8 mai 2008

Jackpot

Je ne suis pas vraiment fier de vous l’annoncer après avoir vu Jackpot au cinéma, mais Tom Vaughan, le réalisateur de ce film, je le connais bien, il a fait ses études en France avant de partir pour Hollywood, et c’était un super pote de fac. Comme le film vient de sortir et que je suis allé le voir par simple amitié pour lui, je vais en profiter pour vous parler de Tom Vaughan et de son parcours du combattant.

Thomas Vaughan, vous ne le savez pas, mais c’est un type qui a beaucoup galéré avant d’en arriver là où il en est aujourd’hui. Et j’en sais quelque-chose : j’ai été son véritable confident jusqu’à ce qu’il quitte la France. Il me racontait tout sur tout ! Je l’ai connu en TD d'informatique. Son PC était en rade, je l’ai débranché, et on est aussitôt devenu meilleurs potes. Sa droiture faite de bric et de broc m'a tout de suite mis sous le charme. Il était plein d'avenir et son premier rêve, bien avant de devenir cinéaste, était de devenir agent de footballeur (il espérait en secret devenir l'agent de Lilian Laslandes ou, au pire, celui de Jean-Claude Darcheville). A l’époque où je l’ai connu, ce veinard avait même déjà un pied dans le monde du ballon rond puisqu'il officiait en tant que ramasseur de balles, bénévolement. Tous les week-ends, il était là au bord des terrains, il matait les matchs gratos et renvoyait les ballons qui partaient à côté. C’était cool parce que grâce à lui j’ai vu un grand nombre de matchs gratos.




Hélas le bonheur tout simple qu’il vivait en étant ramasseur de ballon n’a pas pu durer, et je vais tout de suite vous expliquer pourquoi. Les études de Tom à la fac étaient financées grâce aux bourses du CROUS, que je palpais avec lui. Mais un beau jour, ses parents divorcés ont eu l'idée de se remarier, ce qui lui a immédiatement fait perdre son droit aux bourses, qu'il obtenait pourtant à l'échelon maximal. Le remariage de ses parents a donc totalement compromis ses études, car ils étaient également bien décidés à ne pas lâcher un centime pour que leur fils décroche son Deug. Tom s'est donc soudainement retrouvé dans l'obligation de trouver un job pour remplacer les bourses, mais comme il ne voulait surtout pas quitter son poste de ramasseur de balles, il a décidé de concilier les deux en utilisant une méthode bien particulière : à chaque match, il parvenait à ne pas remettre en jeu tous les ballons qui lui parvenaient, pour ensuite les revendre 25% moins cher que le prix normal sur internet. Et comme il en volait plus d’une dizaine par week-end, ça lui suffisait amplement pour avoir un frigidaire bien garni.




Hélas, son petit manège a très vite été repéré et la ligue nationale de football française l’a interdit de terrain à vie ! Ma relation avec lui s’est alors un brin dégradée, vu que son humeur n’était plus la même. Nos rapports étaient un peu du type "je t'aime moi non plus". Il y avait certains moments où l'on se méprisait mutuellement, pour mieux se réconcilier avec chaleur quelques jours après. Une fois, notre discorde a duré plus longtemps qu'à l'accoutumée, je ne l'ai plus revu durant une semaine à la fac, la place de mon voisin était vide et je la regardais toujours avec chagrin et nostalgie. C'est alors qu'un jour, je l'ai croisé au McDonald, mais de l'autre côté du comptoir ! Ce salopard de Vaughan avait enfin suivi mon conseil de s’engager à McDalle pour gagner quelques ronds qui l’aideraient à payer son loyer. Et en plus Tom a très vite aimé son "petit" job, il faisait des heures supplémentaires, étant en aval et à l'amont de la production de sa nourriture préférée. A ce moment-là, Tom Vaughan a littéralement sombré dans le sandwich. Fin cuisinier, on dit qu'il était alors le meilleur confectionneur de Big Mac de l’Ouest. Il y travaillait 6 j/7, toujours avec le sourire aux lèvres et il avait totalement abandonné la fac. J’étais seul dans les amphis, mais je le voyais entre midi et deux au McDalle. Il y a même rencontré son âme sœur, une dénommée Peggy, une anglaise à la plonge et au fessier légendaires. Tom se vantait sans arrêt de son tour de cul, qui faisait plus de 95 cm d’après ses dires, tout en étant très gracieux avec l'ensemble du corps ! Il me faisait baver ce salop. Peggy c’était autre chose que Cameron Diaz, ça je vous le dis.




