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4 avril 2023

Mona Lisa

Drôle de type que ce Neil Jordan. Capable du pire comme du meilleur, ce cinéaste irlandais actif depuis le début des années 80 s'est essayé à tous les genres. On peut très bien terminer un de ses films en se disant "Putain, mais qui est le tocard qui a fait ça ?!", tout comme on peut aussi se dire "Hey, rappelle-moi le nom du mec derrière tout ça ?", ou bien simplement ne rien remarquer du tout. Je garde un assez mauvais souvenir de Michael Collins, sa fresque historique récompensée du Lion d'Or que notre prof d'anglais nous avait fait subir en 2de. Il faudrait revoir Entretien avec un vampire aujourd'hui, maintenant que le buzz autour du film est derrière nous. Ça fait partie de ces gros films des années 90 que l'on peut désormais mater à tronche reposée, peinard, avec un regard neuf sur le sujet. Quant à La Compagnie des Loups, il m'avait pas mal décontenancé quand je l'ai découvert il y a des années de ça, mais je suis à présent convaincu de la valeur de cette œuvre atypique et osée qui n'a sans doute guère volé son statut de film culte. Bien qu'à moitié raté, le plus récent Byzantium marquait un retour aux vampires ambitieux et adulte, un effort à saluer à une époque dominée par Twilight et consorts. Entre temps, il a aussi commis le très ridicule A Vif, un vigilante movie tout merdeux comme il en pleut depuis la fin des années 2000 où Jodie Foster se prenait pour Charles Bronson ; un film à oublier, comme quelques autres titres de sa filmo, visiblement. Quant ses petits derniers, Greta, avec Isabelle Huppert, et Marlowe, avec Liam Neeson, ils ne me disent rien qui vaille et ont été assez tièdement accueillis... En revanche, je n'ai encore jamais vu The Crying Game ni The Butcher Boy, qui sont, à en croire les connaisseurs, deux de ses films les plus notables. Je ne suis qu'un blogueur ciné et je ne vis pas de ma passion...





C'était donc avec une grande curiosité mêlée de crainte que j'ai lancé Mona Lisa, son troisième long métrage sorti en 1986, tout de même encouragé par la solide réputation du film et conforté par la présence en tête d'affiche du regretté Bob Hoskins, un acteur que j'affectionne particulièrement depuis tout petit grâce à son rôle d'Eddie Valiant dans Roger Rabbit. Dès la toute première scène de Mona Lisa, j'ai été rassuré, j'ai de suite su que je me trouvais face au travail d'un cinéaste inspiré. Cette entrée en matière nous propose de suivre un Bob Hoskins au faîte de son charisme qui, dans une rue londonienne bercée par une belle lumière matinale, se dirige d'un pas très décidé vers une petite bicoque sans prétention. Quand il ouvre la porte de celle-ci, muni d'un joli bouquet de fleurs et armé des meilleures intentions, une jeune fille blonde lui ouvre, sourire incrédule, interloquée, avant que sa mère ne surgisse subitement derrière elle pour claquer la porte au nez d'Hoskins après l'avoir couvert d'injures. Fraîchement sorti de taule, Bob Hoskins cherchait à renouer les liens avec sa fille... Cette première scène surprend par sa brutalité inattendue, par toutes les émotions qu'elle parvient déjà à provoquer et les nombreux sentiments qu'elle met en jeu.





On s'attache immédiatement au personnage campé par Bob Hoskins, au meilleur de sa forme dans la peau d'un petit truand au sang chaud mais au grand cœur, qui finit par dégotter un boulot comme chauffeur d'une call-girl de luxe pour laquelle il se mettra rapidement à éprouver des sentiments ambivalents. Mona Lisa repose en grande partie sur les épaules de l'acteur, qui fut justement récompensé pour sa performance nuancée au Festival de Cannes. Les personnages secondaires sont également très réussis, notamment le pote d'Hoskins (Robbie Coltrane, à la grosse tronche bien sympathique), écrivain de polars à ses heures perdues et inventeur astucieux de gadgets inutiles, il est l'un des ressorts comiques d'un film assez déroutant qui multiplie très naturellement les registres et les ambiances. On est loin du thriller glauque dans le milieu de la prostitution de Londres que son intrigue aurait pu engendrer : en effet, à la demande de la call-girl dont il s'est épris, Bob Hoskins se lance à la recherche d'une jeune fille disparue, ce qui l'amènera à recroiser la route du salopard en chef incarné avec délice par un étonnant Michael Caine plus vipérin que jamais.





