20 août 2011

Melancholia

Malgré la plaie ouverte par le terriblement médiocre Antichrist, et au préalable entaillée par la plupart des autres films de Lars Von Trier, nous nous sommes laissés attiser par ce fameux Melancholia, avec sa pluie de critiques élogieuses, décrit par la majeure partie de ses spectateurs comme absolument sidérant, et nous sommes donc allés le découvrir au cinéma. Félix nous a accompagnés mais il ne s'exprime plus que par râles depuis qu'il est sorti de la séance. Ça va faire trois jours, on commence donc à s'inquiéter. Mais pour l'heure, Nônon Cocouan et moi-même allons vous donner nos impressions sur ce "chef-d’œuvre" du cinéaste danois, et à cette occasion nous allons spoiler tout ce qui peut l'être.

Le film est scindé en deux parties. La première sur Justine (Kirsten Dunst), le soir de son mariage, qui, alors qu'elle s'apprête à vivre une superbe fête pour célébrer son union avec un mari fou d'amour, est terrassée par la mélancolie (qui ne semble pas la submerger pour la première fois puisqu'on lui intime de ne pas "recommencer") au point de régulièrement s'éclipser et de rendre folle de rage sa sœur, qui a tout organisé. La deuxième partie est consacrée à la sœur donc, Claire (Charlotte Gainsbourg), dans son château et au sein de sa famille (Kiefer Sutherland et leur petit garçon), qui recueille la neurasthénique Justine, complètement abattue par la maladie mélancolique, tandis que tous attendent le passage de Melancholia, une planète qui va bientôt faire le tour de la Terre. Sauf que Claire est angoissée, persuadée que la planète ne va pas faire que passer et puis s'en va, mais qu'elle va bien s'écraser sur son monde.




Il y a bien quelques trucs pas mal dans ce film, mais globalement c'est plutôt mauvais, disons raté, assez plat malgré le fort potentiel d'un grand nombre de scènes. Toute la première partie ressemble à une sorte de Festen (Thomas Vinterberg) plein aux as, sauf que Lars Von Trier ne prend pas le temps de bien saisir les petits travers de chacun de ses personnages, il nous les balance par à-coups et les veut très caricaturaux. On se fout assez rapidement d'eux puisque tout tombe à plat (Cf. le père avec ses blagues sur les cuillères), ou n'a aucune saveur (Cf. les coups de gueule de la mère, la brève séquence de dispute avec le patron, etc.). Ceci dit ça peut fonctionner un temps, si on aime beaucoup les acteurs. Et on aime plutôt bien John Hurt, Kiefer Sutherland (malgré le triste tour qu'a pris sa carrière), Stellan Skarsgard et Udo Kier. Même Charlotte Gainsbourg tient bien son rôle de grande sœur rigide et pas gaie... Et puis il y a surtout Cannes Film Festival Award Winner Kirsten Dunst. Elle a une présence assez fascinante, il faut bien le dire, puis elle est extrêmement jolie avec son petit sourire, ses moues espiègles, ou son regard qui s'éteint soudainement quand la mélancolie la rattrape, et elle est en outre assez bonne, soyons clairs (Cf. la dernière image de l'article). Ce qui est fort dommage en revanche et qui plombe royalement le film, c'est qu'au bout de quelques scènes Von Trier la traite avec aussi peu d'égards et de cohérence que ses autres personnages : de mélancolique elle devient rondement conne, comme quand elle baise soudain avec un inconnu (à cheval sur lui, usant d'un mouliné de l'épaule qui évoque les scènes où elle est sur son canasson noir, cette analogie vous fait une belle jambe, hein ?), en plein milieu du jardin (un terrain de golf 18 trous qui passe soudain à 19 trous), dans sa robe de mariée, séquence placée là pour traduire le besoin qu'éprouvent les mélancoliques de ressentir une jouissance corporelle niant l'autre... ou encore quand elle envoie chier son patron dans un règlement de compte à la Festen donc, qui n'est pas franchement passionnant.




