Affichage des articles dont le libellé est Woody Allen. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Woody Allen. Afficher tous les articles

22 juillet 2019

Golden Exits

Alex Ross Perry se prend sans doute pour le digne héritier de John Cassavetes et Woody Allen, il n'en est pourtant que l'un des rejetons dégénérés. Le jeune cinéaste a beau être productif et enchaîner les petits films malodorants comme des pets fumeux, il n'est qu'au tout début de sa carrière et se répète déjà en boucle. On tient donc un nouveau film peuplé de personnages impiffrables qui se regardent le nombril et se livrent tour à tour à des séances de psychanalyses épuisantes. Tout se passe à Brooklyn, un quartier que le réalisateur filme comme s'il s'agissait de la septième merveille du monde, les américains étant décidément les meilleurs pour vendre les cloaques qui leur servent de mégapoles. Une jeune femme venue d'Australie, incarnée par Emily Browning, débarque à New York pour quelques mois afin d'aider dans son travail d'archivage un quarantenaire marié dont la particularité est d'avoir une énorme teub suintante et turgescente à la place du cerveau. Mais, à vrai dire, littéralement tous les personnages masculins deviennent obsédés par cette fille dès qu'ils la croisent et nous assistons à un enchaînement de scènes de basse-cour où l'on croirait observer des vieux chiens efflanqués renifler à tour de rôle le postérieur d'une femelle en chaleur sur les quais du vieux port. Un spectacle passionnant.




Pendant ce temps, les autres femmes s'interrogent sur la Vie, à travers des dialogues qui donnent envie de se pendre, de prendre immédiatement en grippe les personnages et leurs interprètes et, accessoirement, de détester l'humanité toute entière. Golden Exits est une horreur absolue qui pourrait faire haïr le cinéma à n'importe qui. Il faut tenir les enfants éloignés de ça. Alex Ross Perry nous livre une triste caricature de film d'auteur indépendant, avec des acteurs minables qui récitent leurs textes indigestes comme s'ils étaient menacés de mort, affalés sur leurs fauteuils dans le salon cosy de leur chic appartement, un énorme verre de Cabeurnet-Souvignone à la main. Chloë Sevigny fait particulièrement peine à voir là-dedans, avec ses airs de vieilles camées névrosées (ce qu’elle est in real life si sa page Wikipedia est exacte) que l'on a envie de voir disparaître à tout jamais. Si une civilisation extraterrestre tombe par hasard là-dessus, il est évident qu'ils débarqueront avec les intentions les plus belliqueuses à notre égard. A cause de ce con de film !


Golden Exits d'Alex Ross Perry avec Emily Browning et d'autres fumiers (2017)

17 juillet 2018

Hostiles

Un rythme lent, une ambiance solennelle, de fort beaux paysages, un casting a priori sympathique et un message pacifique... il n'en fallait visiblement pas plus au western de Scott Cooper pour se faire remarquer à sa sortie. Au début, il y a effectivement de quoi y croire. Le cinéaste et acteur, qui en est à son quatrième long métrage, a voulu bien faire. Son film n'est vraiment pas désagréable à l’œil, le format panoramique est bien exploité, les lumières sont chatoyantes. Scott Cooper prend son temps pour installer ses personnages, notamment celui incarné par Christian Bale, un capitaine de l'armée américaine qui se voit contraint d'honorer une dernière mission : escorter un vieux chef de guerre cheyenne du Nouveau-Mexique au Montana, pour lui permettre de mourir sur ses terres tribales. Le cinéaste ne veut se fâcher avec personne. Il y a des gentils et des méchants des deux côtés, des méchants qui sont finalement plutôt gentils et des gentils qui sont en réalité assez méchants. Il y a des connards de tout bord et, en filigrane, un petit message qui se veut réconciliateur. Scott Cooper a vraisemblablement retenu la leçon de la fin dégueulasse de son très pénible premier film, Les Brasiers de la colère, où l'on voyait Christian Bale (déjà) assouvir enfin sa soif de vengeance en tirant une balle dans la nuque de Woody Harrelson, poussant ensuite un hideux soupir de soulagement. Cooper est un élève appliqué et sa dernière copie a obtenu une bonne note sur IMDb.





Chris Bale est un capitaine chevronné, torturé par ses démons. Il a commis des atrocités durant la guerre. Il a un tableau de chasse impressionnant. Le gars a bien croqué dans le génocide indien mais doit désormais protéger son pire ennemi, un vieux rival qui, en fin de compte, lui ressemble sur bien des points. Bale lute tellement contre lui-même qu'il passe tout le film à tirer une tronche de dix pieds de longs, c'est Batman sans la capuche, en encore moins loquace, le smiley inversé figé derrière sa grosse moustache, les pieds puissamment enfoncés dans le sol, comme condamné toute sa vie à transporter le lourd fardeau des horreurs commises. Quand on lui annonce qu'il n'a pas d'autre choix que de remplir cette ultime mission avant la quille, il s'en va hurler sa détresse dans un champ, au loin, car il faut quand même bien que ça sorte, de temps en temps. Puis il revient faire le taff, la tête haute, car il est d'abord un bon capitaine, un gars fiable qui a des principes. Chris Bale est abonné à ces rôles de bombe humaine, susceptible d'exploser à tout moment, et c'est ici ce que l'on redoute durant toute la promenade. L'acteur choisit de jouer cette partition comme s'il avait la taupe coincée au guichet... Une méthode d'acting bien connue, qui a déjà fait ses preuves et valu quelques Oscars. Il suffit d'éviter les fibres durant le tournage. On gagne en reconnaissance ce que l'on perd en espérance de vie. Mais Bale, habitué à faire du yoyo avec son poids et à suivre des régimes drastiques, n'est plus à ça près. Il l'aura un jour, son Oscar du Best Actor in a Leading Role !





Le bonhomme s'adoucit un brin quand il récupère Rosamund Pike, une blonde plutôt pas mal mais traumatisée par la perte de toute sa famille dans un raid comanche. Car si les cheyennes sont sympas et dociles, les comanches sont de sacrées raclures, des bêtes sauvages capable de scalper à tour de bras et de brûler vif pour récupérer quelques chevaux qu'ils auraient peut-être pu obtenir par la négociation. Bref. La nuance est tout de même là : chez les indiens, il y en a des bons et des mauvais, comme chez les blancs, et même les bons peuvent avoir commis de mauvaises actions. Tout pareil que Christian Bale ! C'est un "type bien", au fond, et c'est ce que Rosamund Pike lui déclare une dernière fois, les larmes aux yeux, sur le quai de la gare, lors d'une conclusion qui schlingue l'eau de rose mais que l'on accueille quand même à bras ouvert tant elle promet, enfin, un coin de ciel bleu à ces pauvres personnages qui ont traversé tant d'épreuves. C'est que ce long film doit aussi pouvoir plaire à tous. Aux amateurs de westerns âpres, aux spectateurs friands d'action (notons quelques fusillades pour nous réveiller de temps en temps) mais aussi à leurs accompagnatrices aux cœurs plus sensibles. C'est en essayant de plaire à tous qu'on finit avec une mixture de ce genre : digeste mais vite évacuée. Tiens, ça ferait du bien à Bale !





