24 mars 2011

Zack et Miri font un porno

Je suis quasiment bègue, sans doute bientôt chauve, de faible constitution et j'ai participé à des actes répréhensibles dont un qui provoqua la mort accidentelle d'un cycliste. Mais ce que je regrette le plus aujourd'hui, c'est d'être un grand naïf. Je suis tellement naïf que je me suis risqué à regarder un film de Kevin Smith parce que le pitch m'intriguait. Si, selon le proverbe anglais, la curiosité tue les chats, alors une fois mêlée à la plus pure naïveté, elle flingue aussi des soirées. Car c'est bien deux heures de ma vie que j'ai perdues devant Zack et Miri font un porno. Quand on se sait condamné à l'Enfer et qu'on ne parvient pas à fermer l'œil de la nuit, rongé par sa culpabilité, dites-vous bien que deux heures, c'est pas rien. Il faut donc avouer que le pitch de ce long-métrage est, au premier abord, plutôt accrocheur. Je dirai même qu'il cause à un peu tous ceux qui ont déjà été financièrement dans la zone rouge tout en ayant une bonne copine et une caméra sous la main. Trois conditions a priori très faciles à réunir, et en fait, même moi qui n'ai jamais eu de pote femelle, ça me parle. Ce film nous raconte en effet l'histoire d'un couple d'amis vivant en collocation qui décide de tourner un porno pour arrondir leurs fins de mois difficiles. Qui n'y a jamais pensé ? Je m'adresse à vous tous. A l'heure où nous disposons pratiquement tous d'une caméra vidéo sur nos téléphones mobiles et autres appareils photos, qui n'a pas songé une minute à tourner vite fait bien fait un petit snuff movie bien craspec ou un bon gros porno de derrière les fagots ? L'idée serait d'uploader ensuite le moyen-métrage sur YouTube, pour mieux "faire le buzz", se faire un nom aussi répandu que celui de Kim Chapiron ou Romain Gavras et, qui sait, consécration ultime, peut-être passer au Grand Journal, où un extrait de notre œuvre serait présentée par Tania Bruna-Rosso, l'innommable vermicelle humain. Mais revenons à proprement parler au film de Kevin Smith, que je suis bien décidé à épingler depuis qu'il m'a fait passer une des soirées les plus nulles de mon existence.


Un gros geek les yeux écarquillés et une grosse pute la bouche ouverte, d'emblée tous les ingrédients du porno sont réunis

Déjà, il faut savoir que ce film suit le schéma habituel et infiniment chiant des comédies romantiques américaines pourries. C'est d'ailleurs ce que ce film est, ni plus ni moins. Au début du film, les Zack et Miri du titre ne sont donc pas en couple. Il s'agit d'abord d'amis très proches partageant le même appartement. Et comme si le titre du film ne nous avait pas déjà mis sur la voie, nous assistons pendant la première demi-heure à leurs hésitations quant à savoir quoi faire pour remettre leurs comptes en banque à flot. Leur vient ensuite l'idée de tourner un porno à moindre frais, en engageant quelques proches et autres collègues de boulot, et en tournant de nuit, sur leur lieu de travail (un troquet de type Starbucks du pauvre). Ce dernier détail est d'ailleurs une référence à la vraie vie de Kevin Smith qui dut tourner de nuit son premier film, Clerks, dans l'épicerie où il travaillait le jour en tant que caissier. C'est une bien triste trivia que je partage là avec vous, peut-être la plus triste jamais écrite sur ce blog, mais c'est simplement pour vous montrer que lorsque Kevin Smith ne fait pas des clins d'œil ultra appuyées à sa dvdthèque chérie et à tout un tas de films qui n'ont vraiment pas besoin de lui pour se faire à nouveau remarquer, le bonhomme fait des références à sa propre filmographie, de façon plus sournoise, peut-être par fausse modestie.


Trop trop mignonne avec sa jolie frimousse de gamine de 8 ans et ses énormes et difformes amas de plastique mou en forme de nibards vissés au buste, comment ne pas craquer sur Katie Morgan ?

