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24 mai 2025

Continuer

C'est dans ce film que Virginie Efira s'en va faire du cheval en Mongolie pour renouer le lien avec son fils. Si vous appréciez le cheval, la Mongolie ou Virginie Efira, vous pourrez considérer, comme nous, qu'on tient là le meilleur film de Joachim Lafosse, car il s'agit de son seul film contenant des chevaux, la Mongolie et Virginie Efira. Entre roman-photo, relecture ardyn duu du roman de Laurent Mauvignier (bande originale toute en gammes pentatoniques et photographie aux colorimétries folkloriques), Continuer est surtout un drame filial qui tire sur le mors, Joachim Lafosse-à-purin propose un trip euphorisant dont on a la farouche et délicieuse impression qu'il ne commence jamais. Continuer ne cesse d'étonner par son faux rythme et son absence d'énergie concertée. Clairement, à classer parmi les très bons de son auteur. Une vraie surprise. Au programme : équitation fiévreuse, daronne mauvaise comme la gale, mongols démoniaques et steppes diaboliques (plus quelques hérésies scénaristique, luxueuses et kamikazes, qui malmènent le spectateur). Gloire à Lafosse, le fossoyeur.

 

Un plan-signature renversant signé Joachim Lafosse, qui tend de nouveau vers le cinéma expérimental

Retour sur les débuts de Lafosse. Sa passion robuste pour le cinéma naît en banlieue parisienne. Joachim grandit à Orsay. Petit dernier d'une fratrie de deux, fils de deux parents, il rencontre le cinéma en famille, classique, devant le film du samedi soir, dit "premier du mois", avant que cet engouement ne se mette à éclabousser la cour du collège. Dans les années 90, la cinéphilie commence presque toujours par le prêt de cassettes VHS sous le manteau, entre copains de classe. Joachim ne déroge pas à la règle, devient le receleur de son bahut et se met à aimer le cinéma au point d'en faire un petit business et une religion. Comme ses parents n'étaient pas spécialement branchés "cinéma de genre", il se tourne rapidement vers le film français de niche. Une initiation en douceur qui passe par la fréquentation en pointillés du multiplexe de sa ville. Quelques critiques ciné, parfois même un cinéaste audacieux, tel un Tavernier, viennent alors disséquer les séances et nourrissent le regard critique de Lafosse, qui aujourd'hui renvoie l'ascenseur, n'ayant pas peur de prendre le RER pour aller commenter ses propres films dans les salles de cinéma art et essai de la périphérie, quitte à employer des termes faciles d'accès et un langage banal accompagné de gestes évocateurs compréhensibles par le plus grand nombre de zonards et autres provinciaux.
 
 
Tout le film est dingue.
 
Lafosse, qui dit "essayer d'être moins aride que les générations de cinéastes précédentes", ne privilégie pas pour autant le fond sur la forme, et quand il prend la caméra c'est pour tout donner, écraser de théorie les humains pour qui le cinéma reste une boussole, quitte à les bousculer un peu. Joachim Lafosse cite souvent François Truffaut selon qui : "tous les français ont 3 métiers : le leur (sauf les chômeurs), critique de cinéma et sélectionneur des Bleus", et l'auteur de Continuer en tient compte, qui tourne tous ses films en maillot de l'équipe de France réserve, floqué au nom de Sébastien Frey. Il transpire beaucoup sur ses tournages, mais essaye de limiter les odeurs de labeur dans la salle, notamment en s'imbibant de déodorant à la fougère avant les projos. On l'en remercie. Joachim Lafosse incarne à lui seul (au premier sens du terme, jouant seul dans sa catégorie) la première génération de cinéastes qui tournent avec esprit de chapelle et pour qui l'important c'est juste de torcher un film. Tant qu'il y a du génie...
 
 
Continuer de Joachim Lafosse avec Virginie Efira (2018)

15 décembre 2022

Madeleine Collins

Comme en atteste son affiche, ce film a été curieusement très bien accueilli à sa sortie. Je l'ai vu deux fois. La première fois, seul, j'ai arrêté au bout de vingt minutes, exaspéré. La deuxième fois, j'ai tenu jusqu'au bout. Faut dire que je n'étais plus seul et ça aurait pu niquer la soirée si j'avais éteint la téloche d'un seul coup, comme ça. Et l'envie de couper net était un peu moins vive de mon côté, je dois l'avouer. J'étais dans de meilleures disposition, légèrement plus dedans, j'essayais en tout cas, aidé par l'attention et toute la bonne volonté de mes compagnons d'infortune. Bon, j'ai tout de même fini par décrocher et à ne suivre les mésaventures de Virginie Efira que d'un œil... L'intouchable Virginie Efira. La plus grande actrice francophone de sa génération. Nous n'estimons pas la chance que nous avons d'être ses contemporains et d'assister, bouches bées, à sa si grande carrière. Il y a une pointe d'ironie là-dedans, certes, mais le même film avec Maïwenn ou Vanessa Paradis dans le rôle principal et on tiendrait pas cinq minutes. On peut pas lui reprocher grand chose là-dedans, elle tient le film, vraiment. Elle fait vivre un personnage aussi opaque qu'improbable et un scénario qui tient sur un fil. Antoine Barraud vise semble-t-il le thriller psychologique hitchcockien. Comme c'est une tentative assez rare dans le cinéma français, peut-être est-ce en partie pour cela que les critiques ont été si indulgentes. Elles ont voulu saluer son courage, son audace. Car c'est quand même un drôle de pari que tente ici Barraud (soit dit en passant, si j'avais ce triste blase-là et que j'entreprenais une carrière dans le cinoche, je choisirais un pseudo plus stylé d'entrée de jeu). Virginie Efira mène une double vie, partagée entre un guignol lambda en France, avec qui elle a une gamine de quatre ou cinq ans, et un tocard chef d'orchestre plus fortuné en Suisse, avec qui elle a deux ados. Au début, nous pensons que ces deux parties de sa vie sont strictement cloisonnées et qu'elle parvient miraculeusement à vivre ainsi, mais le scénar délivre ses secrets au compte-goutte et nous comprenons progressivement que ça n'est pas si simple que ça. C'est un sacré pari, dans le sens où Barraud ne délivre ses informations que très tardivement, que son film est longtemps si nébuleux qu'on est toujours pas loin de s'en lasser, de s'en agacer irrémédiablement. On a envie de comprendre, et à la fois on s'en fout, tant tout ce qui se déroule sous nos yeux est finalement peu passionnant et fastidieux. Le mystère est bien trop épais pour le talent de cinéaste d'Antoine Barraud, juste assez pour celui d'actrice de Virginie Efira. Nous ne comprenons vaguement qu'à la toute fin le petit intérêt de la toute première scène, un très laborieux plan-séquence, où nous voyons une jolie blonde essayer des robes dans un magasin de luxe avant de tomber dans les pommes. C'est également l'ultime scène qui nous permet de piger enfin le titre : cette révélation minable, anodine, insignifiante, a eu pour effet de me faire lever les yeux au ciel et de maudire encore davantage Antoine Barraud... 
 
