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21 décembre 2014

Young Ones

Jake Paltrow a l'air d'un type sympa. Déjà, il a une bonne tronche. Il ressemble à sa sœur, Gwyneth. Ça fait de lui un beau gosse, y'a pas à dire. En plus, il a bon goût. C'est sûr. Y'a qu'à voir son premier film, Young Ones, dont il a aussi signé le scénario. On pense à Mad Max, on pense à ces films de SF des années 70, pessimistes et hantés par la peur d'une apocalypse nucléaire. Ici, ça n'est pas la guerre atomique qui est redoutée, mais les conséquences d'un réchauffement climatique inéluctable. Le film, situé dans un futur proche, prend pour décor les contrées asséchées d'une Amérique méconnaissable où l'eau est devenue une denrée rare et précieuse, au centre de toutes les convoitises. Construit en trois chapitres, chacun consacré à un personnage masculin différent, il nous narre les mésaventures d'une famille encore animée par l'espoir de rendre ses terres à nouveau fertiles et mener une vie normale.




Jake Paltrow a une autre qualité : il sait également s'entourer. Michael Shannon, acteur désormais incontournable et presque symbolique d'un certain renouveau du cinéma indépendant américain, incarne un père désireux de protéger sa famille, auquel la première partie est consacrée. On a aussi le bonheur de retrouver la mignonne Elle Fanning, actrice à la présence toujours agréable, qui incarne sa fille. C'est donc bien volontiers, sans se forcer une seconde, que l'on donne une chance à ce qui s'apparente davantage à un néo-western et à une fable écologique séduisante. On sent le cinéaste débutant véritablement rempli de bonnes intentions. Il émaille son film de quelques belles idées, sa mise en scène ne prend pas beaucoup de risque mais essaie bien deux ou trois choses. Les éléments de pure science-fiction sont très rares mais toujours appréciables et bien vus. Le robot transporteur, que le père achète pour remplacer son âne, apparaîtra d'abord comme un gadget joliment fait mais assez inutile, avant d'avoir un rôle-clé dans l'intrigue et de quasiment devenir un personnage à part entière. Une autre belle idée visuelle est cette sorte de maison de retraite futuriste où vit la mère malade, reliée par tout un tas de fils et comme maintenue en vie par des prolongements mécaniques.




Hélas, tout ça ne suffit pas à faire de Young Ones une franche réussite, celle que l'on pouvait espérer pendant ses plaisantes premières minutes. Le film finit en effet par lasser, par nous désintéresser de ce qu'il raconte. Jake Paltrow se disperse dans quelques digressions inutiles, son second long métrage manque cruellement de force et d'enjeu dramatique. Ne parvenant pas à faire preuve d'efficacité dans des scènes où la tension devrait être au beau fixe, échouant à trouver une envergure suffisante pour justifier ses ambitions de grande tragédie familiale, Young Ones laisse finalement un goût d'inachevé et de regrettable gâchis. A l'image, d'ailleurs, du personnage campé par Elle Fanning, qui a l'air d'être là uniquement pour faire joli et pour servir la soupe, littéralement, aux trois personnages masculins (son père, son mec puis son frère) mis en avant par chaque partie. C'est dommage, car il y avait là matière à trouver une proposition de cinéma de genre intéressante et, surtout, nécessaire par les temps qui courent. On donne tout de même rendez-vous à Jake Paltrow pour son prochain film, à défaut de ne pas pouvoir rencarder sa sœur... 


Young Ones de Jake Paltrow avec Michael Shannon, Nicholas Hoult, Kodi Smit-McPhee et Elle Fanning (2014)

26 mars 2014

Her

Ça par exemple… Si je m’attendais à aimer le dernier film de Spike Jonze… Force est d'avouer qu'une armée d'a priori négatifs m'ont assailli à l'approche de ce fameux Her, signé de la main du réalisateur d'une centaine de clips et, tout dernièrement, de Max et les Maximonstres. Scénariste plein de bonnes idées mais pénible et besogneux (à l’instar du célèbre Dans la peau de John Malkovich, film parti sur de bonnes bases dont il n’a su que faire), au style visuel pompier et lassant, Jonze ne partait pas d'un bon pied, encore moins à la vue de cette affiche ô combien inquiétante. Et pourtant le film est une bonne, une vraie surprise. D'abord parce que le cinéaste cesse de jouer la carte de l'épate ou de la séduction et peint un futur terriblement proche de notre présent, sans emphase, sans esthétisme criard, dépourvu de toute quête d’inventivité échevelée, de tout coup de manche narratif, et loin de tout goût affiché pour un "visuel" excessif. Spike Jonze a lui-même écrit son scénario et se libère ainsi de la lourde patte Kaufman, auteur de Synecdoche New-York et scénariste non seulement de Dans la peau de John Malkovich mais aussi d'Adaptation, l'autre long métrage de Jonze. Charlie Kaufman a également commis, pour Michel Gondry, autre clipeur professionnel adepte du tout-visuel, le script d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Et l'on pouvait craindre que Her se rapproche de ce cru de la filmographie de Gondry, récit aussi mignon que mélancolique d'une histoire d'amour vouée à l'échec mais recommencée ad vitam æternam par deux paumés dépressifs et adorables...




