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30 décembre 2019

Terminator : Dark Fate

Plus personne ne parle de ce film. Plus personne. A sa sortie aussi, il n'avait pas fait de bruit. Durant les semaines qui l'avait précédée, en revanche, on avait essayé de nous mettre l'eau à la bouche en nous le vendant comme la première suite adoubée par James Cameron himself et en nous invitant à oublier tout ce qui avait été fait depuis le deuxième opus. Tu parles... C'était avoir la mémoire bien courte : on nous avait déjà fait le coup avec Terminator Genisys, que l'on nous présentait comme un reboot revigorant toute la franchise et où l'on pouvait lire, écrit en gros sur l'affiche, "Vous allez adorer" signé Jimmy C. Les plus pointus m'indiqueront que, cette fois-ci, Cameron a eu un rôle plus actif, puisqu'il est producteur et a même participé au scénario (!). Pour les précédents, il ne jouait au mieux qu'un vague rôle de consultant. Mais à quoi bon pinailler là-dessus vu le résultat final : on a de nouveau affaire à une énorme daube sans intérêt. James Cameron n'en a sans doute rien à battre non plus, son nom n'est jamais vraiment sali et les spectateurs sont encore plus nostalgiques de ses deux premiers films. Je suis sûr que, quelque part, il n'est pas mécontent de voir sa franchise sombrer un peu plus à chaque nouveau film réalisé par quelqu'un d'autre que lui. C'est cette fois-ci Tim Miller, auréolé du succès de Deadpool, qui s'y est collé, mais cela aurait pu être n'importe quel tâcheron incapable de torcher une scène d'action à peu près valable.




Je fais partie des quelques malheureux qui sont allés voir ce Terminator : Dark Fate au cinéma, emmené et invité par mon frère Poulpe, plus connu sur ces pages sous le doux sobriquet de Brain Damage. C'était une période bien morne en termes de sortie ciné. Pour vous donner une idée, on avait hésité entre ça et Doctor Sleep... Nous en menions pas large à la fin d'une séance vécue dans un silence mortuaire à peine troublé par quelques questions que je soumettais à mon frère pour qu'il éclaire ma lanterne sur quelques détails absurdes du scénario. Mes interrogations portaient pour la plupart sur la nature exacte du nouveau modèle de terminator présent ici sous les traits de Gabriel Luna. "Dis Poulpe, comment ça se fait que le terminator ait besoin de se connecter physiquement à un data center pour avoir accès aux caméras de surveillance ? Il n'a pas le wifi ?", "Dis Poulpe, si ce terminator peut se dédoubler, pourquoi il ne le fait pas plus souvent pour être deux fois plus efficace ?". Prenant à cœur son rôle de grand frère, Poulpe avait toujours des réponses satisfaisantes et rassurantes à m'apporter, elles me permettaient de maintenir la tête hors de l'eau, mais je ne me souviens d'aucune et, en réalité, il se contredisait beaucoup.




Un bon rösti bien gras suivi d'une dame blanche dégustés sans dire un mot du film ont sauvé notre soirée. Pendant les jours suivants, j'ai tanné mon frère Poulpe pour qu'il m'inspire quelques lignes dignes d'être partagés avec vous à propos de ce maudit film. Toutes mes sollicitations furent vaines jusqu'à cet instant étonnant où Poulpe a pris une pose pensive avant de lentement déclamer ce poème, dont le titre, prononcé en guise d'introduction, doit être Terminator, sombre destin :

Quelques-uns partent le voir
animés d'un léger espoir.
Ils sortent de la salle
en se sentant sale.

Voilà. C'est tout ce qu'il m'a sorti. Après ça, il n'y avait plus rien à tirer de lui ; après ce triste quatrain aux rimes pauvres qui, en tant que tel, est déjà une œuvre d'art infiniment supérieure à la dernière cochonnerie signée Tim Miller. Le manque total d'idée et de savoir-faire de Miller va jusqu'à nous faire regretter le Terminator 3 de Jonny Mostow. Ce dernier, en bon faiseur de cinéma d'action à l'ancienne, avait au moins su pondre une bonne scène de poursuite en camion. Ici, dès ce flash-back introductif très problématique et inutile où nous assistons à la mort lamentable de John Connor (Edward Furlong), froidement abattu à la plage par un terminator surgi de nulle part alors qu'il commande une pina colada à sa môman, on sait que ça va schlinguer un max. Nous ne sauverons même pas les quelques répliques débiles d'un Schwarzy en roue libre et visiblement conscient du ridicule de la chose, ni le retour pathétique d'une Linda Hamilton venue caricaturer l'unique personnage qui l'a rendue célèbre, ni les quelques efforts d'une Mackenzie Davies pas désagréable en humaine améliorée envoyée dans le passé pour protéger, devinez qui, la future cheffe de la résistance. Rien de neuf sous le soleil, c'est toujours la même histoire sans l'ombre d'une trouvaille valable à l'horizon. On peut jeter tout ça aux oubliettes et continuer de faire comme si ce film n'existait pas.


