29 janvier 2011

Unthinkable

Unthinkable (bêtement réintitulé No Limit en VF) est un thriller hard-boiled américain sorti en catimini sur nos écrans français, mais qui a fait un véritable tabac outre-atlantique où le spectre du terrorisme est peut-être plus lourd qu'ici. Car ce film traite effectivement de ce sujet, et sans détour, pour mieux nous mettre face à nos propres peurs, impuissants et médusés. L'histoire est simple : un pauvre type déclare avoir planqué trois bombes nucléaires dans trois mégapoles étasuniennes. Évidemment, il ne veut pas dire plus précisément où sont cachées ces bombes dont l'explosion est imminente. Par conséquent, et comme le temps presse, le FBI décide d'appeler en renfort son plus terrible agent, celui qu'ils ne sortent de sa cage qu'en cas d'extrême urgence, quand il s'agit de faire cracher le morceau à un vilain récalcitrant. Cet homme, ce négociateur brutal aux méthodes douteuses et aux résultats spectaculaires, c'est Samuel L. Jackson, qui ici se fait surnommer H parce qu'il doit être fan de la série-tv. Cet acteur que nous aimons tous est ici en mode pilote automatique, encore plus que dans l'inénarrable Des Serpents dans l'avion. Il semble surtout là pour encaisser son paycheck et faire du charme à sa partenaire, la famélique Carrie-Anne Moss, qui ne le laisse clairement pas indifférent à en juger la volumineuse bosse sur son pantalon qu'il se traine du début à la fin de ce long-métrage.



Comme l'indique le titre, Samuel L. Jackson, aidé par Carrie-Anne Moses, va jusqu'à commettre l'impensable pour faire causer un terroriste bien décidé à ne rien dévoiler (le moment où Jackson prononce le titre est peut-être le seul truc un peu drôle du film). Unthinkable apparaît alors comme une sorte de compilation de tous les pires moments de la série 24, de toutes ces scènes à la morale douteuse et politiquement incorrectes qui ont participé à bâtir la réputation mi-figue mi-raisin de cette série, où notre bon Jack Bauer emploie les méthodes les plus rudes pour faire causer ses ennemis. Samuel L. Jackson tente tout de même d'innover, ce qui donne lieu à des passages loufoques.



Après avoir tenté le classique "je te mets la lampe 199 watts dans la gueule" sans succès, Sam Jackson s'amuse d'abord à accrocher des pinces de batteries sur chaque couille du terroriste pour le faire parler. En lui-même ce geste est déjà très douloureux, et le terroriste ne manque pas de hurler. Mais L. Jackson va plus loin dans le sadique en branchant l'autre extrémité des pinces de batterie à sa voiture personnelle, dans laquelle il grimpe puis accélère au point mort et le frein à main tenu avec fermeté à qui mieux mieux pour faire hurler de plus belle le terroriste terrorisé. A ce moment on se demande lequel des deux est le plus fou ! Madness ! D'autant plus que dans un détail morbide, Samuel L. Jackson tente de faire fredonner "Au clair de la Lune" au terroriste en modulant sa pression sur la pédale d'accélération.



Dans un moment atroce, Samuel "Loïs & Clark" Jackson prend le pied du terroriste et fait craquer sa cheville d'un coup circulaire sec. Consécutivement à cela, il le force à jouer avec lui à une partie de foot en salle endiablée, contre son propre cousin, qui prend très au sérieux ces confrontations. Le front encore suant et histoire de l'achever en lui faisant ce qu'on appelle un "coup du lapin", Samuel L. Jackson invite Tarsem dans le cadre d'une journée d'étude consacrée à son propre cinéma et dont le terroriste est l'unique spectateur. La conférence se termine par la description, trois heures durant, du prochain film de Tarsem qu'il n'a pas encore mis en boîte, mêlant des éléments de The Fall et de The Cell. Tarsem finit sa conférence par un forum-débat sur la question qui le taraude en ce moment : comment nommer ce film hybride, hésitant entre The Fell ou The Call. A ce moment-là, le terroriste n'en peut plus et donne la localisation géographique des trois bombes (Paris et Tours au Texas, et Montpellier dans le Vermont) ainsi que la date de sa première masturbation "efficace" devant un Samuel "Lou-Reed" Jackson qui n'en demandait pas tant.



A la toute fin, que je vous spoile ici même sans aucun état d'âme, on apprend tétanisés qu'il n'y avait pas trois bombes, mais quatre (Paris dans l'Arkansas). C'est le twist du film que je viens d'éventer. Je vous fais gagner une heure et demie, prenez ça comme un service. On devine cette ultime bombe exploser lors du générique de fin, qui est donc l'un des plus noirs de l'histoire du cinéma. Bref, un film qui laisse une drôle d'impression !


Unthinkable de Gregor Jordan avec Samuel L. Jackson et Carrie-Anne Moss (2010)

8 commentaires:

  1. C'est un festoche Samy Junior Jackson j'imagine, non ? Je l'ai pas vu et pourtant je le vois dire "Unthinkable", en insistant sur le "th", et ça me fait marrer alors que je l'ai pas vu.

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  2. En fait c'est l'histoire d'un gros gros maso, non ? Le type se livre au FBI pour se faire torturer. C'est John Torturro qui joue le rôle ? Sur les tofs on dirait surtout Guillon.

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  3. Non c'est Michael Sheen, un acteur qui aurait dû se choisir un nom de scène.

    L'histoire est ultra débile.

    C'est plutôt un festoche Samuel L. Jackson, oui, mais comme je le dis, il est en mode pilote automatique, il pourrait être plus drôle, là il est juste "au travail".

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  4. La foule en liesse !31 janvier 2011 à 16:48

    ON VEUT LES TOPS !

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  5. WE WANT THE TOPS ! OVER THE TOP !

    Enchaine ! (spéciale dédicace à Rémi :) )

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