Mais Her vole bien au-dessus de tout ça en refusant d'être un pot pourri de petites idées bricolées, de séduire son petit monde avec force détails mignonnets, en mettant au rebut toute mise en clip superficielle et toute velléité de livrer son petit délire cheap pseudo ravissant. Optant en fin de compte pour une simplicité absolue et pour un discours tout en finesse, Jonze parvient enfin à mettre l'émotion au premier plan. Il filme un futur qui est déjà au présent, poussant notre quotidien à peine plus loin qu'il ne va déjà et, ce faisant, il réalise l'un des films les plus intéressants de ces dernières années sur des questions aussi cruciales et d'actualité que le problème de l'individualisme et de la solitude de l'homme moderne, celui de la communication virtuelle, de la dépersonnalisation émotionnelle, de la mise en gérance des histoires personnelles ou du développement des intelligences artificielles. Sans asséner de réponses toutes tracées, et sans tirer de plans sur la comète, Spike Jonze avance des hypothèses non seulement originales mais terriblement convaincantes : et si, au fond, les nouvelles technologiques de communication, au lieu de révolutionner absolument le destin du genre humain, ne faisaient que rejouer son drame profond, l'échec amoureux, en l'accentuant sans véritablement le dénaturer ? Et si les robots, doués de personnalité et d’une authentique capacité au sentiment, venaient à tomber amoureux des hommes, et réciproquement, au lieu de vouloir les soumettre et les abattre, comme, pour vulgariser leur propos, dans 2001 l’Odyssée de l’espace ou Terminator ? Et si l'intelligence artificielle, au lieu de prendre le contrôle du monde et de vouloir asservir ses propres créateurs (pour quoi faire au juste ?), comme l'ont prophétisé tant de films, se mettait simplement à évoluer à une telle allure et de façon si indépendante que l'homme n'aurait plus rien à lui apporter, que l'humain la désintéresserait totalement et qu'elle finirait par mettre un terme à tout rapport avec lui pour fuir dans un ailleurs inventé par elle ?




Toutes ces hypothèses sont à vrai dire fascinantes, et la force de Spike Jonze est de les poser sans se croire obligé, une fois n’est pas coutume, d’extrapoler, d’exagérer, de pousser chaque idée à son paroxysme avec l’air de celui qui a tout compris et à qui on ne la fait pas : ces hypothèses sont simples et Jonze les traite avec toute la simplicité qu’elles réclament. Le cinéaste nous donne ainsi à penser les données du monde tel qu'il est, ou tel qu'il va vraisemblablement devenir, sans refermer aucune porte et en évitant les lieux communs, surprenant constamment son spectateur. Qui ne s'attend pas à ce que Samantha (Scarlett Johansson), le système d'exploitation dont Theodore (Joaquin Phoenix) tombe amoureux, se mette, par jalousie, à parasiter la vie de son installateur, à prendre le contrôle de son existence en utilisant toutes ses données intimes accessibles et en court-circuitant ses relations en toute discrétion ? Il n'en est rien. Au contraire, lorsque Samantha se permet un droit d'ingérence dans la vie de son protégé et amant, écrivain public de lettres intimes pour particuliers, c'est dans le but d'obtenir la publication en volume tant espérée de ses plus belles missives virtuelles. Savoir qu'elle est capable de cette initiative suffit à nous laisser imaginer le pire, la prise de contrôle tyrannique de la vie humaine par une machine, sans que le scénario ait à s'y astreindre. On pouvait aussi s'attendre à ce que la relation de Samantha et de Theodore ne soit pas aussi exclusive que le jeune homme l'espérait. Cette attente est pour le coup confirmée mais, loin de s'abaisser à un retournement de situation banal et désespérant (Theodore surprenant par exemple un ami ou collègue en plein ébat virtuel avec sa dulcinée artificielle), Spike Jonze va au plus simple et pourtant au moins attendu : Theodore constate le détachement de sa maîtresse, lui demande s’il n’est pas le seul, elle lui dit la vérité, que Theodore écoute tout en observant ces dizaines d’individus qui se croisent dans le métro et qui parlent, comme lui, à une voix sans corps, peut-être à la même...




