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25 octobre 2011

Les Yeux de Julia

Bon, on va la faire courte : ce film aurait mieux fait de s’intituler « Les Seins de Julia ». Ok, c’est facile. Mais voyez ce film et vous comprendrez. Il n’y en a que pour eux. Le réalisateur est forcément accro aux nichons de son actrice. C’est flagrant ! Mais on le comprend. Ma parole, comme on le comprend… Ces seins, on les voit dans un peu toutes les situations, bien que jamais dénudés, hélas. On les voit surtout balloter à qui mieux mieux lorsque l’actrice prend ses jambes à son cou, ce qui lui arrive à plus d’une reprise, croyez-moi, et en talons je vous prie. Car nous sommes en présence d’un thriller horrifique comme le cinéma espagnol en produit en grande quantité ces derniers temps. Ils sont parfois de qualité, et c’est plutôt le cas ici. A nouveau produit par la vache-à-lait Guillermo Del Toro, Les Yeux de Julia est un thriller honnête et efficace, que l'on doit au cinéaste Guillem Morales, déjà auteur du très sympathique El Habitante Incierto, au pitch aussi simple que malin, où nous assistions à la déchéance d'un type sombrant progressivement dans la folie, persuadé qu'un étranger vit dans son immense maison.

Le petit pull gris qu'elle porte pendant la majeure partie du film a été retrouvé dans un état déplorable à la fin du tournage, détendu comme un vieux froc Celio*

Je vous l'annonce sans détour : je n’ai rien compris à l’histoire des Yeux de Julia. En effet, j’avoue avoir vu ce film sans les sous-titres, seulement parce que les caractères empiétaient trop souvent sur la poitrine de l’héroïne. Mater ou piger, il faut choisir. J’ai eu vite fait ! Mes quelques notions d’espagnoles acquises pendant mes 9 années passées à étudier ce dialecte en collège et lycée m’ont tout de même permis d’avoir quelques repères. En gros, c’est donc l’histoire d’une femme qui enquête sur les circonstances réelles de la mort de sa sœur jumelle car elle ne croit pas une seule seconde à la thèse de son suicide. En outre, notre héroïne est atteinte d’une maladie qui lui fait progressivement perdre la vue, d’où le titre. Il s'agit d'une terrible maladie génétique, qui s’aggrave tout au long du film et qui nous offre quelques scènes intéressantes où le réalisateur réussit à assez intelligemment tirer parti de ce ressort scénaristique. Je pense notamment à une scène particulièrement bien pensée où notre héroïne, qui y voit encore correctement (on est au début du film), se retrouve entourée de femmes aveugles dans un vestiaire. Ces femmes nues échangeant justement sur la disparition de sa sœur, l’héroïne s’approche sans bruit pour en savoir davantage. Mais ces aveugles ont naturellement leurs autres sens surdéveloppés, et ressentent donc assez vite la présence de l’héroïne. Elles se mettent alors à l’entourer lentement, tendant leurs bras comme des zombis, et finissent par l’emprisonner au milieu d’elles jusqu’à ce qu'une autre présence, bien plus inquiétante, se manifeste à son tour... Le réalisateur nous offre là une scène réutilisant et s'amusant de situations chères à certains films d'horreur (les films de maisons hantées - pour la présence "invisible" - et de morts-vivants - l'allure des femmes aveugles donc), ainsi qu'un astucieux inversement des rôles qui se termine par un retournement de situation très adroit ne manquant pas de surprendre le spectateur. Une excellente scène, tout à fait à l'image de ces chouettes idées que l'on retrouve fréquemment dans ces films d'horreur espagnols réalisés dernièrement (je pense par exemple à la partie de "Un, deux, trois, soleil" avec les fantômes de L'Orphelinat). Bon, par contre, faudra dire à Guillem Morales que c’est très très rare quand un aveugle a, à la place des yeux, deux grosses billes bleues fluos, condamnées à rester figées, et donc méga flippantes. Mais on lui pardonne aisément ce petit écart.


Ici, l'actrice est sapée et attifée pour une montée des marches. Dans le film, elle a une allure plus normale et naturelle. Mais je tenais à vous laisser apprécier ce relief hors-norme.

