11 février 2008

The Invasion

Voici la 5ème adaptation d'un même livre. La première c'était Invasion of the Body Snatchers par Don Siegel. Puis deux autres l'ont refait, Kaufman et Ferrara. Et voilà qu'un producteur, à savoir Joel Silver, l'homme à l'origine de Matrix, un visionnaire donc, s'est dit "on va faire un 3ème remake". Ils ont immédiatement appelé Steven Soderbergh sur son mobile. Mais il était déjà occupé à tourner le 15ème volet de la saga Danny Ocean. C'est donc Oliver Hirschbiegel qui signe le contrat. Pour mémoire, l'allemand Olivier Hirshbriegel a réalisé Der Unter Gang (La chute), Das Boot (Le bateau), Das Boof (La Gifle), Aüf Videusen Staline (Good bye Lenin), Das brücke (Le pont), Tocotronic (The Shins), Das Experiment (L'expérience), Das Leben der Anderen (La vie des autres) et bien sûr le classique L'Aurore (Murnau).



Cet homme-là a deux grandes qualités, d'abord il adore les américains et tout ce qui est de l'Amérique en général. Ensuite il est couvert de prix. Il a remporté le Lion d'Or de Venise. Puis il a gagné l'Ours d'Argent de Berlin qu'Angela Merkel lui remet au Zoo de Vincennes. Il a ensuite remporté la Migale du Bengale et la même année le gouvernement totalitaire Argentin lui octroie la Boula de Ouro qu'il reçoit avec un sourire en coin. L'année suivante il remporte le tournoi du Tigre de Sibérie et le Lama d'Or en Arabie Saoudite, prix habituellement réservé aux meilleurs Bédouins et à tout ce qui est Touareg. Quand il lui remet le prix le président de l'Arabie Saoudite Ahmed Bakchich lui déclare: "C'est pour avoir accompli avec brio la plus longue traversée du désert". En effet entre 1986 et 1998 Olive Hirshbruegel se cherche et ne se trouve pas.




Le film est très particulier, d'abord il est entièrement tourné en plans américains. Vous n'êtes peut-être pas censé savoir ce que c'est qu'un plan Américain. C'est très simple. On appelle "plan d'ensemble", ou "plan large", un plan qui montre le personnage dans son environnement. On appelle "plan en pied" un plan qui filme le personnage de la tête au pied. Puis en gros il y a le plan rapproché qui coupe grosso modo l'acteur au nombril, et le gros plan, qui nous présente son faciès en 3X5 mètres. Et entre les deux premières valeurs traditionnelles de plan et les deux dernières, il y a le fameux plan américain. On appelle "plan américain" un plan qui filme le personnage juste en-dessous de la ceinture (c'est une référence aux westerns, genre typiquement américain, où l'on filmait les cowboys ainsi afin de les voir déguainer leurs colts). Puis dans un registre un peu moins orthodoxe il y a pour vous la faire courte les plans de guingois (quand le personnage est boiteux), les plans hippiques, quand il y a un cheval, les plans gynécologiques dans les films craspecs et tout ça. Bref. Donc ce film est entièrement tourné en plans américains, ce qui, je ne vous le cache pas, peut surprendre. La raison est simple. On a dit à Ollie Hirltbuckner : "Tu es en Amérique maintenant". Le réalisateur Allemand a aussitôt pris sa bible du cinéma en y cherchant tout ce qui pouvait être ricain, et il est malheureusement bien vite tombé sur le plan américain.



Alors il faut savoir qu'Ovidie Hirsburger a déclaré très vite après la sortie de son film : "On ne m'a pas laissé en faire ce que je voulais, les producteurs l'ont retouché, j'ai pas eu droit au final cut, on m'a même pas laissé entrer sur le plateau pendant le tournage". En effet, pour faire 1h30, le montage devient totalement dingue, à la limite du supportable. Les ellipses sont légion. Les flash-backs sont de mise. Il arrive qu'à une scène de dialogue se superpose une courte poursuite en automobiles, sans qu'aucune ne laisse la place à l'autre.



Oliverston Aspenbiegel est aussi un grand adepte des inserts. Alors encore une fois pour les plus néophytes, un insert c'est un gros plan explicatif, sauf que même les inserts sont filmés en plans américains par le cinéaste germanique, or comment fait-on un plan américain sur un objet comme une poignée de porte ? Ovalie Harshspindle répondra à cette question. C'est à voir car ce n'est pas descriptible. En tout cas les inserts se multiplient dans le film. Par exemple, Nicole Kidman entre dans la cuisine, elle se sert un café, là INSERT sur la tasse de café qui se remplit. Ou un autre exemple : Nicole Kidman arrive dans sa chambre, elle retire ses chaussures, INSERT sur ses pieds en plan américain, mais non, pas là, parce qu'Olive HirschdÜhrer n'aime pas les femmes. Quelle tristesse.



