29 juillet 2012

Holy Motors

Après treize ans d'absence Leos Carax nous revient et réalise un film qui restera sans doute comme la grande surprise, ou "claque", cinématographique de l'année. L'expression n'est pas très heureuse mais elle tombe à pic pour Carax, qui secoue son spectateur d'abord en s'adressant directement à lui pour montrer le chemin permettant d'entrer dans l’œuvre et le supplier de réagir, puis en le faisant réagir coûte que coûte une fois placé face à une sorte de "film total" (autre expression toute faite et ne voulant a priori rien dire mais qui tombe plutôt bien ici), un film absolument impressionnant qui à chaque seconde invente tout ce qu'il peut, fait des propositions formelles à n'en plus finir et s'offre généreusement au spectateur pour être envahi par lui. Il est incroyable que Carax ait osé monter un projet d'une telle ampleur, qu'il ait pu le financer, le réaliser et surtout qu'il ait pu le mener à ce point à bien. L'ambition était immense et le résultat est magistralement à la hauteur, mettant la barre d'ailleurs si haut en terme d'audace, d'intelligence et de beauté filmique qu'on se demande qui d'autre pourrait l'atteindre sous peu.




La séquence d'introduction est sans doute la plus belle et la plus inspirée du film. On croit y rencontrer René Magritte et David Lynch dans ce qui fait irrésistiblement penser à la première scène de La Folie Almayer de Chantal Akerman, autre grand film français libre et majestueux de l'année. Leos Carax y développe une mise en abyme qui annonce l'immense dimension métatextuelle de l’œuvre entière. Des spectateurs immobiles, figés, peut-être endormis, peut-être hypnotisés, sont assis dans une salle tandis que se fait entendre la sirène ronflante d'un bateau. Puis un second plan présente un personnage (le cinéaste lui-même) se levant de son lit dans ce qui pourrait bien être la cabine d'un navire et qui semble surtout correspondre à un contrechamp du plan sur la salle de cinéma, autrement dit au film que les spectateurs médusés regarderaient sans broncher (ou ne regarderaient plus...). Le personnage joué par Carax, accompagné par les mêmes bruitages nautiques, se lève et s'approche d'une fenêtre surplombant une ville plongée dans la nuit, révélant qu'il se trouve sans doute en réalité dans un immeuble (bien que les lueurs improbables au loin tendent à faire du lieu une sorte de chambre mentale onirique). Il parcourt un mur dont la tapisserie représente une forêt de troncs d'arbres, y trouve une serrure pour y insérer son majeur en forme de clé (pas une clé anodine, une clé à déboulonner, car on n'entre pas où il pénètre sans effort et sans volonté), ouvre ou plutôt enfonce une porte dérobée, parcourt un couloir et débarque dans la salle de cinéma initiale, derrière la foule des spectateurs. Dans les allées entre les sièges passent un enfant nu et un chien noir, apparitions fantomatiques ou mythologiques qui sont ici chez elles et bien vivantes. Nouveau plan sur une petite fille derrière une fenêtre ronde en forme de hublot, toujours accompagnée dans la bande sonore par la sirène du bateau et le remous des vagues. Avec ces images enfin raccordées à la bande son, sommes-nous finalement devant le film projeté au public statufié ? Oui, mais les bruits s'estompent quand la caméra recule pour dévoiler que la fenêtre circulaire est celle d'une grande villa d'où sort péniblement un banquier à la démarche mal assurée, Denis Lavant, Monsieur Oscar, sur le point de grimper dans sa limousine pour un voyage qui n'aura rien de maritime, sauf à être vécu comme une plongée en apnée dans les profondeurs de la fiction, mais qui consistera plutôt en un road movie à travers les potentialités du cinéma.




La suite du film, dont les premiers cris silencieux précédant la séquence décrite ci-dessus sont les images de l'un des premiers muets expérimentaux de Muybridge (ou d’Étienne Jules-Marey) sur le mouvement des corps, nous apparaît en premier lieu comme dédiée à ce qui habite depuis toujours l'espace cinématographique, le corps des acteurs. Denis Lavant (comment le jury cannois a-t-il pu passer à côté de sa prestation ?) livre un spectacle tout bonnement hallucinant, dès sa première incarnation d'un banquier se rendant au Fouquet's et jusqu'à la fin du film, entouré du reste par des acteurs admirables. Il y a Edith Scob bien-sûr, par qui Carax convoque Georges Franju qui l'aura également inspiré pour le gadget du sas menant à la salle de motion capture et, ultime clin d’œil, quand l'actrice porte un masque à la fin dans une reprise directe des Yeux sans visage. Il y a Michel Piccoli, par qui Carax en appelle à tout le cinéma et au sien, Piccoli ayant tourné avec tous les plus grands, dont Carax, mais surtout avec Buñuel, l'auteur du Fantôme de la liberté, auquel on pense pour la succession de scènes réalistes et surréalistes à la fois sans autre point commun entre elles que les acteurs qui les traversent. La liaison s'opère ici par le seul et suffisant Denis Lavant, auquel Piccoli donne le change dans un dialogue bouleversant où il dit que la beauté est dans l’œil de celui qui regarde pour s'entendre répondre un tragique : "Mais si plus personne ne regarde ?". Il y a Eva Mendes, actrice définitivement au-dessus de la mêlée des starlettes hollywoodiennes, apparaissant chez Carax après avoir tourné pour James Gray (La Nuit nous appartient) et Werner Herzog (Bad Lieutenant), qui aura su jouer de sa propre image et se "mettre en danger" même si l'expression n'a aucun sens quand il s'agit en réalité de se placer entre de si bonnes mains. Il y a encore Kylie Minogue, qui rappelle presque une héroïne hitchcockienne avec ses faux airs de Tippi Hedren. Mais c'est bien Denis Lavant qui accapare l'écran dans cette ode aux comédiens, Lavant dont le labeur consiste à incarner tour à tour et sans discontinuer tous les personnages possibles comme Monsieur Oscar incarne un banquier, une mendiante, un tueur, un tué, un père, un accordéoniste - dans un entracte que tous les réalisateurs de clips, mais pas seulement, devraient se passer en boucle -, un homme au foyer, un vieillard mourant ou le fameux Monsieur Merde. Carax représente littéralement l'improbabilité inhérente au métier d'acteur du perpétuel saut vertigineux dans chaque nouveau personnage et dans chaque vie investie. Les confusions inévitables entre réalité et fiction (d'où le rappel du Blanc-seing, le tableau de Magritte, au début du film, et plus généralement toute la première séquence avec son jeu de chausse-trappes dissimulées dans une continuité apparente), sont magnifiquement symbolisées par cet acteur-personnage qui, quand bien même il enchaîne les rendez-vous pour "la beauté du geste", sans trop croire à la portée de son ouvrage, fait semblant avec un tel acharnement et un tel talent que l'on ne sait jamais quelle est sa réalité.




