20 mai 2018
The Girl With All the Gifts
5 mars 2015
Alceste à bicyclette / Gemma Bovery
J’ai de la sympathie pour Fabrice Luchini. Le personnage peut parfois agacer dans ses multiples interventions promotionnelles, sur les plateaux de télévision ou dans les studios de radio, quand il se lance dans son éternel numéro de "bon client" en roues libres, citant à tours de bras ou rebootant Valéry en l’adaptant à un pseudo-langage des cités qu'il croit actuel et qui est pourtant déjà vieux d’il y a quinze ans au moins. Mais je lui garde ma sympathie, d’abord parce qu’il a été Perceval et tant d’autres personnages mémorables chez Rohmer, ensuite parce que certains de ses spectacles valent leur pesant de cacahuètes. Sa passion de la littérature s’y éprouve et s’y transmet formidablement, bien mieux que dans ses envolées médiatiques surfaites. Aussi peut-on comprendre que notre homme saute sur les scripts qu’on lui envoie et qui évoquent, de près ou de loin, l’amour des lettres (rappelez-vous, déjà en 2007 il était à l'affiche de Molière). Mais bon sang il y a des limites. Je vois mal ce qui peut donner moins envie de lire Molière ou Flaubert qu’Alceste à bicyclette et Gemma Bovery.12 septembre 2014
Byzantium
On suit ici les mésaventures de deux goules, Clara (Gemma Arterton) et Eleanor (Saoirse Ronan), mère et fille, qui fuient leur appartement londonien, leur réelle identité ayant été révélée, pour atterrir dans une station balnéaire décrépite du sud-est de l'Angleterre. Là-bas, la très séduisante Clara jette son dévolu sur une âme solitaire : le propriétaire du jadis prestigieux Hôtel Byzantium, que la vampire transforme rapidement en un bordel de fortune. Pendant ce temps, Eleanor fait la rencontre d'un jeune homme atteint de leucémie, celui-ci n'est pas insensible à son charme et cherche à percer son mystère. C'est en même temps que ce personnage que nous découvrons progressivement le trouble passé d'Eleanor et Clara, un passé qui remonte jusqu'aux guerres napoléoniennes, rien que ça. On apprend ainsi que les deux femmes sont depuis toujours prises en chasse par une confrérie de vampires à cheval sur certains principes et d'une grande étroitesse d'esprit faisant impitoyablement respecter un code dont la première règle est catégorique : aucune femme ne peut être acceptée dans leur rang !
Avec son scénario plutôt original et ambitieux dotée d'une vision du mythe empreinte d'un féminisme rafraîchissant, Byzantium détient un réel capital sympathie qui fait qu'on a drôlement envie d'y croire et de l'apprécier. Ce "capital sympathie" réside aussi dans ses deux actrices principales, Saoirse Ronan et Gemma Arterton, particulièrement bien choisies. La première, découverte toute jeune dans Atonement, fait tout ce qu'elle peut et propose une incarnation plutôt convaincante d'une vampire paumée, éternelle adolescente en désaccord avec sa mère ; on aurait aimé que cela suffise à donner de l'épaisseur à son personnage. Quant à la seconde, elle est une vampire irrésistible, il faut bien le reconnaître. L'actrice britannique dégage naturellement un puissant sex appeal qui ne me laisse pas indifférent (et apparemment, je ne suis pas le seul...), cela convient tout à fait aux dons de séduction chers aux fameuses créatures de la nuit.
Pour être plus précis, sachez que le don de séduction de Gemma Arterton repose principalement entre son nombril et son menton. En bref, l'actrice est dotée d'une ravissante poitrine. Et comme cette partie de son anatomie représente l'un des principaux intérêts du film, j'y consacrerai logiquement un paragraphe entier ! Ses seins ne sont pas spécialement gros mais paraissent étonnamment bien portants. Ils accompagnent, épousent le moindre de ses gestes, dans la joie et l’allégresse. Ils ont simplement l'air heureux d'exister et expriment de bon gré une joie de vivre contagieuse. On salue Neil Jordan pour avoir tout naturellement su saisir de beaux moments d'émotion. Ces seins ont ce pouvoir hypnotique... Ils magnétisent véritablement le regard et nous rappellent que nous sommes bien peu de choses. Évidemment, le reste ne gâche pas, ce qui fait de Gemma Arterton une vampire assez troublante, qui aurait, elle aussi, mérité un meilleur film.
