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27 mai 2021

Mon Roi

Maïwenn-Bercot-Cassel. Regardez-nous bien dans les yeux. Ce film, c'est sans nous. Pour rappel, on a toujours fait ça gratis, malgré les appels du pied réguliers de DvdTrafic qui nous propose souvent un trafic de dvds. C'est un blog à but non-lucratif, association loi 1901, journal officiel du douze avril deux-mille-trois. Certes on pourrait faire une petite cagnotte Litchi. Chacun met un peu de sa paye et on mate Mon Roi si on touche la barre des 5 ou 6 euros (on réfléchit à voix haute, c'est pas acté). Mais même cette démarche prendrait du temps, et le film doit bien durer ses deux heures à coups de crises de nerfs, de crises d'angoisse, de crises d'hémorroïdes et d'épilepsie, de baisers à pleine gueule entre deux pervers narcissiques insupportables, de crêpages de chignons, de déferlantes de larmes passionnelles et de prise d'otage d'un spectateur forcément obnubilé par un sous-feuilleton racoleur, la gueule plongée dans ce plat infect tel le personnage du père interprété par le pauvre Jean-Jacques Annaud dans la scène de cauchemar d'ADN (un nœud coulant dans l'histoire de notre cinéphagie), les narines encore pleines de soupe à la tomate et à la grimace (on ne fait qu'extrapoler à partir de la bande-annonce de Mon Roi, entraperçue il y a six ans, déjà trop longue, et d'une affiche pénible qu'on ne mettra pas en exergue sur nos pages, au profit de notre 11 idéal pour l'Euro 2021, notre compo de rêve, pour l'éternité). Résumé du contenu de cette critique : nous n'avons pas vu et ne verrons jamais ce film. Ultime rappel : taux horaire d'un blogueur ciné de quinze ans d'expérience en 2021 = null. 
 
 


Mon roi de Maïwenn Le Besco avec Vincent Cassel et Emmanuel Macron (2015)

2 mai 2020

Underwater

Un petit groupe de personnes travaillant pour une entreprise de forage sous-marin se retrouve pris au piège dans la fosse des Mariannes suite à ce qu'ils pensent être un séisme. A plus de 10km sous la surface, ils devront tout faire pour survivre et vont vite découvrir qu'ils ne sont pas tout à fait seuls : ils ont réveillé des saloperies qui croupissaient là, au fin fond de la croûte terrestre. Mon résumé est presque trop long compte tenu de la minceur du scénario d'un film dont la principale qualité est d'être très à l'aise avec son modeste statut et ses ambitions limitées. William Eubank ne prétend pas révolutionner le genre, simplement nous proposer un survival horrifique efficace, et il y parvient plutôt bien. Underwater a aussi le bon goût d'être assez court, même pas 90 minutes, et de nous plonger d'emblée dans le vif du sujet. Kristen Stewart a tout juste le temps de prononcer quelques mots en voix off et de finir de se brosser les dents que sa station prend l'eau de toutes parts et qu'elle doit absolument fuir pour sa survie. C'est donc tout de suite la grosse panique. Pas d'exposition lourdaude, aucun temps mort. Pendant grosso modo une heure, Underwater nous scotche comme il faut et nous agace seulement lors des quelques répliques lourdingues de l'inévitable boute-en-train de la bande, que l'on attend seulement de voir mourir.




William Eubank joue habilement avec nos peurs primaires, celles du noir, du vide, de l'inconnu, assume les références (jusqu'à son héroïne forcément appelée à se balader en petite culotte), sans en faire grand cas, et insuffle à son film un rythme qui faiblit rarement, nous surprenant parfois agréablement par un montage qui va à l'essentiel. Pendant donc une heure, en comptant large... Car, après une petite parenthèse difficilement compréhensible durant laquelle Kristen Stewart prend notamment une douche et pleure rapidement la mort du capitaine Vincent Cassel, le film finit par perdre un peu de son énergie et par prendre une direction toute tracée, trop convenue. Le survival tendu laisse place à un film de monstres plus banal, aux jump scares trop réguliers, et dont les créatures sont décevantes. Le pire étant quand le réalisateur décide de s'intéresser enfin à ses deux survivantes et tente, avec pas mal de retard, de les faire un brin exister via des échanges inintéressants et tout à fait improbables dans un tel contexte.




Underwater regagne un peu d'intérêt dans ses dernières minutes, quand Eubank (définitivement pas un nom de star...) convoque vaguement l'imaginaire lovecraftien, se limitant là encore à l'essentiel. On ne lui en voudra pas de résumer Cthulhu en un énorme monstre sous-marin, le résultat à l'écran étant plutôt satisfaisant. Les effets spéciaux sont assez réussis et nous poussent à essayer d'imaginer l'immensité de la chose que l'on devine à peine. A condition d'ignorer le pénible générique final et sa musique dégueulasse, ces ultimes images nous laissent donc sur une note positive et nous invitent à retenir les modestes qualités de ce petit film ma foi pas désagréable dont le plus gros souci est sans doute d'avoir coûté entre 50 et 80 millions de dollars (selon Wikipédia, peut-être bien plus en réalité). Avec un peu d'astuce, il aurait pu en coûter trois fois moins, être facilement rentabilisé et ainsi moins donner le bâton pour se faire déglinguer par ceux qui y ont d'abord vu un énième film de monstre bas du front.