Notre petite troupe traverse les paysages, elle est joliment filmée, au coucher du soleil, devant les nuages et les couleurs du crépuscule. Ça donne de chouettes cartes postales. La petite bande doit affronter les trappeurs hostiles et les impitoyables comanches, mais nous ressentons peu le danger. Nous ne vibrons à aucun moment. On attend que ça décolle. En vain. On restera toujours à ras du sol, goûtant simplement la diversité des territoires parcourus. Les feux de camp se suivent et se ressemblent. Nous n'avons aucune idée du temps qui passe, de la longueur du trajet, de la rudesse des épreuves traversées. Le film est à l'image du personnage principal campé par Bale, paralysé par toute cette rage intériorisée. Les cadavres s'accumulent sur la route mais on s'en fiche pas mal. C'est seulement quand ils sont aux portes de la mort que Scott Cooper s'intéresse de plus près à ses personnages. Un peu trop tard pour que l'on s'y attache, malgré tous les efforts des acteurs. C'est à Rosamund Pike que l'on doit les rares moments où percent un peu d'émotion. Et encore, je suis gentil, on pourrait également accuser l'actrice d'en faire trop, de grimacer à outrance.





En fin de compte, Bale finira par piger que le vieil indien qu'il escorte n'est qu'un alter ego aux motivations légitimes, que le sergent haineux ramassé en cours de route n'est que la personnification de cette dark side qu'il tente de refouler, et que Rosamund Pike est son seul salut possible. Vous l'aurez compris, le trait se veut complexe, il est en réalité assez grossier, très lourdement énoncé. Scott Cooper s'améliore, c'est évident, il est sur la bonne voie. Peut-être que son 36ème film sera le bon, mais il faut alors lui souhaiter une longévité digne d'un Woody Allen. On espère de tout cœur qu'il arrivera jusque là. Hostiles est nettement supérieur aux Brasiers de la colère, mais ça n'est pas le grand western que l'on m'a promis et que j'espérais naïvement.


Hostiles de Scott Cooper avec Christian Bale, Rosamund Pike, Wes Studi et Rory Cochrane (2018)

7 octobre 2016

Café Society

Le énième passager de la filmographie Allen... Bon ça se regarde, mais ce n'est vraiment pas intéressant. Il s'agit d'un vaudeville à la noix : Kristen Stewart, guère à l'honneur, trouve un rôle très mal écrit sur lequel il est bien difficile de projeter quoi que ce soit : Vonnie, de son prénom, la jeune secrétaire d'un grand producteur de cinéma hollywoodien, est tiraillée entre ledit producteur (Steve Carell, totalement éteint), et un jeune juif new-yorkais, neveu dudit producteur (Jesse Eisenberg, qui n'a pas à se forcer beaucoup pour parvenir à parler aussi vite que Woody himself), fraîchement débarqué sur la côte ouest pour obtenir de son tonton Scefo quelques faveurs : un job de grouillot. Le problème, c'est que si l'on cerne assez rapidement les deux hommes de l'histoire, le producteur fou amoureux de sa secrétaire mais incapable de quitter sa femme et son neveu fou amoureux itou de la jolie Vonnie, il est plus difficile en revanche de bien comprendre le personnage féminin : ni vraiment vénale, ni vraiment sentimentale... Elle n'est finalement rien, sans intérêt, comme le film.




Sans intérêt mais suffisamment prenant pour qu'on aille au bout, car Woody, à défaut de livrer une mise en scène digne de ce nom ou d'éviter les gros clichetons et les lumières ultra artificielles fort à propos mais bien balourdes, a encore un vague sens du rythme. Sauf que c'est là que survient l'autre grand problème du projet : le cinéaste mélomane bien bigleux se fait un plaisir de rythmer son long métrage en foutant de la musique partout. Et quand je dis partout, c'est partout. Il n'est pas une seconde de ce film qui ne laisse entendre en fond un morceau de jazz endiablé avec clarinette de jobastre et clavecin survolté de rigueur. C'est constant, et franchement épuisant. Pourtant Dieu sait que je suis un grand fan de jazz (mot qu'il faut prononcer "yazz", et surtout pas "djazz", contrairement à une idée reçue, et contrairement au nom de famille de Michel Jonasz, grand yazziste devant l'éternel, qu'il faut quant à lui prononcer "Djonass", ou à la rigueur "Yonaz").


Café Society de Woody Allen avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart et Steve Carell (2016)

7 janvier 2016

L'Homme irrationnel

Il y a un moment que je déteste chaque année, c’est le passage à l’heure d’hiver. C’est triste à se foutre par la fenêtre. Le seul équivalent que je puisse trouver, un autre truc récurrent, qui nous fout le coup du lapin chaque année, qui s'acharne à ruiner l'humeur de tout un peuple, plus ou moins à la même période, c’est les films de Woody Allen. Sauf que ça, on peut y couper. Suffit de pas les mater. Pas besoin de déménager. C’est un gros plus des films de Woody Allen sur l’heure d’hiver. Le seul. Et encore. Parce qu’en fin de compte, même quand on a décidé de ne pas regarder ses films, on finit toujours pas tomber sur l’un d’eux, sans vraiment l’avoir cherché, bien au contraire. C’est ce qui m’est arrivé avec le dernier, L’Homme irrationnel, alors que j’avais consciencieusement raté quelques uns des précédents opus du binoclard le plus vétuste de l’histoire contemporaine du 7ème art.


Woody Allen donne dans le placement de produit abusif et insupportable. Je parle d'Emma Stone.

Ce n’est sans doute pas le pire titre de sa filmographie récente, mais mon dieu que ce n’est pas significatif ! D’abord, si vous cherchez à vous marrer, tracez votre route au loin. Pas l’ombre d’un gag ou d’une réplique comique dans ce long métrage. Si vous aimez les personnages bien construits, idem, faites comme le chien de Jean Nivelle, celui qui fout le camp quand on l'appelle. Si vous aimez le cinéma en général, mettez les bouts, hissez la grand voile, zigzaguez au large. Et c’est dommage, parce que c’est néanmoins pas si mal foutu, pas toujours désagréable, malgré le vieux jazz huileux qu’on nous balance à la tronche toutes les quinze secondes environ. Que nous raconte Woody ? L’histoire d’un prof de philo totalement dépressif, alcoolique, drogué, suicidaire, tout ça suite à la mort de son meilleur ami en Irak et au départ de sa femme. Il est incarné par Joaquin Phoenix, qui fait le job, sans se fouler, pépère, affublé d’un gros bide lourdement mis en avant par le port de t-shirts étirés et ridicules. Le type, véritable légende urbaine, fantasme de tous les amphis, débarque dans une nouvelle université où il est tout de suite agressé sexuellement par une prof (Parker Posey), la cinquantaine en manque d’orgasmes, et une étudiante (Emma Stone), la vingtaine franchement impressionnée par le mot « existentialisme » (la philo tourne autour de ce mot selon Woody Allen, tandis que non loin gravitent, brumeux, les noms de Kant et de Heidegger, ce qui en dit déjà long…). Sauf que le docteur ès Simone Sarstre ne bande plus.


Cette scène-clé, cruciale, le tournant du film, est à peu près aussi platement filmée que tout le reste.