C’est parce que cette situation est connue de tout un chacun que Jonze parvient à nous toucher, parce que le numérique, le virtuel, l’artificiel, ne font qu’augmenter horriblement le nombre des dialogues potentiels, sentimentaux ou non, entretenus de concert par l’être aimé avec d’autres que l’amoureux délaissé. Loin de jongler au petit bonheur la chance avec des idées, des concepts ou autres théories plus ou moins farfelues, comme il l’a fait par le passé, le cinéaste observe avec une sincérité et une forme de respect, d’amour, disons-le, cet humain qui jadis lui servait de jouet. Jonze filme, sans esbroufe, sans en faire de sympathiques freaks, pivots d’une satire pontifiante ou mesquine, un homme et son corps, l’excellent Joaquin Phoenix (Her lui doit beaucoup), il filme une femme, artificielle ou pas, en tout cas sa voix, celle (parfois irritante il est vrai) de Scarlett Johansson, soit des sujets au centre d’une histoire, et non de simples rouages dans une quelconque démonstration. On pense finalement moins à Michel Gondry qu’à James Gray, celui de Two Lovers. Joaquin Phoenix nous gratifie d’ailleurs une nouvelle fois de sa déjà célèbre danse solitaire, aussi drôle qu’émouvante, exécutée pour la première fois en boîte de nuit, en 2008, pour séduire Gwyneth Paltrow. Cette danse et ce film, Two Lovers, sublime et plus important qu’on ne croit, ont donc déjà fait des petits. Outre Her, le récent Tonnerre de Guillaume Brac leur emprunte beaucoup (Vincent Macaigne rejouant la danse de Joaquin Phoenix pour séduire la belle Solène Rigot), et ces trois films sont au fond liés, au-delà de leurs sujets et des figures qu’ils mettent en scène, par la qualité pas si commune de leur regard porté sur l’humain.


Her de Spike Jonze avec Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Amy Adams, Rooney Mara et Olivia Wilde (2014)

20 février 2012

Shakespeare in Love

Il faut à tout prix prononcer "Shakespeare in lave", le "o" devient un "a" phonétiquement, c'est primordial pour bien dire ce titre : "Shakespeare in lave". Ce film est l'exemple-type du lauréat de l'Oscar du meilleur film, en tout cas depuis quelques décennies, c'est-à-dire, pour ne pas y aller par quatre chemins, que c'est un vieux mélo, une machine hollywoodienne qui a fait du bruit à sa sortie et que personne ne veut jamais revoir tellement que c'est pourri. Le réalisateur s'est condamné à mort tout seul en réalisant trois ans après Le Capitaine Corelli avec un Nicolas Cage en sur-régime, une sorte de Patient Anglais en pire, et depuis cet homme-là, John Madden, l'homme aux 7 Oscars volés, vivote en tournant un film invisible par-ci par-là. Mais pour en revenir à Shakespeare in Lave, c'est typiquement le lauréat empoisonné qui a mis la planète cinéma de mauvais poil au lendemain de sa victoire, une journée noire pour la cinéphilie mondiale. En face de lui, le très contesté et très contestable La Vie est belle de Benguigui, aujourd'hui complètement oublié, La Ligne rouge du sage Malick et surtout l'indéboulonnable Steven Spielby avec Il faut sauver le soldat Ryan, le film qu'il a tourné en même temps qu'Amistad, Jurassic Park, La Liste de Schindler et A.I.. Les Oscars ont cet art-là de déjouer les attentes pour mieux conserver de leur magie. Les ricains sont doués pour ça, y'a pas à dire. Sauf que le lendemain tout le monde se demandait combien de kilos de merde les jurés avaient dans chaque œil pour frapper à ce point à côté de la cible (le mal est fait au moment des nominations, le ver est déjà la pomme, mais de là à se planter deux fois aussi magistralement ?).


Y'en a un des deux qui s'est pas fringué comme il fallait... Et ne vous laissez pas berner par la photo, c'est uniquement pour faire chier l'autre.

L'acteur Joseph Fiennes, qui incarne un Shakespeare littéralement in love et schlinguant les œstrogènes, a retrouvé son chien crucifié dans son jardin trois jours après la cérémonie. Accusant d'abord son frère Ralph suite à des querelles familiales (Joseph aurait vexé Ralph en nommant son chien Ralph, du prénom de son frère donc, prétextant que c'était bien lui qui avait un prénom de chien et non l'inverse, on ne veut pas savoir la suite), il a ensuite examiné le cadavre de son chien de plus près pour découvrir autour du cou de la bête un nouveau collier à pendentif en forme de statuette dorée. Il sombra ensuite et de façon assez logique dans l'alcool, comme Russell Crowe après Gladiator, mais le charme en moins (car contrairement à Maximus il perdait tous les concours de cuites auquel il participait, finissant systématiquement le froc sur les chevilles et la tête plongée dans les chiottes). Gwyneth Paltrow quant à elle ne fut pas embêtée, étant particulièrement charmante, et filleule de Spielberg de surcroît, celui qui a droit de vie et de mort sur Los Angeles. Comme quoi la famille Spielby ne repart jamais tout à fait les mains vides des Oscars ! Toujours est-il que l'académie s'était une fois de plus plantée en beauté, comme après avoir sacré Rocky l'année où Network et Taxi Driver étaient nommés. Partant vaguement en biberine depuis le milieu des années 80 et complètement en couilles depuis le début des années 2000, les Oscars sont devenus une vaste fumisterie qui chaque année consacre un gros film en contreplaqué, et il n'y a aucune raison pour que cela cesse...


