2 octobre 2011

Spider-Man 3

Aujourd'hui nous accueillons à nouveau Arnaud, le blogueur décalé et fin limier du blog ciné Donc Acte !, pour une dernière intervention dans ce dossier à propos du troisième volet des aventures de Spider-Man. A cette occasion nous nous joignons à lui pour donner nous aussi notre avis sur cet ultime épisode. Suite et fin d'un article-ricochet sur la saga de Sam Raimi !


Arnaud :

Le troisième opus au budget pharaonique rassemble la tyrannie Raimi. Sam et Ivan Raimi ont creusé leur cerveau commun pour trouver l'histoire et ont réengagé Alvin et les Chipmunks pour l'écrire. Ils se sont renvoyés la balle devant un Alvin Sargent dépité. Ils répétaient à tour de rôle lors de l'écriture du scénario automatique : "c'est toi mon double", "non c'est toi mon double", "non c'est toi mon double", "non, c'est toi mon double". Quand ils en avaient marre, ils inversaient : "c'est moi ton double", "non, c'est moi ton double", "non, c'est moi ton double !"... et ainsi de suite. Alvin Sargent reprit donc le script du second opus. Il s'est dit que les deux frères n'y verraient que du feu s'il inversait juste les pôles évolutifs de Parker et de Watson.

Tout repart comme au début de Spider-Man 2. Sauf que, cette fois, tout roule pour Peter et rien ne va pour Mary-Jane. Harry en veut toujours à Spider-Man/Peter d'avoir tué son psychopathe de paternel. Alvin Sargent a rajouté des doubles ; l'influence des Raimi s'est faite sentir. Ainsi Mary-Jane a une rivale. Peter a un rival. Vénom existe en double. Harry reprend le rôle de bouffon vert de son père. Deux nouveaux méchants au compteur : Vénom (un méchant vraiment très con) et l'homme-sable (le méchant qui nous tire une larme) qui reprend la fonction de Dr. Octopus.



Retour au résumé : après avoir attaqué Parker dans une ruelle, Harry subit un choc à la tête. Commotion cérébrale. Il ressort dans la journée, devient le type le plus gentil du monde et peint des natures mortes. Pendant ce temps, Vénom, entité néfaste extra-terrestre, s'accroche au vélomoteur de Parker (en présence de Mary-Jane Watson). Double opportunité ratée d'infecter du monde. Peter passe faire un tour chez sa tante. Encore raté pour Vénom. Il traîne dans l'appartement de Parker et a l'occasion d'infester Peter et Mary-Jane (alors qu'ils sont seuls) sans le faire. Il préfère se planquer dans le placard et y rester deux jours. Il en ressort lorsque Spidy fait son cauchemar. Songez que si Peter n'avait quelque responsabilité dans la mort de son oncle, Vénom se serait installé confortablement dans une penderie et y serait encore. Vénom a donc décidé de tourner en dérision le photographe. Sous son influence, Peter se plaque une mèche de cheveux sur le front. Il se trouve un nouveau costume de héros tout noir. Lorsqu'il marche dans la rue, il adopte une démarche de frimeur et pointe du doigt les filles. Peter dévoile l'imposture de son rival en photographie (ce qui n'est pas un crime) et se fait apprécier de son proprio (quelle mauvaise influence ce Vénom !). Certes, Spidy finit ses combats plus violemment qu'à l'accoutumée : il croit tuer l'homme-sable et fait exploser une bombe près du visage d'Harry... rappelons que dans le premier opus, Peter avait déjà laissé tomber de quelques étages celui qu'il croyait être le meurtrier de son oncle. Peter joue au méchant dans une scène où il essaie de ridiculiser Mary-Jane dans un café-bar tout acquis à sa cause (elle ne se laisse pas faire ; le mal n'est pas bien grand). Ce qui constitue d'ailleurs le retour en grâce de Parker qui a des remords et se débarrasse de la boue pétrolifère à coup de sons de cloche (dans un clocher d'église). Bref, toute l'affaire se finit sur un chantier de construction (étape que le script de Spider-Man 3 n'a jamais connue).



Même si Spidy the Third s'est avéré rentable financièrement, les studios Marvel et Sony ont préféré relancer la franchise du départ (un reboot) plutôt que de signer avec la même équipe pour un Spider-Man 4. On peut espérer que les méchants ne soient plus aussi naïfs que dans la trilogie de Raimi (Doc Ock excepté). Mais les studios ont choisi le pote au compte bancaire et au long pif du "héros" de The Social Network pour incarner Peter Parker, ce fameux nerd fan de sciences et merdier humain le jour qui se transforme en justicier arachnide la nuit. Le casting de Peter Parker n'est pas chose aisée mais il ne faut pas non plus s'avouer vaincu. Un jour peut-être, on pourra espérer un acteur qui n'a pas un visage ridicule à afficher sur grand écran. Heureusement, ils portent un masque la moitié du temps.