 
 
 
Ce film-là est sorti il y a un an, le 22 décembre 2021. Je suis sûr qu'il a flingué quelques sorties au ciné en famille, comme on peut en faire en cette période de Noël quand on s'ennuie un peu, tous ensemble, que les discussions sont taries et que l'on a épuisé toutes les autres activités possibles. Madeleine Collins dure 102 minutes, ce n'est pas énorme en soi, mais nous ressentons bien chacune de ces minutes. 


Madeleine Collins d'Antoine Barraud avec Virginie Efira, Quim Gutiérrez et Bruno Salomone (2021)

21 février 2019

Pris de court

Je n'aime pas m'abaisser à ce genre de pratique et je vous présente d'avance mes excuses, mais je n'ai guère le choix : je vais vous raconter ce film car je ne peux pas garder ça pour moi. Pris de court est le récit d'une terrible parenthèse parisienne. Joaillière de son état, Nathalie Filancrochard (Virginie Efira) arrive de Toronto à Paris avec ses deux fils (Herbert, 8 ans, et Hübner, 14) pour travailler dans une nouvelle bijouterie. Au matin de ce qui devait être son premier jour de taff, un coup de fil l'informe sur son chemin que quelqu'un d'autre a finalement été choisi pour le poste. La tuile ! Premières minutes du film et déjà une grosse scène à jouer pour Virginie Efira qui excelle au téléphone et change parfaitement d'attitude à mesure qu'elle encaisse la sale nouvelle. Elle qui se tenait bien droite, démarche dynamique, allure presque enthousiaste, en tout cas volontaire, à la sortie du métro, fin prête à aller au boulot, termine la conversation affalée sur un banc public, la mine déconfite, ne sachant plus quoi faire. Dès la première scène, Virginie Efira nous annonce que le point faible du film, ça ne sera pas elle !


Pour limiter les coûts, les scènes en extérieur ont été filmées en caméra cachée

Tout s'écroule donc d'un seul coup pour ce personnage déjà fragile : on apprend en effet par la suite, et de façon particulièrement insidieuse, que Nathalie est une jeune veuve, elle a perdu son mari très prématurément il y a quelques années de cela, élevant seule ses enfants (hop, histoire d'en rajouter une couche, l'air de queud). Essayant de préserver les apparences et de garder la tête haute, Nathalie choisit de ne rien dire à ses enfants quant à sa situation professionnelle et de faire comme si de rien n'était. Elle aura beau traverser des tas de rues (on la voit faire !), elle ne trouvera pas de si tôt un nouveau poste de joaillière. Elle se résignera donc à accepter un boulot de serveuse dans un bar quelconque, donnant ainsi raison à ce zonard de Macron. Joaillières, horticulteurs, même combat : pour trouver un emploi, filez vers la restauration ! Ça recrute ! Vive la plonge au smic !


Virginie Efira, juste après la demi-finale France - Belgique !

Pendant ce temps-là, Hübner, l'aîné, fait tout simplement nawak. Parce qu'il a les cheveux longs et l'air dégingandé, il est logiquement pris pour cible par ses camarades de classe dès la rentrée. Il finira par trouver un pote en la personne de Fratrick, au look définitivement très eighties car il est le dernier collégien à porter un blouson en cuir (le film a un côté intemporel). Ce dernier demande à Hübner de lui rendre quelques petits services : transporter de mystérieux colis d'un point A à un point B dans Paris. Hübner s'exécute, en allant à fond les ballons sur ses patins à roulettes. A son retour, son pote le remercie en lui offrant le dernier iPhone. Flambant neuf ! Un mois ET DEMI de salaire de sa mère ! Un bien beau cadeau que Hübner, le sourire jusqu'aux oreilles, qu'il a bien décollées, accepte sans se poser de question. Quel con cet Hübner, sans dec' !


A en croire le look des collégiens, ce film se déroule dans une faille temporelle pleine d'anachronismes

Tandis que sa daronne travaille dur en tant que serveuse pour subvenir tant bien que mal aux besoins de la p'tite famille, Hübner continue d'enchaîner les conneries et s'enfonce de plus en plus profondément dans le grand banditisme ! Il bosse officiellement en binôme avec son pote Fratrick en obéissant aux ordres d'un gangster de pacotille campé par Gilbert Melki (qui fait ici très peu d'effort, très peu !). Hübner commence à amasser un beau pactole qu'il planque dans le tiroir de sa chambre, entre deux paires de chaussettes sales. Un beau soir, ce crétin d'Hübner finit même par embarquer dans ses mésaventures le tout petit et innocent Herbert (excellemment joué par Jean-Baptiste Blanc, vraiment, le gamin est bluffant, il faut voir ça, c'est la grande attraction du film), alors qu'il était supposé le garder sagement en attendant le retour de maman ours. Con d'Hübner !


Gilbert Melki apprend dans L’Équipe qu'il n'y a aucun Français sur le podium du Ballon d'Or 2018 !

Hübner part de plus en plus en vrille et se met aussi à parler très mal à sa mère ("Dégage de ma chambre connasse ! Tu déboules encore une fois comme ça dans ma chambre et j'te refais le portrait, Mamie Syphilide ne te reconnaîtra plus !"). Il faut dire qu'Hübner a découvert les mensonges de sa maman lors d'une de ses "courses", l'observant de loin au service d'un bar qu'il qualifiera de "miteux", de "trou à merde" et de "repère à vieilles putes comme toi" (sic !). Virginie Efira se montre convaincante lors de ces scènes d'engueulades familiales, pourtant toujours dures à gérer, dos au mur face à son ado en pleine crise de nerf (le jeune acteur donne alors libre cours à ses états d'âme et à sa véritable personnalité).


A deux doigts de la correction, Hübner...

Au passage, on pourra juste regretter qu'Efira n'arbore ici qu'une seule et même tenue : un petit pull fin, couleur peau (certes, parfois mis à rude épreuve), et une jupe longue. C'est du gâchis. Bref, ne glissons pas sur ce terrain-là ! Virginie Efira livre encore une solide prestation et c'est parce qu'on la sait bonne actrice qu'on s'est risqué devant ce film. Rien d'autre. On ne peut pas en dire autant de Gilbert Melki, en mode pilote automatique. Mais revenons à nos moutons...