Il est surtout affaire de sentiments dans Mona Lisa, qui nous réserve quelques beaux moments entre des personnages riches et vivants. Les scènes où l'on devine les sentiments de Bob Hoskins grandir et l'envahir progressivement sont certainement les meilleures, lui qui fait des efforts touchants pour adopter l'allure et l'attitude adéquates aux yeux de sa cliente (jouée par une Cathy Tyson toute en majesté, que l'on est surpris de ne jamais avoir recroisée ailleurs). Les quelques-unes où nous le voyons renouer avec sa fille sont également aussi simples que jolies. On apprécie d'ailleurs que ce film, dont le fin mot de l'histoire s'avère somme toute assez cruel pour le personnage principal, nous quitte sur une note très douce et légère, un plan plein de tendresse où nous voyons Hoskins, son pote et sa fille s'éloigner tranquillement puis improviser quelques pas de danse dans une rue de Londres, encore illuminée par un soleil matinal plein de promesses. Neil Jordan avait auparavant quelques fois dilué son récit dans quelques petites longueurs et autres contorsions peut-être inutiles, et cette ultime image clôt un dernier acte plus émouvant et réussi. Une conclusion qui se déroule dans l'atmosphère cotonneuse de la ville portuaire de Brighton, la violence des sentiments amoureux s'y mêle à celle qui éclate sèchement lors de l'affrontement avec des maquereaux. Notons enfin que l'on retrouve encore ici de nombreuses références aux contes, en particulier à Alice aux pays des merveilles, et une ambiance curieuse, nimbée de fantastique, qui tranche avec la noirceur du monde de la prostitution et des destins dépeints. Cette drôle de mixture se rapproche de ce que l'on a vu de mieux chez le réalisateur irlandais et participe à la singularité de ce film hautement recommandable, à coup sûr l'un de ses meilleurs. 


Mona Lisa de Neil Jordan avec Bob Hoskins, Cathy Tyson, Michael Caine et Robbie Coltrane (1986)

12 septembre 2014

Byzantium

Neil Jordan, très vraisemblablement rempli de bonnes intentions, a voulu réaliser un film de vampires pour adultes, loin des stupidités comme Twilight, en y mettant une application et un sérieux évidents. Le cinéaste irlandais espérait sans doute renouveler le succès qu'il a connu, il y a maintenant 20 ans (ça ne nous rajeunit pas !), avec Entretien avec un vampire. Il imaginait peut-être nous présenter son nouveau bébé à point nommé, alors que la mode des films de vampires commence à s'essouffler et ne demande qu'à rebondir. Hélas, du sérieux, de très louables intentions et un opportunisme de rigueur, ça ne suffit pas toujours... Et si Byzantium a bien su conquérir quelques fans et ardents défenseurs ici ou là, il n'a même pas connu les honneurs d'une sortie en salles. C'est donc directement en vidéo que Byzantium vient de paraître, ce qui est tout de même une destinée assez injuste pour un tel film, surtout si l'on prend en considération la qualité moyenne des bobines fantastiques qui pullulent sur nos grands écrans aujourd'hui. Mais passons...




On suit ici les mésaventures de deux goules, Clara (Gemma Arterton) et Eleanor (Saoirse Ronan), mère et fille, qui fuient leur appartement londonien, leur réelle identité ayant été révélée, pour atterrir dans une station balnéaire décrépite du sud-est de l'Angleterre. Là-bas, la très séduisante Clara jette son dévolu sur une âme solitaire : le propriétaire du jadis prestigieux Hôtel Byzantium, que la vampire transforme rapidement en un bordel de fortune. Pendant ce temps, Eleanor fait la rencontre d'un jeune homme atteint de leucémie, celui-ci n'est pas insensible à son charme et cherche à percer son mystère. C'est en même temps que ce personnage que nous découvrons progressivement le trouble passé d'Eleanor et Clara, un passé qui remonte jusqu'aux guerres napoléoniennes, rien que ça. On apprend ainsi que les deux femmes sont depuis toujours prises en chasse par une confrérie de vampires à cheval sur certains principes et d'une grande étroitesse d'esprit faisant impitoyablement respecter un code dont la première règle est catégorique : aucune femme ne peut être acceptée dans leur rang !




