Affichage des articles dont le libellé est Pierce Brosnan. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pierce Brosnan. Afficher tous les articles

10 novembre 2020

Nomads

Un anthropologue français (Pierce Brosnan, 32 ans, la vie devant lui, un accent pas français du tout, une beubar taillée pour pécho tout ce qui a deux guiboles, et des chemises en flanelle de toutes les couleurs), après dix années passées à écumer la planète à la recherche de tribus et autres communautés humaines sortant de l’ordinaire, décide avec sa femme de poser ses valises à Los Angeles, il a accepté un poste à l’UCLA. Concernant leur emménagement, c’est lui qui a choisi leur nouvelle demeure, en solo, sa femme lui accordant une confiance aveugle sur ce coup-là, il ne l’a jamais déçue auparavant, elle est folle de lui, il est beau comme un camion. Et malheureusement pour elle, son mari a le goût du risque puisqu’un meurtre violent a été commis dans cette maison. Brosnan en a été informé, il a hurlé à l’agent immobilier "I TAKE IT, TA GOULE !" après avoir quand même demandé à ce que la moquette imbibée du sang de l’ancien proprio soit changée avant que sa femme ne se pointe.


  

Peu de temps après avoir emménagé, Pommier, c’est son nom, se rend compte que de drôles d’oiseaux rodent autour de sa nouvelle propriété. Il découvre des tags incompréhensibles mais menaçants sur la porte de son garage tandis que les noctambules individus tout de cuir vêtus zonent à proximité. L’anthropologue aventureux prend le pas sur le mari prudent et notre héros part, appareil photo reflex en bandoulière, traquer ces présumés tagueurs partis à bord d’une camionnette. Alors qu’il a dit à sa femme qu’il partait faire un tour, il ne revient que deux jours plus tard. Pris dans sa fascination pour des êtres qui donnent l’impression de commettre le mal par simple jeu, il a perdu la notion du temps et il finit par pouvoir observer de très près ses nouveaux sujets d’étude pour quelques clichés en plan rapproché dans une atmosphère surréaliste et apparemment jouissive pour notre héros médusé.




Pressé de développer ses dizaines de pellicules utilisées pendant ces deux jours de jeu du chat et de la souris, Pommier s’enferme dans sa chambre noire et finit par n’obtenir que des clichés de bitume, mobilier urbain, immeubles typiques de Los Angeles, ruelles sordides ou parcs dans lesquels il ne fait pas bon d’aller se balader en solo la nuit. Pas un seul de ces énergumènes sur ses photos. Invisibles, ils n’ont pas imprimé la pellicule ! Pommier est-il fou, a-t-il halluciné pendant ces deux jours ? Ou bien est-il en présence de ce qu’il redoute ? Des Nomades, encore appelés Innuats, esprits malins qui déambulent dans certaines contrées et croyances de certains peuples ? Impossible en milieu urbain dense et civilisé comme Los Angeles ! Pourtant il faut se rendre à l’évidence, Pommier semble bien avoir affaire à de telles apparitions, se manifestant ici sous la forme de motards tout de cuir vêtus...




