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7 décembre 2013

Monstres Academy

Il y a un problème dans le scénario de ce film, prequel du célèbre Monstres & cie, un problème qu'il nous tient à cœur de mettre au jour car on ne l'a jamais vu pointé du doigt. Grosso merdo Monstres Academy c'est Rob Zombie, la petite pastille verte avec un gros œil au milieu de son corps-tronche perché sur deux brindilles, qui débarque à la fac des monstres bien décidé à devenir une "terreur", c'est-à-dire à faire partie de l'équipe de créatures dont le business consiste à foutre les foies aux enfants. Or il se trouve que durant tout le film ses camarades se moquent de Rob Zombie, appuyés par la doyenne de l'université (le personnage le plus raté de l'ensemble), sous prétexte qu'il ne fait pas peur. C'est pourtant bien lui le plus flippant d'entre tous, avec mille coudées d'avance. Pensez-y.




Comparez-le par exemple à son acolyte Sully, véritable peluche poilue avec deux bras, deux jambes, un corps, une tête, parfaitement anthropomorphe, donc parfaitement rassurant. Ses deux petites cornes de vachette sont tout ce qu'il y a de plus inoffensif, elles ressemblent à des poignées pour l'agripper et le câliner comme un dingue, ou pour lui foutre un coup de tête s'il fout trop les glandes en venant réveiller votre petite sœur qui fait chier. Considérez donc maintenant le dénommé Rob Zombie. Celui-là ne présente aucune prise, il est insaisissable, on l'imagine lisse comme rien ne peut l'être autant, à part éventuellement un serpent, un requin ou une couille d'acteur porno à la retraite, bref autant de choses vivantes que l'on ne voudrait pas retrouver dans son salon, ni chez soi en général, et encore moins en pleine nuit dans un plumard. Pensez à cet œil, lui aussi lisse et humide, visqueux, si immense surtout, et qui vous fixe, ne vous quitte pas. Pensez à ce champ de vision infini, auquel rien n'échappe. Pensez à cette bouche, seul orifice de l'énergumène, qui doit donc lui servir à tout (ce qui est affreux). Et en prime il est doublé par Billy Crystal, qui lui aussi est désormais tout lisse et tout vert... Y a-t-il encore des journalistes pour rappeler à l'acteur qu'il n'avait pas à ressembler à son personnage, qu'il n'avait pas besoin de se raser la tête façon boule de bowling, que tout ça c'était "du off" ? Bref, quoi de plus flippant en réalité que Rob Zombie, définitivement le maître de l'horreur.


Monstres Academy de Dan Scanlon avec Billy Crystal, John Goodman, Helen Mirren et Steve Buscemi (2013)

3 juillet 2013

Monstres & Cie

"Nous faisons peur et nous le faisons bien", nous dit l'affiche. "Nous faisons des affiches et nous les faisons mal", a-t-on envie de répondre. Mais s'il n'y avait que la tagline à bousculer... Le titre ? Un couac géant ! Monsters, Inc., qui signifie "La compagnie, des monstres", est devenu Monstres & Cie, qui n'a rien à voir. Qui sont les compagnons de ces montres que le titre nous vante tant ? Et puis il y a tout le reste... Tout le travail de sape de Pixar. A-t-on déjà fait plus laid que cette boule verte puante avec un œil au milieu de la tronche ? A côté de lui ? Un grand schwarzy au menton démesuré et à l'air obstinément con. Notez que les deux monstres sont à poil mais dépourvus de toute troisième jambe, alors que celle du gros lard devrait pendre entre ses guiboles velues de façon très ostentatoire. Le design de ces personnages a passé tous les filtres possibles, des simples graphistes en passant par les directeurs artistiques et producteurs de ce dessin animé toxique.


Une porte.

Ce film a marqué d'une certaine manière le début du troisième millénaire. Une époque bénie pour Pixar. Tous les paquets de céréales furent envahis de pacmans et d'étrons verts. Les carrières de Billy Crystal et de John Goodman, alors au fond du Grand Canyon, se retrouvaient projetées de nouveau en direction de la Lune grâce à leurs facéties vocales. Quel duo ! Ma parole. Billy Crystal c'est une évidence. Mais John Goodman, fallait y penser ! Un acteur gros et massif pour incarner un monstre gros et massif. Quelle bonne idée ! Trivia : Billy Crystal est borgne mais personne ne le sait ! Et John Goodman a des cornes grosses comme ça à cause de sa femme volage. Il les ratiboise chaque matin. Il souffre en outre d'une spina bifida (maladie génétique qui fait pousser une petite queue au bas du dos de certains nourrissons) à l'instar de Guillermo del Toro (d'où son film L'échine du Diable).


Bouh !

