9 octobre 2011

Thor

Je n'ai rien à dire sur ce film. Rien de rien ! Mais à dossier spécial, envoyé spécial : moi-même, au service de sa majesté ! Je me suis infligé ce film récemment et je compte bien me forcer à vous en dire deux mots. Alors je pourrais tomber dans la facilité et faire des jeux de mots avec le titre de ce film, des jeux de mots "à la" L’Équipe un peu, vous savez, le quotidien sportif français qui a été capable d'écrire sur sa une "Tous en car !" quand les Bleus étaient restés dans le bus en 2010, "Bordeaux 2009, un grand cru" après le titre de champion de France revenu aux Girondins ou encore "Monfils de salops !" après que l'apprenti tennisman français ait pris sa dernière rouste à Roland Garros. Limite limite, ce dernier... je ne m'abaisserais pas à ça. De plus, la blogosphère s'est déjà bien attelée à ces petits jeux. Dont acte ! Je pourrais aussi raconter, comme certains ont déjà pu le faire, qu'il n'est pas étonnant de retrouver Kenneth Brannagh aux commandes de ce film à l'intrigue quasi shakespearienne. Je n'en pense pas un mot. Et je trouve ça assez bête et sans doute insultant pour le poète malgache. Pendant toute la durée du film, on se demande plutôt qui est le metteur en scène ou tout simplement s'il y en a bel et bien un. Kebab Braguette est à l'évidence une énorme quiche que l'on devrait tenir éloignée de ce genre de projets, même si je ne pense pas qu'il soit le grand responsable de la nullité du film. Néanmoins, je lui conseillerai amicalement de se consacrer aux planches qu'il affectionne tant et sur lesquelles il risque de retrouver l'équivalent d'un camion benne de pains correspondant à la masse de travail qu'il lui reste à abattre pour enfin nous pondre un bon film.


Hopkins avec son œil borgne et son pied-bot n'a pas entièrement pu profiter de la 3D du film.

Petit retour sur le synopsis, ou du moins ce que j'en ai compris. Accrochez-vous ! Sur une planète autre que la Terre, Anthony Hopkins et ses troupes du Royaume d'Asgard mettent une rouste de tous les diables aux Géants Gelés, de grands gars bleu métallique aux tronches patibulaires, se trimballant à poil sur une planète rocheuse et vide de tout. Une bien étrange peuplade ayant visiblement compris les voyages interplanétaires mais qui ont sauté de nombreuses étapes de l'évolution, notamment celles où l'on se met généralement à porter des slips et où l'on découvre les armes de jets traditionnelles. Bref. En gagnant cette bataille, Sir Anthony Hopkins empêche les Géants Gelés de mettre la main sur une source de pouvoir bleutée, la dernière qui leur manquait pour dominer l'univers ! C'est juste le tout début du film et on a déjà assisté à un déluge d'effets spéciaux d'une laideur sans nom. Des centaines d'années plus tard, nous retrouvons Hopkins à Asgard : il n'a pas pris une ride, mais il juge néanmoins très bonne l'idée de se trouver un successeur à sa hauteur. Appliquant la loi salique, il a le choix entre ses deux fils, tous deux âgés (semble-t-il) d'une vingtaine d'années. L'un est blond, a une sacrée tronche de con posée sur des épaules démesurées et dispose d'un caractère un brin impulsif et limité, bien qu'il sache aussi faire preuve de courage et de témérité. Il s'agit évidemment de Thor (prononcez "Ssowr", joué par un Chris Hemsworth qui a clairement privilégié la salle de muscu à l'Actor's Studio). Le second est brun et a le regard fuyant, on devine un caractère plus torturé, vicelard, machiavélique ; d'ailleurs, il a typiquement la tronche du "traître". Et je ne me souviens plus de son nom. Ah si, Loki (Tom Hiddleston, qui nous offre une prestation que je qualifierai de reptilienne). Mais au moment où Tony Hopkins s'apprête à enfin lâcher sa couronne, des Géants Gelés s'invitent dans le Royaume d'Asgard et tentent de chiper en douce ce que j'appellerai dorénavant la "force bleutée". Sans succès : un immense robot rappelant celui du Jour où la Terre s'arrêta (j'ai la référence, donc je la place) s'est réveillé juste à temps pour les faire dégager à coups de rayons lasers. Entre parenthèses : on apprendra plus tard que Loki était évidemment dans le coup. Lui que l'on découvrira être le fils adoptif d'Hopkins, est en réalité un Géant Gelé qu'il a pris sous son aile tout bébé et qui, de fait, a pris une apparence humaine quasi normale, plutôt que celle d'un géant gelé lambda. Cherchez pas ! Je ferme cette parenthèse.


