10 janvier 2011

Le Bruit des glaçons

Le cancer, c'est fendard. Voici le postulat de base de Bertrand Blier, l'idée géniale qui a servi de pilotis à son dernier film. Dernier film en date, ne vous faîtes pas d'illusions. Je me suis lancé sans enthousiasme mais sans à priori car Blier a pu être plutôt marrant par le passé, notamment avec Les Acteurs, donc je me suis laissé allé à mater son dernier bébé. J'ai eu tort. Donne-le à Bertrand il te le rend en caguant ! Blier a essayé de faire une comédie pas drôle sur le cancer. Projet audacieux diront certains, crétin diront d'autres. En tout cas le film existe et il est vraiment, vraiment nul. Du début à la fin on se demande où il veut en venir, vaguement intrigués par ce laborieux merdier. Après une longue première demi-heure on croit voir le début d'une réponse se pointer : nulle part.



Ah si, à la toute fin, que j'ai regardée en vitesse accélérée x32, on voit le héros, ex grand écrivain à succès, riche et déprimé, plaqué par sa femme et alcoolique au dernier degré, partir en bateau avec sa vieille bonniche amoureuse de lui. C'est la conclusion du film, la réponse de Blier au cancer, au double cancer même puisque et le héros et sa femme de ménage sont atteints par la maladie, au cerveau pour l'un, au sein pour l'autre, lesquels virus sont littéralement incarnés par des êtres de chair et de sang (c'est l'idée géante du film) qui les suivent partout et leur cassent les couilles à longueur de temps : un Albert Dupontel cabot comme jamais d'une part, pour hanter Jean Dujardin qui passe toute la durée du métrage à difficilement rentrer son bide sous ses côtes histoire d'avoir l'air plus cool, et d'autre part Myriam Boyer, la mère de Clovis Cornillac, castée par Blier pour coller aux basques d'Anne Alvaro (qui jouait notamment la prof d'anglais de Bacri dans Le goût des autres).



Et c'est peut-être la seule idée immédiatement tangible du film, la seule qui nous cause tant soit peu, car certes, avoir Albert Dupontel sur le dos doit être un supplice, un calvaire, ce type, peut-être humainement charmant par ailleurs, est l'un des plus gros cancers du cinéma français actuel, une métastase cinématographique, la tumeur maligne de nos écrans petits ou grands. En dehors de ça, rien à dire. Nos deux charmants héros, un alcoolo sans intérêt et une bobonne transie, montent une farce et font semblant d'être morts, grâce à quoi leurs cancers personnifiés et attardés taillent la zone. Tout ça pour ça. Et on se demande ce qu'on fout devant ce navet. A part si on porte un quelconque intérêt mal placé à Christa Theret, l'adolescente attachante de Et toi, t'es sur qui ? et la connasse finie à la pisse de Lol, qui passe une partie du film à déballer ce qui lui sert de poitrine, et ça ne fait pas le moindre effet... sauf apparemment à Bertrand Blier qui semble avoir atteint ce stade terminal d'une certaine sénilité qui consiste à choper le marbre sur tout ce qui a l'air d'un enfant.


Le Bruit des glaçons de Bertrand Blier avec Jean Dujardin, Albert Dupontel et Christa Theret (2010)

12 commentaires:

  1. Et quid du titre du film ? Quid ?

    Tu as retiré mon infime envie de le voir.

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  2. Sur l'affiche on jurerait que le titre du film c'est "Un film mortel".

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  3. Le titre c'est parce que Dujardin joue un alcoolique plein aux as qui passe sa vie à se torcher la gueule au champagne, matin, midi et soir, et donc il traîne son seau à glaçons partout et se dit suivi par "un doux bruit de glaçons"... Belle.

    Quant à la tagline... C'est effectivement un film mortellement chiant !

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  4. D'accord avec tout ça, même s'il faut reconnaître à Blier une certaine capacité à nous "choper" très rapidement, dès le début du film, avec des acteurs qui fonctionnent très bien ensemble et des répliques qui font mouche et laissent attendre quelque chose d'intéressant. C'est typique de Blier. Malheureusement, ce qui est aussi fréquent (mais pas systématique..) dans son cinéma, c'est que les débuts prometteurs n'évoluent pas, n'aboutissent pas, tout s'éparpille et ça devient vite chiant.

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  5. Y'a pas mal de films que tu me fais éviter de mater. Enfin, ça doit être réciproque j'imagine. Celui-ci par exemple, après t'avoir lu, je sais que jamais je le materai. Il va trainer de côté sur mon disque dur, puis à un moment je l'éjecterai en regardant la réalité en face : jamais je le materai, sûr sûr sûr. Des fois on peut pourtant diverger, et du coup ça serait dommage de s'appuyer que sur l'avis de l'autre, mais quand il s'agit de film de cet acabit, souvent des films français à la con, je sais qu'on le recevra exactement pareil. Bref, tout ça pour dire : jamais je le mate Le Bruit des Glaçons.
    Mais une autre question se pose alors : est-ce que je peux considérer l'avoir vu ?

    Toi faudra quand même que tu essaies de mater L'Amour c'est mieux à deux, à peine 1/4 d'heure s'il faut.

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  6. Bah ouais tu peux considérer l'avoir vu. A l'aise. Surtout qu'avec mes screencaps t'as vu les scènes topless, donc t'as vu l'essentiel.

    J'ai sincèrement pas envie de mater ne fut-ce qu'un 1/4 d'heure du supplice de Farrugia, dont tu m'as vacciné à tout jamais.

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  7. Et ta screencaps me permet également de rayer à jamais Christa Tarhet de ma liste d'actrices françaises que je serais curieux de voir à poil.

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  8. Ouais mais bon, vous avez bien maté Mes Meilleurs Amis, ou un truc comme ça, le film de merde avec PEF et Marc Lavoine. Quand vous m'aviez dit ça, je m'étais dit "Mais putain, je l'avais vu pour toi !", je chialais de l'intérieur car au bout du compte je l'avais vu pour toi pour rien. :D

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  9. Ouais mea culpa bis repetita. Mais faut dire qu'il faisait trop envie "Mes meilleurs amis". Lavoine, PEF, ça faisait trop rêver.

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  10. Je suis totalement d'accord avec toi sur la qualité du film, un truc chiant que j'aurait préféré ne pas aller voir...

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  11. Tu l'as vu au cinéma ? Pauvre vieux... :/

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