Avec son scénario plutôt original et ambitieux dotée d'une vision du mythe empreinte d'un féminisme rafraîchissant, Byzantium détient un réel capital sympathie qui fait qu'on a drôlement envie d'y croire et de l'apprécier. Ce "capital sympathie" réside aussi dans ses deux actrices principales, Saoirse Ronan et Gemma Arterton, particulièrement bien choisies. La première, découverte toute jeune dans Atonement, fait tout ce qu'elle peut et propose une incarnation plutôt convaincante d'une vampire paumée, éternelle adolescente en désaccord avec sa mère ; on aurait aimé que cela suffise à donner de l'épaisseur à son personnage. Quant à la seconde, elle est une vampire irrésistible, il faut bien le reconnaître. L'actrice britannique dégage naturellement un puissant sex appeal qui ne me laisse pas indifférent (et apparemment, je ne suis pas le seul...), cela convient tout à fait aux dons de séduction chers aux fameuses créatures de la nuit.




Pour être plus précis, sachez que le don de séduction de Gemma Arterton repose principalement entre son nombril et son menton. En bref, l'actrice est dotée d'une ravissante poitrine. Et comme cette partie de son anatomie représente l'un des principaux intérêts du film, j'y consacrerai logiquement un paragraphe entier ! Ses seins ne sont pas spécialement gros mais paraissent étonnamment bien portants. Ils accompagnent, épousent le moindre de ses gestes, dans la joie et l’allégresse. Ils ont simplement l'air heureux d'exister et expriment de bon gré une joie de vivre contagieuse. On salue Neil Jordan pour avoir tout naturellement su saisir de beaux moments d'émotion. Ces seins ont ce pouvoir hypnotique... Ils magnétisent véritablement le regard et nous rappellent que nous sommes bien peu de choses. Évidemment, le reste ne gâche pas, ce qui fait de Gemma Arterton une vampire assez troublante, qui aurait, elle aussi, mérité un meilleur film.




Car malheureusement, Neil Jordan ne fait pas grand chose de ses actrices ni de son scénario, son film a tôt fait de tourner à vide. Il manque cruellement d'ampleur, d'envergure et, c'est un comble, de souffle ! Malgré cette histoire qui s'étend sur des siècles, via des allers et retours très peu fluides entre le passé et le présent, nous n'avons jamais l'impression de regarder ce qui pourrait être une fresque imposante mais plutôt quelque chose d'assez anecdotique et insignifiant. On a bien du mal à se passionner pour la destinée de ces deux créatures damnées ; leurs personnages, trop superficiels, ne nous laissent guère penser qu'elles ont des siècles d'existence. En fin de compte, Neil Jordan revisite très timidement le mythe du vampire, il y ajoute quelques nouveautés tout à fait bienvenues mais beaucoup trop rares pour que son film suscite une plus vive curiosité. Rien ne vient bousculer nos repères ni remettre en question ce qui a déjà été fait. La plus judicieuse de ces nouveautés vaut tout de même le détour car elle nous offre deux scènes visuellement assez mémorables (à vrai dire, les seules dont on se souvienne après coup) : cette idée veut que la transformation en vampire se fasse dans la grotte d'une île mystérieuse dont la localisation est tenue secrète par la confrérie ; une île parcourue par des rivières et des cascades impressionnantes dont les eaux deviennent des torrents de sang après la métamorphose. Ces images de cascades sanguines sont assez réussies et dégagent même une certaine poésie. Dommage que le film de Neil Jordan ne propose que si rarement de tels éclats...


Byzantium de Neil Jordan avec Saoirse Ronan, Gemma Arterton et Sam Riley (2014)

2 juin 2011

La Compagnie des Loups

"Derrière chaque homme se planque un leup". Neil Jordan a entendu ce fameux dicton, puis on lui a raconté Le Petit Chaperon Rouge, et il a accouché de ce film, encore largement apprécié et réputé dans le petit cercle des amateurs de fantastique. La Compagnie des Loups (Company of das 3D Wolfenstein, en vo) n'est en effet rien d'autre qu'une relecture barrée du fameux conte pour enfants signé Stéphane Peyron. Le célèbre aventurier et écrivain écolo français, également auteur d'Une Nuit chez les Massaï (interdit à la vente), de Pieds Nus sur la Terre Sacrée (mon bouquin de chevet) et de Chasseur Blanc Coeur Black (adapté par Clint Eastwood sur grand écran, qui en a fait un brûlot facho au grand dam de l'auteur !) serait sans doute surpris de découvrir le sort réservé à son histoire par le réalisateur irlandais natif de Guantanamo. Maître de la mise en abyme de derrière les fagots, Neil Jordan nous gratifie ici d'un film à tiroirs dans lequel les rêves et les histoires s'imbriquent et finissent par se confondre. Le film est, tenez-vous bien : une histoire dans une histoire dans un rêve dans une histoire dans un rêve ! Pour vous faire une idée, imaginez un peu Inception avec juste Ellen Page perdue dans la forêt et entourée de loups concupiscents. "Tout ça... pour ça ?" comme dirait Claude Lelouch.