Hélas, encore une fois, son bonheur n’a pas duré, à l’instar du héros de Super Size Me, Tom a eu des graves problèmes de santé car son corps ne supportait plus d’ingurgiter des produits McDo matin midi et soir. Il a dû abandonner son activité vu qu’il était sans arrêt malade. Nos relations étaient alors en forme de montagne russe et je m’en plaignais souvent. Même quand Peggy l’a plaqué à cause de son obésité, il venait trop peu souvent chercher du réconfort à mes côtés. Après ça Tom a vécu pendant un long moment aux dépends de sa sœur, qu’il allait souvent voir, et elle ne manquait jamais de glisser un billet de 500 balles dans la poche trouée de sa veste en tweed. Ce billet ne l’aidait donc pas beaucoup car il finissait plus souvent perdu sur le trottoir ; alors Tom y a fini aussi. Ca m’a fait du mal quand j’ai compris qu’il était SDF ce con-là. Il était venu me chercher à la sortie de la fac, on se baladait tranquillos en centre-ville jusqu’au moment où il s’est mis à chialer tous ses morts quand j’ai donné un grand coup de pied dans un carton qui traînait par terre. Il m’a ensuite dit les larmes aux yeux que je venais de dégommer sa baraque. C’est pendant cette même promenade que Tom m’a fait part de son nouveau rêve, qui consistait à partir en Amérique, au pays de la Liberté, où il espérait pouvoir repartir depuis zéro et commencer une nouvelle vie, en se lançant pourquoi pas dans le cinéma. Soucieux de ne pas à nouveau le contrarier, je n’ai pas voulu calmer ses ardeurs, et je l’ai encouragé à essayer de traverser l’Atlantique, à la nage s’il le fallait.




Je n’ai ensuite plus revu Tom pendant de longs mois, jusqu’à ce jour où j’ai reçu une carte postale provenant du Mexique, où il me donnait de ses nouvelles dans un espagnol parfait dont je ne comprenais hélas pas un seul mot. Après avoir vu son nom au générique de Jackpot, j’imagine qu’il devait sans doute me dire qu’il envisageait de passer la frontière et de se lancer dans une carrière de metteur en scène. Je suis content qu’il y soit si bien parvenu, même si son film est une daube sans nom. Bien sûr, il peut aussi s'agir d'un homonyme, mais j'aime croire que le Tom Vaughan qui a signé ce film à Hollywood est le même que celui que j'ai quitté un soir d'hiver sous la pluie, s'apprêtant à passer sa nuit dans un abri bus Tisséo.


Jackpot de Tom Vaughan avec Cameron Diaz (2008)

5 commentaires:

  1. Djamel (anciennement Oualid)9 mai 2008 à 17:15

    Cher courrier des lecteurs, je t'écris pour te demander si Tom Vaugueune a un lien de parenté avec Vince Vaugueune, academy award winner pour "Wedding Crashers" ? (et actuellement en pologne pour travailler sur son nouveau métrage)

    RépondreSupprimer
  2. Si t'es allé voir ce film au cinéma, si t'as payé pour aller voir ce tromblon de Cameron Diaz et ce bellâtre de merde dont le nom s'apparente à une ville d'allemagne de l'est, alors là chapeau, alors là vient plus me faire culpabiliser en m'indiquant le prix d'envoi des Soprano.

    RépondreSupprimer
  3. C'est le début de la prostitution d'aller voir ce film.

    RépondreSupprimer
  4. Anatole, si tu trouves que Cameron Diaz est un tromblon je te propose de regardé toute les photos de tes anciennes copines (ça ne doit pas être bien long) et de te rendre compte que Cameron les écrase toutes une par une. Passe une bonne journée.

    RépondreSupprimer
  5. On te souhaite une excellente journée à toi aussi et bon courage surtout si ta meuf ressemble à un freak en comparaison à Cameron Diaz, une vieillarde refaite de la tête aux pieds et qui entre deux bouts de plastiques ressemble à une rascasse après digestion.

    RépondreSupprimer