A l'image du personnage que Kevin Smith tente vainement de se construire en conférences de presse, et comme la plupart de ses autres films, Zack et Miri font un porno se veut "choquant". Mais bien évidemment, il ne l'est pas pour un sou. A part bien sûr si vous choisissez de mater ce film avec vos grands-parents ou une très jeune personne qui n'a jamais vu de poitrine de femme dénudée. Mais dans le premier cas, vous êtes un petit-fils indigne et vous devriez vraiment avoir honte d'infliger une telle saloperie à vos ancêtres. Et dans le second cas, vous êtes un bien piètre initiateur, car votre petit compagnon découvrira seulement les faux seins hideux d'une véritable actrice porno (Katie Morgan), une vision qui ne lui procurera aucun émoi mais seulement du dégoût, et qui en fera peut-être un(e) futur(e) homosexuel(le).


Seth Rogen, à Hollywood, on le surnomme "Big fat curly-headed fuck"

Kevin Smith profite de ce film pour déballer des blagues déjà entendues mille fois ailleurs et pour s'adonner à un exercice qu'il doit imaginer très original : le détournement de titres de films à succès en titres de films porno. Permettez-moi de ne pas vous donner d'exemple. Les personnages de son triste film font ça pendant des scènes interminables, alors que tout ce qu'ils déblatèrent pourra seulement sembler inédit pour les plus ignorants et les moins imaginatifs d'entre nous. C'est d'une tristesse... Mais je ne vous ai pas encore parlé de ce qu'il y a de pire dans cette daube infâme : son couple d'acteurs vedette. J'ai de plus en plus de mal à supporter Seth Rogen. Cet acteur est à peu près tolérable lorsqu'il est limité à faire une petite apparition débile dans un film de Will Ferrell, mais il n'a pas du tout le talent ni la tronche adéquate pour tenir un film comique à bout de bras. C'est un minable. Quant à l'actrice, Elisabeth Banks... Par où commencer ? En plus de tutoyer la laideur la plus dérangeante car de celle qui passe pour de la beauté aux yeux des plus mauvais observateurs, l'actrice ne se montre jamais drôle. En outre, son personnage nous est très tôt présenté comme étant réellement celui d'une pute bénévole. Il faut la voir, au début du film, en train de se démener pour se faire baiser par un bellâtre sans relief, qu'elle ignore alors être gay. D'accord, cette scène ridicule est faite pour être marrante, mais ça ne fonctionne pas, et ça donne seulement une drôle d'idée de ce personnage que l'on aurait mieux fait de nous dépeindre comme plutôt prude, ordinaire, peu portée sur la chose, pour que le reste du film soit plus intéressant. Là non, Miri est une grosse traînée qui rêve de queues, elle est donc déjà le cliché vivant d'une actrice porno avant que le scénario ne l'oblige à en devenir une. Je reconnais également ressentir une aversion peut-être toute personnelle pour le physique de cette actrice. Là où une actrice un peu mignonne ou à l'apparence plus quelconque aurait grandement participé à donner un tout autre intérêt au film, Elisabeth Banks finit de le plomber complètement. Imaginez par exemple une Jenna Fischer, une Amy Adams ou une Alison Loham devoir se rabaisser à faire du porno... On aurait regardé ça tout autrement ! Mais même en prenant une actrice moins jolie, y'avait des trucs plus intéressants à faire tout simplement en prenant le soin de choisir une actrice au physique correspondant moins par nature à celui d'une actrice porno dégueu, sans caractère, sans rien. Elisabeth Banks est le pâle brouillon d'une Jenna Jameson qui n'aurait pas subi une dizaine d'opérations chirurgicales et d'autres interventions, plus nombreuse mais d'une précision moins chirurgicale, orchestrées par des mastodontes de taille anormale. Elizabeth Banks m'a un peu pourri chaque film dans lequel elle est apparue. Chacune de ses expressions faciales me donne envie de lui en coller une ! Je l'avais déjà prise en grippe dans la série Scrubs. Je la trouve infiniment laide. Je ne l'aime pas. Ça échappe aux mots !


