22 novembre 2010

A Serious Man

Après l'infâme Burn After Reading, je pensais en avoir fini avec les frères Coen. Mais en termine-t-on jamais avec ces deux-là ? Je dois commencer par le plus surprenant : j'ai vu A Serious Man en entier, sans que personne ne m'y force et sans me forcer moi-même. C'est déjà une prouesse. Pas de ma part, puisque ce n'était ni un pari ni un défi, c'est une prouesse de la part des frères Coen que de m'avoir tenu pendant une heure et demi sans que j'aie à me forcer, pour la première fois. Je dois avouer ne pas m'être tellement ennuyé. Je n'ai pas non plus été agacé à mort. Et je n'ai même pas eu envie de casser la gueule à quiconque. C'est peut-être parce que c'est celui de leurs films qui a le moins unanimement séduit la critique (habituellement entièrement dévouée au duo Coen et prompte à nous vendre leurs films les plus anodins comme autant d'indispensables), et pourtant il s'agit bel et bien d'un de leurs meilleurs à mes yeux (sachant que je suis extrêmement loin d'appeler ça un "bon" film). Cette œuvre n'est pas terrible mais elle est nettement supérieure à ce qu'ils font d'habitude. Pour ce qui est de l'histoire et de son traitement, le film m'a beaucoup fait repensé à Portnoy et son complexe de Philip Roth. La visée est un peu identique, qui consiste à raconter de l'intérieur la vie des intellectuels de la classe moyenne juive nord-américaine, complexés, égarés, divisés entre liberté et tradition, sexuellement malmenés, décalés, hypocondriaques et névrosés (rien à voir avec Woody Allen). Le truc c'est que ce film est beaucoup moins réussi que le roman de Roth. L'humour est à chier, comme quatre fois sur cinq avec les frères Couenne, tous les thèmes sont traités en surface, la mise en scène est inégale, et surtout on reste tout du long désespérément extérieur à la "sphère juive" que le film prend pour bastion, sans cesse repoussés dans nos tranchées goy par une légion de termes spécifiques du dialecte juif qui ne sont jamais expliqués et que l'on n'a donc jamais envie de comprendre. C'est peut-être ce qui se passe pour les Parisiens, ou pour les Lyonnais (qui restent "à part"), quand ils regardent un film de Guédiguian, ou un film de Pagnol, sans comprendre toutes les nuances du vocabulaire spécifique de la région PACA et ses saveurs délicieuses aux oreilles de ceux en qui ce dialecte et l'accent qui l'accompagne font rejaillir tout un monde. Il se peut que l'humour des Coen passe par des traits culturels de cet ordre-là, insaisissables pour certains d'entre nous.



Ceci dit, ça reste vaguement prenant. En tout cas le film a eu cet effet sur moi, et il m'a plutôt intéressé jusqu'au bout. J'ignore si c'est le fruit d'une intrigue étonnante au début du film et à la fin (et par contraste relativement insipide au milieu...), ou si c'est le résultat d'une narration très séquencée, qui agit comme une suite de sketches sans vannes, rythmés. Ou peut-être encore est-ce le personnage principal qui m'a servi de miroir et a permis mon identification cathartique, lui qui a l'air vidé de tout et qui semble propulsé dans un film raté sans avoir rien demandé et sans rien piger à l'univers des deux types qui racontent son histoire. Je cherche à piger ! Ou bien est-ce une fascination pour le duo que forment ce personnage et son cousin Arthur, qui vit sur le canapé du salon et qui ressemble à un dégénéré ? Côte à côte ils font immédiatement penser aux Coen eux-mêmes, avec à la clé une mise en abîme de derrière les fagots... Ou bien c'est peut-être dû à l'acteur principal, une sorte de Tom Hanks sémite... En fait ce type, qui a un nom à pioncer dehors, Michael Stuhlbarg, et qui est déjà redevenu figurant, est un croisement entre Tom Hanks et Tom Everett Scott, qui jouait le rôle principal du seul film réalisé par Tom Hanks à ce jour, That Thing you do!, et qui ressemblait à la star multi-oscarisée sinon physiquement du moins par sa gestuelle, son jeu d'acteur. C'est même plus que ça, ce Michael Douchebag c'est un mélange fascinant entre Tom Hanks et Joaquin Phoenix. Véridique... J'ai quand même eu le temps de songer à tout ça pendant que je matais le film, d'affiner mes points de comparaison, de peser le pour et le contre et ainsi de suite. N'empêche que je suis allé au terme du long métrage. En tant que némésis humain des frères Coen, c'est tout de même fort de café ! Qu'on soit bien d'accord, le film ne m'a donc pas non plus emballé. Je l'ai trouvé mou, niais et pas mal chiant. C'est juste que par contraste avec leur casier judiciaire, y'a presque du mieux.


