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10 juin 2017

Clones

L'idée est simple et elle a le mérite d'être exposée en deux minutes chrono pendant le générique d'ouverture du film : tous les hommes et toutes les femmes sur terre ont désormais un double, une sorte d'avatar personnel robotique en tout point identique à son original de chair et de sang bien que plus beau et plus perfectionné, une sorte de substitute, comme Vikash Dorazoo. Le sportif français, souvenez-vous, qui a filmé en Super 8 ses propres potes plus balèzes que lui balle au pied, qui gagnaient le mondial à sa place pendant qu'il cirait le banc de touche avec les coiffeurs et son nouveau pote, Fred Poulaga. Il paraît que dans la vraie vie, quand ses collègues commentateurs sportifs sont sur M6 le dimanche à une heure du matin, le vrai Vikash fait des passements de jambes avec leurs compagnes et compagnons, et se paie le luxe de filmer ces scènes en 35 mm. Razodoo mate M6 chez eux en se substituant à ses collègues de boulot dans leur canapé et en substituant au programme foot l'ancien film érotique qu'il transforme en nouveau porno.




Les gens du film ont donc un substitut qu'ils trimballent par téléguidage neuronal grâce à un genre d'ordinateur cérébral personnel, tout en restant le cul vissé à la casbah, afin que leur double accomplisse toutes les tâches de la vie quotidienne qui les font chier. C'est une idée simple comme bonjour et qui nous faciliterait bien la vie si ça existait vraiment. On pourrait s'en servir pour aller pointer au pôle-emploi, cet endroit qui fout la gerbe, ou pour faire un saut chez Lidl et mettre la main sur un gros lot de rouleaux de papier-cul au dernier moment (et une ou deux bouteilles de Yop, toujours !). Pour les tâches plus agréables, comme faire des roulés-boulés sur le plumard, là adios le substitut et welcome la vie. C'est une bonne idée de scénario donc. On pense beaucoup à Minority Report devant ce film, sauf que c'est infiniment moins bien. En revanche c'est plus simple, parce que Minority Report est cool mais compliqué ! Je le pige un peu moins à chaque fois que je le revois. Autre différence notable entre le film de Spielberg et celui de Mostow : ce n'est pas le Giant Coocoo de la scientologie qui mène la danse ici mais l'inaliénable Bruce Willis (cet homme si beau). Pour ne rien gâcher, à un moment il s'habille en Prada, comme dans Pulp Fiction, quand il retourne chercher sa montre aux mécanismes encore incrustés de fientes paternelles chez lui pour trouver Travolta sur les cabinets, avec ce "blue jeans" plus "blue" que "jeans" tellement il est blue, d'un blue ciel qui rappelle que si le ciel avait cette couleur on serait aveugles, heureux mais aveugles, et ce jean blue clair surmonte une paire de reebok blanches pour un assortiment des plus tonitruants : il n'est que Bruce qui puisse porter ce cocktail explosif dignement, et qui le porte à merveille.




Clones (qu'il convient de prononcer "Clonès", en hommage à son intitulé d'origine mexicaine : "Surrogatès") bénéficie en outre d'un scénario dans lequel il ne se passe pas tant de choses que ça, contrairement au rapport minoritaire assez touffu de Philip K. Dick, et ce n'est pas un mal, Mostow étant toujours plus à l'aise quand le script est vide. Au rayon des influences, le film fait aussi penser à They Live de Carpenter, via les faux-semblants, la tentative de réellement voir ce qui se trame autour de soi, avec aussi ce groupe de rebelles à priori plus clairvoyants que la moyenne, qui vivent dans une sorte de bidonville et qui sont guidés par un oracle noir à dreadlocks fan de reggae. En effet, Clones évoque, par sa modestie, quelques films d'action des 90s, et, par son aspect, certains fleurons du cinéma des 70s, sans atteindre la cheville des meilleurs opus parmi les uns comme parmi les autres. On le préférera néanmoins, et sans difficulté, au très médiocre Looper, qui lorgnait récemment dans la même direction avec là encore le bulbe de Bruce Willis en crâne d'affiche.




