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26 juillet 2022

Black Phone

Parmi les si nombreuses qualités de notre idole Ethan Hawke, il en est une qui se retourne trop régulièrement contre lui : sa fidélité en amitié. Sur la plage de Coney Island, une journée particulièrement chaude de juillet 2011, Ethan Hawke a rencontré Scott Derrickson, tout à fait par hasard. Le premier, son esprit d'artiste de nouveau perdu dans des divagations poétiques, avait oublié sa crème solaire pour protéger sa peau particulièrement fragile et douce, le second, plus prévoyant et calculateur, était équipé d'un superbe parasol Isotoner flambant neuf doté d'un revêtement argent Anti UV UPF50+ qui bloque au minimum 95% des rayons UV et rafraichit l'ombre de -2 à -3 degrés. Alors qu'il lisait, en diagonale, quelques mauvais scénarios de thrillers horrifiques de seconde zone – sa spécialité –, le cinéaste a levé les yeux, sans doute alerté par une subtile et appétissante odeur de poulet rôti venue de sa gauche, puis a immédiatement reconnu, en tournant ses globes oculaires dans cette direction, l'un de ses acteurs de cœur, en bien mauvaise posture, sis à quelques mètres de lui. Le bel Ethan rougissait à vue d'œil, le dos recourbé sur sa serviette de plage, une vapeur étrange émanant de sa tête baissée reposant en étau entre ses deux genoux violacés, ses longs cheveux dégoulinants d'une sueur épaisse. Scott Derrickson, piètre cinéaste mais être humain recommandable, soucieux de son prochain et sachant réagir en cas d'urgence vitale, a alors immédiatement traîné le corps quasi inerte de Hawke sous son parasol, puis l'a aussitôt hydraté, en lui tamponnant notamment le visage avec sa serviette humide et en lui aspergeant le crâne du seul liquide à sa disposition, du Schweppes Agrumes. Plus tard, en interview, le réalisateur a reconnu être resté un temps figé, impressionné par la beauté d'Hawke, éclatante malgré la situation critique, avant de lui prodiguer les premiers soins. Ces gestes salvateurs, effectués avec maladresse mais beaucoup d'espoir et d'amour, ont scellé l'amitié entre les deux hommes puisque, enfin revenu à lui, Ethan Hawke fit preuve d'une reconnaissance infinie, se passionna pour chaque mot et chaque proposition du réalisateur désireux de nouer une relation amicale et professionnelle prometteuse. C'est ainsi, lors de ce moment de faiblesse, que la star de Bienvenido à Gattaca, aux facultés mentales encore endommagées par une insolation sévère, a consenti de jouer le premier rôle de Sinister, comme pour remercier Derrickson de lui avoir sauvé la vie. Pour le résultat que l'on sait...
 
 
 