Holy Motors (mais comment le jury cannois a-t-il pu passer à côté de ce film ?...) apparaît ensuite comme un grand film sur le cinéma, auquel il adresse une vibrionnante oraison funèbre sur un ton mélancolique et dépité, même si dans la dernière scène, qui rappelle la fantaisie et la malice de la conclusion des Herbes folles de Resnais, Carax sonne le glas avec beaucoup d'humour, un humour bienheureux qui parcourt d'ailleurs tout le film s'il n'enlève rien à la tristesse ambiante. Quand Monsieur Oscar et sa chauffeuse remarquent qu'il leur faut à tout prix un fou rire avant minuit, un oiseau (Judex es-tu là ?) frappe le pare-brise, Lavant y allant alors d'une réplique périmée digne des films noirs classiques de l'Âge d'or ("Taxi, suivez ce pigeon !") qui fait rire les deux personnages avant que l'ironie de la situation ne les rattrape : ce cinéma-là n'existe plus que dans la mémoire des anciens et ne se rappelle à eux que sous la forme d'un cliché de longue date digéré, passé dans la culture comme une chose morte. Sauf que contrairement à beaucoup de films qui veulent par exemple prévenir la violence en se vautrant dedans, contrairement à certains réalisateurs qui dénoncent le fascisme en employant ses armes et contrairement à d'autres qui reprochent au monde contemporain une perte de sensibilité et de contact avec la réalité en tournant des films désaffectés, Leos Carax annonce la mort d'un certain cinéma en même temps qu'il le ressuscite à toute force et avec brio. Il est fascinant de voir le cinéaste entrer de plain-pied et avec chaque scène dans autant de nouveaux films, s'essayant à tous les registres avec la même envie et la même exigence, du film de vengeance chinois au drame familial bien français - comme les autres si bien écrit et si magistralement interprété - en passant par le musical mélodramatique hollywoodien quand, vers la fin du film, les grandes lettres blanches de la devanture de La Samaritaine rappellent celles, gigantesques, d'Hollywood Hill. Ces derniers exemples sont marqués par une simplicité de moyens et un réalisme tranquille qui font judicieusement redescendre le film après d'autres séquences plus fantasques et survoltées, telle celle de Monsieur Merde, assurant à l'ensemble son équilibre et préservant son beau foisonnement d'un danger corrélatif : l'extravagance foutraque. Carax se joue de tous les risques encourus par sa gigantesque entreprise et le film, bien que d'une richesse formelle, émotionnelle et intellectuelle sans guère d'équivalents, est finalement d'une rigueur, d'une lisibilité et d'une cohérence exceptionnelles.




Le cinéaste pénètre l'histoire entière du cinéma, des premiers essais filmiques à leur pendant contemporain, la motion capture numérique, il s'empare de tous les genres, de toutes les tonalités et chaque incursion dans un nouveau monde cinématographique fonctionne à plein, l'effet de fiction nous emportant systématiquement et sans même qu'on s'en rende compte. De la même façon qu'on ne s'attarde pas sur les maquillages incroyables de Denis Lavant pour être au contraire totalement happé par son travail d'acteur, on n'est jamais tenté de sortir du film pour disséquer la manière de filmer de Leos Carax - aussi brillante soit-elle dans ses élans ostentatoires comme dans ses abandons à une fluidité transparente - tant on s'engouffre littéralement dans chaque nouvelle immersion fictionnelle. Ni le comédien ni le cinéaste ne sont dans la provocation, dans l'épate ou dans la pose. Leur sincérité est totale et leur travail profond, pertinent et poétique. Carax exploite chez nous cette soif de fiction dont il déplore paradoxalement la disparition, il fait feu de tout bois et travaille le cinéma dans toutes ses dimensions, filmant de toutes les façons possibles, utilisant tous les régimes d'image, de l'infrarouge à l'image thermique en passant par la corruption d'image numérique, le fameux datamoshing, pour des effets qui n'ont rien du tape-à-l'œil mais tout de l'exploration et de l'enthousiasme artistiques les plus francs, et les effets concoctés sont l'un après l'autre saisissants.




Quand il filme au ralenti une séance de motion capture où un corps couvert de capteurs luminescents danse et tournoie sur fond noir et qu'il en tire une scène sublime que tout ajout numérique rendrait hideuse (il le réalise pour nous le prouver), il fait un pied de nez au cinéma d'effets spéciaux qui a plus ou moins gagné contre un cinéma artisanal, un cinéma qui filme et regarde ses sujets au lieu de n'en garder que l'armature osseuse animée pour ensuite l'habiller et remplir le champ de vie artificielle. Carax honore un cinéma des "saints moteur" et action, un cinéma nourri par des acteurs placés devant des caméras, avec quelqu'un pour crier "silence" avant la prise. Carax ne prophétise pas la mort absolue du cinéma, il déclare la mort de ce cinéma-là, matériel, qui se rapproche de l'illusion du cirque (dans sa limousine cinématographique remplie d'écrans le personnage semble aussi être, au choix, en pleine tournée théâtrale ou dans un cirque itinérant, sans compter le transformisme d'Oscar et la contorsionniste de la séance de motion capture), un cinéma qui en retrouve toute la magie primitive, née des artifices les plus simples et restés les plus puissants (l'hommage à Franju et les clins d’œil à Lynch, deux grands magiciens du cinéma, ne sont pas fortuits, et l'affiche n'est pas sans rappeler le dernier film de Weerasethakul...). En faisant clamer à ces machines-là, déjà converties en véhicules de luxe mais pas encore assez miniaturisées, que le cinéma est mort, Carax le rend vivant à en crever.




Mais il y parvient si magnifiquement parce que son film ne fait pas que rendre un culte funéraire pessimiste au cinéma, c'est aussi une célébration de l'art et de la vie qui s'y déploie. Exemplairement, la séquence de motion capture montre deux corps érotiques qui s'emmêlent, se touchent, se lèchent dans un échange de souffles et un froissement de matières et de tissus organiques face auquel les mêmes mouvements habillés par un ordinateur pour se transformer en d'assez hideuses créatures surnaturelles ne peuvent que perdre en force d'imprégnation. Carax a d'ailleurs la grande idée de mettre en contraste l'image déréalisée de l'acteur réduit à des points de lumière se déplaçant au ralenti dans l'image et la lourde réalité du corps concret qui atterrit bruyamment sur les tapis de sol dans la bande son. Holy Motors n'est pas qu'une mise en abyme métadiscursive ironique et détachée, sans vie et sans amour (ce qui l'éloigne assez d'un David Lynch massivement caustique et théorique), c'est un film habité par des et surtout par un corps qui, à force de travail, d'implication, et après de longues séances de maquillage que le cinéaste filme avec fascination, invente une myriade de personnages et leur donne miraculeusement vie à l'écran pour raconter des histoires d'hommes, par quoi l'on en revient au premier aspect du film, l'hommage aux acteurs en tant que forces d'impression et d'identification et comme vecteurs de la fiction. Mais ce cinéma-là est condamné à mort si plus personne n'est là pour le regarder, c'est l'avertissement lancé par Holy Motors, comme par superstition, pour mieux prévenir l'accomplissement de cette peur, tout en tâchant de l'infirmer à l'image de la première à la dernière seconde. Carax nous dit qu'il faut croire à ceux qui inventent et qui jouent si bien pour nous, qu'il est urgent de réapprendre le goût du beau (ce beau que le film interroge violemment dans la scène où Monsieur Merde enlève Eva Mendes, et que le cinéaste réimagine lui-même de mille façons), qu'il faut accepter de voir à nouveau, que le cinéma se mérite, qu'il faut pousser les portes là où il n'y en a pas, avoir les clés en soi afin d'y accéder et de ne pas dormir devant les images, de ne pas être figé, aveugle, face à leur déferlement. Alors voyons. Et commençons par voir et revoir ce film qui dans le discours et dans la forme en appelle à la survivance du cinéma, à condition d'y aller voir.