Le film de Jonathan Mostow est pas mal du tout même si évidemment il n'est pas génialement filmé, interprété, monté, étalonné et diffusé. Son plus gros défaut, ce sont ces quelques plans un peu trop penchés sur le côté sans raison (tic qui s'était généralisé dans l'instant classic Batterfield Earth, et se veut bizarrement encore très actuel puisqu'il est utilisé jusqu'à la nausée dans Star Trek ou Thor). On est ici loin tout de même de la mise en scène 24 Heures Chrono, avec une caméra portée qui s'astique dans tous les sens et qui zoome insupportablement tous les 24 millièmes de seconde chrono. En somme il faudrait parler de sobriété pour éviter de dire que le film est filmé le plus simplement du monde, comme une merde. Non le vrai défaut du film c'est un certain manque d'humour. D'ailleurs Bruce Willis, quoique superbe comme à son habitude, est un peu éteint, et il y a fort à parier pour que ce soit dû au trait tiré au marqueur indélébile par Jonathan Mostow sur le légendaire esprit potache qui caractérisait jusqu'ici la plupart des (grands) rôles de l'acteur. Son personnage est même très lisse ! Pour prendre la défense du condamné d'office Mostow, ce n'est certes pas sans rapport avec le propos du film, car ce manque de personnalité ou de caractère est là pour appuyer l'idée que tant d'années passées à se cacher derrière un double parfait et inintéressant ont affadi les hommes dans leur for intérieur. Il aurait semblé peu logique que le double de Bruce Willis soit le seul être humain au monde à se montrer caractériel, marrant et original, à l'image de son personnage mémorable dans Le Dernier samaritain. C'est juste un mec qui a envie de revoir sa vraie femme (Rosamonde Pike), parce qu'il sait qu'elle souffre et qu'elle se drogue derrière ses aspects substitutifs d'américaine moyenne propre sur elle aux traits copiés collés sur ceux de Vikash Dorazoo.




De nombreuses études ont été menées pour savoir si les gens accepteraient de vivre dans un monde factice et virtuel (dans lequel ils seraient projetés grâce à des électrodes branchées à leur cerveau), un monde agréable où ils seraient riches et heureux, tout en sachant leur enveloppe charnelle "réelle" en parfaite sécurité, dans un monde concret où leur personne a contrario serait pauvre et déprimée. A cette question les gens répondent majoritairement qu'ils ne resteraient pas dans le monde "faux", par pur et simple refus du virtuel… Un choix édifiant qui démontre bien la portée de cette vaste question, passionnante en soi, que le film pose en passant, et je l'en remercie. Merci monsieur Mostow.




Pour poursuivre sur les qualités du film, on peut regretter tout de même quelques petites bizarreries dans le scénario. Comme l'idée qu'un seul gringalet, le créateur de tout ce bordel, puisse contrôler tous les substituts du monde, épaulé par un gros geek, obèse et affublé de cheveux gras, d'un front huileux, d'un vieux bouc, d'un nez retroussé et de grosses lunettes, comme tous les geeks représentés au cinéma. Autre point positif, le tout manque peut-être d'ampleur, notamment à la fin, dans la scène où tous les clones s'écroulent d'un seul coup, séquence qui aurait pu être grandiose, mais le film semble étonnement guidé par une volonté farouche d'humilité, se rangeant avec modestie dans la lignée des petits films de genre qui ne laisseront pratiquement aucun souvenir, mais qui n'écorchent pas la rétine, et ce en refusant notamment l'imparable gouverne de l'effet spécial tout-puissant. Si le film est bien d'aujourd'hui, comme en témoigne son absence un peu cruelle d'humour, il est par ailleurs, et comme nous l'avons déjà dit, marqué d'un style très années 70. Or, alors que le scénario le réclamait presque, les "robots" ne sont pas réalisés en images de synthèses, ils sont incarnés par les acteurs eux-mêmes, simplement maquillés pour sembler plus parfaits, plus lisses et plus laids, et ressembler à Vikash, ce qui renforce la parenté entre le clone et son original et favorise la crédibilité des substituts. Automatiquement on y croit bien davantage qu'à tous ces films hideux qui ne jurent que par la motion capture, ce qui est très finement vu de la part de Mostow. Il y a bien des effets spéciaux dans le film, mais ils sont justifiés puisque celui-ci a précisément pour sujet l'invasion du quotidien par "l'image fausse" : une fois de plus, excellente idée de sieur Mostow. Autant d'arguments qui donnent envie de célébrer cette œuvre simple, modeste, et réussie (bien que non-exempte de défauts énormes qui le rendent parfaitement secondaire et totalement oubliable), surtout quand on la compare au marécage puant qu'est le cinéma d'action américain actuel, que Jonathan Mostow incarne à lui tout seul avec panache et distinction.