Heureusement, Abe, car c'est son nom, retrouve le chemin des filets quand lui et son étudiante à la manque surprennent une conversation dans un bar : une mère de famille se plaint de son divorce et d’un juge malveillant prêt à lui sucrer la garde de ses gosses au profit d’un père irresponsable. Dans la seconde qui suit, le prof de philo pour les nazes décide de mettre un terme à la vie du fameux juge, afin de soulager celle de cette parfaite inconnue qui chialait dans le bar et de donner un sens à sa propre existence (il retrouve illico le goût des aliments, la sensation du grand air et le plaisir universel de la turgescence). Il a déjà donné en matière d’aide humanitaire par le passé, mais tout cela ne sert à rien d’après lui. En prime, c’est pendant qu’il aidait les victimes du tsunami à Taïpeï que sa femme s’est barrée avec son collègue de chambrée. Par conséquent il trouve terriblement plus efficace, pour participer à améliorer la vie sur terre, de tuer un type sur la seule base d’une conversation privée épiée pendant cinq minutes. Ce type qu’on nous a vendu, durant toute l’introduction, comme un puits de science, un esprit brillant, un génie de la pensée, l'équivalent humain du gros cerveau arachnide suintant et rampant qui fout la merde dans Starship Troopers, décide de tout mettre en œuvre pour abattre un gars dont il ne sait rien en se basant en tout et pour tout sur une brève de comptoir. Parlez-moi d’un connard…


Avant de tuer le juge, Joaquin Phoenix lui lâche une petite perlouse discretos. Tout ceux qui ont déjà commis ce genre d'attentat en lieu public reconnaitront la précision du gestus de ce grand acteur.

Quand c’est là la base du scénario, ma parole, quelque chose ne tourne pas rond. Et quand en prime Woody Allen se sert de tout un tas de ficelles qui relèvent au final de l’énorme cordage de paquebot, voire de la poutrelle en acier trempé, pour justifier que le crime parfait de son héros finisse par rejaillir et l'éclabousser, comme toutes ces conversations quotidiennes autour de la mort du juge, qu’aucun des personnages ne connaissait, et dont tout le monde devrait se foutre (ça vous arrive souvent, vous, de commenter pendant des plombes un petit fait divers minable lu dans le journal avant d’arriver chez vos beaux-parents, et de passer tout le dessert à tenter d’élucider le mystère en famille... mieux, de tomber bizarrement juste ? Sans déconner…), c'est le signe qu'il est vraiment important de remettre l'ouvrage sur le métier pendant quelques années. La fin, que je ne vous dévoile pas, car je reste correct, même après avoir vu ce film, est pathétique elle aussi. Le personnage principal achève de ne plus tenir debout, Emma Stone s’énerve et exprime, à l'aide de ses traits faciaux, cet énervement (ce qui n’est jamais bon pour nos yeux innocents), et Woody Alien use et abuse d’une symbolique lourdaude à souhait, à peu près aussi pataude que le titre même de son film, qui annonce certes la couleur (tout cela n'a aucun sens) mais se révèle d’une prétention démesurée quand on est face à l’objet final.


L'Homme irrationnel de Woody Allen avec Joaquin Phoenix et Emma Stone (2015)

13 janvier 2015

How do you know

Je me suis franchement demandé pourquoi ce film apparaissait dans tant de tops de fin d'année en 2011 (pas tant que ça en réalité, mais même si peu c'était mystérieux). Ne voulant surtout pas être passé à côté d'une grande comédie romantique américaine contemporaine de merde, je me suis dit "vois-le, y'a peut-être moyeeeen...". Je l'ai donc lancé comme on va au boulot. Si je devais essayer d'expliquer de façon organisée et respectable la raison du succès relatif de ce film auprès d'une certaine frange de la cinéphilie française, je dirais, aidé dans ma quête de sens par mon acolyte Félix, qui a lancé ce film de son côté longtemps avant moi et qui n'a pas tenu un quart d'heure devant, que c'est à cause de James L. Brooks, réalisateur, quatorze ans plus tôt, de Pour le pire et pour le meilleur, une comédie romantique plaisante, le haut du panier de ces vingt dernières années, ménageant la romance idyllique entre un vieux tocard plein de tics (Jack Nicholson) et une serveuse à gros nibards (Helen Hunt), avec un électron libre homosexuel entre les deux incarné par un Greg Kinnear à voile et à vapeur.




C'est assez typique de certains critiques français que de s'amouracher d'un ou deux auteurs de films populaires plus finauds que la moyenne et de vouloir dénicher à tout prix LA comédie ricaine maudite, incomprise, méprisée par le commun des mortels incapable d'en saisir tous les enjeux narratifs et de déceler un discours passionnant derrière des pirouettes légères, pour mieux lui rendre justice de façon tout à fait démesurée. Funny People, du triste Judd Apatow, a pu bénéficier du même traitement de faveur usurpé. On trouve une profondeur folle à des saloperies terribles qui, même si elles ont peut-être deux ou trois idées de plus que la base des films du genre, restent essentiellement laides, et sont une telle plaie à regarder qu'on devrait s'en foutre royalement. Quelques fans se sont extasiés sur la scène dont est tiré le photogramme ci-dessus, qui se veut un pur cadeau de James L. Brooks pour Owen Wilson (je ne dirai pas un mot d'insulte envers ce con dans cette critique), ici dans la peau d'un sportif plein aux as et totalement débile (personnage très "apatowien" d'ailleurs, en décalage par rapport aux autres protagonistes du film) qui passe le script à draguer Reese Witherspoon. Une fois arrivé avec elle en bas de l'hôtel qui lui sert de garçonnière, il recule aux côtés du portier pour laisser à sa conquête "de l'espace pour réfléchir" et prendre sa décision avec les coudées larges. Cette drôle d'idée donne lieu à une scène étrange, ni drôle ni franchement brillante, tout juste surprenante par son déroulement aussi improbable que sans intérêt, qui a suscité chez certains un engouement incroyable et les a poussés à parler pour James L. Brooks d'un génie du traitement de l'espace ! Rien que ça... C'est du délire mais franchement j'ai envie de saluer sincèrement, et sans ironie, les gens qui arrivent à se mettre en mode "analyse" devant un truc si naze, et à porter un jugement aussi excessivement enthousiaste sur des scènes merdiques au pire, complètement factices et faiblardes au mieux. Faut quasiment avoir un grain pour faire ça mais c'est cool d'être fan à ce point.




Bref, que voulez-vous, certains semblent avoir envie de trouver le film maudit du cinéaste populaire plus méticuleux qu'il n'en a l'air, réfléchi sous ses airs de yesman, reconnu par des esprits éclairés comme un véritable auteur à saluer, et à ne surtout pas ignorer, contrairement aux Américains, sous prétexte qu'il fait de la comédie. Apatow est un exemple idéal, James Leroy Brooks aussi désormais, voire même Woody Allen, qui pour le coup a un solide statut d'auteur, et qui a réalisé par le passé (ça remonte...) de très bons films, mais qui jouit quand même quelque part du privilège de ne pas plaire à ces-cons-d'Américains qui ne savent pas voir la qualité de leurs auteurs, alors que nous, spirituels européens, nous ne les comprenons que trop bien (y compris les films récents de Woody qui, et depuis déjà un paquet d'années, sont des purges horribles à côté desquelles même How do you know est un plaisir coupable de spectateur).