Rémi :

Je n'ai pas vu ce film au cinéma parce que je refuse de donner mes rares euros aux salops qui font ce genre de sale boulot. C'est un énorme tas de fientes, ce film, "un gros tas de merde" pour reprendre l'expression de Jeff Goldblum dans Jurassic Park. Parmi les scénarios les plus ridicules jamais montés à Hollywood, et pourtant... A ceux qui se demandaient encore : "Sam Raimi est-il un immense nullard ?", en se frottant la tempe, le réalisateur répond lui-même "Oui !" avec ce film. Tobey MacGuire et le comédien qui joue le bouffon vert (je ne le nommerai pas) ne sont pas supportables. Après, oui, je dînerais face à Kirsten Dunst avec un smiley en zigzag jusqu'aux lobes des oreilles, parti de Yaoundé pour rejoindre Adis-Abeba en passant par Rouffiac d'Aude. Quant à Bryce Dallas Howard, c'est le type d'individu qui se forniquerait sans peine. Mais ça ne sauve pas un film, deux bombastics décérébrées n'ont jamais sauvé un film, ou alors un film du samedi soir sur Canal+, un conte de la crypte crypté jusqu'à la lie. On entend dire des choses extraordinaires sur Spider-Man 3 : "C'est l'épisode le plus sombre de la série", "Beaucoup d'autodérision", "Tobey MacGuire devient émo et c'est fun". Vaaaaaaaaaaaaaaaaa chier... Les scènes d'action maintenant, elles sont censées être superbes et sont hideuses, stricto sensu. Pas un plan qui soit tourné sans ces effets venus le rendre plus joli, et pourtant c'est affreusement laid, pire, on ne croit à rien. Le passage avec la grue... que je ne résumerai certainement pas pour la simple raison que je n'en garde aucun souvenir : je vous défie d'y croire et de prétendre sans croiser les doigts de pieds dans votre dos : "Oui j'y ai cru, c'était impressionnant". Plus ils ont les moyens de faire "beau", plus c'est laid, et plus on se croit devant notre télé à écran bombé et à tube cathodique branché sur notre console Xbox pendant une scène cinématique de Hunter The Reckoning Wayward. Et les scènes de combat, par pitié épargnez-moi ça. Des scènes qui durent dix minutes avec deux tristes types qui se tapent sur la gueule alors qu'ils savent très bien qu'ils n'arrivent pas à se faire mal. Et puis ce qui n'a pas marché pendant tout le film finit par tuer le méchant à la fin, dieu sait pourquoi. Allez vous faire foutre Monsieur Raimi. Votre film est en-dessous de tout ce qui se trouve déjà en-deçà du niveau de la merde. Monsieur Sam Raimi je vous fous mon pied au cul, avec les orteils en éventail.




Félix :

Ça y est, je voue une haine tenace à ce gros imposteur de Sam Raimi. A vrai dire, je me rends compte que si j'ai pu apprécier un peu ce type, c'était seulement à cause de la VF d'Evil Dead 3, autant dire qu'il n'y était déjà pas pour grand chose. Car avec du recul, les deux premiers Evil Dead sont deux grosses bouses largement surestimées dont j'ai jamais pigé le statut de film culte. Voir le premier s'apparente à une torture, et quand on sait que le second en est un remake déguisé avec plus de moyens, ça fait pas rêver. Quant au reste de sa filmographie, ça pue la merde à 10km à la ronde et c'est pas son frère Ivan qui se bougera le cul pour acheter du Fresh Air. En plus de ça, les frères Raimi sont des proches amis des frères Coen, avec lesquels ils partagent l'art de faire des films chiants que la majorité des gens apprécient beaucoup. Cette même majorité qui a foutu Copernic derrière les barreaux après avoir lu en diagonale sa thèse intitulée "De la place du soleil dans l'univers". Bref. Spider-Man 3. D'ores et déjà estampillé "pire film vu Rue du Rempart", alors qu'il y a pourtant une sacrée concurrence. La meilleure chose de Spider-Man 3, c'est le visage et le corps de salope que trimballe la fille de Ron Howard. Je me la ferais bien, et ce serait avec un énorme sourire de merde qui partirait de ma nuque pour rejoindre ma carotide en passant par mon trou de balle. J'imaginais vraiment pas dire ça un jour. Bryce El Paso Howard c'est où tu veux quand tu veux. Sinon que dire ? Le film m'a littéralement emboucané l'esprit. Il appartient à cette catégorie de films tellement détestables que, plus tard, je ferai tout pour que mon futur gosse n'ait jamais la sale idée de le voir. En étant optimiste et en espérant que ce film ne m'ait pas rendu stérile, car je suis en effet persuadé que quelque chose d'aussi débile, c'est forcément contagieux. C'est rempli d'idées crétines et tout est ignoblement laid. C'est tout récent mais déjà extrêmement vieux. Avec un tel scénario c'est dingue d'avoir filé du fric pour le tourner. Et c'est encore plus dingue que tant de monde aime et aille payer pour voir ça. Creusez. Les frères Raimi ont déjà bien commencé et ont malheureusement trouvé un sacré paquet d'oseille.


Spider-Man 3 de Sam Raimi avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst et Bryce Dallas Howard (2007)

7 commentaires:

  1. Clair, 3 costards sur mesure pour le prix d'un!

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  2. Je l'avais bien aimé au cinoche!
    2 mois après ma copine que j'avais invité voir ça me plaquait...
    Coincidence? Je ne crois pas.

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  3. Arnaud a l'air sacrément sérieux à côté de vos crachats mollardeux :D

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  4. Vous êtes vraiment dingues, Bryce Dallas Howard, elle est pourrie jusqu'à la moelle. Vous partez en sucette.

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  5. @ Joe Gonzalez > Merci ... "sérieux" n'est pas un qualificatif que j'entends souvent à mon sujet ;)

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