16 février 2008

Copying Beethoven

C'est un biopic intéressant et c'est assez rare. Pas d'exhaustivité ici, pas de récit académique du type "Toute une vie de Beethoven" ou "Beethoven de A à Z", "Beethoven pour les gros tanchards" et autres "Comment tout savoir sur la vie de Beethoven sans se faire chier à ouvrir un livre". Le film a deux personnages principaux, Anna Holtz et Ludwig Van Beethoven donc. Anna Holtz est une jeune copiste désireuse de composer elle-même mais prisonnière d'un couvent et qui, pour remplacer le copiste habituel du grand maître, valet trop vieux et croulant sous la tâche, est envoyée à Ludwig Van Beethoven déjà bien sourd tandis qu'il compose la 9ème symphonie. Anna Holtz est interprétée très brillamment par la sublime Diane Kruger et c'est le fameux Ed Harris qui se charge d'incarner Ludwig, et avec quel talent. Je ne le savais absolument pas capable d'un tel travail. Et pourtant je suis un fan de la première heure. Mais même quand on l'a aimé dans ses rôles pour L’Étoffe des héros, Appolo 13 ou A History of Violence par exemple, on est loin d'imaginer qu'il puisse devenir à ce point Beethoven, dans toute sa folie et toute sa grandeur. C'est saisissant de voir comme il s'est imprégné du rôle pour lui rendre vie. Donc le film ne prétend pas nous résumer Beethoven, simplement nous montrer le génie de cet homme, de la composition/représentation de la 9ème symphonie jusqu'à celles de la Grande Fugue dont l'injuste insuccès à l'époque aura marqué sa fin.



Ce film est, me semble-t-il, totalement passé inaperçu à sa sortie. Je n'en avais jamais entendu parler pour ma part. Ed Harris a d'ailleurs déclaré avoir appris une des plus grandes leçons de sa vie en voyant la distribution du film : "Don't let MGM distribute a film you care about". Ne vous laissez pas duper par la scène d'introduction, totalement en roues libres, avec des effets assez grossiers, un peu clipesques, qu'on ne retrouve plus jamais dans la suite du film. C'est un bon film, intéressant, très prenant, qui fait des choix peu communs, et dont une scène en particulier retient l'attention, la première de la 9ème symphonie (certes coupée de façon souvent douloureuse mais déjà longue, et puis comment faire autrement ?) et son triomphe, dans laquelle Beethoven est filmé tel qu'il est, de façon très survoltée, tandis qu'il communie comme jamais avec Anna Holtz qui lui donne le tempo, assise au milieu des violons, afin qu'il sache malgré sa surdité quand attaquer ses reprises. Certains trouveront peut-être l'interprétation d'Ed Harris un peu cabotine ou caricaturale, mais de mon point de vue, il doit être bien facile de tomber dans la caricature avec un personnage aussi haut en couleurs que Beethoven, et Ed Harris fait juste ce qu'il faut, très justement. Il y a bien quelques insistances dans certaines scènes mais souvent sur les points les plus importants, donc pardonnables, et puis compensées par bien des économies dans des scènes romantiques qui vont droit au but et évitent les poncifs du genre.



Il faut aussi souligner la qualité du titre. Un titre qui peut être interprété de bien des façons puisqu'Anna Holtz copie littéralement Beethoven, au même titre qu'Ed Harris et que le film, qui ne prétend pas à l'absolue véracité de son propos mais simplement s'inspirer du personnage.

P.S. Félix l'a loué en pensant qu'il s'agissait du troisième volet des aventures de Beethoven le Saint-Bernard le plus célèbre de la petite lucarne.


Copying Beethoven de Agnieszka Holland avec Ed Harris et Diane Kruger (2006)

4 commentaires:

  1. Et qu'avez-vous pensé de Domino ? J'attends votre avis un carré de chocolat à la main.

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  2. Il serait bon d'apprendre aux acteurs de faire mine de savoir diriger un orchestre quand on fait un film comme celui ci.

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  3. Kaz-là ne tienne15 mars 2013 à 15:33

    Dans le genre, j'ai adore le "Amadeus" de Milos Forman, que je me repasse régulièrement. Faudrait que je mate celui-là.

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