28 mars 2011

Mon beau-père et nous

Pourquoi diable ai-je essayé de regarder Mon beau-père et nous ? Troisième opus de la franchise soi-disant comique qui réunit Ben Stiller et Robert De Niro, Little Fockers en VO ne relève pas le niveau de ses prédécesseurs, loin s'en faut. J'ai lancé ça parce qu'après une longue journée de boulot j'avais envie de me délasser devant une comédie idiote, sympathique et légère. Je savais bien que je ne m'attaquais pas à un chef-d'œuvre et que j'allais probablement être déçu, car Ben Stiller est un nullard affirmé et ça je ne l'ignore pas, mais j'avais juste envie d'une comédie pas trop désagréable avec trois gags aux bons moments et une histoire à peu près honnête. Au bout de 45 minutes et alors que l'histoire était à peine lancée, après une introduction laborieuse et pénible de trois plombes, j'ai tout coupé avec un cafard gros comme ça et l'envie de plomber tout le monde dans un rayon de 10 kilomètres. Comment peut-on être si peu drôle ? C'est la grande question. On était deux devant ce film, or il paraît que le rire est communicatif, c'est d'ailleurs pour ça que les films des frères Coen font pisser de rire les deux frères jumeaux au moment où ils les font alors qu'ils plombent leurs fans sur dvd. En 45 minutes nous n'avons pas ri une fois. Nous n'avons pas même souri ou esquissé le début d'un rictus qui ne fut pas la manifestation physique de la douleur et de la haine. Rester 45 minutes devant une comédie sans parler, sans plisser les yeux, en ayant même complètement oublié qu'on possède des zygomatiques, c'est une tragédie.


J'ai volontairement choisi des images de basse qualité pour illustrer ce sale film, c'est ma vengeance à moi, ridicule mais assumée.

Le pitch de ce nouvel épisode, le voilà : Bob De Niro sent qu'il va clamser et délègue le patriarcat rigoureux et austère de la famille à son beau-fils, Greg Focker (Ben Stiller) qui bien-sûr, en tant que gros tocard de service, s'avère inepte à reprendre le flambeau de son gros fumier de beau-papa, vétéran de toutes les guerres et conséquemment débile profond qui dirigeait la maison d'une main de fer. Par-dessus le marché les jeunes mariés Fockers ont désormais des gosses et, comme tous les gens qui ont des gosses apparemment, ils ne baisent plus. D'où un gros quiproquo de mon cul quand De Niro croit que son gendre trompe sa fille avec Jessica Alba, qui n'est en réalité qu'une collègue infirmière de Greg Focker, lui-même infirmier. Elle passe tout le film à l'appeler "Nurse Focker !", ravie de déclamer un jeu de mot lamentable qui devient vite insupportable quand le scénariste nous le rabâche toutes les cinq minutes pour remplacer les vannes qu'il n'a pas écrites. C'est vraiment un mikado de saloperies et de coups bas ce film. Mais le clou c'est l'arrivée d'Owen Wilson. Les deux énormes couilles que forme son nez deviennent les nouvelles stars du film, lequel nez est saucissonné en son milieu comme par la ficelle qui sépare deux boudins blancs chez mon boucher. Débarque aussi à l'écran l'immense trou du cul qui sépare sa lèvre inférieure de son maüs-menton. Sans oublier son surprenant bulbe rachidien hypertrophié recouvert par la peau de son front, ce frontispice que certains anciens combattants comparent au Front de la Marne et qui est sublimé par ce jet vers l'arrière de cheveux blonds hirsutes et poisseux. Sans compter le nid-de-poule croisé avec un cul de poule qui lui sert de bouche. Cet acteur a tant de proéminences fâcheuses sur le faciès, qui sont autant de bosses, de falaises, de parapets, de rocs, de buttes, de coteaux, de monticules et de tertres, que les femmes rêvent de l'escalader en rappel pour planter l'étendard de la laideur au sommet de son crane.


La moue dégoûtée qu'affiche Robert De Niro n'était pas dans le script, mais la main sur l'épaule d'Owen Wilson si, et le vieil acteur n'a pu réprimer ce fâcheux rictus au contact de son hideux camarade de jeu.