L’actrice en question, qui fait chavirer les teubs de notre cinéaste et de nous autres, c’est la dénommée Belén Rueda, déjà en tête d’affiche de L’Orphelinat, le film fantastique qui a cassé la baraque il y a quatre ans, explosant tous les records au box-office espingouin. Il est de coutume d’appeler « scream queen » ces actrices abonnées aux films d’horreur, condamnées à crier et à courir à droite à gauche, pourchassées par un détraqué (comme l'ont été jadis Jamie Lee Curtis, Adrienne Barbeau et, plus récemment, Jennifer Love Hewitt ou Neve Campbell). Hé bien j’ai trouvé en la personne de Belén Rueda ma nouvelle scream queen préférée, celle dont j’aimerais moi aussi cisailler les vêtements au couteau. A l’exception de la taille de son bonnet, Belén Rueda dénote un peu avec le profil de la scream queen habituelle, le plus souvent très juvénile et bête comme ses pieds. Il s’agit en effet d’une femme d'âge mûr, tutoyant la cinquantaine, et à l'intelligence normale. Soit dit en passant, s’il me faut vendre mon âme au Diable pour que ma dulcinée ressemble à ça à 50 piges, je le fais sans hésiter, je brade mon âme à Satan, je signe où ? Sur son cul ?! Belén Rueda fait partie de ces femmes espagnoles blondes, vous savez, d’une couleur de cheveux typiquement espagnole, une couleur qui sent le soleil et la paella. Elle a une peau que l'on devine épaisse et douce, le regard noisette qui va avec, et un visage de caractère mais agréable. Elle a vraiment le physique typique de ces espagnoles d’outre-tombe qu’on aurait tous adoré avoir comme prof de langue vivante au bahut. J’aimerais qu’elle m’apprenne mes leçons, j’aimerais faire mes devoirs avec elle, le sommet du crâne frottant légèrement ses doux hauts sous pression. Ça serait drôlement sympa... Par ailleurs, je ne prends pas de risque en imaginant qu’elle doit être un véritable cordon bleu, une cuistot hors-pair, préparant amoureusement des plats toujours généreux, qui comblent l’appétit de ses convives. J’aimerais être confortablement attablé en terrasse de mon château en Espagne et la voir m’amener mon assiette remplie à ras-bord de polenta, puis se pencher pour la déposer face à moi et ainsi effleurer mon épaule avec sa poitrine si opulente. Bref. Cette actrice fait ressurgir du fond des âges tous nos rêves les plus machistes. C'est à cause de femmes de cette trempe que l'Espagne est considérée comme le pays où il fait le plus bon vivre. Je ne l’ai pas encore dit, mais c’est inévitable : Belén Rueda est bien entendu une grosse MILF, vous l’auriez deviné sans que je l'écrive et je voulais éviter une telle vulgarité, mais voilà qui est fait, tant pis ! Dans Les Yeux de Julia, son personnage a un vieux mari aux cheveux blancs qu'on imagine tout ramolli du zgeg, ça fout la rage et c'est fait exprès.


Ce vieux type doit sûrement carburer au Viagra et à la Vitamine C pour gérer sa bombe de femme, et ce serait bien légitime !

A la 18ème minute, Belén Rueda enfile un gilet parce que dehors il fait frisquet. Les coutures de son petit pull gris menacent alors d’exploser à cause du mouvement qu’effectue l’actrice pour trouver ses manches. Je me suis repassé ce court moment une bonne dizaine de fois. Ça n'est pas normal. Belén Rueda ne peut pas dormir sur le ventre. Son nombril n'a jamais vu la lumière du jour. Elle n'a pas besoin de raquette pour jouer au ping-pong. Tout ça me brûle le cerveau... Et ça ne s'explique pas !


