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31 décembre 2010

Triangle

Je savais Christopher Smith capable de pondre des films d'horreur sans concession un peu moins nazes que la moyenne (Creep, Severance), mais je ne m'attendais pas à ce qu'il signe un tel film. Smith abandonne ici l'horreur pure teintée de "social" de Creep et celle plus burlesque et second degré de Severance, et réalise avec Triangle un film fantastique plutôt malin, qui se regarde avec un réel plaisir, délesté de quasiment tous les inutiles effets gores habituels. Je ne savais rien de l'histoire et c'est sans doute ce qui m'a rendu la vision de ce film surprenant d'autant plus agréable. Elle est effectivement assez étonnante, et du coup j'hésite à vous la résumer pour pas gâcher. Mais parions plutôt que vous aurez tout oublié d'ici là et que les hasards de google ne vous amènerons même pas ici...




L'histoire est, grosso modo, celle d'une jeune femme (Melissa George), mère d'un gosse autiste, qui pour oublier ses tracas quotidiens, part en voilier avec une bande de potes et finit par se retrouver prisonnière d'une sorte de boucle temporelle sur un vieux paquebot sorti de nulle part où ils ont cru trouver refuge lors d'une tempête. Notre héroïne se fixe comme objectif de se libérer de cette boucle infernale pour retrouver son fils. 




Triangle pourrait être encore mieux si le réalisateur se concentrait davantage sur la mise en place d'une ambiance propice à nous faire partager la terreur psychologique de son personnage principal plutôt que de se reposer simplement sur les astuces de son scénario. Mais c'est déjà pas mal, vraiment. On a récemment vanté la vitalité du cinéma de genre britannique grâce à des œuvres pourtant pas toujours réussies (dont les précédentes de Smith, mais aussi des films comme The Descent, The Children, Isolation, Shaun of the Dead...), mais c'est ce film-là qui est à mes yeux le plus sympathique du lot. Depuis, Christopher Smith n'a pas chômé puisqu'il a réalisé Black Death, thriller fantastique qui situe son action dans une Angleterre ravagée par la Peste, selon moi moins réussi bien qu'encore une fois assez ambitieux, dont vous pourrez pourtant lire beaucoup de bien ici ou là.

Si par hasard un soir vous avez envie de mater un film de genre récent, risquez-vous donc à lancer Triangle.


Triangle de Christopher Smith avec Melissa George (2009)

18 février 2008

30 jours de nuit

Vous vous demandez sans doute ce que peut signifier ce titre. C'est très simple. Il y a des endroits sur Terre où il ne vaut mieux pas élire résidence. Par exemple l'Alaska. L'Alaska se situe sur un décan tel qu'à une certaine période de l'année la région toute entière se retrouve plongée dans la nuit noire trente jours d'affilée. Un autre film avait déjà été fait là-dessus : Insomnia, de Christobal Nolan, avec Robin Williams et Al Pacino, un thriller un peu raté où l'idée avait déjà montré ses limites. 30 Days of night est l'adaptation d'un comic dont l'auteur, Steve Niles, avait trouvé là un bon prétexte pour renouveler le mythe des vampires. Il aurait déclaré au journal Ciné Live à la sortie du film : "Putain, quand j'ai appris qu'il faisait pas jour pendant trente jours dans cette région pourrie du Canada, j'ai immédiatement repris mon fusain et mon papier cançon pour pondre un comic de merde !" Deux jours plus tard il devait croire bon de rajouter dans Studio : "La neige, blanche. La nuit, noire. Le sang, rouge. J'ai tout dessiné en noir et blanc".




L'idée de base était de donner une nouvelle jeunesse au mythe des vampires, en balayant tout ce qui faisait sa grandeur et son romantisme (le côté hors du temps des goules, le fait qu'ils soient en de nombreux points supérieur aux hommes et qu'ils ne les perçoivent pas comme de la simple nourriture), en faisant de ces créatures de simples animaux, bêtes et méchants. Une relecture synonyme de transformation et de simplification du mythe qui a, en plus, déjà été faite mille fois par le passé. Dommage...




Malgré tout, les studios choisissent l'occulte David Slade pour adapter ce comic au cinéma. Pour ce qui est de l'histoire : comme l'indique son titre elle se déroule sur deux journées et il fait nuit. Le reste n'a rien d'original ni d'intéressant. Les vampires tuent les gens, les gens cherchent à survivre, etc. Josh Hartnett et Melissa George campent les premiers rôles. Le premier continue de fusiller sa carrière à bout portant tandis que la seconde poursuit sa spécialisation dans l'horreur. Ils font tous les deux assez pitié, même si certains ne seront pas insensible au charme de l'actrice blonde aux lèvres en forme de débouche chiotte. 




L'ennui avec un film comme ça c'est que si on me propose de le revoir demain, je dirais oui vu que je me souviendrai plus l'avoir vu.


30 jours de nuit (30 Days of Night) de David Slade avec Josh Hartnett et Melissa George (2007)