Terminator : Dark Fate de Tim Miller avec Natalia Reyes, Mackenzie Davis, Linda Hamilton, Gabriel Luna et Arnold Schwarzenegger (2019)

10 juin 2017

Clones

L'idée est simple et elle a le mérite d'être exposée en deux minutes chrono pendant le générique d'ouverture du film : tous les hommes et toutes les femmes sur terre ont désormais un double, une sorte d'avatar personnel robotique en tout point identique à son original de chair et de sang bien que plus beau et plus perfectionné, une sorte de substitute, comme Vikash Dorazoo. Le sportif français, souvenez-vous, qui a filmé en Super 8 ses propres potes plus balèzes que lui balle au pied, qui gagnaient le mondial à sa place pendant qu'il cirait le banc de touche avec les coiffeurs et son nouveau pote, Fred Poulaga. Il paraît que dans la vraie vie, quand ses collègues commentateurs sportifs sont sur M6 le dimanche à une heure du matin, le vrai Vikash fait des passements de jambes avec leurs compagnes et compagnons, et se paie le luxe de filmer ces scènes en 35 mm. Razodoo mate M6 chez eux en se substituant à ses collègues de boulot dans leur canapé et en substituant au programme foot l'ancien film érotique qu'il transforme en nouveau porno.




Les gens du film ont donc un substitut qu'ils trimballent par téléguidage neuronal grâce à un genre d'ordinateur cérébral personnel, tout en restant le cul vissé à la casbah, afin que leur double accomplisse toutes les tâches de la vie quotidienne qui les font chier. C'est une idée simple comme bonjour et qui nous faciliterait bien la vie si ça existait vraiment. On pourrait s'en servir pour aller pointer au pôle-emploi, cet endroit qui fout la gerbe, ou pour faire un saut chez Lidl et mettre la main sur un gros lot de rouleaux de papier-cul au dernier moment (et une ou deux bouteilles de Yop, toujours !). Pour les tâches plus agréables, comme faire des roulés-boulés sur le plumard, là adios le substitut et welcome la vie. C'est une bonne idée de scénario donc. On pense beaucoup à Minority Report devant ce film, sauf que c'est infiniment moins bien. En revanche c'est plus simple, parce que Minority Report est cool mais compliqué ! Je le pige un peu moins à chaque fois que je le revois. Autre différence notable entre le film de Spielberg et celui de Mostow : ce n'est pas le Giant Coocoo de la scientologie qui mène la danse ici mais l'inaliénable Bruce Willis (cet homme si beau). Pour ne rien gâcher, à un moment il s'habille en Prada, comme dans Pulp Fiction, quand il retourne chercher sa montre aux mécanismes encore incrustés de fientes paternelles chez lui pour trouver Travolta sur les cabinets, avec ce "blue jeans" plus "blue" que "jeans" tellement il est blue, d'un blue ciel qui rappelle que si le ciel avait cette couleur on serait aveugles, heureux mais aveugles, et ce jean blue clair surmonte une paire de reebok blanches pour un assortiment des plus tonitruants : il n'est que Bruce qui puisse porter ce cocktail explosif dignement, et qui le porte à merveille.




Clones (qu'il convient de prononcer "Clonès", en hommage à son intitulé d'origine mexicaine : "Surrogatès") bénéficie en outre d'un scénario dans lequel il ne se passe pas tant de choses que ça, contrairement au rapport minoritaire assez touffu de Philip K. Dick, et ce n'est pas un mal, Mostow étant toujours plus à l'aise quand le script est vide. Au rayon des influences, le film fait aussi penser à They Live de Carpenter, via les faux-semblants, la tentative de réellement voir ce qui se trame autour de soi, avec aussi ce groupe de rebelles à priori plus clairvoyants que la moyenne, qui vivent dans une sorte de bidonville et qui sont guidés par un oracle noir à dreadlocks fan de reggae. En effet, Clones évoque, par sa modestie, quelques films d'action des 90s, et, par son aspect, certains fleurons du cinéma des 70s, sans atteindre la cheville des meilleurs opus parmi les uns comme parmi les autres. On le préférera néanmoins, et sans difficulté, au très médiocre Looper, qui lorgnait récemment dans la même direction avec là encore le bulbe de Bruce Willis en crâne d'affiche.