Cherchez pas je vous dis !

Thor, courroucé par cet incident, décide de son propre chef de réunir une petite équipe de fins limiers pour se rendre directement sur la planète des Géants Gelés et leur administrer une bonne raclée. Pour aller sur cette planète, Thor et ses fidèles empruntent une sorte de grosse boule magique contrôlée par un grand black, un énorme bidule qui balance les gens à des millions de kilomètres en un clin d’œil... Laissez pisser... Une fois là-bas, Thor se paie quelques Géants Gelés, en filant des coups de marteau dans tous les sens, puis repart satisfait. A son retour au Royaume d'Asgard, Anthony Hopkins pousse une gueulante : il n'a pas apprécié l'arrogance de son fils dont l'initiative aurait pu détruire la paix fragile qui unit les Asgardiens aux Géants Gelés. Thor lui rétorque que sa paix fragile n'est qu'illusoire et qu'il peut se la carrer là où il pense dans un geste équivoque. Pour le punir, Anthony Hopkins l'envoie sur Terre et jette un sort à son marteau fétiche : pour que son ustensile retrouve son pouvoir, il faudra désormais qu'il sente que son propriétaire est aussi trustworthy qu'un article Wikipédia. J'emploie volontairement le mot "trustworthy" car Hopkins insiste beaucoup là-dessus, donnant à cette occasion un vrai récital de la langue anglaise.


"Y'a vraiment pas moyeeeeeen !??!" s'écrie-t-il en pleine souffrance !

Thor atterrit donc sur Terre, et plus exactement au Nouveau-Mexique (sud des États-Unis, près du Mexique normal), où une équipe de chercheurs constituée d'un vieillard (Stellan Skarsgård, asgardien dans la vraie vie) et de deux radasses (Natalie Portman et Kat Dennings) le récupèrent dans un champ un soir d'orage. La chevelure blonde de Thor et son allure de surfeur minable ne laissent pas indifférente Natalie Portman, qui a justement perdu son chien récemment. A la vue de cette dernière, Thor trouve quant à lui que la Terre est un coin plutôt sympathique qui fait durcir son sexe. L'attirance est donc réciproque, mais son marteau lui manque. Ni une ni deux, Thor décide de partir à sa recherche. Ça tombe bien, il n'est pas très loin : au beau milieu d'un cratère immense que des agents du FBI surveillent de près, intrigués par cet outil cloué au sol, un comble pour un marteau ! Sous le regard admiratif de Natalie Portman, Thor se fraie un chemin vers son marteau chéri après avoir durement corrigé quelques piètres agents de sécurité. Hélas, impossible de soulever l'outil ! Son outil ! Thor fond en larmes et, en état de stress profond, il est très facilement capturé. Une fois en garde à vue, Thor est interrogé. Ses réponses étonnent dès le début, quand on lui demande de décliner son identité et qu'il essaie de convaincre un peu tout le monde que non, il n'a pas de nom de famille, juste un prénom, et pas n'importe lequel s'il vous plaît. "Je suis Thor d'Asgard et Asgard c'est là où j'habite, là d'où je viens, vous comprenez, vous comprenez oui ou non ?" répète-t-il à des agents dépassés. Le FBI pense avoir affaire à un demeuré et le relâche sans regret quand le vieux chercheur (Stellan Skarsgård) débarque et se fait passer pour son papa. S'ensuit une partie du film plus portée sur le slapstick durant laquelle Thor découvre avec entrain nos us et coutumes, savoure un bon burger, tout en continuant de séduire Natalie Portman en déblatérant autour d'un feu crépitant dans un tonneau. D'abord dégouté par sa situation précaire, Thor se résigne à habiter sur Terre et finit par rouler une pelle d'un autre âge à une Natalie Portman déboussolée, plus lisse et terne que jamais (l'actrice nous déçoit une fois de plus). En discutant avec Thor, l'équipe de chercheurs découvre que certaines de leurs théories les plus farfelues recoupent ce qu'il leur raconte sur sa planète d'origine et ses voyages dans l'espace. "Effectivement c'est pas impossible. Non mais non laissez-le déblatérer, il raconte pas que des cracks ce viking de l'espace mongol. Y a pas à chipoter, des fois il ne dit pas que pis que pendre tout en cherchant à déshabiller Jean-Pierre pour mieux habiller Toufik !" lâche même Stellan Skarsgård, interprétant son rôle avec un peu de laisser-pisser, tandis que ses deux stagiaires tentent de désaper Thor pour lui palper les biscotos (et notamment ce qu'il nomme sa "barre-de-fer", sa "barre à tout faire !"). C'était ma partie préférée du film, de loin.


