7 octobre 2012

Crazy Dad (That's my boy)

Très récemment nous avons salué la performance d'Adam Sandler dans le pourtant très décrié Jack & Jill. Rappelons qu'Adam Sandler détient le record de Razzy Awards, ces prix donnés aux soi-disant pires films américains et quasi systématiquement remis à des films comiques, humbles et simples de préférence mais unanimement malmenés, typiquement les comédies d'Adam Sandler qui a l'immense mérite de ne jamais se prendre au sérieux et celui non moins grand de simplement vouloir faire rire les gens. A côté de ça les vrais films coûteux, détestables, prétentieux, sérieux à n'en plus pouvoir et ratés de A à Z sont traités avec égards par ces cérémonies frileuses, par exemple Dark Knight Rises, John Carter, Nine, Prometheus, ou ces films qui pour le coup remportent de vrais Oscars et qui sont de vraies merdes, à l'image de Collision. Pourquoi donc s'en prendre à un artisan du rire comme Sandler, modeste et sincère, ou à d'autres comiques comme lui qui peuvent se louper parfois mais qui savent au moins ponctuellement nous rendre heureux et qui ne méritent pas qu'on les enfonce davantage quand ils ont le malheur de ne pas parvenir à faire rire.




On peut se consoler en se disant qu'Adam Sandler n'est apparemment pas du genre susceptible et qu'il a dû depuis longtemps prendre son parti de telles insultes, au contraire peut-être d'un Jim Carrey plus friable et plus sensible, sans doute soucieux de son image et désireux de s'accoler une étiquette dramatique. Sandler aussi a flotté dans de petits mélos, en récoltant parfois les salutations de la critique (chez Paul Thomas Anderson dans Punch Drunk Love par exemple), mais quand on voit ce qu'il enchaîne on se dit qu'il n'est pas du genre à espérer poser un Oscar au milieu des Razzies étalés dans ses chiottes et qu'il cumulera les films comiques jusqu'à la fin, quitte à ne plus faire marrer qu'un ou deux individus, et nous sommes volontaires pour l'encourager dans cette voie. Adam Sandler est le comique américain actuel qui donne le plus le sentiment de ne reculer devant rien pour susciter le rire par tous les moyens. Will Ferrell, notre idole pour toujours, a les mêmes qualités mais son humour tend plus vers l'univers de l'enfance que vers celui de l'adolescence, qui est le terrain de jeu favori de Sandler, en tout cas dans ses derniers films, d'où un humour plus bon enfant chez Ferrell et toujours au service d'un éloge entier à des valeurs universelles telles que l'amitié ou la fraternité là où les valeurs de Sandler sont moins affirmées, car même si la famille est un thème récurrent chez lui, elle est enfouie sous des litres d'alcool et de sperme. Ainsi ses films sont ponctués de scènes sans limites, au-delà d'outrancières, repoussant les frontières de la connerie, franchissant les limites du "normal" allègrement et sans souci, se torchant à chaque instant avec la bienséance et le politiquement correct (vous verrez tout de suite de quoi on veut parler si vous osez regarder ce film, à ne pas forcément partager avec tous les membres de la famille).




Quand on voit Adam Sandler adipeux comme jamais, en surpoids pour le rôle, rasé à l'aveugle, habillé comme un vrai clodo fan de Star Wars, avec une voix indescriptible qu'il prend d'un bout à l'autre du film pour inventer un personnage singulier qu'il anime de toutes ses forces, on se dit qu'il aime ce qu'il fait et qu'il le fait jusqu'au bout avec passion, sérieusement, et l'homme mérite au moins du respect et de la considération pour ce dévouement, ces offrandes qu'il nous fait et sa croyance totale en son but. Son ambition, sa tâche, est de nous faire rire le plus possible et il y parvient à merveille. Pour peu qu'on dépasse un prélude un peu mollasson vis-à-vis de la suite (on parle de 8 petites minutes de film), on se retrouve devant un spectacle qu'on jurerait échappé des tronches d'extra-terrestres sous acides, concocté par une bande de types - menés par un malade nommé Sandler - qui marchaient sur l'eau quand ils ont écrit le scénario et quand ils l'ont tourné avec certainement pour mot d'ordre de s'amuser à chaque instant, de tout oser et de tout garder au montage (même s'il doit exister des scènes coupées à se damner, comme dans ces films de Will Ferrell dont on regrette qu'ils ne dépassent pas allègrement les deux ou trois heures quand on en découvre les scènes supplémentaires de folie ; quid d'Anchorman dont les seuls rushes ont permis de monter un second film à part entière au moins aussi drôle que le vrai). On rit sans arrêt pendant au minimum une heure et demi et c'est chose rare. Il est difficile de dégager les meilleurs moments du film tant ça n'arrête pas, et si on devait par exemple évoquer un temps fort, comme la séquence de l'enterrement de vie de garçon d'Andy Samberg, ce serait un temps fort de près de 22 minutes montre en main ! Après avoir vu Crazy Dad on n'a pas envie de se repasser telle ou telle scène mais tout le film car le rythme est fou et aucun temps mort ne vient le rompre.