Mais si je devais tâcher d'expliquer, de façon moins organisée, le petit succès dont jouit ce film, je ne dirais que deux mots (qui en appellent bien d'autres, affaire à suivre) : Reese Witherspoon. Moi-même, je vous l'avoue, je ne suis pas clean sur ce coup-là, et si je n'ai pas complètement détesté ce triste How Do You Know c'est uniquement grâce à la dénommée Reesy Witherspoon. Le film dure deux heures (c'est déjà une aberration pour une comédie romantique de ce genre), or mon "dvd" (notez les guillemets et faites moi un procès !) s'est arrêté net à 1h20 de film, sans raison apparente. J'ai relancé la lecture : idem. J'ai supprimé les fichiers image et son du "dvd" officiel du film, puis je les ai re-copiés sur ledit "dvd" "acheté" "35 euros" en "version simple" sans "bonus" à la "Fnac" du coin, j'ai relancé, rebelote. Comment expliquer mon comportement de malade mental méga maso ? Comment expliquer une telle dépense d'énergie, un tel acharnement pour aller au bout de How Do You Know ? Si ce n'est par la prise de pouvoir d'un calcif Bodywear sur mon cervelet (rendu HS il est vrai par le projet inique du film de Brooks).




Tout ça à cause de Witherspoon, cette actrice qui jusqu'ici ne m'évoquait absolument rien d'autre que quelques moqueries finement ciblées sur la partie inférieure atrophiée de son visage prognathe, qui lui a valu un rôle dans Mysterious Chin de Gregg Araki. Comme plein de gens je me suis foutu de son menton de malade, qui lui a aussi permis un caméo dans The Chin du diable de Guillermo Del Toro. Tapez "chin" dans google image et la tronche de Witherspoon apparaîtra sur toutes les images de la première page de résultats, véridique ! Je n'ai pas essayé de taper "face de pioche" parce que j'ai trop peur de tomber sur les mêmes photos, et comme désormais j'ai un passif avec cette actrice, je me préserve.




Et pourtant... Witherspoon... C'était pas du tout un de mes highlights... James L. Brooks m'a pris à revers, il m'a pris en traitre avec un "service calbar", je m'attendais à tout sauf à ça, et finalement c'est là son vrai, son seul talent sur ce film, c'est d'avoir su filmer une actrice à mi-chemin entre la belle et la bête (dur...) de telle façon que le spectateur mâle ait les yeux plus ou moins scotchés à l'écran. J'avais envie de partager les tenues faussement sportswear et réellement sexy que trimballe l'actrice dans chaque scène de ce film. On sent que le réalisateur aurait aimé être tout nu derrière sa caméra, pour être plus tranquille (ça a dû lui arriver une paire de fois à mon avis). Reese Witherspoon est elle-même dénudée sans l'être, épaule perçante, jambes aux quatre coins, du rouge à lèvre sur tous les orteils, et j'en passe. Le réal devait être au moins en short lui aussi, dans la même tenue que Reese sur l'image ci-dessus, pour diriger le film depuis le fauteuil de tournage floqué à son nom, je ne vois pas comment c'est possible autrement, on ne peut porter un falzar jusqu'aux chevilles dans ces conditions. J'ai maté ça sur ma télé et j'avais moi-même envie de trancher les manches de mon pull et de mon pantalon pour mater le film tel quel, je vous le dis à vous, je pourrais le dire à d'autres.


How Do You Know de James L. Brooks avec Reese Witherspoon, Owen Wilson, Paul Rudd et Owen Wilson (2011)

11 juillet 2014

The Game

The Game de David Fincher est un labyrhinthe, une mise en abyme, bref un film de ouf avec Michael Douglas et Sean Penn. Parler de The Game me rappelle que j'ai un ami, je dirais plutôt un Mentor, surnommé Le Tank, de son vrai nom Konrad O'Toole, vétéran du Viet-Nâm, "espion" à la solde de la CIA et "addict" à toutes les drogues légales et illégales répertoriées par la FDA (Food and Drug Administration). Le Tank a en effet la particularité d'avoir un gros faible pour Sean Penn (qu'il orthographie Shawn Penn) depuis qu'il a vu Outrages, à tel point qu'il avait nommé son premier chien Shawn Penn, qui fut suivi de Shawn Penn II, Shawn Penn III etc... Il est aussi atteint d'un certain fanatisme par rapport à l'oeuvre de David Fincher, Fight Club et Seven étant parmi ses films de chevet, le premier parce qu'il lui rappelle le Viet-Nâm, le second parce qu'il lui rappelle l'Indochine. Alors quand j'ai vu que The Game commençait à peine l'autre soir à la télé, je me suis empressé d'envoyer un sms au Tank : "TheGame frnce4 maintnt SeanPenn!". La réponse du Tank ne se fit pas attendre : "Suis devant. Terrible. DommageVF". Puis plus de nouvelles pendant quelques jours, normal car le Tank a besoin d'un moment pour "digérer" une séance signée Fincher, d'autant plus quand c'est avec Sean Penn. Puis il m'a envoyé un long mail que je vous retranscris tel quel ci-dessous.




Salut petit con,

Il m'a fallu du temps pour t'écrire ça, tu sais que je suis pas très littéraire comme gars, je préfère le face-à-face pour exprimer mes idées, surtout qu'un coup de latte est souvent plus efficace qu'un long discours. Comme le dit le proverbe, "ne fais pas confiance aux mots, fais confiance aux actions". Je voulais te raconter une de mes petites "escapades", rapport au film The Game. Tu sais, le cinéma de David Fincher et moi, c'est une histoire amour-haine, rappelle-toi quand on a maté ces merdes-la, Social Network et Zodiac. Fincher il se plante quand il veut raconter un truc compliqué, il est bon quand il raconte que dalle comme dans Fight Club, ou Seven qui m'a rendu fou à l'époque. J'ai failli devenir serial-killer après ça ! Alors quand The Game est sorti, j'étais à cran, il fallait que j'aille le voir dès sa sortie ciné, question de vie ou de mort.




Pour "en profiter pleinement", j'avais économisé, mis de côté pour pouvoir me payer la séance en VO de ce film, une séance qui m'a presque foutu sur la paille, rapport au supplément "version originale" qu'ils tarifaient le prix de deux places, les salops. Un jour, je me ferai un de ces exploitants qui nous prennent pour des vaches à lait pour "faire un exemple". Quand je pense aux exploitants, j'ai mon "membre fantôme" qui me démange, ça me rappelle le Viet-Nâm, et c'est pas un compliment ! Tu sais, il faut de la tristesse pour comprendre la joie, du bruit pour apprécier le silence et surtout l'absence d'un bras pour s'apercevoir du manque de sa présence.




Pour en revenir à mon histoire, je suis allé au ciné de la grande ville la plus proche de chez moi, le seul qui passait la VO, à Troyes, dans un multiplexe flambant neuf, le Ciné City, trop beau comme endroit : un bowling, un MacDalle et un ciné, tout ça au même endroit ! J'ai dû prendre le bus de mon village, celui qui passe une fois par semaine, ce qui tombe mal ! Le bus passait le mardi et le film était diffusé uniquement le jeudi :( Résultat, j'ai aussi pris ma tente Igloo Quechua pour aller camper en bord de Seine, pas loin du multiplexe. Le problème, c'est que mon fauteuil roulant a eu un mal de chien à rentrer dans le bus et personne n'a pu m'aider vu qu'il y a que des vieillardes qui prennent ce bus. Ça a été une galère, mais comme me le disait feu mon père (lui qui a fait le D-Day sur une jambe) au sujet de son cinéaste favori "À en perdre haleine, je foncerai toujours voir le dernier Woody Allen". C'était un putain de poète mon père, accro à Woody Allen comme je le suis de Shawn Penn. Il a trépassé devant Celebrity, c'était le film de trop pour lui. On n'a pas réussi à le sortir de son fauteuil tellement il s'était accroché aux accoudoirs. Il parait qu'on meurt comme on a vécu, c'est totalement exact pour mon père, il est mort "à cran"... On l'a enterré avec son fauteuil, ça a fait des frais supplémentaires pour ma pauvre maman. Fumiers d'exploitants...