 
C'est encore cette loyauté sans faille qui a poussé l'aiglefin du cinéma hollywoodien à accepter ce rôle à contre-emploi de tueur en série et séquestreur d'adolescents à l'exact opposé de sa véritable nature (Hawke aime les animaux, les enfants et les adolescents, dans les limites autorisées par la bienséance). Masqué, l'acteur fait ici son travail, poliment, dignement, comme toujours, sans toutefois sauver le film de la plus crasse médiocrité. Il s'agit de l'adaptation d'une nouvelle de Joe Hill, le fils de Stephen King, qui a donc choisi le même métier que son papa. Sur le papier, et à l'écran, ça ressemble effectivement à une histoire qu'aurait pu inventer un avorton de Stephen King. C'est même typiquement ça. On y retrouve donc un papa ultra violent qui aime picoler dès le p'tit dèj et cravache ses enfants dès qu'ils émettent un son supérieur aux 20 décibels autorisés. L'action se déroule à la fin des seventies dans une de ces banlieues pavillonnaires américaines aux secrets bien enfouis mais que l'on connaît par cœur, cet espace si familier au cinéma US des années 80 qui, 40 ans plus tard, occasionne encore cet inévitable plan, guidé par une nostalgie rance, d'un gamin pédalant sur son Raleigh Chopper pile au milieu des rues lentement parcourues. Parmi les personnages principaux, une gamine, en pleine adolescence, dotée de pouvoirs surnaturels, de rêves et de visions prémonitoires. Enfin, on retrouve aussi là-dedans des ados humiliés par d'autres, des têtes de turc et des terreurs de quartier, des bandes rivales qui s'affrontent lors de bastons d'une violence inouïe où le sang gicle et où les os craquent. En bref, nous sommes en décor archi connu et, ce décor, Scott Derrickson n'en fait donc strictement rien de neuf, s'appuyant surtout, comme pour tous ses autres films, sur ce que des cinéastes infiniment plus doués ont réalisé avant lui, les copiant sans panache, comptant sur la bienveillance d'un public également nostalgique et avide de simples thrillers efficaces. Si le manque criant d'originalité était le seul défaut de Black Phone, ce serait déjà pas mal. Le souci, c'est surtout que ce thriller vaguement horrifique ne captive jamais vraiment, malgré son scénar de séquestration classique pimenté ici de fantastique (les précédentes victimes du serial killer viennent tour à tour en aide au jeune héros par le biais d'un téléphone noire, et sa sœur l'épaule aussi via ses visions prémonitoires) qui aurait pu donner lieu à une série b au minimum accrocheuse. Hélas, Black Phone ne décolle jamais, en dépit de rebondissements saugrenues et trop énormes. Ce nouvel effort de Derrickson dans le genre n'a, au bout du compte et encore une fois, aucun intérêt. Par respect pour son égérie, le fan d'Hawke regarde ça jusqu'au bout, mais difficilement. Que c'est laborieux, que c'est prévisible, que c'est idiot. Du temps perdu, pour le spectateur et pour l'acteur. Non, vraiment, Hawke aurait mieux fait de se casser une jambe le jour où il a croisé la route de Scott Derrickson. Une admission aux urgences pour soigner une déshydratation sévère aurait été une bien meilleure chose pour la carrière de l'acteur aux mille talents...
 
 
 
 
La loyauté joue donc trop souvent de mauvais tours à notre ami Hawke dont la filmographie, tout de même remarquable, en pâtit. C'est la même vertu qui l'a amené à tourner dans huit films de Richard Linklater (huit !), quatre d'Antoine Fuqua (quatre !), trois d'Andrew Niccol (trois !) et deux des frères Spierig (deux !). La petite histoire raconte même que Hawke aurait refusé un rôle chez Stanley Kubrick pour honorer une vieille promesse faite à son ami Andy Niccol. Selon la légende, le couple Ethan Hawke / Uma Thurman devait en effet tenir les rôles finalement échus à Tom Cruise et Nicole Kidman dans Eyes Wide Shut... A la recherche du couple le plus glamour du moment, Kubrick, immense fan du Croc-Blanc de Randal Kleiser, voulait absolument tourner avec le "prodige à gueule d'ange venu d'Austin", il rêvait de le filmer au moins une fois avant de disparaître. On le comprend ô combien... Non, vraiment, que de temps perdu !
 
 
Black Phone de Scott Derrickson avec Ethan Hawke (2022)

31 août 2020

Adopt a Highway

Adopter une autoroute... Derrière ce titre étrange, qui fait référence à un programme américain de sponsorisation de segments d'autoroute pour garantir leur propreté (?!), se cache un très beau petit film signé Logan Marshall-Green, cet acteur souvent associé à Tom Hardy pour leur ressemblance physique troublante et que l'on a déjà vu être contaminé par un alien dans le pitoyable Prometheus de Ridley Scott et, avec plus de bonheur, devenir une sorte de surhomme dans le très cool Upgrade de Leigh Whannell. C'est d'ailleurs très vraisemblablement suite à sa participation dans ce dernier film, également produit par Blumhouse, que Marshall-Green a pu faire financer une œuvre personnelle par la désormais célèbre société de production spécialisée dans le cinéma de genre qui ajoute ainsi un titre plutôt atypique à son répertoire. Pour son premier long métrage en tant que réalisateur et scénariste, Logan Marshall-Green offre un rôle en or au grand Ethan Hawke qui, plus magnétique que jamais, fait ici étalage de tout son talent et de sa capacité exceptionnelle à porter un film à lui tout seul.