Le film de Jonathan Mostow est pas mal du tout même si évidemment il n'est pas génialement filmé, interprété, monté, étalonné et diffusé. Son plus gros défaut, ce sont ces quelques plans un peu trop penchés sur le côté sans raison (tic qui s'était généralisé dans l'instant classic Batterfield Earth, et se veut bizarrement encore très actuel puisqu'il est utilisé jusqu'à la nausée dans Star Trek ou Thor). On est ici loin tout de même de la mise en scène 24 Heures Chrono, avec une caméra portée qui s'astique dans tous les sens et qui zoome insupportablement tous les 24 millièmes de seconde chrono. En somme il faudrait parler de sobriété pour éviter de dire que le film est filmé le plus simplement du monde, comme une merde. Non le vrai défaut du film c'est un certain manque d'humour. D'ailleurs Bruce Willis, quoique superbe comme à son habitude, est un peu éteint, et il y a fort à parier pour que ce soit dû au trait tiré au marqueur indélébile par Jonathan Mostow sur le légendaire esprit potache qui caractérisait jusqu'ici la plupart des (grands) rôles de l'acteur. Son personnage est même très lisse ! Pour prendre la défense du condamné d'office Mostow, ce n'est certes pas sans rapport avec le propos du film, car ce manque de personnalité ou de caractère est là pour appuyer l'idée que tant d'années passées à se cacher derrière un double parfait et inintéressant ont affadi les hommes dans leur for intérieur. Il aurait semblé peu logique que le double de Bruce Willis soit le seul être humain au monde à se montrer caractériel, marrant et original, à l'image de son personnage mémorable dans Le Dernier samaritain. C'est juste un mec qui a envie de revoir sa vraie femme (Rosamonde Pike), parce qu'il sait qu'elle souffre et qu'elle se drogue derrière ses aspects substitutifs d'américaine moyenne propre sur elle aux traits copiés collés sur ceux de Vikash Dorazoo.




De nombreuses études ont été menées pour savoir si les gens accepteraient de vivre dans un monde factice et virtuel (dans lequel ils seraient projetés grâce à des électrodes branchées à leur cerveau), un monde agréable où ils seraient riches et heureux, tout en sachant leur enveloppe charnelle "réelle" en parfaite sécurité, dans un monde concret où leur personne a contrario serait pauvre et déprimée. A cette question les gens répondent majoritairement qu'ils ne resteraient pas dans le monde "faux", par pur et simple refus du virtuel… Un choix édifiant qui démontre bien la portée de cette vaste question, passionnante en soi, que le film pose en passant, et je l'en remercie. Merci monsieur Mostow.




Pour poursuivre sur les qualités du film, on peut regretter tout de même quelques petites bizarreries dans le scénario. Comme l'idée qu'un seul gringalet, le créateur de tout ce bordel, puisse contrôler tous les substituts du monde, épaulé par un gros geek, obèse et affublé de cheveux gras, d'un front huileux, d'un vieux bouc, d'un nez retroussé et de grosses lunettes, comme tous les geeks représentés au cinéma. Autre point positif, le tout manque peut-être d'ampleur, notamment à la fin, dans la scène où tous les clones s'écroulent d'un seul coup, séquence qui aurait pu être grandiose, mais le film semble étonnement guidé par une volonté farouche d'humilité, se rangeant avec modestie dans la lignée des petits films de genre qui ne laisseront pratiquement aucun souvenir, mais qui n'écorchent pas la rétine, et ce en refusant notamment l'imparable gouverne de l'effet spécial tout-puissant. Si le film est bien d'aujourd'hui, comme en témoigne son absence un peu cruelle d'humour, il est par ailleurs, et comme nous l'avons déjà dit, marqué d'un style très années 70. Or, alors que le scénario le réclamait presque, les "robots" ne sont pas réalisés en images de synthèses, ils sont incarnés par les acteurs eux-mêmes, simplement maquillés pour sembler plus parfaits, plus lisses et plus laids, et ressembler à Vikash, ce qui renforce la parenté entre le clone et son original et favorise la crédibilité des substituts. Automatiquement on y croit bien davantage qu'à tous ces films hideux qui ne jurent que par la motion capture, ce qui est très finement vu de la part de Mostow. Il y a bien des effets spéciaux dans le film, mais ils sont justifiés puisque celui-ci a précisément pour sujet l'invasion du quotidien par "l'image fausse" : une fois de plus, excellente idée de sieur Mostow. Autant d'arguments qui donnent envie de célébrer cette œuvre simple, modeste, et réussie (bien que non-exempte de défauts énormes qui le rendent parfaitement secondaire et totalement oubliable), surtout quand on la compare au marécage puant qu'est le cinéma d'action américain actuel, que Jonathan Mostow incarne à lui tout seul avec panache et distinction.


Clones de Jonathan Mostow avec Bruce Willis, Radha Mitchell, Ving Rhames et Rosamund Pike (2009)