Un mot sur le pitch histoire d'être dans le coup pour affronter le deuxième volet. Il existerait une entreprise embauchant des monstres dont le métier est d'ouvrir des portes afin de pénétrer dans les placards des enfants pour cultiver leurs peurs nocturnes. Cette mission n'est pas gratuite : le cri des enfants est la source d'énergie, et l'unique source d'énergie possible, dans le pays des monstres (c'est aussi le cas pour les serpents dans la vraie vie). Sauf que, trop bonne idée, il s'avère que les monstres ont encore plus peur des enfants que les enfants n'ont peur des monstres (idem encore une fois pour les serpents dans la vraie vie). A noter qu'avec cette histoire Pixar ne fait que recycler la mythologie grecque, mais passons. Donc évidemment, un jour, un enfant s'introduit dans le pays des monstres. Ce qui crée une panique incommensurable. Dans le deuxième volet, Monstres Academy, qui est un prequel, on revient sur la scolarité difficile du duo star de l'affiche. Inutile donc de connaître le pitch du premier volet pour piger le second, au contraire même.


Vérification faite : pas de "troisième jambe".

Dès qu'on mate le premier film, en tout cas, on s'en chie au froc. Il est TROP bien. C'est le jour où on l'a vu au ciné qu'on s'est dit, et tous dit : "J'aime Pixar, je suis désolé". On a tous téléchargé ensuite les fameux courtrajmé de Pixar. Celui des piafs sur la ligne à haute tension. Terrible. Celui des petits nuages, qui renvoie Burton à ses pénates. Une tuerie. Celui du petit garçon qui ne voulait pas devenir grand. Ouf. Celui de la lampe qui voulait se faire des amis. Merveilleux. Celui de l'énorme gland sautillant bien que noyé entre deux couilles velues. Auch. Par contre celui-là, c'est un CD gravé par le grand frère de Félix, Brain Damage, à une époque où il tournait à 12 seigues par jour. Ce n'est donc peut-être pas un film Pixar, plutôt un Private. Dans tous les cas c'est tout aussi mignon.


Monstres & Cie de Script Doctor (2001)

28 janvier 2009

Donnie Darko

Je voudrais m'attarder sur une scène de ce film dont vous trouverez par ailleurs d'autres critiques sur google, si vous êtes du genre à aimer entendre parler de l'intégralité des films. Dans ce film, Jake Gyllenhaal (qu'on a décidé de laisser tranquille avec son nom, pour la première fois, lui qui ouvre toujours plusieurs boîtes à lettres dans le hall de son immeuble pour qu'au final tous les noms de ses voisins réunis puissent ressembler vaguement à son patronyme d'outre-tombe), acteur dont c'était la première apparition importante au cinéma (il avait déjà joué le fils de Billy Crystal dans La Vie, l'amour, les vaches), incarne un jeune étudiant qui rédige un exposé de chimie sur les particules élémentaires si chères à Michel Houellebecq. Dans son petit mémoire il tend à prouver que l'Homme se nourrit partiellement de l'air qui l'entoure et qu'il respire, et par extension du domaine de la lutte, de tout ce qui est précisément contenu dans cet air. Il démontre par A+B que l'Humain ingère, comme il fait des aliments, les molécules contenues dans l'air et leurs spécificités. En somme il nous explique que l'on avale, dans une quantité infinitésimale, un peu de ce que l'on sent. Ce à quoi son professeur et directeur de recherche Patrick Swayze (c'est la première fois que cet acteur joue un rôle de vivant, et non plus des fantômes de danseurs morts) ne trouve rien à redire.

Depuis ce film, une expression courante s'est fait jour et court le monde. Quand quelqu'un est assis à côté de vous, et qu'il expulse un cube fait de méthane et d'ammoniac, en d'autres termes quand votre voisin de métro chie tous ses morts en se tenant à un bras de distance de vous, et que vous sentez cette odeur de merde grimper comme un rongeur le long de votre flanc pour foncer vous hanter les narines et imprégner vos habits autant que votre gorge, quand vous sentez ce parfum de grande mort se répandre sur votre langue telle la grande faucheuse, et que vous sauriez presque dire ce que le horla à vos côtés a dîné avant de sauter dans le subway pour parcourir la ville et y partager son mal, alors, à cet instant précis, où vous cherchez la possibilité d'une île, et où vous tâchez de rester vivant, contre le monde, contre la vie, alors vous venez de subir une "Donnie Darko". Vous venez littéralement de manger de la merde, en quantité minuscule certes, mais suffisante pour pouvoir dire et affirmer que vous venez de manger un peu de merde. Sachez que si un jour les rôles s'inversent, et ne détournez pas le regard, on sait tous très bien que les rôles se sont déjà inversés pour chacun d'entre nous, on sait tous très bien qu'on n'est pas toujours au parfum de ce qu'on a dans le slip, alors vous pourrez dire que vous aurez, vous aussi, fait une "Donnie Darko".


Donnie Darko de Richard Kelly avec Jake Gyllenhaal et Maggie Gyllenhaal (2002)