Ce qui est stupide là-dedans, c'est que tout cela va presque à l'encontre de sa mélancolie. Non pas que ces agissements ne soient pas dignes d'un personnage atteint de cette affliction - Von Trier semble s'être lourdement renseigné sur son sujet (étant par ailleurs lui-même mélancolique, selon ses propres dires) et son film égraine toutes les informations scientifiques que vous dénicherez en vous penchant à votre tour sur la question - mais dans la mesure où le trouble de Justine serait plus pesant et plus intriguant si tout autour d'elle n'était pas si misérable, car en l'état on ne peut que comprendre qu'elle ait les boules, et dès lors son angoisse n'est plus inexpliquée : elle a une vie de merde, basta. Enfin sauf en ce qui concerne son mari, qui est gentil et sympathique, trop pour Von Trier qui l'éjecte de son film en deux coups de cuillère à pot, c'est plus simple. Le cinéaste, qui avoue de façon assez remarquable que son film est un copié-collé de choses vues, entendues, et "volées" (des peintures de Bruegel au Tristan et Isolde de Wagner en passant par le château shakespearien et le terrain de golf de La Notte), se revendique d'Antonioni et de Bergman, et autant dire qu'il a de gros gros progrès à faire concernant le traitement de la psychologie de ses personnages...




On a donc une première partie pas totalement mauvaise, avec une structure d'ensemble qui fonctionne à peu près, des petits trucs d'acteurs, quelques jolis plans, des répliques cinglantes, ça se regarde, mais finalement tout est assez inconséquent, ça reste des trucs scénaristiques vus et revus (ou qu'on aurait préféré ne pas voir, comme quand la mariée va pisser en soulevant sa robe sur le green du parcours de golf...), et quand le jeune marié finit par se barrer, on a presque envie d'en faire autant. Cette tout de même accablante cérémonie bourrée de clichés et de fatuité (Von Trier dit s'être probablement et involontairement inspiré de la scène d'introduction de Voyage au bout de l'enfer, il y a de quoi rire), déplie un éventail de personnages têtes-à-bouffes, de la mère hystérique interprétée par l'affreuse Charlotte Rampling à ce personnage joué par Udo Kier qui se cache la vue dès qu'il passe devant la mariée parce qu'elle lui a soi-disant ruiné son mariage quand elle était enfant (gimmick d'une nullité totale...), jusqu'à l'époux de la sœur, Jack Bauer, qui ne pense qu'au fric dont il regorge et qui ne supporte pas les frasques de sa belle-famille (on le comprend). Après quoi nous passons à la deuxième partie.




Et le film se concentre alors sur Claire, Charlotte Gainsbourg, la pauvre Gainsbarre, qui n'est déjà pas un canon de beauté d'ordinaire mais dont on croirait ici qu'elle n'a pas dormi depuis trois mois. Encore faut-il avouer qu'elle n'est pas du tout insupportable, ce qui relève déjà de l'exploit la concernant. Une aubaine d'ailleurs que les rôles ne soient pas inversés, car Gainsbourg dans le rôle d'une mélancolique neurasthénique nous aurait achevés. Son problème à elle n'est pas d'être mélancolique mais de se faire de la bile dès qu'elle pense à l'immense planète jadis cachée par le soleil qui se rapproche de la Terre et qui fascine son mari et son gamin, impatients de découvrir ce qui s'annonce comme le plus grand moment de l'Histoire de l'humanité. A noter une bonne idée de scénario quand Sutherland est tout fier de présenter à sa femme l'invention dérisoire mais ingénieuse de leur fils qui consiste en une simple boucle de fil de fer destinée à évaluer à l’œil nu la distance de la planète approchant. Et donc on passe de Festen à euh, peut-être une sorte d'Antichrist pas dégueulasse, dans le grand manoir situé à l'écart de tout et entouré de nature. La catatonie de Justine se mélange alors à l'angoisse sourde et tenace de Claire, et il y a quelques trucs pas mal là encore, mais franchement, tout ça ne va pas bien loin. On régresse même quand Justine acquiert une sorte de prescience des choses, prétendant qu'elle "sait tout" et prouvant ses talents d'oracle en donnant à sa sœur et au chiffre près le nombre de grains de maïs contenus dans un pot, que les invités devaient deviner à l'issue de la cérémonie de son mariage. Il parait que dans l'Antiquité, les mélancoliques étaient effectivement considérés comme des sortes de devins, Von Trier a tout prévu, on l'a dit, il a tout lu sur ce thème et tout casé dans son film, mais là ça ne fonctionne pas du tout, ça rend simplement le personnage de Justine très con, voire infiniment désagréable, et ce don rendu exagérément explicite annule les pensées du spectateur qui songeait grâce au film à la mélancolie comme forme de lucidité impénétrable (Justine désirant la fin de tout et niant de façon autoritaire la possibilité de l'existence d'une vie ailleurs dans l'univers), pour leur opposer un très peu crédible et inutile talent de divination fort dommageable pour l'adhésion au personnage et au propos même de la fiction. Puis il faut bien le dire, tout ça est assez chiant. Toute la fin est un peu bâtarde : parfois Lars Von Trier saisit bien les derniers instants ambivalents censés précéder la fin du monde (enfin à priori, puisqu'on a peu de témoignages de cataclysmes), dans un mélange de frayeur et d'apaisement, un amalgame de foi absolue (la cabane de l'enfance en opposition au désastre) et de nihilisme, souvent il tue l'ensemble par les réactions bidons des personnages (la crise de larmes de Gainsbourg entre autres) et par un regard pas très fin sur son sujet.