8 juin 2017

Terminator 3 : le soulèvement des machines

J'ai enfin vu ce film. Bon, c'est un Terminator, faut faire l'impasse sur la qualité du scénario. Mais il y a quand même un petit détail qui m'a titillé... J'ai relevé ce que j'appellerai une bizarrerie. Comment se fait-il que la Terminatrice reconnaisse l'ADN de John Connor quand elle lèche la flaque de sang coulant de la tête d'un asiatique vers le début du film ? Pensez-vous qu'elle a déjà prélevé un échantillon d'hémoglobine sur le cadavre de John en 2032 et qu'elle peut donc établir le lien ? Autrement, comment a-t-elle pu entrer en possession de cette information ? Comme cela fait longtemps que j'y réfléchis, j'ai échafaudé une théorie, mais elle ne me convainc pas encore totalement. Je sais qu'avant d'être un loubard, John Connor a vécu une vie "normale" jusqu'à, disons, ses 16 ou 17 ans. Son sang a donc pu être prélevé de nombreuses fois par les Mormons. Il parait en effet que Les Mormons conservent un échantillon de sang de chaque citoyen américain dans des grottes blindées contre les guerres nucléaires (la théorie de l'identification illustrée par X-Files notamment). Peut-être que John Connor a eu une période mormone et que la Terminatrice en a profité. Je précise que j'ouvre seulement des pistes, je ne prétends pas détenir la vérité. Je lance le débat...




Quant à la théorie du prélèvement sur le cadavre de John Connor en 2032, why not ? Mais cela ne suffit pas à expliquer, et c'est une question rhétorique que je me pose, pourquoi Skynet envoie un seul tueur tous les dix ans afin d'éliminer le futur leader des humains. S'ils envoyaient dix tueurs tous les jours, ça finirait par donner un résultat, non !? Et si en plus ces tueurs devaient également éliminer Sarah Connor enfant ou même la mère de Sarah Connor enfant, ça décanterait un brin la situation, non ? Et pourquoi pas carrément son père qui n'est, semble-t-il, pas au courant de ses futures fornications ? Faut exterminer le père dans ces cas-là. C'est ce que j'aurais fait... Bon je sais ça casse un peu le délire. Par égard pour le spectateur il est en effet plus logique de n'avoir qu'un seul tueur, de temps en temps. Comme ça, ça fait un film. Au détriment de la logique, hélas.




A vrai dire, Terminator est une saga qui me laisse vraiment circoncis. Par exemple, comment le T-800 fait-il pour reconnaître la tête de John sur sa bécane au début du 2 ? Impossible à savoir... Par contre, j'ai récemment élucidé ce qui était pour moi LE grand mystère du 2, à savoir le moment où le T-1000 (Robert Patrick) prend l'apparence du gardien de l'asile psychiatrique où est enfermée Sarah Connor. J'ai longtemps pensé qu'il s'agissait d'une nouvelle erreur du scénariste, étant donné que le T-1000 précise lui-même qu'il ne peut que prendre la forme des choses qu'il touche, quand il s'agit d'armes blanches ou d'objets de même taille que lui (êtres humains), mais pas d'un paquet de cigarette ou d'une bombe chimique. J'ai récemment repéré que, pendant cette scène dite "de la machine à café", le gardien évolue sur le carrelage dans lequel le T-1000 vient de se fondre. Le T-1000 touche donc le gardien, en tant que carrelage ! J'étais content de l'avoir compris, j'ai trouvé ça vraiment bien vu. Bon, par contre, quand le gardien marche dessus, le T-1000 n'est réellement en contact avec lui que par les godasses. Comment le T-1000 peut-il alors acquérir les informations sur la physiologie complète du gardien (moustache et compagnie) alors que celui-ci est électriquement isolé du sol ? Tout au plus il pourrait se transformer en semelle de chaussure ou en morceau de caoutchouc ! A moins que le T-1000 puisse se transformer en tout ce qu'il touche et tout ce qui touche ce qu'il touche...




En ce qui concerne le numéro 1, l'original de Jaume Cameron, je focalise surtout sur l'expression faciale des terminators : parce qu'ils sont des robots, ils ne peuvent pas retranscrire certaines émotions humaines, et pourtant, revoyez donc Termintor 1, quand Arnold saute en feu sur le capot de la voiture et qu'il éclate le pare-brise, il tire une de ces tronches avec ses dents du bonheur si visibles à cet instant !! Un peu dans le même ordre d'idée : il nous est très tôt annoncé que les terminators ne clignent jamais des yeux. Or, si Kristanna Loken, la Terminatrice du 3, réussit cet exploit miraculeusement, j'ai cru repérer que ce n'était pas du tout le cas de ce bon vieux Bob Patrick dans T2. A un moment, je crois même qu'il baille. Un robot qui baille, sérieusement ? Dans ce cas là, serait-il possible qu'il ait une érection à la vue d'une belle pépée, sachant que les terminators sont dotés de bijoux de famille (cf la scène de nu de Schwarzy dans le premier opus qui nous dévoile en passant la raison pour laquelle il est surnommé le Chêne de Sturm Graz !) ?




Pour boucler la boucle et pour en revenir au troisième épisode, autre problème : pourquoi la Terminatrice n'a-t-elle pas les cheveux attachés dès la première scène où elle apparaît dans son plus simple appareil ? Ça permettrait de voir ses miches et ça me semblerait être une coupe un peu plus naturelle pour un robot, très soucieux du sens pratique. C'est idiot, c'est idiot pour mes sens. Là encore, ça ne fait pas sens... Et enfin, pour terminer, j'aurai une dernière question, mais qui ne concerne pas cette fois-ci la série Terminator. Est-ce que vous aussi, quand vous avez vachement sué dans un t-shirt que vous avez porté nuits et jours pendant des semaines, vous rechignez à le laver, en pensant que vous aurez bien du mal à reproduire l'odeur terrible qu'il trimballe, odeur dont vous devenez "addict" ?