Ethan Hawke incarne Russell, un type qui vient de passer 21 ans en taule pour avoir dealé quelques grammes d'herbe, en vertu de l'application de la loi dite "des trois coups" (en vigueur en Californie, celle-ci permet aux juges de prononcer des peines de prison perpétuelle à l'encontre d'un prévenu condamné pour la troisième fois pour un délit, aussi mineur soit-il). Peu adapté à la vie en société et soucieux de ne plus faire de vague, Russell bosse avec le plus grand sérieux du monde à la plonge d'une sandwicherie et habite dans un motel. Sa vie, très morne et solitaire, se voit bousculée par la découverte d'un bébé abandonné dans une benne à ordures. Sous le charme du bambin, il va s'en occuper quelques jours...




Il n'est pas méprisant ou réducteur de dire d'Adopt a Highway qu'il s'agit d'un petit film : à peine un peu plus d'une heure au compteur, guère plus de 20 pages de scénar, un seul personnage principal... Mais Adopt a Highway est un beau petit film, vraiment, et si tous les films indé ricains étaient aussi jolis et sincères, je ne serais peut-être pas autant dégoûté par la chose. Logan Marshall-Green fait preuve d'une humilité tout à fait louable et confère à sa première œuvre prometteuse un rythme assez tranquille, tout doux, qui m'a mis à l'aise du début à la fin. J'étais dans mes chaussons... Son film a aussi cela d'agréable qu'il arrive toujours à prendre une nouvelle direction juste à temps. Pas de grand rebondissement ni de bouleversement à la clé, mais simplement une trajectoire intelligente, légèrement modifiée et inattendue, qui lui fait retrouver son souffle, si bien que notre intérêt pour ce personnage et son histoire n'est ainsi jamais perdu. Il est très plaisant de découvrir la tournure, plutôt heureuse et positive (spoiler), que prennent les choses pour ce pauvre gars, qui ne fait pas les conneries tant redoutées, refait surface peu à peu et qui est même promis à un avenir radieux grâce à un p'tit coup de pouce du destin. Et puis, évidemment, le gars en question est incarné par un comédien hors pair.




Dès les premières minutes, on est admiratif du jeu d'acteur au millimètre de l'aigle-fin d'Austin (Texas), dont les pas timides et hésitants, à la sortie de prison, nous plongent dans une compassion immédiate pour son personnage de marginal dont la moitié de la vie a été gâchée par un système judiciaire impitoyable. On a déjà qu'une seule envie : le voir kiffer, prendre du bon temps... Il faut ensuite admirer le géant Hawke jouer celui qui surfe pour la première fois sur internet, dans un web café, à la recherche d'information sur son père, dont il apprend la mort les yeux humides, à la lecture d'une banale nécrologie, lors d'une scène qui nous serre le cœur. Il faut aussi le voir mettre ses lunettes de presbyte, une monture assez dégueu à clipser par le devant, avec des verres bien épais qui lui grossissent les yeux mais ne gâchent en rien sa beauté naturelle et viennent même renforcer son adorable air de chien battu. Je préfère arrêter là l'inventaire de toutes ces scènes où Hawke en met plein la vue. Vous l'aurez compris : Adopt a Highway est un véritable festival, un récital, un must pour tous les fans de la star, sur un nuage et quasi de tous les plans. On se dit que Logan Marshall-Green doit également compter parmi ses premiers admirateurs pour lui avoir donné, sur un plateau d'argent, une telle scène d'expression. On l'en remercie au passage.




