3 mars 2011

Tamara Drewe

Je veux vous parler de ce film brutal, violent, chamboulant. Un film qui vous assomme volontairement. Qui vous frappe, vous secoue, vous remue, un film qui affiche clairement la volonté d'ouvrir les plaies et de ne pas les refermer. Un film choc ! Tamara Drewe est un pur électrochoc pour le spectateur non-averti. C'est un film miné, réalisé par un homme dont l'ambition affichée est de vous ébranler en véritable sismologue des âmes fragiles, il vous bouleversera via une terrible onde de choc vouée à meurtrir le regard en vue d'un impossible apaisement. Soyez prêts à tomber dans un précipice que vous ne connaissez pas. Préparez-vous à un soubresaut inoubliable : on en sort ravagé, moralement déboussolé, en perte totale de repères. C'est une expérience capable de vous faire tourner de l’œil. Malgré les apparences je ne vous parle pas de Délivrance ou de Voyage au bout de l'enfer, mais c'est tout comme. Il faut s'accrocher pour ne pas céder face à une terrible sensation de trop-plein. Y jeter un œil c'est y jeter les deux, on en sort aveuglé à jamais. Nous voilà ni plus ni moins poussés dans nos derniers retranchements. Et ce sentiment naît d'un seul et unique plan du film, d'une seule image, qui montre l'indicible, aussi me tais-je et laisse-je l'image traumatisante parler d'elle-même :


Mon royaume pour ce mini-short...

J'ai donc essayé de faire assez long sur ce seul plan car c'est le seul qui soit digne d'intérêt dans ce foutu film, et c'est bien le seul qu'on n'oubliera pas. Comment l'oublier ? Car il faudrait le voir en mouvement... Le gif animé de ce plan tourne en boucle dans mon ciboulot et sur mon économiseur d'écran depuis que j'ai vu le film, il y a maintenant plus d'un mois. Si je ne l'oublie pas c'est pour deux raisons. La première, évidente, c'est que ce plan à ras-le-bonbon a eu raison de tous mes caleçons, la seconde, c'est parce que la mère ménopausée d'un ami à moi porte régulièrement ce genre de mini-short, quasiment le même, quequoi, le sien est encore plus court, et elle met ça pour aller travailler la terre. Il ne s'agit pourtant pas d'une Milf, ni d'une Cougar, mais cette maman, douce, gracieuse et angélique, porte ces dix centimètres de jean difficilement étirés sur le cul lorsqu'elle va bosser, et c'est un spectacle franchement gênant.


Au vu de cette triste grimace on aurait aimé que l'actrice ait le cul à la place de la tête et vice versa.

Vous aurez compris que mes digressions sur le string ficèle en jeans de la mère de mon pote et mon choix assez orienté parmi les photogrammes du film dénoncent le vide intersidéral qui y règne. Que dire sinon que c'est une "comédie pastorale légère" comme l'affirme fièrement Stephen Frears lui-même. Je suis obligé d'aller vérifier le nom de ce réalisateur après l'avoir écrit car j'ai toujours un doute. Je confonds Stephen Frears et Mike Leigh, deux réalisateurs anglais pas très frais, auteurs de comédies acides sans intérêt. J'essaie de justifier cet amalgame que je fais systématiquement alors que franchement je n'ai aucune raison valable. Je les confonds, c'est tout. Je confonds aussi Mike Leigh et Spike Lee, Spike Lee et Spike Jonze, Spike Jonze et Fredéricks/Goldman and Jones. Du coup je confonds Stephen Frears avec une grosse noire et deux guitaristes de variété... Je souffre probablement d'un grave problème psychiatrique et c'est pas toujours facile de m'y retrouver.


Que filme Stephen Frears ? Un lavabo ou les nichons de Gemma Arterton ? On sent que le réalisateur n'a pas su choisir.

