Jusqu'aux deux tiers du film c'est vraiment bien. Lumineux, très coloré, assez intéressant et souvent drôle, car on voit bien que pour chaque scène en tête-à-tête, Auteuil et Darroussin n'ont fait qu'une prise et que c'était la bonne, notamment dans une séquence interminable où les deux comparses échangent sur des dizaines de sujets incompréhensibles pendant des heures, Auteuil vautré dans un canap' et Darroussin lui faisant face, bien tanqué dans un fauteuil apparemment pas aussi confortable que celui de son copain, les mains vissées sur les genoux, hagard, fixant son vieux pote au bout du rouleau qui tombe les litrons de rouge en causant dans un charabia sans queue ni tête de tout et d'absolument rien dans une suite de faux-raccords involontaires de haute volée. On notera en prime une apparition d’Élodie Navarre, très agréable par sa présence car essentiellement nue dans l'herbe. Au tableau d'affichage des scores on a donc Becker 3 - le spectateur 0, car il nous met dans la vue une bonasse à poil dans le foin et deux alcooliques en roues libres, c'est paname à la campagne. Et puis tout à coup un des deux personnages tombe gravement malade. Et le dernier tiers est d'un chiant... mais d'un chiant... Jean Becker, on l'a déjà dit, faut toujours qu'il fasse dans le pathos en fusillant un de ses personnages au moment où tout le monde était bien à l'aise dans ses godasses. Au début il filmait deux amis discutant pendant des heures en nous faisant marrer, puis il s'est rendu compte qu'il n'avait pas de scénar, or la maladie ça reste une bonne sortie de secours pour niquer un film.

C'est typique, c'est comme ça dans pratiquement tous les films de Becker, qui aime finir en eau de boudin et nous voler le sourire qu'il nous avait offert si gracieusement en essayant de choquer par la mort subite d'un personnage sympathique - aussi y a-t-il fort à parier que si Becker Jean devait filmer le biopic d'un footeux, il choisirait Marc-Vivien Foé. On verrait l'international camerounais le plus sympathique de l'histoire des Lions Indomptables tailler le bout de gras avec ses coéquipiers, se pisser au froc de rire avec ses potes, enchaîner les matchs comme un Dieu, une passe par ci, un dégageo en touche par là, puis un panneau annoncerait la date, le 26 juin 2003, et on commencerait à trembler du menton sévère. Puis Marc-Vivien Foé, joué par Omar Sy sans doute, la star montante du cinoche franchouillard, s'écroulerait soudain sans crier gare, les yeux révulsés, au cours de ce fameusement triste match de Coupe des Confédérations contre la Colombie, à Gerland. Guy Roux, incarné par Michel Galabru, déplorerait devant la caméra de Becker imitant les conditions d'un reportage la négligence des soigneurs qui ont fait tomber "Marco", Marc-Vivien Foé, en le transportant hors du terrain. Ce serait un Becker sans bavure et ça ferait quelques entrées à proximité des stades. Le cinéaste Becker flingue lui-même sa filmographie. C'est con. Mais on l'avait vu venir, on connaît notre petit Becker illustré par cœur.

C'est typique, c'est comme ça dans pratiquement tous les films de Becker, qui aime finir en eau de boudin et nous voler le sourire qu'il nous avait offert si gracieusement en essayant de choquer par la mort subite d'un personnage sympathique - aussi y a-t-il fort à parier que si Becker Jean devait filmer le biopic d'un footeux, il choisirait Marc-Vivien Foé. On verrait l'international camerounais le plus sympathique de l'histoire des Lions Indomptables tailler le bout de gras avec ses coéquipiers, se pisser au froc de rire avec ses potes, enchaîner les matchs comme un Dieu, une passe par ci, un dégageo en touche par là, puis un panneau annoncerait la date, le 26 juin 2003, et on commencerait à trembler du menton sévère. Puis Marc-Vivien Foé, joué par Omar Sy sans doute, la star montante du cinoche franchouillard, s'écroulerait soudain sans crier gare, les yeux révulsés, au cours de ce fameusement triste match de Coupe des Confédérations contre la Colombie, à Gerland. Guy Roux, incarné par Michel Galabru, déplorerait devant la caméra de Becker imitant les conditions d'un reportage la négligence des soigneurs qui ont fait tomber "Marco", Marc-Vivien Foé, en le transportant hors du terrain. Ce serait un Becker sans bavure et ça ferait quelques entrées à proximité des stades. Le cinéaste Becker flingue lui-même sa filmographie. C'est con. Mais on l'avait vu venir, on connaît notre petit Becker illustré par cœur.
Dialogue avec mon jardinier de Jean Becker avec Daniel Auteuil, Jean-Pierre Darroussin, Élodie Navarre, Fanny Cottençon et Alexia Barlier (2007)