Normalement faire rire c'est une envie propre à l'humain, qui en tire même une certaine fierté, si bien que l'humour devient parfois orgueilleux et que rien n'est plus douloureux que de savoir qu'on ne fait pas rire les autres, qu'on en est incapable. Tout le monde a déjà éprouvé ça, et tout le monde aspire à faire marrer autrui. Y compris les types qui sont derrière ce film, qui en ont carrément fait leur métier, leur business. Du réalisateur aux scénaristes en passant par les acteurs et les producteurs, tous ceux qui ont mis la main à la patte sur ce projet sont tendus vers cet unique but lorsqu'ils réalisent une comédie, un film comique. Alors comment se démerdent-ils pour être à ce point impuissants à faire rire ? Il y a mille manières de faire rire, de la phrase la plus raffinée au gag le plus gras, de l'acrobatie linguistique à la Raymond Devos au gros pet huileux à la Michèle Bernier. Pourtant ceux qui ont fait ce con de film en sont incapables, ils sont infoutus de décrocher un smiley à leur spectateur, d'aucune manière que ce soit, et pour moi c'est un putain de mystère. Comment peut-on travailler en groupe pendant des mois à cet unique but, faire rire, avec tout le blé nécessaire pour se sustenter et financer toutes les farces possibles et imaginables, et aboutir à un film ultra nul, complètement pourri, un fiasco complet, déprimant et désespérément dépourvu d'humour ? Je l'ignore. Mais cette question est une souffrance pour moi. Elle m'a vraiment foutu mal pendant toute une soirée.


Mon beau-père et nous de Paul Weitz avec Ben Stiller, Robert De Niro, Harvey Keitel, Dustin Hoffman, Barbra Streisand, Jessica Alba et Owen Wilson (2010)

24 commentaires:

  1. Le film n'est pas une réussite c'est sûr, je te trouve un peu vâche avec le casting par contre. On sent le mec qui a gâché sa soirée, en même temps il ne fallait pas s'attendre à des miracles en choisissant ce film

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  2. Ça m'étonne que vous ayez lancé ce film, même en espérant une comédie légère et avec la volonté de mater une petite saloperie qui s'enfile tranquille...
    Et tu poses une question que je me suis souvent posé en matant bien des films "comiques" oui.

    Owen Wilson doit être encore plus moche avec les oreilles qui sifflent.

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  3. L'article aurait quasiment pu commencer par "Que deviens-tu Bob DeNegro ?"
    Owen Wilson a un nouveau costard !

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  4. C'est vrai que je m'en prends à ce film alors qu'il n'y a rien à en attendre. D'autres font des promesses qu'ils ne tiennent pas, alors que celui-là ne promet rien. N'empêche que c'est vraiment tuant à regarder, et qu'il y aurait moyen de glisser une vanne de çi de là putain...

    Et puis la question de cette incapacité à faire rire tient pour pas mal de films.

    Owen Wilson ne méritait pas tant de haine dans CE film, mais il en mérite tellement par ailleurs qu'il fallait bien que ça lui tombe dessus un jour ou l'autre, c'était aujourd'hui, bonne biasse.

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  5. Vu ce film infâme ce week-end en plusieurs petits bouts : je t'envie d'avoir arrêté au bout de 45 minutes. Les 45 qui suivent sont nullissimes (sauf si tu veux voir Jessica Alba en petite tenue, mais là il faut vraiment être mort de faim parce que ça dure 5 secondes et qu'en trois clics sur google t'en vois 10 fois plus de la donzelle sans te taper un film putride).

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  6. Les Nuit au musée souffrent du même symptôme, Tropic Thunder également, bref un film sur 2 avec Ben Stiller.
    Le problème de ce genre de comédie familiale, c'est que tous (acteurs, réal, scénaristes) essayent de faire rire la petite soeur de 8 ans comme la maman de 50, l'ado de 14 ans comme la mamie de 70. Et ça, c'est impossible.

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  7. Tu as tout à fait raison Vincent. Les films de Ferrell, quant à eux, choisissent bien leurs cibles et visent juste !

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  8. Exact, ils visent même peut-être un peu trop leurs cibles les films de l'ami Ferrell, quitte à exclure une partie d'un public pourtant pas hostiles à la comédie ricaine.