Clones de Jonathan Mostow avec Bruce Willis, Radha Mitchell, Ving Rhames et Rosamund Pike (2009)

11 janvier 2017

In a Valley of Violence

Ti West s'essaie au western et s'entoure, pour la première fois de sa carrière, de deux vedettes : Ethan Hawke et John Travolta, dont l'affiche nous promet la confrontation. Nous étions donc très curieux de voir le résultat, d'autant plus que, malgré les déceptions, Ti West reste un cinéaste au potentiel évident. Malheureusement, il est aussi comme cet élève auquel le prof dit toujours "peut mieux faire". Peut-être par manque de confiance en lui, par je-m'en-foutisme ou par bêtise, West déçoit et frustre systématiquement. Ce réalisateur est clairement limité, c'est un fait, mais il cède aussi aux attraits d'un certain confort, avec la volonté de plaire aux amateurs de 'ti films de genre, s'en tenant à sa formule toute faite et facile, qui mêle un ton de série B directe, efficace et à l'ambition affichée avec un second degré forcé et un scénario trop maigre, dénué de toute dalle terrassée en béton armé susceptible de le retenir au sol face au vent.




In a Valley of Violence se regarde sans déplaisir mais le réalisateur semble se complaire dans ce ton semi-décalé qui parasitait déjà certains de ses précédents films et l'empêche de prétendre à signer des films d'une plus grande envergure. Et pourtant ! On a quand même droit à vingt minutes de perfection, qui expliquent la présence de ce film dans tous les tops de fin d'année (signés par les gens un peu éclairés disons). Pendant ces vingt minutes initiales, Ethan Hawke étale toute sa classe : il est beau comme un cœur. Ethan assume enfin ses rides, ses cicatrices, les ravages de son acné et ses innombrables stigmates dus à mille problèmes de peau. La séquence d'ouverture est un pied de nez à tout le cinéma de Tarantino, qu'elle fera crever de jalousie. Soulignons la qualité des dialogues, la plume de Ti West (qui faisait déjà des belles choses dans Innkeepers, malgré de gros gros temps morts dus à ces dialogues abscons qui rendaient le film à chier). Et puis durant ces vingt premières minutes, Ethan Hawke est accompagné par le meilleur chien vu à l'écran depuis Belle Lurette (le chien errant qui prenait des coups de genoux des passants à la sortie des usines Lumière dans le film La Sortie des usines Lumière des frères Lumière, dont le titre intégral était à l'origine "La Sortie des usines Lumière et le chien qui prend des gros taquets", plus long à prononcer que le film à regarder).




On adorerait suivre Ethan Hawke et son chien pendant 1h15, sans scénario, un Lucky Luke des temps modernes où Jolly Jumper aurait troqué sa place contre un chien des quais. Hélas, Ti West nous prive de ce régal et se réfugie dans un schéma très classique de film de vengeance, faisant de la mort du chien le pivot de l'intrigue et le motif (un peu léger) d'une fusillade géante, de la mise à mort méthodique de toutes les personnes impliquées de près (ou de très loin : un village entier) dans la mort de l'animal. On perçoit bien la volonté chez Ti West de tourner en dérision le genre en remplaçant l'habituelle épouse égorgée (ou autre famille ratiboisée) du héros rangé des bagnoles par un chien de prairie, et en clôturant le film sur une sorte de blague absurde...




... mais au lieu de franchement se marrer (Ti West n'allant pas assez loin, et ne faisant pas toujours dans la dentelle), on regrette que les personnages, par ailleurs bien croqués et bien campés par des acteurs qui ont foi dans le projet, n'aient pas droit à une histoire à leur hauteur. C'est vrai d'Ethan Hawke lui-même mais aussi de John Travolta, qui a fière allure, assume enfin son âge (43 ans), tient bien son rôle de shérif dégoûté par son propre fils (ne sachant plus quoi en faire), et se montre consterné par la tournure des événements (on dirait que le personnage connaît le scénario, quand il n'arrête pas de répéter : "Mais c'est tellement con !"). Enfin... In a Valley of Violence reste le 15ème meilleur film de l'année, pour les gens un peu éclairés et au fait de l'actu ciné.


In a Valley of Violence de Ti West avec Ethan Hawke, John Travolta, Taissa Farmiga, Karen Gillan et James Ransone (2016)

26 janvier 2014

Volte-face

Nous venons de recevoir un mail de la part d'un lecteur qui voulait nous faire part de son admiration pour Volte-face et pour le courage de son duo d'acteurs. Voici ce mail tel que nous l'avons découvert dans nos spams :

Chers ilaose, 

Je vous écris car je lis souvent votre blog qui fait justice à ce noble art qu'est le cinéma. Je voulais alors vous parler d'un film pas assez reconnu a sa juste valeur : Volte-face de Tom Woo. 

