17 janvier 2011

Que justice soit faite

Il est facile de torcher un papelard à partir d’un film comme ça. Un film qui en dit plus que ce qu'il montre, un film âpre et dégoulinant. Dire qu'à cause du titre (Law Abiding Citizen, en version originale), je m'attendais à un long-métrage sur la loi Veil... Moi je prends le taureau par les cornes, je mets les pieds dans le plat et je m'avance la bouche en cœur. Je ne ferai pas dans la simplicité, je vais seulement me contenter de vous conter l’histoire, avec mes propres mots. Toute l'histoire. Préparez-vous à parcourir le pitch que F. Gary Gray a vendu à des producteurs tétanisés devant cette énième histoire de Vigilante cherchant à venger la mort d'un proche contre vents et marées tandis que la police ne daigne mouvoir son auriculaire bardé de cérumen. Première scène du film : Gérard Butler, l’acteur écossais au charme très rural et au talent inexistant (« the rough blue-eyed scottish moron » d'après Ralph Fiennes) , est peinard dans sa cuisine en train de préparer l’un de ces clafoutis aux cerises dont il a le secret. Il est en compagnie de sa fille qui s'amuse avec amour à confectionner des colliers et bracelets de perles à ses parents, le genre qu’on porte deux minutes puis qu’on jette aux chiens une fois que le gosse qui nous l’a donné nous a enfin lâché la grappe. Elle en fait un avec écrit « Daddy » qu’elle tend à son père. Grandiose. Tout ça est filmé avec un halo lumineux qui est là pour nous faire comprendre que ce bonheur total ne va pas durer... Toc toc toc. Même pas le temps de répondre « Qui est là ? » que Gérard Butler, dont on apprendra plus tard qu’il est une sorte d’agent spécial surentraîné, se prend un coup de batte de baseball dans la tronche et derrière le genou. KO (« Knives Out » en anglais), il assistera impuissant au viol et à l’assassinat de sa femme ET de sa fille, auxquels il faut ajouter le recel de quelques-uns de ses bibelots par deux hommes apparemment coutumiers du fait. Les méchants sont de sacrés salops, des pourris, des tarés. Fondu au noir. Nous suivons Jamie Foxx dans le rôle d’un avocat véreux, en plein travail, accompagné de son assistante incarnée par l’actrice blonde en plastique déjà vue dans Talladega Nights et Iron Man qui porte le doux nom de Leslie Boobs et qui ranked #51 on the Maxim magazine Hot 100 of 2008 list devant la famille Kardashian mais derrière Dustin Hoffman. Jamie Foxx est procureur dans l’affaire Butler, il se réjouit d’avoir trouvé un accord avec l’un des deux méchants qui, en reconnaissant ses crimes, s’en sort avec une courte peine de prison, tandis que son compère écope de la peine capitale. Allez comprendre. Avant que le verdict ne soit rendu, Jamie Foxx décide tout de même d’en toucher deux mots au principal intéressé : Gérard Butler, que nous retrouvons amaigri, les yeux rougis par le chagrin, errant dans les rues de Boston, Détroit, Philadelphie, que-sais-je ? Ce dernier ne déborde pas d’enthousiasme à l’annonce de la trouvaille juridique de Foxx, et il s’ensuit une violente dispute faite de bastons de regards durant laquelle Butler tapera trois fois du poing sur la table en s’écriant « Qu’est devenue la justice ? Qu’est devenu le peuple ? Qu’est devenue la loi ? ». Foxx décide de faire fi de ces remarques et, lors du procès, tout se déroule comme il l’a programmé. A la sortie du tribunal, Gérard Butler adresse un bras d’honneur à un Jamie Foxx assis sur ses principes et droit dans ses bottes. C’est ainsi que se termine la première partie du film, laissant le spectateur exsangue, littéralement.



Ten years later... Dix mois plus tard donc... Jamie Foxx et son assistante sont conviés à la mise à mort du meurtrier malheureux. Celle-ci se passe mal puisque là où le condamné à mort aurait dû s’éteindre sans douleur, il est soudainement pris de convulsions et de spasmes affreux. L’audience est abasourdie et le Coyote est victime de son succès (ça fait deux heures que j'attends mon maxi-raclette). De son côté, Gerarld Butler s’est fixé pour seul but dans la vie de rétablir la justice lui-même en mettant au point une vengeance calculée au millimètre. Il a pris 17 kilos de muscle (voir photo ci-dessus) en usant d'anabolisants interdits même au Viet-Nam. Du coup, il choisit de piéger le deuxième meurtrier puis de se filmer en train de le découper en apéricubes. Il envoie ça par colissimo suivi avec accusé de réception à Jamie Foxx. Ça lui coûte un bras mais il est content de lui. Il s'en fiche parce que son tour de bras est maintenant équivalent au tour de cuisse de Roberto Carlos lorsqu'il était au faîte de sa gloire. Ensuite, comme il a mis sans réfléchir l'adresse de l'expéditeur et qu'il a fait assurer le bien par la poste, il se fait vite repérer par la police, il décide donc de retirer son t-shirt et d'attendre de se faire cueillir chez lui, histoire de ressortir la tête haute, et d'arborer ses biscotos sculptés à force de soulever de la Viet tout en bandant les muscles de son cou. Butter se laisse donc mettre en taule et interrogé par Jamie Flaxx pour mieux commander sa vengeance à distance et montrer à quel point il est malin. Raaaaaaaaaaaah j’en ai trop marre, j’arrête et je vous laisse mariner avec ce suspense de tous les diables ! Je m’étais fixé de tout vous raconter, de tout vous faire partager, mais ça fait mal et j’en peux plus. En plus on est qu’au tout début là. Je vous ai seulement conté la première demi-heure ! J’ai l’impression de revoir ce con de film, en tout cas sa première demi-heure. Voir ça une fois, c’est déjà trop. La raconter, c'est un calvaire, là je suis Jésus sur sa croix en train de me prendre un coup de lance par Saint Thomas. Si vous êtes moins débiles que moi, vous avez arrêté de me lire depuis un bail. Je ne sais pas pourquoi j'ai eu envie de faire ça, de vous faire un peu revivre mon calvaire, mais c'est mal, c'est égoïste, et je ne recommencerai plus, promis. Je suis comme Indiana Jones dans le temple de Petra, je suis le pénitent... Le pénitent doit le passer, le pénitent doit le passer, le pénitent... Le pénitent est humble devant Dieu, le pénitent s’agenouille devant Dieu ! A genoux !