En tout cas j'ai vraiment hâte d'être en mai 2009.


Terminator 3 de Jonathan Mostow avec Arnold Schwarzenegger, Kristanna Loken et Nick Stahl (2003)

5 juin 2017

U-571

Le casting de ce film est tout simplement ébouriffant. C'est un cocktail de muscles et de cellules grises. Jonathan Mostow, classé cinquième selon IMDB dans la fameuse liste des "5 Gods of Accion and Ficcion", aussi appelée la "Suite de Fibonacci", peut se vanter d'avoir fait tourner les plus grands. Dans U-571, les têtes d'affiche sont nombreuses et toutes plus prestigieuses les unes que les autres : Matthew McConaughey, Bill Paxton, Alec Baldwin, Harrison Ford, Gene Packman, Harvey Keitel, Sam Neill, Sean Connery, Patrick Bouchitey, Denzel Washington et Liam Neeson, pour ne citer que les plus fameux. Avec cette équipe de choc, Johnny Mostow voulait s'emparer d'un sous-genre du film d'action et d'un sous-sous-genre du film de guerre : le film de sous-marin de guerre. Le classique du genre reste Das Boot, film de chevet de Steven Spielberg et seule lueur de génie de son réalisateur Wolfgang Petersen, qui par la suite et en gardant un pied en Allemagne a réalisé L'Histoire sans fin, qu'il n'a donc jamais pu terminer, avant de devenir 100% ricain et de s'exiler au pays de l'Oncle Sam pour aligner des blockbusters totalement stars and stripés (Alerte!, Air Force One...) mettant souvent en scène de grosses masses d'eau (En pleine tempête, Poséidon), faisant de lui un sous-sous-sous James Cameron. L'homme revient parfois sur Das Boot, son premier et dernier chef-d’œuvre, et il renomme souvent le film "Miracle en Alabama", avec clin d’œil à la clé. N'empêche que Das Boot est la référence affichée par Mostow comme par tout réalisateur qui planche sur un film de sous-marin.


Traduction pour les non audiophiles : "Crankcase est plein d'eau de source". Précision : Crankase c'est le nom d'un jeune mousse à bord du sous-marin. Ensuite il implore le capitaine Starboard Diesel (manque une majuscule à Diesel).

Quelques mots sur le pitch du film, car il faut toujours une bonne excuse pour sortir un film sur un sous-marin : en 1952, début de la guerre froide, dans les eaux de l'Atlantique nord, une bande de nationalistes russes s'empare d'une base de lancement de missiles nucléaires stratégiques et menace le reste du monde. Le capitaine Mike Dahlgren commande le U-571, un sous-marin archaïque mais redoutable, premier sous-marin nucléaire de l'arsenal soviétique. Quand il découvre que le système de refroidissement du réacteur principal est défaillant, Mike Dahlgren va accepter de maquiller son vaisseau en sous-marin allemand, l'un de ces célèbres U-Boote qui patrouillent au fond de l'océan. Un autre sous-marin, dans ces eaux réputées peu tranquilles, va prendre en chasse le U-571 de Mike Dahlgren (il aura fallu plus de 570 U ratés pour aboutir à ce navire insubmersible). A bord de son poursuivant, commandé par Alexei Vostrikov (l'Amiral Hackman), des ogives et un moteur à propulsion atomique menacent d'exploser si la température au cœur du réacteur ne baisse pas rapidement. Coupé du monde et de la flotte russe à cause d'une panne d'antenne, un premier ordre est quand même envoyé à Vostrikov lui intimant l'ordre de bombarder la Russie, lorsqu'arrive un second message indéchiffrable. Le capitaine Vostrikov est alors remplacé par son second, Starboard Diesel, pour cause de chiasse. Ce dernier et son nouveau second, Boubakar Polenin (Patrick Bouchitey), doivent surmonter un différend basé sur une différence de couleur de peau pour faire face à la crise et éviter un accident nucléaire. Par ailleurs, si une telle explosion se produisait, les États-Unis pourraient croire à une première attaque soviétique et déclencher une guerre totale. Pendant ce temps, la bande de nationalistes russes tâche de faire face au froid qui gèle les canalisations à bord de leur "bateau noir". A bord de l'U-571, la réussite de la mission de Mike Dahlgren va désormais dépendre de sa rapidité et de son courage. Tétanisant.


La touche Mostow : les petits ronds rouges dans l'image qui indiquent ce qu'il ne faut pas louper.