Je suppose que vous recevez beaucoup de mails mais j'espère que vous prendrez le temps de me lire, même si je comprendrais que vous n'avez pas le temps.

J'ai jamais compris pourquoi on ne parlait pas plus de la prouesse technique de Volte-face. Pour les besoins techniques d'un film, deux acteurs ont accepter de faire des greffes mutuelles de visage. Ces deux acteurs n'avaient rien à prouver, que sont John Travolta, star de Grease Anatomy, et Nicolas Cage, technicien de l'ombre du chef-d'œuvre (une étoile dans Ouest-France) d'Hitchcock Les Nicolas Oiseaux. Cette opération n'était pas évidente médicalement. Elle constituait (et toujours) une première pour la médecine. Et pourtant ils l'ont fait. Pas pour la science, mais pour le cinéma. Mais ni la science, ni le cinéma ne les a reconnus à la hauteur de leur sacrifice. Au lieu de ça on préfere s'extasier pour des acteurs qui prennent 300 kg pour un film. Le cinéma est a l'image de ce monde : malade.

 


Désolé de terminer sur cette note négative mais je tenais à vous écrire ça car je vous adore. 

Merci de votre lecture, et bonne année 2011 !
Stéphane Udronc


Volte-face de John Woo avec John Travolta et Nicolas Cage (1997)

13 décembre 2010

The Tourist

Quand j'ai découvert l'affiche de ce film j'étais sur le cul. J'avais entendu dire qu'un remake d'Anthony Zimmer était sur les rails mais j'y croyais pas. Aussitôt dit aussitôt fait. C'est vrai qu'ils sont allés vite pour le torcher ce film-là. Avec un tel matos de base aussi... une vraie mine d'or. Je vous le remets en mémoire : dans l'original, Yvan Attal, au top de sa forme, marchant sur l'eau, prend le TGV Paris-Marseille. C'est une nouvelle ligne, et il prend son pied parce que c'est la première fois qu'il va aussi vite. En face de lui, en 1ère classe, vient s'asseoir celle qu'on ne présente plus : Sophie Marceau. Sophie Marceau en quelques chiffres : membres de son fan-club ? In counting... Chaque seconde c'est mille fans de plus. Braveheart, 36 oscars, elle fait la nique à Mel Gibson, rien que ça, rien que lui ! La Boom, La Boom 2, le 3, le 4, autant de "boom" dans le box office mondial. 36 000 couvertures du magazine Elle, dont la moitié tapissées de microbes et de semence dans les salles d'attente des bons dentistes. Oubliez Garbo, Bardot, Romy Schneider et toutes ces starlettes d'un soir. Marceau c'est Anna Karénine, c'est les plus grands rôles, les plus grands personnages de la littérature écrits plusieurs siècles avant sa naissance rien que pour elle. C'est Camille Claudel, c'est Laure Adler, c'est le Décalogue. En bref, Sophie Marceau c'est une bonne actrice, et on oublie trop souvent de mentionner son talent, parce qu'elle joue vraiment mal, même quand elle est dans son propre rôle en interview. Elle est chiante comme la pluie, rarement vu quelqu'un d'aussi creux, mais on l'adore.




Bref dans Anthony Zimmer c'est Marceau qui vient s'asseoir pile en face du siège d'Attal, genou contre genou. Croyez-moi, Attal voit rouge et passe tout le reste du film à essayer de se sortir de ce guêpier. Qu'un gars comme Attal se fasse draguer par Marceau, mais moi j'achète, j'ai marché, je marche, je cours. Et ce scénario cousu de fil de blanc, j'étais persuadé que les ricains allaient bientôt nous le voler. L'exception culturelle française mon cul ! Tout ce qu'ils achètent on le leur vend... Et si encore ils faisaient leur boulot, ces photocopieuses de mes deux...




Revenons donc au cas The Tourist. Et concentrons-nous peut-être sur le choix du couple vedette : Angelina Jolie et Johnny Depp. Erreur au casting. Yvan Attal est interprété par Angelina Jolie et Sophie Marceau par Johnny Depp. Ils se sont trompés de sièges dans le teoz, et se sont aussi trompés sur l'affiche, matez voir les blazes, ils sont pas du bon côté. La vieille règle de l'ordre alphabétique, il faut parfois s'asseoir dessus, amis graphistes à la noix. Y'a aussi le "O" de "Tourist" qui est ressorti en noir à l'impression mais je suppose que c'est un détail à côté de l'inversion des rôles qui nous rappelle Volte-face, le chef-d'œuvre de John Woo, réunissant les deux stars les plus brillantes d'Hollywood : John Travolta et Nicolas Cage, de quoi peut-on rêver de mieux ? Quand t'as deux phénomènes comme ça, deux monstres, tu poses ta caméra, tu les bloques devant, et t'attends l'étincelle. Mais retournons à The Tourist parce que j'arrête pas de foutre le camp de cette critique mais faut s'y coller, The Tourist donc, ce goof diffusé à grande échelle, volontaire ou pas ? J'en sais que dalle. L'idée de ces cons de ricains : inverser les sexes. L'idée se tient. Jusque là tout va bien. Mais les acteurs en présence posent question.