Les Yeux de Julia de Guillem Morales avec Belén Rueda, Clara Segura et Julia Guittiérrez Caba (2010)

25 avril 2011

Scream 4

Nous avons donc droit à un nouveau Scream, plus de dix ans après la sortie du troisième opus qui était supposé avoir clôt la saga sans éclat. Une bonne idée motive-t-elle ce retour en fanfare ? Pas vraiment, puisque si Scream 2 suivait les soi-disant règles d'une suite et Scream 3 celles du "dernier acte d'une trilogie", celui-ci donne tout simplement l'occasion d'un remake du premier épisode, avec tout ce que cela implique. Il s'agit donc plutôt d'un retour aux sources : Scream 4 renoue avec le ton référentiel puis auto-référentiel des deux premiers opus et les procédés a priori bienvenus de mise en abyme qui font l'originalité de cette saga horrifique. Dès ses premières scènes d'introduction gigognes, qui apparaissent au bout du compte comme le moment le plus osé et le plus amusant du film, Scream 4 se présente comme la copie conforme des Stab, cette série de films d'horreur ridicules tirés des sinistres évènements survenus à Woodsboro dont le personnage campé par Neve Campbell est l'éternelle survivante. Scream 4 met ainsi le spectateur pointilleux dans une drôle de position dès cette introduction suicidaire...


Le regard éternellement taquin du vétéran Wes Craven, ce prof de philo reconverti en cinéaste, spécialisé dans l'horreur par défaut et non par vocation

Comment pourrait-on en effet dire du mal d'un film qui se moque à ce point de lui-même mais aussi de nous autres, ses propres spectateurs ? Peut-être en regrettant que Scream 4 se contente justement de n'être que cette auto-caricature pathétique, alors que, tout naïf que je suis, j'espérais que Wes Craven aille au-delà, et qu'il finisse enfin par surprendre véritablement. Hélas... Le bonhomme est coutumier du fait et ce n'est pas à 70 ans passés qu'il allait changer. Ce bon vieux Wesley Earl Craven a effectivement toujours démontré qu'il était un adepte de la mise en abyme. Cela pouvait notamment se voir dès le premier Freddy, où l'on avait parfois du mal à faire la distinction entre rêve et réalité, et le cinéaste allait plus loin dans l'ultime épisode de la saga originelle, celui qui porte justement pour titre dans sa version française Freddy sort de la nuit. Dans ce film sorti en 1994, le fameux croque-mitaine à la main droite acérée et au célèbre pull à rayures se montrait désireux de sortir de la fiction et choisissait pour cela de s'en prendre directement à son créateur, Wes Craven (dans son propre rôle donc), et à l'ensemble du casting du film original. Mais là encore, le film n'allait pas vraiment au bout de son intéressante idée de départ et, d’après mes souvenirs, finissait par répéter bêtement la même recette que les précédents opus. Hé bien c’est exactement la même chose qui arrive à ce quatrième Scream, où (ceux qui redoutent les spoilers, sautez la fin de ce paragraphe !) nous avons finalement droit au sempiternel duos de tueurs auxquels on ne croit pas une seconde et qui, lors d’un final lourdingue retombant comme un soufflé, nous expliquent le pourquoi et le comment d’un tel carnage. L’impression de déjà-vu était le risque d’un tel procédé, elle annule ici tout effet de surprise et, pire encore, ne manque pas de provoquer un agacement certain. Si, pour conclure le film, on avait simplement eu droit à un nouvel effet de mise en abyme jusqu’au-boutiste nous révélant cette fois-ci un Wes Craven au regard narquois, tranquillement installé sur son canapé face à sa téloche, mettant fin à son propre film via sa télécommande avant de s'en moquer ouvertement, j'aurais trouvé ça autrement plus réussi. La boucle aurait été bouclée, le film se terminant comme il a commencé. Et cela aurait été un joli pied-de-nez du cinéaste vieillissant adressé à son public et à sa propre filmographie. J'imagine malheureusement qu'un tel scénario est inimaginable dans un film destiné à s'emparer du box office et ne devant donc pas trop décontenancer son audience. Un public dont il ose pourtant se moquer allègrement...


Toute la fine équipe est de retour pour ce film, dont l'inénarrable David Arquette, que l'abus d'alcool a curieusement très bien conservé, le gars n'a pas bougé d'un poil !