En train de tester l'iPhone de contrebande confisqué à Hübner

Efira trouve enfin un nouveau job dans une bijouterie, faisant ainsi valoir son expérience et son diplôme en joaillerie fine. Du côté d'Hübner ça va de mal en pis ! Il participe à des braquages au domicile des particuliers, parfois avec violence, et quémande toujours plus de missions, synonymes d'oseille, à son patron. Un beau jour, une de ses courses tourne mal, et il se fait chiper un colis d'une somme de 75 000€ par des mecs cagoulés en scooter (grande scène). Cet incident met Gilbert Melki très en colère (mais il aurait pu s'y attendre, le gars laisse son petit commerce entre les mains d'ados débiles !). C'est là que le scénario prend une tournure encore plus diabolique, pour notre plus grand bonheur !


Gilbert Melki explique à Efira que c'est un scandale cette histoire de Ballon d'Or

Hübner ayant gueulé sous tous les toits que sa mère est bijoutière, Melki a la chic idée de lui demander de rembourser la somme perdue. "Cousin Hüb'", comme l'appelle son frère, alors que ce n'est pas son cousin mais son frère, est alors bien obligé de raconter ses exploits à sa mère qui, étonnamment, n'a pas le réflexe de lui décocher une droite de tous les diables ou un grand coup de pied bien placé sur le périnée. Maligne, Efira se demandera un peu plus tard si le vol du colis n'était pas un coup monté par Melki afin d'organiser le braquage de sa bijouterie ! Le scénario ne lèvera pas explicitement le voile là-dessus, préférant laisser planer le doute, et c'est tant mieux.


La famille au grand complet, manifestement dans un aéroport, car Herbert est fan des "zones d'interface" !

La dernière partie du film installe un suspense quasi insoutenable. Je vous écris ça la gorge nouée ! Emmanuelle Cuau sort les violons, se prend pour Hitchcock, mais c'est seulement dans sa tête. Son film, dont le plus grand mérite est d'être très court, a de tristes allures de téléfilm malgré tous les efforts de ses acteurs. On hallucine quand on découvre qu'ils s'y étaient mis à quatre pour écrire ce scénario d'outre-tombe : Emmanuelle Cuau herself (pilote du projet), Éric Barbier (conseiller banditisme), Lise Bismuth-Vayssières (conseillère joaillerie) et Raphaëlle Desplechin (la sœur d'Arnaud, pour la relecture finale). Quand on voit le résultat, ça laisse songeur !


Retour à la case départ pour Herbert

Pour se tirer d'affaire, Efira finira par tromper les braqueurs en ayant au préalable créé un faux du collier d'une valeur de 120 000€ (j'ai la mémoire des chiffres) sur lequel elle travaillait de longue date (rien n'étant laissé au hasard, Cuau ayant pris soin de glisser une petite scène sur ledit collier bien avant que celui-ci ne serve réellement à quelque chose, bien vu !). Notre charmante héroïne finira par s'envoler à Toronto avec ses deux gosses et le vrai collier autour du cou, vers une nouvelle vie, un nouveau départ ! L’œuvre d'Emmanuelle Cuau fait ainsi partie de ces films qui nous font croire qu'en cas d'énorme connerie commise quelque part, il suffit de mettre les voiles (si possible, vers une destination assez lointaine). N'empêche que la petite famille d'Efira gardera un sacré souvenir de son passage à Paris ! La boucle est bouclée, retour à Toronto et au dodo.


Pris de court d'Emmanuelle Cuau avec Virginie Efira et Jean-Baptiste Blanc (2017)

29 juin 2016

Et ta sœur

Bon, à ce stade de la critique, il faut que le lecteur soit au courant : la réalisatrice de ce film, Marion Vernoux, est, avec Friedrich Murnau, ma cinéaste favorite. Commençons par le titre de son nouveau film (le premier que je vois de Marion Vernoux) : Et ta sœur. Notez bien qu'il n'y a pas de point d'interrogation : ça porte malheur au cinéma. Comme Marion Vernoux. On note par ailleurs la richesse du jeu de mot puisque l'expression colle ici au scénario. C'est l'histoire d'un type qui va fricoter avec deux sœurs coup sur coup, dont l'une est homosexuelle et l'autre sa meilleure amie. L'histoire est originale. Il s'agit d'un remake. Plus précisément d'un remake de Ma meilleure amie, sa sœur, mon slip et moi, de Lynn Shelton (qui est habituée à ce que les français rendent hommage à ses déjections cinématographiques puisqu'Yvan Attal a aussi remaké le triste Humpday dans l'encore plus triste Do not Disturb). 


Grégoire Ludig, Géraldine Nakache et Virginie Efira, prenant la pose, quelque part.

Ensuite, les aspects techniques. Le film est en couleur. Bon point. Cela permet à ses admirateurs d'admirer la couleur de peau unique au monde de Virginie Efira. L’œuvre a aussi un bon format. Assez large. Ce qui accueille bien la gaule permanente du comédien principal, Grégoire Ludig, le comique troupier, tête pensante du tandem du Palmashow (si quelqu'un peut expliquer ce mot ?), qui incarne dans ce film de belle facture un trentenaire balloté entre les nichons d'Efira et les lunettes de Géraldine Nakache. Il s'agit donc d'un triangle amoureux bisexuel, qui obéit aux mêmes lois géométriques que le triangle rectangle selon cette enflure de Thalès : le carré de l’hypoténuse (la teub du héros) est égal à la somme des carrés des six glandes opposées (deux boobs pour Efira ; deux glaucomes + deux couilles pour Nakache). Ce format, proche du 16/9 à quelques encablures près, correspond aussi idéalement aux écrans domestiques d'aujourd'hui, auxquels le film se destine.


On connaît le secret beauté de Virginie Efira : clope et yoga. Par contre le froc Desigual© est à deux doigts de tout foutre en l'air.