Shakespeare in Love de John Madden avec Gwyneth Paltrow et Joseph Fiennes (1998)

23 janvier 2012

Contagion

Film sans aucun intérêt, sans tension, sans idée, sans parti pris, sans scénario, sans mise en scène, qui se regarde sans effort et c'est déjà beau vu ce qu'on attendait mais qui, au final, est plus chiant qu'autre chose et, surtout, oubliable dans la minute ! Soderbergh ne parvient même pas à nous rendre parano le temps d'un long traj'mé. Certains rétorqueront : "Tu ne l'as pas vu en salles ! Dès que mon voisin toussait j'avais envie de le tuer", et s'il est vrai que je ne l'ai pas vu en salle, il est vrai aussi que j'ai envie de tuer mes voisins de séance quel que soit le film que je vais voir au ciné, mais j'ai quelques soucis. Ceci dit ça se regarde à peu près, a fortiori sur une télé, avec l'entière liberté de se foutre de la gueule du film en permanence. Ca se mate malgré une bande originale techno-electro-teuchio insupportable, et c'est moins horrible que les critiques ne l'avaient dit. Quoique... Au bout d'un petit moment passé devant ce film dépourvu de scénario, et encore plus quand on y repense après l'avoir fini, on se dit que c'est quand même une belle merde, ce film. Pourquoi ?


La meilleure scène du film, cramée par la bande-annonce, celle où un docteur annonce à Matt Damon que sa femme est morte, et Damon de répondre : "D'accord... Je peux lui parler ?"

D'abord parce que ce film n'est rien de précis, il joue aux chaises musicales et ne se décide jamais à poser son cul huileux ici ou là. Je parle de cul huileux parce que du début à la fin Soderbergh filme des gens malades, liquéfiés, couverts de sueur et vaseux, soit exactement dans l'état critique où se trouve mon frère à chaque fois qu'il mange un peu trop de saucisson ou qu'il abuse des danettes au chocolat dont il raffole, à chaque fois qu'il mange en fait, à la fin d'à peu près chaque repas, aussi ce film fut-il douloureux pour moi. Contrairement aux longs séjours quotidiens de mon frère aux cabinets, Contagion n'est pas vraiment un film catastrophe, toute cette affaire de virus mortel à la vitesse de propagation démentielle ne semble être prise en charge que par cinq personnes dans le monde entier, un peu comme dans Alerte !, ce film de Wolfgang Petersen où Dustin Hoffman avait la courante. Les 6 499 999 995 autres êtres humains sur Terre, dont le sort tient entre les mains de cette poignée d'américains dévoués et peu connus, ne sont que des chiffres auquel le film fait référence de temps en temps ("4ème jour de contamination, 30 000 morts") avec une indifférence qui annule tout sentiment de panique. Et une seule scène (ratée) d'apocalypse à la The Road ne suffit pas à rattraper cet échec. Faute de catastrophisme, Contagion aurait pu devenir un bon film de genre quand le virus est considéré - dans une drôle de scène où une des héroïnes explique à un des héros les avancées de ses recherches sur le virus en faisant tout un laïus incompréhensible sur les chauves-souris et les cochons - par ceux qui le traquent comme un xénomorphe alien dangereux et mutant que chacun peut porter sur soi sans s'en rendre compte, mais en fait non, la maladie est aussitôt ramenée à ce qu'elle est : un gros rhume ultra contagieux qui fait chier le monde et qui fait suer du front ses victimes avant de les faire tomber comme des mouches en dix minutes.


Laurence Fishburne a l'air d'espérer une bonne nouvelle concernant la pandémie, mais un contrechamp nous révèle qu'il est sur L’Équipe.fr et qu'il attend le tirage au sort de la Ligue des Champions pour voir si Lyon va encore tomber sur le Real Madrid et se faire ramasser en beauté à domicile.

Aucun sujet n'est vraiment traité, pas même la grande idée de Soderbergh qui consiste en une parabole brillante sur le thème de la "contagion", la vraie contagion virale n'étant pas celle de la maladie mais celle de l'information, qui serait bien plus meurtrière. Sauf que rien n'est tiré de cette idée très bateau, et devant le film on se dit que c'est bel et bien la maladie qui bute tout le monde, pas internet. Tout ce que tente Soderbergh tombe à l'eau, comme sa grande idée de faire crever des stars hollywoodiennes à toute allure. Au fond c'était ça l'audace faramineuse de ce film en bois : foutre en l'air le tout Hollywood. Or on s'en tape royalement, pour commencer, et ensuite ce n'est même pas assumé puisque Paltrow, qui clamse mochement au bout de cinq minutes (voir le photogramme en bas à droite sur l'affiche) habite quand même tout le reste du film grâce aux images des caméras de surveillance observées par Marion Cotillard, qui passe sa vie à chercher l'origine du virus, ce dont on se fout tout autant, et pour ce faire se tape l'intégrale des vacances de Gwyneth Paltrow à Hong-Kong.


Quitte à choper une maxi chiasse dans la minute qui suit, moi aussi j'aurais un gros smiley en me faisant souffler sur les crayons par Gwyneth Paltrow.