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  9. Pourquoi tant de haine envers Owen Wilson ? Oui son visage est de plus en plus ingrat, mais c'est un acteur absolument génial chez Wes Anderson.

    Quant à cet épisode des Fockers, c'est le moins bon de tous - et visiblement, ce ne sera pas le dernier !

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  10. Il a un physique difficile oui. Et je le trouve minable aussi chez Wes Anderson, que je conchie également.

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  11. qu'est-ce que vous pensez de jessica alba?

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  12. Pas grand chose ou alors du mal. Je la trouve vulgaire et donc laide, et en tant qu'actrice inexistante bien sûr.

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  13. Moi je la trouve pas trop mal. Enfin, je me souviens quand je matais Flipper quand j'étais ado, je la kiffais :)

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  14. Moi je la trouve assez jolie, pas spécialement vulgaire et même plutôt naturelle par rapport à bien d'autres starlettes de son genre. Après ouais, niveau actorat, elle est encore dans le néant absolu et elle est bien partie pour le rester étant donné ses choix de carrière dégueulasses.


    Le saviez-vous ? Jessica Alba est d'origine danoise, descendante québécoise par sa mère, alors que son père est d'origine mexicaine.

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  15. ok. merci pour vos réponses toute différentes.
    je sais que vous parlez bien des actrices, sans langue de bois, alors je voulais vous demandez!! :-)
    mais.... vulgaire? dans sin city ok mais c'est le film et son ro^le qui veut ça. sinon ca va comme la par exemple au naturel :
    http://www.imagebam.com/image/b8cc8a95369766
    http://www.imagebam.com/image/8d64cc95369775

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  16. enfin vous aurez deviné que moi je l'aime bien!!! mais c vrai qu'elle tourne pas tjrs dans de bons films on est d'accord sur ca!

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  17. Elle est bien sur tes photos, oui. :)

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  18. vous pensez-quoi de emma watson?

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  19. Je ne sais pas pourquoi cette question ici et maintenant mais je vais y répondre. Je suppose qu'il s'agit du physique de la jeune femme à peine majeure, vu que l'actrice n'a joué que dans les 12 épisodes merdiques d'Harry Potter. Elle ne me fait pas rêver, car je ne la trouve pas très jolie, elle me fait d'autant moins d'effet qu'elle a un visage, voire un corps, d'enfant, or je n'ai pas de penchants sexuels pour les enfants.

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  20. Ahah, j'adore quand on nous pose ce genre de questions.
    Personnellement, cher Anonyme, je te répondrai quand mademoiselle Emma Watson aura atteint sa puberté. Je tacherai de m'en rappeler d'ici là, car c'est visiblement pas demain la veille.

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  21. vous etes vraiment sans pitié lol!!! moi je l'aime bcp emma watson, elle est déja pas mal et s'améliore avec l'age donc ca promet... mais j'aibe bien vos réponses qd meme.
    bon et tentons le diable: vous-pensez quoi d'ellen page?

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  22. Poulpe, qui rentre des States, me raconte que là-bas, il a pu suivre un théma consacré à Ben Stiller (sur différentes chaînes, qui retransmettent ses films en boucle). Il a constaté, avec stupeur, que tous les films étaient tellement blindés de pubs que la durée normale du film est multipliée au moins par deux. Il y a autant de pubs que de film. Il s'est aussi rendu compte que de nombreux films, en particulier les comédies avec Ben Stiller, sont totalement formatés pour s'adapter à ce type de diffusion, en respectant la règle suivante : 7-10mn de film, 5mn de pubs, 7-10mn de film, 5mn de pub, etc. Chaque séquence d'un film fait 7 à 10mn, de manière à ce que le spectateur ne perde pas le fil de l'histoire. C'est des saynètes, qui s'enchaînent, et c'était flagrant dans "Mon Beau-père et moi". Il a aussi vu "Polly & moi" et "American Pie 3 - Marions-les". A part ça son séjour était cool...

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    1. Belle acuité. Vivement d'autres regards de poulpe et ses souvenirs de voyage !

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  23. Une purge cette suite ! Ils auraient dû s'arrêter au premier opus !

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