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4 juin 2023

Mourir peut attendre

Mourir peut attendre, ouais. Après avoir paumé presque trois heures devant cette merde, j'espère bien que clamser peut encore patienter un brin. Car de mon côté j'ai fait un sacré effort pour tenir jusqu'au bout des dernières aventures de Daniel Craig en James Bond. Oui, parce qu'il claque à la fin. Spoiler. Il se fait exploser, plus précisément. C'est supposé être poignant, j'imagine... Il sauve une dernière fois le monde mais ne peut quitter cette île au large de nulle part, qui renferme un virus dévastateur pour la planète, avant qu'elle ne soit bombardée à sa demande expresse. Un dernier coup de talkie walkie à Léa Seydoux, son ultime romance, et puis s'en va. Avant cela, il aura eu le temps de piger qu'il était daron en rencontrant donc la fille de Seydoux : elle a les mêmes mirettes que lui et elle est dotée du même sang froid en situation extrême (m'est avis qu'une petite séance chez un spécialiste des enfants, histoire de détecter si elle n'est pas atteinte de sévères troubles psy, ne serait pas farfelue...). 
 
 
Meilleur moment du film : quand il réalise qu'il est daron.
 
À part ça, eh bien on encaisse des scènes d'action relous et prévisibles, emballées sans imagination, dont strictement aucune ne sort du lot, malgré ces petits efforts parfois bien visibles (ce mini plan-séquence dérisoire, passage désormais obligé, quand Bond flingue des PNJ lambda en montant des escaliers... génial). Derrière la caméra, ça pourrait être Sam Mendes, Cary Fukunaga, Antoine Kombouaré ou Marc Forster, on n'y verrait que du feu, c'est du pareil au même. On ne craint jamais rien pour Bond puisqu'il semble bénéficier d'un bouclier balistique invisible. Il est d'une nonchalance absolue et d'une terrible lenteur, mais il s'en fout, ses ennemis sont de purs nullards. À leur tête, Rami Balek, dans le rôle du grand vilain, évidemment défiguré (ici, quand on est moche, on est méchant), fait tout son possible (c'est-à-dire pas grand chose), mais il n'a rien à faire, on comprend que dalle à ses motivations en dépit du sempiternel monologue ridicule où il révèle un peu sa psychologie déviante. On suit tout ça mollement, maintenu éveillé par les généreux kit kat balls mis à disposition, en comprenant à peine un scénar torché par une équipe de guignols peu motivés. Jamais secoué par des poursuites interminables où Bond a toujours un véhicule qui permet de faire voltiger ceux qui s'y frottent de trop près et, en prime, ne savent manifestement pas conduire. Pas non plus emballé par cette brève excursion à Cuba où notre agent fait équipe avec une Ana de Armas aux tétons bien scotchés à une robe très ouverte. Encore moins intéressé par une trop longue séquence finale dans un décor pitoyable et sans aucune tension. Bref, on attend que la chasse soit tirée une bonne fois pour toute et on est presque soulagé pour Daniel Craig qu'il soit libéré d'un tel fardeau (je plaisante, je m'en tape de cet acteur pourrave 😂). James Bond will tout de même return, nous apprend le générique final, comme à son habitude. Non mais sans déconner, quelle interminable saga à la con !


Mourir peut attendre de Cary Fukunaga avec Daniel Craig, Rami Malek et Léa Seydoux (2021)

5 août 2018

The Mountain Between Us

Il y a deux catégories de films. Ceux dont le titre est, à un moment donné, prononcé, dans le film, par un personnage, et ceux dont ce n'est pas le cas. Sur la première catégorie il y a beaucoup à dire. Car c'est un choix périlleux de la part d'un scénariste que de faire dire le titre qu'il a choisi pour son œuvre à l'un des acteurs au casting, comme pour le justifier dans le récit, par un dialogue providentiel. Parfois, tout se passe bien. On peut penser à Sauvez Willy ou Il faut sauver le soldat Ryan, dans lesquels le titre devait absolument être prononcé in extenso pour lancer l'action. Pensez aussi à ces films comme Ben-Hur, Forrest Gump, Alien 3 ou Habemus Papam dont le titre, étant le patronyme du personnage, est obligatoirement répété à plusieurs reprises sans que le spectateur s'en offusque vraiment. Mais dans la plupart des cas, citer le titre du film dans une réplique est une calamité, et un réalisateur qui se laisse aller à ça peut retourner ses fans contre lui-même. Exemple canonique du titre cité dans un dialogue foireux, le fameux Je vais bien ne t'en fais pas. Dans ce film de Philippe Lioret, le spectateur comprend enfin de quoi il retourne quand le père de famille Kad Merad dit à sa propre fille éplorée, interprétée par Mélanie Laurent, qui s'inquiète de ce que devient son frère disparu, cette phrase fatidique, sous-entendant que de son côté ça roule. Là, typiquement, le spectateur a la subite envie de tout annihiler autour de lui.