Qui, aujourd'hui, peut s'assoir à la table d'Ethan Hawke ? Quel autre acteur peut se targuer de faire cohabiter sur son CV des noms comme Peter Weir, Hirokazu Kore-Eda, Bob Redford, Joe Dante, Sidney Lumet, Paul Schrader, Dick Linklater, les frères Spierig ou encore le jeune Ti West ? Combien ont tourné pour de telles pointures ? Tous les talents des cinq continents et de toutes les générations sont réunis en une seule et même filmographie. Soyez sûrs que des types comme Sidney Lumet et Kore-Eda, qui comptent parmi mes cinéastes chouchous, ne font pas tourner n'importe qui. Tous se bousculent pour travailler avec eux, et c'est Hawke qu'ils choisissent d'appeller au beau milieu de la nuit pour lui proposer un rôle. Un chapitre entier et inédit du célèbre ouvrage de Sid' Lumet, Making Movies, est consacré à l'effet galvanisant qu'eut la collaboration avec la star sur le réalisateur des 12 hommes en colère. Combien, aussi, peuvent attester d'une telle longévité ? C'est grâce à des choix de carrière audacieux, une loyauté et une fidélité à toute épreuve envers des types valables que notre homme a su demeurer si longtemps au premier plan. Combien de jeunes éphèbes sont devenus de beaux vieux en vieillissant si bien que lui ? Ne cherchez pas. Aucun. Ethan Hawke est le faucon maltais du cinéma américain, qu'il survole avec une grâce sans pareille et contemple d'un œil supérieur mais bienveillant. Son plus gros souci aujourd'hui, c'est que notre homme mange seul à tous les repas. Car personne ne peut s'assoir à sa table...




Passez donc outre son drôle de titre, qui fait métaphoriquement sens avec les thèmes abordés par le cinéaste mais peut effectivement dérouter quand on connaît mal la législation californienne et toutes ses subtilités, et donnez vite une chance à Adopt a Highway : vous passerez 78 minutes de bonheur auprès d'un acteur au sommet de son art qui parvient à donner vie à un personnage que l'on n'oubliera pas de si tôt. 


Adopt a Highway (New Lives) de Logan Marshall-Green avec Ethan Hawke (2020)

1 avril 2015

Predestination

Ce film est probablement le plus gros mindfuck de l'histoire des histoires. Amateurs de spoilers, réunissez-vous autour de cet article. Que nous racontent les frères Spierig en adaptant ce texte de Robert Heinlein ? Au départ, on se croirait dans un caper movie de base. Le héros, interprété par un Ethan Hawke de retour du diable vauvert, est censé être renvoyé dans le passé pour empêcher le so called "Feu follet", surnom d'un terroriste dynamiteur, de faire sauter un bâtiment. On nage donc, littéralement, en plein caper movie. Mais très vite, une scène de troquet sous influence pagnolesque, qui dure une bonne demi heure, brise l'horizon d'attente d'un spectateur en quête de repères, qui a depuis un bail entamé une séance de rameur devant sa télé. On apprend dans cette scène, grâce à l'inénarrable Ethan Hawke, passé de démineur à serveuse le temps d'un raccord, lancé dans une discussion à bâtons rompus avec Leonardo DiCaprio, que le film a largué les amarres et préférera la réflexion à l'action. Les frères Spierig en ont sous la godasse, et semblent vouloir nous dire : "On va moins vous faire suer des barres que vous tuer l'esprit".


Face à face entre deux éphèbes des années 90 : Leonard DiCaprio trinque avec Ethan Hawke. Quand il mate le film, Brad Pitt se demande pourquoi il n'a pas été invité.