Se sentant épié, traqué dans sa propre maison, notre anthropologue réfléchit, boit du vin et part prendre l’air en pleine nuit. Sauf que ses sujets d’étude, qu’il a manifestement approchés d’un peu trop près, ne le lâchent plus ! Cerné, poursuivi, aux abois, il se réfugie dans un vieil immeuble à l’abandon qui est en fait habité par une bonne sœur âgée. Mais est-elle réelle ? Est-il en train de délirer ? Cette courte respiration dans ce film au rythme soutenu est la bienvenue. Autour d’un thé chaï latté, la religieuse lui conseille d’arrêter de faire le malin et de prendre les jambes à son cou face à des forces trop puissantes pour lui malgré sa beaugossitude et sa beubar de dingue. Se réveillant en sursaut dans sa caisse, entouré de ses nouveaux amis qui ne le lâchent plus, il décide de passer à l’action à coup de démonte-pneu sur le leader du groupe. Relaxé par cette explosion de violence, il rentre chez lui, déchire sa chemise, se fout à poil et engage un acte sexuel brutal et passionné avec sa femme qui semble apprécier à sa juste valeur cette manifestation de tendresse. Pas de chance, quand notre héros se réveille au petit matin, délassé par une nuit de sexe torride, le corps de sa victime biker a disparu. Malgré tout, tel François Hollande quand tout s'effondre autour de lui, il considère que "ça va mieux". Partant faire un peu de tourisme avec sa bonne femme, ils décident d’aller voir un magnifique POV (point of view) de Los Angeles au sommet de l’un ses plus hauts buildings. Pas de chance pour lui, il est toujours traqué ! Et alors que l’un de ses harceleurs s’approche et le nargue, ni une ni deux, il le fait passer par dessus la rambarde pour une chute qui rappellera aux vrais amateurs de McTiernan celle de Hans Gruber dans Die Hard. Après avoir mis sa femme à l’abri, Pommier retourne là où tout a commencé, dans sa maison, pour faire ses valises et fuir pour de bon. Sauf qu’il est attendu par des dizaines et des dizaines d’innuats nomads qui lui font sa fête. Suite à un tabassage, plus suggéré que montré, il finira sa misérable vie, délirant, à l’hôpital, terrassé par ce qui ressemble à un AVC fatal...




Toute cette histoire, que je vous ai allègrement spoilée (je vous en ai gâché le plaisir comme on dirait à l’Académie Française), est racontée à travers les souvenirs d’une neurologue qui est la dernière personne à avoir approché notre anthropologue vivant. Au moment de son ultime AVC, Pommier lui souffle une incantation étrange et, comme on le verra par la suite, ses souvenirs, son âme, sa conscience pénétreront au plus profond de la jeune femme. Affublée de ce terrible fardeau, notre neurologue, campée avec courage par Lesley-Anne Down, revit tous les souvenirs et toutes les situations des derniers jours de son patient. Échappant de peu aux bikers-innuats-fantômes avec la femme de Pommier, elles décident de quitter la Californie pour de bon. Quelle ne fut pas leur surprise lorsque, pensant être tirées d’affaire, elles croisent la route de l’un de ces motards qui s’avère être Pommier himself ! Il est devenu l’un d’Eux ! Dans un plan devenu iconique, Pommier enlève ses grosses lunettes de conduite et montre sa tronche enfarinée de motard à qui on ne la fait pas. Sans violence, comme si son ancienne vie influait encore ses actions, il laisse les deux femmes s’échapper au moment de passer la frontière californienne. Le message est clair, la Californie est désormais terra non grata pour ces dames. Un superbe plan réalisé à l’aide d’une superbe grue nous montre le motard faire demi-tour tout en dévoilant le panneau marquant la frontière californienne.




Après avoir vu ce film, un certain Arnold Schwarzenegger a accouru dans le bureau de Joel Silver, il a tapé son gros poing austro-américain sur la table, et a dit avec son inimitable accent "Je veux ce mec pour réaliser Predator, personne d’autre, bite !". Autre anecdote, le rôle de Pommier a d’abord été proposé à Depardieu, Gérard Depardieu ! Mais cet homme non visionnaire a évidemment refusé, passant à côté de l'opportunité de devenir une star aux USA malgré le statut de petit film de Nomads. Dommage pour lui ! De mon côté, je peux désormais affirmer sans mentir avoir bel et bien vu tous les films de John McTiernan. Tous. Je crois...


