7 janvier 2011

L'Italien

J'ai vu ce film y'a un bon moment et j'en ai parlé à personne. D'ailleurs, je crois que tous ceux qui ont vu ce film n'en ont pas dit un mot, à part peut-être quelques critiques, dont c'est quand même le gagne-pain. Mais les gens normaux, les spectateurs lambda, ils le voient, mais n'en disent rien. Alors je veux bien me dévouer et essayer d'écrire quelques lignes sur L'Italien, la dernière comédie d'Olivier Baroux. D'abord, peut-on appeler ça une comédie ? D'après Wikipédia : "la comédie n'est pas systématiquement comique, même si la plupart des comédies le sont." On peut donc dire que L'Italien est une comédie, mais qui se distingue de la plupart d'entre elles, vous aurez très bien compris pourquoi. Ensuite, que dire ? Olivier Baroux s'essaie en vérité à la comédie satirique, avec cette histoire qui nous montre à quel point il est plus facile pour un italien d'avoir une vie normale dans la société française actuelle, Kad Merad se faisant passer pour un rital et étant couvert de réussite jusqu'à ce qu'il se retrouve contraint à suivre le ramadan pour honorer le vœu de son père fraîchement hospitalisé. Bon, je n'en dis pas plus parce que tout est écrit en plus gros sur l'affiche et à vrai dire, je me souviens très peu du film. Je sais simplement qu'il n'est pas réussi.




En vérité, je ne pense pas l'avoir vu en entier. Après une grosse demi-heure passée à attendre l'occasion de rire ou de voir n'importe quoi d'intéressant à l'écran, j'ai machinalement plié les voiles. J'ai taillé la zone, laissant mon vieux chat seul devant. Dans mon salon, la télé continuait de diffuser le torrent de L'Italien, mais moi, j'avais élu refuge dans ma salle de bain. Une fois n'est pas coutume, j'ai passé une bonne heure à me récurer de fond en comble. Je crois avoir fait tout ce qu'il est possible de réaliser dans une salle de bain et, plus globalement, dans une pièce étroite de 9m² comprenant tuyaux d'arrosage, bidons d'eau de javel, miroir brisé et vieux torchons. J'ai tout fait. Pensez à quelque chose liée de près ou de loin à la cosmétique, à l'esthétique ou à l'hygiène, je l'ai fait. Dites une technique de pédicure ou de manucure que vous connaissez, je l'ai pratiquée. J'ai même joué à Risk à un moment. Rien à voir, mais je me suis carrément tapé un Risk entre deux nettoyage à sec de ma vieille ganache. Vous connaissez Risk ? Le fameux jeu de plateau où on fait s'affronter des armées entières à coups de dés. Terrible. J'ai retrouvé une vieille merde par terre, qui ressemblait à s'y méprendre à un pion du jeu Risk, alors je me suis tapé un Risk, moi contre moi, j'ai gagné. J'ai dessiné une carte du monde sur le sol, avec les deux pays que je connais, France versus Siam, et j'ai enchaîné les parties. Sans dès, juste des chiffres au hasard, ça allait.




Je suis ressorti de ce film comme un sou neuf, rasé à blanc, schlinguant la javel et laid comme un poux. La sale odeur qui se dégage aujourd'hui de mon corps m'apprend que ça doit faire plus d'un mois que j'ai vu L'Italien. 41 jours plus exactement, à en juger la longueur de mes ongles de pied. L'ongle de mon gros orteil droit, c'est comme la coupe transversale du tronc d'un vieil arbre, on peut y lire l'âge, à condition de connaître le sens de lecture. En gros, ça fonctionne comme un manga japonais. Tout à l'envers. Y'a une série de lignes circulaires assez larges comme autant d'anneaux de croissances indiquant le nombre de semaines qui s'est écoulé depuis la dernière coupe. C'est comme ça que fonctionne le calendrier maya ignoble de mes gros pieds plats, et celui-ci ne s'arrêtera pas en 2012 croyez-moi, j'ai confiance.




Depuis L'Italien, je n'ai donc pas remis les pieds dans ma salle d'eau. Je précise aussi que j'ai la chance d'avoir les toilettes séparées. C'est plus pratique. J'ai épluché des bottins entiers d'annonces d'appart et je me suis tapé des dizaines de visites pour trouver la perle rare. C'est censé être un garage à vélos, mais moi, j'en ai fait mes chiottes. Les voisins se plaignent et ils menacent d'appeler la "copropriété" ; mais je crois bien être dans mon plein droit. C'est chez moi autant que chez eux, d'où le terme de "copropriété", celui-la même qu'ils veulent appeler pour régler tout ça. Je paie pas 10€ de charges par mois pour rien. Et tant pis pour mon vélo, je le laisse dans mon appart' où il ne me gène pas vraiment, c'est même là que je regarde les films en général, tanqué sur la selle. Il est pas non plus géant mon studio.


L'Italien d'Olivier Baroux avec Kad Merad (2010)

13 commentaires:

  1. Super article, et surtout la partie dans la salle de bains !

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  2. Drôle d'hygiène de vie tout de même.

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  3. T'avais pas une image moins dérangeante pour illustrer cet article ?

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  4. J'ai choisi celle-ci parce que la tronche de Kad Merad ressemble beaucoup à celle que j'avais à la sortie de ma salle de bain.

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  5. T'as le coup de ciseau pour tailler la beubar façon blaireau. Tu me le feras ?

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  6. C'est pas un blog de cinéma !!!

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  7. Merci pour le fou rire!!

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  8. Ce film est au cinéma ce que Hélène Ségara est à la musique.

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  9. Ahahah, elle est géante ta photo en lien.

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  10. On peut dire ce qu'on veut de ce film, l'aimer ou l'enduire de merde, il reste que Kad Merad est un piètre piètre piètre acteur.

    Oui j'utilise une figure de style dont je ne connais pas le nom.

    Et oui je suis un pleutre, j'utilise des mots très peu offensants envers Kad Merad, des mots euphémisant un maximum mon jugement envers Kad Merad, afin de ne pas être victime d'un procès.

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