L'autre star qui meurt c'est Kate Winslet, et elle meurt en héroïne s'il vous plaît. Elle fait partie des quatre ou cinq personnes sur Terre chargées d'endiguer ce fléau qui bute un million de pékins à la minute et elle meurt infectée dans l'exercice de ses fonctions, courageuse et sacrifiée, en véritable martyr de la bonne cause. Le dernier plan sur elle nous la montre agonisante sur un lit de camp, effectuant son dernier geste avant la mort : tendre une couverture à un type en meilleur état qu'elle... Tous les ricains sont des saints and soldiers dans ce film. Le vrai message délivré par Soderbergh c'est que les catastrophes sanitaires qui frappent le globe sont la faute aux Chinois qui ne respectent pas les règles élémentaires d'hygiène (à la fin on voit le départ de feu du virus, une chauve-souris tombée dans un enclos à cochons à côté d'un resto cantonais, je rêve...), mais fort heureusement de brillants et valeureux chercheurs américains, docteurs et doctoresses et autres directeurs de lobbys pharmaceutiques mettent tout en œuvre pour nous sortir à chaque fois de la panade au péril (jaune) de leur vie.


Dans une longue séquence géniale et inutile, Elliott Gould, qui incarne un docteur, est assis dans un bar, tout seul, un jour après le début de la contamination, et il regarde les gens dans la salle qui s'embrassent, se serrent la main, sentent leurs doigts, boivent dans le même verre, se torchent avec la manche et ainsi de suite, avec une tronche absolument indescriptible.

Elliott Gould, le papa de Monica dans Friends, qui dans chaque épisode n'en revenait pas d'avoir mis au monde une fille aussi bien bustée, fait un caméo de tous les diables dans le rôle d'un chercheur qui outrepasse ses droits pour trouver un remède contre le virus coûte que coûte et qui, ayant le choix entre vendre sa trouvaille à des entreprises pleines aux as ou le refiler gratos aux gentils, fait le choix de la vertu bien entendu. Lawrence Fishburne est lui aussi un grand homme qui veut sauver tout le monde et qui commet une bévue en prévenant sa fille de foutre le camp en silence d'un lieu infesté, sa fille aussi conne que lui s'empressant bien sûr de répéter à tout le monde qu'il faut partir, générant un mouvement de foule meurtrier. Mais Fishburne ne sera pas inquiété parce que sa bourde partait d'un bon sentiment, il voulait juste sauver sa fille, et puis à la fin il transgressera aussi la loi en ne se pliant pas à l'agenda national des piqûres de vaccins pour soigner sa fille avant tout le monde, et aussi le fils du type qui balaie son bureau tous les matins et qu'il aime bien. Car cet homme-là a un cœur d'or et les lois ne peuvent pas le retenir de faire le bien autour de lui. Idem pour Marion Cotillard qui part seule à Hong-Kong pour trouver l'origine du virus et qui finit par être prise en otage par des types dont le village est décimé par la maladie, qui veulent des vaccins en échange de Cotiflax. Quand ils les obtiennent (encore une scène remarquable où les Chinois testent le vaccin livré sur leur otage, Cotillard, qui n'est pas malade : ils lui font ingérer le remède, attendent deux secondes, et constatant qu'elle n'est toujours pas malade ils en concluent que le vaccin fonctionne !), ils la libèrent, mais arrivée à l'aéroport elle apprend de la bouche de son libérateur que c'était des placebos et elle quitte tout pour rejoindre les malades et les aider quand même, aide qui consistera à crever avec ses nouveaux potes en puant méchamment du front, mais c'est si héroïque. J'en passe et des meilleures.


Steven Soderbergh, le double ricain de Mathieu Kassovitz, est décidément un bien triste type.

Le seul salop ce n'est pas le patron d'une entreprise pharmacologique (ces gens-là sont des crèmes qui ne veulent que le bonheur du monde), c'est un blogueur qui veut dénoncer ce qu'il croit être une conspiration des magnats de l'empire pharmaceutique. Jude Law incarne le seul rôle merdeux de ce film, et Soderbergh lui a collé de fausses dents tordues pour le rendre ingrat comme un internaute et laid comme un enfoiré paranoïaque qui a tort de mettre en doute les bienveillantes institutions américaines, car il cause du tort à tout le monde avec son esprit critique infondé... Dieu soit loué les héros de l'ombre nationaux font fi du principe de contradiction des gêneurs paranos qui insultent leur courage et dénoncent à tort les soi-disant dérives du système et les fausses mauvaises méthodes des grands groupes. L'esprit critique scandaleux du grand public à l'égard des puissants est une plaie, nous dit Soderbergh. Le véritable cancer de notre planète, selon le cinéaste, c'est l'information, la communication, l'esprit critique, qui créent des bains de sang et empêchent les efforts des nobles et bienveillants puissants de ce monde. Édifiant. Vous aussi vous pensiez que Soderbergh n'avait pas de talent mais qu'il avait au moins deux trois idées ? Vous aussi vous pensiez qu'il avait des couilles au cul faute d'être doué de ses dix doigts ? C'est triste pour lui mais en plus d'être si peu doué Soderbergh vient de nous prouver qu'il est niais comme un manche à balais.