Nomads de John McTiernan avec Pierce Brosnan, Adam Ant et Lesley-Anne Down (1986)

23 janvier 2016

Bringing Up Bobby

Première critique écrite en anglais, car on aimerait que la première intéressée parvienne à nous lire, même si nous savons les américains plus susceptibles, et plus prompts à traîner leur prochain en justice. First article in english because we would like to be read by our human target : Famke Janssen. In France, to pronounce her name correctly, you have to hit a dog twice in the stomach and pray it suffers a lot. Famke Janssen is a hottie. She was born on november 5, 1964, in Amsterdam, but she looks like she was actually born on april 1st, 1802, in a bad place of evil. Everybody think she is a half-norwegian half-caraibean woman, but the truth is less funny. She comes from a low-lying country, a land as flat as her boobs (that are unpleasant to look at). She studied economics and mathematics (which she called "the stupidest thing she ever heard") for a year in Nam and for another year in her homeland countryside. Then, she decided to look further and went to L.A. (Los Angeles), California, to realize her true dream : become an actress, or at least a supermodel for supermarkets.




Her first film was a long feature crime drama movie called Fathers & Sons. She played the father, a man who had big problems of identity. This movie was a failure, to her and her relatives. So she came back to Amsterdam, with her tail between her legs. Out there, mummy Janssen told her daughter to pull herself together and move back to California to choose a better part. For instance, the part of a mother. After a three months headache in the Desert Valley, she won a leading role in an untitled movie, in which she was the love interest of Jeff Goldblum (who back then was called Jeffrey). This film was not a big success but two or three journalists liked her perfomance and praised it in the columns of their wallpapers. The best was not yet to come.




Her breakout year was undoubtely 1995, when she appeared as the James Bond's enemy in GoldenEye opposite the very handsome but also very selfish Pierce Brosnan. Famke received strong critical acclaim for her electrifying performance as the so-called "femme fatale" Xenia Onatopp (this tremendous name was a direct suggestion made by the actress). Pierce Brosnan told his best friend that she was, from his point of view, one of the biggest "femme fatale" he ever saw. He thought that she made a honest James Bond girl and, one night, he proposed Framke to be his wife for the evening. She refused and it was a very surprising heartbreak for Pierce, who was at this moment the number one fucker of L.A.. However, Framke's career was now on track. Destination Graceland.




Her filmography is the actual proof that God doesn't exist. Or, if he does, he doesn't give a fuck about mankind. Framke Janssen exploded in such films as La Maison de l'horreur, Celebrity and The Faculty : a lot of secondhand movies that cannot be seen whitout one decalitre of alcohol in the blood. Her career was well established but she needed a second breath, a new wind. She accepted to play again a guy nammed Jean Grey in X-Men and it was, as she told newspapers, "the biggest luck (she) had since the day (her) dog Titi Henry avoided a fast riding truck in the motorway". In fact, X-Men was an international success. The kind of movie even your uncle Scefo has seen. Framke Janssen bought a castle in Spain and a house in New Orleans. 




But the natural brunette has more than one trick up her leather handbag and now her idea is to go behind the camera, she wants to make her own movie. Here comes Bringing Up Bobby ! Her first and last film. The story is simple as a "bonjour" : a european con artist (played by the destroyed Famke's lookalike Milla Jovovich) moves with her son to a conservative neighborhood in Oklahoma in an effort to build a better future in the compagny of Great Guy's wallet (Great Guy is the name of the character, who is being played by Bill Pullman), but it doesn't take long for her past to catch up with her, and for her son's behavior to cause problems of their own. To say the truth without lying, Bringing Up Bobby is an OK movie to watch but there is nothing amazing. A nothing type movie that feels like it was made just to make a movie. Let's say "B-", as english people use to say.


Bringing up Bobby by Famke Janssen with Milla Jovovich and Bill Pullman (2011)