Underwater de William Eubank avec Kristen Stewart, Vincent Cassel et Jessica Henwick (2020)

23 avril 2019

Fleuve noir

Amateurs de polars aux scénarios fous flirtant avec le grand n'importe quoi, ruez-vous donc sur le dernier film d'Erick Zonca. Le réalisateur de La Vie rêvée des anges ne sort pas de son hibernation pour rien, lui qui signe seulement son quatrième film en l'espace de vingt ans. Il adapte cette fois-ci un roman de l'écrivain israélien Dror Mishani intitulé Une Disparition inquiétante, et s'appuie sur un casting étonnant : Vincent Cassel et Romain Duris se partagent l'affiche tandis que Sandrine Kiberlain, Charles Berling, Hafsia Herzi et Élodie Bouchez complètent la distribution. La preuve que, malgré la sale réputation du cinéaste, jugé trop autoritaire sur les plateaux, et la médiocrité totale de son précédent long métrage, Julia, on se bouscule encore pour participer à ses films... Les grands mystères de la vie...





Fleuve noir est également un must see pour ceux qui aiment assister au spectacle tantôt pathétique tantôt réjouissant d'acteurs en roues libres et aux abois. Affublé d'un look dégueulasse, Vincent Cassel en fait vraiment des caisses dans un rôle de vieux flic alcoolo initialement prévu pour Gérard Depardieu. C'est une vraie épave, on dirait presque l'incarnation du Gros dégueulasse de Reiser ! Cassel enquête sur la disparition du gamin de Sandrine Kiberlain, un ado qui habitait avec sa mère et sa sœur handicapée dans la barre d'immeuble d'un quartier populaire de banlieue parisienne. Très vite, Cassel suspecte le voisin et ancien prof particulier du gosse, à savoir Romain Duris, un drôle de type qui se mêle d'un peu trop près aux recherches et qui a franchement l'air louche. Car Romain Duris aussi se lâche complètement, il nous propose un jeu très maniéré qui pourrait donner des envies de meurtres aux moins tolérants mais qui, par miracle, apporte ici un grain de folie inattendu, une petite touche comique bienvenue. L'acteur fétiche de Klapisch s'en sort infiniment mieux que Vincent Cassel, qui fait la plupart du temps pitié dans ce rôle de vieux flic ravagé et ridicule.





Il faut dire que Zonca n'épargne pas son acteur vedette et lui donne à jouer des scènes que tout homme sensé et respectueux de lui-même n'aurait pas accepté de tourner. Vincent Cassel a quelques grands moments de solitude lorsqu'il doit s'occuper de son couillon de fils dealer de drogue et quand on le voit seul, chez lui, enchaîner les verres de whisky et lécher une photographie de son ex-femme... En plus, ces scènes très gênantes auraient vraiment pu être évitées, tout le versant du scénario consacré à ce personnage de flic minable ne faisant qu'allonger un film à l'intrigue centrale déjà bien suffisamment gratinée. On en a rien à fiche de son fils débile ! Non, s'il y a bien qu'une seule personne à saluer dans Fleuve Noir, c'est Romain Duris. Croyez-moi ou non, ça peut être étrange à lire, je peux comprendre que cela puisse choquer, mais c'est sincère : si je croisais l'acteur au hasard d'une rue, je lui enverrai une grande tape amicale dans le dos en lui disant "T'es énorme dans Fleuve noir !".





Avec son histoire qui part dans tous les sens, à la merci des agissements imprévisibles de ses deux personnages principaux complètement cintrés, Erick Zonca parvient aisément à nous captiver. Mais c'est un bien modeste exploit, car à côté de ça, le réalisateur échoue à tous les niveaux. Il ne développe aucune atmosphère particulière, alors que le cadre de son polar s'y prêtait assez bien (la barre d'immeuble où vit l'ado recherché et les bois qui la jouxtent, propices aux rencontres, ne sont pas exploités comme ils auraient pu l'être). On sent bien que Zonca a voulu nous livrer un polar noir, sordide, glauque, malsain. Il l'est, en effet, mais de la façon la plus terre-à-terre possible, comme peut l'être une émission de télé racoleuse. Nous ne sommes pas saisis par les enjeux du film, seulement hébétés par les agissements des différents énergumènes pitoyables qui le peuplent. Quand le fin mot nous est dévoilé, on est à peine atteint par la détresse de cette femme campée par Sandy Kiberlain et par l'horreur qu'elle nous révèle platement. Seul Romain Duris ressort grandi d'un tel film, après une conclusion qu'il illumine de nouveau de sa douce folie. Un curieux ratage, donc, qui appelle tout de même à une certaine bienveillance car c'est osé. Après avoir pondu sa merde décennale, Zonca peut à présent retourner dans sa tanière. A+ !