Qu'en est-il, au fond, de Predestination ? C'est l'histoire d'une personne qui est tout à la fois, sans le savoir, sa propre mère et son propre père, ainsi que son propre amant, puis son propre enfant, et enfin son propre chien, du fait de plusieurs boucles temporelles imbriquées. Si vous avez du mal à y croire et à comprendre, ne regardez pas le film, car il ne va pas vous aider du tout, mais relisez simplement notre résumé, qui est clair comme de l'eau de roche. Si Bob Heinlein le lisait, il opinerait sans doute du chef, comme un vieux sage, avançant une lippe satisfaite, heureux que des années de travail soient aussi bien résumées. Voyageurs du temps, touristes de l'horloge, prenez garde à également tracer la route dans l'espace, à voyager verticalement et horizontalement, sous peine de tomber amoureux de vous-mêmes, de vous interpénétrer, de vous accoucher et de vous tenir en laisse. Les frères Spierig, qui sont sans doute eux-mêmes un seul et unique individu, ont le mérite de donner un nouveau souffle à toutes les réflexions engendrées par ce type de récits de science-fiction philosophique. Ils ont en revanche le tort d'avoir pondu une sacrée daube. Face à ce film, on se demande sans cesse si c'est du génie ou de la pure infamie, et pas mal de scènes font pencher la balance du mauvais côté. 


Ethan Hawke stipule dans chacun de ses contrats qu'il viendra avec ses propres habits et qu'il s'habille chez GrouchO: friperie RetrO, 39 rue Peyrolières.

Saluons tout de même le courage des deux kamikazes qui ont réalisé ce film, quitte à en sortir cramés et fâchés à vie avec la dynastie Heinlein. Ces deux connards ont toute notre sympathie. Et leur acteur-star, Ethan Hawke, a plusieurs pieds-à-terre intra-muros chez les auteurs de ce blog. On tient quand même à réparer une injustice. Celui qu'on a surnommé le Cary Grant des années 90 grâce à Bienvenue à Gattacca, où il marche sur l'eau, et au Cercle des poètes disparus, où il est beau comme un cœur, essuie aujourd'hui plusieurs quolibets. Beaucoup d'anciens fans le maltraitent, faisant de lui un exemple d'acteur ayant mal vieilli. Il a vieilli, certes, admettons. Mal ? Uma Thurman aimerait pouvoir en dire autant. Peu de starlettes des années 90 trimballent encore autant de classe qu'Ethan Hawke. Prenez les actrices de Friends, Courteney Cox, Jennifer Aniston, l'actrice préférée des américains, donc du monde entier, voire Matthew Pery. Toutes sont devenues des armoires à pharmacie ambulantes. Mais Matthew Perry, on le laisse tranquille, simplement parce qu'il n'est plus under the radar. A contrario, rappelons qu'Ethan était l'an passé à l'affiche de Boyhood, neuf nominations aux Oscar et film préféré de Barack Obama... Qui dit mieux ? 


 Drôle de scène post-générique où Ethan Hawke étreint une grosse aubergine, qui n'est autre que lui-même devenu légume.

Certes, il n'est pas toujours irréprochable. Par exemple dans The Purge, où il porte la moustache, sauf dans une scène... Un matin, Ethan s'est présenté sur le plateau rasé à blanc, un sourire d'écolier en bandoulière, l'envie de bien faire au rendez-vous. Le producteur l'a dévisagé et a pointé son index sous son nez l'air de dire : "What the fuck ? Qu'est-ce que tu nous as fait ? Trente ans de carrière, jamais vu ça !" Mais comment lui en vouloir ? Quand on tourne quatre films par an, dont deux de Richard Linklater et deux des frères Spierig, on ne peut pas toujours s'y retrouver et apporter le bon cartable. Sans compter qu'Ethan Hawke a un autre job à temps plein, celui de plaque tournante. Il sert de parabole entre le Mexique et le continent nord-américain. Voisin de Dick Linklater à Austin, les deux hommes partagent une passion envahissante pour tout ce qui fume et qui rend jouasse. D'ailleurs, tout le monde s'est esbaudi du projet Boyhood, film tourné sur quinze ans, alors que le tournage s'adaptait simplement au planning-maison de Linklater et à son rythme de vie très "cool". Nul doute que la ganja tournoyait aussi sur le plateau de Predestination. A ce propos, oubliez Las Vegas Parano et Inherent Vice, vous tenez là THE stoner movie.


Predestination des frères Spierig avec Ethan Hawke, Sarah Snook et Noah Taylor (2014)