A Serious Man de Joel et Ethan Coen avec Michael Stuhlbarg (2010)

21 novembre 2010

Ma 6-T va crack-er

Ma 6-T va crack-er j'en ai vu que des petits bouts uniquement parce qu'il y avait Tabatha Cash dedans. A chier ou pas, aucune idée, mais rien que le titre me donnait envie de détester.


Après vérification : Tabatha Cash ne joue pas dans ce film mais dans un film de la même trempe, à peu près de la même époque : Raï. Par contre, j'ai vraiment regardé des bouts de ce film parce que je le confondais avec Raï et je croyais que j'allais y voir Tabatha. Con de moi...

Je rédige des critiques de films. Je suis journaliste. Je suis critique de cinéma.


Ma 6-T va crack-er de Jean-François Richet (1996)

Assaut sur le Central 13

Assaut sur le Central 13 est le remake d'un grand classique de John Carpenter. Je l'ai loué au Video-Futur en bas de chez moi, en plein déménagement, alors que je n'avais pas encore de connexion internet digne de ce nom, et que je ne pouvais pas me cultiver gratuitement. Je me rappelle donc parfaitement du contexte dans lequel je l'ai vu : par -30°C, en plein cagnard, assis en tailleur sur un vieux carton humide. Le film par contre : je ne me rappelle de rien. C'est très étrange d'ailleurs. A un moment je crois qu'il neige et en voyant ça je m'étais dit "Oh, vivement qu'il neige". Voilà. C'est tout ce dont je me souviens. J'ai donc payé 3€ pour cette merde, en partie parce que John Carpenter en avait dit, je cite, "Different movie, different time, same spirit". Mon cul ouais, c'était nul, Big John parlait surement de Spirit, l'étalon des Plaines !

C'est à compter de ce jour-là que je me suis méfié de Jean-François Richet...

J'écris des critiques de films.


Assaut sur le Central 13 de Jean-François Richet (2004)

20 novembre 2010

Celle que j'aime

Marc Lavoine, l'homme "aux mille coups de quéquettes" (c'est comme ça qu'un second rôle le présente dans une scène-clé du film, sans savoir que ça tournait), interprète un designer graphiste embauché sur le mixage du film Arthur et les Minimerdes lorsqu'il fait la rencontre d'une maman divorcée jouée par Barbara Schulz, de 15 ans sa cadette. Le rêve du personnage de Lavoine : "partir en vacances en Atlantique"... c'est dans le scénario, texto. Vaste espoir, et ambitieux, qui ne semble pas avoir mis la puce à l'oreille de Schulz quant aux capacités intellectuelles ultra réduites de ce vieux garçon à la voix rocailleuse de fumeur de barreaux de chaise. En parlant de voix brûlée par l'alcool et la clope, voici que débarque dans ce film à jeter aux lions un Gérard Darmon en pleine forme, celui que l'on surnomme "Cigare Darmon" dans le milieu, ou encore "Chédar Darmon". Il interprète le père du fils de Barbara Schulz, un enfant merdeux qui a pour vocation de faire chier ses darons, or son daron c'est Darmon, qui se veut donc l'ex de Schulz, avec 42 ans de plus qu'elle au compteur. Il était déjà grand-père quand la mère de son futur enfant stagnait encore dans le canal de l'épididyme droit de son père, et le vrai malheur c'est qu'il fumera des mauves quand sa progéniture soufflera sa septième bougie en demandant : "Où est papa ? Où est mon vieux con de père ?". Sa jeune maman lui répondra : "Il est clamsé, fils. J'ai toujours eu un goût prononcé et imprononçable pour les vieillards. Je suis géronto comme toutes les jeunes femmes du cinéma français". Et l'enfant médusé devra se raccrocher à son beau-papa, l'homme aux "cent mille coups de queue" (on rectifie la réplique volée au montage de ce second rôle loin du compte), en stand-by ci-dessous :