L'ensemble donne vraiment l'impression que Lars Von Trier est certes un cinéaste pour le moins atypique, plus doué qu'un certain nombre de ses congénères, qui a des idées et un savoir-faire non-négligeable mais qu'il s'embourbe dedans, essayant d'être à la fois un grand symboliste et une sorte de naturaliste classieux. Il s'empare bien de l'angoisse et de la mélancolie, mais on a le net sentiment qu'il n'y a pas grand chose derrière, et après une scrupuleuse et esthétisante mise à plat du sujet, ne reste qu'un ennui assez profond. Le cinéaste, qui prétend ne pas tellement aimer son propre travail, dit que si le film touche les mélancoliques et leur paraît juste, ce sera déjà une réussite. Mais l'objectif semble un peu facile. L'idéal serait plutôt de toucher ceux qui sont étrangers à ce sentiment accaparant et destructeur. Y'en a-t-il seulement ? Ne sommes-nous pas tous, un jour ou l'autre, mélancoliques ? A des degrés variables bien entendu. Mais tout un chacun, et le cinéaste l'affirme, a déjà éprouvé les affres de la mélancolie, ne fût-ce qu'un instant, aussi n'y a-t-il aucun mal pour le quidam à se reconnaître par bribes dans les sentiments dépeints par le film ou à se laisser vaguement happer par celui qu'il provoque et que son titre ne laisse pas d'annoncer. On dit souvent que le rire est plus difficile à obtenir chez le spectateur que les larmes, aussi l'abattement quêté par Von Trier est-il plutôt aisément atteignable, ce qui ne fait que retirer du mérite au cinéaste. Qui plus est, hormis quelques moments de torpeur ainsi facilement provoqués par l’œuvre, on s'emmerde un peu, ou du moins reste-t-on relativement indifférent. C'est dommage parce que Von Trier, en touchant du doigt ces craintes ou ces angoisses injustifiées, incompréhensibles mais opiniâtres qu'on connait tous plus ou moins, pourrait aller beaucoup plus loin, imaginons-le ! mais non, ça s'arrête là.