Et puis il y a la règle qui veut qu'un film dont le titre est prononcé dans une scène qui se veut le climax est, le plus souvent, un film inique, surtout quand ce moment survient dans les dernières minutes du métrage, comme pour justifier tout ce qui vient de précéder. Cas critique : le titre franglais Tout va bien ! The Kids are all right de Lisa Cholodenko, qui donne lieu en prime à une réplique hideuse... Pire, ces scénaristes qui essaient de refiler un peu de profondeur à leur étron de mots et de papier par un titre hallucinant déballé dans la dernière seconde pré-générique par un acteur qui bafouille faute d'y comprendre quoi que ce soit. C'est le cas notamment de Quantum of Solace, réplique-titre dont Daniel Craig bouffe la moitié des syllabes, impatient que le générique de fin daigne l'interrompre, ne sachant pas de quoi il s'agit, et qui ne vient que jeter un voile d'ombre et de confusion sur l'ensemble du récit, jusqu'alors limpide et clair comme de l'eau de roche car très con. Il y a des exceptions à la règle. Songez à Call Me By Your Name, dont le scénario est une resucée mot pour mot de celui de Philippe Lioret. Plus parlant encore, John Hammond clamant : "Bienvenue à Jurassik Parc !", fier comme Artaban de son parc d'attraction et niant en bloc le fiasco qui vient de coûter la vie à pas mal de monde, juste avant que ne retentissent les accords majeurs de sieur John Williams sur le générique final...





Il y a aussi cette catégorie intermédiaire des films dont le titre est presque prononcé, à un synonyme prêt, par exemple Rester vertical qui se termine sur les mots "Il faut rester debout, droit comme un putain de i, raide mort", ou encore Les Petits mouchoirs, quand Benoît Magimel, ému par l'accident atroce qui vient de couper Jean Dujardin en deux, demande à François Cluzet : "T'aurais pas un petit choirmou ?" Sans oublier Welcome de Philippe Lioret (toujours lui...) dans lequel on entend à un moment Vincent Lindon dire aux flics qui viennent arrêter le jeune réfugié qu'il avait pris sous son aile : "Bienvenue". Et puis il y a l'autre grande catégorie, celle des films dont le titre n'est jamais dit à l'écran, en général parce qu'il ne peut pas l'être. Exemples terribles : X-Men : l'affrontement final ou encore Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal. Mais sur cette deuxième catégorie, il n'y a pratiquement rien à dire. Et malheureusement pour cet article, The Mountain Between Us en fait partie.





En effet on s'imagine mal Idris Elba hurlant à Kate Winslet qu'ils vont avoir du mal à copuler à cause de cette mountain between them. Oui car le film ne parle pas du tout des Rocheuses, qui sont pourtant bien des mountains between US(of A). Titre non prononcé à l'écran, et Dieu merci, mais trompeur, donc tout de même coupable. Rappel des faits : les deux individus sus-nommés montent à bord d'un vieux coucou pour échapper à la grève de la SNCF et se rendre depuis leur Colorado natal jusqu'à Saint-Brevin-Les-Pins. Le pilote est un vieux briscard incarné par Beau Bridges, qui se vante d'avoir fait le Vietnam et de connaître les hélicos comme sa poche. Pas de bol, il est aux commandes d'un avion, qui part tout droit se crasher dans les Landes. Et là trêve de plaisanteries, car l'AVC que subit le pilote derrière le manche de son cercueil volant, ultra bien joué par l'acteur Beau Bridges, n'est pas seulement joué. Le comédien est resté sur le carreau. La star était tellement dans le rôle que la crise qu'il simulait, lâchant le manche pour se broyer le bras gauche, la bave aux lèvres, s'est transformée en véritable attaque foudroyante. Paix à son âme.