J'en reviens à mon histoire. Durant mon petit séjour en bord de Seine, j'ai fait la connaissance de quelques personnalités troyennes, tu sais, celles que les troyens respectables préfèrent ignorer. Certaines de ces personnes sont à éviter, crois-moi, heureusement que j'avais mon flingue à portée de main ; j'ai toujours mon flingue, il me sert de bras droit de substitution. Un de ces "originaux", qui trainait autour de ma tente, s'en souviendra toute sa vie... S'il a survécu à cette balle que je lui ai envoyé droit dans son rein gauche... Dans sa fuite sanglante, il a laissé son chien. Qui est devenu mon chien, Trafalgar. Ça tombait bien car je venais de perdre Shawn Penn VI dans un bête accident de ski. Trafalgar ! Dès que je l'ai vu ce nom a tilté dans mon crâne, faut dire que j'étais "blindé" à ce moment-là. Et donc Trafalgar parce que je suis un fan de l'amiral Nelson (comme moi il a perdu de nombreux morceaux de son corps mais il n'a jamais cessé de se battre !). Enfin, quand est venu le jour et l'heure de ma séance de The Game, je m'y suis rendu avec mon désormais fidèle Trafalgar. Il a fallu un peu que je le "travaille" avant qu'il m'obéisse, ça a été court et intense, mais il s'est soumis. Je ne sais pas s'il a été heureux avec moi mais il a été soumis...




Pour continuer mon histoire, je suis arrivé au multiplexe avec une heure d'avance, de peur de ne plus avoir de place et pour profiter du meilleur emplacement handicapé de la salle (dans notre communauté d'handicapés on se connait bien et je savais qu'il y en avait deux ou trois du côté de Troyes qui avaient planifié d'aller voir le film uniquement pour me faire chier. En parlant de notre fière communauté, je connais bien Oscar Pistorius, c'est un pote, je lui ai tout appris sur le maniement des armes et sur ce qu'il faut faire en cas d'intrusion de cambrioleurs...). Et là j'apprends que le film ne passe qu'en VF ! Pas VO mais VF ! J'ai procédé à la méthode Coué pour ne pas sortir mon flingue et écrire l'Histoire... Donc, bon, pas grave, même si je me faisais un plaisir d'écouter la voix de baryton de Shawn Penn et la voix de crécelle de Michael Douglas... J'ai utilisé les sous supplémentaires pour acheter une place à Trafalgar parce qu'ils n'ont pas voulu croire que c'était un chien d'aveugle. Faut dire qu'il est borgne, mais je continue à croire que ça aurait pu passer si j'avais été dans la file de gauche, celle du caissier qui avait l'air sacrément con. J'ai préféré la file de droite, avec une puuuuure bonnasse à la caisse. Elle avait des einss, je t'en parle même pas ! Tellement gros et ronds qu'elle devait les poser sur le comptoir pour soulager son dos ! Et une tronche de puuuuuure s******, à tel point que même Trafalgar en a été ému, tant et si bien que j'ai dû faire croire qu'il avait 5 pattes. C'était un peu gênant quand même mais on s'est bien rincé les mirettes au moment de payer. J'ai fait faire le beau à Trafalgar pour qu'il puisse la voir de plus près. Ça a été une erreur presque fatale, on a failli se faire embarquer par la sécu, tout ça parce que je pensais qu'on aurait droit à une ristourne si on faisait assez pitié. Quelle femme sans coeur :(




Une fois dans la salle, à cause de toutes ces émotions et les deux nuits précédentes à veiller pour protéger mes maigres biens, je me suis assoupi et j'ai rien vu du film. Mais pendant mon sommeil je l'ai ressenti tout au fond, ça m'a fait un drôle d'effet. Je l'ai pas vu avec mes yeux mais je l'ai vu avec mon coeur, toutes les émotions étaient là, prégnantes. Et Shawn Penn m'a encore ébranlé, à tel point que Trafalgar se mettait à aboyer quand il sentait que l'émotion me submergeait devant sa performance habitée. Ce type c'est un roc, si on l'avait eu au Viet-Nâm, on s'en serait mieux sorti, je te le dis.



 
Bon je te laisse, faut que je sorte Trafalgar III sinon il va encore saloper mon tapis. Tu sais, à l'époque de The Game j'en menais pas large et j'ai eu quelques "confessions intimes" avec mon flingue. J'avais perdu mon dévoué Shawn Penn VI, j'étais seul. Et Trafalgar a croisé mon chemin comme si c'était écrit. Ce chien m'a donné une nouvelle raison de vivre, de goûter à la joie de faire des promenades, de humer l'air frais et pas uniquement celui de mes pets. Heureusement que j'ai tremblé la première fois que j'ai vu ce chien, sinon il aurait une balle entre les deux yeux et je serais encore seul... Ou j'aurais utilisé mon flingue... Tu ne peux pas faire la même erreur deux fois, car la deuxième fois c'est pas une erreur c'est un choix. Bref, tout ça c'était écrit, c'est l'émotion qui a fait son taff.

Au fait j'espère que tu ne traînes pas autour du Stadium sinon tu vas passer un sale quart d'heure, y a "Petit Caramel" qui a été remis en liberté.

A+
Ton Mentor




PS. Une petite question pour toi : tu sais comment revoir le Canal Toofball Club sur internet ? J'ai pas mal cherché mais je ne trouve rien même si je suis sans doute la personne qui correspond le moins à la définition du gogol. Je suis sûr que cela ne pose aucun problème à un pro comme toi. Passe me voir à l'occase, j'ai trouvé des vidéos "borderline" pour ton anniversaire, historik chacal.


The Game de David Fincher avec Michael Douglas et Sean Penn (1997)

22 janvier 2014

Blue Jasmine

Vu y'a trois jours, et je m'en souviens déjà très mal, le Woody Allen de 2013 n'est vraiment pas un grand cru, contrairement à ce qui a beaucoup été dit. Comme d'hab. Mais dès les premières minutes, il m'a tout de même apporté une grande satisfaction, un immense soulagement : ce film n'allait pas chambouler mon top ! Ma plus grande crainte, en tant que blogueur ciné, est toujours de découvrir l'un des meilleurs films de l'année passée seulement après la publication officielle de mon top. C'est ma hantise. Il y a une période où je lance toujours les films de l'année écoulée dans la peur... J'en fais des cauchemars la nuit. Avec Blue Jasmine, aucun risque, dès le premier quart d'heure, regardé sans décrocher les mâchoires, j'étais fixé. Même pas dans mon top 20 !