24 août 2009

James Bond, une titrologie d'outre-tombe



James Bond, avant d'être une série de films tous plus cons les uns que les autres, c'est une titrologie foisonnante et fascinante. On passera sur les titres volontairement laids, comme Goldfinger, Octopussy, Moonraker ou Goldeneye. Ces titres-là sont nuls mais on sent bien que Ian Fleming s'en acquitte, qu'il assume leur manque sidérant d'inspiration, pas très concerné qu'il était par leur affreuse participation à l'élaboration d'un mythe mort avant que d'être. Ne sachant pas trop comment nommer les énièmes aventures d'un personnage de merde, il a trouvé des mots un peu au hasard qui puissent servir de titres sans éveiller les soupçons quant à leur manque absolu de sens. On voit bien que par deux fois l'idée tourne autour d'un membre que notre héros a d'or, tantôt un doigt, tantôt un œil. Mais James Bond n'a semble-t-il rien d'autre de valeur, alors il s'agit de dénicher d'autre titres à placarder sur autant de suites et de remakes tous plus indigents que les précédents. Je crois que Moonraker est une allusion peu finaude au sexe de Bond, qui ne voit le jour que la nuit, et qu'Octopussy fait référence à une de ses ennemies qui possède pas moins de huit vagins.


Epatés ? Et encore dites-vous qu'il n'y a que quintopussies là-dessus.


Non, là où ça devient intriguant c'est en 1967, quand sort sur grand écran le 5ème film de la série, j'ai nommé On ne vit que deux fois. Hein ? Ça veut dire quoi ? On ne vit que deux fois... Perso j'ai prévu de vivre qu'une fois et si Ian Flemming était au jus d'une combine je l'aurais su gré de nous informer qu'on a deux vies, autrement qu'en l'écrivant à la fin d'un livre d'espions chiant comme la mort. Franco si on vit deux fois j'aimerais bien le savoir, croyez-moi j'éviterais d'aller à la fac ou de manger bio, je saloperais mon corps sans attendre avec une carrière dans le porno à la clé pour tout remettre sur le tapis dans ma seconde chienne de vie. J'ai justement un rendez-vous à la CAF dans dix minutes, si on vit vraiment deux fois je veux bien ne pas y aller, ou alors y aller sans chier avant histoire de le faire là-bas. Putain qu'on me tienne au courant... Si on vit vraiment deux fois ça me fout drôlement dans la merde. Si c'est ça j'arrête tout de suite de me bourrer de vitamine C et de bouffer des sacs de graines de café Jacques Vabre matin midi et soir. Ça fait bientôt cinq ans que je ne ferme pas l'œil pour profiter du peu de temps qu'il me reste avant de passer l'arme à gauche. Je manque salement de sommeil, je suis probablement très malade, mais je profite de chaque jour comme un con qui tangue entre la vie et la mort. Si on vit deux fois j'arrête ça et je pionce d'une traite les cinq prochaines années, comme un cadavre de loir. Et puis si on vit deux fois, pourquoi pas sept, comme les chats. Ils foutent quoi les chats à part se lécher les couilles quand on les leur laisse accrochées et s'enculer de père en fils ? Moi aussi je peux essayer de me lécher le trou de balle et de fricoter avec mon frère si on me refile sept vies, à la dernière je songerai à me lâcher un peu les couilles et à laisser mes gosses gambader histoire de penser à... je sais pas moi, payer un loyer, acheter un froc... des trucs utiles et normaux. C'est peut-être ça le véritable sens de ce titre, c'est un doigt d'honneur contre les chats. On vit moins que les chats, d'accord... C'est la seule façon possible d'expliquer ce "que deux fois". Parce que putain si on vivait vraiment deux fois y'aurait pas de quoi se plaindre, et le titre devrait être : "On vit deux putains de fois ma parole ! Profiiiiiiite, putain...". J'imagine que Ian Flemming n'aimait pas les chats et autres "canidés" comme on les appelle de leur nom scientifique.


James Bande, grosse vanne ! que Ian Flemming n'a pas casée une seule fois dans ses 40 000 bouquins !