Ne restent donc, paumés de part et d'autre d'une montagne, que les deux cons de passagers. Mais ce n'est pas between them que l'essentiel va se tramer, puisque les deux personnages centraux de la deuxième partie du film ne seront autres qu'un chien et un cougar (pas Kate Winslet). Seul legs de feu le pilote du biplan, un chien surnommé "Dog" va tirer ces deux humains sans reliefs de toutes les embûches qui accompagnent la descente en rappel des volcans d'Auvergne par mauvais temps. C'est ce chien qui va dénicher la cabane où Idris Elba et Kate Winslet pourront se défoncer peinards. C'est aussi lui qui enjambe d'un petit bond facile ce piège à ours dans lequel Idris Elba, qui le suivait avec une confiance aveugle, saute à pieds joints. Et finalement c'est grâce à lui que les deux humanoïdes en présence pourront échapper à un félin de 800kg pour retrouver la civilisation et finir leurs jours ensemble.





Car l'épisode peut-être le plus fameux reste celui où "Dog", sagement couché aux pieds d'une Winslet éclopée dans la carcasse du petit planeur, entendant au loin le rugissement suspect d'un cougar affamé, a la présence d'esprit d'indiquer à son nouveau pote animal le lieu où se caler l'estomac en aboyant trois fois avant de tailler la route à travers bois dans la direction opposée, la queue battant ses flancs, sans omettre de laisser à Kate Winslet un angle de vue imprenable sur son pourtour anal impeccable pour ultime souvenir de sa personne. Dans cette scène-là, le chien, une fois de plus, sauve la mise, bien aidé il faut le dire par le lance-roquette que dégaine Winslet pour dégommer le cougar à bout portant.


The Mountain Between Us de Hany Abu-Assad avec Kate Winslet, Idris Elba et "Dog" (2017)

25 avril 2014

Lara Croft - Tomb Raider : Le Berceau de la vie

Il est rare qu'une affiche pose autant de problèmes. Au-delà de la laideur graphique à l’œuvre, le titre n'est tout simplement pas lisible. Le sous-titre encore moins. "Le blaireau de la vie ?", "Le bureau de la vie ?", "Le bahut de la vie ?", "Le barbu de la vie ?". Autant de questions sans réponse. Après les échecs successifs de Speed 2 puis de Hantise, Jan de Bont, d'ordinaire si affable et si heureux, n'est plus que l'ombre de lui-même. Pensant à une reconversion dans le fromage, la peinture, les putes ou la drogue, soit dans l'une des spécialités de son cher pays hollandais, De Bont n'y croit plus quand on lui tend le scénario du second opus de Tomb Raider, scénario aux tranches salies par toutes les mains (et quelques pieds) desquelles il est tombé avant d'arriver sur le bureau immaculé de notre maître du cinéma d'action en flagrante perte de vitesse.




Lara Croft, après avoir affronté Daniel Craig, le bad guy de Tomb Raider 1, et après lui avoir pété au nez en guise de conclusion à une première adaptation un peu olé-olé, se retrouve en tenue de plongée sur les bords de la mer Caspienne. Sur son lit de mort, son père à la vie comme à l'écran, Jon Voigt, lui a indiqué dans un dernier éclat de rire l'emplacement d'un trésor secret, en pointant son doigt vers l'un des murs de sa chambre d'hôpital. Un trésor ou plutôt une statue. Une statue d'Alexandre le Grand contenant dans son crâne la clé de la sulfureuse Boîte de Pandore. Cette boîte, Lara Croft veut mettre la main dessus pour mieux la foutre à l'abri de son ennemi juré, Chen Lo, le frère chinois de Daniel Craig. Ce dernier aimerait littéralement ouvrir la Boîte de Pandore afin de nettoyer la Terre de ses péchés et repartir, selon ses propres mots, "comme en 40". Aidée dans ses pérégrinations par Gerard Butler, acteur tout en bas de l'échelle sociale en 2003, Angelina Jolie s'apprête à nouveau à combattre les forces du mal en sautant de caillasse en caillasse et en arborant les différentes tenues vestimentaires dessinées par quelques malades dans le jeu éponyme, propres à mettre en avant une poitrine peut-être pas assez démesurée pour correspondre aux attentes du gamer et subvenir à ses besoins péniens.