Pour le côté "sidérant" du film, sur lequel à peu près tout le monde s'accorde avec un enthousiasme débordant, il concerne principalement le début de l’œuvre, les premiers plans, dont nous vous ferons la grâce tant nous sommes épuisés de les croiser dans les journaux et partout sur la toile, de longs plans très ralentis et très composés qui illustrent le récit à venir (prémonitions de Justine, ces images ouvrent le film et en donnent le ton). Ça dure assez longtemps, sur un morceau de Wagner, et effectivement ça peut paraître "beau", car le ralenti, la longueur des plans et l'étrangeté des images leur confère une persistance sur tout le reste du film assez troublante, en tout cas on peut trouver ça sublime jusqu'à ce ça fasse franchement penser à (coucou Malick) de grosses pubs pour parfums. Ok, Justine est publicitaire, et c'est censé justifier cette imagerie grossière, mais si elle avait été productrice d'engrais à base de fientes, ces images auraient donné quoi ? Peut-être quelque chose de plus beau remarquez, ou bien des plans comme ceux qui nous présentent des insectes grouillants sortant de leurs terriers à l'approche de la catastrophe et que Von Trier laisse, eux aussi, tomber à plat. Parmi ces motifs ou idées énoncées, voire énumérées, lancées en l'air au petit bonheur la chance par le cinéaste et qui ne retombent jamais, quid du cheval de Justine qui refuse de passer outre le pont vers la forêt, et de mille autres étapes du scénario qui s'accumulent sans donner suite. A vrai dire ce n'est que pire quand l'idée retombe, dans un gros plat décevant, comme cette séquence où la jeune femme semble s'offrir, nue sur le rivage d'un lac, à la planète Melancholia, scène dont Von Trier ne tire qu'un beau tableau (ou un beau cliché à la Helmut Newton, plastique et glacé), rien d'autre, aucune puissance, aucun souffle, aucune implication, aucune émotion, rien. Mais pour en revenir aux plans matrice du début du film, malgré tout reconnaissons que c'est presque séduisant, que c'est un peu fascinant, surtout pour les attitudes qu'ont les personnages, leur mouvement étiré jusqu'au malaise. Mais c'est trop léché, trop affecté pour que cela "sidère" véritablement. Donc l'un dans l'autre ce Melancholia n'est pas franchement une réussite. Il y a des choses, des plans, des bribes d'idées, un bréviaire psychologique sur le phénomène de la mélancolie, un symbolisme brut de décoffrage, du romantisme allemand, des acteurs, des attitudes, mais plof. Comme toujours chez LVT quoi, rien de nouveau sous le soleil, même s'il abandonne à bon escient le côté dégueulasse d'Antichrist ou le misérabilisme de Breaking the Waves. Ce cinéaste n'est sans doute pas le génie qu'on dit et Dogville reste la vague exception dans sa filmographie qui confirme la règle.


Melancholia de Lars Von Trier avec Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland, Charlotte Rampling, Udo Kier et John Hurt (2011)

45 commentaires:

  1. J'en suis toujours au brouillon de l'article sur Melancholia. J'ai encore du mal à dégager le bon du mauvais. Je pense que votre article va m'aider. Les passages de Kirsten/Justine sur le terrain de golf et avec son patron dans la première partie tombent à plat et sont incohérents (ils n'apportent rien). Mais il y a beaucoup de choses intéressantes. Il faut que j'y remette à l'écriture de cet article qui n'en finit pas. C'est la contradiction que j'ai avec von Trier : c'est intéressant et proche de devenir excellent mais il y a toujours une gène même sur ces plus belles réussites. C'est un auteur siphonné chiffonnant.

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  2. En effet, nos avis sont en tout point similaires (c'est même au détail près !)
    Où je diffère de ton opinion, c'est sur Von Trier. Dogville me semble bien plus misérabiliste que Breaking the waves, par exemple.
    Mais c'est un type assez étrange. Autant certains cinéaste suivent une ligne, ils font des films magnifiques, et puis ça se dégrade, jusqu'à ce qu'ils fassent un mauvais film et alors là on sait que c'est foutu. Mais von Trier, lui, je ne crois pas qu'il vive son cinéma comme une ligne. Ce sont plutôt des bouffées, dans sa vie, et parfois c'est très fort, parfois complètement raté. Ce qui fait qu'on va tous les voir.