Le résumé du film est simple. Un virus extra-terrestre s'empare des gens. Ils perdent leurs émotions et tâchent de contaminer tout le monde en leur crachant au visage. Leur but final ? Stopper les conflits, toutes les guerres. Plus d'émotions c'est plus de colère, plus de haine, plus de passion, donc plus de crime et ainsi de suite. Toutes les guerres sont arrêtées, Bush embrasse le cul de Chavez à la télé. La paix dans le monde. Et Kidman elle, elle n'est pas contaminée, et elle veut sauver son fils. Mais elle pige très lentement le fin mot de l'histoire. À vrai dire c'est deux types qui lui expliquent l'un après l'autre qu'elle doit rester calme et surtout ne pas transpirer pour ne pas attirer l'attention : "Don't show no emotion, stupid fuck !" Qui s'étonnera que ces deux types qui éclairent la blondasse sont deux gros noirs. Les noirs ont l'habitude de commettre des larcins et de s'arrêter de courir en restant calme pour éviter que la police fédérale ne leur tire une balle entre les deux omoplates qu'ils n'ont d'ailleurs pas plates. Rien de plus logique, donc.



La morale du film c'est donc quelque chose d'assez édifiant. Si on éradique l'émotion chez l'homme, on s'épargne tous les conflits et le monde est en paix. Mais c'est chiant un monde en paix si ça signifie un monde sans émotion, sans plaisir, sans sueur, sans larmes, sans rire, sans kiff. Alors on ferait bien d'apprécier nos bonnes guerres, elles sont le propre de l'homme émotif. Ce film s'impose clairement comme la pierre angulaire du cinéma Américain de l'Allemand Olivier Hirspeedburger. Ah j'allais oublier la présence de Daniel Craig (aka James Bond) qui joue le meilleur ami de Nicole Kidman (qui est encore méga belle, profitez-en, et qui a fait l'usage de push ups, ces soutifs qui augmentent vachement la taille des nichons visuellement, un bonheur pour les sens), à ce détail près que ce meilleur ami est secrètement fou amoureux d'elle. Lui il veut tout rétablir dans le monde pour plaire à Kidman et se l'enculer, bien vu Danny. Il joue près de 10 rôles dans ce film, tantôt chauffeur de taxi, tantôt policier, un jour restaurateur le lendemain femme de chambre.



À la fin du métrage, Nicole Kidman regarde la télé qui annonce 133 morts en une heure à Bagdad. C'est à dire que le mercredi les hommes, tous touchés par le virus, ont fait la paix partout dans le monde, et le jeudi, une fois la planète entièrement vaccinée, Bush a vite dit à ses généraux : "Mais merde les gars faut vite retourner les faire chier" et dans la journée les Irakiens subissaient une nouvelle invasion. Dur. En tout cas les hommes sont redevenus humains, les arabes meurent de nouveau, tout est revenu à la normale, tout est bien qui finit bien, c'est un pur happy end.


The invasion de Oliver Hirschbiegel avec Nicole Kidman et Daniel Craig (2007)

6 commentaires:

  1. Je vais me faire une spécialité des prom'z comm'z tardifs !

    Mais je n'ai pas vu cette énième mouture de 'Invasion of the Body Snatchers' de Siegel, et d'après ce que tu en dis, Rémi, je vais continuer de m'abstenir. Comme il faut bien trouver quelque chose à dire, je reviendrai donc à l'original de Don Siegel pour remarquer que c'est un film doublement « séminal » : primo parce qu'il est à l'origine de tout un tas d'autres films, secundo parce qu'il y est beaucoup question de graines à faire éclore. Pas étonnant, donc, que cette nouvelle version ait échoué entre les mains d'un réalisateur germain : les Allemands écolos adorent tout ce qui est graines germées. 'The Invasion', cauchemar bio ?

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    1. Bien vu ! Je me suis fait les trois premières (et uniques vraies) moutures du film récemment, d'affilé, "in a row", c'était bien agréable. Et sans parler du génial premier opus de Siegel, j'ai finalement préféré le Ferrara au Kaufman. Eh ouais.

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    2. Bien d'accord. Le Ferrara est mal fagoté, mais bien plus réellement inquiétant que le Kaufman. Bien des gens avaient trouvé ridicule (entre autres parce que relativement ratée techniquement) l'image de l'enfant qui tombe de l'hélicoptère en n'exprimant aucune peur, alors que c'est une des formulations les plus fortes de l'idée qui préside à ces films, me semble-t-il.

      Le Siegel, quant à lui, reste sidérant. De simples phrases y font frissonner — la métaphore de la pièce de monnaie imparfaitement frappée, par exemple. Inoubliable aussi, le gros plan de l'oncle à la pipe.

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    3. Oui puis y'a tout un travail sur le son assez génial dans le Ferrara, notamment ces cris d'alarme que poussent les contaminés. Et la scène de la baignoire, c'est quelque chose.

      Le Kaufman est sympa mais il souffre de longueurs terribles.

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    4. Faudra que je mate bien le Ferrara, j'en ai que de vagues souvenirs qui remontent à hyper loin. Mais j'aime beaucoup aussi le film de Kaufman.

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    5. L'inverse en ce qui me concerne !

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