En 1973, trois (oct)opus plus tard, on a droit à Vivre et laisser mourir. Peut-être que ce titre-là est à rapprocher du précédent : j'essaie de piger. Forcément si on a deux vies il est opportun de profiter de la première et de se laisser crever sans faire la grimace histoire de foutre immédiatement les pieds dans la seconde pour la pourrir encore plus. Peut-être alors que les choses se précisent. C'est cette injonction, vivre et laisser pisser, que nous révèle James Bond dans un grand élan épicurien qui trouve son aboutissement dans le célèbre Carpe Diem. Il faut cueillir le jour sans penser au lendemain. Il faut vivre et se laisser crever sans crainte, dans l'unique but ultime des plaisirs légers de cette courte vie qu'est la nôtre. L'histoire c'est qu'on voit mal James Bond s'adonner à quelque philosophie que ce soit, ni à quelque plaisir de ce monde en dehors du fait de reluquer des connes sur la plage. Ce type n'a jamais eu la moindre idée, ça crève l'écran. C'est quand même le seul héros qui se soit fait appeler l'homme au doigt d'or (GoldFinger) après s'être gratter le derche (inutile d'expliquer le titre L'homme au pistolet d'or, une chance que Preminger avait déjà utilisé le titre L'Homme au bras d'or), avant de se frotter les mirettes (Goldeneye) pour finalement s'étonner d'avoir les yeux qui sentent le cul. Sa philosophie à lui c'est plutôt de vivre et de laisser crever les gens autour. Il est du genre à laisser brûler une ville derrière lui s'il s'en échappe avec la pire meuf du coin sous le bras. C'est TPMG James Bond, Tout Pour Ma Gueule.


En 87, sept films plus loin, on nous assène que Tuer n'est pas jouer. Ça veut dire quoi au juste ? Tuer c'est pas du jeu ? C'est pas cool ? Je pige pas. On en revient au premier titre, celui qui nous affirmait qu'on avait deux vies, la vraie, et celle d'après la mort ? En fait c'est un gros catho de mes deux Ian Flemming. Il profitait de ses romans de gare à la manque, bourrés de meurtres, de manichéisme et de putes pour nous refourguer les tables de la loi de Moses. Tu ne tueras point. Sans déconner Ian ? Dans Fifa ils nous le disent pourtant dès le départ : If it's in the game, it's in the game. Tuer, c'est jouer. Encore une belle connerie de titre donc. Deux ans plus tard sortira le 16ème épisode des aventures de merde de James Bond, qui viendra corriger cette erreur : Permis de tuer, avec pour sous-titre "Autant pour oim !".


En 1997, on en est déjà au 18ème film et plus rien ne semble pouvoir arrêter cette immonde série de s'étendre encore et toujours, comme une pandémie horrible. Celui-là s'intitule Demain ne meurt jamais. Alors là je baisse les bras. Ce titre a de quoi décourager même les plus forts. De quoi faire plier le platane et rompre le roseau. Il a de quoi foutre à sac des générations de cinéphiles. De quoi vous faire vieillir... J'ignore si demain ne meurt jamais mais moi je crèverai un jour et à la lecture de ce titre ma fin se rapproche. J'ai perdu plusieurs jours, plusieurs semaines ? J'ai perdu plusieurs semaines de vie en lisant ce titre. Y'aura sûrement toujours un lendemain mais je ne serai bientôt plus là pour en profiter. On a pas idée d'écrire ça sur une affiche... Demain ne meurt jamais. Un titre pareil c'était la porte ouverte à tout. Et les deux titres suivants s'en ressentent mochement...


Quand la star féminine de ton film c'est Teri Hatcher, normalement le film ne se fait pas.


Le titre suivant c'est le lâché de ballons : Le Monde ne suffit pas. Mais ça veut dire quoi ! Le monde ne suffit pas... Je refuse de chercher. A part si c'est un film sur la conquête de la Lune en 69, comprends pas... Ou alors c'est encore un petit billet glissé là par ce chrétien facho de Ian Flemmard, qui pioche encore une fois dans sa messe hebdomadaire de quoi titrer ses saloperies d'histoires d'espions venus du froid à la mords-moi-le-nœud. Dans tous les cas ça ne veut rien dire. Et puis ça va bien deux minutes de donner des titres bibliques aux histoires d'un débile qui ne pense qu'à s'emboîter des poupées russes. Ou plutôt françaises, aka Sophie Marceau, et ricaines, aka la poupée gonflable Denise Richards.


Quand la star féminine de ton film c'est Sophie Marceau, normalement le film ne se fait pas, y'a tellement mieux à faire...