La durée. Le métrage excède largement la longueur idéale d'un film préconisée par Jean-Luc Godard, soit 1h30. Ici on va jusqu'à 1h35... A cinq minutes près c'était le film parfait adoubé par Godard. Cinq minutes ça correspond à quoi ? Les trois premiers noms du casting supprimés du générique de fin ? Une petite scène qui pue la mort en moins ? Le film en regorge ! Celle où la blonde LGBT sûre d'elle, Efira, dépose négligemment la capote avec laquelle Ludig vient de la baiser sur le rebord du conteneur à ordures où la bonne copine à lunettes triple foyer, Nakache, la retrouvera peu de temps après, par exemple ? Toute l'équipe du film aurait mieux fait d'aller ramasser les déchets sur les plages de Bretagne au lieu de les saloper avec leurs camions, leurs trépieds de caméra et leurs capotes trouées dégueulasses. Y'a mille fois plus malin à faire que ce film. Si les gens qui ont financé ce film continuent comme ça, je leur prédis une fin à la Mesrine.


Et ta sœur de Marion Vernoux avec Grégoire Ludig, Virginie Efira et Géraldine Nakache (2016)

16 mai 2016

Cookie

C'est pas très beau ce qu'on va faire, mais c'est simplement pour vous montrer le traitement lambda qu'on réserve à ce genre de film, le seul traitement qu'il mérite.

Échanges de mails...

- Toi aussi tu vas dl Cookie pour les kilos de boobs à l'affiche ?
- C'était pas prévu. Léa Fazer putain... Mais rien que parce que tu m'as dit ça je viens de le lancer (salop).
- La même ! (même si Taglioni a perdu à tous les niveaux...)
 
15 minutes après.

- 56:51 de Cookie !!!
- Arrête-toi ! Le téléchargement a planté à cause de la connexion. Je viens d'ouvrir un troisième paquet de Granola à tremper dans mon kéfir. Fais-moi rêver !
- Franchement, pas grand chose. Si c'est ça le moment le plus "sexy" du film - et ça en a tout l'air d'après mon scannage rapide - c'est triste, étant donné les forces en présence. Mais que peut-on espérer de Léa Falzar ?... On voit Taglioni surprise en soutif par deux malabars. Elle se planque aussitôt les seins. Elle porte une sorte de push-up, donc ils ont l'air fringuant. Mais on voit pas grand chose et les couleurs sont ultra blafardes (ce qui semble être la règle pendant tout le film, avec parfois une sorte de halo sombre entourant l'image, et ça vient pas du divx !). C'est filmé par une femme qui n'a pas sa place. Je vais le virer fissa et je vais m'éviter d'avoir ça de côté à blanc...
- Finalement je remercie ma connexion. Vive la fibre !






Cookie de Léa Fazer avec Alice Taglioni, Virginie Efira et Mehdi Nebbou (2013)

17 avril 2016

Une famille à louer

Peut-être nous sommes-nous montrés trop magnanimes envers Les émotifs anonymes, du même Jean-Pierre Améris, petit film de rien du tout, sympathique à peu de frais, porté par un Benoît Poelvoorde et une Isabelle Carré assez dignes. Il est en revanche tout à fait impossible de faire montre de la même bienveillance à l'égard d'Une famille à louer, y compris en tâchant de se focaliser sur ses maigres qualités, car le film est une sorte de palette fécale et il n'en possède aucune. Ce film sans queue ni tronche, une plaie de A à Z, raconte l'histoire d'un pauvre type plein aux as, dépressif, solitaire, qui vit dans un manoir et, avant de tenter le suicide, décide de s'ouvrir aux autres. Pour ce faire, il propose à une mère célibataire condamnée pour vol à l'étalage de l'aider à régler ses dettes en échange de trois mois de vie de famille à ses côtés. Sur le papelard, pourquoi pas, sauf qu'à l'écran c'est un supplice. D'abord et surtout parce que le film est atrocement mal écrit. 



Les tristes personnages imaginés par Améris ont constamment le cul entre deux ou trois chaises. D'une scène à l'autre, Poelvoorde incarne un sociopathe incapable d'articuler deux mots en présence d'autrui, puis un type à peu près normal qui fait même preuve d'une belle autorité face à deux chiards mal élevés. Quant à Efira, alors que son entrée en scène tâche d'en faire une sorte de Zézette ultra sexy, une mère Groseille giga bien roulée, une pure beauté affublée d'une démarche, d'un accent et d'un look de ploucarde achevée, on la voit deux minutes après déclamer tout un speech impeccable devant une caméra de télévision. Dans le même dialogue, elle peut faire trois fautes graves de syntaxe comme déclamer des tirades à la Edmond Rouston sans ciller. Cela n'a aucun sens. 




D'un strict point de vue casting, il y a déjà couac. Jean-Pierre Aramis, cinéaste mousquetaire, mise à la fois sur le contre-emploi tonitruant et sur le respect le plus total du sex appeal de son actrice. Il veut nous faire croire à une femme pauvre, vivant avec ses deux gosses dans un cabanon insalubre, couchant avec tout ce qui bouge pour obtenir du boulot, et que la vie a malmenée sans discontinuer, mais oublie un peu vite qu'Efira pète les flammes à l'image, se trouve dépourvue de la moindre petite ride de contrariété et a le grain de peau d'une sublime star du catch qui se tartine chaque soir avec les crèmes de nuit à base de phoque massacré les plus chères du marché. Tout ceci ne tient pas. Pas plus que le script, inepte et téléphoné, qui voit les deux amants contractuels tomber peu à peu amoureux, évidemment... sans d'ailleurs que le spectateur pige quoi que ce soit à leur idylle : on peut facilement comprendre que le personnage de Poelvoorde craque sur son hôte, mais comment expliquer que la jeune femme en pince à ce point pour un type froid, sans intérêt, sans qualités, vide de toute personnalité ? Le pauvre Poelvoorde a dû s'ennuyer ferme sur le plateau. Avoir le belge volant au casting et lui donner un si petit os à ronger, quel gâchis. Amaryllis, la plante à bulbes, a totalement loupé son coup. Il n'y a bien qu'une maigre scène où l'acteur se laisse vaguement aller, quand il rejoint Efira sous une sorte de chapelle bucolique et, au beau milieu d'un moment romantique, s'aventure à déchiffrer un mot gravé dans le bois : "Va te faire enc...".


Une famille à louer de Jean-Pierre Améris avec Benoît Poelvoorde et Virginie Efira (2015)

10 mai 2015

Caprice

Emmanuel Mouret revient à son violon d’Ingres pour notre plus grand plaisir. Caprice est un retour à la comédie, à la légèreté, aux histoires d’amours complexes sans oublier d’être vives et variées, mais aussi à ce qui fait le sel du cinéma d'Emmanuel Mouret : les fantasmes. Toutes ces choses, le cinéaste les avait plus ou moins délaissées dans son précédent film, le mélodrame Une Autre vie, qui portait bien son nom puisqu’il était totalement autre dans la filmographie de son auteur. La tentative de changer de registre était louable mais, disons-le franchement, ce n’est pas un hasard si ce titre restera, jusqu’à nouvel ordre, le seul Mouret post-2007 passé sous silence sur nos pages. Revenons donc à ce qui nous importe, Caprice, dans lequel Mouret réapprend à céder à tous les siens.