Car malheureusement, Neil Jordan ne fait pas grand chose de ses actrices ni de son scénario, son film a tôt fait de tourner à vide. Il manque cruellement d'ampleur, d'envergure et, c'est un comble, de souffle ! Malgré cette histoire qui s'étend sur des siècles, via des allers et retours très peu fluides entre le passé et le présent, nous n'avons jamais l'impression de regarder ce qui pourrait être une fresque imposante mais plutôt quelque chose d'assez anecdotique et insignifiant. On a bien du mal à se passionner pour la destinée de ces deux créatures damnées ; leurs personnages, trop superficiels, ne nous laissent guère penser qu'elles ont des siècles d'existence. En fin de compte, Neil Jordan revisite très timidement le mythe du vampire, il y ajoute quelques nouveautés tout à fait bienvenues mais beaucoup trop rares pour que son film suscite une plus vive curiosité. Rien ne vient bousculer nos repères ni remettre en question ce qui a déjà été fait. La plus judicieuse de ces nouveautés vaut tout de même le détour car elle nous offre deux scènes visuellement assez mémorables (à vrai dire, les seules dont on se souvienne après coup) : cette idée veut que la transformation en vampire se fasse dans la grotte d'une île mystérieuse dont la localisation est tenue secrète par la confrérie ; une île parcourue par des rivières et des cascades impressionnantes dont les eaux deviennent des torrents de sang après la métamorphose. Ces images de cascades sanguines sont assez réussies et dégagent même une certaine poésie. Dommage que le film de Neil Jordan ne propose que si rarement de tels éclats...
3 mars 2011
Tamara Drewe
Je veux vous parler de ce film brutal, violent, chamboulant. Un film qui vous assomme volontairement. Qui vous frappe, vous secoue, vous remue, un film qui affiche clairement la volonté d'ouvrir les plaies et de ne pas les refermer. Un film choc ! Tamara Drewe est un pur électrochoc pour le spectateur non-averti. C'est un film miné, réalisé par un homme dont l'ambition affichée est de vous ébranler en véritable sismologue des âmes fragiles, il vous bouleversera via une terrible onde de choc vouée à meurtrir le regard en vue d'un impossible apaisement. Soyez prêts à tomber dans un précipice que vous ne connaissez pas. Préparez-vous à un soubresaut inoubliable : on en sort ravagé, moralement déboussolé, en perte totale de repères. C'est une expérience capable de vous faire tourner de l’œil. Malgré les apparences je ne vous parle pas de Délivrance ou de Voyage au bout de l'enfer, mais c'est tout comme. Il faut s'accrocher pour ne pas céder face à une terrible sensation de trop-plein. Y jeter un œil c'est y jeter les deux, on en sort aveuglé à jamais. Nous voilà ni plus ni moins poussés dans nos derniers retranchements. Et ce sentiment naît du vide intersidéral qui règne ici.
Toute la bande-annonce reposait sur cette image. J'ai moi aussi cédé à la tentation en me commandant le même mini-short en jean sur Sarenza.com. J'ai une sacrée dégaine là-dedans.Que dire sinon que c'est une "comédie pastorale légère" comme l'affirme fièrement Stephen Frears lui-même. Je suis obligé d'aller vérifier le nom de ce réalisateur après l'avoir écrit car j'ai toujours un doute. Je confonds Stephen Frears et Brendan Fraser quand je ne le confonds pas avec Mike Leigh, autre réalisateur anglais plus très frais, auteur de comédies acides sans intérêt. J'essaie de justifier cet amalgame que je fais systématiquement alors que franchement je n'ai aucune raison valable. Je les confonds, c'est tout. Je confonds aussi Mike Leigh et Spike Lee, Spike Lee et Spike Jonze, Spike Jonze et Fredéricks/Goldman and Jones. Du coup je confonds Stephen Frears avec une grosse noire et deux guitaristes de variété... Je souffre probablement d'un grave problème psychiatrique et c'est pas toujours facile de m'y retrouver.
Tamara Drewe de Stephen Frears avec Gemma Arterton, Roger Alam et Bill Camp (2010)

