Que justice soit faite de F. Gary Gray avec Jamie Foxx et Gerard Butler (2009)

24 commentaires:

  1. Ca me fait penser à l'histoire que Clive Owen subit dans Mortal Countdown, sauf que là il n'y a pas de chinois impliqués.

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  2. J'ai VU ce film. J'ai ATTENDU un maxi raclette. J'ai REVU Indiana 3. J'en PEUX PLUS.

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  3. "Leslie Boobs qui ranked #51 on the Maxim magazine Hot 100 of 2008 list devant la famille Kardashian mais derrière Dustin Hoffman." ---> loool ^^

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  4. C'est chaud ça me donne envie de voir la suite pour SAVOIR.

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  5. Mate-le, c'est peut-être le genre de grosse grosse merde que tu kiffes !

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  6. Moi je suis sûr que j'aimerais :) J'ai trop envie de le voir maintenant.

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  7. Faites-vous plaisir, je pensais pas vous donner envie. :D

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  8. Putain racontes la suite! Aboules la fin! Accouche!

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  9. A la fin, après avoir laissé plein de morts sur son passage, Gerard Butler se fait piéger et brûle dans sa propre cellule de prison (dont on a appris peu avant qu'elle était constituée d'un tunnel creusé par ses petites mains et menant vers l'extérieur, ou plutôt vers une cave gigantesque renfermant tout son armement ultra moderne, et où il a donc pu orchestrer sa vengeance terrible). Même Leslie Bibb y passe, ce qui ne manque pas d'énerver Jamie Foxx, qui la préférait nettement à sa vieille femme moche. Jamie Foxx finit donc tout de même par avoir le dernier mot, mais on devine que sa vie restera changée à jamais par le passage de la tornade nommée Butler. Cette fin laisse le spectateur et Foxx bouche bée, ne sachant plus la limite entre justice, vengeance, libre arbitre, connerie profonde et intelligence folle. Perso je pense que Butler avait raison. Mais je suis un petit facho.

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  10. Tu peux mettre la balise "SPOILER" ? Valable pour tous vos articles. Ils spoilent trop.
    Mettez des SPOILER au début de chaque article.

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  11. Il te faut la balise à tout prix ? Parce que là en plus je prévenais ! :)

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  12. Je suis un Poulpe pulpeux, l'ami des poulpes pulpeux, je suis le Poulpard delux, l'ami des poulpes deluxe !

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  13. Field the Love ZOORéLIEN
    TOUM TOUM
    TOUM TOUM TOUM TOUM
    TOUM TOUM TOUM TOUM
    TOUM TOUM TOUM TOUMBOULOUMBOUMBOUM

    ENCHAINE !

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  14. J'adore ta traduction de "ten years later.." à mourir ^^

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  15. Dix mois plus tard , hein ?!?
    Quand a Foxx , il est procureur , non avocat !
    Et pour finir Butler était deux fois plus balèze dans le film 300 , bref ...

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  16. Désolé !
    (ce film a ses fans !)

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  17. Anonyme, si c'est pour prendre les divers messages publiés sur ce blog systématiquement au premier degré en pointant du doigt nos incohérences volontaires, tu peux vraiment passer ton chemin.

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  18. Butler, dans le civil, voici ce que ça donne : http://cache.gawker.com/assets/images/7/2010/01/gerardbutler.jpg

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  19. Trop belles les deux petites rides sous les seins musclés de Gérard Butler :P

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  20. Moi aussi, j'étais du côté de Butler ^^ C'est mon côté oeil pour oeil, nez pour nez, dent pour dent, slip sale pour slip sale, kfc pour mcdo (oups) ... bref, c'était tiré par les cheveux mais marrant et j'adore ce genre de daube :D

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  21. Moi je viens de voir le film et je pense qu'il est un peu trop décrier dans cet article! sérieusement ce film n'est pas un chef d'oeuvre mais il se laisse carrément regarder! regarde les autres daube du moment et compare un peu...

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  22. Le pénitent doit le passer !! Hahahahaha !

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  23. Pas si mal. Vous êtes sacrément rageux lol

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