A un moment du film, que j'ai envie de qualifier de "climax", Gérard Mormon affirme avec aplomb : "Je suis nutritionniste que je sache, il a pas de problème de poids que je sache Achille" (Achille étant le prénom du fils, et je ne reviens pas sur la redondance des répliques du film), qui prouve que Darmon a besoin d'une sacrée révision de la part de son ophtalmologue et qu'il considère son rôle de père vraiment à la légère. Dans le même registre, et même sans être spécialiste de la branche professionnelle dite "des infographistes", le job privilégié des "puceaux du bas" selon mon père, je peux affirmer sans me tromper que si dans la vraie vie un type exerce cette profession comme le fait Lavoine, c'est un billet sans retour pour la tente rouge quechua sur les quais de Seine. Cette succession de scènes et de dialogues aura eu ma peau au bout de 1537,2 mètres de métrage (soit 30 minutes et 30 secondes, grosso merdo). Elie Chouraqui, triste personnage, sache que ce soir tu t'es fait un ennemi tenace et rancunier. Tu me trouveras bientôt sur ton chemin, dans un bol de riz ou bien planqué au fond du tooms qui te sert de crâne. J'aurai ton (sublime) scalp !



Je me rends compte que j'oublie de parler d'une scène dont il faut que quelqu'un parle. Une scène typique de ces dizaines de comédies contemporaines françaises qui prennent le parti d'ériger des personnages féminins méprisables. Dans cette scène absolument cruciale, centrale, exemplaire de Celle que j'aime, Barbara Schulz trouve une capote XXL à la fraise sous le siège passager de la bagnole de Marc Lavoine. En réalité, comme nous l'apprendrons plus tard et comme on s'en doute déjà depuis une heure, ce vieux condom usagé a été placé là par le fils prodigue de Schulz, qui veut foutre son nouveau beau-papa dans la merde pour l'évincer du cercle familial et, à terme, y réintégrer son père biologique, Jaguar Darmon, qui aura donc la bagatelle de 85 ans quand son fils en aura 20 : gare au conflit, que dis-je, à la guerre de tranchées de génération qui s'annonce. Je sais que je me répète.

[Insérer une image du film ici, moi j'en ai marre]

Schulz trouve donc l'objet en plastique mou dans lequel son propre fils de 10 ans terriblement machiavélique et en avance sur les choses de la nature s'est vidé de plusieurs centilitres de liquide séminal pour confondre son beau-papa. Les enfants terribles de Cocteau n'a jamais aussi bien porté son titre. Mais on peut accorder au gamin qu'observer sa mère, à peine sortie de l'adolescence, se balader dans le plus simple appareil à longueur de journée et se taper devant lui tous les vieux beaux du quartier a pu l'inciter à se pencher sur son propre appendice un peu avant l'âge normal, je vous laisse vous interroger sur le sort de tous ces tristes gosses de divorcés qui auront bientôt 30 ans et qui, névrosés à mort, vont plonger notre monde dans l'enfer qui maraboute leurs esprits corrompus, dixit Choura-qui ?

[Checkez Allociné, doit y'avoir des tofs du film à droite à gauche]

Suite à la découverte de cette vieille capote humide, la mère de ce diable d'enfant tire les conclusions qui s'imposent et croit comprendre que son "mec" la trompe. Ulcérée, elle tend donc du bout des doigts l'objet du crime à Lavoine en lui demandant une explication, en plein repas du week-end de Pâques et à la barbe de plusieurs couples d'amis réunis pour l'occasion. Confus, mais arborant l'air coupable avec lequel il semble être né, Lavoine lui répond qu'il ne comprend rien et que de toute façon il est allergique à la fraise. Alors ni une ni deux Schulz lui amène un saladier de fraises ingénieusement prévu pour le dessert par la maîtresse de maison et elle lui ordonne d'en gober pour prouver son allergie. Le personnage de Lavoine, trépané, oppose qu'il peut rapidement en mourir, qu'il faudra appeler le SAMU dès qu'il commencera à décéder, et puis, décidément très amoureux de cette conne profonde, il s'apprête à y goûter au péril de sa vie et sous les cascades de rires de tous leurs amis, qui constituent ni plus ni moins une belle troupe d'enfoirés. Lavoine ne plie pas, bien que le voilà soudain un peu palot face à une fraise rougeâtre qui le toise sans broncher. Il finit par gober un saladier de ces fruits synonymes d'obsèques pour lui et commence ensuite à crever sérieusement. Non seulement il choppe une chiasse instantanée en mode déferlante et repeint tout le carrelage sans avoir le temps d'ôter son froc, comme quiconque s'envoie un saladier de fraises, mais, bel et bien allergique, tout son système nerveux se fissure et l'homme entre au royaume d'Hadès. Désolée d'avoir attenté à la vie d'un homme, et désormais coupable de tentative d'homicide volontaire, Schulz l'emmène à l'hosto : il est sauvé. Malgré tout il s'en sort avec l'épiderme bien massacré et les anecdotes Allociné nous révèlent qu'il a suffi de ne pas maquiller Lavoine ce matin-là pour donner l'impression de découvrir un type très mal en point. Et c'est là qu'elle le demande en mariage pour s'être pratiquement suicidé aux fruits rouges devant elle.


