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3 décembre 2013

Trance

Ce film est censé te foutre en transe, t'hypnotiser à mort. On sait que 5% de la population est particulièrement sensible à l'hypnose, c'est le cas de James McAvoy dans le film (et dans la vraie vie). Si le nouveau bébé de Danny Boyle se veut hypnotique et envoûtant, à grand renfort d'effets lourdingues digestes pendant la première demi heure de film, alors nous devons faire partie des 95% restant de l'humanité, totalement immunisés contre tout ce qui est transe. Et trans. Le titre est d'ailleurs évocateur puisqu'on sait tous que Rosario Dawson ne porte pas un prénom de mec pour des clopinettes. Elle veut d'ailleurs dans ce film faire étalage de son impeccable vaginoplastie signée Jérôme Cahuzac, à l'époque où il était ministre du budget et grand boucher de la république. Rosario ose le shaved pussy full frontal pour satisfaire les pulsions intimes d'un James McAvoy féru des toiles de Rembrandt et donc allergique aux poils de zob. La scène a fait le buzz sur la toile grâce aux hashtags #shavedpussy, #homeinvasion, #juicypussy, #sea, #sex, #andsun.




But du jeu : retrouver les clés de la bagnole de James McAvoy. Le personnage se fait hypnotiser pendant tout le film pour retrouver ses clés, qui en fait étaient dans sa penderie. Au bout de vingt minutes de film, on comprend que James McAvoy cherche en fait ses clés pour retrouver un tableau de la Renaissance, et qu'il est de mèche avec Vincent Cassel, et que ce dernier s'arracherait les cheveux pour lui faire retrouver ce tableau qui vaut des milliards de dollars. C'est une histoire de voleurs amnésiques, avec Rosario Dawson qui tire les ficelles, qui fomente tout depuis des millions de kilomètres. On a du mal à croire que tant d'informations puissent contenir dans le cerveau de cette actrice. Le script est ultra tordu et c'est sans doute l'un des plus nazes de ces trente dernières décades, le pire étant qu'il a été pondu par deux camés, rencontrés par Boyle sur le tournage de Trainspotting et enfermés depuis tout ce temps entre quatre murs avec un gigantesque petit train mécanique monté sur des rails de coke pour accoucher un script. Boyle était certain que ces deux cons ne sortiraient jamais de leur panic room et qu'ils ne déballeraient pas deux phrases correctement écrites à la suite. Sauf qu'en 2012, toc, toc, toc, qui est là ? Les deux enculés ! Et on a pensé à oit, Danny "the dog" !




Danny Boyle continue son petit bonhomme de chemin, et à chaque fois on se trouve sur sa route... Toujours par malentendu. Derrière Slumdog Millionnaire il y avait la promesse de découcher. Devant Sunshine, on espérait décoller vers l'astre suprême. Concernant 127 heures, avouons-le, le pitch nous attirait beaucoup. Et enfin comment éviter La Plage et 128 jours plus tard, la vie de blogueur ciné, ça se mérite... Et puis à l'époque internet n'existait pas et Canal+ était déjà un vrai abreuvoir à merde. Bref, entre Danny Boyle et nous, c'est un jeu du chat et de la souris. Dans les meilleurs cas de figure, on est d'abord séduit par le style et le rythme effréné des films du cinéaste, et quand on dit "d'abord", ça dure vingt secondes, puis on se rappelle que c'est ce qui se fait de pire en termes d'imagerie. Dans le cas de Trance, la mise en scène de Danny "Hard" Boyle ne rattrape pas du tout un scénario enfumé. Au contraire elle ne fait que rendre l'histoire encore plus nébuleuse, et c'est bien la frontière à ne pas dépasser quand on réalise un film de braquage supposé être un minimum lisible pour divertir le chaland (faut dire que nous sommes particulièrement cons, nous n'avons pipé mot). Bref, Boyle, on se retrouvera sans doute pour Porno, ton prochain film, et tu nous devras encore une soirée, vieille enflure. Débranche-toi, laisse pisser les années, déconnecte-toi du web, prends ton temps pour souffler, va flairer l'air des océans, coupe les ponts et pense à toi. Est-ce que tu prends du temps pour toi ? C'est important... Pars. Pars au large.


Trance de Danny Boyle avec Rosario Dawson, James McAvoy et Vincent Cassel (2013)

20 novembre 2008

Hitch - Expert en séduction

Dans ce film, Will Smith incarne Hitch, expert en séduction. Will Smith, lui qui dans la vie n'a qu'à sourire dans la rue à New York pour se retrouver sous une tempête de corps à Taïpeï le soir même. Will Smith, lui qui quand il agite son mobile voit de nouveaux 06 affublés de prénoms féminins s'afficher. Will Smith, lui qui ne dort jamais (seul). Will Smith, lui qui n'a jamais le temps de petit-déjeuner le matin ni de souper le soir, lui qui chaque midi, pour rattraper son manque de nutrition, fait un gueuleton pantagruélique dans d'incessants remakes de la Cène où tous les apôtres sont remplacés par des personnes nues de toutes origines, de toutes couleurs, de tous sexes, de toutes tailles, buvant son sang et mangeant son corps, tant et plus. Will Smith, mon idole, ce sex-symbol transgénérationnel, qui fait tripper ma grand-mère comme ma petite-sœur, incarne donc un expert en séduction, épris de Rosario Dawson, dans la peau d'une avocate mal fagotée.


Rosario Dawson dans la peau d'une avocate mal fagotée


Rosario Dawson telle qu'elle est grimée en avocate intellectuelle dans ce film, dépeinte ici en quelques coups de pinceau : Rosario Dawson dans ce film c'est le sosie de Jeff Goldblum à la moitié du film La Mouche, pile au moment où ses yeux commencent à s'écarter, et où il arrache des bras en serrant la main à ses amis, juste avant qu'il ne se déchire une oreille avec un coton-tige. Prenez la gueule de Goldblum à ce moment du film, rajoutez-lui les lunettes de Woody Allen et rajoutez quatre foyers aux carreaux du nymphomane de Manhattan qui lui-même souffre de triple glocomes. Si, à partir de là, vous voulez revenir à Jeff Goldblum, rajoutez encore à ce visage des dents espacées par le bâton d'un aveugle fraîchement atteint de cécité, rallongez la bosse de son nez de deux mètres, écrasez sa gueule dans un étau afin qu'elle soit environ trois fois plus longue que large, et faîtes de ce menton un cul. Enfin faîtes de sa pomme d'Adam un accoudoir géant. Chez Jeff Goldblum, homme magnifique au demeurant, la pomme d'Adam c'est pas une pomme, c'est un pommier, c'est un arbre géant, c'est le haricot magique de Jack, sauf que c'est une plante carnivore alors pas intérêt pour Jack d'y monter dessus. Sa glotte c'est la pêche géante de James. Jeff n'a pas que la pomme d'Adam, il a tout le jardin d'Eden sous la gueule. Fréquemment il s'estube en mangeant. Il croit avoir avalé quelque chose de travers (qui s'apparente étrangement à un aileron de requin, plat qu'il déteste et dont il se tient pourtant consciencieusement éloigné), quelque chose qui serait resté québlo dans sa triste Gorge de Galamus, et dont il s'aperçoit en définitive qu'il ne s'agit que de sa pauvre glotte et qu'elle est supposée rester là pour le restant de sa maigre vie. Mais à l'instant où je vous parle, je ne suis pas certain de ne pas confondre cet acteur et un autre...


Hitch - Expert en séduction de Andy Tennant avec Will Smith (2005)