Stephen Frears c'est Héros malgré lui, un film sympa avec Dustin Hoffman mais qui remonte à 1993, c'est High fidelity, le navet préféré de tous les zicos manchos, et c'est The Queen, avec une Helen Mirren grabataire pour incarner Lady Di, soit la pire erreur de casting de l'Histoire du cinéma. Fort de ce C.V. en contreplaqué, Stephen Frears a voulu adapter le célèbre roman graphique du même nom racontant l'histoire de cette fameuse Tarama Drue : avec son nez refait, ses jambes interminables, son derrière de rêve, son job dans la presse people, ses aspirations - le terme est évocateur - à la célébrité et sa facilité à briser les cœurs, Tamara Drewe est l'Amazone londonienne du XXIe siècle. Cette dernière formule n'est pas de moi et j'en remercie le Ciel. Car moi j'aurais plutôt dit que c'est une pure connasse décérébrée qui tend son cul au premier venu. Voilà pour le pitch de poche de ce bien triste film, pas très drôle, caricatural au possible et qui se conclue sur une espèce de morale piteuse lorsque le personnage du mari adultère est "puni" par un troupeau de vaches qui le piétine jusqu'à ce que mort s'en suive. C'est donc un gros veau-de-ville raté, qui se prend pour du Chabrol mais qui se retrouve dans la lignée des fours de Jean Lefebvre : à chier. "Mais j’aime bien dire aussi que Tamara Drewe est une comédie pastorale !", insiste Stephy Frears à longueur d'entretiens. Soit, Steven, dis-le si ça te fait du bien. Le cinéaste ne dit d'ailleurs pas que ça, il dit aussi qu'il a réalisé un film "à la Clint Eastwood", ce qui donne une meilleure idée du délabrement de la carrière de ce dernier. Stephen Frears, comme feu Eastwood, est désormais bon pour le bûcher des vanités.


Tamara Drewe de Stephen Frears avec Gemma Arterton, Roger Alam et Bill Camp (2010)

13 commentaires:

  1. Le passage sur Goldman m'a flingué de rire, tout comme le "veau-de-ville" :D

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  2. Perso, je confonds Mike Leigh et Mike Nichols. C'est surtout dommage pour le second, plus doué et intéressant.

    Tu aurais quasi pu mettre le gif :
    http://memberfiles.freewebs.com/94/62/69176294/photos/Animated-GIFs/Gemma%20Arterton%20-%20Hot%20Pants%201.gif

    J'ai dl ce film en pensant à la bande-annonce où cet extrait était déjà évidemment présent. Mais à cause d'internet, des screencaps, des jpegs et autres gifs, j'ai déjà vu tout ça, et à présent je sais que je ne le verrai jamais. Ça me fait penser que si des films à la noix comme Sliver et autres saloperies de nos adolescences avec des actrices dévêtues étaient sorties au moment d'Internet, sans doute qu'on aurait été finalement bien peu nombreux à réellement les regarder. :|

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  3. On commence le mois de mars de façon bien dégueue en tout cas.

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  4. Et ç'eût été dommage, car Sliver est un grand film.

    J'ai pensé à mettre le gif, mais la pub "yahoo movies" m'en a dissuadé. Et puis une image ça laisse libre cours à l'imagination la plus suintante...

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  5. Trivia : en vrai, le nez de l'actrice Gemma Arterton n'est pas faux mais bel et bien naturel. Et si vous voulez voir plus de seins, tapez plutôt dans google "Atkinson". Je confonds Arterton et Atkinson. Ça en fait une sacrée salope et ça fait de moi un sacré obsédé.

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  6. Autre constat un peu plus personnel que je souhaite partager avec vous : ma longue traversée du désert (comprendre : ma période de célibat) m'a fait constater que l'Angleterre est paradoxalement connue pour ses salopes à gros nichons qui posent dans les magasines et ailleurs, c'est un véritable nid à pin-ups de derrière les fagots taillées comme des images de synthèse (je pense à Keeley Hazell, Lucy Pinder, Sophie Reade, Sophie Howard, Gemma Atkinson -qui en plus à le même prénom qu'Arterton !, alors que le pays est pourtant connu pour abriter une majorité de femmes laides. (Oui je sais c'est un cliché, mais un cliché qui a, à mon sens, un gros gros fond de vérité. Pas faux ?)
    J'imagine qu'il doit exister une véritable tradition, une culture de la salope qui pose à poil ou presque, sur cette île de moches.
    Je m'y intéresserai peut-être dans un futur mémorandum sexy.

    Voilà.

    Je suis jaspert, jaspert le pervers, pas de majuscule à mon nom mais pas de limite aux saloperies que je vous déblatère !


    jaspert docteur ès nibard

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  7. Comédie, film terroir, cynisme, second degré, Frears n'a pas su choisir. Le spectateur lui s'ennuie ferme.

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  8. "film terroir" j'aime bien ^^

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  9. "avec une Helen Mirren grabataire pour incarner Lady Di, soit la pire erreur de casting de l'Histoire du cinéma." Mais Helen Mirren incarne la reine Elizabeth et pas Lady Di. Qu'est-ce que c'est que ces conneries ?..
    A par ça, quel ennui ce film où l'on cotoie la mesquinerie humaine pendant 1H45.

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  10. Je la trouve tout de même sympathique cette Gemma Arterton, pour une anglaise.

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  11. elle ne me laisse pas indifférent non plus, pour une anglaise^^

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  12. Belles jambes là aussi ;-)

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