Le cinéma d’Emmanuel Mouret a toujours été, nous semble-t-il, et depuis Laissons Lucie faire !, son premier coup d'essai, une question de rêves et et de fantasmes concrétisés. Il y a quatre ans de cela, dans un petit éloge du très plaisant Fais-moi plaisir !, j’avais tenté une rapide énumération des fantasmes cinématographiquement assouvis par le cinéaste dans l’ensemble de ses films (à l’exception de Vénus et Fleur, que je n’avais sans doute pas encore vu à l’époque). Pour Mouret, le plaisir du cinéma semble passer par la mise en actes et en scène de la multitude de ses propres désirs, qui sont aussi, très souvent, les nôtres, ou finissent par le devenir. Dans Caprice, le cinéaste tire l’une des cartes maîtresses de son jeu des fantasmes puisque le film pose, si l'on veut, la question ultime : peut-on vivre avec la personne de ses rêves ?




Mais tout ou presque dans le film tient, d'une manière ou d'une autre, d’un monde rêvé. Dès la première séquence. Clément, le personnage d’instituteur incarné par Mouret lui-même, est assis sur un banc avec son fils, dans un jardin public, et fait une pause dans sa lecture pour tâcher de sortir son gamin de la sienne. L’enfant est absorbé dans un livre depuis le matin et refuse toute autre activité a priori plus séduisante à son âge (jouer dans le parc, aller au cinéma, se laisser accaparer par un jeu vidéo sur téléphone, etc.) que lui propose son père. Quittant le parc, père et fils ne quittent pas pour autant leur livre des yeux, marchant côte à côte tout en lisant, en parfaite harmonie. Mieux, le gamin sera aux anges quand la future nouvelle compagne de son père lui offrira l’intégrale de Victor Hugo dans la Pléiade pour son anniversaire. Ce qui relève du rêve pour la plupart des parents (mais je généralise peut-être ici), est, dans Caprice, réalité. Mais le rêve réalisé et maintenu à son plus vif degré dans la durée est-il vivable ? Le père, l’air inquiet, suggère lui-même à son fiston toutes sortes d’alternatives, pour le sortir de son état d’enfant prodige dont la soif de culture touche à la perfection, pour le sortir aussi de la fiction qui l'enveloppe.




Paradoxalement, c’est le père, Clément, qui se fait rattraper par la fiction quand une célèbre actrice de théâtre, son idole absolue, Alicia (Virigine Efira), surgit de son cadre : l’affiche, la scène, le texte, le personnage ; et vient le tirer de l’école où il enseigne pour le faire entrer chez elle, où il la découvre endormie sur son sofa, comme l’héroïne du roman qu’il est en train de lire, « La femme qui dort ». Elle est d’une beauté parfaite, image d’Épinal si sublime que Clément fait des pieds et des mains pour empêcher la jeune femme endormie, tenant à bout de doigt une tasse de café, de se réveiller en faisant tomber ladite tasse, risquant de laisser une tache noire sur le tapis blanc immaculé du salon. Il faut éviter la fausse note qui viendrait briser le mythe. C'est d'ailleurs en renversant un verre de vin sur Alicia que Clément la rend finalement accessible, et bientôt les deux personnages filent le parfait amour. Mais on sait, depuis l’introduction, où Clément voulait sortir son fils de la fiction et rompre le charme d'une situation trop paisible, qu'il y a chez lui la volonté de ne pas trop longtemps laisser s’installer un confort, de vouloir parfois fermer le livre pour gambader, en tout cas se laisser détourner de son chemin, sans trop résister, quand quelqu’un ou quelque chose d’imprévu, et de potentiellement périlleux, se présente. Aussi, après une scène obligée des comédies romantiques, la fameuse séquence heureuse où la musique surplombe les dialogues et qui monte, bout à bout, de petits instants de bonheur partagé, séquence qui fait plus sens que jamais ici, puisqu’elle vient dénoncer ce qu’elle incarne, une idylle de roman-photo chargée de tous ses chromos, après elle donc, et presque sans transition, déboule Caprice (Anaïs Demoustier), venue ouvrir une brèche dans la toile.




Mais parce qu’il est un cinéaste du plaisir et du fantasme, les comédies de Mouret ne tournent jamais au vinaigre, ne deviennent pas des drames (quand bien même elles contiennent du drame). Tout ce qui vient enrayer un bonheur parfait, né de l’actualisation d’un rêve (le petit professeur sans histoire rencontrant par hasard l’actrice qu’il idolâtre depuis toujours, dînant avec elle et devenant aussitôt son fiancé, le tout sans la moindre difficulté, ses gaffes commises au restaurant ne faisant qu’ajouter à son charme aux yeux de la belle blonde), est comme accueilli de bonne grâce par le malheureux. Clément, grand dadais maladroit, se laisse toujours embobiner, retarder, dérouter par ceux qu'il croise. Et les personnages dont il se laisse détourner ne font pas plus de scandale que lui (Alicia étant plus désolée qu’enragée par l’arrivée de Caprice, après que Clément lui a révélé le pot aux roses, sans traîner, sans tricher). Chaque accroc, au lieu d’accoucher d’un pénible sac de nœuds (Mouret refuse toujours le vaudeville idiot qui lui tend les bras), conduit presque invariablement Clément vers une autre tentation, un autre fantasme, un autre rêve, un autre possible, incarné par Caprice, fille jeune, libre, qui apparaît comme la promesse d’un autre avenir quand elle joue sa pièce de science-fiction devant Clément dans l’une des plus belles scènes du film.


 


Et le rêve, ou devrait-on dire l'utopie (pas étonnant, au passage, pour un cinéaste du rêve mêlé de fantasme incarnant un personnage incapable de choisir entre deux amours, que l'idéal utopique représenté dans cette pièce de science-fiction évoque l'amour du futur comme autant d'intersections), n'est pas étrangère à la relation qui se tisse entre Caprice et Clément, la jeune femme étant aux petits soins avec lui, toujours présente quand il en a besoin, comme par miracle (sauf que la question de savoir si l'on peut partager la vie de celui dont on rêve se posera désormais à elle - elle se pose en vérité à pratiquement chaque personnage du film, même secondaire, comme le directeur du théâtre ou l'auteur de la pièce de science-fiction). Caprice n’est pas, contrairement à ce qu’elle prétend à un moment, l’incarnation du seul réel là où Alicia serait un rêve abstrait. Elle ne cesse de dire « C’était écrit non ? », à propos de ses rencontres fortuites, parfois totalement improbables, avec Clément. La dernière trace qu’elle laissera sera d’ailleurs écrite, et idéale, avant de disparaître comme un songe lointain.