Et enfin Meurs un autre jour. T'es bien gentil, t'es même ultra sympa, mais ça se décide pas comme ça... On meurt quand on peut. On peut bien différer la date de la pendaison de crémaillère, mais c'est plus facile en amont qu'en aval. Écourter sa conne de vie ça se fait, ou du moins ça se tente. Mais la rallonger je vois mal. On meurt un peu quand on doit clamser. Le jour où la Grande Faucheuse a décidé de s'arrêter à notre chevet c'est pas facile facile de lui demander un délai et de repousser la fin du bail, en général on fait son paquetage en route pour la castagne, sans escale. Ça ne fait bêtement pas sens. Ça ne veut dire que dalle "Meurs un autre jour". Vraiment rien. Et c'est très laid comme assemblage de mots, qui plus est.

Ian Flemming est mort après avoir écrit le 12ème volet. Et il refusait jusqu'à sa mort que quelqu'un d'autre reprenne le flambeau. Il est temps de lui foutre la paix. Voila dix films qu'il est raide et qu'on adapte encore des livres qu'il n'a pas écrits, et c'est forcément encore plus pourri que quand il écrivait ! Ces titres ont vraiment de quoi rendre taré. Ils ne veulent rien dire. Ils sont hideux. Ça n'a aucun sens, à l'image des films et de la série toute entière, qui me laisse pantois. Question titres au fond du gouffre, on a atteint un autre genre de profondeurs avec Quantum of Solace. Il semble que le prochain James Bond, qui sera le 23ème de la série, s'intitulera "James Bond N°23", c'est en tout cas le working title, et s'il demeure inchangé ce sera peut-être le premier titre sensé d'une longue série d'intitulés morbide et puante.


James Bond de tout un tas de cons avec tout un tas d'autres cons (de 1962 à 2008)

28 février 2008

Seraphim Falls

Je l'ai maté avec la qualité d'une vieille VHS et ça donne un certain cachet au film. De toute façon moi j'écoute tous mes mp3 sur mon vieux walkman à cassettes donc ça me change guère. J'aime tout ce qui est vieux. J'aime les vieillards. Dans la rue je me surprends souvent à reluquer les vieilles. J'achète toutes mes fringues dans des friperies, je ne peux pas porter des trucs qui ne soient pas de seconde main voire de troisième main. Mes godasses sont méga trouées mais j'adore ça, mes pieds respirent. J'avais réussi à choper le film en 5.1 mais j'ai changé mes réglages sur mon ampli, je l'ai mis en 0.0 histoire de retrouver le son de la vieille téloche de mes parents quand j'étais gosse. J'entends que dalle mais c'est ma came. Je suis allé jusqu'à filer des coups de cuter sur ma télé 16\9 de sorte que les rayures me rappellent les vieilles bandes pourries d'antan. J'ai aussi réglé mon téléviseur sur pal\secam de façon à ce que l'image soit rognée sur les côtés comme c'était le cas dans mon cinéma de quartier à la vieille époque. Puis j'ai retiré les couleurs sur ma télé Daewoo DE. Et finalement j'ai maté le film juché sur un tabouret de bar pour retrouver l'inconfort de ma triste jeunesse. J'ai également retiré mes lunettes, que je ne portais pas quand j'étais gamin, et sans lesquelles j'y vois pas à un mètre. J'ai donc maté ce film flou en étant à moitié aveugle. Il manquait juste mon vieux père pour me filer de grands coups de latte dans le cou au moindre mouvement un peu bruyant.




