3 mai 2010

Nine

Nine, dont le titre au Québec est "Neuf", est un film à voir. On l'a lancé pour bouffer devant, Félix et moi : il est resté sur l'écran 17 minutes montre en main. La séquence d'ouverture c'est quelque chose. Unique en son genre. Daniel Day-Lewis joue un réalisateur de comédies musicales italiennes pour Cinecitta, dans les années 50, un Fellini foireux. Il est en manque d'inspiration, s'assied dans un studio vide, et là il voit danser (ce qui, dans le film peut se traduire par : marcher lentement et comme une salope) pour lui toutes les femmes de sa vie, sa reum (Sofia Lorren, filmée par un type qui manifestement ne la connaît pas et n'a pas plus de respect pour elle que je n'en ai pour lui), une critique cinéma américaine sans charisme (Kate Hudson) et toutes les autres crevardes à l'affiche du film. La scène dure 6 minutes, sur la chanson la plus officiellement laide de l'histoire de la musique. Bref il faut voir cette scène pour constater les dégâts et se réjouir de connaître ce qui peut se faire de plus visiblement nul dans le cinéma, pour des millions de dollars, en toute impunité.



Le truc qui fait que les comédies musicales c'est fini et définitivement fini, et qu'Hollywood devrait arrêter d'en produire (et là je ne parle même pas de ce film-là qui est en dessous de tout), c'est que Hollywood, plus que jamais, ne monte des films que sur des stars de cinéma "banquables". Or ces gens-là ne savent ni chanter ni danser. Même en prenant 12 mois de cours intenses avant le tournage, qui feront baver les journalistes et notamment l'équipe de Denisot, on ne devient pas danseur, ni chanteur. Autrefois quand Fred Astaire dansait, c'était beau, parce que c'était un danseur. Dans Top Hat, la caméra est fixe, en plan large, et Fred Astaire a intérêt à faire le spectacle (il le faisait à merveille) parce que on voit ce qu'il y a dans le bonhomme. Aujourd'hui avec la louma, les dizaines de milliards de plans qui se succèdent sans qu'on ne voie rien, précisément on voit que dalle, et que ce soit le chanteur nul à la télé ou la star Hollywoodienne au cinéma, ils peuvent être affligeants, bidons, ne pas savoir bouger, n'avoir aucune prestance ni aucun talent, de toute façon on ne voit rien et les mouvements vertigineux de caméra font impression à leur place sur tous ceux qui n'ont aucune exigence. Le pire c'est qu'ils se croient vraiment géniaux, à tous les niveaux, tous ces abrutis d'acteurs américains. Nicole Kidman qui chante elle-même dans Moulin Rouge, et maintenant Daniel Day Lewis qui ose pousser la chansonnette, alors qu'il possède, dès qu'il tente de produire une mélodie, une voix inacceptable. Et pire encore, nous autres Français, tout le reste du monde, nous trouvons ça génial ! Et on nous bassine avec les Américains trop cool qui font un "show" énorme aux Oscars, qui chantent et qui dansent, qui savent tout faire. Oui ils savent tout faire, ils savent tout faire mal. Ils chantent mal, dansent mal, jouent mal, (filment mal, mais ça tout le monde le sait). Pour la plus grande partie, c'est des merdes, leurs stars, de gros tocards. Qui a déjà enduré les Oscars ? Personne. Personne sans souffrir d'entendre des chansons pourries chantées et dansées par des gens qui ne savent faire ni l'un ni l'autre mais qui se contentent d'oser, avec une outrecuidance infâme, comme peuvent oser les gens beaux qui n'ont rien à perdre et à qui l'on pardonnera tout. Ces gens-là sont parfois effectivement beaux mais ils sont souvent nuls à chier, et très très cons par-dessus le marché. Ce sont pour beaucoup de franches daubes humaines, qu'on se le dise.