Fleuve noir d'Erick Zonca avec Romain Duris, Vincent Cassel, Sandrine Kiberlain et Charles Berling (2018)

5 juin 2016

Un Moment d'égarement

Un moment d'égarement, ça pourrait être le titre du moment de la vie où JF Richet a décidé de faire du cinéma, ou celui où Claude Berri a eu un rapport sexuel neuf mois avant la naissance de son fils Thomas, ou encore le moment où Lisa Azuelos a commencé à écrire des histoires dans son petit cahier à spirales. Ces gens-là font tant de mal au cinéma... Quand on voit ce vilain remake, qui n'a rien à voir avec l'original, ça nous rappelle qu'on vit une époque d'une infinie tristesse. Dans les années 70, Marielle fautait avec la toute jeune et bustée Agnès Soral, il culpabilisait certes, il se rendait compte qu'il avait déconné. Agnès Soral s'amusait à le faire chanter pour avoir d'autres moments intimes avec lui (et y parvenait) mais il y avait tout de même une attirance mutuelle entre les deux protagonistes, une tendresse, ce n'était pas seulement à cause d'une soirée trop arrosée et d'une fille résolument en chaleur que le padre merdait, ça durait toutes les vacances sans que ça devienne un drame du niveau d'un mauvais fait-divers relaté sur NRJ12 par Morandini. Ici Cassel, une fois le moment d'égarement accompli, passe son temps à repousser avec les yeux exorbités et sans aucune délicatesse la jeune gourgandine, paniqué par son comportement, en fin psychologue qu'il est. Dès qu'elle s'approche de lui, on dirait un chat surpris qui se met à bondir toutes griffes dehors, alors que dans l'original Marielle avait son slip de bain trop serré à cause de son érection incontrôlable. Même triste constat pour la fille du quadragénaire égaré : la gamine de Marielle faisait la part des choses et finalement se réjouissait que son amie soit amoureuse de son père et partageait ce secret ; en 2015, la merdeuse de Cassel est seulement outrée, presque prête à aller dénoncer son père aux flics et à lui cracher à la gueule tout en considérant son amie comme une pute psychopathe. Autre temps, autres mœurs vous me direz. En tout cas il n'y a plus aucune légèreté, seulement les gros sabots plein de merde de Jeff Azuelos et Lisa Richet.

  


Mais parlons du pire de ce film (si on met de côté le trio infernal Langman-Richet-Azuelos), j'ai nommé Cluzet. Alors que dans l'original, Lanoux joue un homme plein de colère rentrée, qu'on sent bouillir et prêt à exploser, ici on a un Cluzet totalement et constamment sur 10 000 volts ! Il se caricature, il joue un père facho, vulgaire, avec 25 de tension, un insupportable connard. Il faut le voir le flingue à la main en train de se dire qu'il va ruiner le DJ qu'il soupçonne de harponner sa fille, ou encore courser des sangliers en pleine nuit autour de son jardin, toujours le flingue à la main. Et on se demande bien pourquoi Cassel finit par lui avouer que c'est lui le salaud qui a dégommé sa fille au moment où ces deux cons sont isolés dans le maquis et que Cluzet a (encore) une carabine chargée à la main. La seule fois où il a joué aussi mal, c'est dans Les Petits mouchoirs de sinistre mémoire.




Cerise sur le gâteau, le film se termine à la lueur ocre du soleil levant sur plusieurs gros plans des principaux protagonistes, souriants tous les uns aux autres alors que la veille au soir ils se battaient, se tenaient en joue ou s'insultaient sans réserves. Tout est bien qui finit bien, n'est-ce pas ? Même si ce qu'expriment les personnages dans cette minable scène de fin est en contradiction totale avec le reste du film. J'ai eu envie de jeter ma godasse sur la télé, mais je me suis rappelé qu'elle valait cher, contrairement au talent des gens derrière ce film.





Jeff Richet continue tranquillement et sûrement sa descente aux enfers. Lui donner les moyens, de temps en temps, de faire un film ne fait que confirmer ce constat. Il n'est pas étonnant de voir Lisa Azuelos au scénario quand on constate à quel point c'est mauvais, elle, la grande spécialiste des selles sur pellicule. Alors, avec elle et JF Richet qui se sont mis à deux sur ce scénario, la notion de synergie prend tout son sens. Je marcherais volontiers sur toute l'oeuvre de Lisa Azuelos du pied gauche, ça me porterait chance. La même chose avec les "films" de JF Pichet, j'aurais doublement de la chance et je trouverais peut-être un travail ! Mais n'oublions pas Thomas Langmann. A t-il voulu "tuer le père" en produisant ce remake navrant ? Quoi qu'il en soit, ce garçon continue avec brio son oeuvre de fossoyeur du cinéma.


Un Moment d'égarement de Jean-François Richet avec Vincent Cassel, François Cluzet, Lola Le Lann et Alice Isaaz (2015).

18 décembre 2014

Le Moine

Le dernier film en date de Dominik Moll raconte le destin de Frère Ambrosio (campé par Vincent Cassel, l'affiche vous avait peut-être mis sur la piste) dans l’Espagne catholique du XVIIe siècle. Abandonné à la naissance et par une nuit d'orage aux portes du couvent des Capucins, Ambrosio est élevé par les Frères dans le culte de Dieu. Devenu un prêcheur admiré de la paroisse et renommé dans toute la région pour sa ferveur inégalable et son sérieux impérial, véritable modèle d'austérité et de foi, il est craint néanmoins pour son exigence et sa dureté (notamment celle de son double-décamètre, que même une toge en grosse laine à double maille ne parvient pas toujours à garder secret). Mais l’arrivée d’un mystérieux jeune homme, coiffé d'un masque de Scream suite à une brûlure terrible, et accepté au sein de la communauté par un Ambrosio aussi bon que chaleureux, va ébranler les certitudes du moine et le détourner de sa voie de Saint pour le faire sombrer dans le péché et, de fil en aiguille, dans les filets du Diable.