Une vraie prouesse, que l'on doit à des éleveurs de loups canadiens surdoués, embauchés au niveau du smic par un Neil Jordan bien connu pour avoir de gros oursins dans ses poches

Accompagné d'une réputation enviable et d'un statut de petit classique oublié du cinéma fantastique, La Compagnie des Chiens des Quais déçoit aujourd'hui complètement. C'est certes soigné, on notera ainsi quelques transformations en loup-garous fort bien réalisées qui font véritablement froid dans le dos. Et le film demeure plutôt intéressant et original dans sa construction. Mais La Compagnie des Clebs est surtout drôlement chiant et d'un symbolisme très, très, lourd. On s'ennuie ferme devant ce spectacle qui n'en finit pas ! Cela parvient même à être plus soporifique que l'histoire de base, un conte dont le but est, je le rappelle, de faire pioncer les gosses, avec son loup dégueulasse qui n'est autre qu'un gros pédophile avide de vieillardes. On passe tout le film dans le coma, littéralement, à seulement regretter l'absence du grand Sam Neill.

Des centaines de loups furent abattus pendant le tournage. Est-ce que cela en valait vraiment la peine ?!


La Compagnie des Loups de Neil Jordan avec Sarah Patterson, Angela Lansbury, Stephen Rea et David Warner (1984)

11 février 2008

À vif

Près de 15 ans après avoir joué dans Nell, Jodie Foster décide de retrouver le bon vieux Neil Jordan. Déjà coupable d'Entretien avec un Vampire et de La Compagnie des Loups, elle compte sur ce réalisateur docile pour mettre en image un scénario qu'elle juge prometteur. Un scénario signé par les quatre panaris des bro' Roderick et Bruce A. Taylor intitulé "A Kick-Butt Tour De Force (working title)", visiblement très fiers d'eux. Après deux mois de development hell, le film sera bouclé et réintitulé The Brave One. The Brave One (aka À Vif en VF) raconte l'histoire d'une gonzesse jouée par Jodie Foster qui vit le plus beau des amours avec Saïd de Lost. Ceux qui suivent cette série en contreplaqué, dites-vous bien que ce film est donc peut-être un spin-off, un flash-forward ou un flash-back de Lost. Faudra l'avoir vu pour piger l'ultime épisode. Alors je vous mets en garde contre d'éventuels spoilers. Si vous avez tenu 3 saisons, ça serait dommage que je gâche tout !




Donc ce salop de Saïd est avec Jodie Foster et se l'envoie régulièrement. C'est cool pour lui, mais c'est quand même le film où Jodie Foster est la plus moche, alors on lui en veut pas trop. Saïd et Jodie Foster s'aiment tellement qu'ils causent sans cesse de leur futur mariage. Au début du film, on a droit à une scène de 3 plombes où Saïd choisit la future robe de mariée. "Ça sera donc couleur crème, c'est bien ça ?" demande-t-il tout haut chez Célio*, pas du tout au courant que ça porte la méga poisse quand le mari voit la robe de la mariée avant la cérémonie et que généralement ça ne se fait pas que ça soit lui qui l'achète 3 mois avant l'évènement, qui plus est chez Célio*. "Non ça c'est couleur vanille" rectifie la tancharde chargée de plier les robes une fois que les types comme Saïd les ont essayées et pu constater que ça leur allait pas. "Tant pis, j'achète !" Et voilà donc Saïd avec suffisamment de points Smiles sur la tronche pour emprunter gratos le Transsibérien à l'idée de faire la surprise à Jodie Foster. Il la rejoint à son boulot. Jodie Foster est animatrice radio. C'est pas top pour elle, vu que son capital corpus est assez sous-employé, mais elle se démerde plus ou moins bien et mène une vie de rêve vu que ça la passionne de faire ses émissions de merde qui consistent simplement à décrire la ville de New-York. C'est à base de récitations de poèmes hideux qu'elle apprend par coeur la veille pour le lendemain. C'est un rythme à prendre. Tu fais le même film avec le type de Memento et ça prend une autre tournure, forcément.