Pourquoi Angelina Jolie ? Le casting, vrai serpent de mer, a duré des lustres. C'était d'abord Vanessa Demouy, qui a elle-même lancé la rumeur de son embauche en diffusant des photos où, certes, son corps faisait l'affaire, malgré une tronche de dix pieds de long. C'était ensuite Rhona Mitra, victime peu pudique d'un autre détraqué hollandais nommé Verhoeven dans Hollow Man. Puis Catherine Zeta-Jones, pote de De Bont depuis Hantise et déjà rodée aux tractions du train arrière sous le regard tout suant de Sean Connery depuis Haute Voltige. On ne vous cite que les trois plus connues mais à l'époque c'était à chaque jour un nom nouveau, une roue de la fortune qui a fini par tomber sur le blaze d'Angelina Jolie, au plus grand désarroi de nombreux haters (parmi lesquels nous nous comptons) qui reprochaient à l'actrice son visage. De Bont a fait durer le casting pour faire tourner, et pour multiplier les tentatives de conquêtes, lui qui avait instauré une règle selon laquelle chaque bout d'essai devait se terminer par la mesure des mensurations de ces dames ad hominem. Il se considérait alors comme l'homme le plus chanceux de Hollywood, lui qui se dirigeait pourtant droit contre un mur sous la forme d'un scénario fatal, sans doute les pires mots jamais assemblés sur du papier (à l'image du titre, non-sensique, qui se fait un plaisir de mêler des mots-clés au pifomètre).




La pire idée du film est peut-être d'avoir fait de Lara Croft un mec (Angelina Jolie a été nominée aux Oscars pour le meilleur rôle masculin), un garçon manqué avec de gros nibards, alors que tout le jeu consistait à manipuler une pure femme simplement douée pour l'acro-gym. Jan de Bont n'a jamais plus rien tourné après ça. Il considère que le projet lui a échappé au moment même où il a dit "moteur !" pour la première fois. Lui qui comme toujours partait plein de bonnes intentions, des idées plein la tronche, et le sourire collé aux nuages, on ne l'a plus jamais revu sourire depuis, et il nous manque fort, le hollandais imprévisible à la filmographie en forme de flèche sur-aiguisée tirée à pleine force dans son propre pied. Il nous manque fort.


Lara Croft - Tomb Raider : Le Berceau de la vie de Jan de Bont avec Angelina Jolie et Gerard Butler (2003)

23 octobre 2012

Dream House

Passons rapidement sur le cas de Dream House, qui fut salué comme l'un des plus mauvais films sortis sur nos écrans l'an passé, si ce n'est le plus mauvais, et qui fut même renié par son propre auteur, Jim Sheridan himself. Remarquons tout de même qu'assez rares sont les films unanimement rejetés par la critique et le public, de cette façon, dans une lapidation verbale aussi harmonieuse que définitive. Et rares sont les films qui vont même jusqu'à être vigoureusement déconseillés et considérés comme des purges infâmes par leurs réalisateurs, honteux et demandant pardon. Mais c'est paradoxalement à cause du sort terrible réservé à ce film que j'ai eu envie d'y jeter un œil curieux ! Une curiosité assez mal placée, comme souvent, qui m'a amené devant un film pas spécialement révoltant ou dégueulasse, mais tout simplement raté de A à Z, et presque touchant dans sa nullité incontrôlée, comme peut l'être un triste téléfilm de deuxième partie de soirée. Un film qui nous offre le spectacle assez pitoyable d'acteurs perdus s'échinant à sauver les apparences, se débattant dans des situations improbables et alignant des dialogues qui sonnent toujours terriblement faux, le tout dicté par un scénario exécrable et grotesque, vu revu et rerevu. La pauvre Naomi Watts fait vraiment peine à voir. Rachel Weisz n'y croit pas une seconde et ça se voit. Et, parmi ces âmes en peine, ces stars traînées dans la boue, il y en a une qui attire ici tout particulièrement l'attention... 