Pas étonnant de renoncer à ses vœux face à ce genre de manifestation du démon...

La première partie du film est plutôt très bien, s'ouvrant avec charme et conviction sur une histoire intrigante, adaptée du roman fondateur de Matthew G. Lewis, instaurant une belle ambiance mystico-gothique proche de La Morte Amoureuse de Théophile Gautier, portée par une petite mise en scène plutôt simple mais efficace et par des acteurs, Vincent Cassel et Sergi López, aux présences et aux voix envoûtantes. Malheureusement le film s'essouffle après 45 minutes et faiblit à vue d’œil. Dès que le moine goûte aux plaisirs de la chair, l'histoire se perd un peu, et l'envoûtement ne prend plus. La relation qui unit le moine à la jolie Antonia (jolie brin de fille, interprétée par Joséphine Japy) paraît un peu soudaine, et même si l'épisode avec Déborah François joue comme détonateur, le basculement un peu simpliste d'Ambrosio, qui après avoir goûté à la carotte aimerait bien s'envoyer tout un ragoût, ne fonctionne pas véritablement. Et puis le film s'emberlificote dans quelque chose d'assez déceptif, à l'image de la résolution du rêve étrange que le moine confesse au début du film et dont le mystère réside dans une anonyme silhouette rouge agenouillée dos à la porte du monastère. Quand il s'avère que ce corps n'est que celui d'Antonia, le scénario se révèle plus faible qu'il ne le laissait augurer. Le film fait des promesses qu'il ne tient pas. Idem pour son acteur principal, Vincent Cassel, qui perd assez rapidement de sa superbe et se met à professer comme à l'Actor's studio, poussant son personnage vers les rivages d'un ridicule assez nocif.


Pourquoi est-ce merveilleux chez Manoel de Oliveira et pourquoi est-ce, au choix, anodin ou
risible, chez Domino's 'Pizza' Moll ?

C'est d'autant plus dommage que la toute fin du film, dans le désert, n'est pas si mal (juste après la révélation concernant le lien qui unit Ambrosio à Antonia, quant à elle trop attendue), mais entre le début et la fin, on lâche forcément prise. En somme c'est typiquement un film de Dominik Moll : on aime beaucoup la manière dont il parvient à instaurer une tension, la façon dont il lance son intrigue, mais tout cela ne tient pas sur la durée. Pour terminer sur une note plus positive, que le film ne mérite pas vraiment mais que le travail de son auteur réclame, disons que Le Moine reste plutôt agréable à regarder, que son univers angoissant et mystérieux se talonne parfois certains classiques de la littérature gothique du XIXème, et que c'est déjà pas si mal.


Le Moine de Dominik Moll avec Vincent Cassel, Sergi López, Déborah François, Joséphine Japy, Catherine Mouchet et Géraldine Chaplin (2011)

3 décembre 2013

Trance

Ce film est censé te foutre en transe, t'hypnotiser à mort. On sait que 5% de la population est particulièrement sensible à l'hypnose, c'est le cas de James McAvoy dans le film (et dans la vraie vie). Si le nouveau bébé de Danny Boyle se veut hypnotique et envoûtant, à grand renfort d'effets lourdingues digestes pendant la première demi heure de film, alors nous devons faire partie des 95% restant de l'humanité, totalement immunisés contre tout ce qui est transe. Et trans. Le titre est d'ailleurs évocateur puisqu'on sait tous que Rosario Dawson ne porte pas un prénom de mec pour des clopinettes. Elle veut d'ailleurs dans ce film faire étalage de son impeccable vaginoplastie signée Jérôme Cahuzac, à l'époque où il était ministre du budget et grand boucher de la république. Rosario ose le shaved pussy full frontal pour satisfaire les pulsions intimes d'un James McAvoy féru des toiles de Rembrandt et donc allergique aux poils de zob. La scène a fait le buzz sur la toile grâce aux hashtags #shavedpussy, #homeinvasion, #juicypussy, #sea, #sex, #andsun.




But du jeu : retrouver les clés de la bagnole de James McAvoy. Le personnage se fait hypnotiser pendant tout le film pour retrouver ses clés, qui en fait étaient dans sa penderie. Au bout de vingt minutes de film, on comprend que James McAvoy cherche en fait ses clés pour retrouver un tableau de la Renaissance, et qu'il est de mèche avec Vincent Cassel, et que ce dernier s'arracherait les cheveux pour lui faire retrouver ce tableau qui vaut des milliards de dollars. C'est une histoire de voleurs amnésiques, avec Rosario Dawson qui tire les ficelles, qui fomente tout depuis des millions de kilomètres. On a du mal à croire que tant d'informations puissent contenir dans le cerveau de cette actrice. Le script est ultra tordu et c'est sans doute l'un des plus nazes de ces trente dernières décades, le pire étant qu'il a été pondu par deux camés, rencontrés par Boyle sur le tournage de Trainspotting et enfermés depuis tout ce temps entre quatre murs avec un gigantesque petit train mécanique monté sur des rails de coke pour accoucher un script. Boyle était certain que ces deux cons ne sortiraient jamais de leur panic room et qu'ils ne déballeraient pas deux phrases correctement écrites à la suite. Sauf qu'en 2012, toc, toc, toc, qui est là ? Les deux enculés ! Et on a pensé à oit, Danny "the dog" !