Sur ce cliché Seth Rogen nous indique le nombre de coups qu'il a tirés dans sa chienne de vie. Et Elizabeth Banks semble être heureuse de ne pas en faire partie

Pour finir, sachez que ce qu'il y a de plus terrible avec ce film-là, c'est que ses quinze premières minutes, menées à un rythme soutenu, se laissent aisément mater. Pour vous prouver que je ne suis pas du tout de mauvaise foi, j'avouerai même qu'il y a bien deux ou trois moments un peu drôles que l'on doit uniquement à l'acteur Craig Robinson. Puis le film devient de plus en plus infâme, d'une pauvreté humoristique atterrante, mais il est hélas trop tard pour l'arrêter : on se sent emprisonné, obligé d'aller au bout. C'est donc ce que j'appelle un "film de la pire espèce". Zack et Miri font un porno n'a pas connu de sortie en salles en France, il est directement sorti en vidéo, et c'est très bien comme ça. Un dernier mot sur Kevin Smith : j'en ai marre de ce gros mec en baskets et à casquette ! J'en peux plus de lui. Je ne fais pas partie de ceux qui lui vouent un culte à cause d'un film en noir et blanc que je ne m'encaisserai jamais. Dogma, Clerks, Jay and Silent Bob : je m'en balance à mort.


Zack et Miri font un porno de Kevin Smith avec Seth Rogen, Elizabeth Banks et Craig Robinson (2008)

16 commentaires:

  1. Ouais c'est un assez pauvre film, qui m'a peut-être arraché 2-3 sourires de plus qu'à toi, ce qui reste peu.

    Quant à Elizabeth Banks, son apparition dans The 40 year-old Virgin m'avait fait marrer parce que dans la caricature de la grosse salope nymphomane, elle était très bien, pour ainsi dire faite pour ça. Mais là ouais, sa gueule pendant 1h30 dans un rôle principal censé êre sympathique, c'est juste pas possible.

    Simon.

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  2. bon courage pour ton souci avec le défunt cycliste^^

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  3. Kevin Smith est un mauvais. Je me suis tapé plusieurs de ses films histoire de me faire une idée de son prétendu talent alors je peux le dire sans hésiter, ce mec est mauvais. Seul Dogma est vaguement intéressant et amusant.

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  4. Félix, tu trolles sur Kevin Smith, c'est moche. Certes depuis son joyau Clerks, Smith refourgue de la camelote mais ça ne fait pas de lui un gros connard pour autant. Shawn Levy, lui, c'est un gros connard.
    Quant à Seth Rogen, pour moi, ça n'a toujours pas changé, c'est LE king. Même dans celui-ci où sa verve ne se greffe pas toujours très bien à celle de Kevin Smith, il assure.

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  5. Désolé, je savais que ça pouvait déplaire, et il est clair qu'on ne trouvera pas de terrain d'entente au sujet des cas Kevin Smith ou Seth Rogen. :)

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  6. Ca c'est sûr. Seth Rogen, si c'est un king, c'est uniquement celui des cons. A vie. Un despote.

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  7. Ahahah ! C'est le Groucho Marx de ce siècle, croyez-moi.

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  8. Je préfèrerais que ça soit Harpo, au moins on l'entendrait pas.

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  9. Franco vous pensez quoi d'Elizabeth Banks physiquement ? Je suis le seul à la trouver si moisie et à être quasi révulsé par sa façade ?

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  10. Elle pue la merde. Elle ne provoque cependant pas la même haine chez moi, sans doute uniquement parce que je n'ai pas subi le film (ni aucun film avec elle à ma connaissance).

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  11. Si tu avais vu le film, elle t'aurait certainement rendu malade. Surtout toi qui rêves tout particulièrement de faire tourner des pornos à tout un tas d'actrices autrement plus jolies et aux physiques plus "sainte-nitouche".

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  14. Ce commentateur-là n'est pas sûr de lui.

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  15. tu commences souvent tes critiques en disant que t'es un grand naïf plein d'espoir lol ^^

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