Le début du film est très spécial. Pierce Brosnan est dans les bois, sous la neige, dans un gros manteau en peau d'ours. Il est en train de pisser et d'écrire son nom dans la neige (d'ailleurs, goof, il écrit Pierce Brosnan, son nom à lui, pas celui du personnage, une erreur qu'apparemment personne sur le plateau ou en salle de mixage n'a relevée), il pisse dans la neige donc quand Liam Neeson et ses acolytes, sans crier gare, lui tirent des balles dans le bras. Plusieurs dizaines de balles, dans le même bras, à plusieurs centaines de mètres de distance. Une précision peu commune et sans fondement. Pourquoi se focaliser sur ce bras ? Le scénario ne nous le dira jamais. Disons-le carrément, le screenplay n'est pas près de nous dire pourquoi ces types s'acharnent ainsi à crever la paillasse du vieux Pierce qui pendant les 15 premières minutes du film subit donc un parcours du combattant éprouvant pour le spectateur pris en otage. Cette cavalcade infernale s'achève quand Pierce, après avoir escaladé plusieurs falaises et traversé un fleuve à la nage, s'arrête cinq minutes dans une clairière pour retirer les quelques douzaines de balles, une cartouchière complète, que trois types étranges lui ont logées dans l'épaule gauche. Nouveau goof, d'un plan à l'autre Pierce voit le couteau qu'il portait dans la main droite se transformer en grande branche d'arbre. Ce goof qui paraît anodin mettra sans doute Pierce en grand danger quand il s'agira de faire face à un Liam Neeson remonté comme une pendule.




Ce film est un western de neige, un western des plus simples. Un western qui ne s'encombre pas avec le début d'un scénario. C'est une course poursuite, une chasse à l'homme, un type seul traqué par des tueurs sans foi ni loi, sans motif, sans mobile, pour le plaisir du sport. David Von Ancken a de toute évidence adapté le scénario écrit par son fils de 6 ans qui lui dictait sa trame narrative allongé au milieu de ses playmobils. Qui dit western dit canassons. Or quatre canaris qui galopent à toute allure et côte à côte dans le désert ça fait vibrer le sol. Ne vous étonnez donc pas de voir la caméra trembler sans ménagement sur son pied. De temps à autres le pied de caméra se casse même la gueule et Von Acken n'a semble-t-il pas jugé nécessaire de couper ces ratés au montage. La traque est si longue que l'on voit les saisons défiler. Au bout de 45 minutes c'est l'été Indien sur les Rocheuses et Pierce n'a toujours pas semé ses poursuivants, ni passé sa tête sous l'eau. Il transpire de la boue, il suinte la terre. Mais après une heure et demi de métrage, nous voilà rendus. Le mexican stand off arrive enfin. Empruntant le chemin biaiseux du flashback, Von Ancken nous explique le fin mot de cette poursuite endiablée. À la fin de la guerre de sécession, Pierce Brosnan a foutu le feu à l'épouse de Liam Neeson ainsi qu'à ses deux enfants. Celui qu'on croyait être le gentil traqué par de vilains bandits est en fait un affreux assassin poursuivi par la main vengeresse d'un veuf qui a vu ses gamins cramer à ses côtés. C'est un twist infernal que même mon clébard allongé à côté de mon tabouret pendant toute la séance avait su deviner dès le générique d'ouverture.




Mais pas de ça entre nous Von Ancken, le bien et le mal, cette vision manichéenne du monde, c'est pas la mienne et tu le sais. Eh bien ce n'est pas non plus celle de Van Hallen qui, et là accrochez-vous bien, rallonge son film de 45 minutes, oui pas moins que ça, histoire de faire durer ce duel de pacotille, parsemé de scènes oniriques dans le désert d'un ennui prodigieux, avant de voir les deux ennemis jurés s'en aller côte à côte face au soleil couchant. Parce qu'au fond Pierce n'avait pas fait exprès d'enflammer la petite famille au complet de Liam, et lui-même regrette bien fort ce douloureux événement du passé. Alors Liam le croit sur parole et croit bon d'ajouter : "De toute façon j'ai plus de balle pour te descendre ni d'allumette pour t'enfumer". Ce western partait bien mais il a fini en grosse queue de poisson. Une queue de poisson de deux plombes qui m'a rappelé Le Grand bleu de Luc Besson en cela qu'il m'a lui aussi fait vivre l'extase des profondeurs.


Seraphim Falls de David Von Ancken avec Liam Neeson et Pierce Brosnan (2006)