Avec ce film, encore plus déjanté et plus drôle que Jack & Jill, notre Adam Sandler est plus que jamais pointé du doigt par la critique et semble-t-il par une bonne part du public (qui le préfèrent peut-être dans des films plus sages où la star est muselée, du genre Copains pour toujours, qui aura une suite) alors qu'il atteint ici ses sommets dans la folie pure et le nihilisme le plus hilarant. Il aura sans doute outré quelques petits supporters infidèles ou timorés mais il aura gagné un blog francophone qui le suit maintenant de près et qui tâchera de le défendre sur la toile. On a beaucoup parlé d'Adam Sandler jusqu'ici dans cette critique, qui est de tous les plans dans le film et qui est clairement son moteur, mais il faut dire que notre ami a su s'entourer avec science d'une belle bande de bras cassés qu'on adore, allant d'Andy Samberg, génial dans Hot Rod et de nouveau génial ici dans le rôle du fils de Sandler, à Will Forte, déjà géant dans le rôle titre de MacGruber et qui ici magnifie chaque apparition et chaque ligne de dialogue qui lui est donnée, tel un Claude Makélélé moins sous le feu des projecteurs qu'un Zidane mais essentiel à la fluidité du jeu, accélérant les actions, faisant le relai entre la défense et l'attaque comme pas deux et, au finish, à l'heure des bilans, se révélant avoir parcouru trois mille kilomètres en 93 minutes en touchant 203 ballons pour n'en perdre que deux, relâchés après les deux coups de sifflet de l'arbitre mettant un terme à chaque période. Pour revenir au film et pour conclure, c'est une pure tuerie, et regardez bien dans nos yeux quand on dit ça, percevez notre amour débordant et vrai pour ces gens bien intentionnés et doués qui ont consacré un bon moment de leur vie à peaufiner et pondre une bête de soirée, un film à se repasser en boucle au moindre coup de mou, et qui ont su nous procurer une dose de rire anti-rides hallucinante (sauf rires d'expressions, on a des tranchées terribles qui partent du coin des mirettes pour se rejoindre à l'arrière du crane) en deux heures de temps qui passent en un éclair. Merci Adam.


Crazy Dad (That's my boy) de Sean Anders avec Adam Sandler, Andy Samberg, Will Forte, Vanilla Ice, Eva Amurri, Susan Sarandon et James Caan (2012)

22 commentaires:

  1. Je partage votre avis ! C'est encore mieux que Jack & Jill. Et quid du passage avec James Caan, du frère marine, et de Mister Spirou et de sa mère :D

    Et puis s'il est vrai que l'introduction est plus "utile" que drôle, quid de Eva Amurri Sarandon ? Je la préfère encore à sa reum au même âge !

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    1. Le meilleur rôle de James Caan depuis un bail.
      Le personnage du frère est génial (et le coup de poing qu'il fout au gros type sur la scène du bar à pute m'a scié).

      Personnellement je crois que je préfère maman Sarandon à 66 ans que sa fille ! Guilty !

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    2. Elle est pas mal refaite, cela dit :/

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    3. D'où elle serait refaite ? Elle est sous le feu des projecteurs depuis des décennies...

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    4. Je kèn les deux... Mais Eva Amurri n'embellit pas en vieillissant et je la préférais avec un visage plus poupin, car je suis "pas net"...

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  2. Putain le frère c'est celui qui joue le heroes dans Heroes, et il est extrêmement mauvais dans cette série! C'est pas croyable qu'il soit bon dans le film (un film de mec, doit dit en passant)

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    1. C'est un bon résumé de la critique. Poste-le sur twitter !

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  4. PUTAIN DE FILM!
    Vive eva amurri !

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  5. Dans mon top de l'année avec Jack et Jill. :-)

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  6. Autant Jack & Jill m'avait pas fait marrer plus que ça, autant celui-ci m'a éclaté !! Trop bon trop con !! :D

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  7. Encore un comique ricain que vous kiffez et dont la tête de quiche fadasse m'empêche d'en penser quoi que ce soit de bien. On dirait un mélange entre Robin Williams et Chris Martin.

    (c'était bien lui dans Punch-Drunk Love ? Heureusement que l'actrice en face n'avait pas de soutien-gorge sinon j'aurais pas tenu)

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    1. Oui c'était bien lui !

      Passe outre sa tête de quiche et redonne-lui une chance, il le mérite ! :)

      (et Robin Williams est un pur boloss, surtout avec sa beubar !)

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    2. Rodriguez, père et fils !8 octobre 2012 à 20:43

      J'aime !

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    3. Ce monsieur Sandler, il ne serait pas sous-développé par hasard ?

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  8. Ben ouais Joseph, mate le film avant de ronchonner !

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  9. 2012 : ilaosé découvre adam sandler. Joli.

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    1. Découvre non, apprécie enfin, oui. On préfère ses deux derniers films aux précédents. Je ne vois pas où est le mal et le fan club de l'acteur devrait se réjouir qu'il ait de nouveaux fans.

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  10. Y A DES COUPS DE QUEUE QUI SE PERDENT

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  11. salut !!! svp qui connait la musique quand il conduit la voiture de son ami !!!

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