A ce sujet il y a autre chose à voir d'urgence dans les 17 premières minutes de ce film atroce. C'est à peu près entre la minute 14 et la minute 17 donc, voire au-delà, je ne sais pas, j'ai éteint. On peut assister en direct à la fin d'un comédien. D'habitude, quand un acteur relativement bon devient mauvais, ça se fait progressivement, on a l'intuition de sa décadence, comme les oiseaux ces gens-là se cachent pour mourir. Et là, pour une fois, cette mort artistique peut être vue en face, elle peut être datée, admirée à tout jamais. Il s'agit moins d'une mort que d'un suicide. Parce que, croyez-moi, si vous faîtes partie des gens qui appréciaient Daniel Day-Lewis, qui le considéraient comme un futur grand acteur, ou comme un déjà grand acteur, après tout c'est votre droit, faudra le prouver au procès mais vous avez le droit de le penser, eh bien croyez-moi, si vous regarder ce film, à la 14ème minute vous verrez un artiste se suicider, se saborder, c'est un auto-sabotage auquel on assiste, impuissant, heureux, en regardant cet acteur chanter sa propre fin et sauter sur lui-même dans un échafaudage, passant et repassant sa tête, accidentée à la naissance par un utérus maternel revanchard, dans chaque trou de l'édifice en grimaçant et en déblatérant des conneries d'une stupidité maximale.



P.S. : Au tout début du film, la première réplique de D-Day Lewis est: "On n'arrête pas de tuer son propre film. On le tue quand on en parle...". Puis il donne une chiée d'autres manières de tuer son film, que le réalisateur de cette daube semble avoir rigoureusement appliquées à son bébé. On regrette que le réalisateur de cette connerie (oui je me répète mais je ne citerai jamais son nom), n'ait pas laissé clamser son chef d'œuvre dans l'œuf. En tout cas j'espère que je viens de buter Nine en essayant d'en causer. Neuf c'est le nombre de mois, en temps accumulé, que j'ai passés à me flatter le périscope sur le dos de Nicole Kidman, et uniquement sur son dos ; si on réunit chaque partie de feu son corps de rêve, on doit toucher aux neufs années de masturbation sans interruption, ce qui vous donne un assez complet résumé de mon existence étant donné que je soufflerai ma 13ème bougie fin août début septembre. Pour Pénélopé Cruz je dois en être à 9 semaines et demi de trique rien qu'en focalisant sur son boulard bulbé. Neuf c'est aussi le nombre de décennies que je passerai en réclusion à perpétuité pour avoir pris une photo de la très procédurière Marion Cotillard lors de sa montée des marches à Cannes, dans une poignée de jours, et pour l'avoir mise sur internet. A bon entendeur !


Nine de Rob Marshall avec Daniel Day-Lewis, Marion Cotillard, Penelope Cruz, Kate Hudson, Nicole Kidman et Sophia Loren (2010)

9 commentaires:

  1. Grâce à cette critique, qui est plutôt ce qu'on peut appeler un déclaration de haine, je veux voir ce film !

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  2. et même les actrices sont pas jolies?

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  3. "Ces gens-là sont parfois effectivement beaux mais nuls à chier, et très très cons par-dessus le marché. Ce sont des daubes humaines, qu'on se le dise."
    C'est dit, merci!

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  4. Pas trop eu le temps de les voir. Mais bon... A part Cruz y'a pas grand chose.

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  5. "Sofia Lorren, filmée par un type qui manifestement ne la connaît pas et n'a pas plus de respect pour elle que je n'en ai pour lui"
    C'est émouvant.

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  6. J'aime trop 8 1/2 pour regarder ce film mais cette chronique a l'effet pervers de donner envie. Eh ouais.

    PS : je regarde les oscars depuis 3 ans mais avec la razzia gerbante du Discours d'un Roi, je vais arrêter.

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  7. ça reste l'occasion de voir un défilé de cleavage, c-trou, upskirt, camel toes et autres nipples slip...

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  8. Je l'ai vu en entier et c'est une daube monumentale, comme tu en as eu l'intuition. C'est bête d'un bout à l'autre, sans pause, avec un discours complètement stupide sur l'Artiste et le Cinéma. En plus, c'est laid et pour répondre à Anonyme le réal sait pas DU TOUT mettre en valeur ses actrices - même Penelope Cruz a été largement plus bandante ailleurs.

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