C'est ce pitch dantesque (qui est en fait la réunion de plusieurs projets et de maints courts métrages écrits par Jonathan Mostow dans sa baignoire quand il était jeune), qui a permis au réalisateur de se faire un petit nom et de confirmer son statut de faiseur un peu brouillon mais foutrement doué. Quelqu'un de sérieux et de bonne volonté, apprécié de ses acteurs, qui vantent l'ambiance unique sur le tournage, à la bonne franquette. S'il a un petit air facho en photo, c'est néanmoins grâce à sa douceur de caractère qu'on a confié plusieurs projets importants à Mostow. C'est aussi grâce à son côté bonne poire que des gens comme Arnold Schwarzenegger, ou Bruce Willis, voire Kurt Russell, ont dit un jour dans leur vie : "I want Mostow in !" Ces mastodontes-là ont l'habitude de complètement contrôler les films dans lesquels ils s'engagent, et ils savent qu'engager Mostow c'est l'assurance de garder toute latitude sur la dimension artistique. A la poursuite du Diams USS boot 519 Jump Street Alabama - Le piège des profondeurs est un bon film du dimanche soir, comme tous les Mostow. Et comme il a fait quatre films, ça fait un mois de dimanches soirs assurés.


U-571 de Jonathan Mostow avec Matthew McConaughey et Bill Paxton (2000)

2 juin 2017

Breakdown

Voici le film breakthrough de Jonathan Mostow. Jonathan Mostow, c'est qui ? C'est surtout trois films : Terminator 3, U571 et Surrogates. Jonathan Mostow est spécialisé dans le film d'action qui se regarde sans déplaisir quand on tombe dessus alors qu'il passe à la télé mais qui peut provoquer un état de rage extrême lorsqu'une somme supérieure à 1€50 a été dépensée pour le visionner. Mostow a la réputation d'un cinéaste docile, carré et doux, un peu comme un gros bélier charmois fait metteur en scène hollywoodien. Il torche les films qu'on lui demande. Ils sont tous moyens, jamais honteux, mais ils n'amassent jamais suffisamment de fric pour que Jonny Mostow atteigne enfin une certaine reconnaissance et entre dans le cercle très fermé des réalisateurs de la A-list, en compagnie de personnalités telles que Christopher Nolan et Michael Bay du Mont St Michel. Jonathan Mostow devrait s'appeler Mosdos, car il s'est mis plein de monde à dos. Bref, Mostow est un raté, désespérément scotché aux années 90, et il le vit bien.




Breakdown (aka "Griller un câble") est donc son film breakthrough, c'est à dire celui qui le fit connaître dans le milieu et qui lui permit d'enchaîner les projets. Tout Mostow est dans Breakdown, ce petit film d'action honnête, plutôt divertissant, pas dégueu, que l'on pourrait situer quelque part entre Duel de Spielberg et L'Homme qui voulait savoir d'un réalisateur néerlandais inspiré, en infiniment moins bon. Le pitch ? Pour renouer avec sa femme, Kurt Russell lui propose un road trip sur la route 66, comme tout bon fan d'Elvis Presley qui se respecte. Au kilomètre 12, dispute, pugilat entre lui et sa femme : Kurt Russell a commis l'erreur de couper un coyote en deux avec le pare-buffle de sa bagnole. Il a transformé le coyote nommé Rue des Lois en une patte à gauche, deux pattes à droite, une patte broyée par le ventilo de sa Jeep Renegade et une tête sans yeux qui sert maintenant d'involontaire déco extérieure au pare-brise. A la vision de ce spectacle macabre, la femme de Kurt, une petite rousse bien achalandée, lui montre sa main et lui lance "Tchô" comme on disait alors chez les jeunes (le film date de 1997). Elle embarque ensuite dans le premier camion qui vient et c'est le début des ennuis pour son mari puisqu'à partir de ce moment-là, elle sera FBI portée disparue. Bien décidé à remettre le grappin dessus, Kurt Russell remue ciel et Terre, arpente tous les bars de la région et comprend assez vite qu'une sacrée bande de salopards a la main-mise sur cette partie de l'Arkansas. L'un d'eux résumera plus tard le scénario du film à sa façon : "Connard bourré de fric cherche emmerdes" en s'adressant au héros fortuné.