Contagion de Steven Soderbergh avec Matt Damon, Gwyneth Paltrow, Kate Winslet, Lawrence Fishburne, Marion Cotillard, Elliott Gould et Jude Law (2011)

4 octobre 2011

Iron Man

Ce film est un prétexte. Je vous l'annonce tout de suite. Bien sûr, je l'ai vu. Je capte TF1 sans souci, et j'ai donc déjà foutu en l'air un de mes dimanches soirs devant ce thriller comme le cinéma américain en produit par centaines chaque mois. Iron Man, c'est un prétexte pour vous parler de Robert Downey Junior. Et si cela vous étonne que je parle de "thriller" pour ce film de super-héros, c'est parce qu'au départ ma critique prenait pour prétexte le film Copycat. J'étais en effet persuadé que Robert Downey Jr jouait dedans et je viens de me rendre compte que ça n'est pas du tout le cas. J'ai dû le confondre avec Harry Connick Junior. Bref. Poursuivons sur le cas Downey, cet acteur adoré de tous dont le plus grand rôle a été... Non, ne cherchez pas. Vous ne trouverez pas. Lui, le roi des caméos et des tapis rouges, a reçu sa première nomination aux Oscars il y a deux ans, pour son rôle comique dans Tropic Thunder où il est grimé en sergent afro-américain. Il imite l'accent noir. Une performance plutôt ridicule qui l'amène directement aux sommets d'Hollywood. Allez comprendre...



Autre détail sur le bonhomme : Bob Downey Jr se plaît à se rendre aux avant-premières en tongs, vêtu d'un bermuda beige et d'une chemise hawaïenne, pour ainsi peaufiner "sa cool attitude". Il était particulièrement rayonnant lors de la projection d'Iron Man, justement, le film qui lui a apporté son premier premier rôle depuis un fameux bail, une vraie réussite pour certains amateurs indulgents de films adaptés de comic book, rien du tout pour tous les autres. Bob Junior était là, tout sourire, bras dessus bras dessous avec Gwyneth Paltrow (le salop !). Il portait ce jour-là une chemise rouge à carreaux vichy ("pétainiste" devait-on plutôt dire le concernant), l'une de ces chemises dont on se sert comme d'une nappe lors des pique-niques, le genre qu'on jette sans arrière-pensée à la fin du casse-croûte, avec toutes les miettes dedans. Ces nappes-là on les secoue pas, on les jette directement. Ou bien on leur fout le feu, et deux jours plus tard des randonneurs écolos retrouvent les traces carbonisées en se plaignant d'à quel point les gens sont des gros dégueulasses.



A l'école, ses camarades de classe le surnommaient Le Cerf-volant (cerveau lent). Robert Downey Junior était un véritable fils-à-papa, un gosse de riche qui rata son bac deux fois de suite. Comme il était nul, ses parents l'ont inscrit dans une grande école d'informatique (alors que c'était une grosse quiche) et il put se payer un diplôme d'ingénieur. Il pouvait facilement trouver du boulot, avec des salaires de plus de 5000€ net, mais il préféra la taule et les cures de désintox. Jusqu'à ce qu'il décide d'être acteur... Bref, encore un bel exemple de la réussite par le travail. A part ça, Bob Junior est assez sympathique au quotidien, il a toujours bonne humeur vu qu'il est trop con pour saisir l'état déplorable du monde actuel et pour que cela influence son karma. C'est un doux abruti un peu rêveur. Il a une belle gueule, des cheveux terribles, un sourire irrésistible. Il mange des Corn-Flakes à tous les repas.



Aujourd'hui, Robert Downey Jr crève l'écran. On l'apprécie sans doute pour sa transparence et sa médiocrité. On l'aime parce qu'il est abonné aux seconds voire aux troisièmes rôles, parce qu'il est là sans jamais être trop là, parce qu'il ne fait jamais que passer, tout en gardant une attitude apparemment "cool". Il donne ainsi à sa médiocrité un air totalement assumé. C'est ça qui nous rassure et c'est pour ça qu'on l'aime. Il est l'acteur idéal dans notre société qui ne supporte plus l'excellence. C'est attristant. Si on me donnait le défi de me retenir de péter, à partir de maintenant, en m'assurant qu'un jour je croiserais Downey Jr et que je pourrais alors tout lui lâcher d'un seul coup, je le ferais. Ce serait long et douloureux, parfois frustrant, mais je le ferais, et avec un grand sourire collé sur mon visage émacié.


Iron Man de Jon Favreau avec Robert Downey Jr, Gwyneth Paltrow, Jeff Bridges et Terrence Howard (2008)

4 août 2011

Bon à Tirer (B.A.T.)