Je m'y colle les feignasses


Encore un personnage féminin détestablement con, à l'image de tous les personnages du film à vrai dire. Mais surtout. Une question se pose. Elle vient seulement de se poser à moi alors que j'ai vu le film y'a un bail, et alors que cette scène hante mes pires cauchemars depuis tout ce temps. Schulz accuse Lavoine d'avoir utilisé une capote parfumée à la fraise avec une maîtresse quelconque. Et son argument contre la calomnie c'est qu'il ne peut pas manger de fraise sous peine d'y laisser sa peau de croco. Donc indirectement et sans que personne dans l'assemblée ne s'en rende compte, Lavoine considère immédiatement que l'objet de son accusation et de toute cette méprise serait une fellation plastiquée qu'il aurait lui-même prodiguée. Pas faux ?


Celle que j'aime d'Elie Chouraqui avec Marc Lavoine et Barbara Schulz (2009)

19 novembre 2010

L'Etrange Noël de Mr Jack

Qui est passé à travers ? Qui n'a pas vu ce film ?! Personne... On a tous dans notre entourage un gothique mal dans sa peau qui nous a calfeutré devant ce dessin-animé à un moment de notre vie. Un moment particulièrement pénible, telle une épreuve que l'on croit devoir franchir avec son proche dans le cadre de sa cure de désintoxication. L'homme derrière ce brillant guet-apens, l'auteur de cet anti-stress pour grands malades n'est pourtant pas celui que l'on croit. Évacuez de vos tronches abîmées l'image désagréable d'un grand dadais aux lunettes teintées surmonté d'une serpillière dégueulasse en guise de cuir chevelu ; et imaginez plutôt un cadavre ambulant n'ayant jamais vu la lumière du jour, comme poussé dans l'ombre par le premier. Dit plus simplement : oubliez deux minutes Tim Burton et pensez donc à Henry Selick.

Henry Selick est le réalisateur de L’Étrange Noël de Jack Lang (A Christmas Carole before a Nightmare en VO). Et pourtant... Et pourtant c'est bien l'énorme nom de Tim Burton's qu'on voit sur l'affiche du film, et il faut avoir les yeux bien affutés pour lire, tout en bas et en bleu nuit sur bleu foncé, le doux patronyme d'Henry Selick, pourtant auteur de ce film, culte pour tout un tas d'enflures schizophrènes.



Henry Selick a attendu 16 ans et la parution de Coraline (œuvre phare pour les mêmes individus "à problèmes") pour véritablement sortir de l'ombre de son aïeul Tim Burton. Ce dernier a tendance à lui attribuer ses plus gros films merdeux. Ainsi, Big Fish, Charlie & la Chocolaterie, Animal l'Animal et Corpse Bride sont tous les quatre des films d'Henry Selick aux yeux bigleux de Tim Burton. Mais Étrange Noël de Mister Jack, L', est un film que Burton considère avoir réalisé, parce qu'il l'aime particulièrement, c'est son "bébé" répète t-il à longueurs d'interviews en arrondissant ses mains près de son cœur sans vie.



De son côté, Henry Selick a certes profité de la renommée de son cousin Tim Burton lors de la sortie de son premier film, en ayant bien conscience que son nom était très vendeur auprès de la jeune populace sous morphine, mais il en a ensuite pâti pendant de longues années... Et, si vous m'avez bien suivi, c'est cette injustice que je voulais ici mettre en lumière. Normalement, même en loupant quelques phrases et en me lisant en diagonale, vous avez cerné l'idée.