Après lui avoir infligé ce film, ma compagne s'est positionnée exactement comme ça face à moi, attendant des explications. Nous sommes toujours fâchés.

Mais ça ne pouvait pas durer. Au Royaume d'Asgard, rien ne va plus ! Loki, le frère vilain, continue ses manigances dans le dos de son vieux père, de plus en plus à la rue politiquement parlant. Quand Loki apprend qu'il n'est en réalité que son fils adoptif, il pète littéralement les plombs et fait une croix sur des centaines d'années de relations père-fils avec Anthony Hopkins. Sous le choc, ce dernier tombe dans le fameux "sommeil d'Odin", un classique de la mythologie greco-romaine. Loki en profite pour prendre les rênes du royaume et invite les Géants Gelés à buter son faux père et à venir récupérer leur "force bleutée". Pour contrer cela, les fidèles de Thor forment alors une coalition et vont voir le grand black qui contrôle l'énorme canon qui envoie les gens dans les étoiles. Ils le convainquent de ramener Thor au Royaume pour qu'il puisse s'opposer à son frère et empêcher les Géants Gelés de dominer le monde. Très vite au courant, Loki décide donc de balancer à son tour le gros robot du Jour où la Terre s'arrêta au Nouveau-Mexique, en mode "kill'em'all", pour qu'il élimine Thor. Quand le gros robot se retrouve face à Thor, prêt à le zigouiller, notre héros enlève son t-shirt, son falzar et ses chaussettes puis lance avec défi "Va-z-y clamse-moi, do me ! J'en ai plus rien à cirer, épile-moi à blanc sur tout le corps avec ton gros laser pénétrant, do me !". C'est en lançant cette tirade surprenante et désespérée que Thor retrouve enfin le niveau de trustworthy lui permettant de récupérer son marteau magique. Celui-ci se trouvant par hasard à portée de main, il s'en saisit, et peut alors défoncer le robot, pas si indestructible que ça. Après cela, Thor avale littéralement dans sa grosse tronche le petit visage de Natalie Portman, pour lui dire au revoir, et retourne à Asgard rétablir l'ordre.


Ce n'est pas ça la beauté, ce n'est pas ça le charisme.