Holy Motors de Leos Carax avec Denis Lavant, Edith Scob, Eva Mendes, Kylie Minogue, Michel Piccoli, Jeanne Disson et Elise Lhomeau (2012)

78 commentaires:

  1. Fallait oser écrire sur ce film! Très bel article, très bel hommage à ce grand grand film!

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  2. J'ai beau en lire du bien partout, je suis suis quasi sur que je vais trouver ce film à chier ! Les photos me font penser à une sorte de Jeunet trash... De Carax je n'ai vu que "Merde" mais on peut dire qu'il portait bien son nom.

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    1. C'est pile poil ce que je craignais aussi. En fait c'est pas trash une seconde et Jeunet est à des années-lumières du cinéma de Carax, sur ce film-là en particulier. A la limite le fragment sur Monsieur Merde peut vaguement y faire penser, et encore...

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    2. Hey you, j'ai rêvé cette nuit que je te parlais du film. Je vois que tu l'as apprécié et je lis aujourd'hui ton article avec plaisir ! Weird. Comment vas-tu ?

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    3. Bien :) Tu l'as aimé aussi donc ?

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    4. Encore plus weird - qui a répondu à ma place ? Oui ce film me trotte encore dans la tête et plus j'y pense, plus je le trouve génial. J'ai vu Quelqu'un que tu connais et apprécie aujourd'hui... je te contacte par mail en espérant que ton adresse soit toujours valide A+

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    5. Je me doutais que la réponse précédente n'était pas de toi et ne suis pas étonné que tu l'aies aimé :)

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  3. comme vous êtes prévisibles...

    résurrection du cinéma blablabla au secours!

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    1. C'est un peu ce que je me dis aussi. Trop pompeux pour être vrai. Maintenant, comme j'ai pas vu le film, je ferme ma gueule...

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    2. Vas-y, développe un peu mec. Parce que je suis sincèrement curieux de savoir ce que tu vas pouvoir opposer, de manière argumentée et pertinente, à un film aussi sublime et à un article aussi sincèrement enthousiaste et précis. Dis-nous en quoi ce film est une merde prétentieuse, et dis-nous ce que tu aimes, fais-nous rêver.

      Rémi, superbe article, je n'aurais moi-même pas osé m'attaquer à un tel film et tu t'en sors plus que bien. J'ai eu peur pendant un moment que tu le limites à son côté discursif sur le cinéma, mais dans la deuxième partie tu le remets sur le terrain de la vie. Ce film c'est la vie (puisque c'est le cinéma, oui, ok).

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    3. Je m'adressais à l'anonyme de 11h24.

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    4. On se demande qui est prévisible de ceux qui aiment ce film ou de ceux qui ont décidé de ne pas l'aimer par principe... Carax a finalement et tristement bien raison de parler de la mort d'un certain cinéma par voie d'aveuglement du public.

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  4. Bon, je crois que je suis un peu passé à côté de ce film. Avec ses références plus ou moins pointues et son discours désabusé sur le cinéma, je ne l'ai pas trouvé très généreux. Oui, il y a quelques belles scènes, mais je crois être hermétique à la "poésie" de M. Carax, une poésie trop appuyée et souvent kitsch. Tant pis.
    Aussi, D'un point de vue formel, j'en attendais plus. J'ai eu l'impression que chaque séquence était un peu filmée pareil (à part la scène de fin avec Kyliiiie) ce qui tend à affaiblir le propos de "Holy Motors" concernant le cinéma "d'avant". Le cinéma dont Carax se réclame, ou qu'il regrette, me semblait plus audacieux, libre, inventif... Il y a donc d'un côté ce discours sur le cinéma contemporain dont on ne peut nier la pertinence, assez riche et osé, et de l'autre, un film de facture assez classique avec sa photo "jolie" sans relief et son montage plan-plan (j'exagère un peu). Comme si Carax ne s'était pas tant amusé que ça finalement.

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    1. La fin de ton deuxième paragraphe peut tuer un homme de bonne constitution. Au départ je suis assez d'accord avec toi sur le côté "filmé pareil", encore que ce soit complètement faux dans les faits, mais c'est bien l'impression que donne parfois Carax en représentant chaque fragment avec une forme de continuité porteuse de sens, et très bénéfique pour s'éviter de tomber dans le pur film à sketches décousu (sur les moyens de cette continuité, il y a paraît-il (je ne l'ai pas encore lu) un bel entretien avec les techniciens du film dans les Cahiers de juillet/août). Mais quand tu définis le film comme "classique", "sans relief" et "plan-plan", je crois qu'on n'a pas les mêmes yeux, ou alors tu vis sur une autre planète où le cinéma contemporain est si extraordinairement "audacieux, libre et inventif" que le film de Carax passe forcément pour fadasse et académique, mais alors je veux bien l'adresse de ton monde parallèle...

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    2. J'ai beau essayé mais quand je me remémore le film, je vois des "images" mais pas des "plans".

      C'est-à-dire, il y a des scènes marquantes par le jeu de Denis Lavant, les costumes (Eva Mendes, Kylie...), les actions souvent étonnantes, l'interaction avec le décor mais aucun plan ne m'a scotché d'un point de vue cinématographique par son inventivité ou son audace (à part peut-être un beau travail sonore). Peut-être ceci est volontaire de la part de Carax (se réclamant plus des pionniers du cinéma que de la Nouvelle Vague ou des formalistes des années 20). Donc oui, je persiste, je ne l'ai pas trouvé extraordinaire d'un point de vue formel et dans la norme par rapport au cinéma d'auteur actuellement. Mais encore une fois, peut-être en attendais-je trop de ce côté-là. Je trouve juste dommage de limiter sa déclaration d'amour à un certain cinéma à une succession de scènes originales, parfois fortes, mais sans s'amuser avec les possibilités du langage cinématographique.

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    3. Si on considère le langage cinématographique comme une combinaison de plans audio-visuels pris dans une durée, je vois difficilement comment on peut dire que Carax ne s'amuse pas avec toutes les possibilités du langage cinématographique.

