as au moins sous la main un acteur qui assure ses propres cascades sans être assuré.


Ne vous y trompez pas, elle commence par les prendre en traitre en leur montrant son pied normal, et pourtant y'a déjà un étudiant qui détourne la tronche au premier plan, dégoûté par la vie.

La première heure de ce film situé dans les années 70 sans aucune raison apparente nous montre tous les personnages qui déambulent devant le bouton rouge en le jaugeant et en roulant les épaules comme des sardines serrées dans une boite entre l'huile et les aromates, hésitant à appuyer une bonne fois pour toutes sur le champignon quitte à se foutre dedans, comme un candidat de Question pour un champion qui connaît pas la réponse mais qui l'a sur le bout de la langue, excité en prime par un Julien Lepers dopé à mort. Dans ce film Lepers c'est Frank Langella et il a la gueule défoncée (il en manque la moitié, et on se rend compte qu'il y a des trucs essentiels sur un visage en le regardant), car c'est en fait un extra-terrestre envoyé là pour... on s'en rappelle plus. Le film est tiré d'une nouvelle de feu Richard Matheson, le célèbre pourvoyeur d'idées en or et/ou en contreplaqué du cinéma de genre hollywoodien quand ce dernier s'est enfin lassé de Stephen King ou de Philip K. Dick. C'est à ce génial vivier humain de scripts que l'on doit par exemple Duel, Je Suis une légende, L'Homme qui rétrécit, et ainsi de suite. C'est l'homme de la situation quand il s'agit de trouver une idée simple, accrocheuse et cinégénique qui s'étalera sur 90 minutes. Mais parfois ses idées sont trainées dans la boue, la preuve.


The Box de Richard Kelly avec Cameron Diaz et James Mardsen (2009)

11 commentaires:

  1. J'ai lu le résumé complet sur le wiki anglais, ça a l'air POURRI comme film, et comme histoire d'ailleurs. Pas sûr que Matheson n'ait écrit que des tueries, il a peut-être aussi écrit de grosses daubes !

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    1. La nouvelle est une histoire simple et accrocheuse qui se lit avec plaisir et en un clin d’œil, avec un petit retournement final assez bien vu, comme souvent chez Matheson. Le film en est très éloigné. Dick Matheson n'approuvait déjà pas l'épisode de Twilight Zone basé sur cette histoire, nul doute qu'il a dû prendre un bon coup de vieux devant le film de Dick Kelly.

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    2. C'est un jugement à l'emporte-pièce. Ce Joe G. n'aurait-il pas lu l'oeuvre de Matheson qu'au travers de wikipedia anglais?

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    3. En tout cas, si le film Duel est complètement génial,la nouvelle est vraiment excellente! L'ayant lu après avoir vu le film, je ne m'attendais pas à être rembarqué comme ça dans l'histoire, et pourtant...

      The Box c'est absolument niaiseux de bout en bout, saupoudré d'un mysticisme de bazar bien cher à Richard Kelly. On est loin de Matheson et c 'est bien la preuve définitive que Donnie Darko était un miraculeux accident de parcours. Nul nul nul!

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  2. Une chouette petite rétrospective des œuvres de Richard Matheson portées au cinéma est à lire sur le blog d'Olivier Père :
    http://www.arte.tv/sites/fr/olivierpere/2013/06/26/richard-matheson-1926-2013/

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  3. Ahhh une bonne chronique bien pétée comme on les aimes ! De mon côté, vu la boiboîte il y un certain temps et j'en garde un bon souvenir, des milliards de défauts mais c'est ce qui rendait le film attachant je trouve. Pour le ridicule on ne sait jamais trop si c'est volontaire ou pas... Mais vu que ce réalisateur brandissait déjà le chibrage de cerveau et le conglomérat d'images et personnages hors sujets dans Southland Tales, on peut se poser la question. Et puis Fetichisme + Cameron Diaz c'est quand même plus étrange et rigolo que Fetichisme + Marion Cotillard.

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    1. Juliette Boniche1 juillet 2013 à 12:48

      "Fetichisme + Cameron Diaz c'est quand même plus étrange et rigolo que Fetichisme + Marion Cotillard", mais c'est tout aussi douloureux pour les yeux !

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  4. The Secret Boxes à dollars de Cameron Diaz et de James Mardsen (allusions sexuelles^^) ? C'est peut-être là le sujet et l'intérêt de The Box, vu tout l'intérêt que Richard Kelly porte aux figures importantes de l'Amérique moderne : star du porno et de cinéma (réf. Southland Tales).

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  5. D'accord avec vous. Une excellente idée de départ, un début prometteur, pour au final se perdre dans un film long, lassant, avec des acteurs peu crédibles... A éviter

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    1. Le Chat de Chester9 juillet 2013 à 14:01

      Tout pareil ! Du vrai gâchis ! :(

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  6. Je l'ai trouvé mignon tout plein, The Box!
    un peu simplet et pas toujours très prenant, mais quand même... Ces plans qui viennent te retourner la rétine au moment où tu t'y attends le moins..

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