Profitons en effet de ce film minable pour dire quelques mots de son acteur principal, j'ai nommé Daniel Craig, le James Bond, et saisissons cette occasion en or pour dévoiler une anecdote véritable qui mériterait d'être mieux connue. Il faut pour cela se rappeler de la scène qui a fait exploser la popularité de l'acteur britannique au regard bleutée et aux oreilles décollées. 29ème minute du 21ème James Bond, Casino Royale : sur une plage des Bahamas, Daniel Craig sort de l'eau fièrement, le torse ruisselant, laissant apparaître un boxer particulièrement tendu sous la pression d'un service trois pièces au diapason, zélé, au service de sa majesté. Cette scène imprévue au tournage (l'acteur avait oublié sa tenue de bain habituelle - sa combinaison sous-marine - et la marée devait être plus haute) accoucha de l'image qui réussit dans le même temps à ressusciter celle de James Bond et à sacrifier toute entière la carrière de l'acteur, condamné dès lors à rouler des mécaniques sous sa barbaque au relief si travaillé. Dans chacun de ses contrats, une mention stipule que Daniel Craig doit obligatoirement apparaître en slibard et torse nu ! Piégé par son propre succès, il donne ainsi l'impression de montrer son corps ciselé à la moindre occasion et dans tous ses films, sans exception, même lorsqu'il est cerné par des nazis armés jusqu'aux dents (Les Insurgés) et même par -15°C sur une île perdue au large de la Suède (Millenium). Il en fait donc autant dans le triste Dream House, d'abord lors d'une pénible scène de douche inutile et anormalement longue, puis en extérieur, sous des conditions météorologiques encore très défavorables puisque l'action se déroule dans un paysage enneigé, en plein hiver, quelque part dans le Wisconsin. Malgré cette fâcheuse habitude, Daniel Craig ne m'est pas antipathique, avec sa grosse tronche ridée qui me rappelle quelqu'un, mais en tant qu'acteur, je ne lui fais pas confiance. Tout comme je ne fais plus confiance à Jim Sheridan, quelles que soient ses excuses et les circonstances atténuantes.


Dream House de Jim Sheridan avec Daniel Craig, Naomi Watts et Rachel Weisz (2011)

15 février 2012

Millenium : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

Nom de code : Poulpard. Profession : pigiste freelance deluxe. Mission : aller voir Millenium. C'est en effet à moi que l'on a donné la mission d'aller voir ce film, les deux rédacteurs principaux, Félix et Rémi, m'ayant dit d'une seule voix "Dégage voir ce film et arrête de nous faire chier avec ta post-thèse à la con". Comme Avira Free Antivirus venait de m'apprendre que mon ordi était vérolé jusqu'à la moelle, j'ai tout perdu, toutes mes données de thèse, de post-thèse et tous mes précieux movies dont Millenium dans une version "cam" hongroise de toute beauté. Ça m'apprendra à cliquer sur des liens intitulés "Horny slut backdoor" ou "Anally assaulted by huge black jackhammer". J'ai donc été obligé d'aller payer pour voir ce film... (imaginez toute la rancœur du monde dans ces trois points de suspension, surtout pour aller voir un Fincher).
 
Le Tank voue un culte malsain à cet homme... Est-ce parce qu'il a la tronche d'un mec qui a l'habitude d'aller au carwash pour son hygiène corporelle ? Ou bien le coup des lunettes sur le bonnet ?
 
De Fincher donc, j'ai vu récemment The Social Network en compagnie de mon mentor dans tout ce qui a trait à la Vie, le Tank. J'ai donc décidé d'aller voir Millenium avec lui et cette fois-ci dans une véritable salle de cinéma, pas par le biais d'un divx frelaté sur la télé littéralement tombée du camion du Tank. Le Tank est la preuve vivante que l'adage de Nietzsche "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort" est faux. Il en est l'antithèse, la preuve que c'est une foutaise. C'était la première fois que le Tank allait au cinéma depuis Il était une fois dans l'Ouest, à l'époque où il avait encore ses deux jambes. Il a mis un point d'honneur à se "faire toute la filmographie de Fincher" comme il se plait à me le répéter, et c'est bien parce qu'il s'agissait de ce réalisateur qu'il a rassemblé tout son courage pour affronter la lumière du jour et la pénombre d'une salle de cinéma remplie de spectateurs hostiles à son égard. Le Tank, pour le jeune d'aujourd'hui, représente l'horreur de la guerre. Depuis Diên Biên Phù, il n'a pas réussi à se débarrasser de l'odeur de napalm et de celle, plus dérangeante encore, de chair viet grillée. Imaginez que même le clochard tellement ivre qu'il en est violet et semble avoir été harcelé par une meute de chiens toute une nuit, même ce clodo-là se traine vers le trottoir opposé pour éviter de croiser le Tank. Un jour un enfant a regardé le Tank dans les yeux. Cet enfant s'appelait Khaled Kelkal... 
 