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  3. Point de vue intéressant. C'est vrai qu'il semble filmer ce qu'il vit, et que ça confère une sincérité à ses films. Mais cette sincérité est contrebalancée ici par ce qui ressemble à un refus d'aller au bout de son idée. Par exemple quand il filme Dunst en train de pisser, accroupie sur le green, la caméra portée (un peu lassante d'ailleurs, on n'en a pas parlé) fait un petit mouvement vers le bas puis remonte tout de suite vers le visage de l'actrice dans un geste d'auto-censure manifeste. Idem quand Justine s'offre, nue, à la planète Melancholia, ou à la mort, bref, la scène n'a aucun souffle parce qu'on sent qu'il s'interdit plein de choses. Apparemment Von Trier va essayer de se libérer en tournant un soi-disant porno (il peut continuer de rêver mais il semblait souhaiter d'engager Gainsbourg et Dunst pour jouer dedans), je sais pas ce que ça donnera mais ça lui fera peut-être du bien, car on sent clairement qu'il se réfrenne dans son nihilisme cru et violent, et ça fait de son film un objet avorté, inabouti, inefficace, raté quoi, avec beaucoup de potentiel mais raté...

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  4. Quant à Dogville, il confine au misérabilisme aussi oui, mais disons que formellement c'est quand même d'une autre trempe que ce qu'a proposé Von Trier par ailleurs. Foncièrement, le propos du film m'avait un peu laissé de guingois, mais formellement il m'avait paru assez brillant, j'avoue.

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  5. Le vrai vice de Von Trier c'est de nous identifier à Kiefer Sutherland, lui, sa gueule de beauf et sa voix d'alcoolique pas anonyme, qui n'arrête pas de ruminer : "It's insaaaaane".

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  6. Perso, Kiefer, ça a été mon rayon de soleil dans ce film dégueu. Lui et les nibz de Kirsten, pour une fois très bien mis en valeur par sa robe de mariée dans la première partie.

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  7. Tu kiffes vraiment Kiefer ? Tu kiffes vraiment cet acteur ? Pourquoi ? *_*

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  8. Pour sa tronche d'ado puant et hideux dans Stand by me et dans The Lost Boys ? Pour sa ressemble avec Chuck Norris qui est sans doute son père caché ? Pour son rôle crédité "The Voice" dans Phone Booth ? Pour ses cascades doublées et son front en sueur dans cette saloperie de 24 Heures Chronopost ?

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  9. Pensez-vous qu'en engageant Kiefer Sutherland (FILS DE Donald), Charlotte Gainsbourg (FILLE DE...), Kirsten Dunst ("enfant-star", depuis toute petite dans le showbiz)... pour des rôles de bourges coupés du monde dans leur château immense, Von Trier nous offre une autre interprétation possible de son film ? Une pique adressée à son petit monde replié sur lui-même ?

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  10. En fait je kiffe toute la famille Sutherland, père et fils !
    Le père, pour certains films fameux dans lesquels il (a) jou(é) (Don't Look Now, Invasion of the Body Snatchers, Ordinary People, entre autres !). Et parce que je le trouve classe et méga bon dans ces films. Puis j'aime sa grosse tronche atypique, j'aime les vestons et autres futals en velours qu'il impose dans la plupart de ses rôles. Je ferais pareil si j'étais lui ! Et il a une diction assez particulière, comme son fils Kiefer (qui a un peu la même grosse tronche, forcément !), dont j'aime bien son perso de Jack Bauer, ses tics d'acteurs immédiatement identifiables (il en répète certains dans Melancholia), et aussi le fait qu'il ait l'air un peu cinglé dans la vraie vie aussi ! Voilà :D

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  11. Pour moi, Kiefer est l'alter ego de Nick Cage, pour moi le rêve ce serait qu'ils soient réunis dans un film dirigé par Werner Herzog. Pour moi Kiefer est un grand acteur, à mon avis il est aussi fou dans la vie que ce qui transparaît à l'écran.

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  12. Tu me proposes une soirée avec Kirsten ou une soirée avec Kiefer : mon choix est méga vite fait, surtout si je peux y amener ma compagne futunaise (raison pour laquelle je me foutrais pas mal d'une soirée avec l'autre cinglée -elle est cinglée dans le film ok, mais pour moi elle l'est aussi en vrai -à mon avis elle ne "joue" pas, elle est ravagée de l'intérieur-), ça se terminerait en un bain de sang et d'alcool dans un bar lambda.