      Les plans du film sont à ce point marquants qu'il hantent le spectateur que je suis longtemps après la séance, et dire qu'ils ne sont pas travaillés sous prétexte qu'il n'y a pas de cadrages saugrenus, d'angles impossibles ou n'importe quel effet ultra ostentatoire, c'est passer à côté, justement, de tous les "possibles du langage cinématographique". Il suffirait de citer Lynch dans Mulholland Drive, qui fait des champs-contrechamps à priori académiques mais qui les sape de l'intérieur en y présentant une réalité effritée. Et puis il y a, surtout, des plans très marquants dans ce film, on peut en citer des tonnes, que ce soit ceux travaillés par des effets d'altération de la matière de l'image, ceux qui sont travaillés par les effets de présence (exemplairement la scène de motion capture avec ses liaisons audio-visuelles paradoxales), le plan en accéléré où Monsieur Merde sort des égouts, celui où Carax rentre dans un mur de troncs d'arbres, celui où il confronte l'image très gothique d'un travelling dans un cimetière accompagné de voix fantomatiques inquiétantes à une image soudainement corrompue en datamoshing, etc. etc. Carax lui-même cite le plan où il filme les petites silhouettes de Lavant et Minogue dans un plan large au milieu de la ville et qui apparaissent comme des fantômes. Il ne compose pas des plans graphiques à la manière de Welles ou d'Hitchcock mais ça ne l'empêche pas de les travailler de l'intérieur.

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    4. Oscar disant "je vais un peu accélérer ce rendez-vous pour qu'on soit dans les temps pour les suivants" et Carax qui du coup accélère tout le début de la séquence de M. Merde, c'est génial et très rigolo :D

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  5. Cracher sur les grosses productions et acclamer un film de merde qui ne sera apprécié que par quelques pseudo critiques intello, tellement prévisible.

    Ps: je l'ai vu, c'est à chier

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    1. Ok, si tu es l'anonyme de 11h34 j'ai mes réponses (et si tu es un autre c'est pareil). "C'est un film de merde" et "C'est à chier" comme seuls arguments, sur fond de mépris pour les soi-disant "intellos", tout va bien. :D

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    2. C'est marrant ce retournement de situation hein, les arguments des uns sont repris par ceux-là même qui les trouvent respectables sur par exemple No Country For Old Men. Dire que No Country for old men c'est un film de merde, sans argumenter, c'est génial. Par contre, procéder de même sur Holy Motors, ça ne passe pas. Et vice versa. Vous êtes drôles les fanatiques de tout bord :-)

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    3. Ai-je dit dans les commentaires de l'article sur No Country for Old Men que j'approuvais son jugement hâtif du film ? Je crois pas. Je crois qu'une autre intervenante du blog (par ailleurs admiratrice d'Holy Motors) l'a elle carrément desapprouvé. Et je crois que l'auteur même de l'article a dit dans un commentaire ultérieur qu'il souhaitait redonner une chance au film car quelqu'un l'avait brillamment convaincu de le faire. Et quand bien même, l'article faisait preuve d'un humour dont me semble complètement dénué les commentaires anonymes ci-dessus.

      Et quand bien même, ils ont tort et on a raison, c'est évident. :D

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    4. Simon a tout dit. Et si besoin est je le redis ici : l'article sur No Country for old men est l'un des plus injustes et débiles du blog (il était fait pour ça et surtout pour énerver certaines personnes bien précises à une autre époque). La différence cependant c'est qu'on n'a rien reproché à ceux qui nous ont répondu un simple "non c'est génial" quand on s'est contenté d'écrire "No Country c'est de la merde" (je suis même plutôt allé dans leur sens). Par contre quand les commentaires se contentent de répondre de façon aussi lapidaire, définitive et non-argumentée à une critique légèrement plus construite, forcément...

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  6. Ce qui est bien avec ce film c'est qu'il semble d'avantage fonctionner sur le "socle" de l'expérience cinématographique de chacun, plutôt que destiné à une analyse filmique nécessitant connaissance pointue du cinéma. Des séquences instantanées, où la plupart des clés d'appréciation nous sont données de façon honnête, presque naïve.

    Par contre j'ai tout de même trouvé que la folie diffusée tout au long du film ne prenait pas, ou plutôt avait beaucoup vieillit. Une impression d' expérimentations "officielles". Ou le même genre de malaise que l'on peut ressentir dans des expositions d'art contemporain pompeuses, entouré de "dickhead" à mèche qui se masturbent la moustache.

    Et puis j'aimerais savoir pourquoi tout le monde trouve si fantastique la séquence avec "merde", plutôt ridicule et mal jouée (prestation d'Eva Mendes franchement bof bof).

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    1. Comparer Holy Motors à l'art contemporain, je dis non ! L'art contemporain (si on décide de le rassembler tout entier sous cette seule appellation, et pourquoi pas) croit qu'il faut détruire le beau, dynamiter par l'ironie et le détournement, éphémériser. Il détruit l'histoire de l'intérieur ou s'en moque simplement.

      Carax fait l'exact contraire !

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  7. On dirait que tu te forces à aimer ce film...

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    1. C'est tout à fait ça, en fait je l'ai détesté et ça se sent bien dans ma critique. Les aveugles sont de sortie.

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  8. film assez troublant.
    au début j'ai aimé puis j'ai detesté y repenser et là en relisant je re-aime.
    Bel article.

    Après la séance en motion capture je l'ai trouvé hyper barbante, longue et dénuée de toutes émotions. On sent que Carax essaye d'en véhiculer mais je trouve ça peu convaincant vraiment. La scène avec Monsieur Merde? Amusante au début (au cimetière) puis chiante dans la grotte.
    Par contre les séquences à la Samaritaine termine le film sur quelque chose d'assez beau et qui reste après la fin de la séance. Quid de la signification de la conductrice et du masque? J'avoue ne pas trop avoir compris le but de cette séquence. La scène finale et celle en voiture sont elles aussi très belles.

    Bref un film entre haine et passion.
    Assez troublant, j'avoue ne pas comprendre la haine ou le plébiscite autour de cette oeuvre.

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    1. Intéressant que tu parles de la façon dont le film reste en mémoire. En ce qui me concerne il ne cesse de m'habiter depuis que je l'ai vu, j'en revois plusieurs séquences en boucle dans ma tête et j'ai terriblement hâte de retourner le voir au cinéma.

      Concernant la scène de la conductrice qui porte un masque à la fin, c'est d'abord un hommage pur et dur à Georges Franju que Carax remercie d'ailleurs au générique de fin et auquel il rend d'abord hommage par la présence d'Edith Scob, l'actrice fétiche de Franju. Il fait référence en particulier aux "Yeux sans visage" où Edith Scob arborait un masque, une des images les plus célèbres de son cinéma (sans parler de l'oiseau qu'elle percute en voiture, qui renvoie à l'un des leitmotive du cinéma de Franju). Ensuite, au-delà de ça, on peut considérer que c'est une façon de prolonger l'amalgame entre réalité et fiction. Carax, à la fin du film, brouille les frontières quand Lavant rencontre une femme qui est supposée avoir été sa maîtresse dans le passé (Kylie Minogue) sans qu'on puisse jurer que c'est vrai, et quand à la fin il semble rentrer chez lui après sa journée de travail pour ne jouer en réalité qu'un nouveau rôle (avec la famille singe). Tout comme lui, sa conductrice-impresario termine sa journée en arborant un masque, elle-même joue sans doute un rôle (un rôle de cinéma ou de ceux que nous jouons tous dans nos vies quotidiennes), et le film se nourrit dès le début de cette indécision quand elle parle à Lavant incarnant un banquier de ses prochains rendez-vous sans qu'on sache si elle s'adresse au personnage du banquier ou à Monsieur-Oscar l'acteur.