Nous sommes donc supposés rire et pleurer devant les déboires de la belle Jasmine, incarnée par une Cate Blanchett irréprochable. Sauf qu'on ne rit à peu près jamais et que l'on pleure encore moins devant les mésaventures de cette pauv' femme amenée à dégringoler les classes sociales suite à la mort de son mari (Alec Baldwin), riche hommes d'affaire new-yorkais et véritable escroc (je fais très bref, c'est un peu plus compliqué que cela). On ne fait donc qu'admirer la performance d'une actrice qui prend visiblement bien plus de plaisir que nous dans la partie et qui parvient à rendre supportable un personnage auquel on aurait, sans cela, bien du mal à croire. On suit tout ça sans souffrir, en se demandant parfois quand est-ce que le film va vraiment commencer, étrangement. Par chance, j'apprécie plutôt Cate Blanchett au demeurant, ça m'a permis de tenir. A vrai dire, peut-être est-ce le jeu extrêmement précis et maîtrisé de l'actrice qui situe le film dans un espèce d'entre-deux bizarre, entre la comédie légère et le drame social tragique, et finalement nulle part, car d'aucun côté Blue Jasmine ne trouve son salut. Ce serait tout de même assez cruel envers Blanchett, qui est clairement le principal intérêt du film...




J'ignore si je suis atteint d'une forme rare d'amnésie sélective, mais je ne me souviens plus précisément de ce film. Voilà, j'ai presque tout oublié. Au troisième paragraphe, je dois bien vous l'avouer, car là vous me voyez ramer. Je ne sais plus, par exemple, comme il se termine, ce qui est toujours rageant quand on a flingué une soirée pour arriver au bout. Alors certes, j'imagine qu'il doit bien y avoir deux ou trois passages assez savoureux là-dedans, ça reste un film de Woody Allen, il n'a pas complètement perdu la main. Mais je ne pourrais pas replacer ces trop rares moments ni vous assurer qu'ils existent bel et bien. Je n'arrive pas à retomber dessus sur VLC Player. Je vise toujours largement à côté. Je suis donc passé à travers le Woody Allen de 2013, après l'avoir pris en pleine poire comme les dix précédents. Pas grave, il y aura d'autres occasions, je n'ai pas non plus l'impression d'avoir raté grand chose. Je pourrai me rattraper cette année, il les enchaîne le filou !


Blue Jasmine de Woody Allen avec Cate Blanchett, Sally Hawkins, Alec Baldwin et Peter Sarsgaard (2013)

19 juillet 2013

Frances Ha

Refroidis par les précédents films de Noah Baumbach (Les Berkman se séparent ; Greenberg) et pas encore suffisamment envoûtés par Greta Gerwig après Damsels in Distress, nous savons gré à notre collaborateur Simon d'être allé au charbon à notre place pour découvrir Frances Ha, dont la dernière onomatopée s'est semble-t-il transformée en véritable cri de plaisir :

Frances Ha pouvait inspirer la crainte. En premier lieu son étiquette de énième film indé-new-yorkais en noir et blanc sous influence Nouvelle vague-Cassavettes-Jarmusch-Allen. Son sujet aussi, en apparence typiquement mumblecore (l’incapacité d’une fille de 27 ans à devenir adulte, pour faire vite). Et puis les très diversement appréciés films précédents de Noah Baumbach, notamment Greenberg, que je n'ai pas vu mais dont j'avais encore en tête la critique assassine de Félix dans ces pages. Malgré tout ça le film est une réussite, qui tient avant tout en deux mots : Greta Gerwig. Là encore on était en droit de se méfier. Son statut d’icône du cinéma indépendant américain, au même titre que Winona Ryder il y a 20 ans ou Chloë Sevigny il y a 10 ans, et toute la hype qui entoure sa jeune personne dans la presse branchée,  sont autant de facteurs qui peuvent agacer et faire craindre le phénomène de mode. Mais si sa performance constituait déjà à mes yeux le principal intérêt du surestimé Damsels in Distress, ce qui se passe à chaque image de Frances Ha sur le visage et dans le corps de cette fille, pas très jolie et pas très gracieuse de prime abord, est simplement fascinant.




Son jeu est un mélange très étrange d'hyper-expressivité corporelle et de bouillonnement intérieur. Derrière ses grimaces, ses éclats de voix, ses gestes brusques qui semblent incontrôlés, il y a ses yeux et tout ce qu'ils renferment d'émotion et de folie. Elle danse, elle court, elle tombe, elle crie, elle se bat pour de faux… puis, dans un repas où elle n’a pas vraiment sa place, elle se lance sans vraiment y penser et avec une sincérité désarmante dans une tirade sur ce qu’elle attend d’une relation amoureuse. Greta Gerwig joue, elle joue la comédie mais elle joue aussi comme une enfant, et on sent sa joie à jouer, sans pour autant avoir l’impression d’assister à une performance. Elle parvient à donner une épaisseur et une complexité folles au personnage de Frances, qui pourrait n'être qu'une ado attardée un peu écervelée et inconséquente, mais à laquelle on reste éperdument attaché par la seule grâce de son jeu, tout en ruptures. Elle parvient à faire naître un véritable sentiment amoureux pour son personnage, pourtant qualifié à longueur de film de « undatable ». Frances n’est pas une fille mignonne et un peu cruche qui refuse de grandir, elle est au contraire intelligente et volontaire, tout au plus un peu naïve dans ses sentiments, et comme empêchée. 




Le film est aussi très bien écrit, et là encore le mérite lui en revient en bonne partie : elle a co-écrit le scénario avec Baumbach et on sent que ce personnage ils l’ont vraiment façonné à partir de sa propre matière, mais avec beaucoup de dérision, sans tomber donc dans l'auto-portrait nombriliste. Il serait cependant injuste pour Baumbach de résumer le film à un brillant numéro de sa comédienne et co-auteur. Il a le grand mérite d’avoir su lui donner le juste espace, d’avoir su la regarder et transmettre sa propre fascination. Sa mise en scène n'est relâchée qu'en apparence : beaucoup de scènes, le plus souvent filmées en plans larges, semblent chorégraphiées. Dans le film Frances est une danseuse moderne un peu ratée, et son rapport à la danse se retrouve dans ses déplacements et ses gestes du quotidien, dans lesquels elle entraîne (ou tente d’entraîner)  les autres personnages. Le film déborde d'énergie, très curieusement rythmé, la aussi sur le mode de la rupture, alternant longues scènes bavardes et saynètes très courtes.




Sa force tient aussi dans la qualité des nombreux personnages secondaires qui entourent Frances et des liens qu'elle entretient avec eux, en particulier l'histoire d'amitié contrariée avec Sophie, traitée comme une romance. Même bel équilibre de légèreté et d’amertume dans les relations entre Frances et les garçons, qui donne au film une réelle épaisseur affective et le fait planer très loin au-dessus de l’ordinaire sucré de la comédie indie américaine. On pardonnera aisément à Baumbach son usage régulier d'une musique "cool", notamment le Modern Love de Bowie à plusieurs reprises, qui s'intègre très bien au film, et les nombreux clins d'œil cinéphilo-francophiles. Il a su construire un film euphorisant, léger et grave à la fois, et contribuer à confirmer l'éclosion d'une très grande actrice.