Breakdown est porté par un Kurt Russell littéralement awesome, toujours aux abois, à la recherche de, je cite, sa "conne de bonne femme". "Elle est où ma conne de bonne femme, hein, t'as une idée, toi ?" finira-t-il par demander, désespéré, à un élégant tapir croisé en chemin. L'acteur au sourire irrésistible tourna ce film à une période charnière de sa carrière, car ensuite, il enchaina les naufrages et les mauvais choix (Soldier, où il distribuait des baffes à tout le monde en tenue de GI Joe et, surtout, 3000 Miles to Graceland, autre digression filmique autour du King). Breakdown est l'occasion d'admirer l'allure et le physique atypiques de Kurt Russell : le mulet au vent, le menton plus volontaire que jamais, les yeux d'un bleu pétrole, le polo Ralph Lauren qui va bien, les chaussures Quetchua, le jean remonté jusqu'au nombril ("à 1 mètre" comme il aime le dire souvent), etc. L'acteur est au top de sa forme. En regardant le film, je me suis surpris à faire une recherche google pour essayer de percer les origines ethniques de ce bellâtre unique en son genre. Je pensais qu'il avait peut-être du sang wallisien ou, au moins, des gènes indiens ou pacifiques. En fin de compte, j'ai seulement appris qu'il était libertarien, c'est-à-dire qu'il a envie qu'on lui foute la paix quand il veut faire quelque chose. En le voyant dans ce film, je n'ai pu m'empêcher d'ajouter à ma "to do list" : revoir Big Trouble in Little China, Escape from New York et The Thing, en bref, les films cultes que le bonhomme a tourné avec son ami John Carpenter.




Mais revenons à Breakdown de Brian Mostow. En plus d'un scénario linéaire et efficace, ce film propose aussi quelques lignes de dialogues savoureuses. Ainsi, quand Kurt Russell menace l'un des routiers et le soupçonne de lui avoir piqué sa femme, celui-ci lui rétorque sans ciller : "En effet, ta bonne femme est actuellement scellée dans ma cave et retenue en otage par Faulkner mon chien. Je l'ai aperçue. Elle fait 1m65, 62 kilos dont environ 1 kilo de nibards extra. J'aime aussi ses jolies bouclettes blondes. Le problème, c'est que Faulkner est du genre susceptible et raffole des belles pépés aux gros roberts". Un langage fleuri comme nous n'avons, hélas, plus vraiment l'occasion d'en entendre dans les films américains. Et que dire de cette dernière réplique : "Tu m'as demandé de te pépom, j't'ai pompé !"...


Breakdown de Jonathan Mostow avec Kurt Russell (1997)

3 mars 2012

R.I.F. (Recherches dans l'Intérêt des Familles)

Attal, Elbé. Elbé, Attal... La rencontre de deux monstres sacrés du cinéma. Le Heat français. J'attendais gros de ce film. Le premier film d'un ex-flic, ce qui nous promettait quelque chose de âpre, de réaliste, un thriller brut de décoffrage. Prenant exemple sur l'abominable femme-flic Tonie Marshall, c'est en effet au tour de ce mystérieux "Franck Mancuso" d'entamer une carrière dans le cinéma après avoir servi les forces de l'ordre. Ne me demandez pas pourquoi deux pointures de l'envergure d'Attal et Elbé, deux stars qui croulent sous les propositions, ont dit "oui" et ont accepté de tourner pour un débutant. Le projet a dû leur plaire. Le scénario ? "Du béton armé" selon les dires de cet ex-flic, apprenti cinéaste, qui a écumé tous les plateaux télé à la sortie de son petit bébé car ses deux stars étaient bien trop occupées à enchaîner les tournages. Alors, in fine, qu'en est-il de cette Recherche dans l'Intérêt des Familles ?


Une sacrée brochette...

Attal incarne un flic qui en a ras la casquette, bouffé par son boulot trop prenant où il est obligé de sauver des vies et d'être héroïque 24h/24. Son couple bat de l'aile. Il ne se souvient plus du prénom de son fils. Franck, peut-être. Pour se rabibocher avec sa femme et renouer avec fiston, rien de tel qu'un week-end en famille à la campagne. En Lozère, plus précisément, le salaire d'un flic n'étant vraisemblablement pas assez élevé pour se payer mieux (par contre ils roulent pratiquement tous en BM, allez comprendre). Mais bien évidemment rien ne se passe comme prévu. Sur le trajet, Attal fait une embardée terrible en essayant d'éviter un sanglier. La bestiole est saine et sauve mais le Scénic ne redémarre plus. Attal a beau taper sur le volant, rien n'y fait. Sa femme commence à l'ouvrir, le ton monte, le môme Franck quitte enfin sa Nintendo DS des yeux pour demander "Quand est-ce qu'on arrive ?" avant de se rendre compte que le paysage ne défile plus. La torgnole n'est pas loin. Un vieux lozérien de passage embarque la petite famille vers la station service la plus proche dans son 4x4 dégueulasse. Une main sur le volant, l'autre dans son slip, le vieux plouc mate très lourdement le décolleté pourtant peu ragoûtant de Madame Attal. En réaction, celle-ci se reboutonne jusqu'au gosier et Attal adresse son premier "regard de tueur" de tout le film, ce qu'il reproduira donc à qui mieux mieux par la suite, sa paupière folle l'aidant beaucoup. Arrivés à la station, l'engueulade entre Attal et sa femme reprend de plus belle. Énervé, très con et ayant vraisemblablement regardé très peu de thrillers moisis dans sa vie, Attal décide de laisser sa femme seule à la station service et de repartir avec son fils quand arrive enfin la dépanneuse. Le moteur du Scénic se met à rugir sans que le mécano ne touche à rien. Attal lui demande "Vous avez touché à quelque chose ?!", il lui répond "Non que dalle, j'ai juste ouvert le capot, parole. Vous, par contre, vous avez au moins touché aux clés, rassurez-moi ? Autrement je vous conseille de l'amener au plus tôt chez Volvo. C'est quand même pas net tout ça. Chez Volvo !" Le mécano fait preuve d'esprit, il ne doit pas être lozérien. Ni une ni deux, Attal et son fils retournent à la station. Bien entendu, sa femme n'y est plus. Elle a disbaru. Attal inspecte les alentours et découvre un paysage de désolation dont les couleurs vont du jaune pisse au brun-rouge en passant par le gris le plus terne. Sa femme est introuvable. Il est donc contraint de s'en remettre aux policiers locaux, à commencer par Elbé. Le comédien, auquel le bleu marine va fort bien, incarne un flic droit dans ses bottes dont la première hypothèse (la femme a mis les voiles à cause des disputes incessantes avec son mari) s’avérera fausse et poussera Attal à mener l'enquête par ses propres moyens en employant la manière forte.