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  9. Oui exactement!
    C'est un film qui, que l'on aime ou pas, reste très vif!
    Et oui on en a parlé récemment des Yeux de Franju mais je n'avais pas reconnu Edith Scob! Mais c'est vrai que son visage avait quelque chose de famillier!
    Mais après ma critique porte surtout sur le principe du film. Ok j'ai compris qu'il s'agit ici de faire de multiples références au cinéma à la potentielle question "Qu'est ce que le cinéma" et au projet de faire un hommage au cinéma. Sur cela le film touche juste. Mais je m'attendais à voir une réelle histoire et c'est peut être mes attentes par rapport à un film en général qui m'ont fait ne pas véritablement aimer. Tu cites David Lynch mais là où Lynch est différent ce que malgré le scénario tordu, il y a de toute évidence un thème (adultère, jalousie, meurtre, mariage) mis en images, en plus du subconscient des personnages et des personnages auxquels se rattachent tout cela. Ici, au final je ne vois aucun personnages existant. Je vois surtout une sorte de "sampling" du cinéma et rien d'autre donc au final je le trouve un peu vide. Donc pauvre sur le fond mais riche sur la forme. Néanmoins, cela passe peut être si l'on est initié aux références auxquelles Carax fait appel (j'en connais assez peu même si je vois les genres)et peut être si l'on connait le cinéma de Carax (dont je ne connais absolument rien!).

    Mais c'est un film que je reverrai surement :).

    Ok pour le brouillage des pistes, j'ai eut ce ressenti, on ne sait si la conductrice parle à l'acteur où banquier. J'ai aussi aimé lorsqu'Oscar voyant son ex s'étant suicidé hurle et fonce vers la voiture afin que cesse ce sentiment d'horreur et de tristesse. Une fois dedans il se calme complétement.

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    1. Des thèmes et des histoires, le film n'en brasse justement pas qu'un. Et là où tu ne vois aucun personnage existant, j'en vois davantage que dans la grande majorité des films. C'est d'ailleurs amusant que tu dises ça de Lynch parce que dans Mulholland Drive par exemple, une même actrice joue plusieurs personnages qui vivent chacune des histoires différentes. Et le fil conducteur dans Holy Motors n'est autre que le personnage de l'acteur, Monsieur Oscar, qui se demande pourquoi il fait encore ce métier-là et qui brasse des questions multiples quoique reliées les unes aux autres.

      Par ailleurs, comme l'a dit Jean Calin au-dessus, même si on ne reconnaît pas les références le film se suffit à lui-même et reste cohérent (exemplairement, le masque que porte Edith Scob à la fin, même si on ne le voit pas comme une référence à Franju, reste dans la thématique de l'individu portant masques, des rôles à jouer et ainsi de suite). (Et, encore une fois, les films de Lynch fourmillent de références multiples à l'histoire du cinéma, et même si on ne les saisit pas toutes ils nous évoquent des choses et nous tiennent un discours que l'on est tout à fait apte à recevoir).

      Et tu fais très bien de relever la fin de la scène "hollywoodienne" du film, où Monsieur Oscar, ne supportant plus le spectacle de la réalité, s'enfuit du film et se réfugie dans l'entre-deux de la limousine.

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  10. En fait je me suis peut être mal exprimé. C'est surtout sur la notion de fil conducteur où je bloque un peu. En fait, chez d'autres, les séquences viennent nourrir un thème et une histoire. Hors ici, on voit bel et bien des acteurs, personnages et histoires mais je ne vois pas la grande histoire qui supplante le tout et qui l'englobe. Disons que je trouve ce film presque plus crypté qu'un film de Lynch, plus une sorte de réflexion sur le cinéma, comme un projet d'études plus qu'une seule histoire. Alors ok je vois bien Oscar sur chaque séquence, acteur de profession, mais c'est tout. Après on est vraiment dans quelque chose de très théorique je trouve. Mais comme je l'ai dis, cela vient certainement de mes attentes :)

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  11. Ollie, le film me semble loin de n'être qu'un hommage, un empilement de citations de films existants, ou même l'oraison funèbre du cinéma. C'est aussi un film infiniment sensoriel (ce qu'il montre des corps à chaque instant, celui de Lavant en particulier, ses mouvements, les visages...) et émouvant. Ça parle et ça transmet de l'amour (le père et la fille, l'épisode à la Samaritaine...), c'est hanté par la mort (du cinéma certes mais aussi des êtres aimés, pas besoin de connaître la vie intime de Carax pour s'en rendre compte), ça n'hésite pas à y aller franchement sur des questions d'actualité très concrètes et contemporaines (un exemple parmi des dizaines d'autres : le shooting de mode au Père Lachaise, avec M. Merde qui transforme la robe d'Eva Mendes en burqa... C'est une idée à la fois extrêmement forte et extrêmement simple)...
    Bref, pour moi ce film est insondable, si riche, sans être élitiste ou excluant, au contraire : c'est fait avec tellement de liberté et ça donne tellement de liberté au spectateur... c'est l'exact opposé d'un film qui se croit supérieur à son public en fait. Les films qui méprisent leur public ce sont ceux qui lui proposent toujours les mêmes recettes, scénaristiques et visuelles, pour lui donner soi-disant ce qu'il veut, ce "ce qu'il veut" qu'ils construisent en fait eux-mêmes de toute pièce.

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    1. Complètement d'accord. Et même si on veut faire l'impasse sur les onze (ou treize) histoires que raconte le film et qui déploient (réellement, pas superficiellement, malgré la brièveté de certaines séquences) autant de personnages principaux et d'autres secondaires, l'histoire "majeure" du film, son fil conducteur, est loin de se limiter à "Monsieur Oscar, acteur de profession". C'est le portrait assez bouleversant d'un artiste fatigué, émoussé, qui se demande si ce qu'il fait a encore de l'intérêt quand plus personne ne le regarde (on peut penser au clown triste des Feux de la rampe de Chaplin, même si le film n'y fait pas référence, car non Holy Motors n'est pas un bain asphyxiant de citations plus ou moins pointues, c'est un film riche qui laisse toute latitude et liberté au spectateur, sans le sermonner, en l'invitant juste au jeu et à ouvrir les yeux). Mais l'artiste, regardé ou non, fait quand même son travail parce que ce geste, cette plongée dans la fiction, ce jeu, a de la beauté, de cette beauté qui manque si cruellement ailleurs, et parce que c'est même la seule chose qui vaille. La scène que tu relèves, Ollie, où Lavant s'enfuie en hurlant en voyant le corps de Kylie Minogue pour aller se barricader dans la limousine, si on la voit non comme un énième rôle mais comme une aparté dans la réalité au milieu de la suite des rendez-vous, peut-être lue comme une métaphore de l'artiste blessé, écœuré, ulcéré, souffrant même qui fonce dans le véhicule d'évasion onirique et d'émotions rejouées qu'est son travail, son art, pour continuer à avancer avec pour seule obsession la quête, encore une fois, de la beauté. C'est un sujet. Et pas des moindres il me semble.