Frances Ha de Noah Baumbach avec Greta Gerwig, Mickey Sumner, Michael Esper et Adam Driver (2013)

27 juin 2013

Dark Skies

Dark Skies débute sur les chapeaux de roue. C'est à ma connaissance le seul film d'horreur dont le moment le plus flippant survient dès la toute première seconde, alors que le film n'a, à vrai dire, pas du tout commencé. C'est une citation que l'on doit à Arthur C. Clarke, une pointure de la science-fiction, qui aurait écrit un jour : "Two possibilities exist : either we are alone in the Universe or we are not. Both are equally terrifying." Des mots terribles qui apparaissent blanc sur noir lors du générique d'ouverture et qui ne manquent pas de nous procurer le premier et seul frisson du film. Vous pourrez ressortir cette citation en soirée lorsque le sujet de conversation s'y prêtera, cela fera toujours son petit effet, à condition bien sûr de la placer au moment opportun, de la prononcer en anglais et avec conviction, elle perdrait autrement beaucoup de son impact. Pour ma part, ce film m'a simplement rappelé cette citation, car mon frère Poulpard, ufologue amateur de son état (il préfère le terme d'ovniologue), l'avait faite imprimer sur la première page de sa thèse de biologie dont le sujet, portant sur les interactions entre plantes et herbivores dans un contexte d'invasion biologique, était pourtant "à des années-lumières, que dis-je, à des milliards d'années-lumières !" comme lui a répété son plus virulent examinateur lors de sa soutenance, malgré les menaces physiques et verbales de notre mère sise juste derrière cet énergumène.


D'étranges constructions faites avec les ustensiles de cuisines...

C'est donc ainsi que débute Dark Skies, minuscule film d'horreur qui ressemble à s'y méprendre à un mauvais épisode de X-Files, où une famille de banlieusards américains se retrouve prise pour cible par des extraterrestres invisibles. Ces extraterrestres adorent vider les tiroirs et mettre la cuisine sens dessus dessous pendant la nuit, ce qui fait d'abord croire à des crises de somnambulisme du petit dernier de la famille (il est toujours facile de pointer du doigt le plus faible), les parents étant vraisemblablement fans de Step Bro et peut-être un brin naïfs et cruels. A un rythme suffisamment soutenu pour maintenir l'attention, les péripéties et phénomènes paranormaux accompagnant les intrusions extraterrestres s'enchaînent et se veulent de plus en plus inquiétantes. Cela fait un mois que j'ai vu le film, et je me souviens seulement de cette scène où une flopée d'oiseaux vient s'écraser sur les fenêtres de la maison, comme s'ils étaient irrésistiblement  attirés par cette modeste et banale bâtisse. Quoique non, je me souviens aussi de ce superbe passage où la fort sympathique Keri Russell (la maman) se tape plusieurs fois la tête contre la porte vitrée de sa demeure, en proie à de violentes migraines dues aux ondes néfastes propagées par les aliens.


Des dessins chelous, inspirés par des nuits agitées...

Le film prend une tournure grotesque mais salutaire (on peut enfin en rire pleinement !), quand le petit couple s'en va chez un expert en ufologie (un ovniologue donc) dont ils ont trouvé l'adresse sur internet. Ce dernier, après leur avoir fait passer un questionnaire ridicule (à base de "Un membre de votre famille a-t-il saigné du nez récemment ? Des animaux se sont-ils comportés de façon inhabituelle autour de chez vous ? Votre chien répond-il à son nom ? Avez-vous pensé à mettre du papier alu autour du pénis de votre mari ?"), leur apprend qu'ils sont la cible des Gris, l'espèce extraterrestre la plus souvent observée sur notre planète, et qu'ils risquent très probablement une abduction. L'illuminé est incarné par J. K. Simmons, une "tronche" bien connue du cinéma américain (notamment vue dans Juno et la trilogie Spider-Man de Sam Raimi), et l'acteur s'en donne à cœur joie, semble-t-il bien conscient de l'énormité de la situation, lui dont le personnage est condamné à porter des lunettes aux verres teintés et un vieux sombrero bien enfoncé sur le crâne pour, dit-il, "limiter les intrusions des Gris, télépathes malveillants capables de commander nos actions à distance".


Nos perruches perdent la tête !!

Pour impressionner la galerie, l'expert rappelle alors le b.a-ba de l'ufologue lambda à son auditoire crédule en édictant point par point la fameuse classification de Hynek, celle qui inspira Steven Spielberg en 1977. De la même façon que la citation d'Arthur C. Clarke, vous pouvez placer cette échelle astronomique lors de soirées entre amis voire lors de rendez-vous professionnels à couteaux tirés, quand une intervention de haute volée s'impose dans le but de mettre un point final à toute conversation tout en sauvant les apparences. Je vais donc vous faire part de cette classification de façon détaillée, en m'appuyant simultanément sur mes souvenirs du film et mes expériences personnelles (ne me remerciez pas).


J. K. Simmons livre une prestation assez ébouriffante, il faut bien l'admettre. Il est à fond dans son rôle.

La Rencontre Rapprochée du 1er type (RR1) est celle où le ou les témoins voient un OVNI, quel qu'il soit, à moins de 150 mètres. Le spécialiste des ovnis de Dark Skies avoue être passé tout près d'une RR1 dès l'âge de 6 ans. Hélas, il se tenait à 152 mètres de l'appareil venu du ciel quand il affirme l'avoir vu de ses yeux vus. Encore amer, il ajoute en serrant les poings "A deux centimètres près ! A deux centimètres près !". Après avoir retrouvé ses esprits, J. K. Simmons précise que 8 américains sur 10 effectuent une rencontre rapprochée du 1er type avant l'âge de 55 ans et sont mauvais en géométrie. Keri Russell porte alors la main à la bouche pour jouer la stupéfaction. C'est mignon.


Adepte des "nipples" et autres "see through", Keri Russell apparaît souvent en simple pyjus dans Dark Skies. Notons hélas que de simples gommettes bien placées suffirait à respecter son intimité.

Selon Joseph Allen Hynek, la Rencontre Rapprochée du 2e type (RR2) succède logiquement à la Rencontre du 1er type. Pour qu'une RR2 soit reconnue et attestée, il faut que l'OVNI laisse des preuves matérielles, comme des traces au sol, des mokos ou des fèces, voire pire. L'ufologue un chouïa allumé du film de Scott Charles Stewart désigne alors du bras la vieille étagère qui décore sobrement son salon et sur laquelle trônent une collection de merdes impressionnantes venant forcément d'outre-space. Keri Russell fait encore la moue. On en mangerait !


C'est pendant la nuit que les Gris font tout leur ramdam dans la cuisine. Cela a le don de faire sortir Keri de ses gonds.

En ce qui concerne la RR2, une précision est à faire pour vous autres lecteurs, nouveaux ufologues avertis. Certains pensent en effet que les cercles de récolte, les fameux "signes" qui ont inspiré M. Night Shyamalan, entrent dans cette catégorie. Mais les ufologues sont extrêmement divisés sur ce point, surtout depuis qu'il a été prouvé par A+B que ces étranges symboles étaient l’œuvre de deux paysans farceurs, as du râteau au propre comme au figuré. La déclassification de ces cercles de récolte en RR2 par le Center for UFO Studies en mars 1980 a même provoqué un important schisme parmi les ufologues, définitivement séparés en deux écoles de pensées. Chez les dissidents, on a constaté à cette même période un vif regain d'intérêt pour la classification que l'on doit au français Jacques Vallée (cocorico !), beaucoup plus précise et austère, et donc moins amusante. Dans Dark Skies, le personnage campé par J. K. Simmons préfère ne pas aborder la question pour ne pas rouvrir une plaie encore mal cicatrisée.