"Si elle n'est pas retrouvée d'ici 48h, c'est mort !" ne cesse de répéter l'impitoyable Elbé au pauvre Attal. Un tableau statistique confirmant ces dires nous sera proposé juste avant le générique final. Accablant !

La suite de ce remake à peine déguisé du Breakdown de Jonathan Mostow nous réservera autant de surprise que son introduction, c'est-à-dire aucune. On suivra le film uniquement pour le spectacle offert par nos deux stars aux abois, pour le ridicule involontaire de certaines situations et pour cette triste volonté affichée par Mancuso d'être le plus réaliste possible alors que son film est par ailleurs miné d'incohérences idiotes. Ainsi, quand l'expertise sanguine prouvera que le sang retrouvé dans la remorque d'un 4x4 est celui d'un sanglier et non celui de sa femme, Attal poussera un râle de mécontentement tout à fait déplacé. On relèvera tout de même quelques bonnes répliques ici ou là, comme lorsque Elbé prie Attal de bien vouloir aller dormir et que celui-ci lui répond, survolté, "Vous voulez que j'aille roupiller alors que ma femme est peut-être entre les mains d'un enculé ??!". A ce moment-là, on a envie de lui dire que si son ravisseur est bel et bien un enculé, il ne s'en tire pas trop mal. Mais c'est moche... On notera aussi une sacrée faille dans le jeu d'acteur d'Attal : ce que j'appelle le "jeu sans ballon", c'est-à-dire le dialogue sans interlocuteur présent à l'image, autrement dit : la façon dont il joue les appels téléphoniques. Attal devrait s'inspirer de Jean-Pierre Bacri et du coup de fil inoubliable qu'il donne à un taxi dans le si sympathique Cuisine et dépendances lors d'une scène géniale qui devrait servir de modèle à tous les acteurs un peu éclairés. Au téléphone, Attal est une sous-merde, y'a pas d'autres mots. Il ne sait pas jouer ça. C'est pas dans ses skills. Et c'est bon à savoir. Cela devrait être précisé sur son CV, tout comme il est mentionné qu'il ne maîtrise aucun art martial ni aucune langue en dehors du français, ce qui lui ferme quelques portes.


Attal découvre, atterré, la dvdthèque du lozérien de base...

On pourra aussi établir un constat encore plus affligeant à la vue de R.I.F. Il n'y a donc pas que les films d'horreur minables qui dressent un portrait dégueulasse du monde rural, au sens large, comprendre : tout ce qui n'est pas Paris. Des films d'un autre genre le font aussi, en s'enfonçant parfois même davantage dans la caricature, la bêtise, le ridicule, et en osant le pire, comme c'est le cas ici. Dépeinte comme le trou du cul du monde dont on rappelle la densité d'habitants ("10 au kilomètre carré", 15 en réalité) en s'en moquant connement, la Lozère selon Docteur Mancuso est donc un département désolé. Un endroit maudit rempli "d'hommes de Néandertal", des "chevelus" qui passent leurs vies à "glander dans des bistrots" et dont tous les actes sont guidés par l'alcool quand ça n'est pas "le cul, toujours le cul" (les guillemets indiquent que je cite mots pour mots le personnage d'Elbé, ce gardien de la paix qui est donc supposé protéger ses semblables). Selon Mancuso, le lozérien est bête, laid, vulgaire, mal rasé, malpropre, pire que négligé, complètement oublié, plus proche de la bête que de l'être humain. C'est le cas de tous ceux que l'on croise dans son film méprisable qui nous donne souvent l'impression de voir un de ces survivals pitoyables où d'affreux dégénérés hantent systématiquement les zones trop éloignées des villes.

En France, si la culture du dtv existait, ce film serait sorti en dtv. RIP RIF.


R.I.F. (Recherches dans l'Intérêt des Familles) de Franck Mancuso avec Yvan Attal et Pascal Elbé (2011)