On pourrait faire quelques reproches à ce film. D’abord celui d’introduire, en la personne de Caprice, un personnage parfois agaçant, limite irritant, ce dont le cinéma de Mouret est presque toujours et fort heureusement soulagé. Mais les talents d'Anaïs Demoustier, et l'art d'aimer ses personnages déployé comme toujours par Mouret, rendent finalement aimable la demoiselle éponyme. Ensuite celui de passer un peu vite sur l’instant pourtant fatidique où Clément se laisse embrasser par Caprice, au risque de compromettre l’implication d’un spectateur trahi par le personnage. Mais, au final, ce saut étonnant dans le scénario contribue à l’impression de suivre un homme innocent que ses désirs mènent par le bout du nez et qui ne résiste pas au plaisir d’être aimé. Clément est à ce titre une sorte de précipité du cinéma de Mouret. En outre, cette précipitation n’entache en rien un film d’une finesse et d’une élégance propres à son auteur. L’écriture, la mise en scène, le jeu, tout là-dedans est subtil, précis, émouvant et drôle. Car le film est très drôle, et Mouret acteur n’y est pas pour rien, une fois de plus. Rares sont, quand on y pense, les cinéastes qui parviennent aujourd'hui à réaliser de véritables comédies dramatiques, en faisant preuve de la même intelligence dans les deux dimensions qui donnent son nom au genre. Si l'émotion est partout, c’est certainement lui, Mouret, qui nous tire le plus de rires ici, même s’il sait mettre en valeur tous ses acolytes, en les filmant avec cette tendresse qui est la sienne, parfois aussi avec ce soupçon de désir (pas forcément sexuel) qui est au cœur de ses films et qui semble par moments porter la caméra (comme il pouvait porter celle d'un Rohmer). Et je ne suis pas triste de constater, ou plutôt de vérifier, qu'en matière de désir, notre cher cinéaste aime le corps féminin de la tête aux pieds, sans négliger ces derniers (je crois qu’Emmanuel et moi avons le même film de chevet : Turbulences à 30 000 pieds).


Caprice d'Emmanuel Mouret avec Emmanuel Mouret, Virginie Efira, Anaïs Demoustier et Laurent Stocker (2015)

16 mars 2013

20 ans d'écart

Nous n'en menions pas large quand on a pour la première fois zappé sur la Nouvelle Star pour découvrir le phénomène. A partir de ce jour on s'est mis à endurer des prime time entrecoupés de chansons infectes interprétées par des adulescents juste pour les quelques secondes toutes les trente minutes où la caméra était braquée sur le phénomène et ses œillades sans équivoques. 16 novembre 2007. Toulouse. Rue des lois. Appartement B, troisième étage. "Makkaaaaaash, viens voiiiiiiir !!! J'ai vu passer un truc sur l'écran... J'sais pas ce que c'est. Viens voiiiiiiiiiiiiir... je t'en supplie...  !" C'était la première fois que notre télé suintait des hauts-parleurs et fumait du capot. L'un de nous venait de taper "coup de foudre" sur google pour mettre un nom sur la panne de notre moniteur tv (l'autre, en scred, tapait "priapisme" pour nommer sa nouvelle maladie). L'un de nous venait de découvrir la bombe atomique du plat pays et décrétait que la Belgique détenait officiellement l'arme nucléaire. Et nos slips étaient aussitôt brandis dans notre salon en guise de drapeau blanc : nous nous rendions.




On le sait, notre article du jour aura tendance à vous inspirer pas mal de pitié, voire du mépris. Mais on a l'honnêteté des plus cons, qui disent tout haut ce qu'ils pensent tout haut. La sincérité n'est pas une vertu, on le sait, rappelez-vous Audiard, Jacques Audiard, pas gêné d'avouer à l'antenne chez un Michel Denisot placide qu'il n'avait jamais regardé un seul film de sa vie, sauf les siens, et encore, aperçus au combo sur les tournages. Rappelez-vous Clinton qui affirmait le doigt tendu : "I did not have sexual intercourse with thaaaat woman !" (sauf que lui il racontait des cracks). On ne fait que retranscrire ce qui se produisit en nous face à l'événement. Imaginez-vous en train d'écrire à propos de Bradley Cooper, Ryan Gosling, Michael Fassbender ou Mathieu Bodmer, ce serait pareil, la même en couleur. Sauf que la plupart des gens ont cette petite longueur d'avance sur nous qui fait qu'ils se retiennent d'écrire les possibles étrangetés dictées par leurs viscères. D'un autre côté réjouissez-vous d'avoir l'occasion de connaître nos plus intimes pensées, tel Mel Gibson dans Ce que pensent les mecs.




Après avoir dit ça on est obligés de se mouiller. Il phenomeno, qu'est-ce que c'est ? Une animatrice belge et blonde, des jambes anormalement longues qu'on a envie de prendre à son cou, des formes généreuses, un teint constamment halé, sans parler, sur un grand sourire aux petites dents, d'un regard fiévreux qui nous met systématiquement au tapis. S'il n'y avait qu'une célébrité dont nous souhaiterions acquérir un autographe à prix d'or, après Najat Vallaud-Belkacem viendrait Virginie Efira. Ce soir-là, à la fin du programme de télé-crochet, l'un de nous s'est exclamé qu'il était désormais le fan numéro un de Virginie Efira. L'autre a compris le quiproquo, la méprise, le malentendu depuis le début, qui croyait qu'on parlait du charme d'oriental d'André Manoukian. Pour faire leurs louanges, les termes requis étaient de toute façon les mêmes (relisez la description physique en début de paragraphe, elle convient aussi bien aux deux). Cette jeune femme et ce vieil homme nous avaient fait voyager dans le temps : quand on les voit on aimerait redevenir des adolescents de 13 ans pour leur plaire, comme Pierre Niney dans le film de David Moreau II, qui est sorti sur nos écrans tout récemment et qui s'est surtout fait remarquer par sa promo menée nichons battants par une nouvelle actrice et future star donnant littéralement le sein à la caméra. Efira Virginie a fait de la promotion de ce long métrage un véritable cirque qui aura atteint jusqu'aux pages de ce blog d'ordinaire irréprochable. C'est dommage parce qu'on regardera ce film pourri un jour ou l'autre, mais on l'aura déjà critiqué. On ne peut pas toujours parler ciné.