Danny Boyle continue son petit bonhomme de chemin, et à chaque fois on se trouve sur sa route... Toujours par malentendu. Derrière Slumdog Millionnaire il y avait la promesse de découcher. Devant Sunshine, on espérait décoller vers l'astre suprême. Concernant 127 heures, avouons-le, le pitch nous attirait beaucoup. Et enfin comment éviter La Plage et 128 jours plus tard, la vie de blogueur ciné, ça se mérite... Et puis à l'époque internet n'existait pas et Canal+ était déjà un vrai abreuvoir à merde. Bref, entre Danny Boyle et nous, c'est un jeu du chat et de la souris. Dans les meilleurs cas de figure, on est d'abord séduit par le style et le rythme effréné des films du cinéaste, et quand on dit "d'abord", ça dure vingt secondes, puis on se rappelle que c'est ce qui se fait de pire en termes d'imagerie. Dans le cas de Trance, la mise en scène de Danny "Hard" Boyle ne rattrape pas du tout un scénario enfumé. Au contraire elle ne fait que rendre l'histoire encore plus nébuleuse, et c'est bien la frontière à ne pas dépasser quand on réalise un film de braquage supposé être un minimum lisible pour divertir le chaland (faut dire que nous sommes particulièrement cons, nous n'avons pipé mot). Bref, Boyle, on se retrouvera sans doute pour Porno, ton prochain film, et tu nous devras encore une soirée, vieille enflure. Débranche-toi, laisse pisser les années, déconnecte-toi du web, prends ton temps pour souffler, va flairer l'air des océans, coupe les ponts et pense à toi. Est-ce que tu prends du temps pour toi ? C'est important... Pars. Pars au large.


Trance de Danny Boyle avec Rosario Dawson, James McAvoy et Vincent Cassel (2013)

8 février 2011

Black Swan

Si ce film était sorti fin 2010, il serait certainement apparu dans bon nombre de tops de fin d'année, à commencer par celui des lecteurs de ce blog. Au lieu de ça il sort en France au mois de février 2011 et tout le monde l'aura peut-être oublié au moment d'établir les classements pour cette nouvelle année. La grande question c'est de savoir si cet hypothétique oubli sera justifié ou non. Black Swan est-il un grand film ? Pour tenter de répondre modestement à cette question, commençons par résumer brièvement le dernier rejeton de Darren Aronofsky, qui raconte l'histoire d'une jeune danseuse étoile dont tous les espoirs reposent sur l'obtention du premier rôle dans le ballet annuel adapté du Lac des cygnes de Tchaïkovsky. Obtenir ce rôle privilégié puis l'interpréter dignement n'est pas chose aisée, la concurrence est écrasante et la pression insoutenable. Pour y arriver, l'héroïne devra convaincre son chorégraphe qu'elle est capable d'interpréter avec la même grâce les opposés que sont cygne blanc et cygne noir. C'est donc l'histoire d'une métamorphose du corps et de l'esprit, la jeune femme subissant au jour le jour les transformations inquiétantes requises par ce double rôle qui l'accapare et la captive.



Il faut bien dire que Black Swan s'inscrit absolument dans la continuité du précédent film d'Aronofsky, The Wrestler. Il s'agit une fois de plus d'un film sur les métamorphoses de l'être, sur la transformation brutale de la chair dans un abîme d'auto-destruction, sur la véritable descente aux enfers du corps humain poussé dans ses derniers retranchements par la pratique dévorante d'un art du spectacle qui déborde sur la vie pour y puiser toute sa force, jusqu'à la mort de l'artiste. Toujours adepte d'une mise en scène caméra au poing dans les pas des comédiens, proche du style des frères Dardenne, toujours trituré aussi par la création d'images abruptes de chair meurtrie, dans la continuité d'un Cronenberg, Aronofsky s'illustre désormais dans une veine moins réaliste et se tourne ici non seulement vers le Cassavetes de Opening Night (le film reprend la thématique de l'interprète bouleversée psychologiquement et perdue entre fiction et réalité, il reprend aussi explicitement une bonne partie des motifs du chef-d’œuvre de Cassavetes dont il s'inspire manifestement), mais aussi et surtout vers le Roman Polanski de la grande époque, pour mêler son récit de drame psychologique et fantastique, voire horrifique. On sent en effet poindre une possible influence, notamment dans ces séquences où l'héroïne se débat avec sa mère maniaque et avec ses propres démons dans l'étrange et étroit appartement qu'elle rejoint entre deux séances de danse. Néanmoins et en dépit d'une différence de genre, la continuité est plus que transparente entre les deux derniers films du cinéaste, qui s'achèvent pratiquement sur une même image, celle d'une plongée mortifère dans l'art, vers un absolu de l'artiste investi jusqu'à la mort dans sa passion.