Retour à Asgard, donc, où Loki s'avère finalement être un traître y compris aux yeux des Géants Gelés, puisqu'il tue leur chef et utilise comme prétexte leur tentative d'assassinat d'Hopkins pour détruire leur planète pour de bon à l'aide du canon magique, qui peut apparemment aussi servir d'arme surpuissante... Laissez pisser... Il s'avère donc que Loki voulait simplement gagner la confiance de son père, il n'est donc pas si mauvais que ça, mais il est tout de même très con. Mais cela ne l'empêchera pas de morfler sévèrement au retour de son frère et de finalement tomber dans l'abysse créé par la destruction de l'énorme canon magique. A cause de tout ce raffut, Odin se réveille enfin et Thor accoure à son chevet, reconnaissant qu'il n'a pas encore l'intelligence ni la finesse d'esprit pour être roi. Pendant ce temps, sur Terre, l'équipe d'astrophysiciens cherche un moyen d'ouvrir un portail entre le Royaume d'Asgard et la planète Terre, et je leur souhaite bien du courage. C'est la toute fin du film, mais attention : après le générique, on voit Samuel L. Jackson (Nick Fury) faire un cameo aux côtés du fantôme de Loki ! Dans une salle d'interrogatoire, ces derniers demandent à Stellan Skarsgård d'ouvrir un attaché-case dans lequel se trouve la "force bleutée"... On appelle ça un cliffangher de tous les diables ! Un cliffhanger que j'ai découvert sur la page wikipédia du film, car dès le mot "fin" apparu sur l'écran, j'ai appuyé sur shift+suppr et envoyé balader ma table-basse !


Une romance qui fait passer les chaleurs de ma chienne et les venues du clébard des voisins pour de la grande littérature !

Bon, c'est quoi ce charabia ? Le comic Thor, qui a vraisemblablement servi de matériau de base à ce film, a sans doute l'intention louable de mêler les éléments de différents mythologies, de lier des éléments moyenâgeux à d'autres plus futuristes, de pur science-fiction. Pourquoi pas. Mais ici, force est de reconnaître que la mayonnaise ne prend putain de pas ! On suit le film un peu intrigué, avec la seule volonté d'avoir une idée plus précise de l'état de déliquescence avancé des cerveaux des différentes personnes impliquées dans le "processus de création". A la sortie du film, je me suis empressé de tweeter : "Des acteurs culturistes à chier, un réalisateur absent à l'appel, des décors hideux, des effets spéciaux pourris... Non vraiment, seul le scénar pèche un peu et m'a empêché d'apprécier le film." Sur ce, je vais vous laisser. J'habite un immeuble assez particulier et je crois qu'il y a un chien errant qui rôde sur mon toit ou dans mon couloir. A moins qu'il ne s'agisse d'un couple de chiens errants...


Thor de Kenneth Brannagh avec Natalie Portman, Stellan Skarsgård, Chris Hemsworth, Tom Hiddleston, Kat Dennings et Anthony Hopkins (2011)

13 commentaires:

  1. tiens y'avait un cliffhanger ???? ben moi non plus je ne l'avais pas vu ... d'ailleurs ça ne m'a pas manqué
    je n'ai rien à rajouter tu as fait une très bonne analyse Dommage que ce film ne mérite pas le temps que tu lui as consacré Je n'ai même pas jugé utile d'en parler chez moi (et là ce n'est pas parce que je n'ai pas eu le temps de le faire!)

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  2. La tagline > "Par le studio qui vous a apporté Ironman". O_O

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  3. Je suis dég d'avoir maté ce film de merde alors que j'aurais pu le lire ici et prendre davantage mon panard :D

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  4. Chapeau pour l'avoir regardé jusqu'au bout, je ne suis même pas sûr d'avoir vu l'arrivée de Thor sur Terre. Oh si ! J'ai zappé ! J'espérais que sa rencontre avec Natalie Portman allait apporter quelque chose ... quiche.

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  5. Arnaud de Lacanau9 octobre 2011 à 23:55

    Igor d'Hossegor.


    ... Cherche pas t'as Thor.

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  6. Une des pires merdes aperçue depuis 1975. J'ai même pas pu finir, ce qui ne m'était pas arrivé depuis 1996.

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  7. Quand on n'a pas vu le film, cette critique est géniale!

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  8. Lisez Thorgal, la bande-dessinée, vous allez kiffer !

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  9. Lisez Thorgal, lisez-moi cette sacrée BD de tous les diables et vous m'en direz des nouvelles.

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  10. Je suis triste que l'avant-dernière image de cette critique fasse venir du monde sur ce blog.

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