20 ans d'écart de David Moreau II avec Virgine Efira et Pierre Niney (2013)

17 août 2012

Paul

Paul est une horreur de film. Pourtant c'est un prénom qu'on apprécie... D'ailleurs, parmi les mille reproches qu'on peut adresser au réalisateur Greg Mottola, il y a celui d'essayer d'entacher ce patronyme, d'essayer seulement : personne ne pense à ce film en entendant le prénom, personne n'y pense tout court en fait. Il fait partie de ces films qu'on voit dans le train. C'est le portrait de deux gros geeks fanas de tout ce dont les geeks sont fans (Star Wars, Star Trek, X-Files, Roswell, Au-delà du réel, les ordinateurs et les t-shirts avec un smiley au milieu). Le film est donc bourré à craquer de références de geeks, principalement des références à la première trilogie Star Wars, à X-Files, à Battlestar Gallactica, à Scott Pilgrim, à Total Recall, à Alien, à Titanic ou à Shaun of the dead, le navet où l'on retrouvait justement les deux mêmes acteurs pégueux : Simon Pegg et Nick Frost. Cette dernière auto-référence est particulièrement géniale puisqu'elle passe par un gros plan sur un chien qui lève la tête au début du film, écho à la dispute des deux mêmes trépanés de Shaun of the dead qui débattaient de la capacité des canidés à regarder en l'air. Quand devant Paul on reconnaît ne serait-ce qu'un clin d’œil parmi ces milliers de références, on est content de soi une nano-seconde et puis aussitôt on a honte à en mourir, pas seulement parce qu'il s'agit souvent de références de merde mais parce qu'on se rend compte qu'on partage celles de Simon Pegg et de son acolyte.


Après Big Band Theory, la série pourrie sur le phénomène geek, voici Paul, le film définitif sur ces dégénérés mentaux.

Après avoir assisté au Comic-Con (cette grand-messe de geeks amateurs de mangas et de comic books, événement que tout le monde connaît parce que c'est là qu'on annonce la sortie de tous les gros films idiots sur des super-héros et compagnie, soit 96% des sorties américaines contemporaines), les deux héros du film décident de se payer un road trip vacancier bien mérité et de faire un pèlerinage sur les lieux mythiques des amateurs d'ufologie. C'est en plein milieu de la Zone 51 qu'ils font la connaissance de Paul, un extra-terrestre comme on se les imagine tous, doté d'une énorme tronche, d'yeux de poiscaille et d'une mini-teub. Paul est doublé dans la version originale par Seth Rogen et ça tombe plutôt bien puisque l'acteur correspond parfaitement à la description du petit alien. Dans la version française c'est Philippe Manœuvre qui s'y colle, la petite encyclopédie merdique du rock, l'homme qui connaît tout dans son domaine, mais auquel on ne fait pas pour autant confiance. Philippe Manœuvre est un peu comme Manu Katché, un autre juré de La Nouvelle Star : on pourra nous prouver et nous assurer qu'ils sont bons dans leur domaine, l'un dans l'édition de tous les dicos du rock, l'autre aux percus, on ne voudra jamais le vérifier. Quand on s'apprête à écouter un fameux disque de jazz, un bon Garbarek par exemple, et qu'on découvre que la batterie est assurée par Katché, on voit rouge et on n'appuie jamais sur "play". Pourtant le disque est sacrément bon et le bonhomme fait son taff, mais Manu Katché a participé, lui qui se trimballe la pire réputation de la Terre depuis sa série de caméos camés sur M6. Katché s'est dit qu'il avait un CV en or massif, qu'il était tranquille, qu'il avançait à couvert vu son passif et que par conséquent il pouvait aller se faire plaisir sur M6 face aux deux obus d'Efira, mais c'était ignorer que beaucoup de gens allaient le découvrir là, et s'il était légitime auprès d'un public averti composé exclusivement de fins connaisseurs du jazz, pour le reste du monde il serait désormais le gros connard assis à côté du pachyderme humain à l'accent bavarois nommé Marianne James. Pour revenir quand même au film de Pegg et Frost après ce qui restera comme la plus longue parenthèse du monde, Paul, le petit E.T., se trouve être un geek lui aussi vu qu'il partage les mêmes référents que les deux débiles humains qui le découvrent, et comme ses deux nouveaux meilleurs potes, il n'est absolument pas drôle.


A gros freak, freak et demi ! Le personnage et son doubleur partagent la particularité de posséder un énorme melon posé sur un corps rachitique hideux. Lequel est un alien ?

Retour sur la genèse de ce petit chef-d’œuvre. Simon Pegg a eu l'idée d'un film dans le désert avec un alien sur le tournage de Shaun of the dead. Il déclare alors : "Voilà notre prochain film : un road-movie avec un extraterrestre." Et cette phrase a suffisamment marqué l'entourage du comédien pour avoir été gravée dans le marbre au point qu'on peut tomber dessus assez facilement aujourd'hui en traînant peinard sur wikipédia, lors d'une session wiki sans arrière-pensée, à des millions de kilomètres d'imaginer pouvoir lire une saloperie pareille. Simon Pegg et son pote Nick Frost ont alors parcouru tout l'ouest américain en camping-car à la recherche de "matière" (sic) pour écrire le film : "Puis on s'est assis l'un en face de l'autre et on s'y est mis, une ligne après l'autre." Voilà comment les deux petits enfants prodiges d'Hollywood ont créé l’œuvre dont il est question ici, qui est signée Greg Motorola mais qui est le pur bébé de Simon Pegg et Nick Frost. On a parlé de Simon Pegg, principalement en utilisant l'adjectif "pégueux", qui suffit à donner une bonne idée du personnage, mais on n'a encore rien dit de Nick Frost. Que dire ?... Pour vous donner une idée Nick Frost c'est le petit marrant qui fait passer Simon Pegg pour un boloss en soirée. C'est le type qui s'est fait une raison très tôt, plus tôt que beaucoup d'autres, et c'est ce qui lui a permis de passer pour cool et d'ainsi bâtir ce qui reste une belle filmo, dont Paul est un chaînon important. Aux yeux de beaucoup de gens, Frost, comme Pegg, a réussi sa vie et sa carrière vu qu'il a amassé plusieurs millions de dollars, disons beaucoup d'argent, assurant la survie de sa famille sur plusieurs générations et glanant le petit plus qui permet de vivre à l'aise, avec grosses bagnoles et compagnie. Nous ne partageons pas cette conception des choses et comme dirait Bertrand Cantat, que nous citerons à défaut d'imiter son choix de vie : "On fait ptet partie de la même planète, mais pas du même monde".