Ci-dessus le "crop circle" que réalisa mon frère Poulpard une nuit d'insomnie, dans le champ en face de la ferme de nos parents. En guise de punition, papa nous retira la prise péritel de notre SuperNes. Nous la cherchons encore. 

Les choses deviennent enfin plus intéressantes avec la Rencontre Rapprochée du 3e type (RR3) : le ou les témoins voient un OVNI et ses occupants, ou seulement les prétendus occupants d'un OVNI sans ce dernier (dans ce cas-là, la RR3 présente ceci d'original qu'elle ne se cumule pas systématiquement à une RR1). La "rencontre de Kelly-Hopkinsville" et le "grand meeting de Valensole" sont classés en RR3. Je classe ma JAPD en RR3. Et le pauvre J. K. Simmons accumule à son grand regret les RR3. Quand ça tourne mal, ces rencontres débouchent parfois sur une Rencontre Rapprochée du 4e type (RR4) : le ou les témoins prétendent alors avoir été enlevés par les occupants d'un OVNI. Ces RR4 sont plus rares, dans le sens où les personnes ne reviennent pas toujours pour effectuer le récit de leurs abductions. Elles n'en constituent pas moins l'une des plus populaires catégories inventées par Hynek et de nombreux films en ont proposé une illustration, sans qu'aucun ne parvienne à véritablement marquer les esprits (Intruders, Xtro, Communion, Fire in the Sky, The Forgotten, Fourth Kind... ces titres ne vous disent rien ? Normal).


On ne garde tout de même pas un mauvais souvenir de LA scène d'abduction de Fire in the Sky avec ses aliens particulièrement hideux. Dommage qu'elle ne survienne qu'après deux heures d'ennui.

Remédions aux carences de Dark Skies et précisons qu'il existe deux types de RR4 : dans une "RR4 de classe 1", les victimes sont non consentantes et peuvent éprouver une déformation grave de la réalité, des trous de mémoire, des symptômes caractéristiques du traumatisme du rapt tels que la crainte et l'inquiétude, des effets physiologiques comme la paralysie et une désorientation dans le temps et l'espace. C'est exactement ce qui finit par arriver à la famille de Dark Skies (spoiler). Mon frère Poulpard présente quant à lui la particularité d'avoir à la fois été l'auteur puis la victime puis de nouveau l'auteur d'un RR4 de classe 1. Je considère personnellement comme une RR4 de classe 1 la journée portes ouvertes du collège Joseph Delteil de Limoux effectuée quand j'étais en CM2. Les "RR4 de classe 2", bien que techniquement qualifiés d'enlèvement, sont des cas où le témoin déclare avoir suivi volontairement l'entité. Il s'agit parfois des conséquences du coup de foudre d'une jeune demoiselle pour un individu venant certes d'ailleurs mais répondant par miracle aux critères de beauté de notre planète (à savoir un sexe long, épais et dur). Kelly Kapowski affirme ainsi avoir été attiré par "un sosie de Brad Pitt au corps vert-de-gris" le 14 juillet 1978, en plein Arkansas. Quand le coup de foudre est réciproque, la RR4-2 peut rapidement entraîner une RR7 (un ou plusieurs témoins ont un rapport sexuel avec le ou les occupants d'un OVNI), mais, pour ne pas vous perdre, reprenons plutôt dans l'ordre...


 Joseph A. Hynek et Jacques Vallée : bien qu'opposés par les ufologues du monde entier, les deux hommes se respectaient mutuellement. Notons que Jacques Vallée inspira à Spielberg le personnage incarné par François Truffaut dans Rencontres du 3ème type et que Hynek y fait une apparition.

La rencontre Rapprochée du 5e type (RR5) est celle où le ou les témoins prétendent être entrés en communication avec les occupants d'un OVNI. Certaines personnes prétendant avoir vécu une RR5 se sont révélés être de purs affabulateurs. D'autres, qui visaient à mettre en garde leurs semblables, ont récemment tenté de démontrer que le 39 49 était une ligne directe vers une RR5 assurée et souvent traumatisante. Ce type de rencontre ne se produit pas dans Dark Skies, les extraterrestres du film pouvant se définir comme de véritables anti-woody aliens dans le sens où ils ne causent et ne blaguent jamais. La Rencontre Rapprochée du 6e type (RR6) ne fait plus rire personne : pour qu'elle ait lieu, un ou plusieurs témoins (ou animaux) doivent être blessés ou tués par un OVNI ou ses occupants. On peut alors parler d'une "mauvaise rencontre" ou d'une "rencontre fatale", comme l'indique mon frère Poulpard, alien ufologue amateur. Les cas de mutilations de bétail qui ne trouvent pas d'explication rationnelle sont souvent imputés à une RR6 (pour l'anecdote, le tout premier épisode de la série South Park traite avec humour de la RR6). La mort de mon chat Leviathan, dont le cadavre a été retrouvé recouvert d'abjectes cicatrices, a d'abord été classée en RR6 par mon propre papa avant d'être déclassée suite aux aveux du petit Dimitri, mon enfoiré de voisin psychopathe. Pour en revenir au film, J. K. Simmons déclare que la RR6 est la plus atroce des rencontres, étant donné qu'elle laisse généralement la victime en vie, mais traumatisée pour le restant de ses jours, or "mieux vaut crever après ça, croyez-moi" comme le personnage le répète à 36 reprises exactement (j'ai compté). Les RR7 et suivantes existent bel et bien, mais elles sont moins indispensables. Savoir par-cœur les cinq premières catégories élaborées par Hynek suffisent à briller en société et même au delà...


Quelques portraits d'Entités Biologiques Extraterrestres réalisés d'après les témoignages. Presque toutes correspondent à des "Gris". Certains farceurs ajoutent parfois à cette sinistre galerie une photographie noir et blanc en pied d'Amélie Nothomb. 

A part enrichir votre culture générale par ces précieuses connaissances et faire de vous une bestiole de foire en soirées (ce qui n'est déjà pas rien, avouons-le), Dark Skies ne vous apportera pas grand chose. Le grand film sur les rencontres du 4e type reste donc à faire. On se demande un peu pourquoi Dark Skies connaît les honneurs d'une sortie en salles quand tant d'autres restent sur les étagères. La jolie frimousse de Keri Russell, dont la régularité des traits n'a d'égal que la petitesse de sa poitrine (malheureusement personne n'est parfait), ne suffit pas à se sentir quelque peu concerné par les malheurs de cette bien terne famille, en proie à des petits hommes gris qui ne marqueront pas l'histoire de la science-fiction mais qui vous feront peut-être effectuer une recherche Google en leur honneur (c'est ce que j'ai fait, j'avoue). En ce qui me concerne, je me suis senti obligé de vous parler de ce film à cause de cette sortie inattendue sur grand écran, et c'est là qu'on sent les terribles contradictions de la vie d'un blogueur ciné, affirmant n'être guidé que par sa passion de cinéphile, mais obéissant sans rechigner au diktat impitoyable de l'actualité. 


Dark Skies de Scott Charles Stewart avec Keri Russell, Josh Hamilton, Dakota Goyo, Kadan Rockett et J. K. Simmons (2013)