J'ai "regardé" ça un soir avec Poulpard, je mets entre guillemets parce qu'on n’était pas toujours dedans, mais c'est bien grâce à cela que nous avons tenu tout le film. Pour tout vous dire, nous étions occupés à répondre à un lecteur surexcité. Il s’agit donc du dernier film des frères Farrelly, avec comme souvent un pitch qui se veut plus ou moins accrocheur. Les deux personnages principaux du film sont deux meilleurs amis, Owen Wilson et Jason Sudoku, obsédés sexuels et constamment attirés par les minettes qui passent sous leurs yeux pervers. Ils sont pourtant mariés, l’un à Jenna Fischer et l’autre à Christina Applegate, mais leurs vies sexuelles ne sont plus ce qu’elles étaient. Se rendant bien compte de l’état alarmant de la libido de leurs compagnons, véritables bombes à retardement frustrées par la vie, elles prennent une décision commune : donner un "bon-à-tirer" (expression ô combien affreuse, traduction malheureuse de "hall pass") à leurs maris, pour que leur obsession du cul disparaisse, l'interdit de l’infidélité étant temporairement levé. Pendant une semaine, nous suivons donc les pérégrinations pathétiques de ce triste duo sans relief, guidé par sa seule envie d'enfin réussir à tirer un coup salvateur...


Jouer tout un film les mains dans les poches, c'est une belle performance de la part de Wilson. Mais ça en dit long sur l'implication de l'acteur dans un projet mort-né.

Au-delà du fait que les Farrelly essaient manifestement de cacher leur flagrant manque d’inspiration sous un gros tas de vulgarités et de dialogues très gras dignes du pire de Judd Apatow, l’une des choses qui frappent le plus dans ce pauvre film est la tronche et l'allure pitoyables que trimballe Owen Wilson d’un bout à l’autre. On le sait dépressif et suicidaire, je ne m’acharnerai donc pas sur lui, mais c’est tout de même un peu problématique quand cela transparaît à l’écran dans des films supposés être drôles et légers. Ici, l’acteur ressemble à un vieillard convalescent qui a évité de peu la faux et qui depuis n’arrive plus à retrouver goût à la vie. Le pauvre, il fait vraiment peine à voir. Quant à son acolyte, que dire ? Il parvient à nous faire pouffer une petite fois, lorsque la vulgarité du film est poussée à son paroxysme (la scène du pet qui repeint la baignoire) et qu’il nous offre un regard consterné, apparemment conscient de l’horreur de la situation. Ça reste assez peu en 105 minutes de film, car à l’instar de la plupart des autres œuvres des frères Farrelly, Bon à Tirer a le défaut de durer une bonne demi-heure de trop...


Jenna Fischer est souvent méconnaissable, rendue hideuse par des séances d'U.V. intensives que la blancheur anormale de ses dents met en avant. Quant à Applegate, j'ai eu du mal à la reconnaître, elle a à nouveau changé de tronche !

Habituellement dans les films des Farrelly, il y a au moins une jolie actrice qu'ils mettent plutôt bien en valeur. Dans Fous d'Irène, ils parvenaient presque à rendre Renée Zellweger charmante, ce qui relève du miracle étant donné la façade décrépie de cette comédienne biélorusse (et encore, notez bien que j'ai dit "presque"). Ils ont entre autres filmé Gwyneth Paltrow et Eva Mendes, mais aussi Vanessa Angel (celle qui a émoustillé tous les fans de la série Code Lisa, à commencer par notre bon Poulpard). Dans Bon à Tirer, ils ont Jenna Fischer sous la main, mais ils préfèrent se focaliser sur une pouffiasse australienne blonde sans intérêt apparemment nommée Nicky Whelan. Je parle des comédiens, du fait que c'est pas drôle, etc, vous pourrez penser que c'est pas très poussée comme critique, mais je ne préfère pas m'attarder sur le reste. Y'a que dalle à dire sur ce film, dont même la morale puritaine est affligeante. C'est d'autant plus attristant quand on se dit que les deux personnages principaux sont bien entendu les avatars des frères metteurs en scène. Enfin bref, les Farrelly ne ressortent pas du tout grandis de ce film très souvent abject, bien au contraire. Un film qui confirme l'état déliquescent des ciboulots du duo de Providence après le déjà ridicule Les Femmes de ses rêves... Si ces deux-là donnent enfin une suite à Dumb & Dumber, ils ont tout intérêt à confier les rênes du projet à Jim Carrey, car s'ils se loupent, ils seront numéro un ex-æquo sur ma Most Wanted List !


Bon à Tirer (B.A.T.) de Peter et Bobby Farrelly avec Owen Wilson, Jenna Fischer, Jason Sudeikis, Nicky Whelan et Christina Applegate (2011)

22 novembre 2008

Two Lovers

James Gray s'améliore de film en film. Little Odessa était prometteur mais un peu chiant, The Yards aussi, y'avait un sacré quelque chose dans We own the night, et maintenant Two lovers, qui se révèle plus que convainquant, carrément bouleversant. L'hideuse affiche annonce un triangle amoureux et si c'est bien ce dont il s'agit, nous voilà à des lieues de bien d'autres films eux aussi bâtis sur ce schéma éculé, citons par exemple le dernier Woody Allen, Vicky Cristina Barcelona, dont le titre dresse la liste des prénoms des protagonistes du trio sentimental. Allen a beau défendre sa gamelle assez logiquement, son film n'est pas pour autant digne de lui, il n'est pas digne de nous. James Gray quant à lui tire largement son épingle du jeu de Mikado qu'est le cinéma hollywoodien actuel. Son film est sombre, mais il ne l'est pas grâce à des personnages de comic books et des cervelles éclatées comme chez Cronenberg (A History of Violence), pas grâce à des personnages de comic books et un suspense à la noix comme chez les frères Coen (No Country for Old Men), pas grâce à un personnage de comic books et une vision écologiste et pontifiante comme chez Sean Penn (Into the Wild), pas grâce à des personnages de comic books et un zeste de conscience politique biaisée et puante à souhait comme chez Christopher Nolan (The Dark Knight). Son film est sombre parce qu'il parle d'un vrai personnage, d'un homme en proie aux affres des sentiments les plus authentiques et les plus puissants.




