25 avril 2014

Lara Croft - Tomb Raider : Le Berceau de la vie

Il est rare qu'une affiche pose autant de problèmes. Au-delà de la laideur graphique à l’œuvre, le titre n'est tout simplement pas lisible. Le sous-titre encore moins. "Le blaireau de la vie ?", "Le bureau de la vie ?", "Le bahut de la vie ?", "Le barbu de la vie ?". Autant de questions sans réponse. Après les échecs successifs de Speed 2 puis de Hantise, Jan de Bont, d'ordinaire si affable et si heureux, n'est plus que l'ombre de lui-même. Pensant à une reconversion dans le fromage, la peinture, les putes ou la drogue, soit dans l'une des spécialités de son cher pays hollandais, De Bont n'y croit plus quand on lui tend le scénario du second opus de Tomb Raider, scénario aux tranches salies par toutes les mains (et quelques pieds) desquelles il est tombé avant d'arriver sur le bureau immaculé de notre maître du cinéma d'action en flagrante perte de vitesse.




Lara Croft, après avoir affronté Daniel Craig, le bad guy de Tomb Raider 1, et après lui avoir pété au nez en guise de conclusion à une première adaptation un peu olé-olé, se retrouve en tenue de plongée sur les bords de la mer Caspienne. Sur son lit de mort, son père à la vie comme à l'écran, Jon Voigt, lui a indiqué dans un dernier éclat de rire l'emplacement d'un trésor secret, en pointant son doigt vers l'un des murs de sa chambre d'hôpital. Un trésor ou plutôt une statue. Une statue d'Alexandre le Grand contenant dans son crâne la clé de la sulfureuse Boîte de Pandore. Cette boîte, Lara Croft veut mettre la main dessus pour mieux la foutre à l'abri de son ennemi juré, Chen Lo, le frère chinois de Daniel Craig. Ce dernier aimerait littéralement ouvrir la Boîte de Pandore afin de nettoyer la Terre de ses péchés et repartir, selon ses propres mots, "comme en 40". Aidée dans ses pérégrinations par Gerard Butler, acteur tout en bas de l'échelle sociale en 2003, Angelina Jolie s'apprête à nouveau à combattre les forces du mal en sautant de caillasse en caillasse et en arborant les différentes tenues vestimentaires dessinées par quelques malades dans le jeu éponyme, propres à mettre en avant une poitrine peut-être pas assez démesurée pour correspondre aux attentes du gamer et subvenir à ses besoins péniens.




Pourquoi Angelina Jolie ? Le casting, vrai serpent de mer, a duré des lustres. C'était d'abord Vanessa Demouy, qui a elle-même lancé la rumeur de son embauche en diffusant des photos où, certes, son corps faisait l'affaire, malgré une tronche de dix pieds de long. C'était ensuite Rhona Mitra, victime peu pudique d'un autre détraqué hollandais nommé Verhoeven dans Hollow Man. Puis Catherine Zeta-Jones, pote de De Bont depuis Hantise et déjà rodée aux tractions du train arrière sous le regard tout suant de Sean Connery depuis Haute Voltige. On ne vous cite que les trois plus connues mais à l'époque c'était à chaque jour un nom nouveau, une roue de la fortune qui a fini par tomber sur le blaze d'Angelina Jolie, au plus grand désarroi de nombreux haters (parmi lesquels nous nous comptons) qui reprochaient à l'actrice son visage. De Bont a fait durer le casting pour faire tourner, et pour multiplier les tentatives de conquêtes, lui qui avait instauré une règle selon laquelle chaque bout d'essai devait se terminer par la mesure des mensurations de ces dames ad hominem. Il se considérait alors comme l'homme le plus chanceux de Hollywood, lui qui se dirigeait pourtant droit contre un mur sous la forme d'un scénario fatal, sans doute les pires mots jamais assemblés sur du papier (à l'image du titre, non-sensique, qui se fait un plaisir de mêler des mots-clés au pifomètre).




La pire idée du film est peut-être d'avoir fait de Lara Croft un mec (Angelina Jolie a été nominée aux Oscars pour le meilleur rôle masculin), un garçon manqué avec de gros nibards, alors que tout le jeu consistait à manipuler une pure femme simplement douée pour l'acro-gym. Jan de Bont n'a jamais plus rien tourné après ça. Il considère que le projet lui a échappé au moment même où il a dit "moteur !" pour la première fois. Lui qui comme toujours partait plein de bonnes intentions, des idées plein la tronche, et le sourire collé aux nuages, on ne l'a plus jamais revu sourire depuis, et il nous manque fort, le hollandais imprévisible à la filmographie en forme de flèche sur-aiguisée tirée à pleine force dans son propre pied. Il nous manque fort.


Lara Croft - Tomb Raider : Le Berceau de la vie de Jan de Bont avec Angelina Jolie et Gerard Butler (2003)

20 commentaires:

  1. Blaireau le foot25 avril 2014 à 09:39

    Si on devait faire un troisième Tomb Raider, il faudrait choisir Dimitar Berbatov dans le rôle-titre, ça me semble une telle évidence maintenant!

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    1. Il aurait plus de charisme !

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    2. A prendre un mec autant en prendre un vrai, un qui compte double ! Dimitar en combi de plongée, je signe où ? Sur son cul ?

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    3. Je sais que tu t'intéresses pas trop au toof mais t'as vu son dernier but ? Sûr qu'il te plairait... Un simple petit coup de patte...

      http://www.lequipe.fr/Football/Actualites/Le-chef-d-oeuvre-de-berbatov/459834

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    4. J'ai vu oui. C'est pas mal. Et à la fois j'en riiiiiiiiien à battre. Un but c'est aussi un contexte. Il fout ça en pleine coupe dum, je me fous par la fenêtre. Là non.

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    5. Pas faux... T'es sans pitié !

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  2. Dire qu'à l'époque il se trouvait des types pour être physiquement excités par ça :

    http://th07.deviantart.net/fs70/PRE/f/2012/061/9/9/tomb_raider_ii___lara_croft_in_sola_wetsuit_by_roli29-d4rjiug.jpg

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    1. Sur les pochettes et dans les livrets du jeu, elle était pas si mal faite...

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    2. Quelque chose à confesser ?

      Un livret de jeu aux pages encore collées à refourguer dans un quelconque vide grenier, ou au cousin du type qui collectionne les VHS de Speed, celui qui collectionne les livrets esquintés de Tomb Raider 1 pour Playstation 1 ?

      Déballe !

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    3. J'suis plus à ça près...

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  3. Une petite critique de Hollow Man bientôt sur Il a osé ? Je me souviens surtout du rire d'un psychopathe dans la salle quand il tue le chien.

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    1. On note ça pour une prochaine session ! ("session" = ces moments où l'on se retrouve, Rémi et moi, pour rédiger quelques articles, en général autour d'un bon moka ou d'un petit kefta). :)

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  4. Rating stat numbers guy25 avril 2014 à 18:18

    Qui a vu ce film ? Personne en fait.

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    1. C'est juste.

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    2. Je me suis contenté du premier, vu au ciné en compagnie du DAS...

      ...donc j'la ramène pas.

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    3. J'avais vu le premier au cinéma, aussi, je crois. Que de thunes dépensées à tort ! J'aurais dû m'acheter un pain au chocolat. C'est pareil avec tous ces magazines de merde qu'on s'achète et tous ces journaux. On ferait toujours mieux de se payer des chocolatines !

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    4. J'ai couiné comme un chien battu pendant tout le film. J'en pleure encore :'(

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    5. Ahah, véridique.

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