    @Kiefan : fameuse idée :D

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  13. Même si ça parle de Kirsten "pas de lèvre du haut" Dunst, j'ai décidé d'attendre Scary Movie 2 dans la semaine maison hantée avant de commenter ici XD

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  14. J'ai lu cet article en entier, pour passer le temps dans une file d'attente pour le château. Je l'ai lu en entier wow! Et curieusement, vous semblez pas vraiment l'aimer ce film, et surtout, ce réalisateur, mais en lisant votre article, j'ai finalement très envie de le voir! Vous pesez le pour et le contre, vous retenez le contre, et moi j'ai tendance à retenir le pour ! Quand vous me parlez de la "melancholia" telle que LVT veut la montrer, ça me parle, alors qu'à vous ça a l'air de pas vous toucher. Enfin, peut-être qu'en le voyant à la fin je me dirais la même chose "roh c'est con, y'avait de quoi faire, y'a d'l'idée, mais pas concrétisée." Comme un peu le mec qui va tenter une louche pour surprendre une défense et lancer son attaquant, sauf que l'attaquant il y a pas cru, et donc que le goal prend la balle et que ça a servi à rien. C'est comme ça que je le vois.
    Ceci étant dit, chouette article, parce qu'il me fait réagir, je me tatais le menton en le lisant et en me disant "ah ouais... hm hm hm, ok, hm ben ouais, hm... interessant!"

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  15. Je pense que tu le regarderais en position foetale, le cul en bombe, tout en vidant la batterie de ton iPhone.

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  16. C'est sûr oui. Et c'est presque logique que t'aies ce sentiment là Vincent, car il y a de la matière dans ce film, il n'est simplement pas émouvant, sidérant, pas du tout assez captivant...

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  17. Toujours les mêmes mots, toujours les mêmes tournures de phrases pompeuses... ralalalala...

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  18. on est complètement d'accord et votre critique mets des mots sur ce que je n'arrivais pas a formuler! décu décu décu...

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  19. Oui, mais peut-on vraiment entailler une plaie qui n'est pas déjà ouverte ?

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  20. Oui, comme on peut entrebâiller une porte avant qu'elle ne soit ouverte...

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  21. Excellente critique, probablement la meilleure de ce blog qui en regorge pourtant. Je vais de ce pas la pointer sur mon blog. Je partage à 100 % ce qui est écrit et même ce qui ne l'est pas.

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  22. Comme Chris, je suis d'accord avec chaque mot de votre critique, c'en est flippant.
    Pour résumer donc, quelques belles idées (le rapprochement infiniment grand/infiniment petit de la deuxième partie, la cabane magique...), quelques bons trucs d'acteurs (Kirsten et Kiefer surtout), un prologue et une fin marquants, mais un sentiment global de gros gâchis, de bâclage, voire de gros ratage sur toute la première partie, caricaturale à l'extrême (toute la famille, putain...).
    C'est dommage quoi, et je pige pas l'enflammage général, même si le film est moins désagréable à mater que le Malick (puisque les films sont si faciles à rapprocher).

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  23. Une très bonne critique, belle analyse. En revanche je trouve le film esthétiquement très bon, et pour moi ça rattrape un peu le reste, même si c'est loin d'en faire un bon film.

    Ce que je trouve dommage c'est qu'il y a trop de truc en plan. LVT commence quelque chose mais ne l'emmène pas assez loin. Dans le désordre : la relation avec le père, avec la mère, avec le patron, le mari (lui ne sert vraiment à rien), le fait que Justine sache tout, le pont impossible à traverser...

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  24. On est bien d'accord ! Et merci :)

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  25. mais elle est laide kristen dunst!!

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  26. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  27. @ Anonyme du 22 août 2011 19:02 : Tu viens de te faire un ennemi mortel !

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  28. Il faut bien être anonyme pour écrire une connerie pareille...

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  29. Je suis Simon ci-dessus : d'accord avec votre critique, point par point, ça en devient inquiétant. Et toujours très marrant ! Même si on sent l'amertume du critique.
    Finalement les défenseurs de ce film ne sont pas si nombreux. On en retiendra surtout quelques éclats épisodiques et de belles potentialités pas dégrossies.

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  30. j'ai préféré la première partie parce que au moins on peut zieuter les miches de Kirsten bien cools dans sa robe.
    Apres je me suis endormie!