Bref, tout roule vachement bien pour le couple Saïd-Jodie et, le jour du choix vanille de la robe, ils comptent bien fêter ça en allant s'enculer du côté de Central Park. Comme c'est un coin assez tranquille, ils décident d'y aller la nuit tombée. Ils emmènent Ballzac, leur clebs, un dog allemand méga con et surexcité, qui s'appelle comme ça en référence au grand écrivain français et aux balles en caoutchouc qu'il ne manque jamais de leur ramener la bave aux lèvres, le vent en poupe. Hélas, ce soir-là, l'une des balles envoyées à l'aveugle par Saïd attérira en plein sur le front d'un caïd d'origine fort peu caucasienne, et le clebs ira la chercher en vitesse malgré tout ! Pour entamer une discussion avec ce genre de gars facilement sur les nerfs, on a connu mieux ; et Saïd aura bien du mal à expliquer son mauvais geste...

Il est 22h10 et on est en plein Central Perk quand le caïd et toute sa bande s'en prennent violemment au couple. L'un deux, visiblement fan de cinéma et de tout ce qui peut être rétro-projeté, filme le massacre avec son portable et envoie tout ça en MMS à ses meilleurs potes, également amateurs d'une certaine branche du septième art qu'on désigne généralement sous le terme "snuff movie". Bilan : 1 mort (Saïd), 1 méga blessée (Jodie Foster) et 1 chien perdu (Ballzac).




Quand, à son réveil d'un coma long de 4 mois, Jodie Foster apprend par la bouche de celle qu'elle espérait devenir sa belle-maman que le mariage est finalement annulé, l'ambiance du film se noircit un peu. Et comme si cela ne suffisait pas, elle apprend que l'enterrement aussi s'est fait sans elle, puisqu'il a eu lieu pendant son coma. Ça craint ! "Pouvez-vous seulement m'indiquer l'adresse de la tombe ?" demande t-elle. "On a choisit l'incinération", répond feu sa belle-mère. Ça commence à faire beaucoup, se dit notre héroïne. Suite à toutes ces désillusions, Jodie Foster change de coupe de cheveux et devient une vigilante, c'est à dire qu'elle pratique quotidiennement l'auto-justice. Cette auto-justice est parfois plus proche de la légitime défense puisque Jodie continue tout de même à manquer de chance : elle se retrouve deux fois de suite dans des situations périlleuses.




La première survient un mardi soir lambda dans une supérette de quartier. Jodie Foster est au rayon dvd, hésitant à acheter The Brave One (auto-clin d'oeil donc, assez osé), quand un type à l'aspect fort négligé rentre bruyamment et envoie sans prévenir 6 balles dans la poitrine de la caissière. Le gars pique le fric, mais il n'en trouve apparemment pas assez pour rembourser les 6 balles qu'il vient de dépenser étant donné son humeur toujours très mauvaise. C'est alors que la sonnerie du téléphone de Jodie Foster, jusque là planquée dans le rayon lezbdo (nouveau clin d’œil autobiographique donc), retentit. Soucieux de ne pas laisser d'être vivant derrière lui dans la supérette, le truand se met à la recherche de Jodie qui, heureusement, s'avèrera plus agile que lui à la gâchette.




