5 juin 2017

U-571

Le casting de ce film est tout simplement ébouriffant. C'est un cocktail de muscles et de cellules grises. Jonathan Mostow, classé cinquième selon IMDB dans la fameuse liste des "5 Gods of Accion and Ficcion", aussi appelée la "Suite de Fibonacci", peut se vanter d'avoir fait tourner les plus grands. Dans U-571, les têtes d'affiche sont nombreuses et toutes plus prestigieuses les unes que les autres : Matthew McConaughey, Bill Paxton, Alec Baldwin, Harrison Ford, Gene Packman, Harvey Keitel, Sam Neill, Sean Connery, Patrick Bouchitey, Denzel Washington et Liam Neeson, pour ne citer que les plus fameux. Avec cette équipe de choc, Johnny Mostow voulait s'emparer d'un sous-genre du film d'action et d'un sous-sous-genre du film de guerre : le film de sous-marin de guerre. Le classique du genre reste Das Boot, film de chevet de Steven Spielberg et seule lueur de génie de son réalisateur Wolfgang Petersen, qui par la suite et en gardant un pied en Allemagne a réalisé L'Histoire sans fin, qu'il n'a donc jamais pu terminer, avant de devenir 100% ricain et de s'exiler au pays de l'Oncle Sam pour aligner des blockbusters totalement stars and stripés (Alerte!, Air Force One...) mettant souvent en scène de grosses masses d'eau (En pleine tempête, Poséidon), faisant de lui un sous-sous-sous James Cameron. L'homme revient parfois sur Das Boot, son premier et dernier chef-d’œuvre, et il renomme souvent le film "Miracle en Alabama", avec clin d’œil à la clé. N'empêche que Das Boot est la référence affichée par Mostow comme par tout réalisateur qui planche sur un film de sous-marin.


Traduction pour les non audiophiles : "Crankcase est plein d'eau de source". Précision : Crankase c'est le nom d'un jeune mousse à bord du sous-marin. Ensuite il implore le capitaine Starboard Diesel (manque une majuscule à Diesel).

Quelques mots sur le pitch du film, car il faut toujours une bonne excuse pour sortir un film sur un sous-marin : en 1952, début de la guerre froide, dans les eaux de l'Atlantique nord, une bande de nationalistes russes s'empare d'une base de lancement de missiles nucléaires stratégiques et menace le reste du monde. Le capitaine Mike Dahlgren commande le U-571, un sous-marin archaïque mais redoutable, premier sous-marin nucléaire de l'arsenal soviétique. Quand il découvre que le système de refroidissement du réacteur principal est défaillant, Mike Dahlgren va accepter de maquiller son vaisseau en sous-marin allemand, l'un de ces célèbres U-Boote qui patrouillent au fond de l'océan. Un autre sous-marin, dans ces eaux réputées peu tranquilles, va prendre en chasse le U-571 de Mike Dahlgren (il aura fallu plus de 570 U ratés pour aboutir à ce navire insubmersible). A bord de son poursuivant, commandé par Alexei Vostrikov (l'Amiral Hackman), des ogives et un moteur à propulsion atomique menacent d'exploser si la température au cœur du réacteur ne baisse pas rapidement. Coupé du monde et de la flotte russe à cause d'une panne d'antenne, un premier ordre est quand même envoyé à Vostrikov lui intimant l'ordre de bombarder la Russie, lorsqu'arrive un second message indéchiffrable. Le capitaine Vostrikov est alors remplacé par son second, Starboard Diesel, pour cause de chiasse. Ce dernier et son nouveau second, Boubakar Polenin (Patrick Bouchitey), doivent surmonter un différend basé sur une différence de couleur de peau pour faire face à la crise et éviter un accident nucléaire. Par ailleurs, si une telle explosion se produisait, les États-Unis pourraient croire à une première attaque soviétique et déclencher une guerre totale. Pendant ce temps, la bande de nationalistes russes tâche de faire face au froid qui gèle les canalisations à bord de leur "bateau noir". A bord de l'U-571, la réussite de la mission de Mike Dahlgren va désormais dépendre de sa rapidité et de son courage. Tétanisant.


La touche Mostow : les petits ronds rouges dans l'image qui indiquent ce qu'il ne faut pas louper.

C'est ce pitch dantesque (qui est en fait la réunion de plusieurs projets et de maints courts métrages écrits par Jonathan Mostow dans sa baignoire quand il était jeune), qui a permis au réalisateur de se faire un petit nom et de confirmer son statut de faiseur un peu brouillon mais foutrement doué. Quelqu'un de sérieux et de bonne volonté, apprécié de ses acteurs, qui vantent l'ambiance unique sur le tournage, à la bonne franquette. S'il a un petit air facho en photo, c'est néanmoins grâce à sa douceur de caractère qu'on a confié plusieurs projets importants à Mostow. C'est aussi grâce à son côté bonne poire que des gens comme Arnold Schwarzenegger, ou Bruce Willis, voire Kurt Russell, ont dit un jour dans leur vie : "I want Mostow in !" Ces mastodontes-là ont l'habitude de complètement contrôler les films dans lesquels ils s'engagent, et ils savent qu'engager Mostow c'est l'assurance de garder toute latitude sur la dimension artistique. A la poursuite du Diams USS boot 519 Jump Street Alabama - Le piège des profondeurs est un bon film du dimanche soir, comme tous les Mostow. Et comme il a fait quatre films, ça fait un mois de dimanches soirs assurés.


U-571 de Jonathan Mostow avec Matthew McConaughey et Bill Paxton (2000)

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