Au-delà du fait que le choix des acteurs fait sens (en autres, la charmante Emma Roberts et le hideux Rory Culkin apparaissent particulièrement bien choisis pour camper ces deux individus cherchant désespérément à se faire un prénom, la première étant la nièce de Julia Roberts et le second le frérot de Macaulay), la chose la plus intéressante de Scream 4 est clairement ce sado-masochisme étrange dont il fait preuve. Il aime se tirer une balle dans le pied en se foutant des Stab dont il est pourtant la réplique exacte ; et, dans le même temps, il se moque de son public de jeunes gens plus ou moins abrutis. Bien qu'il s'aventure plus souvent que ces prédécesseurs dans la parodie pure, Scream 4 n’est en réalité rien d’autre qu’un slasher de plus, peut-être plus efficace que la moyenne (ce qui n’est pas véritablement un compliment), mais finalement pas beaucoup plus malin. Un film justement destiné à ce jeune public dont il épingle les travers, sans réelle méchanceté toutefois : ces gros accros aux réseaux sociaux, toujours scotchés à leurs écrans de portables ou d'ordinateurs, qui s’envoient des films comme Windows lance en douce des programmes inutiles, en fond de tâche, sans réellement les mater, y trouvant par exemple autant de prétextes pour des jeux à boire. C'est une démarche pour le moins cynique et contradictoire qui ne grandit pas spécialement le film de Wes Craven, mais qui lui donne paradoxalement une certaine singularité... Malgré ses défauts, j'imagine que Scream 4 satisfera sans aucun mal les moins regardants, dont les personnages à l'écran sont des reflets. D'où l'assurance d'une suite prochaine, en cas de bons résultats au box-office. Et donc Scream 5 (ou 5cream, pour anticiper), serait alors le remake de Scream 2 et son ou ses tueurs y suivraient les règles communes aux remakes de suite ? Ouais... Pas obligé non plus de le tourner, Wes.


:-(

Je ne peux écrire une critique de ce film sans réserver quelques lignes à l'actrice Courteney Cox, que l’on pourrait sans forcer son imagination renommer Courteney Botox. Je vais vous faire une confession de derrière les fagots : ado, je faisais partie de cette petite minorité de téléspectateurs de Friends qui disaient préférer Monica à Rachel. Mais c’était sincère : elle était alors l'incarnation de mon idéal féminin, je préférais la brune aux yeux bleus que la bombe H aux tétons aux aguets. Maintenant je kiffe les deux, je dégommerais même Chandler. Mais je m'écarte du sujet. Mes premières navigations sur internet avaient souvent pour but de zieuter quelques photos d’elle et je le reconnais sans honte (quoique...). Dans Scream 4, je ne sais pas si c’est pour correspondre à son personnage de vieille garce aux dents qui rayent le parquet qu’elle a choisi de ressembler à un sac plastique Leclerc géant, mais j’en doute fortement ! Je crois plutôt que l’on assiste au spectacle tragique et bien connu d’une actrice qui a été très belle et qui, dans la peur de vieillir (et, d'après elle, de s'enlaidir), en vient à commettre l’irréparable. Emmanuelle Béart Syndrome ! Courteney Cocks semble à présent venir d’une autre planète. Et là encore, ça n’est pas du tout compliment, il ne faut pas l’interpréter dans le sens « une telle beauté vient d’ailleurs ». Non, bien au contraire. Ce serait plutôt un extra-terrestre dans le genre de ceux qu'on doit éjecter dans l'espace par le sas d'aération pour pas qu’il nous bouffe tout cru. A un moment du film, son personnage en vient à porter le fameux masque du tueur pour passer incognito. Hé bien sachez que c’est à ce moment précis que l’actrice fout le moins les j’tons et que sa tronche correspond le plus à celle d’une femme de son âge lambda. Dans Scream 4, c'est la nouvelle tronche de Cox qui m'a le plus captivé, ça, et l’œil gauche bizarroïde d'Emma Roberts. Ça fait toujours un petit pincement au cœur quand on constate d'un seul coup la dégringolade terrible d'une idole passée, et je vous prie de bien vouloir m’excuser d’avoir dû vous en parler…


Scream 4 avec Neve Campbell, Emma Roberts, David Arquette, Courteney Cox, Rory Culkin et Hayden Pannetiere (2011)