
C'est la conclusion du film, la réponse de Blier au cancer, au double cancer même puisque et le héros et sa femme de ménage sont atteints par la maladie, au cerveau pour l'un, au sein pour l'autre, lesquels maux sont littéralement incarnés par des êtres de chair et de sang (c'est l'idée géante du film) qui les suivent partout et leur cassent les couilles à longueur de temps : un Albert Dupontel cabot comme jamais d'une part, pour hanter Jean Dujardin qui passe toute la durée du métrage à rentrer son bide sous ses côtes histoire d'avoir l'air plus cool, et d'autre part Myriam Boyer, castée par Blier pour coller aux basques d'Anne Alvaro.
Et c'est peut-être la seule idée immédiatement tangible du film, la seule qui nous cause tant soit peu, car certes, avoir Albert Dupontel sur le dos doit être un supplice, un calvaire, ce type, peut-être humainement charmant par ailleurs, est l'une des plus grosses plaies du cinéma français actuel. En dehors de ça, rien à dire. Nos deux charmants héros, un alcoolo sans intérêt et une bonne transie d'amour pour lui, montent une farce et font semblant d'être morts, grâce à quoi leurs cancers personnifiés et attardés taillent la zone. Tout ça pour ça. Et on se demande ce qu'on fout devant ce navet.
Le Bruit des glaçons de Bertrand Blier avec Jean Dujardin, Albert Dupontel et Christa Theret (2010)
Le Bruit des glaçons de Bertrand Blier avec Jean Dujardin, Albert Dupontel et Christa Theret (2010)