3 septembre 2015

Mission : Impossible - Rogue Nation

Quand on sort d'un Mission Impossible, c'est comme quand on vient de voir un James Bond ou un autre film de ce genre issu d'une franchise hyper codée : on se pose systématiquement les mêmes questions. Toujours légèrement sonné par un spectacle bruyant et sans temps mort, on cherche ainsi simplement à évaluer notre niveau de satisfaction suite à la consommation consentie d'un produit très calibré. D'abord, et c'est le plus important pour un tel film, les scènes d'action valent-elles le coup ? Mouais... Aucune ne ressort véritablement du lot. L'ouverture du film, où Tom Cruise doit s'accrocher à un avion en plein décollage et dont le tournage a alimenté les réseaux sociaux, est plutôt amusante mais ça ne va guère plus loin. La volonté de démarrer si fort a fait oublier à la toute-puissante vedette et à son docile cinéaste qu'il valait mieux que l'on soit tenu par une certaine forme de suspense pour qu'un tel morceau de bravoure puisse être efficace. Cette introduction, des plus gratuites, se résume donc à l'effet produit sur internet, nous sommes priés d'opiner du chef face aux énièmes prouesses physiques d'un acteur toujours au top et adorant se mettre en avant.




Quoi d'autre ? La poursuite en moto est décevante, ses différents protagonistes se contentant de foncer tout droit et de bien négocier quelques virages après un rapide slalom entre trois voitures. La scène en apnée dans le bain de refroidissement d'une centrale nucléaire, en plus d'être assez moche visuellement car en grande partie réalisée en CGI, voit son intérêt être totalement annihilé par le fait que nous savons pertinemment que Tom Cruise est immortel et qu'il résistera bien à dix minutes sans oxygène. Au milieu de tout ce bazar, le passage à l'opéra de Vienne, avec ses cascades cartoonesques, semble le plus réussi, mais nous repensons tout de même avec nostalgie à la difficile escalade de la plus haute tour de Dubaï dans le précédent épisode.




Et est-ce qu'on se marre un peu au moins ? S'est-on déjà réellement marré devant un Mission Impossible ?! Si vous appréciez les facéties de Simon Pegg, vous sourirez peut-être une ou deux fois, mais l'humour est assez rare et toujours forcé. Tom Cruise ne fait quasiment jamais preuve de ce sens de l'autodérision qui faisait tout le sel de Jack Reacher du même Christopher McQuarrie, et c'est bien dommage. Ses fameuses mimiques charmeuses se comptent sur le doigt de la main. Bon ok... et l'intrigue dans tout ça, elle est accrocheuse ? C'est surtout là que le bât blesse, selon moi. Ethan Hunt est ici supposé démanteler un vaste réseau terroriste agissant à l'échelle mondiale, à la source de drames terribles que personne ne songerait à relier les uns avec les autres. Un tel postulat, s'il était correctement exploité, devrait inspirer une certaine paranoïa chez le spectateur. Que nenni ! Le scénario paraît assez confus et ne tire aucun avantage de cette idée certes peu originale mais pas mauvaise qui devrait nous faire douter de chaque agent, potentiel terroriste infiltré, puisque c'est chez les forces spéciales des différents pays que recrute le grand vilain. A propos du méchant, sa voix flippante rattrape un peu sa vieille tronche de fouine à binocles, mais nous sommes étonnés de le découvrir si tôt et nous l'aurons bien vite oublié. Sa capture finale fait l'effet d'un ballon de baudruche.




Abordons à présent une question cruciale : l'actrice vedette est-elle une véritable bombe ? On ne va pas se plaindre, Rebecca Ferguson a un charme classique très appréciable qui dénote un peu des canons actuels, mais je dois bien avouer que, dans l'épisode précédent, Paula Patton m'avait fait plus d'effet. Ces considérations sont bien primaires, certes, il serait cependant malhonnête de les ignorer. L'actrice star de Mission Impossible est désormais un choix aussi important que celui de la James Bond Girl. On devine que les castings s'effectuent directement sous la supervision de Tom Cruise et que celui-ci est tombé sous le charme du petit minois hautain et du fessier rebondi de la comédienne suédoise. Notons néanmoins que si ce joufflu est la star d'un fugace mais véritable money shot, le plantureux booty de Paula Patton allumait quant à lui une scène entière du quatrième opus... Bref, là encore, on reste sur un sentiment d'inachevé.




Ce Mission Impossible 5 apparaît au bout du compte comme une sorte d'épisode de transition, une étape peut-être utile dans la saga pour la reformation de l'équipe, comme l'atteste la capture du méchant, encerclé par les différents agents menés par Tom Cruise enfin réunis. Bien sûr, cela reste honnête comme film d'action relativement aux débilités qui sortent en fanfare sur nos écrans. Mais c'est une déception, et si vous n'aviez pas aimé le 4, nettement plus divertissant, passez donc votre chemin, vous apprécierez encore moins celui-ci !


Mission : Impossible - Rogue Nation de Christopher McQuarrie avec Tom Cruise, Rebecca Ferguson, Simon Pegg et Jeremy Renner (2015)

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