13 janvier 2011

And Soon the Darkness

Ce film-là, on est 12 à l'avoir vu. Pas un de plus, pas un de moins. 12 zonards pur jus, 12 gros naïfs, 12 ados attardés. Tout ça à cause d'une image présente dans la bande-annonce qui nous a tous fait espérer un film gouverné par la seule beauté de ses actrices principales. Aussi, le titre n'y est peut-être pas pour rien non plus. And Soon the Darkness. Dites-le à voix haute, ça fait trembler les murs, ou bien c'est juste moi qui ai un gros mal de gorge. Sans déc', on dirait le titre d'une chanson de Death Cab for Cutie ! M'en faut pas plus pour me choper. Mais le réalisateur Marcos Efron et sa petite bande n'ont rien inventé : ce film est le remake d'un thriller british quasi culte signé Robert Fuest sorti en 1970 avec lequel il partage son terrible intitulé (d'autres éléments ont cependant été modifiés : alors que l'action se déroulait dans nos campagnes françaises, elle a été ici déplacée en Argentine, le remake nous narrant les mésaventures de deux jeunes américaines et non d'anglaises). Bref, revenons plutôt au cœur du problème, à ce maudit trailer... Un plan de quelques secondes était placé dans ce teaser par un roi du marketing, par un petit Machiavel d'Hollywood. Quelques secondes d'un bonheur bucolique et ensoleillé qui rendaient à ce teaser son sens le plus littéral. To tease : allumer, aguicher. C'est pas moi qui le dis, c'est Robert et Collins. Quand j'ai maté cette bande-annonce, plusieurs fois de suite, pendant près d'une heure trente, soit pendant la durée de ce long-métrage à proprement parler, j'étais effectivement teasé. Ce plan pas si fugace que ça était évidemment issu de cette scène assez gratuite où la brune Odette Yustman et la blonde Amber Heard se dévêtent tour à tour pour profiter d'un bon bain de soleil.

 
 
Dans ce teaser calibré pour les crapauds de mon espèce, un plan était entièrement consacré au postérieur d'Odette Yustman, suite à sa libération de son mini-short en jean. Cette jolie actrice a l'habitude de produire cet effet. A ma connaissance, c'est la deuxième fois qu'un film base sa promo sur ses charmes. Elle était déjà filmée en petite culotte dans Unborn, autre film d'horreur de bas étage où on apprenait qu'elle était possédée par l'esprit de son jumeau mort-né, devenu par conséquent démon de minuit (un scénario d'enfer, original celui-ci !). Non seulement elle devait s'y promener en culotte courte, mais que dire de l'affiche de ce film, reprise pour sa pochette dvd et tous les supports le contenant ?




On n'y mettait pas trop en avant la présence de l'Academy Award Winner Gary Oldman, curieusement... Une question se pose alors. Ou plutôt plusieurs. D'abord, que fait le réalisateur du film quand il doit tourner de tels plans ? Que demande-t-il à son actrice ? La prévient-elle en lui annonçant "Hé je vais faire un plan serré sur tes fesses, ne bouge pas", ce à quoi l'actrice répondrait machinalement "Ok mais fais vite, il fait pas chaud..." ? Allez savoir... Mais surtout : que pense une actrice comme ça quand le réalisateur met en boîte son maudit plan et quand, plus tard, elle découvre que les affichistes ont eux aussi axé leur travail autour de ses courbes ? Et quand, bien longtemps après, un blogueur ciné trépané y consacre un article ? On espère seulement que ça ne la gêne pas trop ; la beauté et le sex-appeal sont souvent de bien lourds fardeaux... Je laisse toutes ces questions en suspend, ou plutôt : je les laisse continuer à me ravager de l'intérieur.

Ce film-là, on est 12 à l'avoir vu. 12 hommes en colère.


And Soon the Darkness de Marcos Efron avec Odette Yustman et Amber Heard (2010)