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  31. La robe de mariée de Kirsten est un piège à cons

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  32. Dans lequel on est tous tombés alors, non ? :)

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  33. Alexander Skarsgård : Miamiiiii !

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  34. Je viens de le voir et je ne suis pas vraiment d'accord avec l'article. Pour moi c'est dans le très haut du panier de la filmo Von Trier, avec Dogville, mais au-dessus, peut-être le seul Von Trier que je pourrais re-voir. Enfin pas sûr, mais c'est déjà signe que c'est un putain de bon cru ! Cela dit, ça reste un film bourré de défauts, mais pas tant ceux que vous pointez, je trouve.

    Côté qualités, il y a les Sarskargdtruc, père et fils, que je niquerais volontiers en famille. Il y aussi le scénario et la mise en scène, que je trouve très bons, tout comme la plupart des acteurs. Faire un film comme ça, avec ce sujet, et le faire finir comme ça, même venant de Von Triste, c'est pas rien, en 2011, un an avant la "nouvelle future ex-fin du monde". Gainsbourg n'a jamais aussi bien joué (je la hais mais là ça passe) et je trouve le suspense aussi bien amené que la mélancolie de Justine me parait crédible à moi, de ses errements (niquage avec le stagiaire) à ses hésitations, ses oublis (pipi sur le parcours de golf), ses faux sourires. J'ai trouvé de ce point de vue le film très beau et moins facilement tire-larme et insupportable que les habituelles Von Trieries consistant à placer des personnages inhumains et à les regarder s'entre-déchirer. Certes la vie de cette famille ne me fait pas envie, mais elle n'est pas si horrible. Avant que sa mélancolie (amenée, on l'a compris, par une prémonition à laquelle elle croit dur comme fer) ne l'amène à tout rejeter, Justine a un job d'enfer, un mari parfait, une soeur aimante, un beauf sympa, un neveu choupinet, un chateau géant, des canassons bien montés, OW ça va, quoi !

    Ce qui est dommage c'est d'abord que Von Trier filme aussi mal des plans aussi beaux. Sa caméra incessamment mobile est horrible et à proscrire, nulle et non avenue. Tout comme son improbable besoin de caser des humains horribles et inutiles à son histoire parce qu'il semble aimer les inhumains (le père, la mère et d'autres dans la première partie). Heureusement que la seconde partie se concentre sur quatre uniques personnages (dont un Sutherland très bon dans un personnage très juste). quant aux plans "fixes" au début, ils ne m'ont pas dérangé plus que ça mais ne sont pas "beaux", ils sont une représentation des prémonitions de Justine, soit, mais je les nie en tant que "beaux" plans. Baser son amour du film sur eux relève de l'absence de jugement de valeur.

    C'est un film qui m'a plu, déprimé, agacé et dérangé tout à la fois. Je ne le trouve donc pas raté. Disons que le voir m'a semblé intéressant et c'est déjà pas mal.

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  35. pétale de chocos3 janvier 2012 à 01:46

    "Ce qui est dommage c'est d'abord que Von Trier filme aussi mal des plans aussi beaux. Sa caméra incessamment mobile est horrible et à proscrire, nulle et non avenue. "
    >> Je croyais que la mise en scène était très bonne ? :p

    Je trouve pas ça osé du tout d'avoir fini le film de cette façon.