L'Etrange Noël de Mr Jack de Henry Selick (1993)

Je l'aimais

Ce film est naze et il est intensément chiant. Quand on adapte un livre d'Anna Gavalda en même temps... Les 22 premières minutes sont un calvaire. On peut dire que le film de Breitman serait moins pourri s'il commençait à la 23ème minute (je ne sais plus pourquoi... les 22 premières minutes devaient être horribles pour que j'écrive ça) mais il faudrait encore de longs travaux de ravalement de façade pour améliorer tant soit peu ce gros navet. Et pourtant Daniel Auteuil sort le grand jeu comme à son habitude, et celle qui joue sa compagne, Marie-Josée Croze (de 20 ans sa cadette) se débat dans la souille du scénario. Mais rien n'y fait. C'est l'histoire d'une jeune femme qui se fait larguer par son mari et qui se tire avec ses deux gosses pour se réfugier chez ses beaux-parents, les parents de son mari, parti pour une autre femme. Le beau-papa de la jeune mère esseulée décide de la cloîtrer dans un refuge campagnard pour lui raconter une histoire à glacer le sang : lui-même a laissé l'amour de sa vie (Marie-Josée Crozé) pour vivre une vie de cadavre auprès de son épouse légitime.



On a droit à une soupe froide et à de longues discussions d'entrepreneurs. En gros le message final : si vous vous faîtes plaquer par l'amour de votre vie et qu'elle vous quitte parce qu'elle a trouvé un mec mieux gaulé et plein aux as, c'est pas plus mal. C'est pas une si mauvaise philosophie de vie quand je repense à un type dans le village de mon père qui la semaine dernière a envoyé une boule de pétanque au visage de son meilleur ami lors d'un concours de boules avant d'aller réduire sa propre casbah en miettes à coups de masse parce que sa "grosse", comme il est de coutume d'appeler amoureusement sa femme dans ce coin-là, vient de le quitter. J'espérais qu'à la fin de sa démonstration Daniel Auteuil allait sortir du refuge pour téléphoner à son fils adultère et lui dire texto : "TKT". Mais non, le film n'est jamais marrant. Ah si par contre au début du film Auteuil dit très sérieusement un truc marrant: "A dix ans j'avais déjà cette tête" :



Ça, ce serait un film à faire : une sorte de Jack de Coppola avec Daniel, un Benji Button avec Auteuil ! Imaginez deux secondes un gosse de 10 piges avec cette trombine de malade. Faut que le gosse ait subi des trucs horribles pour trimballer cette façade au CM2. Sans déconner regardez-moi cette tronche de rêve ! Visez un peu ce piaf de malade, ce profil d'ange, ce menton glabre, ces chicots d'argent, cette vieille trousse de tueur en série libre comme l'air ! Matez-moi cette horreur ! J'en suis baba...


Je l'aimais de Zabou Breitman avec Daniel Auteuil, Florence Loiret Caille et Marie-Josée Croze (2009)

18 novembre 2010

Tesis

Voici donc le thriller qui a fait connaître Alejandro Amenabar, réalisé avant Ouvre les yeux, où l'on voit une Ana Torrent thésarde en cinéma enquêter sur des snuff movies. C'est plutôt pas mal (enfin, j'ai pioncé au bout d'1h10, ça dure 2 plombes), et le film joue parfois intelligemment sur le désir de voir du spectateur, souvent refoulé au profit du hors-champs et du pouvoir de la suggestion qu'Amenabar utilise au profit de sa thèse à lui. Mais c'est pas non plus brillant, loin de là, autrement je me serais sûrement pas endormi mollement au cœur de l'intrigue. Ça fait surtout ultra daté comme film. Il est pourtant sorti en 1996, mais on a l'impression de voir un truc des années 70 ou 80, un vieux De Palma pourri de cette période par exemple. La bande-son affreuse (la zik du film est signée Amenabar himself) participe pas mal à cet effet daté qui n'est pas très heureux. Et Ana Torrent était drôlement mieux quand elle avait moins de 10 piges. Dans L'Esprit de la Ruche et Cria Cuervos, elle est belle à se damner. Haute comme trois pommes mais baisable comme c'est pas permis... Je me tâte à aller plus loin dans le "dérapage" pédéraste...


Tesis d'Alejandro Amenabar avec Ana Torrent et Eduardo Noriega (1996)