Daniel Craig passe tout le film à lire la saga Millenium pour rattraper son retard. Du jamais vu !
 
La principale raison pour laquelle j'ai convié le Tank à aller voir Millenium au cinéma, en lieu et place de ma bonne et douce amie, c'est parce que grâce à lui, j'accédais aux places handicapées, ce qui me garantissait de ne pas me retrouver avec un joueur de la NBA devant moi. Grâce au Tank et à son odeur insoutenable pour le commun des mortels, j'ai pu jouir du film dans les meilleures conditions. Et je vous avoue qu'il ne m'a pas déplu. Malgré ses 2h40, qui m'ont obligé à procéder au remplacement de la vessie artificielle du Tank vers la moitié du métrage, Millenium semble être bien plus court grâce à un rythme soutenu qui permet de suivre ce thriller avec plaisir. Là où David Fincher se prenait les pieds dans le tapis avec Das Social Network et s'endormait avec Zodiac, il semblerait qu'avec Millenium, il ait compris que pour que ça marche dans la durée, il vaut mieux éviter d'être bavard et chiant. Je ne sais pas si le Tank est de mon avis. Les seules réactions que j'ai pu noter de sa part ont eu lieu lors des deux scènes les plus choquantes du film. 
 
Un homme, une vie, un rôle. Le rôle d'une vie pour Daniel Craig qui nous donne l'impression ici de lire un roman policier scandinave dans son salon au coin du feu, tout en écoutant John Coltrane sur ses baffles Elipson. Quel acteur.
 
Le Tank est mon ami. Mais je sais qu'une bête sommeille en lui. Diên Biên Phù, Saigon, Bab el Oued, Brazzaville, Léopoldville... Autant de batailles perdues, autant d'organes et de membres laissés sur le champ de bataille. Ici un bras, là-bas un testicule, ailleurs la rate, ci-contre le rein... On peut dire que le Tank a donné de sa personne, même si la plupart du temps, ce sont les vautours et autres coyotes qui en ont profité. Et pour tout cela, le Tank mérite le respect et la plus grande indulgence. Mais bon, il m'a quand même mis mal à l'aise lors de la scène-choc de Millenium, lorsque le personnage incarné par Rooney Marapace subit les coups de butoir de son tuteur "dans le mauvais garage". Le Tank m'a alors demandé précipitamment de filmer la séquence pour qu'il puisse "se la refaire en solo". Il m'a contraint à le faire avec mon téléphone portable dernier cri malgré le côté illégal de la chose et la pression due à la vigilance extrême des vigiles torves et sournois du Pathé. 
 
Une capture d'écran toute en pudeur de la fameuse scène qui a scandaleusement émoustillé le Tank. Je ne le suis pas dans cette pente glissante. Il n'est pas guéri.
 
Ma plus grosse crainte vis-à-vis du Tank était que la durée du film, 2h40, pose un problème de logistique puisque ses capacités d'abstinence à toutes formes de drogues dures restent très limitées malgré ses cures de désintox à répétition. J'avais donc apporté au cas où sa cargaison de remontants, dissimulés dans des bouteilles de Freeway-Cola pour éviter que les vigiles nous empêchent l'accès à la salle (chez Pathé, le vigile est particulièrement fourbe et vicieux). Cela s'est avéré très utile pour "tenir la bête en respect" mais je pense que ça a fortement altéré ses capacités de concentration et d'abstraction. Alors que je sortais du film et que je poussais le fauteuil du Tank, celui-ci s'est mis à fredonner "Peux-tuuuuuuuuu ressentir l'amour ce soir ? Todoudou doudou toutou". Il avait passé une bonne soirée mais je ne sais pas s'il aurait pu me résumer même sommairement l'intrigue de Millenium. Puis il a ajouté "C'est quand même un triste gars Francis Huster". C'est là que je me suis demandé autour de quelle planète il avait pu graviter durant toute la séance. Pensait-il au cul de Cristiana Réali ?


Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de David Fincher avec Daniel Craig et Rooney Mara (2011)

11 février 2008

The Invasion

Voici la 5ème adaptation d'un même livre. La première c'était Invasion of the Body Snatchers par Don Siegel. Puis deux autres l'ont refait, Kaufman et Ferrara. Et voilà qu'un producteur, à savoir Joel Silver, l'homme à l'origine de Matrix, un visionnaire donc, s'est dit "on va faire un 3ème remake". Ils ont immédiatement appelé Steven Soderbergh sur son mobile. Mais il était déjà occupé à tourner le 15ème volet de la saga Danny Ocean. C'est donc Oliver Hirschbiegel qui signe le contrat. Pour mémoire, l'allemand Olivier Hirshbriegel a réalisé Der Unter Gang (La chute), Das Boot (Le bateau), Das Boof (La Gifle), Aüf Videusen Staline (Good bye Lenin), Das brücke (Le pont), Tocotronic (The Shins), Das Experiment (L'expérience), Das Leben der Anderen (La vie des autres) et bien sûr le classique L'Aurore (Murnau).



Cet homme-là a deux grandes qualités, d'abord il adore les américains et tout ce qui est de l'Amérique en général. Ensuite il est couvert de prix. Il a remporté le Lion d'Or de Venise. Puis il a gagné l'Ours d'Argent de Berlin qu'Angela Merkel lui remet au Zoo de Vincennes. Il a ensuite remporté la Migale du Bengale et la même année le gouvernement totalitaire Argentin lui octroie la Boula de Ouro qu'il reçoit avec un sourire en coin. L'année suivante il remporte le tournoi du Tigre de Sibérie et le Lama d'Or en Arabie Saoudite, prix habituellement réservé aux meilleurs Bédouins et à tout ce qui est Touareg. Quand il lui remet le prix le président de l'Arabie Saoudite Ahmed Bakchich lui déclare: "C'est pour avoir accompli avec brio la plus longue traversée du désert". En effet entre 1986 et 1998 Olive Hirshbruegel se cherche et ne se trouve pas.




Le film est très particulier, d'abord il est entièrement tourné en plans américains. Vous n'êtes peut-être pas censé savoir ce que c'est qu'un plan Américain. C'est très simple. On appelle "plan d'ensemble", ou "plan large", un plan qui montre le personnage dans son environnement. On appelle "plan en pied" un plan qui filme le personnage de la tête au pied. Puis en gros il y a le plan rapproché qui coupe grosso modo l'acteur au nombril, et le gros plan, qui nous présente son faciès en 3X5 mètres. Et entre les deux premières valeurs traditionnelles de plan et les deux dernières, il y a le fameux plan américain. On appelle "plan américain" un plan qui filme le personnage juste en-dessous de la ceinture (c'est une référence aux westerns, genre typiquement américain, où l'on filmait les cowboys ainsi afin de les voir déguainer leurs colts). Puis dans un registre un peu moins orthodoxe il y a pour vous la faire courte les plans de guingois (quand le personnage est boiteux), les plans hippiques, quand il y a un cheval, les plans gynécologiques dans les films craspecs et tout ça. Bref. Donc ce film est entièrement tourné en plans américains, ce qui, je ne vous le cache pas, peut surprendre. La raison est simple. On a dit à Ollie Hirltbuckner : "Tu es en Amérique maintenant". Le réalisateur Allemand a aussitôt pris sa bible du cinéma en y cherchant tout ce qui pouvait être ricain, et il est malheureusement bien vite tombé sur le plan américain.