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    2. Je vois Oscar s'enfuir non pas devant le personnage de Kylie mort, mais devant son ex-partenaire jouant une scène de mort (quelque chose de très fort, un lien !) avec un autre homme et hurler de rage contre ce qu'il a perdu (cette femme, cette chance pas un corps).

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    3. J'aime ne pas savoir avec certitude pour quoi il hurle à ce moment là, toute la force de cette scène tient à son ambiguïté, retenue toute entière dans l'amalgame entre le corps et la mémoire qui appartienennt autant à l'acteur qu'aux personnages qu'il interprète. Si Deleuze était là, il parlerait surement d'un corps-cristal (mais il n'est pas là, et il n'en parlerait peut-être pas, mais ça me plaît de le voir comme ça :D)

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    4. Convoquons Deleuze, il n'a rien à foutre sous terre, de toute façon ! Convoquons sans remords !

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  12. En fait pour la scène dont on parle, je ne savais comment trop l’interpréter justement : rôle ? réalité ? résurgence du passé de l'acteur ?
    En tout cas bon on est d'accord sur le fait que c'est un film sur lequel il y a beaucoup à dire que l'on aime ou pas!

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  13. On doit pas avoir vu le même film...

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  14. Excellent article, j'aime beaucoup la lucidité avec laquelle tu parles de ce petit bijou filmique.
    Je me permets de mettre ton article en lien à la fin de mon billet sur le film.

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  15. Imbuvable, tout bonnement IMBUVABLE !

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    1. Je suis d'accord, tout bonnement D'ACCORD !

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  16. Je viens de le voir puis de lire cette critique. Avec un bagage cinématographique et artistique généralement je n'avais pas tout saisi et pourtant j'avais saisi le film. Et il m'a pas mal saisi. Et avec cette critique je le cerne encore plus mais elle est certainement incomplète, et il faudra le voir de nombreuses fois, voire même dans 10 ans, et en voir toujours plus. L'acteur et la réalité sont magnifié par les acteurs et la réalité (Paris, putain...). Le cinéma aussi mais ça Rémi le dit bien. La scène avec Kylie est extraordinaire. Est-ce un hasard s'il a choisi une actrice/chanteuse qui a connu la gloire d'une jeune fille, celle d'une milf et qui a du vivre ensuite une transformation dans sa vie avec le cancer? Je ne crois pas mais je trouve la coïncidence belle. Cette scène est d'ailleurs marquante. Une samaritaine qu'on a tué, pour en faire un hôtel de luxe, et Moulin rouge qui est invoqué sur des orchestrations plus proche de West Side Story, le second apportant toute la puissance à la platitude du premier. Putain jsuis fouilli. Cavalier a fait un super film l'année dernière que Rémi tu n'avais pas aimé. Pater sans être la même chose du tout, parle aussi de cette dualité réalité fiction, acteur homme, et ce film l'évoque au détour de mille autres idées. Jsuis fouilli mais j'essaye de donner des clefs! Mais jtrouve pas la serrure putain!!!

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    1. C'est cool que ça t'ait plu et remué. J'avais globalement apprécié Pater mais il m'avait un peu déçu par son manque d'ambition, d'inspiration et de souffle, tout ce dont Holy Motors regorge.

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  17. Truc jamais vu : Je fais un commz IN REAL TIME à mesure que je lis l'article :

    - Avez-vous remarqué que le maison du banquier au début, d'où la petite fille est filmée, derrière son hublot, a l'apparence architecturale d'un paquebot ?

    - Avez-vous entendu, dans la séquence de Monsieur Merde, lorsque le photographe shoote à tout va, les gens qui disent "C'est Monsieur Merde !" lâcher un "C'est un juif !" ?

    - Avez-vous entendu l'harmonica de Bertrand Cantat et vu ses yeux se cacher derrière, lui qui ne semble pas se croire mériter de faire partie des Holy Motors, dans la scène de musique, l'une des plus belles du cinéma depuis bien longtemps ?

    - Saviez-vous en voyant la Samaritaine ouvrir un interlude (certains diront que c'est un autre rendez-vous mais je ne le crois pas) qu'elle est située juste au-dessus du fameux Pont Neuf ? Cette séquence-là m'a ravi d'intertextualité et de rappel.


    Ce film est magistral tant du point de vue de l'oeuvre de Carax, du concept de cinéma d'auteur, de la notion de métadiscours que du jeu. Ca n'est pas mon genre et ça ne m'est d'ailleurs jamais arrivé auparavant mais j'avais envie de l'applaudir, dans ma petite salle de cinéma quasi-déserte en plein après-midi. Carax fait tout ce qu'il faut : il crée le beau d'une façon neuve, il détruit et construit par dessus, il discute, il bouleverse, il interroge et surtout il pousse à l'émancipation, à la volonté !

    Que de scènes passionnantes et touchantes ! D'érotisme (motion picture, j'en bandai), de romantisme (la Samaritaine, Kylie n'a sans doute jamais même rêvé d'un si beau rôle), de sincérité (la mort sur un "adorée", sous une adorée)...

    Savoir que Celine est Edith Scob m'enchante !

    Cette façon de commenter et de questionner sans peser jamais (les limousines, quelle idée !), voilà exactement tout ce que moi je veux.

    Mais en plus d'être une question de cinéma, une question d'art, le film est une question de vie, et après la bouleversante chanson de Manset, on entend le père de famille, homme de la fin des hommes dire au singe, l'homme des débuts, "j'ai une très bonne nouvelle : notre vie va changer". Or, tout au long du film, la vie d'Oscar change, et pourtant, elle reste la même, comme si du singe à Oscar, il n'y avait rien eu de neuf, malgré cette envie éternelle de changer, d'aller de l'avant. La famille d'Oscar c'est le miroir de ce qu'il est : un singe qui veut devenir meilleur mais qui n'y parvient pas, caricature de ce que nos sociétés aujourd'hui encore cherchent à atteindre sans y parvenir.

    Quel grand film.

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    1. Je suis profondément heureux que tu l'aies aimé !

      En fait toute une scène des Amants du Pont-Neuf se déroulait à la Samaritaine, et c'était une scène entre les amants Denis Lavant et Juliette Binoche, Binoche qui était censée jouer le rôle finalement interprété par Kylie Minogue du coup pour aller encore plus à fond dans l'intertextualité, mais qui n'a pas pu.