La lisibilité est là chez Aronofsky, comme quand à nouveau il convoque des acteurs bien choisis. Après le Mickey Rourke ravagé du film précédent, c'est ici Natalie Portman - qui a choisi de mettre sa carrière précoce en attente pour achever ses études et atteindre la majorité afin de gérer elle-même son parcours - qui incarne à merveille le rôle d'une danseuse consciencieuse. Le rôle d'une interprète qu'une beauté un rien naïve désigne immédiatement pour incarner le cygne blanc mais qui sera mise à mal pour atteindre sa propre obscurité. Pour interpréter la mère frustrée, prompte à reporter sur sa progéniture ses propres désirs déçus, Barbara Hershey, qu'on avait aimée dans L'Emprise, actrice depuis longtemps et injustement oubliée. Winona Ryder joue quant à elle un personnage désespéré et suicidaire, la danseuse étoile jadis adorée du public et de ce chorégraphe qui est à la tête du nouveau ballet, dont elle fut la favorite, mais désormais rejetée et condamnée à passer le flambeau à cette plus jeune artiste qui lui ressemble tant... Dans la peau de la concurrente directe de l'héroïne, danseuse sans complexes, libérée sexuellement, Mila Kunis, connue pour être une amie de Natalie Portman (qui l'aurait suggérée pour le rôle), mais nécessaire rivale de l'actrice sur la scène hollywoodienne. Enfin, dans le rôle du chorégraphe metteur en scène du ballet et chargé de pousser l'héroïne à se transformer, Vincent Cassel. Or il n'est pas interdit d'interpréter le choix d'un acteur français pour incarner son double fictionnel comme l'illustration de la volonté d'Aronofsky d'en passer par une européanisation de son cinéma. Le réalisateur a souvent parlé de son goût pour les frères Dardenne, et ce n'est pas un hasard si l'on retrouve ici une influence de Polanski, exemple idéal de cinéaste américain reconverti en cinéaste français...



Ces rapprochements entre réalité et fiction sont évidents, ils sont néanmoins pertinents dans un film méta-discursif qui prend le spectacle artistique pour fondation et qui se veut une métaphore de l'abandon esthétique le plus total, de l'art comme exutoire létal, comme auto-anéantissement sacrifié au sublime. Cette clarté du propos, lequel parfois rejaillit tant qu'il prend le dessus sur le récit, peut passer pour une facilité, à l'image de cette symbolique tendancieusement lourde que le cinéaste attribue aux tenues quotidiennes blanches ou noires du personnage. A vrai dire, entre la scène d'introduction du film et sa dernière séquence, il arrive que l'on s'ennuie un peu et que l'on soit tenté d'observer ces calculs du cinéaste pour échafauder son idée avec quelques grosses ficelles. Mais la fin du film nous libère de ces errements, qui n'est pas belle seulement grâce à la magistrale musique de Tchaïkovsky, mais aussi et surtout grâce à la maîtrise de la mise en scène d'Aronofsky, qui littéralement danse avec sa caméra et se révèle brillant dans l'usage du son et des effets spéciaux. Cette dernière séquence emporte le tout, tandis que le récit, la fiction et la puissance de ces images de danse donnent enfin un sens et une force d'émotion à la théorie esthétique d'Aronofsky, et cette fin magistrale fait de Black Swan une réussite. Loin d'être exempt de défauts, et de certes vrais défauts, ce film n'en est pas moins un excellent travail que l'on a envie de saluer. Car il faut bien avouer qu'Aronofsky est rare aujourd'hui, lui qui semble avoir une idée de son art, un projet cohérent sur le long terme, une vision riche de l'esthétique et une capacité à se nourrir du réel pour engendrer la fiction avec brio. Après un début de carrière relativement passable, le cinéaste se relève brusquement et réalise des films très intelligents et parfois très beaux qui ont le mérite d'être parfaitement originaux.


Black Swan de Darren Aronofsky avec Natalie Portman, Vincent Cassel, Winona Ryder, Barbara Hershey et Mila Kunis (2011)

4 août 2009

Mesrine : L'Instinct de Mort

Le premier Mesrine, à part m'apprendre qu'il fallait prononcer Mérine et non Mèssrine grâce à une promo chiante comme la Mort et menée tambours battants sur toutes les chaines de télé française ; je l'ai trouvé tout bonnement insupportable. Ça donne seulement envie de maudire ce cinéma-là. Et, je sais pas vous, mais après avoir vu le film, je me suis seulement mis à penser que Mesrine devait être un immense connard, ultra débile et extrêmement violent, un personnage tout sauf intéressant, une merde humaine. C'est ce que me donne à penser le brillant portrait qu'en fait Ferrerro Richet en tout cas. Jolie performance de sa part donc, car j'imagine qu'il avait d'autres projets. Triste bonhomme...J'ai jamais pigé pourquoi tant de bonnes choses ont été dites à propos de la saga Mesrine. Pour moi c'est tellement nullissime... J'aimerais qu'on m'explique.



Quelques mots sur le titre. "L'instinct de mort", vous ne trouvez pas ça excessivement laid comme titre ? Et ça veut dire quoi ? On m'explique ? SVP ? Je sais que j'ai du mal à prononcer les "un", "in", "ain", "1", etc ; mais même au-delà de ce petit problème personnel, c'est un titre vraiment laid, non ? A mes oreilles ça sonne de façon particulièrement ignoble, j'ai l'impression que c'est la réunion maléfique des 3 syllabes qui, mises à la suite, forment l'ensemble phonétique le plus laid de notre belle langue. Et puis faut piger quoi ? L'INSTINCT DE MORT. Wow ! Apparemment c'était, à l'origine, le titre du bouquin de Mesrine. Mais il était taré ce type, fallait pas s'en servir encore. Il a du le griffonner en taule pendant qu'il se faisait sodomiser. L'instinct du chien ou du renard, ouais, l'instinct de survie ça me dit un truc aussi, ok, mais "de mort", je comprends pas. Et si tout un film existait sur l'instinct du clébard, j'irais le voir en courrant en amenant neveux et nièces ! "L'instinct de mort" ça veut rien dire, et quand on l'a, on est forcément plus là pour le raconter puisqu'on vient de clamser. C'est ptêtre moi qui suis con, je sais pas, après tout, ça n'a pas empêché le film de faire 2 millions d'entrées en 3 jours (faut dire qu'on pouvait pas ignorer qu'il sortait ce film à la con...) et si tous ces gens pigeaient le sens du titre, je veux qu'on m'explique. Je suis pas plus bête que les autres garçons, ma maman le dit. Je veux une titrologie de ce merdier !