    A quand ton avis sur Tree of Life ? :D

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  36. Joe: "quant aux plans "fixes" au début, ils ne m'ont pas dérangé plus que ça mais ne sont pas "beaux", ils sont une représentation des prémonitions de Justine, soit, mais je les nie en tant que "beaux" plans. Baser son amour du film sur eux relève de l'absence de jugement de valeur. "
    Déjà je trouve que ces plans sont peut-être les plus intéressants, voire les plus "beaux" du film, même s'ils ont le défaut de frôler l'esthétisation publicitaire, à moins que ce soit justement grâce à ce défaut. Le film est déjà un peu effacé dans mon esprit, mais ces plans-là demeurent, notamment grâce à l'effet qu'ils travaillent sur les corps (cet étirement jusqu'au malaise dont on parle dans l'article) et qui est un des aspects les plus intéressants du film car il me semble très bien figurer physiquement la douleur psychologique des personnages. En plus ils ouvrent le film d'une façon bien singulière et quasi mystique qui tranche avec la suite, cad toute la partie du mariage entièrement filmée en caméra protée, tremblante et saccadée, "réaliste". Donc pour moi, malgré ses défauts, l'ouverture fonctionne et je ne vois absolument pas en quoi cela relève d'une absence de jugement de valeur, bien au contraire.
    Ensuite quand tu parles de la vie super de Justine, tu oublies qu'il s'agit de montrer que certaines failles, aussi superficielles peuvent-elles paraitre (comme les entailles faites par une feuille de papier par exemple) peuvent être douloureuses voire pathogènes. La sœur est cool oui, elle s'occupe du mariage, mais elle a l'air un brin psychorigide et autoritaire (d'ailleurs LVT laisse largement de quoi spéculer sur la relation intéressante à la fois complice et conflictuelle entre les deux sœurs), le mari parfait ne parvient pas à calmer les troubles de sa femme, le château est immense, ouais ... Enfin tu vois l'idée (qui vaut ce qu'elle vaut): sa vie n'est pas atroce MAIS.
    Je n'ai vraiment pas détesté le film, parce que comme on l'a dit, LVT propose des choses intéressantes qui font de Melancholia un film à voir, même s'il est largement déceptif, du coup pour moi le "haut du panier de LVT" est très très relatif !

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  37. La mise en scène pour moi c'est aussi et surtout la direction des acteurs, le choix des cadres. Pas seulement la tenue de la caméra.

    Tree of life : quand je le verrai :D

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  38. Faire un film comme ça sur la fin du monde juste avant 2012 ça me paraît pas très courageux, plutôt opportun et attendu.

    Tu dis que ce qui rend Kirsten Dunst mélancolique (si tant est que quelque chose puisse rendre quelqu'un mélancolique et que ce ne soit pas un état dans lequel on plonge sans raison…) ce n'est pas sa famille et son entourage merdique mais sa prémonition que la planète va sombrer, mais si c'est le cas, pourquoi Von Trier passe-t-il plus d'une heure à filmer la famille insupportable de l'héroïne et ses rapports difficiles avec eux ? Le plus gros du film (peut-être pas le plus important, mais le plus gros en terme de quantité, de durée, car même dans la seconde partie on voit Kirsten Dunst aux prises avec sa soeur et son beau-frère, même si c'est un peu différent) c'est la famille ultra puante de l'héroïne, qui ne supporte pas ses proches : la mère est une folle furieuse et haineuse, le père est absent, la soeur est autoritaire, le beau-frère est un type qui ne parle que de son fric, le futur mari est un pauvre gars et elle ne l'aime pas, sans parler de son patron qu'elle exècre et qui est typiquement le gros connard de patron de maison de pub, et je ne reviens pas sur le "job d'enfer", mon cul, elle est publicitaire et elle a l'air de s'en taper, ni sur le super château, qui est plus un manoir austère et oppressant qu'autre chose, qui ne lui appartient pas et qui représente typiquement la débauche de fric de son beau-frère qui paye mais qui n'est pas hospitalier pour un sou. Du coup pour trouver le scénario génial il faut soit adorer ces scènes et leurs dialogues (que perso je trouve consternants et ennuyeux), soit considérer que c'est là qu'est le coeur de la mélancolie du personnage (et non pas dans ses prémonitions, qui lui permettent de savoir que la planète va exploser ET de savoir combien il y a de grains de maïs dans un saladier, Von Trier se fout de notre gueule), ce que tu ne penses pas, sans quoi tout ça c'est du remplissage sans intérêt, et pour moi c'est bel et bien ce que c'est.

    Le film étant largement basé sur ça, et la mise en scène reposant principalement, dans la première partie comme dans la seconde, sur la caméra portée tremblotante exaspérante chez Von Trier (mais pas "à proscrire" en tant que telle, les Dardenne en font un très bon usage), les plans du début, qui personnellement ne me touchent pas et dont l'aspect tristement (et volontairement) publicitaire m'empêche de les trouver beaux, me paraissent de loin les plus intéressants de ce film, juste en comparaison à la nullité de tout ce qui suit.

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