Et qui mieux que Joaquin Phoenix pour interpréter ce personnage? L'acteur atteint très probablement ses sommets dans ce film. Ses comparses n'étant pas de reste (Gwyneth Paltrow, Vinessa Shaw, actrice d'une beauté éclatante, sans oublier Isabella Rossellini). Mais véritablement Phoenix montre des choses dans ce rôle qui donnent à penser que si nous avons récemment perdu le plus grand des jeunes acteurs français en la personne de Guillaume Depardieu, nous venons peut-être bien de perdre (si sa parole est d'or, puisqu'il prétend arrêter sa carrière, mais on peut largement douter de cette affirmation) le plus grand des jeunes acteurs américains. Espérons que Joaquin reviendra sur sa décision, ou que ce n'est qu'un canular, car c'est un très grand acteur et ce film est certainement son Pic de Dante.




C'est aussi le film de James Gray (à ce jour) qui ne s'encombre plus d'histoires policières un peu pâteuses, prétextes à des portraits efficaces mais distants. Dans ce film il fait place et entièrement place à la comédie humaine, et si ça n'est pas gai gai, c'est au moins Gray Gray, c'est en tout cas ultra poignant, et il en ressort quelque chose d'aussi précis que solide. James Gray ne s'embête pas avec les poncifs à la mode, tous plus désolants les uns que les autres. Dans son film, il y aurait mille occasions de faussement surprendre le spectateur, de faire mentir les personnages en leur créant des secrets de polichinelle et des cachoteries surfaites, il y aurait mille aubaines de créer du suspense superflu ou de laisser s'immiscer des intrigues secondaires tortueuses et saugrenues pour ne pas perdre l'attention du spectateur demeuré bercé à la série télé racoleuse et rentable. Mais James Gray s'épargne ces foutaises pour se concentrer sur ses personnages, sur son histoire, et sur sa mise en scène. Dans un film par ailleurs brutalement émouvant il se permet des choses somme toute assez banales (quid du regard caméra) mais qui sont devenues si rares aujourd'hui, employées avec conviction et talent, qu'elles offrent un bol d'air d'audace et d'idées.


Two Lovers de James Gray avec Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow, Vinessa Shaw et Isabella Rossellini (2008)

12 novembre 2008

Wanted : choisis ton destin

Je fais le topo. Timur Bekmambetov, je ne suis pas ton nègre. Je ne vais pas écrire ton script à ta place sur ce blog. Timur Bekmambetov, tu as choisi ton destin. Quant à l'acteur principal de ton film, le dénommé James McAvoy, après avoir tutoyé le meilleur du ciné grand public avec Atonement, il a décidé en jouant dans ton film de se forger une crédibilité artistique, un palmarès d'acteur, il a décidé de se choisir un destin, qui aura pris la forme d'une balle tirée dans son pied. Après avoir joué dans Le monde de Narnia chapitre 1 tome 2 partie 3 verset 4: Le lion, la sorcière blanche, l'armoire magique, le golden compas et le seigneur des anneaux d'Harry Potter (prisonnier d'Azkaban), McAvoy a lu les scripts de Dark knight (pour le rôle du Joker), de There will be blood (pour le rôle finalement attribué à Jerry Lee Lewis), et de No country for old men (pour le rôle de Javier Bardem). McAvoy a déclaré au micro d'ABC News, en pleine cérémonie de remise des Oscars, une larme au bord de l'œil tandis que Javier Bardem brandissait son trophée: "J'ai choisi Wanted pour faire plaisir à mes enfants. Mon plus jeune fils, qui est complètement con et fan du comic book, m'a dit et répété : 'Papa ça ne se rate pas Wanted, fais-le pour moi'. J'avais déjà fait Narnia pour cette raison là. Systématiquement, après un an de tournage, je rentre chez moi les bras en cœur, la bouche en croix, quelques goodies et le dvd de mon nouveau film dans la valise, et pour tout remerciement mes enfants disent de mes films qu'ils sont pourris". Triste sort que celui de ce McAvoy. Dernièrement on a vu le nom de McAvoy sur la working list de High School Musical 2, la suite du 1, le prequel du 3. Au bas de son contrat, à côté de sa signature, on pouvait voir ce smiley : " : ( ".
 
 
Wanted : choisis ton destin de Timur Bekmambetov avec James McAvoy, Angelina Jolie et Morgan Freeman (2008)