Alors il faut savoir qu'Ovidie Hirsburger a déclaré très vite après la sortie de son film : "On ne m'a pas laissé en faire ce que je voulais, les producteurs l'ont retouché, j'ai pas eu droit au final cut, on m'a même pas laissé entrer sur le plateau pendant le tournage". En effet, pour faire 1h30, le montage devient totalement dingue, à la limite du supportable. Les ellipses sont légion. Les flash-backs sont de mise. Il arrive qu'à une scène de dialogue se superpose une courte poursuite en automobiles, sans qu'aucune ne laisse la place à l'autre.



Oliverston Aspenbiegel est aussi un grand adepte des inserts. Alors encore une fois pour les plus néophytes, un insert c'est un gros plan explicatif, sauf que même les inserts sont filmés en plans américains par le cinéaste germanique, or comment fait-on un plan américain sur un objet comme une poignée de porte ? Ovalie Harshspindle répondra à cette question. C'est à voir car ce n'est pas descriptible. En tout cas les inserts se multiplient dans le film. Par exemple, Nicole Kidman entre dans la cuisine, elle se sert un café, là INSERT sur la tasse de café qui se remplit. Ou un autre exemple : Nicole Kidman arrive dans sa chambre, elle retire ses chaussures, INSERT sur ses pieds en plan américain, mais non, pas là, parce qu'Olive HirschdÜhrer n'aime pas les femmes. Quelle tristesse.



Le résumé du film est simple. Un virus extra-terrestre s'empare des gens. Ils perdent leurs émotions et tâchent de contaminer tout le monde en leur crachant au visage. Leur but final ? Stopper les conflits, toutes les guerres. Plus d'émotions c'est plus de colère, plus de haine, plus de passion, donc plus de crime et ainsi de suite. Toutes les guerres sont arrêtées, Bush embrasse le cul de Chavez à la télé. La paix dans le monde. Et Kidman elle, elle n'est pas contaminée, et elle veut sauver son fils. Mais elle pige très lentement le fin mot de l'histoire. À vrai dire c'est deux types qui lui expliquent l'un après l'autre qu'elle doit rester calme et surtout ne pas transpirer pour ne pas attirer l'attention : "Don't show no emotion, stupid fuck !" Qui s'étonnera que ces deux types qui éclairent la blondasse sont deux gros noirs. Les noirs ont l'habitude de commettre des larcins et de s'arrêter de courir en restant calme pour éviter que la police fédérale ne leur tire une balle entre les deux omoplates qu'ils n'ont d'ailleurs pas plates. Rien de plus logique, donc.



La morale du film c'est donc quelque chose d'assez édifiant. Si on éradique l'émotion chez l'homme, on s'épargne tous les conflits et le monde est en paix. Mais c'est chiant un monde en paix si ça signifie un monde sans émotion, sans plaisir, sans sueur, sans larmes, sans rire, sans kiff. Alors on ferait bien d'apprécier nos bonnes guerres, elles sont le propre de l'homme émotif. Ce film s'impose clairement comme la pierre angulaire du cinéma Américain de l'Allemand Olivier Hirspeedburger. Ah j'allais oublier la présence de Daniel Craig (aka James Bond) qui joue le meilleur ami de Nicole Kidman (qui est encore méga belle, profitez-en, et qui a fait l'usage de push ups, ces soutifs qui augmentent vachement la taille des nichons visuellement, un bonheur pour les sens), à ce détail près que ce meilleur ami est secrètement fou amoureux d'elle. Lui il veut tout rétablir dans le monde pour plaire à Kidman et se l'enculer, bien vu Danny. Il joue près de 10 rôles dans ce film, tantôt chauffeur de taxi, tantôt policier, un jour restaurateur le lendemain femme de chambre.



À la fin du métrage, Nicole Kidman regarde la télé qui annonce 133 morts en une heure à Bagdad. C'est à dire que le mercredi les hommes, tous touchés par le virus, ont fait la paix partout dans le monde, et le jeudi, une fois la planète entièrement vaccinée, Bush a vite dit à ses généraux : "Mais merde les gars faut vite retourner les faire chier" et dans la journée les Irakiens subissaient une nouvelle invasion. Dur. En tout cas les hommes sont redevenus humains, les arabes meurent de nouveau, tout est revenu à la normale, tout est bien qui finit bien, c'est un pur happy end.


The invasion de Oliver Hirschbiegel avec Nicole Kidman et Daniel Craig (2007)