La seconde situation survient le lendemain et elle est beaucoup plus drôle. Au milieu de la nuit, Jodie Foster est assise tranquillos dans le métro : sans casque sur les oreilles ni bouquins sous les yeux, elle décide pour une fois de profiter du paysage offert par le fameux subway new-yorkais. Dans la même rame qu'elle s'ennuient deux gros noirs habillés en basketteurs. Pour tuer le temps, ils décident d'essayer de communiquer avec un jeune gars blanc bec et abondement chevelu qui écoute de la zique sur son iPod. Curieux, les deux lui demandent ce qu'il écoute. Il ne répond pas. "Cause pas aux noirs peut-être", se disent-ils, alors ils insistent un peu. "Putain de merde dis-moi ce que t'écoutes ça mange pas de pain, si ?". Le jeune chevelu décide enfin d'ouvrir la bouche et lâche un timide et fébrile "Radiohead". Aussi sec, les noirs répondent "Tu veux que je t'en donne moi du Radiohead ?!" et finissent par clairement l'agresser. Jodie Foster, spectatrice, fait les gros yeux mais n'intervient pas. Finalement, le jeune fan de Radiohead parvient à fuir en descendant à la prochaine station mais doit céder son iPod Shuffle aux deux costauds qui, hélas, ne s'arrêtent pas là et ne prendront même pas la peine d'écouter les premières notes de Let Down. Ils ont en effet la sale idée de s'attaquer ensuite à Jodie Foster qui, très vite, sort son 9mm et place deux balles dans des endroits où ça fait plus que chatouiller. Elle sort ensuite du métro là où elle avait prévu d'aller (Fountain Lestang), laissant les cadavres derrière elle, et enfile quand même sa capuche pour passer incognito. 10 minutes après, les flics rappliquent et viennent enrober la station de ruban jaune "DO NOT TRESPASS", peut-être au cas où le tueur soit encore là et que ça le décourage de s'échapper. Une méthode assez peu efficace mais qu'on voit systématiquement dans les films américains. Une fois sur les lieux du crime, l'un des flics retrouve l'iPod sur le cadavre d'un des blacks et fouille tout de suite la tracklist en quête d'indice. C'est alors qu'il déclare, content de sa trouvaille, "Radiohead... U2... Coldplay... REM... Cet iPod n'est pas à lui, j'en mettrai ma main au feu !".




Plus tard dans le film, on retrouvera le jeune hippie amateur de Radiohead pour la deuxième meilleure scène. Un flic lui met le grappin dessus afin de l'interroger ; fastoche à trouver : ce petit connard était encore à Central Park en train de s'enrouler des joints ! Au commissariat, on lui demande d'aider à produire un portrait-robot de Jodie Foster. Il se retrouve donc face à une flic qui est elle sous photoshop, superbe logiciel qui permet de reconstituer le visage d'une personne en un seul clic. Le jeune se lâche un peu et donne des détails qu'il aurait très bien pu garder pour lui, comme par exemple "Elle avait des purs seins, pas gros mais méga beaux, genre Kate Moss un peu, mais pas ravagée par la cocaïne, je te jure !". La flic le regarde alors désespérée en pointant du doigt son écran, où apparait seulement une tête, histoire de lui faire piger qu'il s'agit uniquement de reconstituer un visage. Malgré ça, le fan de Radiohead enchaîne : "Elle avait aussi un méga cul, elle était assise mais, tu sais, j'ai quand même pu le deviner, ce genre de cul ça se flaire. Je sais pas comment l'expliquer. Tu mates les culs toi ? Bah le sien était trop bien, c'est dommage pour toi." La flic, agacée, lui dit d'arrêter car merde, ils dessinent seulement le visage là, et plus vite il en aura fini avec eux, plus vite il pourra retourner chez lui finir sa seigue. Le gosse redevient donc sérieux une minute et en termine avec photoshop. Un peu plus tard, la flic appuie donc sur "Print Screen" et apparait sur format A4 une photo bien connue de Jennifer Aniston. La photo vient jusqu'aux yeux des flics et le lieutenant tape du poing sur la table. "Merde, c'est Aniston, aka Rachel dans Friends, ce type est pas fiable, c'est un gros connard". Et la flic spécialiste des portraits-robots explique : "L'être humain assimile des images populaires et les remplace inconsciemment à celles des vrais gens". Ceci explique sûrement pourquoi des stars comme Micheal Jackson ou O-J Simpson sont souvent soupçonnées par le FBI. Fondu au noir, fin de la scène !




La suite du film est plus laborieuse. Peu de faits marquants. Le super flic, incarné par le très lisse Terrence Howard, héros du film dont je n'ai même pas parlé jusque-là, finit par aider et aiguiller Jodie Foster dans sa vengeance. Le film véhicule donc un message sur lequel je préfère ne pas m'attarder tant il pue la merde.

Avant la fin du film, on revoit le chien Ballzac, qui est en pleine forme car il avait finalement été adopté par les assassins de Saïd. A la toute fin, vu que ses proprios sont morts ou en état d'arrestation, Ballzac retourne se frotter à Jodie Foster. C'est une vraie girouette ce clebs. Le dernier plan du film c'est Jodie Foster qui caresse un berger allemand.


The Brave One (À vif) de Neil Jordan avec Jodie Foster et Terrence Howard (2007)