8 août 2011

Love Liza

Philip Seymour Hoffman est en pleine déprime : sa femme vient de se suicider. Elle lui a laissé une lettre, mais il n'a pas la force de la lire. Il la garde néanmoins toujours sur lui, hésitant parfois à ouvrir l’enveloppe. En attendant, pour oublier son mal-être, il se réfugie dans la drogue et se shoote à l'essence... Voici le pitch de ce petit film indé inédit dans nos contrées qui vient de me plomber la soirée ! J'exagère un peu, Love Liza est une bonne surprise, et c'est même pas mal du tout. Il y a bien quelques longueurs gênantes au milieu du film, qui lui permettent cependant d'atteindre le statut de "long-métrage", et on notera aussi quelques éléments comiques qui tombent tristement à plat. Mais malgré ça, Love Liza est parvenu à me captiver et à m'intriguer, du début à la fin. Bon sang, on a tout de même envie de savoir si oui ou non il va finir par la lire cette maudite lettre ! Évidemment, oui, et son contenu s'avèrera très simple et d'une certaine beauté, sa découverte clôt le film de la meilleure des façons.



Au bout du compte, Love Liza est donc un plutôt joli film sur un sujet pourtant délicat : le deuil d'un gros type qui ne parvient plus à vivre et qui se croit responsable de la mort de sa femme. Philip Seymour Hoffman, lui qui peut être assez énervant, est ici très bon, sobre, doté d’une vraie présence. Le film, dont le scénario a été écrit par son grand frère, repose en grande partie sur ses épaules voûtées. Il y a aussi Kathy Bates qui dans ce film, avec ses cheveux courts et sa tronche de petit soldat teigneux, doit être l'une des vieilles femmes les plus laides jamais filmées. Elle est beaucoup plus terrifiante que dans Misery. Autre détail typique d’un film indé US : un soin particulier a été apporté à la BO. Elle est ici signée Jim O'Rourke aka le "triso surdoué de Chicago" (enfin, disons plutôt que quelques-unes de ses bonnes chansons y figurent), et il faut bien reconnaître qu’elle accompagne joliment le récit, participant largement à donner une identité singulière à ce film. Ça m'a même donné envie de réécouter ses disques alors que j'avais vraiment fini par en avoir ma claque de ce gars (bon, finalement, j'ai juste réécouté 3-4 chansons, faut pas pousser).


Love Liza de Todd Louiso avec Philip Seymour Hoffman, Kathy Bates et J. D. Walsh (2002)

7 commentaires:

  1. Joe "2 guys 2 stuff" G.8 août 2011 à 14:48

    J'imagine le même film vu par Rémi et l'article qui en aurait résulté : O'Rourke, Hoffman et Louiso au bûcher de l'indéisme, un autodaffé bien dégueu !

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  2. Pas si sûr. Car perso, mon seuil de tolérance à l'égard de ces films indés ricains est également ultra bas (cf mes critiques de Greenberg ou The Kids are All Right).

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  3. Joe "1 idea no compromis" G.8 août 2011 à 15:31

    Oui mais t'as tendance à plus te laisser séduire dès qu'il s'agit d'un film qui fout le moral en l'air. Alors que rémi, il fuit ces films indés-là comme la peste !

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  4. "Me laisser tenter", faudrait alors plutôt dire.

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  5. La victime est si belle,
    Et le crime est si beau !

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  6. J'ai adoré ce film.
    Philip Seymour Hoffman est formidable!

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