      Je n'avais pas vu Bertrand Cantat, on ne le voit pas vraiment d'ailleurs, ou alors il faut bien chercher, mais je l'ai vu nommé au générique. La scène de l'entracte est effectivement une des plus belles du film, peut-être même la plus belle en y repensant, et il y aurait fort à dire dessus. Ce qu'y fait Carax, sous les apparences d'un simple intermède musical, relève de la quintessence même du cinéma via une mise en scène prodigieuse, aussi simple que géniale, un travail en symbiose de l'image, de la musique, du mouvement et des corps.

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    2. Et pour rajouter un mot sur La Samaritaine, la scène, qui cependant n'en avait pas besoin, se double par son intertextualité d'une belle charge émotionnelle. On peut voir les mannequins jonchant le sol du bâtiment en ruine comme la mort, dans l'indifférence générale, d'un cinéma "matériel", cinéma des corps comme des effets spéciaux artisanaux et ainsi de suite, mais aussi un cimetière des amours passées, puisque les amants du Pont-Neuf s'y retrouvent avant que l'ex-amante ne meure. La scène est d'autant plus sublime.

      Et ta lecture de la scène des singes est très intéressante :)

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  18. Y sont bien ces autres films à Carglass?

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  19. Critique contre productive : rien qu'à " film total " vous perdez la partie.

    Si votre but est de donner envie de voir holy motors en lisant votre papier qui regroupe les pires clichés des critiques professionnels, c'est raté.

    Ce n'est pas parce qu'un film vous plait que vous savez le défendre.

    L'agressivité de vos commentaires en dit long sur l'intégrisme planqué sous l'excuse de la passion.

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    1. Vive l'intégrisme ! Vive la passion !

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    2. Je suis assez d'accord avec ça. Sur le fond, on sent un vrai travail, mais sur la forme on dirait une critique de dvdrama. Je préfère nettement, par exemple, le texte de Vincent, tout aussi enthousiaste, mais plus personnel: http://inisfree.hautetfort.com/archive/2012/06/06/cannes-sequence-5.html#comments

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    3. Cette critique de la critique me rend curieux:
      - Je ne crois pas que cette critique donne envie de voir Holy Motors, mais de le revoir, avec d'autres élements oui. C'est une étude, un essai, plus qu'une critique pure du "c'est bien/c'est pas bien" même si on le comprend par l'étude.
      - C'est quoi les pires clichés des critiques professionnels ? Parce que j'ai l'impression que vous utilisez les pires clichés du commentaire de blog.
      - Je ne vois pas d'agressivité dans les commentaires, de la passion évidemment, de l'intégrisme, je n'en vois pas du tout, au contraire, cette critique/ce film semble dire que le nouveau cinéma peut être tout aussi intéressant avec des idées nouvelles, mais pas celles qu'on nous impose actuellement. A moins que vous ne sachiez pas vraiment la définition de l'intégrisme, mais c'était pour placer là un "bon mot". Un cliché parmi d'autres.

      Je le dis sans agressivité, au cas où.

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    4. Qui place des mots comme " intertextualité " & "cinéma des corps" pour se donner un air ? Et je ne relève que les derniers ...

      Il y a tant à collecter qu'on pourrait en faire un catalogue amusant de la critique http://jeanclaudevandamme.free.fr/janclodtron.html . En un sens, tout ce qu'il ne faut pas faire est réuni ici, c'est un exercice à faire lire dans les écoles.

      Entre dire des choses complexes avec des mots simples, ou dire des choses simples avec des mots complexes, je me demande ce que je préfère ...

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    5. Si pour toi utiliser le mot "intertextualité" c'est se donner un air, et si parler de "cinéma des corps" c'est utiliser des mots complexes, tu devrais peut-être y retourner, à l'école.

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  20. wah j'ai cru que je n'arriverai jamais à la fin de cette page ! Merci Rémi en tout cas parce que j'ai adoré lire ton texte sur Holly Mortors (je suis arrivée sur ton site par hazard) mais faut dire que j'ai pris pas mal de plaisir à lire les commentaire en me rendant compte que ceux qui m'interessé était les tiens au final (bon j'arrête de te lancer des fleurs) mais à chaque je trouve ca fantastique les gens qui critiques les critiques ! Je veux dire fantastique dans le sens ouf ! improbable ! ce qui est géniale dans une critique de film, ou un commentaire de film je préfère c'est justement l'apport personnel a défendre ou pas le film en question ! en tout cas merci j'ai découvert un super blog de cinéma ! après avoir vu Holly Motors à Cannes puis ensuite il y a une semaine je confirme le revoir et encore le revoir c'est génial
    À bientôt je pense !
    Violette

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  21. Merci pour ta patience face au nombre des commentaires et pour en avoir ajouté un de sympathique. A bientôt j'espère :)

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  22. "Après treize ans d'absence Leos Carax" est peut-être ce qu'il aura fait de mieux'

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  23. De même que Violette, je suis enfin venue à bout de la page ! Mais c'était un plaisir de replonger, au moins un peu, dans ce film qui tout à la fois vous prend aux tripes et vous retourne le cerveau. Il fait partie de ces grandes œuvres de littérature comme de cinéma qui ne vous quittent pas, vous hantent à jamais. Merci Rémi pour cet article qui m'a permis d'aiguiser mon regard quant à tant de références. D'ailleurs, en effet, Léos Carrax n'a pas fait un film pour initiés, bien au contraire, on peut se laisser transporter, se délecter de ce film sans en saisir toutes les subtilités. Et merci pour votre blog, qui lui non plus ne s'adresse pas qu'aux initiés tout en restant riche !

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    1. Merci à toi Coline, et au plaisir :)

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  24. bonsoir,
    j"ai vu une 1ère fois le film et ai pris un coup à l'estomac, tellement c'est fort, j'y retourne ce soir, avec un autre oeil forcément après avoir lu les commentaires
    j'ai mobilisé tous les cinéphiles je connais dans notre petite ville de bourgogne, pour que les gérants de cette salle d'art et d'essai puissent encore programm
    er de telles merveilles
    j' ai recu ce film, comme à la première jeunet et Caro au Max linder il y a qq années avec "Délicatessen" j'y pense toujours après tout ce temps
    bravo à Léos Carax
    allez_y tous , vous verrez que c'est un chef-d'oeuvre
    comment Denis Lavant n'a pas été consacré?


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  25. vous appelez cette merde de l art vous roulez en twingo vert olive pour appreciez ce film l avantage avec l art on peut faire n importe quoi il y aura toujours des illumines pour applaudir et te dire oui tu n es pas assez subtile pour aimer cette oeuvre de la merde eva et kylie j ai honte pour elles

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  26. J'attendais de le voir avant de vous faire passer mon (modeste) top ; c'est chose faite et il n'y figurera pas.

    Cependant, alors que je m'attendais à carrément détester ce film, je dois avouer qu'il m'a plutôt plu, tout du moins distrait. Je n'ai pas saisi la moindre référence à quoi que ce soit, peut-être que c'est nécessaire pour savourer Holy Motors, pour être fasciné par ses images et ses sons : tant pis.