Paul de Greg Mottola avec Simon Pegg, Nick Frost, Kristen Wiig et Jason Bateman (2011)

6 décembre 2010

L'Amour c'est mieux à deux

Un vieux proverbe chinois que me répétait sans arrêt mon grand-père dit grosso modo : "tanke-toi près d'une rivière et tu finiras par y voir le corps de ton ennemi passer". Petit détail : mon papi disait ça à propos de son fils, mon propre père, auquel il a reproché jusqu'à sa mort d'avoir fait un gosse (votre serviteur) à ma mère. Je n'étais donc pas tout à fait à l'aise quand je l'entendais ruminer ça, les dents serrées, avant de lâcher un gros mollard à mes pieds. C'est quelque chose que j'ai plutôt mal vécu. Ceci étant, c'est peut-être pour ces raisons que je m'en rappelle si bien et que ces mots terribles résonnent encore en moi. Bref, "on choisit pas sa famille" comme dirait l'autre, et d'autant plus quand celle-ci ne vous a pas non plus choisi à la base, pourrait-on rajouter. Tout ça pour vous dire que, de mon côté, je veux bien poser mon petit cul terreux près d'une rivière, n'importe laquelle, même à l'autre bout du monde, si l'on me promet qu'un jour, je pourrai y voir le cadavre du dénommé Dominique Farrugia flotter lentement à sa surface pour rejoindre l'océan, où il se ferait bouffer par des requins, qui crèveront à leur tour, coupables d'avoir avalé trop de gras. Y'aura marée haute ce jour-là, croyez-moi. Et quoi de plus naturel pour une énorme otarie humaine que de finir mâchée par des grands blancs ? J'en rêve la nuit. 
 
 
L'Amour c'est mieux à deux est un film de la pire espèce. Il fait partie de ceux qui nous tiennent en otage jusqu'au générique de fin, parce que tant de nullité fascine et tient en haleine. Quoique, je suis un menteur, puisque j'écris ces mots alors que le film se termine dans mon dos. Tout d'abord, ce film est terriblement con. On ne croit pas une seule seconde à cette histoire d'une débilité folle, où l'on voit un Clovis Cornillac, dans la peau d'un trentenaire apparemment puceau, rompre avec Virginie Efira avant même de "passer à l'acte", après quelques jours pourtant idylliques passés avec elle, sous prétexte que leur rencontre n'est pas le pur fruit du hasard (ça a été manigancé par son pote, incarné par un Manu Payet tout bonnement insupportable avec sa tronche qui tiendrait dans ma godasse). Or, pour Cornillac, sans cette condition de hasard total, le véritable amour ne peut pas exister. On a donc ce gros gars de plus de 30 ans, qui s'est peut-être jamais dégommé la moindre meuf, et qui voit cette énorme bombe d'Efira, avec ses impressionnants atouts qui vont jusqu'à faire trembler le cadre dès qu'elle moufte un peu, lui être totalement acquise, rester entièrement zen dans son slibard pourtant gonflé à bloc... A côté de ça, le film de Farrugia nous dépeint pourtant à quel point les meufs et les gars sont des bestiaux infiniment vulgaires et cons, à mon image, tous guidés par leur seule richesse : un appétit sexuel insatiable. Après avoir rompu avec Efira, Cornillac cherche à tromper son chagrin en se "faisant" sa secrétaire, très open, mais sans cette fois-ci se poser trop de questions. Dans le même temps, une autre meuf ne voit aucun problème à offrir ses services intimes, simplement pour filer un coup de pouce à son amie Efira, et plus exactement pour que le copain de cette dernière "craque" et couche avec, afin qu'Efira puisse le surprendre en flagrant délit et le plaquer (il est devenu encombrant étant donné que Cornillac a refait surface, ça sert aussi à nous montrer que tous les gars sont des teubs sur pattes - tandis que les meufs du film sont directement issues de cerveaux de tels mecs, chaud...) ; elle regrette d'ailleurs que ça soit interrompue, car elle aurait adoré se faire dégommer gratos. Je raconte peut-être méga mal, mais pas plus mal que Farugia, soyez-en sûrs. 
 
 
Plus triste encore, ce film n'est quasiment jamais drôle, à part quand il sombre clairement dans le ridicule le plus désolant et quand Cornillac se permet un petit écart (ce qui arrive hélas peut-être une fois ou deux seulement). Bien entendu, c'est aussi une comédie romantique des plus dégueulasses, suivant à la seconde près ce schéma narratif infiniment merdique et imbuvable que les films ricains ont déjà usé jusqu'à la corde. 
 
 
L'Amour c'est mieux à deux est surtout infâme et sort tout droit des crânes malades de gens qui font vraiment de la peine. De véritables connards qui profiteront jusque sur leurs lits de mort d'un vague souvenir embelli par le poids des années et d'une petite réputation acquise il y a des lustres, grâce à des gens plus doués qu'eux, également devenus merdeux depuis. Je parle au pluriel alors que je vise bien entendu Dominique Farrugia, qui est lui-même bien trop souvent amené à penser au pluriel quand il s'agit d'acheter un billet d'avion ou une place de cinéma (il doit pas y aller souvent).
 
 
Pour boucler la boucle : mon papi disait aussi, en pointant son seul doigt valide vers le ciel façon E.T., "ce qui est passé finit toujours par repasser", une idée que l'idole des jeunes Mc Solaar a d'ailleurs reformulée à sa sauce dans son plus célèbre tube "Bouge de là". Cette idée, par contre, j'en suis moins convaincu, surtout depuis que mon vieux père m'a effacé de ses contacts MSN et a remplacé maman par une jeunette pleine aux as dont il attend la fin. Et pour revenir à notre homme, je sais pas si, comme moi, vous êtes branchés en continu sur I-Télé, mais sachez qu'on y passe en boucle les mêmes images : Dominique Farrugia, déguisé en pingouin, se rendant à l'Elysée en décapotable pour y recevoir une médaille. La Légion d'honneur, qui récompense "les vertus et les services rendus à la nation". Lui et moi, on est pas nés sous la même étoile. On est peut-être de la même planète, mais surement pas du même monde. Monde de merde.  
 
 
L'Amour c'est mieux à deux de Dominique Farrugia et Arnaud Lemort avec Clovis Cornillac, Virginie Efira et Manu Payet (2010)