
Il y a des moments intrigants. Comme quand l'héroïne parle du désir qu'elle a de faire partie du club de natation synchronisée à sa meilleure amie et qu'elle se plaint de ne pas être bâtie pour ça, en déclarant par exemple, alors qu'elles sont assises sur un canapé au fond d'une grande pièce : "J'ai un bras plus long que l'autre, t'as jamais remarqué ? Téma j'ai la main gauche sur la poignée de la porte à plus de vingt mètre alors que mon autre main est normale, dans ma poche, c'est pas normal, t'as jamais guinché que j'avais un bras méga trop long ?". Enfin, pour nous dépeindre l'ennui estival caractéristique des jeunes filles de cet âge-là, la réalisatrice filme les deux amies qui jouent tout un après-midi à se cracher de l'eau à la gueule, puis le soir venu on voit le père rentrer chez lui et dire en découvrant son salon inondé : "Je t'achète la Wii demain, à ce rythme-là, franco je te l'achète demain à l'aise." Bref, si c'était Coppola Sofia qui avait réalisé ce film (et on y pense beaucoup), avec un peu de zique indé, quelques plans sur le soleil et les arbres en fleur, James Woods qui se balade en salopette et un beau suicide collectif pour clore le métrage, ça faisait six millions de spectateurs en région PACA dès la première heure d'exploitation.
Naissance des pieuvres de Céline Sciamma avec Pauline Acquart, Adèle Haenel et Louise Blachère (2007)