    Ta petite phrase sur la différence entre ce Carax et le cinéma de Lynch est très juste et elle résume parfaitement pourquoi l'un me touche à en crever et pas l'autre.

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    1. Je ne pense pas qu'il faille saisir les références du film pour le savourer et être fasciné par ses images et ses sons.

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  27. Je viens de m'envoyer Holy Motors.
    Le point positif est que, je dois l'avouer je ne me suis pas fait chier. J'ai même beaucoup ri!
    J'ai vite compris que je passerai à côté de beaucoup de références, ma culture cinématographique n'est pas immense, et je remercie Rémi pour son article brillant dans son analyse, bien que dépourvue de tout esprit critique envers Carax. Je partage en grande partie l'analyse de Rémi et n'ai pas grand chose à y apporter. Sauf que j'ai trouvé malgré tout ce film caricaturalement puant, prétentieux, et poseur.
    Dès le début, Léos Carax nous prévient: "je vais te mener en bateau et si ça ne te plait pas c'est que tu es un con inculte incapable d'ouvrir les yeux sur la beauté de mon cinéma". Dès les premières minutes, il m'a ouvert grand les yeux. Vas-y Léos, bon déjà tu commences mal, ce genre de métaphore cinématographique étant du vu et revu, il va falloir t'accrocher pour arriver au niveau de (rien qu’en parlant de films récents) la scène géniale de l'incendie du cinéma dans "Inglorious Basterds" ou dans un autre registre du génial "A Serious Man" où le personnage principal est l'incarnation du spectateur cherchant à tout prix quelqu'un pour le mettre à sa place sur les rails de la compréhension du film. Et sincèrement, sur le plan formel, esthétique, intellectuel, on est déjà un ton en dessous de ces deux films à ce sujet.
    Je me détache également de la lecture de Rémi, sur le fait que ce film ne parle aucunement de la mort d'un cinéma, mais plutôt de la condamnation à mort de tout cinéma qui n'est pas celui de Léos Carax, de ses copains, ou de ses maîtres. Kylie Minogue (la starlette "américaine") et son copain américain ne veulent pas me suivre? Qu'ils crèvent tous les deux! Ah les banquiers, les financiers, toujours des bonnes excuses pour ne pas me donner d'argent parce qu'ils préfèrent manger au Fouquets avec Thomas Langmann? Une balle dans la tête! Eva Mendes? Grosse pute Hollywoodienne retapée! Tu vieillis hein? Ton agent veut te recaser pour que tu touches des gros cachets sur des films d'auteur européens à l'avenir? Et bien tagueule et voile-toi! (sérieusement, Eva Mendes sur ce film? Une potiche)
    Il est vrai qu'il fait preuve de maestria dans la réalisation, dans l'enchainement "naturel" de différentes manières de filmer, ce qui évite le film à sketches. Mais ceci dit, je ne vois aucune révolution sur un plan en particulier, et je n'en vois pas plus dans le fait de mélanger des scènes, genres, formes, si différents. Je n'ai pas pris de claque. Les images infra-rouge et les dégradations numériques ce n'est pas du nouveau, ni dans le cinéma, encore moins dans la photographie. J'ai lu sur cette page que ce Carax n'est pas du tout nouvelle vague? Mais tant dans le thème que dans le formel, je ne vois pas en quoi il s'en différencie (à part peut-être qu'il à 40ans de retard).

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  28. Quant à cette phrase sur la beauté qui est dans l'oeil de celui qui voit, et si plus personne n'est la pour voir?
    Et bien justement, s'il n'y a plus d'oeil pour la voir, c'est que ce n'est pas beau! Car autant en ce qui concerne le beau qu'en ce qui concerne le cinéma, je suis en profond désaccord avec ce genre d'artistes. Quand Malick nous aiguille à travers Pocahontas "il faut laisser (ce film) couler en toi telle une rivière", il aiguille aussi Carax sur la manière d'atteindre la beauté. Pour l'atteindre, il n'y a pas à être cultivé, à s'armer de références. C'est un film de cinéaste pour cinéastes et cinéphiles, il chie sur le reste de la planète, et le reste de la planète c'est la réalité, le domaine pour lequel Carax est absolument incompétent. Je comprends sa déclaration d'amour envers les acteurs, parce que sur ce film là, la seule chose qui tient un peu la route (oh le jeu de mots) c'est Denis Lavant (en plus faire tourner Denis Lavant, c'est s'assurer l'approbation de son public, les snobs). La différence entre un beau film, et un film de Léos Carax, c'est que dans un beau film, les belles idées sont mises au service de la dramaturgie, et le film n'est pas écrit pour mettre en scène de bonnes idées. Ce dont j'ai horreur avec ce genre d'oeuvres, et je dirais même plus, ce genre d'artistes, c'est qu'ils ne comprennent pas que ce qui tue l'art, c'est aussi la prolifération d'artistes "savants", mais absolument pas imaginatifs. On est snob et poseur quand on est aigri de ne pas être suivi par le grand public sans vouloir faire le moindre effort pour comprendre pourquoi.

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    1. Juliette Boniche6 janvier 2013 à 10:53

      Ta réaction n'est pas inintéressante mais elle perd beaucoup de sa crédibilité à mes yeux au moment où tu cites Inglorious Basterds de Tarantino. :)

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    2. Je n'aurais pas dit mieux que Juliette Boniche.

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    3. Je n'aurais pas dit mieux que l'Anonyme en considérant ce film comme caricaturalement puant, prétentieux, et poseur.

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  29. J'aurais pu citer "Le ciel les oiseaux et ta mère" ou "American Pie" s'il y avait eu une séquence intéressante comparable à l'ouverture du film par Carax sur Holy Motors. Ne vous en déplaise, cette séquence de l'incendie du cinéma chez Tarentino (dont je ne suis pas un fan par ailleurs) dit à peu près la même chose en étant en plus hautement subversive, et elle a le grand mérite de ne pas mettre son spectateur à l'écart. C'est d'ailleurs ce qui manque, la subversion, dans ce film. Filmer une bite en érection, des comportements sexuels obscènes, des scènes gore, ça n'est plus subversif à partir du moment où on est dans un film qui se veut être un essai déconnecté de tout réalisme.

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  30. Vu hier avec mère, on a détesté tous les deux

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  31. "Il y a plein de clodos dans ce film, mais ils sont tous sympas"

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  32. Et pourtant vous avez aimé cette abominable putréfaction qu'est Holy Motors ??!!!!

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  33. Holy Motors est une suite de courts-métrages reliés entre eux par un fil rouge cousu de fil blanc.
    Pris séparément, ils sont intéressants, géniaux même parfois, mais l'ensemble manque de cohérence et sonne creux.
    Le parcours en limousine n'est en réalité rien d'autre qu'un prétexte permettant cette accumulation de scènes surréalistes.

    Carax a du talent, c'est indéniable, mais il reste assez loin de Lynch ; chaque scène lynchienne a pour dessein d'alimenter un minimum l'intrigue et le scénario. Chez Carax, pas de scénario, on passe du coq à l'âne sans autre ambition que d'en mettre plein les yeux.

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