Parlons du cas Angelina Jolie. Grande actrice ? Tous les goûts sont dans la voiture, comme dirait mon père, certes mais celui-ci doit venir d'un coin très reculé de notre écosystème. Elle remplace Yvan Attal. Or, Attal c'est l'homme qui a pris le cœur de Charlotte Gainsbourg, c'est Dom Juan... Elle a séduit qui, Jolie ? Brad Pitt ? Le plus bel homme sur Terre ? Dom Juan aussi, Jolie ? J'en sais rien. Je suis paumé.




Allez passons à Depp, sur lequel il y a tant à dire. Depp ! Depp... L'homme qui voulait vivre sa vie, une pure icône, une légende vivante urbaine, un idéal masculin, dire du mal de lui c'est s'attirer toutes les foudres, c'est se faire Judas. Mais Depp... L'homme connu pour choisir ses rôles... avec une liberté sidérante et avec un soin de maniaque en prime... Il choisit de tourner le remake d'Anthony Zimmer ! Et après avoir tourné dans les 36 suites des Pirates des Caraïbes, ahah ! Pirates de Caraïbes c'est quoi ? C'est l'adaptation cinématographique d'une attraction de Disneyland Paris. Je l'ai pas inventé ça ma parole, c'est connu, c'est dans toutes les bonnes encyclopédies consacrées au 7ème Art. Depp choisit si méticuleusement ses rôles qu'il a choisi de tenir le premier rôle de l'adaptation cinématographique d'un manège. Ma foi. Il faut de tout pour faire un monde. Le bonheur des uns fait le malheur des autres. C'est comme aller au parc du coin, faire un tour de balançoire, trouver ça géant, être gonflé à bloc de sensations et réaliser un film là-dessus où on verrait les gens se balancer. Après tout Pirates des Caraïbes c'est jamais que des gens qui se balancent dans un bateau à l'épreuve des vagues et qui reçoivent un peu d'écume dans la gueule entourés de trois esclaves : Keira Knightley, Pénélopé Cruz dans le prochain, et l'inénarrable gueule d'ange Orlande Bloom. Dans le genre série sur les caraïbes je préfère de loin "Cœur Caraïbes" avec Vanessa Demouy. Marceau, Demouy, même combat. Donc Depp, revenons-y... il choisit ses films celui-là. Soit. Et pendant ce temps sa femme revient régulièrement en France nous susurrer des conneries dans un anglais qu'elle ne maîtrise pas et avec une voix de frein à main. A d'autres. A d'autres Depp. L'homme qui a appelé ses deux filles Lilly Rose et Wilson Oruma.




Vous avez vu ce look d'enfer ? C'est le dernier en date, qu'il se traîne aux avant-premières de sa dernière merveille... Costard deux pièces en tweed surmonté d'un foulard mauve, chapeau melon, bottes de cuir, lunettes aux verres teintés de mauve également, cheveux raides comme la justice, visage maquillé à la Michael Jackson et lisse comme un testicule, raie au milieu qui doit certainement mener tout droit vers un trou de balle impeccable parce que la seule raie comparable à ça c'est celle d'un cul. Ok il a été beau, il l'est toujours. Je suis pas en train de dire que Johnny Depp est laid, je ne suis pas fou, d'ailleurs j'accepte qu'il reprenne le rôle de Marceau, je trouve que c'est donnant-donnant. Il est peut-être beau le matin, il est peut-être du matin... Faut s'envoyer un tas d'antidépresseurs pour vivre avec les petites Lilly Rose et Nelson Mandela, ça l'a peut-être amoindri, abîmé. Il ressemble comme deux gouttes d'eau à mon cousin schizo. Ils ont la même trajectoire de vie. Ils étaient sublimes à moins de vingt ans, mais après... Y'a une mort après la vie.

Quelques mots sur le réal : Florian Henckel von Donnersmarck.


The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck avec Johnny Depp et Angelina Jolie (2010)