Et puis cette affiche et cette façon débile d'écrire les noms de famille les uns par dessus les autres : Cassel, Mesrine, Richet. On dirait la fiche d'appel d'une classe de 5ième faite exclusivement de teignes et dont il ne resterait que les 3 plus gros tarés. On se croirait de retour au bahut. Ça me colle des frissons sur les avant-bras !



J'ai vu qu'un film de ce gros empaffé de Ricochet et ça m'a suffit, ça me suffira à tout jamais. C'est un énorme débile, un zonard total, un abruti profond, un pourri fini. C'est une insulte à son valeureux cousin Teddy Richet. Je n'ai vu que Mesrine 1 et ça me suffit largement pour établir cet état des lieux concernant J.F. "cherche appartement" Rue Riquet, c'est largement suffisant pour dresser ce pedigree ultra puant de Jean-François Roquet.


Mesrine : L'Instinct de Mort, de Jean-François Richet avec Vincent Cassel et Gérard Depardieu (2008)

16 décembre 2008

Babylon A.D.

J'ai lu la moitié du roman de Maurice Gibert-Joseph Dantec, et la moitié de ce roman c'est 500 pages feuillets doubles, petits carreaux non perforés. Et je viens de voir la moitié du film qu'en a tiré Mathieu Kossovare, le problème c'est que c'est la même moitié, alors je connais toujours pas la fin. Ne me demandez pas ce que veut dire le "A.D" du titre. Mieux, si vous savez ce que ça veut dire, abstenez vous de me mettre au jus, parce que j'en ai vraiment rien à secouer. Avec ce film, tourné en langue anglaise, filmé au Texas, produit par la Twentieth Century Fox, et dont le rôle principal est incarné par un acteur Américain de seconde zone qui réunit à lui tout seul tous les plus accablants clichés de l'actorat Hollywoodien riche en testostérone, Kassovitz avait l'intention de prouver qu'en Europe il était possible de rivaliser avec les Américains, et de réaliser un grand blockbuster à effets spéciaux de qualité, dans la veine de Cécil Blount DeMille. Au final tout ce qu'il y a d'Européen dans ce film, c'est la nationalité du gros taulard qui a écrit le best-seller de mes deux dont le film est tiré, et celle du niais qui a réalisé cette adaptation dont il a fait l'œuvre de sa vie, pour mieux la renier, prétextant qu'il n'avait pas eu le final cut, quand il s'est rendu compte qu'il avait filmé une merde.



Kassovitz a aussi parlé d'une certaine querelle entre lui et Vincent Diesel. En réalité, le frenchy comptait sur son acteur fétiche Vin Cassel pour tenir le premier rôle du film, mais ce dernier l'a poussé dans les orties en l'appelant "mémé", car même s'il lui sait gré de l'avoir lancé pour de bon avec La Haine, Cassel n'en peut plus d'être roulé dans la boue par son ami d'enfance qui est devenu son ennemi juré depuis Les Rivières Pourpres. Alors Kassovitz s'est pris le bec avec son second choix, Vince Diesel: 62 versus 112 kilos, inutile de vous dire qui a eu le dernier mot... 32 centimètres de tour de cou chez Mathieu, 96 centimètres de tour de collier pour Vince Diesel... 1m75 bras levés du côté de Kassovitz, 2m02 au garrot pour Vince SansPlomb95. Enfin bref tandis que Kassovitz chausse du 42, l'autre va nus pieds depuis son adolescence car rien dans le commerce ne correspond à sa pointure inchiffrable, même en dehors du commerce, aucun contenant ne peut accueillir ses pattes. Lors des rares soirées des Oscars auxquelles il assiste en tant que boddyguard de l'acteur The Rock, on l'a vu déambuler avec des planches de surf aux pieds, simplement reliées à ses orteils par des cordages, pour vous donner une idée des pieds de ce mec. Si Vin Diesel devait un jour porter du cuir autour de ses pieds, il aurait plus vite fait d'enfoncer directement ses pieds dans le cul de deux vaches adultes, pour éviter à un jeune apprenti cordonnier de voir sa vie défiler, sa vieillesse l'atteindre et sa mort le frapper en ayant jamais travaillé qu'à une seule paire de pompes. Si vous cherchez quelques anecdotes croustillantes sur le cas Diesel, vous aurez tôt fait de découvrir que c'est bel et bien Spielberg qui l'a lancé dans Il Faut Sauver Le Soldat Ryan. Mais en réalité, si c'est bien dans ce film qu'il est apparu pour la première fois sur un écran, c'est néanmoins bien plus tôt qu'il a donné un premier coup de main à Spielberg, ou plutôt un coup de patte, puisque c'est sa seule démarche nonchalante qui a permis cet effet spécial désormais culte des ondulations à la surface de l'eau dans Jurassic Park, à l'approche du T-Rex.



J'ai maté ce film avec Félix, qui m'a très tôt demandé en pointant Vin Diesel du doigt: "C'est lui Gong Lui ?". Parce que dans cette scène, Vin Diesel donnait la réplique à Gong Li dans une inépuisable série de champ-contrechamp. Il m'a avoué qu'il confondait toujours ces deux acteurs. Au final je me suis endormi, j'étais bien... Je digérais difficilement (peut-être à cause de la façade mal crépie de Mélanie Thierry) un kilo-litre de soupe de légumes noyée de crème fraîche et de fromage rapé qui avant de fondre dans mon estomac comme un pavé dans la marre, venait de fondre dans ma bouche comme un pavé sur la gueule d'un flic. Félix était vexé d'endurer cette horreur seul, et il m'a rapidement remis dans le rang avec un coup de pied latéral idéalement placé entre mes deux yeux.

Je me demande toujours comment il fait, Kassovitz, pour revenir en France toutes les quinzaines donner des leçons de cinéma et de vie, alors que c'est quand même peut-être le pire homme, en tout cas en tant que tel.

P.S. Si y'en a un parmi vous qui sait ce que veut dire A.D., je veux tout de même savoir à quelle sauce j'ai été mangé.


Babylon A.D. de Mathieu Kassovitz avec Vin Diesel, Gong Li et Mélanie Thierry (2008)

2 mai 2008

Sa Majesté Minor

À propos des Amours d'Astrée et de Céladon, Les Cahiers du cinéma écrivaient : "Le film auquel nous avons affaire est une aurore, et nous n'avons pas fini de sonder la profondeur qui a rendu possible une telle liberté". On pourrait écrire la même chose à propos de Sa majesté Minor, en remplaçant juste un mot : "Le film auquel nous avons affaire est un fiasco, et nous n'avons pas fini de sonder la profondeur qui a rendu possible une telle liberté". JJ Annaud tente le diable, il se lance dans une entreprise qui le dépasse totalement et dont il tire les ficelles à bout de bras. Ce film c'est une utopie d'enfant paraplégique, et Annaud a malheureusement l'usage de ses bras et de ses jambes. Entre le récit mythologique pétomane et graveleux, l'omniprésence de porcelets à l'écran qui nous renvoie aux plus belles heures de l'Ours, l'utilisation du super 8 pour figurer les rêves ou de mille effets pas très spéciaux plus inquiétants les uns que les autres, et un Vincent Cassel plus libéré que jamais sur grand écran, JJA s'éprend d'une liberté que jamais personne ne lui a accordée. Au final c'est une catastrophe cinématographique, un UFO sur pellicule.


Nicolas Anelka n'a rien inventé... Les hommes pré-historiques mimaient déjà le vol d'un oiseau avec leurs mains après avoir marqué un but

Mais reconnaissons à JJA un certain vent de liberté dans une œuvre relevant certes de la pire des diableries mais qui a au moins l'originalité et le courage d'aller contre une certaine tendance de la comédie française à se cantonner aux intérieurs bourgeois de pâles figures trentenaires submergées par leurs soucis de célibat. JJA s'en va bravant toutes les règles contemporaines en sortant un film dantesque sans relief mais sans limites dans la connerie. Jean-Jacques A. serait-il le Mel Gibson français ? Allez savoir... Moi je dis non.


Sa Majesté Minor de Jean-Jacques Annaud avec José Garcia, Mélanie Bernier, Claude Brasseur, Rufus et Vincent Cassel (2007)

11 février 2008

Les Promesses de l'ombre

Ce film me pousserait presque à mépriser David Cronenberg. J'avais détesté A History Of Violence mais je me formalisais pas. Je haïssais le film, je me foutais du type. Avec ce nouvel opus ça évolue. Mon mépris est grandissant. Ce film est une chiure, il est nul et irritant. Sa façon de filmer les gorges tranchées, les doigts coupés, les yeux percés et de s'éterniser sur ces choses assez joliment faites... La salle presque entière se fendait la poire quand Mortensen enfonce une lame dans l’œil d'un Tchétchenne dans les bains publics. Quelle scène... Watts pourrait être remplacée par n'importe quelle autre actrice, Mortensen est tragique malgré lui, y'a que Vincent Cassel qui s'en sort tant bien que mal. Sans parler des acteurs le film est naze à n'en plus pouvoir. Et son espèce d'intrigue, genre "ah mais en fait il est flic". J'ai entendu 20 personnes parler de ça en sortant de la salle : "Moi j'avais deviné au tout début fatche !", "moi ça m'a trop surprise..." Assez... Ce film est une pauvre histoire chiante signée de quelques scènes de violence pour qu'on reconnaisse la griffe, le moignon de Cronenberg : c'est bien de lui, il a fait des films d'horreur avant et y'a des restes... Cronenberg est devenu un gros nul.




Cependant j'ai bien aimé la jupe à ras du boulard de Naomi Watts au début. Ce tight jeans de merde.


Les Promesses de l'ombre de David Cronenberg avec Vincent Cassel et Naomi Watts (2007)